Triste realite

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Triste realite

Message  Djodjo B le 11/2/2014, 1:24 am

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Re: Triste realite

Message  mongo elombe le 13/2/2014, 4:57 pm

Je me suis juste servie du titre. Les étrangers ont toujours eu la considération de nos autorités, le pays une passoire mais nous ne pouvons pas entre comme on veut chez nos voisins frontaliers.

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Scandale à la frontière RDC-Burundi !


C’est la consternation, la déception et l’inquiétude chez les Congolais résidant au Sud-Kivu en général et à Bukavu en particulier. En effet, un communiqué daté du 24 janvier 2014 et visible au poste frontalier de Gatumba, à l’entrée de Bujumbura, indique que le laissez-passer individuel est suspendu pour les Congolais jusqu’à nouvel ordre. Selon les accords intervenus récemment entre les autorités de Bukavu et leurs homologues de Bujumbura, le trafic entre les deux villes sera désormais soumis à la présentation d’un passeport, un tenant lieu de passeport ou un passeport de la CEPGL pour tout citoyen congolais. Quant au Burundais, il pourrait franchir la frontière congolaise muni d’un simple jeton délivré gratuitement par les autorités de son pays.
Selon des sources congolaises, cette mesure consensuelle a été adoptée en vue de sécuriser davantage Bujumbura, la capitale du Burundi, en prévision des élections générales annoncées dans ce pays à l’horizon 2015.

Comme il fallait s’y attendre, nos compatriotes du Sud-Kivu se posent des tas de questions au sujet de cette décision administrative discriminatoire qui ne frappe que les Congolais. Non seulement elle viole les règles de réciprocité qui devraient régir les mouvements des biens et des personnes à la frontière congolo-burundaise, mais en plus énerve le principe de la libre circulation des citoyens au sein de la Communauté économique des pays des Grands Lacs.

Beaucoup d’observateurs sont tentés de penser, à la lumière de ces nouvelles dispositions, que la RD Congo a accepté que ses citoyens sont susceptibles d’exporter l’insécurité dans la capitale burundaise. Il s’agit là d’un dangereux aveu qui peut exposer les Congolais à tous les désagréments imaginables et inimaginables de l’autre côté de la frontière, sur le territoire burundais. Dans le même ordre d’idées, les autorités provinciales du Sud-Kivu ont accordé un chèque en blanc aux Burundais, considérés comme des enfants de chœur incapables de faire du mal à une mouche.

Infiltrations, tracasseries administratives, sanctions commerciales et agricoles…

A-t-on pensé aux conséquences des restrictions imposées désormais aux Congolais de Bukavu et du « boulevard » ouvert aux Burundais ? La délivrance d’un simple jeton gratuit aux Burundais par les autorités de leurs pays pour venir en RD Congo risque de favoriser davantage des infiltrations d’éléments douteux pour la sécurité nationale congolaise. Nos compatriotes n’ont pas du tout oublié que l’Est du pays a toujours été le ventre mou de notre système de défense. Que d’invasions et agressions armées n’a-t-on pas enregistrées depuis 20 ans ? Combien des milliards de dollars américains la République n’a-t-elle pas perdu, pendant deux décennies, dans le trafic illicite des minerais, à cause de l’insécurité et de la situation de non Etat entretenue par nos voisins ? A-t-on oublié que le Burundi a souvent été aux côtés des agresseurs du grand Congo ?

L’autre conséquence de la limitation des mouvements des Congolais vers Bujumbura est à chercher dans les tracasseries administratives qui vont entourer la délivrance du passeport, du tenant lieu du passeport ou du passeport de la CEPGL. Dès le départ, ce sauf-conduit est placé financièrement hors de portée du commun des compatriotes de cette partie de la République, avec un taux de 165 dollars Usd pour le passeport et de 45 dollars pour le tenant lieu de passeport. C’est à croire qu’implicitement, il est interdit aux paysans, agriculteurs, débrouillards et autres sans-emploi vivant au jour le jour, bref, aux Congolais pauvres, de traverser la frontière congolo-burundaise. Tous les compatriotes qui vivent de la cueillette et de petites activités commerciales quotidiennes sont désormais exclus du circuit des voyages entre Bukavu et Bujumbura.

Quant aux opérateurs économiques congolais, ils risquent de rencontrer beaucoup d’ennuis dans leurs opérations d’exportation ou d’importation qui ont comme point de transit, au départ comme au retour de l’étranger, Bujumbura. Beaucoup vont connaître de sérieuses difficultés dans le processus d’approvisionnement du Sud-Kivu en produits manufacturés. En fait, ils sont frappés de sanctions économiques et commerciales qui ne disent pas leur nom.

Pourquoi ne pas fermer la frontière ?

S’il est établi que la RDC, à travers ses citoyens vivant à Bukavu et ailleurs au Sud-Kivu, représente une menace pour les élections au Burundi, le plus simple serait de décréter purement et simplement la fermeture de la frontière, jusqu’à la tenue de ces scrutins. De cette façon, les autorités burundaises seraient sûres qu’il n’y aurait plus rien à craindre des Congolais. D’aucuns pensent que si les autorités congolaises et burundaises veulent réserver un traitement égalitaire aux citoyens des deux pays, ce serait le moindre mal.

Il y a toutefois de quoi s’étonner des mesures conservatoires initiées par les autorités burundaises en rapport avec leur processus électoral mais surtout de l’attitude défaitiste de leurs homologues congolaises.

Avec le recul du temps, on pense que la RDC aurait pu fermer carrément ses frontières avec le Burundi, pour des durées indéterminées, lors des opérations préélectorales et électorales de 2006 et 2011. Pourquoi la partie congolaise n’avait-elle pas pensé à prendre la même précaution face aux mouvements des Burundais vers le territoire congolais ? S’agissant du cas d’espèce, la RDC est en droit de proposer des mesures réciproques, c’est-à-dire passeport, tenant lieu de passeport ou passeport de la CEPGL à l’endroit des citoyens burundais, étant donné qu’elle se trouve elle aussi engagée dans un nouveau cycle électoral, de 2013 à 2016 voire 2017. Logiquement, les décideurs politiques congolais ont intérêt à verrouiller aussi les frontières nationales, en fonction de la « feuille de route » de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante). Ainsi, les intérêts de la Nation seraient saufs.



Kimp
Kinshasa, 13/02/2014 (Le Phare, via mediacongo.net)

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