Souvenez-vous du 26, 27, 28 Aout 1998 lors de l'echec de troupes ruandaises a` Kinshasa?

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Souvenez-vous du 26, 27, 28 Aout 1998 lors de l'echec de troupes ruandaises a` Kinshasa?

Message  regarder et bien voir le 27/8/2013, 10:45 am

Tire' du Journal Le Phare:

26, 27 et 28 août 1998 : les «Trois Glorieuses» de Kinshasa et la débâcle rwandaise

Il y a dans la vie d’un pays, d’une province, d’une ville ou de toute autre entité, des dates que les habitants ne peuvent oublier parce qu’elles font partie de leur histoire. Pour Kinshasa, il y en a quatre : le 1er décembre 1881, le 1er juillet 1923, le  4 janvier 1959 et les 26, 27 et 28 Août 1998.

           En effet, le 1er décembre  1881, selon MBUMBA  NGIMBI, ancien Vice – Gouverneur de Kinshasa, dans son livre « 100 ans  après Stanley.  Problèmes et avenir d’une Ville, » rappelle   le jour de l’arrivée de son fondateur, Henry  MORTON Stanley à Konzo NKULU, l’actuelle baie de Ngaliema.

           La Ville est donc aujourd’hui dans la 133ème année de son existence.

L’arrêté royal du 1er juillet 1923 en fait la capitale de la colonie, en remplacement de Boma. Kinshasa fête à ce jour ses 90 ans comme métropole nationale.

           Le  4 janvier 1959   est une date charnière dans la mesure où la révolution des Abakistes sonne  le glas du régime colonial et prépare le 30 juin 1960. Les journées du 26, 27 et 28 août 1998 constituent les « Trois Glorieuses » de Kinshasa, celles de la victoire sur l’armée rwandaise.

           Ailleurs dans d’autres pays, où chaque coin de la rue rappelle l’histoire, toutes ces dates feraient l’objet de commémorations régulières, marquées  par des manifestations grandioses.

Malheureusement, à Kinshasa, le passé est absent. Les dirigeants préfèrent baptiser de leurs noms des avenues et  des rues, cette faveur qui n’est réservée en principe à titre posthume qu’aux des plus méritants.

           En retraçant ce grand épisode de trois jours de la victoire kinoise, nous voulons faire revire cet événement qui devra être comté demain à tous nos enfants et redonner la fierté à toute la nation congolaise.

           

Le plan d’attaque

de l’ennemi

           On ne cessera jamais de le dire,  si le Rwanda cherche à déstabiliser le grand Congo à partir de sa partie orientale, c’est surtout  pour faire main basse sur ses  richesses fabuleuses et pour compenser ses faibles  revenus générés par le  café, sa seule richesse.

           Pour conquérir le Congo, ses dirigeants vont concocter en ce début d’août  1998 un plan machiavélique.

En effet, au niveau politique, ils vont restructurer le Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD) qui est en réalité une fiction qu’ils  ont  inventée pour camoufler l’agression contre notre pays.   Pour tromper l’opinion, ils mettent à l’avant plan, des hommes politique congolais connus pour leur soif du pouvoir, prêts à renier leurs opinions et même à se renier eux-mêmes.

           C’est ainsi  que le 24 août, Z’Ahidi NGOMA remplace Moïse NYARUGABO à la Vice – Présidence du Mouvement. Pendant ce temps,  des hommes d’Etat comme  LUNDA  BULULU, connu pour ses qualités exceptionnelles rendent le tablier, ayant compris le piège tendu par les autorités de Kigali.

Les Rwandais vont pousser les Congolais jusqu’à la faute. Ainsi Z’Ahidi NGOMA, dans une interview accordée à RFI au cours de l’escale technique de Douala en route pour Paris, vante l’exploit réalisé par les militaires rwandais qui ont débarqué à Kitona et réussi non seulement à couper le courant d’Inga mais également à saboter le pipe – line qui alimente Kinshasa en carburant.

           Au niveau militaire, le plan prévoit le largage des troupes  à Kitona et la prise du Bas- Congo avant d’occuper la capitale pour conquérir le reste du pays.



Kinshasa paralysée  et abandonnée

           Rumeurs, informations et récits des voyageurs en provenance du Bas – Congo créent ce 25 août chez les Kinois une psychose collective.

Les agglomérations de Mbanza-Ngungu et de Kisantu, sont sous occupation  des militaires rwandais, évalués à  de milliers et qui promettent de prendre Kinshasa en quelques heures.

           Pendant ce temps, la population est soumise à une dure épreuve : la circulation est rendue presqu’impossible par le manque de carburant dans les stations - services tandis que les activités sont paralysées faute de courant. Les hôpitaux enregistrent les taux les plus élevés de mortalité, surtout des prématurés. Les prix des denrées connaissent une hausse inattendue.

           Kinshasa qui ressemble à une ville fantôme est abandonnée à son triste sort. Il n’ y a plus aucun ordre public. La rapidité des événements a amené le Président Laurent   KABILA à quitter la Ville dès les premières infiltrations des  ennemis pour Lubumbashi. Il ne reviendra dans la capitale que bien plus tard, le 9 septembre. Pour l’opposer à la population, ses ennemis l’accuseront de s’être enfui en emportant une grande somme des devises de la Banque Centrale.



Les trois jours  de la victoire

           C’est dans ce climat de forte tension que la ville se réveille au matin du 26 août. La nouvelle de l’entrée des militaires rwandais se répand comme une trainée de poudre. Alors que les Rwandais croyaient  que la partie était déjà gagnée, ils vont faire de Kinois qu’ils méprisaient et qu’ils prenaient pour des minables, des véritables héros.  La population kinoise va écrire l’une de plus belles pages de son histoire.

           Car par une sorte  d’instinct de survie, les habitants de la partie Est, des communes de Nd’jili, Kimbanseke et Masina par où ils sont entrés les assaillants,  organisent la résistance et se lancent à l’assaut de ces derniers. La Ville est alors coupée en deux.

Peu à peu, l’information fait boule de neige, de quartier en quartier et de commune en commune et déclenche une forte  solidarité entre les Kinois.

A partir du 27 août, ceux de l’Ouest vont se joindre à côtés de leurs frères de l’Est pour faire échec au plan des envahisseurs. Le 28 août, la débâcle de l’armée rwandaise est totale. Vaincue, elle aura perdu des centaines d’hommes, sans compter des blessés et des déserteurs.



Leçons à tirer.



Les Trois Glorieuses de Kinshasa nous incitent à plusieurs réflexions.

D’abord, elles nous apprennent  qu’un peuple solidaire, résigné, discipliné et décidé qui se défend s’impose au respect des autres. On comprend pourquoi cet exploit va déclencher soudainement un mouvement de solidarité internationale.

           Des pays comme la Belgique, la France, le Canada et l’Italie et des organisations humanitaires tels que la Croix Rouge et les Médecins Sans Frontières se mobilisent pour apporter l’aide nécessaire en denrées alimentaires et en médicaments.

           Cette résistance kinoise a montré que même sans être conduite par des meneurs, Kinshasa est capable de changer le cours de son histoire.

           Elle a aussi prouvé qu’elle continue à jouer ce rôle qui a toujours été le sien depuis sa fondation celui d’être le point de ralliement de toutes les tribus congolaises et que son existence et son avenir sont étroitement liés à ceux de tout le pays.

Le Président Laurent Kabila qui avait voulu s’approprier seul la victoire du 17 mai 1997 a dû se rendre à l’évidence que sans cette résistance des Kinois, il aurait certainement perdu le pouvoir et peut-être même sa vie. C’est sans doute ce qu’il avait amené à les en remercier au cours de son premier meeting populaire tenu à Ndjili le 16 septembre.

           Tous les peuples libres attendent de l’Etat qu’il leurs assure progrès et sécurité.

Malgré tous  les efforts consentis par Kinshasa pour l’unification du pays, les investissements réalisés pour son développement n’ont jamais été à la hauteur de ses sacrifices, malgré sa forte contribution de 32 %  à la formation du PIB.

           Il est temps que les dirigeants comprennent que les Kinois ne sauront pas accepter indéfiniment que les régions de l’Est dont la part insignifiante  au PIB n’atteint même pas 5 %, continuent à se construire sur les ruines des autres. En ce moment où on assiste au gaspillage du temps et de l’argent, avec des concertations nationales inutiles, faisant fi de vrais problèmes qui se posent au pays, les hommes politiques doivent tirer les leçons des «Trois Glorieuses», à savoir que le peuple de Kinshasa est imprévisible. Il est capable du meilleur comme du pire.

           Voilà pourquoi quinze  ans après les «Trois Glorieuses» et la déroute rwandaise, ce rappel  historique est à la fois un devoir et un espoir non seulement pour les Kinois, mais également pour tous les Congolais et un avertissement sérieux pour les autorités.

Henri  MAFULU  MOTO

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Re: Souvenez-vous du 26, 27, 28 Aout 1998 lors de l'echec de troupes ruandaises a` Kinshasa?

Message  Mwana Ya Lola le 27/8/2013, 11:39 am

Cet épisode glorieux est toujours mis sous le tapis par ceux qui traitent constamment les Congolais de peureux et de lâches.

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Re: Souvenez-vous du 26, 27, 28 Aout 1998 lors de l'echec de troupes ruandaises a` Kinshasa?

Message  Invité le 27/8/2013, 10:39 pm

L'histoire peut se repeter si est seulement si le président élu donne un mot d'ordre digne de son rang! Les kinois chantent deja Ya Tshitshi zongisa ye na Rwanda. Donc ils sont prets de le faire avec une instruction sincere et solide émanant directement du président élu.


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Re: Souvenez-vous du 26, 27, 28 Aout 1998 lors de l'echec de troupes ruandaises a` Kinshasa?

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