UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

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UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  ndonzwau le 16/6/2013, 1:43 am

SOMMES-NOUS CAPABLES DE PRÉPARER ET PROVOQUER EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE UN "PRINTEMPS" A L’EXEMPLE DU "PRINTEMPS ARABE" ?

Question insolite, inopportune s’il en est mais entreprise complètement inprogrammable ?
Inopportune car par nature un soulèvement populaire est largement imprévisible, subit, répondant difficilement d’un plan précis préétabli, plutôt spontané donc…
Est-il pour autant complètement inprogrammable lorsqu’à postériori l’on constate que certaines conditions rendaient mûre une telle issue ? Peut-on écarter de préparer, planifier ces dernières ? Dans l'histoire, ne retrouve-t-on pas d'ailleurs des mouvements d'apparence spontanés qui ont été en fait discrètement ourdis ?

Je me permets d’initier ce sujet parce que nombreux dans nos discussions sur les sorties possibles de notre cauchemar au Congo, en Afrique, nous pointons à tort ou à raison une issue miraculeuse venant d’un soulèvement populaire ! Le "printemps arabe" n’a pas encore tout réussi au Maghreb et au Machrek mais il a permis l’espoir du changement en déboulonnant les vieux autocrates et leurs systèmes... S’il en était de même dans ce Congo où tout est bloqué, ne nous permettrions-nous pas nous aussi une nouvelle espérance ?

C’est un exercice improbable que de tabler dessus, encore moins de le planifier et de le préparer mais s’il existe des conditions nécessaires (hélas jamais suffisantes !) à une telle issue pourquoi serions-nous si fous de chercher à les épingler ?
Existent-elles chez-nous ? Si oui, comment pourrions-nous les optimiser ? Si non, pourrions-nous les apprêter ? 
Il va sans dire qu’il n’y a rien là de magique : un tel travail entre largement dans le cadre de sensibilisation, de formation à une pertinente culture politique que les nombreuses forces politiques et citoyennes ont à accomplir dans leurs programmes et leurs actions ! Que font-elle sur le terrain tant et si bien que l’avenir global  de notre pays (et de notre continent) a aussi à avoir avec un homme mieux informé et formé, davantage responsabilisé…

Certains ont déjà réfléchi à un possible (ou impossible) "printemps africain subsaharien"; je vous en donne ci-dessous quelques liens ! Certes, ils se risquent peu à donner des recettes; cela ne devrait pas pourtant nous empêcher de cogiter à notre tour…

Lisons-les, réfléchissons ailleurs tout azimut et discutons-en !!!

" Le printemps arabe " refuse de s'inviter en République Démocratique du Congo (RDC) *
° [url=http://www.pole-institute.org/site web/Bustani/Bustani7.htm]http://www.pole-institute.org/site%20web/Bustani/Bustani7.htm[/url]
" Il y a dans toute personne humaine, quelque chose d'indomptable, de foncièrement inapprivoisable, que la domination - peu importent les formes - ne peut ni éliminer, ni contenir, ni réprimer, du moins totalement " (1)
Deux bonnes années sont passées depuis que le monde arabe est venu nous replonger dans cette belle phrase du camerounais Achille Mbembe en préfaçant le livre (cité dans les références) dédié à Frantz Fanon par la fondation qui porte son nom. Ce monde est sorti de sa torpeur par des évènements auparavant difficilement imaginables : hier immobile et despotique, il s'est brusquement réveillé grâce à des peuples qui se mettaient en mouvement. Comme cela est souvent le cas, le brutal surgissement d'un évènement révolutionnaire a toujours quelque chose d'énigmatique ! Là aussi, la surprise était générale. Le ton est donné dans une petite localité tunisienne, jusque là inconnue, appelée Sidi Bouzid.
Un jeune homme de 28 ans bradé de diplômes en physique, Mohamed Bouazizi, avait trouvé une façon de nourrir sa famille en gagnant un peu d'argent dans le petit commerce ambulant des fruits et légumes. Cette activité lui permettait de vivre dignement au jour le jour, loin de la vie de l'aumône ou de la mendicité.
Le 17 décembre 2010, il joue la malchance en tombant sur des agents de l'ordre décidés de l'humilier en confisquant son outil de travail, une charrette. L'un des agents, une femme, va plus loin en le giflant et un autre lui crache sur le visage. Malgré tout, le jeune Mohamed essaie par tous les moyens de récupérer sa charrette en faisant recours à la municipalité mais rien à faire : c'est partout le mépris !
Alors, il n'en peut plus ! Il décide de mettre fin à sa vie, mais de manière inhabituelle dans sa région : il s'immole publiquement! C'était son dernier recours pour recouvrer sa liberté et sa fierté. Mais, c'est aussi l'étincelle !

Plus rien ne sera comme avant !
Le sacrifice consenti par ce jeune tunisien donne le ton. D'abord dans son propre pays, puis dans le monde entier. C'est finalement un geste dans lequel se sont reconnus tous les laissés-pour-compte de la croissance qui pullulent dans tous les coins du globe. En commençant par Sidi Bouziz, la Tunisie fait le premier pas. Des centaines des gens marchent dans l'ordre et la dignité sous les cameras du monde entier. " La révolution du Jasmin " est lancée et servira de modèle un peu partout dans les pays arabes.
Mohamed rend l'âme le 4 janvier 2011. Il est accompagné comme un chef d'Etat vers sa dernière demeure par une marée de jeunes qui jurent de mettre fin au phénomène qui a emporté leur héros. Ce phénomène n'est autre que le président Ben Ali, son entourage et son système. Ils ne résisteront d'ailleurs pas longtemps face à l'ouragan de l'histoire. Dix jours après la mort de Mohamed Bouazizi, ils sont obligés de fuir le pays et de commencer une vie d'errance. L'Egypte ne tardera pas à emboîter rapidement le pas malgré la présence d'un inamovible raïs tout puissant et cruel. Désormais, c'est l'effet boule de neige qui prend tout le monde au dépourvu ! Chaque jour, on s'amuse à tirer au sort pour savoir qui sera la prochaine victime. Après l'Egypte : ce sera le tour du Yémen ? du Bahreïn ? de la Lybie ? du Liban ? de la Jordanie ? Ou plutôt de la Syrie ? Tout compte fait, le monde arabe, cet espace dont l'image séculaire était faite d'un modèle autoritaire avec un peuple soumis au verbe du chef charismatique, avait vécu.


La surprise du début cédait la place à des analyses plus fines qui généralement aboutissaient aux conclusions suivantes :
- Au sein des pays arabes secoués par la révolution, il y a basculement des stéréotypes. Des révolutions apparemment sans leader prenaient pour cible la personne du dictateur au pouvoir qui était sommé de vite partir (de " dégager ") ; 
- Dans un univers plein de désespoir pour un lendemain meilleur pour nos jeunes, ceux-ci démontraient qu'il était encore possible de mourir pour la liberté et la dignité ;
- Ces jeunes issus pour la plupart de la société urbaine ont fait un usage intelligent des outils modernes de communication pour mobiliser. Ces outils ont rapidement donné au mouvement son caractère de masse ;
- Cette mobilisation a été facilitée par l'état dans lequel se trouvent de nombreuses personnes dans le monde actuel : chômage de masse, précarité, violence, autant de maux devenus incontournables avec l'accentuation visible des inégalités.


A peine les Arabes réussissaient-ils à la queue leu leu leur révolution que l'onde de choc atteignait des coins insoupçonnés du reste du monde. En moins d'une année de l'évènement de Sidi Bouziz, les Etats-Unis étaient envahis par une révolution ayant des allures du déjà vu au Maghreb ! A l'automne 2011, une vive protestation née au centre de Manhattan (au cœur de la ville aux gratte-ciel de New York) est violemment réprimée par la police. En écho aux révolutions arabes mais aussi aux " indignés " espagnols rassemblés sur la Puerta del Sol à Madrid, le mouvement des jeunes s'enflamme. Là aussi, les réseaux sociaux propagent la mobilisation générale. Ces jeunes crient haut et fort à ceux qui veulent les entendre : " When injustice becomes law, resistance becomes duty " (2) (Quand l'injustice fait la loi, la résistance devient un devoir). Comme une traînée de poudre, le mouvement se propage partout. A l'occasion d'une journée mondiale des indignés, il s'organise des manifestations dans 951 villes de 82 pays. Les scènes d'occupation se multiplient de Madrid à Athènes, de Lisbonne à Paris ou Londres et dans une centaine de villes aux Etats-Unis où l'on parle désormais du mouvement " Occupy Wall street ". Très vite le Québec va se réveiller et même la Chine va vivre des soubresauts de cette mobilisation de la jeunesse du monde. Au Québec, les étudiants proclament leur envie d'étudier et non de s'endetter. Ils défient le pouvoir public en criant : " le pouvoir est moins fort que le vouloir ".

L'Afrique noire : en reste comme d'habitude!

Toutefois, l'étonnement était visible en Afrique noire. Moi-même, je n'en revenais pas ! Le Maghreb, région agitée par ces révolutions inspirait depuis longtemps une certaine admiration dans l'Afrique au Sud du Sahara. Beaucoup de nos jeunes y avaient suivi leur formation universitaire. Vers les années 1960, en débutant mes études secondaires j'avais moi-même eu des professeurs tunisiens, égyptiens et libanais, en plus des européens, au moment où il n'existait pratiquement pas d'enseignants congolais à ce niveau.
En plus, dans notre apprentissage de l'histoire révolutionnaire africaine, il y a eu parmi les grandes figures le raïs égyptien Nasser et Habib Bourguiba de la Tunisie. Et que dire du mythique " guide suprême " de la Jamahiriya Kadhafi ? Il avait galvanisé des masses dans plusieurs pays africains et avait même financé divers projets de développement à la manière des pays riches. Des témoins m'avaient rapporté qu'il n'existait pas de chômeurs en Lybie, tous les citoyens recevaient des soins de santé et bénéficiaient de l'enseignement gratuit, les infrastructures de base étaient d'un très bon niveau. Quant à la Tunisie, elle présentait un modèle réussi d'une société avancée où la femme avait accompli un pas de géant dans son épanouissement. Enfin, l'Egypte semblait garder intacte son image " pharaonique " : pays légendaire à travers lequel toute l'Afrique se reconnaissait dans son histoire antique. Le professeur sénégalais Cheick Anta Diop avait mené des recherches avancées qui font encore notre fierté africaine.

Par conséquent, pourquoi est-ce dans ces pays plus avancés que ceux de l'Afrique noire qu'il fallait commencer la chasse à l'homme providentiel devenant, en situation de révolte, celui par qui tout le mal arrive ? L'Afrique noire n'était-elle pas un terreau plus indiqué pour que sa jeunesse se révolte face aux injustices inacceptables et insupportables que les régimes qui se succèdent imposent à leurs populations ? 
Dans cette partie du monde, la démocratie sur papier se vit de manière particulière ! Les leaders en place ont pris petit à petit l'habitude d'organiser des successions dynastiques : au Togo, au Gabon, en Rdc, cela a été conclu sans que le monde ne crie au scandale. Les fils ont pris les places de leurs papas, après leur mort. Ce recul avilissant dans la liberté de peuples à se choisir leurs dirigeants vient rappeler l'époque triste du dictateur haïtien Duvalier qui avait été remplacé par son fils mieux connu sous le nom de Bébé Doc. La conséquence directe d'un tel recul s'observe aujourd'hui à travers plusieurs régimes africains dans lesquels les hommes forts au pouvoir s'arrogent le droit de nommer leurs enfants à des postes importants du gouvernement ou de l'armée afin de les préparer à leur succession. 
Dans beaucoup de ces pays, la question des inégalités et de l'humiliation se pose avec plus d'acuité que dans le monde arabe où les masses se sont soulevées. De même, les pouvoirs en place, dépourvus depuis longtemps de tout semblant de légitimité, sont caractérisés par leur dimension kleptocratique et oligarchique. On remarque aussi un délitement du sentiment identitaire et de la cohésion sociale qui s'en suit.


Le cas flagrant de la République Démocratique du Congo

Médusés, les jeunes congolais de Goma avec lesquels nous travaillons à Pole Institute ont suivi à distance les évènements du changement dans le monde arabe. Eux-mêmes avaient déjà quelques expériences de contestation et même de révolte basées sur les frais scolaires qui grimpent, les infrastructures scolaires ou universitaires qui se détériorent, mais rarement pour des questions d'intérêt général pour la population.
Leurs manifestations ont souvent ressemblé à du feu de paille dont la flamme s'éteint au premier coup de vent ! Ils n'ont cessé de s'interroger sur comment des mouvements, apparemment sans leader et sans grande orientation politique pouvaient ébranler des régimes si solidement implantés. Ils ont tant envie d'imiter leurs contemporains du Maghreb car ils ressentent fortement un besoin de changement chez eux mais ils ne savent pas par quel bout entreprendre leur action. Une révolte couve en eux au vu de l'état dans lequel se trouve leur pays. Ils sont frustrés de voir leur pays classé dans le peloton des Etats qui pataugent dans la mauvaise gouvernance, la gabegie et la répression de citoyens. Une si belle terre, don de la nature, scandale géologique et doté d'autres nombreuses ressources naturelles qu'aucun autre pays africain ne dispose. Et paradoxalement, une population qui croupit dans une misère innommable, une insécurité quotidienne sans commune mesure. Pourtant, dans cet océan de pauvreté il existe des individus qui accumulent d'immenses richesses, et des criminels qui font la loi ! 
Dès lors, comment à l'exemple de jeunes de ces pays arabes, décider désormais de prendre son destin en main ? Comment sortir de sa léthargie et rêver d'un miracle congolais, celui d'un pays puissant à la mesure de moyens en son sein ? Comme dirait mon collègue, le professeur Kä Mana : " Notre destin ne peut pas se réduire à une posture d'errance et de désespérance " (3). 

S'il est difficile d'emprunter cette voie de libération en RDC, il y a des embûches qu'il faut courageusement regarder.

- La RDC : un malade qui s'ignore.
En toile de fond : l'Etat ou ce qui le représente. A la base de cet Etat, une longue histoire coloniale et postcoloniale où des intérêts multiples s'entrecroisent sans jamais donner voie au chapitre à l'homme congolais. C'est le 26 février 1885 que les puissances de l'époque se retrouvent à Berlin pour se partager le continent africain. Le Congo devient un " free market ", un espace réservé à la liberté du commerce dans le bassin du Congo et ses embouchures. La gestion est confiée au Roi des Belges Léopold II. Ce pays est désormais formaté. Sa forme actuelle d'Etat autoritaire où l'accumulation des ressources est fondée sur la prédation et l'extorsion qui se font dans la violence en association avec le clientélisme et la cooptation se met en place. Le système de colonisation belge ne se contente que de former d'auxiliaires coloniaux. La politique coloniale ne vise pas la naissance d'une classe d'intellectuels indigènes comme il en existe dans les autres colonies. Il y a un refus du colonisateur de voir émerger chez le Congolais un sens de responsabilité. Les forces de l'ordre protègent les intérêts du pouvoir et utilisent la répression pour mater toute tentative de contestation. La faillite morale de ces forces de l'ordre se dessine aussi. En période postcoloniale, elle va s'aggraver avec le phénomène de leur clochardisation.
La RDC d'après l'indépendance souffre d'une certaine division des citoyens entre eux et cela a permis aux dictateurs de tous bords de s'ériger en réconciliateurs et générateurs de la stabilité sociale. Tout cela a érodé le sens d'un vrai et franc dialogue, de la discussion sincère et inclusive sur les questions vitale du pays et de la contestation. L'esprit critique a fait place à un bâillonnement et à un conformisme déshumanisants dans lesquels les masses se perdent.

- Inculture politique généralisée.
L'histoire retient que les Anglais, les Français et les Portugais avaient tenté d'imprimer, avec un succès relatif, une culture politique particulière dans leurs possessions outre-mer. Jean Claude Willame, spécialiste belge sur la RDC, parle de traditions de Westminster dans le premier cas, de la politique d'assimilation à la France dans le second et de la " lusitanité " dans le troisième. Il ajoute : " tel n'a pas été le cas dans la colonie belge administrée selon un modèle paternaliste éclairé par un pragmatisme qui excluait toute prise en compte d'idéaux politiques ". (4) Après l'indépendance, on ne fait qu'un plaquage institutionnel en construisant un Etat par mimétisme qui malheureusement ne s'accompagne pas d'une transformation de mentalités. Les populations n'ont jamais franchi le pas du passage de la mentalité tribale à la mentalité véritablement nationale et patriotique. L'hypertrophie du sentiment d'appartenance ethnique est réelle et se manifeste fortement lors des enjeux électoraux. Les résultats sont aujourd'hui patents : atrophie du sens commun, tribalisation de la scène politique, favoritisme tribal, paupérisation des masses paysannes, lutte pour la survie, etc.
Les masses populaires font montre d'une inculture politique et se font manipuler par des politiciens qui usent de la carte tribale. L'opposition, quand elle essaie d'exister, est fragmentée et perd toute crédibilité devant le pouvoir qui se montre habile en recourant au jeu de " diviser pour régner ".


- Falsification du contrat social.
Aujourd'hui, parler de la démocratie en RDC signifie que le pouvoir qui organise à sa mesure des élections qu'il va gagner coûte que coûte. Et celles-ci se limitent au niveau du chef de l'Etat et aux parlementaires nationaux. Les élections locales qui légitimeraient le pouvoir local sont régulièrement renvoyées aux calendes grecques. Les tricheries lors des élections ne créent plus la honte ni le déshonneur. Il y a un refus réel de s'humaniser, un désir de s'installer dans des mentalités rétrogrades incompatibles avec les valeurs démocratiques de justice, du respect de l'autre et de l'acceptation des urnes qui normalement légitiment une autorité dans une société pluraliste. Les populations se sentent flouées et ressentent une certaine falsification du contrat social qui devrait les lier à l'autorité. Le pouvoir fait régner l'ordre à coup de matraque et de baïonnette.
Comment dès lors penser libérer la RDC de ces chaînes qui la maintiennent comme un vaste ensemble où sont agglomérées des populations diverses partageant l'exploitation et la domination qui ont fait d'elles de simples spectateurs dans la construction de l'avenir de leur pays ? A l'exemple des pays arabes, sur quel ressort appuyer pour retrouver la voie de la dignité et de la liberté sans laquelle un peuple reste un perpétuel esclave ? Les Congolais de la jeune génération ont l'obligation de faire de la politique une fonction humanisante, ils doivent apprendre à vivre ensemble. Accepter l'autre, c'est-à-dire reconnaître qu'il a son mot à dire dans la gestion de la cité comme cadre du vivre ensemble. Pour réussir, les nouveaux acteurs politiques devraient refuser de ressembler à leurs aînés d'hier qui se sont discrédités par des accumulations ostentatoires ayant détruit l'essence même de la redistribution patrimoniale.
Comme avait dit Frantz Fanon : " La grande nuit dans laquelle nous fûmes plongés, il nous faut la secouer et en sortir ". (5)


Jean-Pierre Lindiro Kabirigi.

Coordinateur de Pole Institute
* Ce texte sera bientôt publié dans un livre consacré aux Révoltes constructrices par le Groupe Bustani ya Mabadiliko (Jardin du Changement), Goma, 2013.
_________________
Références 
(1) Achille Mbembe, Frantz Fanon par les textes de l'époque, éd. Les Petits matins, Paris, 2012.
(2) The collection Verso (extraits), Occupy Wall Street, éd. Les Arènes, Paris, 2012.
(3) Godefroid Kä Mana, Changer la République Démocratique du Congo, éd. Cipcre, Bafoussam, 2012.
(4) Jean-Claude Willame, Gouvernance et pouvoir-Essai sur trois trajectoires africaines, Cahiers africains aux éd l'Harmattan, Paris, 1994.
(5) Frantz Fanon, Œuvres, éd. La Découverte, p. 671, cité par Achille Mbembe dans les textes de l'époque, Paris, 2011



"Le printemps arabe et les trois solitudes africaines
Blaise Ndala
Juriste des droits de l’Homme"

° http://www.huffingtonpost.fr/blaise-ndala/le-printemps-arabe-et-les_b_1238168.htm

"Printemps arabe, printemps subsaharien ? L’improbable contagion…"
° http://blogs.mediapart.fr/blog/grotius/051011/printemps-arabe-printemps-subsaharien-l-improbable-contagion

"Un « printemps démocratique » en Afrique subsaharienne ?
18 avril 2011
par Fanny Chabrol, chercheur associée à l’IRIS
° http://www.affaires-strategiques.info/spip.php?article4977 
Tensions électorales, manifestations populaires, émeutes de la faim, un peu partout en Afrique subsaharienne, les populations se mobilisent pour revendiquer plus de démocratie et le respect de leurs droits fondamentaux, de quoi se nourrir et accéder aux services les plus essentiels qu’un citoyen peut attendre d’un Etat. À l’aune d’une crise économique et sociale qui se prolonge depuis des décennies et s’aggrave encore, peut-on imaginer un printemps démocratique en Afrique subsaharienne qui aurait raison de régimes agonisants ?"
"Oui, la révolution peut franchir le Sahara
° http://www.slateafrique.com/603/revolution-afrique-subsaharienne
Plusieurs observateurs, français notamment, doutent que l’Afrique subsaharienne connaisse à son tour des révolutions sur les modèles tunisien et égyptien. Ils ont tort. La question n’est pas de savoir «si» l’Afrique fera sa révolution mais «quand» elle la fera.(...)"

"Une Afrique démocratique ! A quel prix ? 
par Francis Kpatinde
Journaliste, porte-parole pour l’Afrique de l’ouest de l’UNHCR"
° http://www.cercle-condorcet-de-paris.org/spip.php?article253 

"Pourquoi le Printemps arabe ne s'étend pas à l'Afrique ?"
° http://www.france24.com/fr/20111105-semaine-afrique-manifestations-rd-congo-election-presidentielle-gabon-football

"La renaissance africaine est-elle possible ?
° http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-renaissance-africaine-est-elle-52686
La situation de l’Afrique, de manière globale, crée la dépression chez tous les esprits conscients. Alors que les dirigeants africains totalement corrompus exhibent le luxe le plus révoltant, les populations, elles sont assoiffées, affamées, méprisées, rongées par les maladies, appauvries et livrées à elles-mêmes. Partout, les infrastructures de base font défaut. Les seules institutions qui fonctionnent sont le pillage des richesses et les brutalités militaro-policières contre les peuples préalablement désarmés. Face à cette situation, la Renaissance de l’Afrique est prônée, car ce continent, berceau de l’humanité, a connu de grandes époques de progrès avant sa descente aux enfers. L’Egypte ancienne et les grands empires avaient offert au sol africain, bien avant le développement des autres parties du globe, des civilisations florissantes.(...)"


° http://www.lesafriques.com/actualite/le-printemps-arabe-est-provoque-par-certains-desequilibres-accentues-par-la-deceleration-econ.html?Itemid=89



Compatriotiquement !


Dernière édition par ndonzwau le 26/6/2013, 11:43 pm, édité 1 fois

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  Cavalier le 16/6/2013, 5:22 pm

Dans Le cas de la RDC, s'il devrait avoir soulevement Populaire, c'etait vers fin 2012... 

Bon Qu'est-ce Qu'il faudrait faire???  Que Faut-il Faire dans ce cas???

Que Voulons-Ns au Juste?  C'est quoi L'Ultime Objectif dans ce Combat, si combat IL Y A?

ET QUI COMBAT QUI?  QUI COMBATTONS-NOUS? 

Si vs saisissez La Nuance Derriere Mes Questions vs auriez Compris meme que Le Combat n'est meme pas clairement defini, car il y a comme ca plusieurs combats...C'EST LA CONFUSION TOTALE...

D'un cote ba combattants bazo se lancer ba fleches ENTRE EUX, de l'autre cote ils veulent le depart de Kabila...Mais il y a plusieurs Kabila en ce moment...Le m23 et cie...RDC IS FUCKED...

Entre temps BCP continuent a compter sur Le Vieux Loup de Limete par pure Loyaute...

PEUT ETRE LA MEILLEURE SOLUTION SERAIT DE FUMER DU CIGAR AND CHILL!!!

_________________
L'originalité est un des grands principes du romantisme.

ALPHA DOG

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  ndonzwau le 18/6/2013, 1:29 am

C'est vrai, les temps étaient davantage murs à la veille et au lendemain des élections de novembre de 2011 pour une réaction populaire ! Nous les avons hélas ratés ! Mais qui peut dire qu'aujourd'hui le blocage ne s'est pas aggravé : comme paradait un jour le démiurge à la tête de notre pays, nous nous épuisons à aboyer, sa caravane passe quasi tranquillement; quoi que nous fassions pour lui résister, il continue de régenter par défi, à nous opprimer... Que faire ???

Une des options qui nous reste pour le faire tomber même si elle est difficilement planifiable c'est bien une insurrection populaire qui bouleverse les rapports de force en présence !
Il faut des conditions nécessaires, disais-je;  nous y reviendrons mais réfléchissons-y...

Mon propos ici : sommes-nous capables de les optimiser ? Après tout, disais-je encore; ce n'est pas là la mission bien réfléchie des forces politiques et citoyennes organisées que de sensibiliser, former... les citoyens ? Il y'eut un temps autour de nos guerres de libération des sociétés colonisées et des indépendances et à l'époque de la Guerre froide triomphante où des mouvements révolutionnaires (marxisants) pullulaient partout... Ils abondaient en recettes et actions pour la révolution populaire anti-capaliste et anti-coloniale ! Ils n'en ont pas fait mieux hélas mais n'est-il pas venu  le moment de recycler  leurs méthodes ???

Deux choses !
Pendant que j'écris je suis d'une oreille la longue interview de Ngbanda : ce n'est pas inintéressant de l'écouter !
Par hasard(?) je viens de lire une analyse qui revendique le martyre utile des hommes politiques, "Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila !"; "Ba kosaka kaka biso, kasi mokolo nini biso to ko zua mayele ya kokosa bango pe lokola ?"  Lisez la !

"Interview de Monsieur Honoré NGBANDA accordée"
aux radios Bendele,Polele, Kimpwanza & Congohorizons
Pour écouter ou télécharger cliquez ci-dessous
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http://www.audiobendele.com/
« L’heure du sacrifice et de l’engagement effectif a sonné ! » H.N.
° http://www.apareco-rdc.com/a-la-une/actualites/1291-audio-interview-de-monsieur-honore-ngbanda-accordee-aux-radios-bendelepolele-kimpwanza-a-congohorizons.html____________________________________
"Un martyr de “valeur” pour une seconde ou une véritable et totale «indépendance» du «Congo»
° http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8074 
Depuis la nuit des temps, et ce partout où la lutte d’émancipation s’est imposée comme solution unique, que certains pourraient qualifier d’extrême, et je me demande souvent au nom de quoi, seul le «petit peuple», dont l’attente directe n’est la gestion de pouvoir, paye un lourd tribut au nom ou en faveur de cette cause. Le peuple s’offre en holocauste et donne sa vie et son sang en lieu et place de la classe appelée à régenter le pays. C’est cette dernière qui ambitionne le pouvoir. Mais souvent, elle, la classe «dirigeante», jongle avec des procédés en vue d’échapper au sort qui est réservé à tous ceux qui consacrent leur vie et temps à se libérer du joug de la dominance extérieure ou intérieure. 

Pour la plupart de temps, les élites congolaises de tout bord, attendent, et ce presque sans effort, le moment de jouissance des privilèges et autres pour se manifester alors qu’elles sont loin de se « disponibiliser » pour le sacrifice de leur vie. Si déjà elles ne se trompent d’adversaires et de nature de combat que le même antagoniste impose, elles construisent une distraction autour des concepts qu’elles ne peuvent négocier avec la « Kabilie ». Le rôle déterminé à la « Kabilie » par ceux qui la réifient n’est jamais celui de négocier ni la « démocratie » , et ce avec qui que ce soit, ni les « élections » ou encore d’établir des contacts avec ceux dont l’ambition de changer le rapport des forces ou d’instaurer un pouvoir légitime, mais plutôt , en tant que Chien qui est dressé par son maître, et à qui la « Kabilie » doit soumission, obéissance et virilité, de garder pour le maître la propriété en l’état de sa cession. 
Qui parmi ces élites voudrait donner un sens à sa vie et instruire, et ce de manière consciente, voulue, la jeunesse du Congo en mourant au nom de la nation et du peuple pour lequel tous presque font semblant de parler en son nom. 

D’ailleurs, c’est précisément à cette catégorie d’hommes que Boubacar Diop, intellectuel et écrivain sénégalais, auteur du roman « Murambi, le Livre des Ossements » tient le discours suivant: « les "intellectuels" africains sont les seuls au monde à refuser, sous les prétextes les plus variés et divers, mais souvent farfelus, de prendre en compte des faits historiques pouvant avoir de si graves conséquences sur le destin des générations futures. À les écouter ou à lire leurs textes si chic et complaisants, on vient que la fabrique d’une certaine "bien-pensance" continue de tourner à plein régime. Dans sa préface aux Damnés de la Terre, Sartre n’a pas de mots assez durs pour cette élite colonisée, qu’il appelle des êtres truqués qui, "après un séjour en métropole" deviennent des mensonges vivants [qui n’ont plus] plus rien à dire à leurs frères". Eh bien, presque rien n’a changé depuis la publication de l’essai de Fanon. Certaines postures évoquent celles, bien connues, du "captif de case" toujours anxieux de ne pas être assez aimé par le Maître", (Boubacar Boris Diop, 2011, Murambi, le Livre des Ossements, Éditions Zulma, Paris, p.242-243). 

Le peuple, et comme sa « classe politique », manifeste un besoin de direction et de soutien afin de cheminer ensemble dans la lutte où les deux sont engagés. Mais il y a des moments où le leadership, au lieu d’hésiter, et ce souvent par peur si ce n’est par compromission, d’exposer le peuple, qui lui est mature et souvent n’attend et ne demande des fois que d’en découdre avec les forces d’occupation, au sacrifice conscient, recherché, calculé et voulu. Que veut-on ou qu’attend-on que le peuple abandonné fasse devant la démission et le manque de couardise de sa classe dirigeante ? Le peuple aussi porte sa responsabilité devant l’histoire de ne point vouloir sacrifier ses leaders en qui il croit et tient à garder au pouvoir. À mon avis, avant l’heure n’est pas l’heure et après l’heure, non plus. Le nœud du déblocage de la « crise » passe par cette transcendance que j’appelle de tous mes vœux entre le peuple et ceux qui encadrent le combat. . Le défunt Marien Ngouabi répondait en ces termes à ce dilemme : « lorsque ton pays est sale et manque de paix durable, tu ne peux lui rendre sa propreté et son unité qu’en le lavant avec ton sang ». Phrase prononcée cinq jours avant son assassinat.
La praxis de l’existence démontre que le monde est loin d’être merveilleux et surtout quand on a affaire aux « puissants » qui le conçoivent comme un lieu d’expression de la violence libre. Hobbes et Machiavel estiment que les causes des faits reposent fondamentalement sur « les intérêts et les passions ». Que « Les hommes sont rarement tout bons ou tout mauvais […] Ils sont ingrats, changeants, simulateurs et dissimulateurs, lâches devant les dangers, avides de profit], déclare Machiavel dans (« Discours sur la première décade de Tite-Live, Livre 1, chapitre 23, Éditions Gallimard, Paris.). Et dans ces conditions, la politique devrait « se fonder à partir de la vérité effective, laquelle n’est autre qu’un gigantesque magma de non-sens et de hasard et parfais de cruauté et de souffrance », écrit T. Walthert dans un article intitulé « Machiavel : l’absurde comme principe moteur de l’acte politique ». . 

Je m’attends à ce que l’on me dise que le Congo a connu un martyr, et ce en la personne de Lumumba. Mais sa mort en martyr n’aurait servi à grand-chose dans la suite des évènements au Congo. Donc pour ce genre de contradicteurs, la « martylogie » serait, sous leurs lunettes d’observation, vaine et moins efficace. On ne pourrait l’envisager comme solution pour une véritable et totale « Indépendance » de ce qui est appelée à devenir, la « République Démocratique » du Congo.
J’ai presque envie de sourire mais je répondrais que la seule différence avec ce type de « mort » réside dans le fait que l’initiative d’éliminer Lumumba, comme autant avec celle de Sankara et de Kadhafi, émanait des Européens qui décident de liquider Lumumba pour leurs intérêts et besoins sectoriels. Du début à la fin du processus qui conduit à la mort de Lumumba, de la planification, au recrutement, à son affaiblissement et à la sous-traitance de la tâche, ils en sont seuls maîtres à bord. La mort de Lumumba apparait comme une surprise, un accident, quelque chose de non souhaitée, et d’imprévu pour Lumumba et pour les Congolais qui la subissent sans n’en tirer un quelconque bénéfice « visible » dans les instants qui suivent sa disparition.. Dans ce cas, il ne réunit les critères d’un évènement que je peux qualifier de catalyseur, déclencheur des conséquences entremêlées et en chaîne qui sont contrôlés et opérés par des Congolais eux-mêmes. Lumumba savait qu’il allait mourir mais sa jeunesse a constitué un handicap sérieux à la mise en scène de sa propre mort. 

Nous avons connu l’esclavagisme, la colonisation et notre peuple meurt chaque jour au Kivu, femmes et enfants violés. Non, je ne le crois pas, et ce comme je l’entends souvent pour nos richesses et autres minerais. Trop, c’est trop ! Nous ne pouvons plus continuer à faire semblant et à tolérer que se produit chez nous et à l’aurore du 21e siècle. Nous plaidons pour l’instauration de la « martylogie », consciente, calculée, souhaitée et voulue. Un martyr déclencheur de la révolte de l’homme d’Afrique. La mort cessera d’être un fait du prince mais une victoire et une stratégie d’émancipation de notre peuple. 
La société qui en manque souffrira longtemps parce que dépendante de l’histoire des autres. C’est pourquoi je me suis toujours inscrit en faux contre tous ceux qui pleurent Chebeya et incriminent la « Kabilie ». Il y a de noblesse dans la façon de mourir et surtout quand on donne sa vie pour la cause des autres. Les acteurs véritables capitalisent et tirent profits des sacrifices endurés par ceux qui les ont précédés dans l’histoire. Les martyrs nourrissent non seulement l’espoir des générations à venir mais constituent la source de solidarité, d’union et d’énergie à même de mobiliser la détermination dans la poursuite de la lutte de l’existence. 

Dans son adresse, intitulée « la profession et la vocation de politique » tenue en 1919 lors de sa conférence devant la cellule bavaroise de l’association des étudiants à l’université de Munich, Max WEBER, pour le citer, attribue peu d’importance au « contenu que pourrait porter une politique quelconque ». Il a plutôt mis l’accent sur les « moyens » et le « sens » que se donne un acteur politique en vue de détenir le pouvoir. Pour mieux dire, ses « logiques d’actions ». 

L’idéologie en cours chez le leadership congolais, qui consiste à prôner et à défendre la « démocratie représentative » via des élections qui restent financées par les anciens « maîtres » de Mobutu qui, malheureusement ou heureusement, constituent les mêmes forces contre lesquelles ceux qui ont eu à « braver » Mobutu hier ont encore et toujours affaire aujourd’hui. Cette stratégie est à mon avis moins mobilisatrice et surtout pas adaptée à la nature de la lutte que le système impose. 
On constate que l’avènement « soudain » d’une partie des forces « Mobutistes » dans le camp de ce qui fut hier l’Opposition au Congo, une réunification qui sonne hasardeuse dans le même camp aujourd’hui, aurait pu apporter un second souffle dans cette lutte qui devient commune contre les mêmes forces qui ont fait et soutenu Mobutu. Le système leur a créé une ouverture opportune, en leur fabriquant un adversaire commun issu de son intelligence et qui se nourrit de son apparence multiforme. Mais les Mobutistes comme les autres se montrent plus « réformateurs » qui refusent d’adopter le changement révolutionnaire comme mode opératoire. La voie de la reforme est celle des compromissions : compromission à la Conférence Nationale, compromission à Lusaka, compromission à l’Hotel Cascade, compromission à Sun-City, Compromission dans le cadre de 1+4, compromission en 2006 et compromission en 2011. Et la liste est longue…

Ba kosaka kaka biso, kasi mokolo nini biso to ko zua mayele ya kokosa bango pe lokola ? 

« Si la fonction la plus positive de l’idéologie est l’intégration, le maintien de l’identité d’une personne ou d’un groupe, [écrit George H. Taylor dans son introduction de la traduction parue aux éditions du Seuil de l’Idéologie et l’Utopie de Paul Ricœur, 1997, p.9], la fonction la plus positive de l’utopie est défier et de transformer l’ordre présent. […] L’utopie ne fonctionne pas seulement comme une alternative à l’ordre existant mais elle porte au jour le fossé entre les revendications de l’autorité et les croyances en un système de légitimité ». 

Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila

Mufoncol Tshiyoyo
Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC
R-A.P-en sigle- Mouvement politico-militaire
004745007236, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com  "


Compatriotiquement!


Dernière édition par ndonzwau le 26/6/2013, 11:33 pm, édité 1 fois

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  Cavalier le 20/6/2013, 12:19 am

ndonzwau a écrit:
C'est vrai, les temps étaient davantage murs à la veille et au lendemain des élections de novembre de 2011 pour une réaction populaire ! Nous les avons hélas ratés ! Mais qui peut dire qu'aujourd'hui le blocage ne s'est pas aggravé : comme paradait un jour le démiurge à la tête de notre pays, nous nous épuisons à aboyer, sa caravane passe quasi tranquillement; quoi que nous fassions pour lui résister, il continue de régenter par défi, à nous opprimer... Que faire ???

Une des options qui nous reste pour le faire tomber même si elle est difficilement planifiable c'est bien une insurrection populaire qui bouleverse les rapports de force en présence !
Il faut des conditions nécessaires, disais-je;  nous y reviendrons mais réfléchissons-y...

Mon propos ici : sommes-nous capables de les optimiser ? Après tout, disais-je encore; ce n'est pas là la mission bien réfléchie des forces politiques et citoyennes organisées que de sensibiliser, former... les citoyens ? Il y'eut un temps autour de nos guerres de libération des sociétés colonisées et des indépendances et à l'époque de la Guerre froide triomphante où des mouvements révolutionnaires (marxisants) pullulaient partout... Ils abondaient en recettes et actions pour la révolution populaire anti-capaliste et anti-coloniale ! Ils n'en ont pas fait mieux hélas mais n'est-il pas venu  le moment de recycler  leurs méthodes ???

Deux choses !
Pendant que j'écris je suis d'une oreille la longue interview de Ngbanda : ce n'est pas inintéressant de l'écouter !
Par hasard(?) je viens de lire une analyse qui revendique le martyre utile des hommes politiques, "Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila !"; "Ba kosaka kaka biso, kasi mokolo nini biso to ko zua mayele ya kokosa bango pe lokola ?"  Lisez la !

Mr Ndonzwau,


A mon avis, au stade actuel des choses, pas la peine de planifier quoi que ce soit, la solution est entrain de se dessiner de soi-meme.  Je crois que La diaspora a bien joue son role dans cette situation.  Maintenant il audrait attendre que la semence porte ses fruits...RDC finira par eclater de l'interieur, car Je ne vois pas comment ce pays pourrait y echapper.

_________________
L'originalité est un des grands principes du romantisme.

ALPHA DOG

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  mongo elombe le 20/6/2013, 10:18 am

Il y a de l'espoir, ils ont manifestés à Kin contre la souffrance qu'inflige les indiens à nos frères et soeurs...Il est temps qu'ils au pays bazua courage pour toutes les souffrances en RDC.

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  ndonzwau le 22/6/2013, 3:54 pm

"KONRAD ADENAUER PROJETTE DES SÉMINAIRES DE FORMATION POUR LA PNC ET L’OPPOSITION POLITIQUE
° http://www.lepotentielonline.com/  
Le calendrier des activités de la Fondation allemande Konrad Adenauer en RD Congo prévoit, pour le mois de juillet 2013, des séminaires de formation à l’intention de la Police nationale congolaise (PNC), l’Opposition politique congolaise et l’Union nationale de femmes (UNAF) qui font partie des grands bénéficiaires de ses appuis et actions d’accompagnement.

La Konrad Adenauer Stiftung a indiqué vendredi 21 juin que le séminaire évoquera éventuellement la loi organique de la PNC promulguée par  le président de la République, Joseph Kabila Kabange.
A travers cette  loi n° 11/013 du 11 août 2011 portant organisation et fonctionnement de la PNC, la RDC est ainsi dotée d’une police républicaine, unifiée, efficace, civile, apolitique, professionnelle, accessible et à l’écoute de la population, susceptible de fonctionner au-delà de toute conjoncture et soubresaut politiques.
Cette loi place les polices administrative et judiciaire sous la responsabilité de hauts fonctionnaires relevant d’un seul et même service et permet à ce corps de maintien de l’ordre public de se doter d’éléments et de cadres bien formés.
Par ailleurs, elle unifie dans une structure homogène plusieurs corps de police provenant de l’ancienne Police nationale congolaise et de la police judiciaire des parquets, grâce à un regroupement visant une plus grande opérationnalité sur le terrain.
Promouvoir une « Opposition responsable »

S’agissant de l’Opposition politique, la Fondation Konrad Adenauer a organisé au mois de mai un séminaire politique sur « l’évaluation de l’action de  l’Opposition politique en RDC ».
Le séminaire de juillet prochain devrait aider, dans une certaine mesure, à la transformation de la société congolaise
« Comment comprendre que des partis politiques de la Majorité et de l’Opposition puissent avoir les mêmes projets de société dans leurs programmes ? », est l’interrogation à laquelle le séminaire devra donner une réponse.
Selon la Konrad Adenauer Stiftung, « certains acteurs politiques ont fait de l’Opposition politique une affaire individuelle, comme si l’Opposition se limitait à adresser des critiques acerbes aux tenants du pouvoir actuel ».
Les participants à ce séminaire politique devront saisir cette opportunité pour  imaginer des stratégies efficaces susceptibles de promouvoir une Opposition démocratique et responsable face une à une Majorité numériquement écrasante  qui n’entend rien laisser à la présente Opposition politique.

Quant à l’UNAF,  un réseau de plus de 250 associations féminines et mixtes devant totaliser 20 ans d’existence le 07 juillet 2013, le séminaire lui permettra d’évaluer son action en faveur de la promotion des droits des femmes et de la démocratie en RDC.

La Fondation Konrad Adenauer est un organisme non gouvernemental lié au mouvement chrétien-démocrate en Allemagne établi en RDC depuis 1967.
Son programme a permis la formation, le débat politique, l’éducation civique et politique dans les provinces, le renforcement des capacités des organisations de la société civile avec une attention particulière aux organisations féminines, l’appui aux capacités organisationnelles et électorales des partis politiques ainsi que la formation des coalitions politiques.
Son action a aussi encouragé le dialogue politique par des débats radiodiffusés et télévisés sur des questions d’actualité, la prévention et la résolution des conflits ainsi que la publication des ouvrages sur des questions d’éducation civique et politique."
Compatrriotiquement!

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

Message  ndonzwau le 27/6/2013, 3:03 am

Le Zaïre-Congo n'existe en fait pas comme pays, c'est un mythe d'Etat, un non-Etat,  un Etat invisible... Et pourtant il existe des individus qui se reconnaissent Zairo-Congolais... Il y'a même parait-il un Président , un Gouvernement et tout le tralala... Mais que fichent-ils ? Mais ses habitants ne sont-ils pas foutus pour chasser ces incapables et faire enfin exister leur pays ?
Voici la triste histoire de notre pays que content ceux qui l'observent en comparaison de ce que doit être un Etat !

"Congo-Kinshasa : Un «Etat invisible» ?
° http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8102
La carte du Congo-Kinshasa aux couleurs de l’emblème national
Dans un article publié dans l’édition en ligne, datée du 24 juin, du très influent magazine américain «Foreign Policy» (F.P), les politologues américains Jeffrey Herbst et Greg Mills décrivent le Congo-Kinshasa de ces dix-sept dernières années comme un «Etat invisible». Un Etat qui patauge dans une «anarchie généralisée» faite de régression sociale, de violence et de corruption. Selon les deux auteurs, cette situation perdure parce qu’elle profite à des acteurs tant internes qu’externes. Ils regrettent que le reste du monde continue à aider cet «Etat failli» au lieu d’envisager des alternatives dont la division du pays en plusieurs entités. Ils déplorent par ailleurs le désintérêt de Washington face au désordre qui règne au Congo. Pour eux, la « communauté internationale » commet l’erreur de persister à croire que le Congo existe encore en tant qu’Etat. Nous reproduisons ci-après quelques "idées générales" de cette tribune.


«La communauté internationale doit reconnaître une réalité simple mais brutale : La République démocratique du Congo n’existe pas! (…). Il est temps d’arrêter de prétendre le contraire». C’est par ces mots assassins que les analystes américains commencent leur «papier». Et de rappeler qu’il y a quatre ans, ils défendaient cette même thèse dans la même publication : www.foreignpolicy.com.

Régression sociale
Pour étayer ce point de vue, ils notent, en liminaire, que dix-sept années après la chute du président Mobutu Sese Seko, rien n’a changé dans l’ex-Zaïre. «Le Congo n’est pas un Etat en faillite, c’est un non-Etat, sans cesse en guerre», écrivent-ils avant d’égrener tous les maux dont souffre le pays : violence, massacre, viol, régression sociale (186e à égalité avec le Niger sur l’indice de développement humain des Nations Unies ; 229e sur 229 dans le PIB par habitant, derrière même la Somalie et Sud-Soudan). Herbst et Mills épinglent également la corruption en relevant que celle-ci vaut au pays d’être classé 160e sur 176 sur l’Indice de perception de Transparency International et 171e sur 177 pays sur l’Indice de liberté économique de la Heritage Foundation. A en croire ces deux politologues, s’il y avait un "Prix" à attribuer au «pire endroit» sur terre, le Congo-Kinshasa en serait sans aucun doute le lauréat.
Après ce constat, Jeffrey Herbst et Greg Mills de fustiger la complaisance qu’affiche, selon eux, la communauté internationale à l’égard du gouvernement en place, en dépit de cet «échec patent». Pour eux, la communauté internationale préfère fermer les yeux face à la corruption ambiante tout en évitant d’envisager «une alternative». Depuis l’an 2000, assurent-ils, le Congo-Kinshasa a reçu une aide internationale estimée à 27 milliards de dollars au titre d’aide au développement.

«Le mythe de l’Eta congolais »
Pour eux, «le mythe de l’Etat congolais» persiste à cause de quelques faits. Primo : les dirigeants africains ont en horreur toute remise en cause de la souveraineté de l’État, étant donné que beaucoup d’entre eux n’ont pas le plein contrôle de leurs propres territoires. Secundo : La communauté internationale qui aurait dû initier une réflexion à une solution réelle au Congo, reste passive. Et de relever au passage que malgré toutes les indignations suscitées par "la guerre horrible, la violence systématique contre les femmes, et l’instabilité régionale", le Congo suscite à peine l’attention des responsables politiques à Washington. Ceux-ci sont, en revanche, plus attentifs à la situation au Moyen-Orient ou au Kosovo. Pour Herbst et Mills, il y a enfin, «un grand nombre de personnes à l’intérieur et à l’extérieur du Congo qui profitent énormément» de l’anarchie actuelle via le trafic et la contrebande. Ces personnes, non autrement identifiées, ont, selon eux, «un intérêt profond» à ce que ce pays soit maintenu dans le chaos actuel.
Pour les deux analystes, le gouvernement congolais n’exerce aucun pouvoir «en dehors des zones urbaines». Ils citent, à l’appui, le cas des rebelles du M23 qui contrôlent une partie de la province du Nord Kivu. Ce mouvement avait occupé la ville de Goma en novembre 2012. Au Katanga, les combattants Maï Maï Ba kata Katanga ont fait irruption, le 23 mars dernier, à Lubumbashi et se sont affrontés avec les forces gouvernementales avant de se rendre. «L’attaque a secoué beaucoup car il a réveillé les vieilles craintes que la province allait essayer de faire sécession » comme en 1960. Ils citent, par ailleurs, d’autres zones de non-droit. C’est le cas notamment des localités contrôlées par les «Maï-Maï Morgan» dans la Province Orientale et celles occupées au Nord-Kivu et au Sud Kivu par les «Maï-Maï Raia Mutomboki». «Mais la politique américaine envers le Congo semble ignorer cette anarchie généralisée», soulignent-ils. Et d’ajouter : «Pourtant, toujours déterminé à essayer de préserver Congo, le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé une forte brigade d’intervention avec un mandat offensif sans précédent pour lutter contre les rebelles dans l’est du Congo». Pour eux, les trois mille hommes restent peu nombreux pour pacifier le vaste territoire congolais.

La théorie de Walter Kansteiner
Que propose les deux universitaires américains ? Pour eux, la communauté internationale doit prendre conscience qu’elle fait fausse route en essayant d’aider le gouvernement congolais. Tout en reconnaissant qu’il n’y a pas de solutions prêt-à-porter, ils notent qu’il n’y a pas encore de «consensus fort» autour de l’idée d’examiner d’autres "alternatives" au gouvernement actuel. Comme l’ancien sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Walter Kansteiner, les deux auteurs lancent une théorie bien connue d’un Congo ingouvernable parce que trop vaste. Il faut donc découper le territoire actuel en plusieurs Etats. Et ce, à défaut, de promouvoir un pouvoir décentralisé au niveau des provinces.
L’article de Jeffrey Herbst et Greg Mills est sans doute interpellant. N’empêche. Les Congolais n’ont pas attendu ce «papier» pour réaliser que leur pays souffre d’un déficit de leadership ou d’un appareil d’Etat réellement au service de l’intérêt général. Ils savent que cette situation menace gravement non seulement la cohésion nationale mais aussi la survie du pays en tant qu’Etat.

Que faire ?
Il faut être naïf pour espérer une alternance démocratique dans l’ex-Zaïre. A preuve, « Joseph Kabila» fait à peine mystère de sa volonté de rempiler en 2016 alors que l’article 70 de la Constitution limite le nombre de mandat présidentiel à deux. L’homme entend recourir à la corruption ainsi qu’à l’appareil sécuritaire pour rester Calife à la place du Calife.
Il est clair que les «libérateurs» du 17 mai 1997 considèrent le pouvoir d’Etat comme un «butin de guerre». Un butin qu’ils ont conquis, disait "Joseph Kabila", «les armes à la main en prenant des risques pour leurs vies». Tout changement démocratique paraît, dès lors, exclu. Tout Changement dépendra de la capacité des Congolais à s’affranchir de la peur pour mettre hors d’état de nuire - et pourquoi pas les armes à la main ? - les pseudo-libérateurs qui ont pris le Congo-Kinshasa et les 70 millions de Congolais en otage. Il n’y a pas trente-six manières pour redonner au Congo sa "visibilité" en tant qu’Etat.

A force de se complaire dans une attitude d’«observateur passif» de la descente aux enfers de leur pays, les Congolais donnent implicitement à d’autres nations le droit de façonner leur destin en leur lieu et place.
Jeffrey Herbst est actuellement le président de Colgate University aux Etats-Unis. Greg Mills dirige la Fondation Brenthurst dont le siège se trouve à Johannesburg en Afrique du Sud. Il a travaillé de 1996 à 2005 en qualité de directeur de l’Institut sud africain des Affaires internationales."

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Re: UN "PRINTEMPS AFRICAIN SUBSAHARIEN" EST-IL ENVISAGEABLE SUR LE MODÈLE DU "PRINTEMPS ARABE" ???

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