Sortie du film "l'irrésistible ascension de Moïse Katumbi":Les contre vérités et réactions du public!!

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Sortie du film "l'irrésistible ascension de Moïse Katumbi":Les contre vérités et réactions du public!!

Message  Mathilde le 29/4/2013, 2:37 pm




Populiste ou populaire ? Vulgaire Berlusconi congolais ou dirigeant vraiment efficace ? Une chose est sûre, le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, ne laisse personne indifférent. Rencontre avec un personnage atypique, industriel prospère et président de l'un des meilleurs clubs de football du continent, qui affirme ne pas nourrir d'ambitions nationales.
L'exercice confine à l'équilibrisme : la popularité grandissante de cet ovni politique qu'est Moïse Katumbi Chapwe, le jeune gouverneur (48 ans) de la riche province du Katanga, n'est pas pour lui déplaire. Problème, dans le Congo d'aujourd'hui comme dans le Zaïre d'hier, les têtes qui dépassent trop dérangent. Et suscitent bien des jalousies...
Il faut dire que l'ancien homme d'affaires, revenu au pays en 2003 à la demande du président Kabila, ne fait pas grand-chose pour rester dans l'ombre. Sa fortune, que personne ne sait évaluer, lui autorise un train de vie de nabab en même temps qu'elle lui permet, très fréquemment, de multiplier dons, distributions de dollars (en billets de 100, s'il vous plaît), mais aussi de pallier personnellement les difficultés budgétaires du gouvernorat. Paramètre non négligeable dans un pays rongé par la corruption et où les politiques n'ont pas bonne presse, Katumbi était déjà très prospère avant de devenir député ou gouverneur. Il n'est donc pas suspecté de recourir à cette nouvelle carrière pour s'enrichir.
L'autre élément de cette « irrésistible ascension » - le titre du prochain documentaire que lui consacre le cinéaste belge Thierry Michel, qui dépeint un homme dynamique et décidé à redresser sa province, mais aussi un personnage complexe, populiste accusé de conflits d'intérêts ou d'abus de pouvoir -, c'est son bilan à la tête d'un Katanga vital pour l'économie du pays tout entier, largement dépendant du secteur minier, mais exsangue à son arrivée aux affaires, en mai 2007. Depuis, tout le monde reconnaît que la province a beaucoup changé et que son équipe a abattu un travail considérable. Les résultats concrets obtenus par un politique étant aussi rares en RDC qu'une partie de pêche d'où l'on rentre bredouille sur les bords du lac Moero - où Katumbi a passé son enfance -, sa réputation d'homme à poigne et efficace a vite traversé les frontières du Katanga pour atteindre la lointaine capitale, Kinshasa.
Last but not least, le football, sport roi, dans lequel il excelle à la tête du Tout Puissant Mazembe, qu'il préside depuis 1997. Il y a englouti beaucoup d'argent pour doter son club d'une équipe de haut niveau. Avec des résultats probants : deux victoires consécutives en Ligue des champions africaine (2009 et 2010), une finale en Coupe du monde des clubs à Abou Dhabi (2010).

Le TP Mazembe est l'une des références du football africain.
© Karim Sahib/AFP
Katumbi ne laisse personne indifférent. C'est un personnage de roman : métis, né d'un père juif séfarade originaire de l'île grecque de Rhodes (alors sous domination italienne) dont la famille a émigré au Katanga entre les deux guerres pour fuir nazisme et fascisme, et d'une mère congolaise issue d'une famille royale bemba, il démontre dès son plus jeune âge qu'il a la bosse du commerce. Il commence par vendre du poisson frais ou séché à la toute-puissante Gécamines. Puis se lance dans de multiples activités, au Congo ou en Zambie : transport, agriculture, immobilier, hôtellerie, construction. Puis crée sa compagnie minière, Mining Company Katanga (MCK), dirigée depuis son élection en 2007 par son épouse, Carine. Il soutient Joseph Kabila en 2006 et en 2011, alors que son frère Raphaël Katebe Katoto, lui, fraie avec Jean-Pierre Bemba.
« Moïse », comme l'appellent les Katangais, marche toujours sur un fil. Il défend sa province et son autonomie, n'hésite pas à défiler, comme lors de la fête nationale en 2007, dans le cabriolet du héros des irrédentistes, Moïse Tshombe, réclame son dû (les fameux 40 % de recettes qui doivent revenir au Katanga, phagocytés par Kinshasa), tape du poing sur la table quand il veut obtenir gain de cause face à la capitale ou aux groupes miniers qui ne respectent pas leurs engagements, mais ne prononce jamais le mot « fédéralisme », honni par les autorités centrales. Flatter la fibre katangaise sans jamais froisser « Kin », poursuivre son ascension et conserver son indépendance sans faire de l'ombre au président Kabila ou se mettre à dos ses barons... Pas simple.
Jeune Afrique : Vous êtes le gouverneur de la plus riche province de RDC depuis 2007. Serez-vous candidat à un deuxième mandat, lorsque les élections seront enfin fixées ?
Moïse Katumbi Chapwe : [Sourire.] Vous savez que je travaille dans l'illégalité depuis un an ? J'ai été élu pour un mandat de cinq années. Mais notre État ne dispose pas des moyens nécessaires à l'organisation de nouvelles élections pour le moment. Alors je reste. Je veux que le passage de témoin avec mon successeur se passe le mieux possible, sans heurts, sans rupture.
Cela signifie donc que vous ne souhaitez pas vous représenter...
Je l'ai toujours dit. J'ai été candidat à la fonction de gouverneur à la demande du président Kabila lui-même et de mes amis. Les Katangais m'ont fait confiance. Moi, je suis opérateur économique, je ne nourris aucune ambition politique. Ce que j'ai fait pour la province, d'autres pourront très bien le faire après moi. Je serai candidat à la députation provinciale, c'est tout.
Il reste en outre de très nombreuses inconnues. D'abord, les gouverneurs sont désignés par les partis politiques. Et je pense qu'il serait bon que le mien, le PPRD [Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, NDLR], choisisse une personnalité qui ne soit plus issue du Sud-Katanga, mais du Nord, par exemple. Ensuite, il y a la question du découpage dans le cadre de la décentralisation, qui, selon la Constitution de 2006, prévoit la création de vingt-six provinces, l'actuel Katanga en représentant quatre. Je suis contre, car nous n'y sommes tout simplement pas prêts et que cela suppose des moyens que nous n'avons pas. Mais cette disposition existe...

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