G Amisi de retour !

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Re: G Amisi de retour !

Message  Libre Examen le 23/9/2014, 11:27 pm

ndonzwau a écrit:
Libre Examen a écrit:Soyons clairs. Pour notre part, nous n’allons pas nous mettre à célébrer ou à louer comme héros des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits et pointer du doigt Joseph Kabila comme la main qui ordonne ces meurtres.

Nous allons laisser ce genre de besognes aux fascistes de l’Apareco qui en sont des spécialistes.

Nous, nous allons pour notre part regarder ces hommes pour ceux qu’ils sont. Ce sont des hommes à la tête d’autres hommes qui excellent dans la répression, l’extorsion des Congolais, et des viols des Congolaises. Ce sont des bandits de grand chemin. Plus simplement, jusqu’à preuve du contraire, ce sont les ennemis des Congolais. Ils sont dans le camp de Joseph Kabila, comme ils étaient dans le camp de Joseph Désiré Mobutu.

Pour tout dire FAZ = FARDC. Rien n’a changé. Ils tiennent de la même philosophie. Ce sont des tortionnaires. Voilà leur formation. C'est ce qu'il nous ont toujours démontré et rien d'autre.

LE,

Perso, je trouve vous avez là une curieuse manière de traiter votre armée, une manière qui risque même, à mon avis, de conforter le reproche que vous auriez légitimement à leur faire quelque part : ce parti-pris de nos autocrates d'avoir crééune armée devenue plus personnelle, plus partisane que républicaine...

Je m'explique : cette armée reste légalement et légitimement notre armée quand bien même elle est aujourd'hui largement privatisée par le pouvoir et pervertie par bien de ses commandants; dedans la majorité des troupes est composée de jeunes et moins jeunes soldats pleinement engagés à défendre leur territoire contre l'ennemi et à protéger personnes et biens de leurs concitoyens, une majorité qui souffre et sacrifie même leurs vies plus qu'il en jouit...
Nous aurions tort à réduire notre armée à ses commandants officiers délinquants et traîtres; le reste n'est que le reflet de ce que nous sommes, nous Congolais dans notre ensemble...

Bref, accuser FAZ comme FARDC d'une manière aussi générale comme des renégats c'est exactement la politiser comme en ont fait et font tous nos pouvoirs autocrates, ne les traiter qu'à partir des dérives qu'elle connait qui sont davantage le mauvais fruit de son encadrement c'est nous refuser d'avoir une armée qui doit être républicaine et dans laquelle il y'a encore troupes et quelques officiers qui s'y dévouent et même se sacrifient pour notre Patrie...
Vous vous imaginez les Français qui traiteraient ainsi leur armée pendant la Deuxième Guerre parce qu'elle a été conduite sous l'ordre d'un Maréchal Pétain et ses collaborateurs qui se sont conduits comme collabos face à l'ennemi allemand ?
Le Zaïre/Congo, son Armée n'ont jamais appartenu ni à Kasa-Vubu ni à Lumumba plutôt les bien-nommés à la tête de notre pays, encore moins à Mobutu, LDK, "JK" ni à leurs cercles, ils appartiennent à tous, à chaque citoyen : nous l'oublierions à confondre les dérives privatrices des uns et des autres avec nos attributs souverains qui resteront nôtres quoi qu'il arrive...

Je ne suis pas sûr d'avoir bien exprimé mon avis mais vous aurez compris que votre propos m'a surpris et heurté : dire :"[...]des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits[...]"; je ne sais pas si vous prenez la mesure de ce qu'est la réalité d'une armée ?



Compatriotiquement!

Sauf, Dom que les dérives sont la règle pour les FAZet les FARDC en temps de guerre ou pas. Ils ne sont plus de nôtre. Ils ont été arrachés; et ils ont choisi de s'éloigner de nous pour fidèlement servir leurs maîtres, qu'ils soient civils, militaires, ministres ou députés, ainsi que tous ceux qui sont de ce cercle. Ils sont là pour les servir. Ils sont là pour les protéger d'abord et avant tout contre le peuple.

Ils vivent chaque jour, joue et nuit aux dépens du peuple. Qui est ce Congolais issu du peuple et qui vit parmi eux,  qui n'a pas peur en présence d'un soldat ou d'un policier ? Ce sont des tortionnaires du peuple. Ce sont des terroristes. Le peuple vit de peur en leur présence. Quiconque vit avec le peuple connaît les traitement que lui font subir qui sont supposés les protéger. Évidemment quiconque vit dans les palaces de Kinshasa en compagnie des ministres et des députés ne vit pas cette réalité. Il est donc normal qu'il la minimise.

Nous ne parlons pas de ce que l'armée congolaise devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit. Nous parlons de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est. Ce sont des bandits de grand chemin. Chaque fois que l'occasion se présente, chaque fois qu'il leur ai demandé, ils tirent sur le peuple. Voilà, ce qu'est cette armée.

Que nous importe donc que leurs chefs s'alignent comme des moutons allant à l'abattoir devant Joseph Kabila puisqu'ils ont choisi la mort au lieu que de perdre leurs privilèges en prenant, compatriotiquement, faits et causes pour les Congolais.

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 24/9/2014, 12:47 am

Libre Examen a écrit:
ndonzwau a écrit:
Libre Examen a écrit:Soyons clairs. Pour notre part, nous n’allons pas nous mettre à célébrer ou à louer comme héros des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits et pointer du doigt Joseph Kabila comme la main qui ordonne ces meurtres.

Nous allons laisser ce genre de besognes aux fascistes de l’Apareco qui en sont des spécialistes.

Nous, nous allons pour notre part regarder ces hommes pour ceux qu’ils sont. Ce sont des hommes à la tête d’autres hommes qui excellent dans la répression, l’extorsion des Congolais, et des viols des Congolaises. Ce sont des bandits de grand chemin. Plus simplement, jusqu’à preuve du contraire, ce sont les ennemis des Congolais. Ils sont dans le camp de Joseph Kabila, comme ils étaient dans le camp de Joseph Désiré Mobutu.

Pour tout dire FAZ = FARDC. Rien n’a changé. Ils tiennent de la même philosophie. Ce sont des tortionnaires. Voilà leur formation. C'est ce qu'il nous ont toujours démontré et rien d'autre.

LE,

Perso, je trouve vous avez là une curieuse manière de traiter votre armée, une manière qui risque même, à mon avis, de conforter le reproche que vous auriez légitimement à leur faire quelque part : ce parti-pris de nos autocrates d'avoir crééune armée devenue plus personnelle, plus partisane que républicaine...

Je m'explique : cette armée reste légalement et légitimement notre armée quand bien même elle est aujourd'hui largement privatisée par le pouvoir et pervertie par bien de ses commandants; dedans la majorité des troupes est composée de jeunes et moins jeunes soldats pleinement engagés à défendre leur territoire contre l'ennemi et à protéger personnes et biens de leurs concitoyens, une majorité qui souffre et sacrifie même leurs vies plus qu'il en jouit...
Nous aurions tort à réduire notre armée à ses commandants officiers délinquants et traîtres; le reste n'est que le reflet de ce que nous sommes, nous Congolais dans notre ensemble...

Bref, accuser FAZ comme FARDC d'une manière aussi générale comme des renégats c'est exactement la politiser comme en ont fait et font tous nos pouvoirs autocrates, ne les traiter qu'à partir des dérives qu'elle connait qui sont davantage le mauvais fruit de son encadrement c'est nous refuser d'avoir une armée qui doit être républicaine et dans laquelle il y'a encore troupes et quelques officiers qui s'y dévouent et même se sacrifient pour notre Patrie...
Vous vous imaginez les Français qui traiteraient ainsi leur armée pendant la Deuxième Guerre parce qu'elle a été conduite sous l'ordre d'un Maréchal Pétain et ses collaborateurs qui se sont conduits comme collabos face à l'ennemi allemand ?
Le Zaïre/Congo, son Armée n'ont jamais appartenu ni à Kasa-Vubu ni à Lumumba plutôt les bien-nommés à la tête de notre pays, encore moins à Mobutu, LDK, "JK" ni à leurs cercles, ils appartiennent à tous, à chaque citoyen : nous l'oublierions à confondre les dérives privatrices des uns et des autres avec nos attributs souverains qui resteront nôtres quoi qu'il arrive...

Je ne suis pas sûr d'avoir bien exprimé mon avis mais vous aurez compris que votre propos m'a surpris et heurté : dire :"[...]des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits[...]"; je ne sais pas si vous prenez la mesure de ce qu'est la réalité d'une armée ?



Compatriotiquement!

Sauf, Dom que les dérives sont la règle pour les FAZet les FARDC en temps de guerre ou pas. Ils ne sont plus de nôtre. Ils ont été arrachés; et ils ont choisi de s'éloigner de nous pour fidèlement servir leurs maîtres, qu'ils soient civils, militaires, ministres ou députés, ainsi que tous ceux qui sont de ce cercle. Ils sont là pour les servir. Ils sont là pour les protéger d'abord et avant tout contre le peuple.

Ils vivent chaque jour, joue et nuit aux dépens du peuple. Qui est ce Congolais issu du peuple et qui vit parmi eux,  qui n'a pas peur en présence d'un soldat ou d'un policier ? Ce sont des tortionnaires du peuple. Ce sont des terroristes. Le peuple vit de peur en leur présence. Quiconque vit avec le peuple connaît les traitement que lui font subir qui sont supposés les protéger. Évidemment quiconque vit dans les palaces de Kinshasa en compagnie des ministres et des députés ne vit pas cette réalité. Il est donc normal qu'il la minimise.

Nous ne parlons pas de ce que l'armée congolaise devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit. Nous parlons de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est. Ce sont des bandits de grand chemin. Chaque fois que l'occasion se présente, chaque fois qu'il leur ai demandé, ils tirent sur le peuple. Voilà, ce qu'est cette armée.

Que nous importe donc que leurs chefs s'alignent comme des moutons allant à l'abattoir devant Joseph Kabila puisqu'ils ont choisi la mort au lieu que de perdre leurs privilèges en prenant, compatriotiquement, faits et causes pour les Congolais.

Détrompez-vous, LE, je n'ergote surtout pas sur une armée congolaise telle qu'elle devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit", je parle bien "de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est" !

Je n'en fais pas un argument décisif, n'empêche que pour moult raisons, j'ai passé quelques heures sinon plus à m'enquérir et à étudier à mon pauvre niveau la réalité de notre armée, pour moi, un domaine capitalissime pour qui veut comprendre et/ou agir sur le devenir de ce pays... Je crois en avoir appris !
Eh ben on n'a besoin que d'un regard pragmatique, réaliste accessible à tous et bien complémentaire à l'utile idéalisme moral ou patriotique pour comprendre que l'armée est peut-être l'institution qui non seulement a été la plus instrumentalisée par nos dictatures mais aussi paradoxalement ou pas celle qui reflète au mieux notre réalité dont ni moi ni vous ne cesserons hélas de faire partie...

Je ne peux que respecter votre regard tout en le désapprouvant càd au delà de son prisme que je juge foncièrement décalé pour ne pas dire plus, mais svp faites un denier effort pour chercher à mieux comprendre la réalité d'une armée et de notre armée...
Des info directes sur ce qui s'y passe auprès des acteurs et bien des documents (livres, sites net...) vous en apprendront, je suis convaincu, plus que vous en savez aujourd'hui et nous en reparlerons...
C'est tout ce que je peux vous répondre à ce stade; à plus...



Compatriotiquement!

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Re: G Amisi de retour !

Message  Libre Examen le 24/9/2014, 1:27 am

ndonzwau a écrit:
Libre Examen a écrit:
ndonzwau a écrit:
Libre Examen a écrit:Soyons clairs. Pour notre part, nous n’allons pas nous mettre à célébrer ou à louer comme héros des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits et pointer du doigt Joseph Kabila comme la main qui ordonne ces meurtres.

Nous allons laisser ce genre de besognes aux fascistes de l’Apareco qui en sont des spécialistes.

Nous, nous allons pour notre part regarder ces hommes pour ceux qu’ils sont. Ce sont des hommes à la tête d’autres hommes qui excellent dans la répression, l’extorsion des Congolais, et des viols des Congolaises. Ce sont des bandits de grand chemin. Plus simplement, jusqu’à preuve du contraire, ce sont les ennemis des Congolais. Ils sont dans le camp de Joseph Kabila, comme ils étaient dans le camp de Joseph Désiré Mobutu.

Pour tout dire FAZ = FARDC. Rien n’a changé. Ils tiennent de la même philosophie. Ce sont des tortionnaires. Voilà leur formation. C'est ce qu'il nous ont toujours démontré et rien d'autre.

LE,

Perso, je trouve vous avez là une curieuse manière de traiter votre armée, une manière qui risque même, à mon avis, de conforter le reproche que vous auriez légitimement à leur faire quelque part : ce parti-pris de nos autocrates d'avoir crééune armée devenue plus personnelle, plus partisane que républicaine...

Je m'explique : cette armée reste légalement et légitimement notre armée quand bien même elle est aujourd'hui largement privatisée par le pouvoir et pervertie par bien de ses commandants; dedans la majorité des troupes est composée de jeunes et moins jeunes soldats pleinement engagés à défendre leur territoire contre l'ennemi et à protéger personnes et biens de leurs concitoyens, une majorité qui souffre et sacrifie même leurs vies plus qu'il en jouit...
Nous aurions tort à réduire notre armée à ses commandants officiers délinquants et traîtres; le reste n'est que le reflet de ce que nous sommes, nous Congolais dans notre ensemble...

Bref, accuser FAZ comme FARDC d'une manière aussi générale comme des renégats c'est exactement la politiser comme en ont fait et font tous nos pouvoirs autocrates, ne les traiter qu'à partir des dérives qu'elle connait qui sont davantage le mauvais fruit de son encadrement c'est nous refuser d'avoir une armée qui doit être républicaine et dans laquelle il y'a encore troupes et quelques officiers qui s'y dévouent et même se sacrifient pour notre Patrie...
Vous vous imaginez les Français qui traiteraient ainsi leur armée pendant la Deuxième Guerre parce qu'elle a été conduite sous l'ordre d'un Maréchal Pétain et ses collaborateurs qui se sont conduits comme collabos face à l'ennemi allemand ?
Le Zaïre/Congo, son Armée n'ont jamais appartenu ni à Kasa-Vubu ni à Lumumba plutôt les bien-nommés à la tête de notre pays, encore moins à Mobutu, LDK, "JK" ni à leurs cercles, ils appartiennent à tous, à chaque citoyen : nous l'oublierions à confondre les dérives privatrices des uns et des autres avec nos attributs souverains qui resteront nôtres quoi qu'il arrive...

Je ne suis pas sûr d'avoir bien exprimé mon avis mais vous aurez compris que votre propos m'a surpris et heurté : dire :"[...]des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits[...]"; je ne sais pas si vous prenez la mesure de ce qu'est la réalité d'une armée ?



Compatriotiquement!

Sauf, Dom que les dérives sont la règle pour les FAZet les FARDC en temps de guerre ou pas. Ils ne sont plus de nôtre. Ils ont été arrachés; et ils ont choisi de s'éloigner de nous pour fidèlement servir leurs maîtres, qu'ils soient civils, militaires, ministres ou députés, ainsi que tous ceux qui sont de ce cercle. Ils sont là pour les servir. Ils sont là pour les protéger d'abord et avant tout contre le peuple.

Ils vivent chaque jour, joue et nuit aux dépens du peuple. Qui est ce Congolais issu du peuple et qui vit parmi eux,  qui n'a pas peur en présence d'un soldat ou d'un policier ? Ce sont des tortionnaires du peuple. Ce sont des terroristes. Le peuple vit de peur en leur présence. Quiconque vit avec le peuple connaît les traitement que lui font subir qui sont supposés les protéger. Évidemment quiconque vit dans les palaces de Kinshasa en compagnie des ministres et des députés ne vit pas cette réalité. Il est donc normal qu'il la minimise.

Nous ne parlons pas de ce que l'armée congolaise devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit. Nous parlons de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est. Ce sont des bandits de grand chemin. Chaque fois que l'occasion se présente, chaque fois qu'il leur ai demandé, ils tirent sur le peuple. Voilà, ce qu'est cette armée.

Que nous importe donc que leurs chefs s'alignent comme des moutons allant à l'abattoir devant Joseph Kabila puisqu'ils ont choisi la mort au lieu que de perdre leurs privilèges en prenant, compatriotiquement, faits et causes pour les Congolais.

Détrompez-vous, LE, je n'ergote surtout pas sur une armée congolaise telle qu'elle devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit", je parle bien "de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est" !

Je n'en fais pas un argument décisif, n'empêche que pour moult raisons, j'ai passé quelques heures sinon plus à m'enquérir et à étudier à mon pauvre niveau la réalité de notre armée, pour moi, un domaine capitalissime pour qui veut comprendre et/ou agir sur le devenir de ce pays... Je crois en avoir appris !
Eh ben on n'a besoin que d'un regard pragmatique, réaliste accessible à tous et bien complémentaire à l'utile idéalisme moral ou patriotique pour comprendre que l'armée est peut-être l'institution qui non seulement a été la plus instrumentalisée par nos dictatures mais aussi paradoxalement ou pas celle qui reflète au mieux notre réalité dont ni moi ni vous ne cesserons hélas de faire partie...

Je ne peux que respecter votre regard tout en le désapprouvant càd au delà de son prisme que je juge foncièrement décalé pour ne pas dire plus, mais svp faites un denier effort pour chercher à mieux comprendre la réalité d'une armée et de notre armée...
Des info directes sur ce qui s'y passe auprès des acteurs et bien des documents (livres, sites net...) vous en apprendront, je suis convaincu, plus que vous en savez aujourd'hui et nous en reparlerons...
C'est tout ce que je peux vous répondre à ce stade; à plus...



Compatriotiquement!

Nous avons vécu ça. Chaque jour, chaque nuit, ils envahissaient nos quartiers. Nous étions sous couvre feu permanent. Ils pillent, dérobent, violent, poignardent et tuent. Un jeune frère du quartier est mort abattu devant chez eux. Et, ils n'ont eu nulle part où aller se plaindre. Vous pouvez donc me désapprouver comme vous voulez et m'envoyer m'instruire, ça ne va pas changer ma réalité.

Ces jeunes femmes, ces jeunes mamans qui chaque jour se débattent pour nourrir leurs familles et sont toujours l'objet d'extorsion de la part de nos militaires ne vivent pas des conditions plus dramatiques, plus misérables, plus malheureuses que nos soldats. Elles n'ont rien de gratuit.

Et quand nos chers soldats très patriotiques fuient les combats, ils montrent leurs patriotisme en retournant les petits peuples et en les pillant.

Sorry Dom, je n'ai vraiment pas besoin que vous m'approuviez.

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 24/9/2014, 3:24 am

Libre Examen a écrit:
ndonzwau a écrit:
Libre Examen a écrit:
ndonzwau a écrit:
Libre Examen a écrit:Soyons clairs. Pour notre part, nous n’allons pas nous mettre à célébrer ou à louer comme héros des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits et pointer du doigt Joseph Kabila comme la main qui ordonne ces meurtres.

Nous allons laisser ce genre de besognes aux fascistes de l’Apareco qui en sont des spécialistes.

Nous, nous allons pour notre part regarder ces hommes pour ceux qu’ils sont. Ce sont des hommes à la tête d’autres hommes qui excellent dans la répression, l’extorsion des Congolais, et des viols des Congolaises. Ce sont des bandits de grand chemin. Plus simplement, jusqu’à preuve du contraire, ce sont les ennemis des Congolais. Ils sont dans le camp de Joseph Kabila, comme ils étaient dans le camp de Joseph Désiré Mobutu.

Pour tout dire FAZ = FARDC. Rien n’a changé. Ils tiennent de la même philosophie. Ce sont des tortionnaires. Voilà leur formation. C'est ce qu'il nous ont toujours démontré et rien d'autre.

LE,

Perso, je trouve vous avez là une curieuse manière de traiter votre armée, une manière qui risque même, à mon avis, de conforter le reproche que vous auriez légitimement à leur faire quelque part : ce parti-pris de nos autocrates d'avoir crééune armée devenue plus personnelle, plus partisane que républicaine...

Je m'explique : cette armée reste légalement et légitimement notre armée quand bien même elle est aujourd'hui largement privatisée par le pouvoir et pervertie par bien de ses commandants; dedans la majorité des troupes est composée de jeunes et moins jeunes soldats pleinement engagés à défendre leur territoire contre l'ennemi et à protéger personnes et biens de leurs concitoyens, une majorité qui souffre et sacrifie même leurs vies plus qu'il en jouit...
Nous aurions tort à réduire notre armée à ses commandants officiers délinquants et traîtres; le reste n'est que le reflet de ce que nous sommes, nous Congolais dans notre ensemble...

Bref, accuser FAZ comme FARDC d'une manière aussi générale comme des renégats c'est exactement la politiser comme en ont fait et font tous nos pouvoirs autocrates, ne les traiter qu'à partir des dérives qu'elle connait qui sont davantage le mauvais fruit de son encadrement c'est nous refuser d'avoir une armée qui doit être républicaine et dans laquelle il y'a encore troupes et quelques officiers qui s'y dévouent et même se sacrifient pour notre Patrie...
Vous vous imaginez les Français qui traiteraient ainsi leur armée pendant la Deuxième Guerre parce qu'elle a été conduite sous l'ordre d'un Maréchal Pétain et ses collaborateurs qui se sont conduits comme collabos face à l'ennemi allemand ?
Le Zaïre/Congo, son Armée n'ont jamais appartenu ni à Kasa-Vubu ni à Lumumba plutôt les bien-nommés à la tête de notre pays, encore moins à Mobutu, LDK, "JK" ni à leurs cercles, ils appartiennent à tous, à chaque citoyen : nous l'oublierions à confondre les dérives privatrices des uns et des autres avec nos attributs souverains qui resteront nôtres quoi qu'il arrive...

Je ne suis pas sûr d'avoir bien exprimé mon avis mais vous aurez compris que votre propos m'a surpris et heurté : dire :"[...]des gens qui attendent volontairement  comme devant un peloton d’exécution chacun son tour, et que lorsque ce tour arrive que ça devienne l’occasion pour célébrer leurs hauts faits[...]"; je ne sais pas si vous prenez la mesure de ce qu'est la réalité d'une armée ?



Compatriotiquement!

Sauf, Dom que les dérives sont la règle pour les FAZet les FARDC en temps de guerre ou pas. Ils ne sont plus de nôtre. Ils ont été arrachés; et ils ont choisi de s'éloigner de nous pour fidèlement servir leurs maîtres, qu'ils soient civils, militaires, ministres ou députés, ainsi que tous ceux qui sont de ce cercle. Ils sont là pour les servir. Ils sont là pour les protéger d'abord et avant tout contre le peuple.

Ils vivent chaque jour, joue et nuit aux dépens du peuple. Qui est ce Congolais issu du peuple et qui vit parmi eux,  qui n'a pas peur en présence d'un soldat ou d'un policier ? Ce sont des tortionnaires du peuple. Ce sont des terroristes. Le peuple vit de peur en leur présence. Quiconque vit avec le peuple connaît les traitement que lui font subir qui sont supposés les protéger. Évidemment quiconque vit dans les palaces de Kinshasa en compagnie des ministres et des députés ne vit pas cette réalité. Il est donc normal qu'il la minimise.

Nous ne parlons pas de ce que l'armée congolaise devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit. Nous parlons de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est. Ce sont des bandits de grand chemin. Chaque fois que l'occasion se présente, chaque fois qu'il leur ai demandé, ils tirent sur le peuple. Voilà, ce qu'est cette armée.

Que nous importe donc que leurs chefs s'alignent comme des moutons allant à l'abattoir devant Joseph Kabila puisqu'ils ont choisi la mort au lieu que de perdre leurs privilèges en prenant, compatriotiquement, faits et causes pour les Congolais.

Détrompez-vous, LE, je n'ergote surtout pas sur une armée congolaise telle qu'elle devrait être et que nous aimerions tous qu'elle soit", je parle bien "de l'armée congolaise, des FARDC, telle qu'elle est" !

Je n'en fais pas un argument décisif, n'empêche que pour moult raisons, j'ai passé quelques heures sinon plus à m'enquérir et à étudier à mon pauvre niveau la réalité de notre armée, pour moi, un domaine capitalissime pour qui veut comprendre et/ou agir sur le devenir de ce pays... Je crois en avoir appris !
Eh ben on n'a besoin que d'un regard pragmatique, réaliste accessible à tous et bien complémentaire à l'utile idéalisme moral ou patriotique pour comprendre que l'armée est peut-être l'institution qui non seulement a été la plus instrumentalisée par nos dictatures mais aussi paradoxalement ou pas celle qui reflète au mieux notre réalité dont ni moi ni vous ne cesserons hélas de faire partie...

Je ne peux que respecter votre regard tout en le désapprouvant càd au delà de son prisme que je juge foncièrement décalé pour ne pas dire plus, mais svp faites un denier effort pour chercher à mieux comprendre la réalité d'une armée et de notre armée...
Des info directes sur ce qui s'y passe auprès des acteurs et bien des documents (livres, sites net...) vous en apprendront, je suis convaincu, plus que vous en savez aujourd'hui et nous en reparlerons...
C'est tout ce que je peux vous répondre à ce stade; à plus...



Compatriotiquement!

Nous avons vécu ça. Chaque jour, chaque nuit, ils envahissaient nos quartiers. Nous étions sous couvre feu permanent. Ils pillent, dérobent, violent, poignardent et tuent. Un jeune frère du quartier est mort abattu devant chez eux. Et, ils n'ont eu nulle part où aller se plaindre. Vous pouvez donc me désapprouver comme vous voulez et m'envoyer m'instruire, ça ne va pas changer ma réalité.

Ces jeunes femmes, ces jeunes mamans qui chaque jour se débattent pour nourrir leurs familles et sont toujours l'objet d'extorsion de la part de nos militaires ne vivent pas des conditions plus dramatiques, plus misérables, plus malheureuses que nos soldats. Elles n'ont rien de gratuit.

Et quand nos chers soldats très patriotiques fuient les combats, ils montrent leurs patriotisme en retournant les petits peuples et en les pillant.

Sorry Dom, je n'ai vraiment pas besoin que vous m'approuviez.

Il ne resterait plus, LE, que j'attende que vous ayez besoin de m'approuver; quelle idée ?
Restons-en au b à ba du dialogue : chacun expose ses arguments et chaque interlocuteur en est convaincu ou pas...

Pour le reste, je connais et approuve la situation que vous me décrivez; c'est seule la lecture de ses dessous qui diffère entre nous...
J'en referme aussitôt la parenthèse que j'ai ouverte et dont la discussion nous a permis à chacun d'exposer ses points de vue sans à terme s'accorder; ainsi va la vie...

Revenons ainsi à la discussion en cours pour ne pas trop l'embrouiller : la restructuration de la direction de l'armée par "JK" !
Cela mérite en tant que telle, selon moi, toute notre attention surtout qu'elle peut augurer d'un avenir encore plus incertain pour notre pays; on n'en a pas besoin...




Compatriotiquement!    

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Re: G Amisi de retour !

Message  Troll le 24/9/2014, 4:56 pm

HELAS Mr LIBREXAMEN

Helas, les membres des FARDC sont des congolais, dans une grande majorité..Nos frères et soeurs, "otages" d´un système politique non démocratique

Un jour, dans un futur prochain ces hommes seront toujours là au sein de l´armée..Etant des congolais, vous ne pouvez ni les exclures de l´armée ni les exiler:coffee:

Raison pour laquelle un membre de l´opposition propose d´inclure dans le "DIALOGUE" le futur de la Garde Républicaine

Le jour où il y aura démocratie, rassurez-vous, ces hommes seront aussi au service de la démocratie Nous avons vu le général "TIGRE" alors chef d´EMG faire un discours fantastique á la CNS en disant que "Les FAZ sont une armée du peuple" et non des mercenaires au service d´un seul homme

Nous encourageons les lecteurs á s´engager dans des réflexions qui peuvent non seulement ameliorer les conditions sociales des FARDC, mais aussi aider á activement les FARDC á se preparer..mentalement pour l´alternance

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Re: G Amisi de retour !

Message  Libre Examen le 24/9/2014, 6:57 pm

Troll a écrit: HELAS Mr LIBREXAMEN

Helas, les membres des FARDC sont des congolais, dans une grande majorité..Nos frères et soeurs, "otages" d´un système politique non démocratique

Un jour, dans un futur prochain ces hommes seront toujours là au sein de l´armée..Etant des congolais, vous ne pouvez ni les exclures de l´armée ni les exiler:coffee:

Raison pour laquelle un membre de l´opposition propose d´inclure  dans le "DIALOGUE" le futur de la Garde Républicaine

Le jour où il y aura démocratie, rassurez-vous, ces hommes seront aussi au service de la démocratie Nous avons vu le général "TIGRE" alors chef d´EMG faire un discours fantastique á la CNS en disant que "Les FAZ sont une armée du peuple" et non des mercenaires au service d´un seul homme

Nous encourageons les lecteurs á s´engager dans des réflexions qui peuvent non seulement ameliorer les conditions sociales des FARDC, mais aussi aider á activement les FARDC á se preparer..mentalement pour l´alternance

Sir Troll,

Nulle part n'ai-je nié la qualité d'êtres humains, ou mieux la qualité de muntu, aux membres des FAZ ou des FARDC. Je constate tout simplement qu'ils traitent, de par leurs métiers, d'autres Congolais,  qui ne vivent pas dans des meilleures conditions qu'eux, de façon inhumaine; ce que tout le monde s'emploie à délibérément ignorer pour justifier des comportements qui relèvent de la barbarie. Je n'épilogue point sur ce qu'adviendra de cette armée demain. Je ne maitrise pas comme vous l'art divinatoire.

De plus, veuillez bien prendre note que ce ne sont pas nous qui ne les reconnaissons pas comme frères et soeurs. Ce sont eux qui ne nous reconnaissent pas comme leurs frères et soeurs. Ce sont eux qui tirent sur nous. Ce sont eux qui nous dérobrent. Ce sont eux qui violent leurs soeurs.

Sir Troll, on ne tire pas sur ses frères et soeurs.

J'attends donc voir le jour où l'un d'eux se rendra compte qu'en face d'eux, il y a des êtres humains comme eux, qui souffrent comme eux, qui sont leurs frères et soeurs, et qu'ils doivent les traiter humainement.

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 24/9/2014, 7:10 pm

Kabila, appliquant Sun Tzu, neutralise subtilement les officiers frondeurs de la GR et les envoie en Egypte


° http://desc-wondo.org/kabila-neutralise-subtilement-les-officiers-frondeurs-de-la-gr-en-les-envoyant-en-egypte-jj-wondo/

La présente analyse était censée paraître avant la publication des nominations à la tête des FARDC, mais l’actualité nous a dicté l’agenda de sa publication en différé. Malgré cela plusieurs éléments de la présente analyse sont confirmés dans les récentes nominations des généraux aux postes de commandements des grabdes unités des FARDC. 

L’Egypte, lieu de villégiature pour les officiers frondeurs de la GR

La villégiature est le lieu et le temps de l’oisiveté. Pour les officiers inconscients de la Garde républicaine (GR) qui ont menacé de  renverser Kabila, c’est vers l’Egypte, fort du renforcement du partenariat militaire entre la RDC et ce pays, par le truchement du tsar Vladimir Poutine, que le président Kabila a trouvé comme lieu de leur éloignement et leur neutralisation indolore mais progressive. C’est une pratique appliquée également à son temps par le léopardMobutu.
 C’est en ces termes que DESC a eu la confirmation de l’application de l’une des prédictions avancées dans son article sur la menace faite par la GR de renverser Kabila : « Tu as eu raison JJ Whisky dans les analyses de DESC, le boss a déjà pris des mesures pour mettre au pas les frondeurs de la GR ».

Notre source militaire vient de confirmer à DESC que  « la plupart des commandants de peloton, compagnie, bataillon et régiments de la GR sont envoyés dans les institutions militaires égyptiennes pour suivre des stage intenses au Caire, Gizeh, Alexandrie, El-Arish, et Assouan dans les différents domaines de la sécurité rapprochée et éloignée, renseignement, logistique, transmissions, artillerie, blindés, infanterie, commando ainsi que des cours de commandement et d’état-major. »
« Ils seront en Egypte en principe pendant 12 mois. Comme la plupart des titulaires sont partis ou sont en voie de partir en Egypte, leurs adjoints assument leur intérim, et encadrent les troupes. Les partants ne reviendront que dans 12 mois et à leur retour, ils seront affectés dans d’autres unités non GR. Cette mesure concerne un total de 885 officiers et sous-officiers de la GR. »
« Comme vous l’avez très bien décrit contre les GR frondeurs, le boss n’a pas voulu utiliser la force mais la ruse pour les éloigner tous en douceur. Il est bien conscient que l’usage de la force allait aboutir à une confrontation militaire. Il faut dire que le boss est aussi conseillé par des stratèges militaires Chinois et Nord-Coréens »

Donner du pain et des jeux au peuple et vous aurez la paix

D’après une des sources de l’Etat-major particulier du chef de l’Etat :  » tous les indisciplinés sont au Caire ou en route pour Le Caire. Les soldats ne sont pas un syndicat ou un parti politique pour formuler des revendications. Ordre a été donné aux autorités militaires égyptiennes de faire de ces stagiaires congolais de vrais soldats, pas de complaisance. Pour Kabila, le danger était trop élevé et il fallait réagir rapidement avec une formules intelligente mais efficace afin d’éviter la contagion aux autres secteurs de l’armée ». Naïfs qu’ils sont, notre source nous a encore confié que « tous les stagiaires sont contents de voyager car la présidence payera leurs bourses très régulièrement et en plus ils ont reçu la promesse du boss d’être tous promus en grade supérieur et autres avantages sociaux à leur retour en RDC. ».
Comme on le sait, face au mécontentement de l’armée, Kabila utilise la carotte comme somnifère pour les endormir. C’est ce qu’il a fait exactement en 2013, lorsqu’à la suite de la chute de Goma et des soupçons de trahison, le mécontentement avait gagné les rangs des FARDC. Comme réponse, c’est la nomination ou la promotion de plus de 180 généraux et des enveloppes financières pour les calmer. D’ailleurs à la question de comprendre cette soumission viscérale à Kabila en sachant ses entreprises contraires à la défense de la RDC, quelques généraux promus ayant broyé du noir sous Mobutu nous ont rétorqué : « Petit, soki raïs te nde ngai nakokaki kolata pete ya général na mboka oyo ?  Tala mapeka elembi na kilo ya pete ya général» (Mon cher jeune frère d’armes, n’eût été le raïs (Kabila), j’aurais porté un jour un grade de général dans ce pays ? Mes épaules tombent d’ailleurs sous le poids des insignes du grade de général ).

Ainsi s’accomplit cet adage qui dit « donner du pain et des jeux et le peuple sera content, il suivra  aveuglément les lois des seigneurs dieux… » C’est exactement ce que fait la fameuse révolution de la modernité pour conditionner les pauvres congolais alors que le pays est sous occupation militaire rwandaise. Il y a même des « intellos » congolais, abrutis, qui applaudissent en allant dire que « comment peut-on oser s’en prendre à celui qui nous retape des routes et des hôpitaux », oubliant même que 55 ans plus tôt, malgré que la Belgique ait bâti le « poto moyindo » (une métropole européenne noire » au Centre de l’Afrique, la soif de la liberté n’a pas empêché les pères de l’indépendance à réclamer l’indépendance immédiate ». C’est normal qu’un peuple qui oublie son histoire soit obligée de la revivre.
Et notre source de justifier l’option du pré-carré sécuritaire de Kabila : « Pour eux avec cette solution, la bombes GR est désamorcée car elle était vraiment mortelle pour le régime. D’où l’appel à l’aide à Moscou via Olenga. Ainsi,Poutine, qui tient à gérer Obama à distance, a demandé à Sissi d’ouvrir les portes des Ecoles militaires égyptiennes aux stagiaires congolais de la GR afin de permettre au boss de reprendre la situation en main »

Voilà une fois de plus une illustration de l’absence d’intériorisation de la suprématie de la stratégie par rapport à la tactique des militaires congolais (depuis les FAZ) qui pensent que le fait d’être un bon guerrier (Nyama na etumba) suffit pour constituer une armée forte. La guerre reste d’abord une dialectique des intelligences.

Kabila neutralise Numbi en opposant les Balubakat entre eux

DESC : Et le cas Numbi dans ça ? Une source américaine sur place le signale depuis quelque temps à Kinshasa?
Notre source : « Effectivement, le général John Numbi séjourne à Kinshasa à titre privé en provenance de Lubumbashi pour assister au mariage de sa nièce, la fille du DG provincial de l’ANR/Intérieur, le professeur Jules Katumbwe« .
DESC : Ah bon, le fameux Katumbwe est proche de John?
Source : Bien sûr que oui, ce sont des cousins germains. Leurs mères sont des soeurs. Le mariage aura lieu ce samedi à l’hôtel du fleuve. Ce sera une retrouvaille entre Katangais, surtout les Balubakat.

Pour la petite histoire, les quotidiens belges La Libre Belgique du 19/12/2011(http://www.lalibre.be/actu/international/l-anr-au-service-d-un-candidat-51b8e17ce4b0de6db9c4a71d) et De Morgendu 21/12/2011, ont fait état d’un document interne de l’ANR (Agence National de Renseignement congolais) émis par le directeur provincial de l’ANR pour Kinshasa, Jules Katumbwe Bin Mutindi qui illustraitl a manière dont ce service de renseignement devrait contrôler le cycle électoral dans la capitale à cause du « risque d’un vote sanction contre le pouvoir en place« .  On pouvait y lire les instructions suivantes : «prendre en charge toutes les représentations diplomatiques et celles des organisations du système des Nations unies en vue de connaître les contacts étrangers des candidats tant à la présidentielle qu’aux législatives nationales » ; « infiltrer toutes les représentations pourdémasquer les activités pouvant déstabiliser l’élection du chef de l’Etat et des membres de sa famille politique.» Cela semble avoir marché lorsqu’on constate que certains diplomates occidentaux en place à Kinshasa, astreint par leur devoir de réserve, ont pris ouvertement fait et cause à la réélection frauduleuse de Kabila. En résumé, les directives du chef provincial de l’ANR ordonnaient : « nous devons nous mobiliser pour cette journée (d’élections présidentielle et législatives) afin d’encadrer et de conduire les électeurs aux urnes pour voter le chef de l’Etat (sic) et lescandidats députés nationaux de sa famille politique« , tout en chargeant la division de contre-espionnage de« prendre en charge les observateurs étrangers ». La même technique devra être appliquée lors des élections provinciales de 2012 et des locales de 2013, ajoute l’orateur. Et de conclure : « En vous donnant ces assignations,j’ose croire que chacun d’entre nous s’attellera à ce travail afin de prouver notre loyauté au chef de l’Etat et à sa famille politique. » Voilà les pratiques d’un service d’Etat, censé être apolitique,  mais instruit pour s’impliquer dans la fraude électorale planifiée et ayany même recours à certaines méthodes interdites par la Convention de Vienne de 1961 qui régit les relations consulaires en matière d’inviolabilité des ambassades.

DESC : Mais avec la mise en écart de Numbi, comment Kabila va-t-il neutraliser ses lieutenants placés un peu partout dans les services de sécurité? Katumbwe par exemple?
Source : « Katumbwe Jule, est surveillé très près par un jeune directeur katangais mulubakat qui s’appelle Georges Monga, le petit frère du colonel Étienne Monga, le T2 (Chef de renseignement) de la GR. Georges Monga est le directeur des opérations de l’ANR et dépend directement du boss, qui le voit tous les jours.
« DESC :  En poussant ma réflexion plus loin, j’ai l’impression que Kabila veut opposer les Balubakat entre eux ? Surveillance de Katumbwe? Y’a-t-il des rivalités entre les balubakat de Manono (Fief de Mzee Laurent Désiré Kabila) et  ceux du Haut Lomami (Malemba Nkulu fief de John Numbi)?Source : Exactement, JJ Whisky, vous analysez bien les choses. Il y a effectivement une sortede guerre larvée entre les balubakat du Tanganyika : Manono, Kabalo, Nyunzu, Kalemie, et ceux du Haut-Lomami : Malemba-Nkulu, Mitwaba, Kamina, Kabongo, … le seceteur d’origine de Numbi. C’est d’ailleurs dans ce secteur que se recrutent  et sévissent essentiellement les Bakata-katanga  et leur chef Gédéon Kyungu est originaire de Mitwaba. Vous avez certainement lu le rapport de l’ONU établissant le lien entre ces milices et Numbi. A vous de tirer vos conclusions. »
Ainsi, comme on peut le constater, de même que Joseph Kabila est parvenu subtilement  à neutraliser les officiers corporatistes qui l’ont menacé, il usera sans doute d’autres pratiques soft ou armées, s’il le faut, pour mettre définitivement hors d’état de nuire John Numbi dans les mois qui suivent.

Pour ancrer son pouvoir en RDC, Kabila exploite à tour de rôle les allégeances ethnorégionales

Les observateurs attentifs du fonctionnement du système « Joseph Kabila » se rendront compte que ce dernier exploite de manière circulaire les allégeances ethnorégionales.
Il s’est d’abord appuyé sur les Kivutiens (du Sud et du Nord). Ces derniers lui ont tourné le dos, en commençant par le plus fidèle d’entre eux Vital Kamerhe, le Mushi du Sud-Kivu, lorsque Kabila commença à montrer de plus en plus sa vraie face en invitant les troupes rwandaises en RDC lors de l’opération Umoja Wetu dont le vrai mobile était non la traque des Hutus FDLR, mais bien la réoccupation du terrain perdu par le Rwanda lors des rébellions AFDL et RCD-Goma. Par la suite, c’est le Nande du Nord-Kivu, Antipas Mbusa Nyamwisi, de prendre des distances avecKabila après avoir été son ministre de lla Décentralisation et de l’Aménagement du territoire dans le gouvernement Muzito II.
C’est ainsi que Kabila s’est résolu de faire du Katanga, quoique présent au début aux côtés des kivutiens, son bastion politique et sécuritaire. Et les porte-étendards de ce dispositif furent le tout-puissant AKM (feu Augustin Katumba Mwanke) dont on s’interroge encore sur le mystérieux crash d’avion, en provenace de Kigali, dont il était la seule victime et John Numbi. Mais il y avait aussi le feu professeur Samba Kaputo, l’ancien conseiller spécial en sécurité de Kabila, mort empoisonné. Pour justifier et consolider sa filiation katangaise aux yeux du public, 2006, tous les ministres de la Défense qui se sont succédé dans ses gouvernement sont exclusivement Katangais :Chikez Diemu, Mwando Simba et Luba Tambo.

Petit à petit, Kabila sentant que les Katangais se réveillent de la duperie dans laquelle il ronflait, après avoir constaté les dégâts des disparitions de Samba Kaputo et Katumba Mwanke auquel s’ajoute la neutralisation de Numbi, il se tourne subtilement vers le Maniema, de Sifa Mahanya : Augustin Matata Ponyo, Amisi (suspendu mais sans l’être en réalité) et surtout Olenga. Quoique présent aux côtés de Joseph Kabila depuis ses débuts en 2001 pour avoir joué un rôle actif dans la disparition de Mzeeselon Colette Braeckman dans son ouvrage Les Nouveaux prédateurs, l’opinion se rendra compte que le général Olenga devient depuis ces dernières années le militaire le plus puissant de la RD Congo et le véritable bon berger de Kabila avec qui il développe notamment une entreprise fructueuse dans le trafic d’armes et d’autres trafics (dont nous nous refusons de divulguer la teneur) car surveillé par Interpol. C’est sans doute ce rôle de rempart et de bras armé de Kabila qui lui vaut, momentanément, la grâce des soutiens rwandais du raïs.

Il y a de fortes raisons que le prochain ministre de la défense Nationale de son sgouvernement de cohésion nationale ,n, si gouvernement y aura, ne soit pas un ressortissant du Katanga.

Le seul réseau qui garde la confiance totale du raïs est celui de Tutsis

Selon le professeur et chercheur belge Theodore TrefondJoseph Kabila, sa famille et ses partisans politiques, ses alliés stratégiques et ses associés d’affaires – dans la tradition congolaise du secret politique extrême – gouvernent par les réseaux, et non par les institutions. « Ces réseaux se chevauchent et cherchent souvent à se neutraliser mutuellement pour protéger leurs propres intérêts[1] ». Le premier réseau le plus puissant est celui composé par les Katangais ethniques. Il contrôle la Garde républicaine et le bataillon des forces spéciales Simba. Il entretient des liens étroits avec l’Afrique du sud et avec les partenaires zimbabwéens qui exploitent les mines du Katanga et les deux Kasaï.
« L’axe Banyamulenge-rwandais » est le deuxième réseau le plus important, particulièrement actif dans l’exploitation illégale des richesses minières du Kivu. Cet axe exerce un pouvoir dans les secteurs de la sécurité et de la défense, ce qui le met en concurrence avec le réseau katangais[2].

S’il n’y prend pas garde Olenga finira un jour par être neutralisé comme Numbi ou Bahuma

DESC : Le général Olenga ignore-t-il à ce point la collusion entre Kabila et le régime de Kagame?  Comment explique-t-il l’opération Umoja Wetu? L’alliance électorale 2011 Kabila – CNDP ? L’amnistie des membres du M23 alors qu’il avait déclaré auprès de M. Braeckman du Soir le contraire? Il me semble être un général peu stratège qui risque de finir comme Numbi ou Bahuma.
Source : « Je sais pas si les rwandais l’ignorent  ou font semblant, mais Olenga même du temps de l’AFDLl a toujours été foncièrement contre les rwandais et les ougandais. Et quand il s’est adressé aux officiers de la garde républicaine pour les calmer, il leur a dit ceci : « La plus grosse erreur que le président Joseph Kabila a commis dans sa carrière politique c’est d’avoir céder a la pression de la communauté internationale en donnant le commandement de l’armée de terre au Rwanda (RCD Ndlr: Amisi) de 2003 à 2012 avec pour conséquence la desarticulation totale de notre armée. Une telle bêtise ne peut plus se répéter avec moi car à l’époque ont était faible mais aujourd’hui le rapport de forces a changé« , C’est en ces mots que  le général Olenga s’est exprimé pour les calmer. »

Source : « Olenga a une haine mortelle des rwandais, mais c’est en même temps l’homme des réseaux et un ami personnel de Sergei Ivanov, le tout puissant vice/premier ministre russe. Devant Ivanov, Kagame et Museveni, ce sont des crevettes, comme le dit souvent Olenga. Le FSB (services secrets russes) a des oreilles très étendues jusqu’à Kigali et Kampala, et Olenga reçoit à titre personnel des bi-quotidiens des stations du FSB en Afrique de l’est. 
Le boss ne peut pas se débarrasse


"Après s’être appuyé sur les naïfs européens en 2006 et 2011, sur recommandation de Poutine, Kabila se tourne vers l’Egypte pour se maintenir en 2016"
° http://desc-wondo.org/inedit-apres-setre-appuye-sur-lue-sur-recommandation-de-poutine-kabila-se-tourne-vers-legypte-pour-2016-desc/



Compatriotiquement!

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Re: G Amisi de retour !

Message  El-Shaman le 25/9/2014, 1:59 pm

Hum ! Eza vraiment SOMO TROP confused

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Re: G Amisi de retour !

Message  Mathilde le 25/9/2014, 4:12 pm


_________________

L'Amitié,ce n'est pas d’être avec les amis quand ils ont raison,c'est d’être avec eux même quand ils ont tort..." André Malraux


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Re: G Amisi de retour !

Message  Troll le 25/9/2014, 5:22 pm

Mathilde a écrit:
Smile

BANZE

Dans le back grund, une protection rapprochée très visible..même quand il est dans une salle entrain de s´adresser aux officiers de l´EMG Razz
Prudence ou...deformation professionelle?

WAIT AND SEE...Les Katangais contrôlent desormais toute la machine militaire et seront naturelement en position de force pour toute negociation visant l´alternance politique Basketball Basketball

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Re: G Amisi de retour !

Message  Libre Examen le 25/9/2014, 5:54 pm

Troll a écrit:
Mathilde a écrit:
Smile

BANZE

Dans le back grund, une protection rapprochée très visible..même quand il est dans une salle entrain de s´adresser aux officiers de l´EMG Razz
Prudence ou...deformation professionelle?

WAIT AND SEE...Les Katangais contrôlent desormais toute la machine militaire et seront naturelement en position de force pour toute negociation visant l´alternance politique Basketball Basketball

Les bangala n'avaient-ils pas pris leurs jambes au coup ! Un d'entre eux se refugie toujours dans les profondeurs des eaux où il mène, selon ses dires, un combat impitoyable avec ses hommes sur le terrain pour la liberation totale du Congo; et l'oeil du patriote n'arrête pas de nous entretenir de leurs exploits. Beaucoup d' autres sont rentrés tranquillement au Congo où ils mènent une vie paisible dans le sillage de Joseph Kabila.

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 26/9/2014, 8:57 pm

Décryptage : Comment interpréter le jeu des chaises musicales à la tête des FARDC ? 
 ° http://desc-wondo.org/decryptage-comment-interpreter-le-jeu-des-chaises-musicales-a-la-tete-des-fardc-jj-wondo/

Des militants venus ovationner les militaires d’une armée censée être apolitique avec des drapeaux du parti présidentiel, le PPRD, en lieu et place des drapeaux nationaux de la RDC. Toute une symbolique.

Une mise en place qui découle de la mise en application de la loi organique sur les FARDC

La nouvelle mise en place est une suite logique consécutive à la promulgation en juillet 2013 des ordonnances présidentielles de mise en application de la loi organique nº 11/012 portant organisation et fonctionnement des FARDC a été promulguée le 11 août 2011. Cependant, en dehors de cette législation, le président Kabila a « décidé de créer des secteurs opérationnels non seulement pour protéger la population, mais également pour éradiquer la violence d’où qu’elle vienne », selon l’une des ordonnances. Il a ainsi créé sept « secteurs opérationnels d’action » répartis dans des zones où sévissent des groupes armées locaux ou étrangers: Nord-Equateur, Nord-Katanga, Nord-Kivu, Grand-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Uele. Ces secteurs opérationnels se situent dans les trois « zones de défense » du pays déjà existantes. Les 29 ordonnances présidentielles consacrent un jeu de chaise musicale dont Kabila détient seul les secrets ainsi que les tenants et les aboutissants.
L’exposé des motifs de la loi susmentionnée explique ce qui suit en ce qui concerne l’organisation et des missions des Forces Armées.

« L’organisation ainsi que les missions de l’Armée – celles affirmées par la loi n°04/023 du 12 novembre 2004 – demeurent.  Toutefois, il faut noter que le Chef d’Etat – Major Général des Forces Armées de la République Démocratique du Congo disposera désormais d’un ou de deux Adjoints devant le seconder dans ses tâches, assurant notamment le bon fonctionnement de l’Etat – Major Général. De plus, l’un des Adjoints est appelé à assurer son remplacement en cas d’absence ou d’empêchement.
Quant aux anciens Chefs d’Etat – Major Général, la loi leur donne une nouvelle dénomination de Sous – Chef d’Etat – Major. En effet, par rapport à l’organisation traditionnelle de l’Armée, ils assument les tâches dévolues aux membres de l’Etat – Major Général.
L’Etat – Major particulier du Président de la République fait également l’objet des dispositions de la présente Loi. (…)

S’agissant des Grandes Unités, il importe de signaler la création d’autres Grandes Unités ci-après :
Les zones de Défense ; le Corps médical des Forces Armées ; le Corps Logistique ; le Service d’Education Civique, Patriotique et d’Actions Sociales ; le Service de Communication et d’Information. Le Commandement Général des Ecoles Militaires. Telle est la substance du présent projet de Loi organique. »
Le Chapitre 3 de la loi concernant Les Grandes Unités des FARDC et allant de l’article 90 à l’article 152 énumère et définit la structure et le missions de ces grandes unités concernées par les dernières ordonnances présidentielles de nominations des généraux.

La présente analyse vise à relever quelques constats relatifs à cette nouvelle mise en place censée s’inscrire dans le cadre de la poursuite de la réforme des FARDC ainsi que leur  montée en puissance.

Les FARDC restent morphologiquement une armée ethno-régionalisée


Malgré le maintien du général d’armée Didier Etumba à la tête des armées en tant que chef d’état-major général (CEMG), la structuration de la hiérarchie militaire des FARDC est loin de consacrer le caractère d’une armée à vocation nationale conformément à l’article 2 de la loi qui prévoit notamment : « L’armée nationale est celle dont les effectifs à tous les niveaux sont composés de manière à assurer une participation équitable et équilibrée de toutes les provinces. Cet équilibre se trouve à tous les niveaux de l’armée, en tenant compte de la représentation des tribus, d’ethnies et des femmes, sans distinction de religion ou de langue ».
Ainsi, lorsqu’on jette rapidement un œil sur l’origine ethnique de la plupart des généraux promus, le déséquilibre géopolitique Est-Ouest reste marqué. Kabila offre aux généraux originaires des provinces orientales la part du lion. Les katangais parmi lesquels les Balubakat ainsi que les Tutsis (et apparentés) du Kivu et ceux soupçonnés être rwandais sont les mieux lotis.

C’est ainsi par exemple :
Le chef d’état-major de l’armée de terre n’est rien d’autre que le Mulubakat Dieudonné Banze Lubunji, l’ex patron de la Garde républicaine. Un autre mulubakat, le Gen Bde Enock Numbi Ngoy va à la force terrestre. Seul le ressortissant du Bandundu, le vice-amiral Rombaut Mbuayama Nsiona est à la tête de la force navale.
Les commandants des zones de défense sont à majorité des ressortissants de l’Est : le très controversé Gen-majAmisi Tango Four, le Gen-maj Jean-Claude Kifwa (Mulubakak) et le Gen-maj Léon Mushale Tshipamba (Kasai-Occidental). Ce dernier étant secondé pour les opérations et les renseignements par un ex-RCD Kasereka Sindani(un Nande du Nord-Kivu) .
Le corps logistique des FARDC est également assuré par un ressortissant de l’est, le vice-amiral Emmanuel Kiabu Kaniki alors qu’un ressortissant du Maniema, le Gen Bde Constantin Salumu Mbilika s’occupe du Corps de Génie des FARDC. L‘éducation civique et patriotique va au Gen-maj Jean-Piere Moya Dongo Tongo (Province Orientale), il fut le parrain de Didier Etumba à l’ERM belge.
Les deux adjoints du CEMG FARDC chargés respectivement des opérations et renseignements Dieudonné Hamuli Bahigwa (Hema de la province Orientale) et de l‘administration militaire (Célestin Mbala Musense (Mulubkat de mère kasaienne or.) proviennent de la partie orientale du Congo.

La 12ème région militaire couvrant la province du Bas-Congo, dans ses limites actuelles revient au Gen de BdeJonas Padiri Muyizi (Matricule 162946615482). En réalité son vrai nom est Padiri MUHINZI.  Un nom d’origine rwandaise un certain colonel rwandais Jonas Padiri Muhinzichargé du renseignement au Nord-Kivu, promu général en juillet 2013 par le président Kabila , un ancien mai-mai qui est resté longtemps sans fonction car mis à disposition à Kinshasa. 22ème Région militaire : Province du Katanga, dans ses limites actuelles : Le général mulubakat Philemon Yav.

Amisi Tango 4 et Guillaume Baloko dans une zone de défense politiquement stratégique


Malgré ses méfaits avérés au sein de l’armée, Tango Four reste un des hommes clés du dispositif sécuritaire de Kabila en RDC. Même s’il ne retrouve pas ses fonctions à la tête de l’armée de terre, il hérite tout de même d’une zone de défense qui reste politiquement très hostile à Kabilacar comprenant les provinces acquises l’opposition que sont l’Equateur, le Bas-Congo et Kinshasa la frondeuse. Dans la mise en œuvre  de sa fonction, Tango Four en tant que commandant d’une zone de défense, a désormais sous son commandement toutes les unités opérationnelles de sa zone d’action, qu’elles soient terrestres, aériennes ou navales. VoilàKabila qui annonce les couleurs pour 2016. Amisi est réputé pour avoir maté dans le sang une rébellion au sein du RCD-Goma en 2002 et des massacres des civils à Kisangani. De même, il a été pointé du doigt pour la trahison des FARDC à Mushake en 2007 contre le CNDP ainsi que dans la chute de Goma face au M23 en 2012. Nous y reviendrons plus en détail dans une prochaine publication exclusive concernant ce général.

Le Général de brigade Guillaume Baloko Tangala est originaire de la Province Orientale (Ituri). Sa nomination en tant qu’adjoint de Amisi dans le chaudron Ouest de la RDC peut s’expliquer par le fait que le chef veut utiliser son expertise et surtout son expérience en tant que dernier commandant de la 5ème région militaire (Kasai-Oriental) et commandant en second de la 4ème région militaire au Kasaï-Occidental , deux fiefs ethno-régionaux traditionnels de l’opposant Etienne Tshisekedi, durant les périodes pré et post-électoral de 2011 où il a géré ces provinces des mains de fer. Le général Guillaume Baloko est diplômé de l’académie militaire en France de Saint-Cyr puis à l’École de Cavalerie de Saumur en France. Cette dernière forme les cadres des unités blindées. Il a également suivi une formation d’état-major l’ l’Ecole d’état-major (ECEM) de Kinshasa.

Le bedonnant Général-major Banze Lubunji : Punition ou promotion ?


Gen Banze à gauche de la photo

Après la fronde au sein de la GR en début août 2014, il fallait l’éloigner de la tête de la GR sans le frustrer car n’étant pas lié directement à ces actes de mécontentement. Son élévation à la tête de l’armée peut être considérée également comme une gratification pour sa loyauté absolue àKabila. Un officier supérieur de l’état-major général FARDC justifie sa nomination en ces mots : « Le président avait besoin d’un homme de confiance à la force terrestre Olenga est un peu usé par l’âge et va bientôt à la retraite. Le président veut également quelqu’un qui fasse le contrepoids avec CEMG. Malgré son côté effacé, Banze est assez dur mais pas tribun comme Olenga. Il est également très réfléchi ». Cependant, Banze n’est pas de nature à aller à contre-courant des décisions de Kabilacontrairement à Olenga qui s’était permis de bombarder Rubavu (près de Gisenyi) en août 2013. Un acte qui l’a mis en disgrâce auprès de Kabila très fâché. Ce poste devrait idéalement revenir au feu général Lucien Bahuma Ambamba. Mais d’autres généraux teks que les lieutenant-généraux Lukama ou Rigobert Massamba étaient également des candidats méritants pour ce poste. Dommage, ils ne font pas partie du réseau ethno-régional deKabila.


Le tout-puissant e général d’armée Olenga : Consécration ou subtil éloignement ?


Tout comme pour Banze, le déplacement de Olenga de l’armée de terre vers la maison militaire peut être doublement interprété. Pour certains, dont un expert militaire occidental en RDC : « Ce qui est évident, c’est que Olenga est renforcé dans sa position d’homme clé en passant à la maison militaire du Président et probablement queMbala Musense en fait les frais et devient l’adjoint d’Etumba…Quel sera alors le pouvoir réel de Olenga ? ». C’est là que notre analyste militaire congolais à Kinshasa éclaire : « Le véritable vainqueur de la nouvelle mise en place c’est Oscar (lire Olenga). Les attributions du chef de la maison militaire sont tellement étendues que la Garde républicaine passe désormais sous son autorité. C’est encore le chef d’état-major particulier du boss qui va également coordonner tous les services de sécurité et des renseignements. Une façon de fragiliser et de réduire l’influence du Conseiller spécial du chef de l’Etat, Pierre Lumbi Okongo. L’ordonnance organisant la maison militaire du chef de l’Etat attribue trop de pouvoir au général Olenga. Lui seul peut désormais apprécier, programmer, et passer les commandes d’équipements pour les FARDC, la PNC et l’ANR. » Tout ce qu’il rêve dans sa vie, le business ! Toutefois, il faut relever que le général est pré-retraité et à ce titre, il lui était difficile de prétendre à un poste opérationnel comme celui de chef d’état-major général des FARDC ou son maintien à la tête de l’armée de terre.

Mais au sein de DESC, nous ne partageons pas tout-à-fait cet avis car même si sur papier Olenga est le grand gagnant, il perd tout de même le contrôle et le contact direct avec le terrain. Kabila veut utiliser Olenga plus dans sa stratégie de maintien au pouvoir que dans la stratégie de défense du territoire où il a montré une certaine efficacité unanimement saluée par tous. Kabila veut impliquer directement le général Olenga dans la répression possible des populations qui le contesteront en 2016. Ce, d’autant que la GR qui s’entraîne déjà maintenant avec les égyptiens sur des techniques anti-émeutes, est désormais placée sous l’autorité fonctionnelle directe du chef d’état-major particulier du président qui n’est autre que Olenga. Dans le contexte actuel de la pression diplomatique occidentale croissante sur Kabila, il n’est pas exclu que comme en 2011, la GR réprime violemment les contestataires du régime. Une occasion que pourrait saisir la communauté occidentale pour traduire l’autorité fonctionnelle de la GR,Olenga, à la CPI. 

Le Gén Jean-Claude Yav Kabej pour assister et surveiller Olenga à la maison militaire ?

Deux Katangais, le général Jean-Claude Yav Kabej, (ancien directeur des renseignements militaires, Démiap) qui a, avec son frère ethnique Kalev Mutond (chef du service de renseignement civil, ANR), joué un rôle central dans les contacts secrets entretenus entre Kinshasa et Kigali depuis le déclenchement des violences en cours au Nord-Kivu à partir 2012, se voit être désigné comme chef d’état-major adjoint de la maison militaire du président chargé des opérations et des renseignements. A ce titre, il n’est pas exclu qu’il est placé à ce poste pour suivre à la trace les activités de son chef direct général Olenga. Le chef d’état- major de la maison militaire qui sera chargée de commander la Garde républicaine n’est pas encore désigné, ce sera fait au retour du président des Etats-Unis. C’est l’actuel homme de confiance, le général Hugues Constantin Ilunga Kampete, (Mulubakat) dont nous avons à plusieurs fois parlé dans nos précédentes publications, qui a été désigné comme commandant intérimaire de la garde républicaine par Kabila et Olenga. Cela tend à confirmer notre dernière analyse sur la neutralisation des officiers frondeurs de la GR par Kabila qui les a éloignés des postes de commandement de cette garde prétorienne.

Réactions de l’opinion : Grande joie pour les uns et consternation pour les autres

D’après l’analyse des informations recueillies par nos sources auprès des militaires et des civils, l’opinion semble partagée et le jugement se fait surtout sur base des intérêts privés des personnes interrogées. Ainsi, pour la majorité de la population de l’intérieur du pays, nous renseigne une source de renseignement militaire, c’est le sentiment de déception qui se lit dans les visages. Cependant, seuls les kinois se disent contents de la nomination du Général Amisi à cause de son mécénat sportif en faveur du club phare de la capitale, l’AS Vita Club, demie finaliste de la champion’s league africaine. Pour les militaires, hormis ceux qui se retrouvent dans la nouvelle mise en place, environ 1%, la majorité reste très mécontente car elle s’attendait à ce qu’on nomme à la tête de l’armée une forte personnalité capable de changer les choses ou d’accélérer la réforme de l’armée et sa montée effective en puissance sur le terrain. Les militaires avaient opté pour une personne comme Olenga, proche et sociable avec les troupes mais aussi dont «  la brutalité allait secouer et booster les choses et en plus dans l’arrière-pays il est aimé sauf par les kinois qui aiment l’oisiveté et puisque avec lui c’est la rigueur alors les kinois l’apprécient peu ». Les militaires regrettent le maintien du Général Didier Etumba qu’ils jugent « amorphe et carriériste car il ne s’occupe que de son Cabinet, de son Chef et des officiers de son petit cercle social oubliant les pauvres petits soldats sur le terrain, malgré ses hautes études dans une grande académie occidentale ».

Une Prolifération des échelons qui produira un résultat contreproductif sur le terrain

L’Article 105 de la loi organique sur les FARDC établit, en plus de 3 zones de défense, 10 nouvelles Régions militaires correspondant soit aux limites actuelles des provinces administratives ou aux limites actuelles des entités territoriales (provinces ou districts regroupés) articulées de la manière suivante :



Selon l’ex-colonel de la DSP, Antoine Kasongo : « La nouvelle restructuration des FARDC nous amène à faire des commentaires suivants: Dans sa conception actuelle, la création des zones de défense en maintenant les régions militaires ajoute un échelon de plus sur le plan tactique. Quel est l’échelon de la zone de défense? Corps d’armée, division? Et de la région militaire? La loi a été violée parce que la zone de défense doit être commandée par un officier ayant la qualité de BEM (Lire Breveté d’état-major) ou TEM (Lire : technicien d’état-major). »
« La zone de défense n’est pas une innovation, elle est une copie de l’organigramme de la Force publique (du Congo-Belge) 1er Groupement : les provinces administratives du Kasaï et du Katanga ( QG à Lubumbashi ) ; 2èmeGroupement : les provinces administratives de l ‘Equateur et de Léopoldville (Ndlr qui comprenait également le Bas-Congo et le Bandundu QG à Kinshasa) et 3ème Groupement : les provinces administratives du Kivu et Orientale (QG à Kisangani). Avec ces deux échelons chevauchés, il y a une pléthore du personnel. Le commandant de la zone de défense sera assisté par deux adjoints, l’un chargé des opérations qui aura à son tour deux adjoints T2 ( Renseignements) et T3 (organisation, entraînement et opérations) l’autre chargé de l’administration et logistique qui aura deux adjoints T1 (administration) T4 (logistique), il faudra Ajouter à cela le chef d’état-major. La même organisation est reprise pour la région militaire. Vive les chaînes de commandement et de logistique« , poursuit-il.

« La publication de ses ordonnances permet à l’ennemi potentiel de ne fournir aucun effort de recherche de renseignements sur les FARDC. La menace, la configuration du terrain et les moyens disponibles n’ont pas été les éléments d’analyse pour mettre cette restructuration en place. Quant aux nominations il y a à boire et à manger. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il y a des officiers qui méritent leurs fonctions. Il est inutile de stigmatiser les origines de certains. Par exemple le lieutenant général Dieudonné BANZE ( EFO 8, Infanterie, TEM) Le général major Prosper NABYOLWA ( EFO 5, Artillerie, para commando TEM)», conclut le col Kasongo ‘Kava’.
Réagissant au commentaire du Lt-Col Kasongo, un ancien officier de la Garde Civile sous le pseudonyme de TROLLécrit ceci : « M. A. Kasongo Munkonkole, souvenez-vous de la triste histoire des « enveloppés » quand Mobutuassassinait et révoquait des rangs des FAZ tous les non-originaires de l´Equateur et de la province Orientale. Ce que vous désignez par « stigmatisation » est une précaution utile. Car ceux qui ont souffert des discriminations et des injustices dans les FAZ, Garde Civile ou FARDC ne peuvent jamais fermer les yeux quand les risques de voir la défense de la RDC être minée par les mêmes pratiques sont toujours d´actualité! Vous avez raison de souligner cette « dysfonctionnement » entre les zones de défense et les régions militaires qui peut nuire encore plus la gestion de la défense au Congo ».


Les Efoistes toujours plus appréciés que les Ermistes

Hormis Didier Etumba (ERM-Belgique), tous les autres chefs d’état-major (Force terrestre, Force navale et force aérienne), plusieurs responsables des unités stratégiques sont des anciens officiers formés à l‘Ecole de formation d’officiers de Kananga. Les anciens diplômés de l’académie militaire belge se font rares aux avant-postes militaires en RDC. Est-ce la preuve de l’absence d’influence d’Etumba sur l’armée. Car parmi les Ermistes, on retrouve ici et là le général Moya, Dzaringa (Kivu avec ascendants Tutsi qui se retrouve tout de même mieux placé aux côtés deAmisi ???), André Matutezulwa (Chargé de l’administration et logistique à la 12ème RM au Bas-Congo) et Lukama(Groupement des Ecoles militaires), des fonctions de garage.Les autres généraux Ermistes comme Kabeya Kongolo, MwipatayiKitenge Tundwa (ancien responsable de la Démiap et qui serait malade) ou Ukaba ne sont tout simplement pas repris. Un officier dit même que c’est ridicule pour le général Moya qui est poussé vers la porte de sortie.

Que conclure ou comment interpréter tout cela?

Par cette nouvelle mise en place empreinte d’une connotation plutôt ethno-régionale et népotique, Kabila veut d’abord montrer à tous que le seul maître à bord des FARDC c’est lui et personne d’autre. Ensuite, Kabila confirme sa sympathie ethnique envers les Tutsis et les anciens officiers rebelles, responsables des guerres et des massacres à l’est du pays. Il cherche également à consolider son ancrage katangais.
Mais Kabila veut surtout s’entourer des généraux de combat qui ne reculeront pas lorsqu’il faudra affronter les contestataires dans les zones qui lui sont hostiles. Nous en voulons pour preuve la nomination du général Camille Bombele Luwala à la tête de la 14ème Région militaire correspondant à la ville de Kinshasa. Ce général était le T3 (chargé des opérations) de la GR. C’est sous ses ordres que la GR a réprimé dans le sang les manifestants hostiles au candidat Kabila en novembre 2011 ou encore le massacre des adeptes du « prophète » Mukungubila en décembre 2013. Avec Tango FourKabila lance un signal fort d’intimidation à l’égard des Kinois. Cela lui suffira-t-il pour perpétrer son coup de force en 2016 ? Une autre inquiétude,selon un officier en poste à Lubumbashi, « résultede la composition de la 2ème Zone de défense qui englobe les provinces du Kasaï-occidental, du Kasaï-oriental et du Katanga dans leurs limites actuelles et commandée par Jean-Claude Yav. L’opinion suspecte un complot contre l’intégrité de la République au cas où Kabila ne parvient pas à se maintenir au pouvoir, perd Kinshasa et se replie au Katanga comme du temps de Tshombe. Nous risquons de vivre le pire au Katanga avec les mouvements indépendantistes! On ne comprend pas comment toute cette zone de défense ainsi que la région militaire du Katanga (22ème région militaire commandée par le général Philemon Yav) ne soient complètement dirigées que par des katangais d’origine dans des postes stratégiques dont la plupart qui appuient ces indépendantistes. Il y a plus que probablement anguille sous roche »!

L’analyse de cette mise en place nous pousse à avancer que ces nominations sont davantages motivées par des considérations politiciennes internes au Congo que par une réelle volonté de mettre à la tête des FARDC des officiers à même de défendre l’intégrité de la RDC. La loyautéaun président et l’appartenance à sa sphère ethno-régionale a hélas guidée Kabila dans le choix des généraux à ces postes stratégiques pour la RDC. Il est étonnant de voir que bon nombre de généraux promus ont fait partie des rébellions qui ont été soutenues par Kigali. C’est comme si le chef de l’Etat congolais éprouve du mal à couper le cordon ombilical de son passé militaire avec le FPR rwandais et de ses relations cordiales avec Kagame. Il suffit de se rendre compte que la plupart des officiers T2 (chargé des renseignements) et T3 (chargés des opérations) d’une majorité des unités dans les zones sensibles, sont soit Katangais, soit Tutsis ou alliés à l’ethnie Tutsi par ascendance, alliance ou proximité ethnique (Hema, Hima). On est donc loin du souci de mettre en place une armée républicaine et apolitique à vocation nationale. Par cette mise en place, comme nous l’avons signifié dans une interview accordée à la radio Alger ce 21 septembre : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NrhM14C_zww , c’est en rapport avec les échéances électorales à venir et surtout la fin de mandat présidentiel, et non vers  des menaces d’intégrité de la  RDC, qu’il faudrait surtout interpréter les récentes nominations au sein des FARDC. Les nominations qui laissent un goût amer au sein du personnel des FARDC, à en croire les premières impressions recueillies sur le terrain.


[1] Suite à l’offensive du M23 à Bunagana, le 6 juillet 2012, le Gen. Vainqueur Mayala et 600 soldats FARDC ont fui à Kisoro en Ouganda et abandonné un énorme stock d’armes lourdes, de munitions et de chars (Virunga News, 6/07/2012). Selon l Lt-Col Eric Mankesi, (responsable de l’administration militaire à Goma en 2012 et 2013), il s’agissait d’un acte délibéré de sabotage au départ d’un ordre de cessez-le-feu émanant du Gen Amisi Tango Fouret de rassemblement des troupes FARDC en un lieu donné et c’est à ce momoent qu’ils seront pris de revers par le M23.



Compatriotiquement!

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 4/10/2014, 5:23 pm

Who’s who: Le Général Gabriel Amisi ‘Tango Four‘,le boucher de l’est de la RDC 


° http://desc-wondo.org/whos-who-le-general-amisi-tango-four-le-boucher-du-kivu-jj-wondo/

Le Général major Gabriel Amisi Kumba, un officier plutôt rebelle que loyal à la RDC

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Lega du territoire de Punia dans le Maniema, connu sous le code de « Tango Four » pour avoir été responsable de la logistique (T4) au sein du RCD-Goma, Gabriel Amisi Kumba est un des généraux de confiance du président Joseph Kabila. Après près de deux ans de suspension pour présomption de vente d’armes aux groupes armés, Amisi a été blanchi le 30 juillet 2014 par le Conseil supérieur de la défense présidé par le chef de l’Etat. Il a ensuite été nommé à la tête de la 1ère Zone de Défense qui couvre la partie ouest de la RDC. Une nomination stratégique dans la mesure où la nouvelle mise en place déplace le centre de gravité opératique des FARDC vers les trois zones de défense. Cet ex-FAZ, issu de la 20ème promotion de l’EFO, fait partie des officiers originaires de l’Est du Congo, avec notamment les généraux Denis Kalume (Maniema), Damas Kabulo (Katanga), Sylvain Buki (Kivu), Bora Uzima(Tutsi – Kivi), Prospère Nabyolwa (Sud-Kivu), Charles Bisengimana (ex- Garde civile et Tutsi du Kivu) … qui ont rallié l’AFDL en 1997 juste après la chute de Mobutu. Il a ensuite rejoint le RCD-Goma au sein duquel il s’est illustré particulièrement dans la répression brutale de la mutinerie à Kisangani en mai 2002. Il s’est ensuite rapproché du président Joseph Kabila en 2004 lorsque ses compagnons d’armes Nkunda et Mutebusi ont refusé de rejoindre les FARDC et ont créé le CNDP. Son passé d’armes recèle certains crimes de guerre, des assassinats et tortures passibles de poursuites à la CPI ainsi que plusieurs actes de haute trahison à l’armée loyaliste de la RDC, selon quelques éléments synthétisés dans le présent portrait.

Amisi Tango Four, la plaque tournante militaire de l’exploitation illégale des mines aux Kivu

Homme d’affaires, il a été cité dans plusieurs rapports de l’ONU sur l’exploitation illégale de minerais (or, étain…) par des hommes en armes. Il entretient également des milices aux Kivu et Maniema, en renfort aux FARDC.
Comme DESC ne cesse de le démontrer, le pillage des ressources naturelles reste le mobile principal des guerres et opérations à l’est du Congo où l’économie minière s’articule étroitement avec la guerre et l’insécurité. Tous les acteurs du conflit participent au pillage des ressources, soit pour financer l’achat d’armes, soit pour des raisons d’enrichissement personnel. L’ONU y a décrit une armée congolaise aux actions dictées principalement par les intérêts économiques de ses chefs et hauts gradés auxquels s’ajoutent certains hommes d’affaires et des politiciens : « Des officiers, à différents niveaux de la hiérarchie des FARDC, se disputent le contrôle de zones riches en minerais, aux dépens de la population civile ».
Selon un rapport de l’ONU de 2009 : “Des officiers ex-CNDP des FARDC et des généraux au niveau de la 8ème région militaire (Nord-Kivu) et de l’état-major de la force terrestre (Gabriel Amisi Tango Four) sont activement impliqués dans l’exploitation de la mine de cassitérite de Bisie.”« La création en 2010, dans la région de Walikale (où se trouve la mine de Bisie), de la milice Maï-Maï Cheka procéderait des mobiles mercantilistes dont les commanditaires se recrutent dans la hiérarchie militaire dans le Nord-Kivu. »

Une enquête de la BBC a révélé que le général Amisi, alors chef d’état-major de l’armée de terre, aurait passé un accord avec la compagnie minière Geminaco pour prendre le contrôle de la mine d’or d’Omate à Walikale. Il aurait touché au moins 25% de la valeur de l’or extrait de la mine chaque mois[1]. Tout cela, pendant que le présidentKabila avait décrété (le 11 septembre 2010) la suspension de l’exploitation et de l’exportation des produits miniers artisanaux[2] dans les deux Kivu et le Maniema.
Outre le secteur minier, Gabriel Amisi dirige une compagnie de fret aérien et un club de football dénommés « Maniema Union ». Il est aussi le président du club kinois, l’AS Vita Club[3] et possède plusieurs biens immobiliers au Congo, notamment dans le secteur de l’hôtellerie. Lors d’un séjour à Kinshasa en 2011, j’ai personnellement visité deux de ses hôtels à Kintambo et à Binza UPN. La consommation électrique de ce dernier privait tout le voisinage de l’alimentation électrique.

Le récalcitrant Amisi Tango Four n’est pas à sa première forfaiture

Amisi et Nkunda avaient supervisé la répression brutale de la mutinerie de Kisangani en 2002
Deux enquêtes distinctes menées en 2002 par les ONG Lotus et Human Right Watch (HRW) et un rapport de l’ONU ont nommément cité les rebelles du RCD-Goma Gabriel Amisi Tango Four, Laurent Nkunda et Bernard Biamungucomme étant responsables de la répression brutale de la mutinerie du 14 mai 2002 à Kisangani et de meurtres, viols et pillages des populations civiles dans la même ville. Selon ces rapports, Biamungu, Nkunda et Amisi ont été présents sur la scène de nombreux crimes exposés dans ces rapport, les ont dirigés ou y ont participé. Les officiers cités plus haut, arrivés de Goma, ont dirigé les tueries et autres massacres des populations locales.
L’enquête de HRW a permis d’établir les identités des officiers du RCD-Goma impliqués dans ces abus qui relèvent du crime de guerre. Selon les témoins interrogés par HRW, Bernard Biamungu, commandant de la Cinquième Brigade ; Gabriel Amisi, également connu comme Tango Fort, chef d’état-major adjoint chargé de la logistique ; etLaurent Nkunda Mihigo, commandant de la Septième Brigade, se trouvaient parmi les officiers du RCD-Goma qui arrivèrent de Goma avec pour mission d’écraser la mutinerie. De nombreux autres officiers du RCD-Goma basés à Kisangani ont également joué rôle direct dans les violations exposées dans ce rapport.

Gabriel Amisi – Adjoint au Chef d’état-major chargé de la logistique -, a été impliqué par des observateurs internationaux et une source locale à Goma d’avoir sommairement exécuté un soldat nommé Joe Lona Bifuko et d’avoir torturé plusieurs détenus de la prison militaire G2 à Goma, en 2001. Figuraient encore dans le groupeLaurent Nkunda, commandant de la 7ème Brigade s’exprimant en kinyarwanda ainsi qu’au moins trois officiers, s’exprimant eux aussi en kinyarwanda, habituellement basés à Goma et inconnus à Kisangani. Ces officiers ont débarqué avec deux bataillons, soit environ 1200 hommes, pour la plupart rwandais ou congolais d’origine rwandaise semble-t-il. Un des bataillons est resté posté à l’aéroport tandis que l’autre gagnait le commandement central en ville[4].
Le 14 mai et pendant plusieurs jours consécutifs, les troupes du RCD ont tué de nombreux habitants de la commune de Mangobo. L’Eglise et les organisations non-gouvernementales ont dressé la liste d’au moins vingt-et-une qui auraient été tuées à Mangobo. Le nombre total des victimes n’a pas encore été établi mais les témoins interrogés par Human Rights Watch ont formellement soutenus que ceux qui furent abattus à Mangobo étaient des civils désarmés. Leur assassinat devra faire l’objet d’une enquête pour crimes de guerre[5]. (…) Les témoins ont rapporté qu’ils avaient vu trois commandants du RCD superviser ce déploiement : Gabriel Amisi (Tango Fort), Laurent Nkunda et Bernard Biamungu. « On observait les mouvements militaires quand on vu les trois officiers arriver », a déclaré un témoin. « Tango Fort était juché sur une moto Jaguar. Les autres sont arrivés en camions. Vers 16h30, les officiers ont tenu réunion pendant une trentaine de minutes ». Les enquêteurs de HRW se sont procuré les numéros des plaques d’immatriculation des véhicules utilisés pour l’opération.

Dans un communiqué du 17 mai 2002, le RCD a démenti que des troupes rwandaises ou même que des renforts de ses propres armées aient été envoyés à Kisangani pour mater la mutinerie. Il a seulement reconnu que les commandants Gabriel Amisi et Laurent Nkunda avaient été envoyés de Goma à Kisangani et indiqué que leur contribution avait permis « la répression de l’insurrection armée du 14 mai »[6].
Dans un rapport d’une sérénité exemplaire, le groupe Lotus, une ONG locale basée à Kisangani, est sans équivoque : « L’ordre de tuer (à Kisangani, les 14 et 15 mai 2002) a été donné par la hiérarchie militaire. »
Lotus s’en explique : « Comment comprendre que quelques heures seulement après l’arrivée de Goma de la délégation de galonnés du RCD qu’un massacre à grande échelle et des exactions aient été commis au sein de la population ? Qu’est-ce qui a été fait par les autorités ayant en charge la sécurité des personnes et des biens pour empêcher ces massacres?» L’ONG ne s’arrête pas en si bon chemin – au contraire, il écrit : (…) De même, la délégation arrivée le jour même de Goma présidée par le chef d’état-major général adjoint en charge des opérationsGabriel Amisi dit «Tango Fort», un ancien commandant de Brigade de Kisangani ; le commandant de Brigade de Kisangani Laurent Nkunda Mihigo et le commandant de Brigade honoraire Bernard Biamungu. Ce dernier, commandant de Brigade à Goma, connu particulièrement pour sa férocité, se trouvait en prison d’où sa hiérarchie aurait organisé son évasion, pour avoir battu à mort un policier de roulage dont le tort fut d’avoir bloqué la circulation à l’approche de son véhicule. À la prise du commandement à Kisangani par ces galonnés, l’après-midi du 14 mai 2002, «les massacres à grande échelle ont eu lieu à Mangobo et le 15 mai 2002 au pont Tshopo.»
Selon toutes les sources, chacun de ces commandants est arrivé dans la ville martyre avec des escortes armées jusqu’aux dents, qui ont reçu l’ordre clair d’écraser dans le sang la mutinerie, après s’être enivrées d’alcool[7].

Amisi était encore à la base des massacres de Mushake en 2007

Expert du Congo, Jason Stearns rappelle que « ce n’est pas la première fois qu’Amisi est accusé de saper l’armée. Il y a de forts soupçons parmi les officiers déclarant qu’il agit comme une cinquième colonne en faveur du Rwanda »[8].
En effet, l’ampleur de la débâcle de Goma et la saisie par le M23 d’un lot important de matériel lourd ressemble à s’y méprendre à une autre déroute militaire qui, en son temps et dans les conditions similaires, avait permis aux combattants de Nkunda de s’adonner à un massacre à Mushake en décembre 2007. Selon la journaliste belgeColette Braeckman[9], les FARDC y furent victimes de trahison au plus haut niveau. « À Mushake, où avait été dépêché le commandant en chef des forces terrestres, le général Gabriel Amisi dit « Tango Fort », des ordres contradictoires furent donnés, qui entraînèrent le repli des meilleurs éléments. On devait comprendre plus tard que les commandants de la plupart des brigades censées assiéger Nkunda étaient des officiers qui, comme Amisi, avaient naguère combattu à ses côtés dans les rangs de la rébellion et avaient été brassés ensuite, mais sans réellement rompre avec leur ancien compagnon d’armes ! »
« Sur les 6.000 éléments des FARDC engagés dans la bataille de Mushake, 2.600 militaires ont été tués dont 2.000 policiers en tenue militaire et 600 éléments de la garde républicaine. S’y ajoutent 600 blessés. Un important lot de matériel militaire a été saisi par le CNDP : 6 tonnes de munitions, dont des munitions d’hélicoptères, 45 blindés, 20 lance-roquettes, 15.000 caisses de grenades, 6000 caisses d’armes type FAL. Le bilan fait aussi état de 15 missiles sol air. On se demande pourquoi de telles armes auraient été envoyées au Kivu contre un adversaire qui pratique la guérilla et ne dispose ni d’armement lourd ni de moyens aériens »
Malgré l’institution d’une Cour militaire au Nord-Kivu censée circonscrire ces trahisons, le général Amisi a regagné Kinshasa en état d’arrestation et a été placé en résidence surveillée en attendant le résultat des enquêtes. Il reprendra ses fonctions en toute impunité, comme s’il ne s’était rien passé, quelques temps après[10].

Tango Four directement mis  en cause dans la chute de Goma

Bien avant la prise de Goma en novembre 2012, le nom de Gabriel Amisi a été cité dans la défection des FARDC à Bunagana suite à l’offensive surprise menée par le M23 le 6 juillet 2012. Le général Vainqueur Mayala  et 600 soldats FARDC avaient fui à Kisoro en Ouganda en abandonnant un énorme stock d’armes lourdes, de munitions et de chars[11]. Le Lieutenant-colonel Eric Mankesi, ancien administrateur militaire de la 8ème région militaire (RM) à Goma, joint par DESC en mai 2014, avait pointé Amisi comme responsable de cette fuite truquée ayant pour but de laisser le matériel militaire FARDC à M23, à l’nstar de ce qui s’est passé en 2007 à Mushake. Nous vous invitons àécouter attentivement le lien audio suivant à partir de la 48ème jusqu’à la 60ème minute, de l’entretien que nous avons eu en mai 2014 avec le Lt-Col Eric Mankesi, ancien chef de l’administration militaire (T1) jusqu’en 2013 à la 8ème région militaire à Goma: https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=j3EVG4xfpJk

Après la fuite des FARDC en juillet 2012 en Ouganda, le général VainqueuMayala a été remplacé par le GénéralLucien Bahuma Ambamba (dont nous présenterons également le portrait dans notre ouvrage) à la tête de la 8eme RM au Nord-Kivu. Ce dernier a réorganisé les unités de combats au Nord Kivu. Cette restructuration avait permis aux FARDC de mieux se défendre contre le M23. Mais pour des raisons tactiques injustifiées, après les combats qui se sont déroulés du 15 au 18 novembre lors de l’entrée du M23 dans Goma au cours desquels les FARDC ont opposé au M23 une résistance farouche et infligé de lourdes pertes à leur ennemi, plus de 150 morts du côté rebelle[12], le général Bahuma a reçu l’ordre venant de Kinshasa de laisser la conduite des opérations au général Amisi. Celui-ci va ordonner aux FARDC de se replier à Sake, facilitant ainsi l’entrée du M23 à Goma, sans résistance.
Selon l’agence Reuters, la déroute de l’armée congolaise à Goma a laissé bien des observateurs perplexes. Certains ont évoqué une possible collusion entre des membres de l’état-major et les rebelles du M23[13]. S’exprimant sous le sceau de l’anonymat, un officier des FARDC ayant participé aux combats s’est dit persuadé que la chute de Goma était un acte de sabotage du général Gabriel Amisi, alors commandant des forces terrestres, qui était en contact avec les rebelles. « Tous nos renseignements étaient transmis au M23 », affirme-t-il, en assurant que pendant toute la durée des combats, « il y a eu d’intenses communications avec eux » en provenance des rangs gouvernementaux. Cet officier a servi aux côtés de ce général sur le champ de bataille[14].
L’officier suspectant le général Amisi de trahison dit se souvenir d’un exemple frappant au début de la défense de Goma, lorsque le général a ordonné à ses hommes de cesser les combats alors qu’ils venaient d’infliger de lourdes pertes au M23 à Kibumba, à 30 km au nord de la ville. « Tout à coup, nous avons reçu l’ordre d’arrêter », dit-il. « Cela n’avait pas de sens. Ça leur donnait seulement une chance de se regrouper et de former une force qui est ensuite allée prendre Goma. »

Malgré les rapports qui affirmaient le soutien actif du Rwanda[15] au M23, un officier proche du général Amisi a admis que : « Nous n’avions pas l’ordre d’attaquer le Rwanda, même si on se faisait tirer dessus de là-bas ».
A la suite de la prise de Goma le 20 novembre 2012 par le M23, Gabriel Amisi Kumba a été suspendu par le président Kabila après la publication du rapport du Groupe d’experts de l’ONU[16], l’accusant d’avoir vendu des armes à des braconniers et aux groupes armés, dont les Maï-Maï Raïa Mutomboki alliés au M23 et les Maï-Maï Nyatura. Rappelons que Gabriel Amisi, ancien combattant de l’AFDL, provient lui-même d’une faction pro-rwandaise, le RCD-Goma dont est issu le CNDP duquel est sorti le M23.
Malgré sa suspension et des soupçons de haute trahison qui pèsent sur lui après la chute de Goma, Amisi a continué de bénéficier, sans être inquiété, de la protection du président Kabila du fait sans doute de bons liens qu’il entretient avec celle qu’une certaine opinion présente comme étant la mère biologique du président, Sifa Mahanya. A ce jour, aucune action judiciaire n’a été initiée à l’encontre du général Amisi. L’auditorat militaire ne peut pas l’auditionner au motif qu’aucun magistrat n’a le grade équivalent à celui du général-major Amisi pour pouvoir le juger. Une situation similaire à celui du général John Numbi dans l’affaire Chebeya. Selon les dispositions de la loi portant statut du militaire, les accusations qui pèsent sur le général Amisi relèvent de haute trahison et sont passibles de la peine de mort au regard de l’article 128 du code pénal militaire[17].
C’est ainsi qu’à la surprise générale de l’opinion publique nationale et internationale, le Conseil supérieur de la Défense, présidée par Joseph Kabila, vient de le laver de tout soupçon. Et pourtant aucune instruction judiciaire transparente, indépendante et crédible n’a été menée à sa charge ou sa décharge. Après avoir brillamment échoué dans sa tentative de créer une cohésion nationale autour de sa personne à la suite des concertations en vue de se donner une légitimité devant éventuellement lui permettre de bénéficier d’un large consensus national en faveur d’un troisième mandat consécutif, tout porte à croire que la réhabilitation de Tango Four entrerait dans une stratégie alternative de cohésion négative que Joseph Kabila mettrait en place lorsqu’il faudra affronter les contestataires dans son plan de se maintenir ad vitam aeternam au pouvoir en RDC.

Pourtant la haute hiérarchie militaire des FARDC a reconnu la trahison de certains officiers

Après la défaite de Novembre 2012, face à la pression populaire croissante, l’état-major-général des FARDC a organisé du 04 au 16 février 2013, une session (3ème) du séminaire sur la réforme des FARDC. Ce séminaire, qui a réuni 113 officiers supérieurs et généraux issus de toutes les régions militaires, des commandements, zones et secteurs opérationnels et de différents états-majors des forces armées, a porté sur l’analyse des causes des contre-performances des FARDC lors des opérations à l’est de la RD Congo en 2012. Le rapport de synthèse élaboré à cet effet a énuméré les causes profondes de la défaillance des FARDC à Goma en novembre 2012, parmi lesquels les faits suivants (Les détails de ce rapport sont à lire dans notre ouvrage à paraître) dont certains qualifiés de haute trahison : Planification : insuffisante  à tous les niveaux (stratégiques, opérationnelles et tactiques) ; Délais d’intervention et de renfort trop larges ; Pas de relève (sure des unités) ; Prélèvements illicites et dispersion des forces. Conduite de la bataille : Pas de coordination efficace durant les actions ; Découragement dans la prise d’initiative au combat par les autorités ; Intervention récidivée des ordres de trêve et cessez-le-feu à chaque fois que les troupes amies sont en position avantageuse. Commandement et Contrôle des unités au Combat :Désorganisation totale du commandement ; Complaisance dans les désignations des cadres de commandement (favoritisme, népotisme, tribalisme et clientélisme – Connotation politique de l’avancement Distribution fantaisiste et discriminatoire des grades ) ; Incompétence et insuffisance de formation militaire de beaucoup de cadres de commandement (illettrés, pas ou peu formés, troupes peu ou pas du tout formées) ; Commandements parallèles(multiplicité des centres de commandement) ; Amalgame des structures et dysfonctionnement des multiples chaines de commandement (ordres contradictoiresrefus d’ordres) ; Détournements, affairisme, trafic d’influence, fraude, braconnage, etc.) ; Trahisons, déloyauté, suspicions et manque de crédibilité. Discipline :Insubordination impunie (refus de mutation) ; Non-respect de la voie hiérarchique. Malgré ce réquisitoire de l’autoévaluation de l’armée, personne n’a été sanctionnée.

Lutter contre l’impunité est la seule réponse crédible que Kabila peut donner aux Congolais.

En juillet 2013, les médias ont largement salué la volonté de Kabila de prendre la réforme des FARDC en main lors de la publication de la loi portant statut du militaire des FARDC. Une loi essentielle à la modernisation des FARDC. Cette loi établit notamment le régime disciplinaire du militaire, nécessaire pour un pays confronté quasi en permanence, depuis son indépendance, à des mutineries, des rébellions, aux graves problèmes d’indiscipline et aux infractions liées aux crimes de guerre et violations de divers droits humains par les hommes en armes, particulièrement durant ces deux dernières décennies.
Cependant, à titre d’exemple, la loi dans son article 240 sanctionne au Point 9 : « le fait pour l‘officier ou sous-officier de présider ou d’être membre d’une association sportive civile ou autre association à caractère politique ou tribal ». Le cas du général Gabriel Amisi dit « Tango Four », l’ancien chef d’état-major de l’armée de terre continue à exercer cumulativement ses fonctions de président des clubs de football Maniema Union et AS Vita Club de Kinshasa, tout en étant repris dans le cadre organique des FARDC.
On peut également noter le point 10 de ladite loi qui sanctionne : « le fait de piller et/ou de se mutiner». Ce point constitue une base légale d’une grande importance pour traiter le cas le cas des mutins du M23 et d’autres rébellions qui écument à l’est de la RDC. A la place, le régime Kabila, a choisi la voie de l’impunité en amnistiant principalement les ex-combattants et cadres du M23.
DESC est convaincue que la cohésion nationale ne peut se faire dans l’impunité. Il n’ y aura pas de véritable réconciliation en RDC sans justice. Aussi, DESC soutient l’initiative de l’ONU de voir une enquête judiciaire indépendante et crédible être diligentée contre tous les soupçons de crimes imputés à Gabriel Amisi. A l’instar l’enquête concernant l’assassinat odieux du Colonel Mamadou Ndala, rangée dans les tiroirs, DESC se dit prédisposée à offrir son expertise et ses services pour permettre à la justice de mener une enquête indépendante, en signe de respect des victimes présumées des forfaitures imputées à Amisi Tango Four.

La réhabilitation sans aucune autre forme de procès de Gabriel Amisi, le boucher de l’est du Congo, par Kabila et sa nomination comme commandant de la 1ère zone de défense est un mauvais signal donné par Kabila qui au lieu de privilégier la cohésion nationale également au niveau de l’armée où certaines frustrations et plaies du passé sont loin de se cicatriser. Le président congolais opte plutôt pour une cohésion négative autour de sa personne dans le cadre d’une éventuelle perspective apocalyptique de sa fin de mandat en 2016. Pour y arriver, il ne peut que compter sur la cinquième colonne rwandaise infiltrée dans les services de sécurité congolais et quelques naïfs katangais de service de la GR, ANR et Démiap auxquels se joignent des « intellos » antipatriotiques, du ventre creux commeBoshab, Kin Kiey, Mende, Minaku, etc.


[1] BBC, 12/11/2010.
[2] Précision apportée par le ministre des Mines Martin Kabwelulu, dans un point de presse, le 21 septembre 2010.
[3] Jeune Afrique, 17/11/2008.
[4] Human Rights Watch Août 2002, Vol. 14, No. 6 (A) 11 34 Entretiens avec Human Rights Watch, Kisangani, Kinshasa, Juin-juillet 2002.
[5] Ibid.
[6] Communiqué de Presse du RCD du 17 Mai 2002…” : www.congo.co.za/News/French/17_Mai_2002.htm, consulté le 16 juillet 2002
[7] Lesoftonline, 13/08/2002, [url=http://www.lesoftonline.net/articles/massacres-de-kisangani-l%E2%80%99accablant-rapport-du-groupe-lotus-au-grand-complet
http://www.lesoftonline.net/articles/massacres-de-kisangani-l%E2%80%99accablant-rapport-du-groupe-lotus-au-grand-complet.
[8] Reuters, 12/12/2012.
[9]Le Soir, 27/12/2007.
[10]Le Soir, 27/12/2007.

[11]Virunga News, 6/07/2012
[12] Le Phare, 21/11/2012.
[13] Reuters, 10/12/2012.
[14]Radio Okapi, 11/12/ 2012.
[15] Des experts mandatés par l’ONU ont affirmé que le Rwanda avait créé, formé et équipé le M23 et avait directement appuyé son offensive sur Goma, malgré les dénégations de Kigali. Un journaliste de Reuters présent à Goma durant l’occupation rebelle a croisé plusieurs combattants ne parlant pas les dialectes locaux. L’un d’eux a même déclaré : « Je suis rwandais, un soldat, nous sommes là pour aider le M23. Nous sommes nombreux et beaucoup arrivent chaque jour. »
[16] S/2012/843.
[17] « En temps de guerre, tout Congolais qui se rend coupable de haute trahison est puni de mort ».  Alinéa 2 : « Par haute trahison, il faut entendre le fait de livrer à une puissance étrangère, à une entreprise ou une organisation étrangère ou sous-contrôle étranger ou à leurs agents des matériels, constructions, équipements, installations, appareils ou autres… affectés à la défense nationale ». Aussi Radio Okapi, 26/11/2012.





Compatriotiquement!

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 6/10/2014, 10:21 pm

Exclusif : Chiffres, tableaux et graphiques de la montée en puissance des FARDC en question ? – DESC

Les FARDC en tableaux, chiffres et graphiques
Une étude synthétique et illustrative de DESC



 

° http://desc-wondo.org/exclusif-chiffres-tableaux-et-graphiques-de-la-montee-en-puissance-des-fardc-en-question-desc/

Les présentes données indiquent l’état des FARDC dans le troisième de 2014 sur base des estimations des données croisées, recueillies auprès des sources ouvertes, officielles et fermées. Il s’agit d’une synthèse extraite de notre projet d’ouvrage consacré à la réforme des FARDC qui sera publié en automne 2014.

Organigramme officiel des FARDC avant le 18 septembre 2014


Sources : MONUSCO, Etat-major général des FARDC, Les Armées au Congo-Kinshasa

Organigramme officiel des FARDC à partir du 18 septembre 2014



Les Zones de défense (ZDef) et les régions militaires (RM) ainsi que leurs commandants respectifs



Les principaux responsables de la défense et sécurité en RD Congo

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Les deux tableaux ci-dessus renseignent une surreprésentation des commandants des régions et des responsables militaires et des services de sécurité originaires de l’Est du Congo. Le Katanga est la province la mieux lotie. Il est à noter par contre une sous-représentation des provinces de l’Equateur, des deux Kasaï, du Bas-Congo et de Kinshasa, qui ont majoritairement voté contre Kabila en 2011. Par ailleurs, depuis 2006, tous les ministres de la Défense (Chikez Diemu, Mwando Simba et Luba Tambo) qui se sont succédé sont Katangais. On assiste à une ‘swahilisation‘ des FARDC qui mime l’‘équatorialisation’ des FAZ sous Mobutu. En 2012, une enquête FARDC a recensé un taux anormalement très élevé (35%) des officiers supérieurs et généraux Tutsi dans le Nord et le Sud-Kivu par rapport à leurs collègues de toutes les autres ethnies réunies du Kivu.

L’évolution du budget défense de la RDC de 2008 à 2013 (en millions de dollars US)

Sources : Les Armées au Congo-Kinshasa ; IISS ; SIPRI ; Parlement RDC ; EUSEC et recoupements DESC.

La définition du budget de la défense varie d’un pays à l’autre et parfois même à l’intérieur d’un pays selon les années. De plus, le budget de la défense ne concerne que les dépenses du ministère de la défense, tandis que d’autres postes de dépenses militaires sont financés par d’autres ministères. Certains pays, mais pas tous, ont des catégories budgétaires qui englobent les dépenses militaires de ministères autres que celui de la défense. Ces catégories varient aussi d’un pays à l’autre et au fil des années.
En théorie, le budget est « un acte législatif » contenant le tableau des recettes et des dépenses prévues pour une période déterminée et constituant de ce chef, la règle à suivre par le pouvoir exécutif et par le ministère qui dépend de celui-ci ». Outre son caractère légal (acte législatif), le budget est d’abord un acte de prévision, c’est-à-dire une estimation des recettes et des dépenses pour une période déterminée, en l’occurrence l’année budgétaire considérée. Mais le budget est plus qu’une simple estimation des dépenses et des recettes, il est le programme d’action du Gouvernement Il s’agit également d’un acte d’autorisation : le budget est l’autorisation accordée par le Parlement national au Gouvernement d’effectuer les dépenses qui y sont mentionnées et de procéder au recouvrement des recettes qui y sont définies. Enfin et bien plus encore, c’est particulièrement sa portée politique, au-delà d’une simple estimation et autorisation, en tant que programme d’action du Gouvernement, qui constitue lereflet chiffré de la politique qu’il entend mener et permet de mesurer l’importance que le Gouvernement accorde dans le secteur de la Défense nationale en l’occurrence. Un secteur décrété priorité des priorités depuis 2006 en RDC et reste encore à la traine, comme en témoignent les tableaux ci-dessous.

Sources : Les Armées au Congo-Kinshasa ; IISS ; SIPRI ; Parlement RDC ; EUSEC et recoupements DESC.
Le budget militaire en hausse considérable entre 2013 et 2014

Le budget 2013 de l’armée a été voté, après renvoi pour réexamen par le chef de l’Etat, à 250 millions de dollars US. En effet, en décembre 2013, le président Kabila avait refusé de promulguer le budget 2013, estimant que la part allouée à la Défense n’était pas suffisante. Après sa révision au Parlement, cette part a augmenté d’environ 90 millions de dollars, c’est-à-dire environ 60 millions d’euros (Belga, 14/01/13). Avant son renvoi par le chef de l’Etat, le projet du budget allouait 144 milliards de francs congolais (environ 158 millions de dollars) au secteur de la Défense nationale et la sécurité. Après révision, ce secteur bénéficiera de 228 milliards de FC (environ 247 millions de dollars). Ce supplément a été trouvé grâce aux coupes opérées dans certains secteurs notamment celui des investissements sur ressources propres .
D’après les sources parlementaires congolaises, la part réservée dans le budget national 2014 pour le secteur de la Défense nationale est d’environ 400 millions de dollars. Cela constitue une hausse considérable de plus de 62 % par rapport à l’année budgétaire précédente. Une hausse due sans doute aux conséquences de l’effort de la guerre contre le M23 et la poursuite de la traque des autres groupes armés (ADF/Nalu, FDLR, Maï-Maï, etc.) Cette augmentation se justifie également du fait de l’acquisition en 2014 d’un important lot de matériel militaire et d’armement, en provenance principalement de l’Ukraine, de la Tchéquie et de la Serbie.

Evolution des dépenses militaires de la RDC depuis 2003 (en millions de dollars)

Définition des dépenses militaires
Le calcul des dépenses militaires se repose sur la définition de l’OTAN qui comprend principalement les dépenses courantes et en capital des forces armées, incluant les forces de la paix; le ministère de la Défense et autres agences gouvernementales engagées dans des projets de défense; les forces paramilitaires, si elles sont entraînées et équipées pour des opérations militaires; ainsi que les activités militaires dans l’espace. (Source : La Banque Mondiale).

Les dépenses militaires sont une évaluation grossière des sommes attribuées par les gouvernements à des fins militaires. Elles permettent ainsi d’évaluer la priorité donnée aux moyens militaires d’assurer la sécurité – selon la façon qu’a chaque gouvernement d’évaluer la sécurité nationale – ou d’atteindre d’autres types d’objectifs nationaux définis dans les doctrines de sécurité nationale (SKÖNS, 2005). Les dépenses militaires sont les sommes affectées par un gouvernement à des fonctions militaires. Il s’agit de l’argent réellement consacré et utilisé pour le secteur militaire. Les sommes dépensées peuvent avoir servi à acheter des ressources physiques très différentes (main d’œuvre, armements, services de maintenance, services de recherche-développement, construction, etc.) et à des niveaux technologiques divers.

Toutefois, il faut garder à l’esprit le fait que toutes les dépenses publiques concourant à l’effort de défense ne sont nécessairement inscrites au budget de l’Etat.  (Thérèse Félicitée AZENG, Dépenses Militaires, Gouvernance et Efficience Economique: le cas de l’Afrique sub-Saharienne, 2008). Les données concernant les dépenses militaires ne sont pas toujours fiables. Elles peuvent être cachées dans d’autres postes du budget que la défense. En outre, certaines dépenses militaires peuvent être entièrement financées en dehors du budget de l’État, ce sont des dépenses hors budget. Il peut s’agir notamment de dépenses payées par les recettes issues des activités commerciales des forces armées. Il peut aussi s’agir de revenus externes destinés à des achats particuliers, le plus souvent des importations d’armes. En temps de guerre, les revenus tirés de la vente de richesses naturelles sont souvent utilisés pour financer les coûts de la guerre ; des dépenses qui n’apparaissent pas dans le budget de l’État. C’est la raison pour laquelle le budget militaire ne reflète pas toujours les dépenses militaires  réellement engagées par un Etat pour une année donnée.
Les dépenses consacrées aux forces armées et aux activités politiques armées ne comptent pas uniquement celles des gouvernements. Différents types d’acteurs non étatiques impliqués dans des guerres et des conflits armés dépensent aussi de l’argent pour des armes et des activités armées. Ces sommes n’apparaissent pas dans les estimations des dépenses militaires. C’est le cas de la nébuleuse firme sud-africaine « Divine Inspiration » qui avait proposé d’accorder 120.000.000 USD aux autorités congolaises en échange de l’exploitation d’un secteur entier du bloc de pétrole de Graben Albertine. La Banque de Malte avait également proposé un prêt de 30.000.000 USD à accorder à la Force aérienne. (Cihunda Hengelela, J., « Réforme des FARDC. Réflexions sur le rôle des partenaires internationaux », 2011).



Selon l’Agence Ecofin, la RDC a enregistré une progression de ses dépenses militaires de façon remarquable l’an passé. L’agence cite les chiffres publiés par le SIPRI, le think tank suédois, qui a mentionné une progression de + 34 % en 2013 par rapport en 2012. Une augmentation qui peut s’expliquer par l’effort financier supplémentaire consenti par le gouvernement congolais dans les affrontements contre le M23.


Evolution des effectifs des FARDC depuis 2004

Les FARDC présentent une morphologie d’une pyramide inversée comprenant plus de cadres que de soldats subalternes de rang. Elles présentent en plus des effectifs marqués par un déséquilibre en termes de représentativité géographique et ethnique. L’EUSEC[10] a recensé 133.450 militaires FARDC payés au 21 décembre 2012 et répartis comme suit : 35.075 officiers (26,25%), 52.254 sous-officiers (39 ,16%) et 46.050 soldats de troupe (34,51%).
La MONUSCO[11] répartit les FARDC comme suit : L’armée de terre compte entre 110.000 à 125.000 hommes. La Force navale comprend 6.703 hommes. L’armée de l’air dispose de 2.548 hommes. La Garde républicaine est estimée à environ 10.000 hommes (ICG, 2007).

Barème officiel des FARDC au 1er janvier 2014 en FC (1USD = 920 FC)



Le tableau montrant l’évolution du barème officiel des FARDC peutégalement  être consulté en cliquant le lien suivant : Evolution barémique des militaires FARDC


Evolution des effectifs des FARDC depuis 2004

Sources : Les Armées au Congo-Kinshasa ; IISS ; SIPRI ; IFRI ; la Defense Institute of International Legal Studies(DILLS) ; Etat-major FARDC,  Parlement RDC ; Ministère de la Défense national RDC ; EUSEC,  et recoupements DESC, estimations PNDDR (2004), CONADER (2005), Plan Directeur global de Février 2008, Plan de Réforme de l’armée 2009-2020.


 Quelques unités de la Force terrestre formées
La liste n’est pas exhaustive : La liste complète sera publiée dans notre prochain ouvrage


  • 621ème et 622ème bataillons formés à Kamina par les chinois.

  • 3 bataillons de la garde républicaine (441ème, 442ème et 443ème) ont été formés à Mura avec l’état-major de la brigade. Le 442ème bataillon a été formé par les instructeurs américains de l’AFRICOM. C’est l’unité d’origine du colonel Mamadou Ndala. Qui s’est particulièrement distingué dans la phase finale des affrontements contre le M23 en 2013.

  • Les 321ème (2008-2009), 322ème (entre octobre 2011 et mars 2012) et 323èmebataillons de la force de réaction rapide (FRR) ont été formés au Maniema par la Belgique.

  • 816ème régiment d’infanterie formé à Mura par les instructeurs Sud -africains et congolais.

  • 809ème régiment d’infanterie formé par les instructeurs angolais au centre de formation militaire de Rumangabo situé à 50 km au nord de Goma dans le territoire de Rutshuru.

  • 805ème régiment infanterie formé par les instructeurs angolais et congolais toujours à Kitona

  • 806ème régiment d’infanterie formé par les instructeurs américains de l’Africom au centre d’instruction de Kisangani.

  • 804ème régiment d’infanterie (qui s’est occupé de la défense de la ville de Goma en 2013) formé à Luberezi au Sud-Kivu par des instructeurs congolais.

  • 111ème régiment infanterie formé par des instructeurs congolais au centre d’instructions de Beni.

  • Les autres régiments d’infanterie : 101, 102, 103, 104, 105, 106, 107,1066 et 1067 ont été formés par des instructeurs chinois à la base de Kamina

  • Le régiment blindé et le régiment d’artillerie de la force terrestre ont été formé par les instructeurs congolais.

  • 411ème bataillon commando formé par les instructeurs sud-africains à Mura et stationné à Sake.

  • 931ème bataillon logistique a été formé à Kisangani dans le cadre de la réforme de la logistique opérationnelle.

  • Le 391e bataillon d’infanterie a été recyclé au centre de brassage Lukusa à Kisangani par les Etats-Unis en 2010 pour servir de« modèle pour la réforme à venir des FARDC », selon le Commandement américain de l’Africom. Cette unité a été accusée de cas de viols massifs entre novembre et décembre 2012 à Minova après la débâcle contre le M23 et le procès qui en a découlé n’a abouti qu’à trois condamnations pour viols.

  • La garde républicaine chargée de protéger le chef de l’Etat est pratiquement une division des disposant d’un effectif tournant autour de 15.000 hommes dont une task force de 6000 hommes composée de deux brigades motorisées d’assaut. Les autres détails seront développés dans notre prochain ouvrage.


Principaux matériels et Armements des FARDC  

Ces informations proviennent d’une recherche poussée de DESC des informations recoupées des différentes sources militaires congolaises (état-major général, Maison militaire et officiers FARDC). D’autant que certains matériels acquis par les FARDC récemment n’ont pas été signalés à la MONUSCO. Ces données sont à titre indicatif, la liste détaillée se trouvera dans notre prochain ouvrage
Chars de combat :

  • 60 chars du type T-59 B fournis par la chine à l’époque du Zaïre, mais entièrement remis en état.

  • 60 chars T-55 livrés par Ukraine et la République tchèque en 2006 et 2010.

  • 110 de marque T-72 /80 livrés par l’Ukraine entre 2009 et 2011.

  • 68 chars légers types T-62 chinois.

  • 24 chars légers amphibies avec le calibre point -76 fournis par la Corée du nord en 2009.

  • Des pourparlers avec la Serbie ont été menés dès janvier 2014 pour la fourniture des versions améliorés de chars de combats M-84 (versions améliorées des chars serbes du type T-72).

  • Environ 220 chars de combats T-55m/b modernisés supplémentaires achetés en Ukraine et livrés entre octobre 2012 et novembre 2013.


Véhicules blindés de reconnaissance (VBR):

  • 36 véhicules blindés de reconnaissance VBR EE-9 Cascavel brésiliens fournis par la Lybie entre 1999 et 2001.

  • 24 BRDM-2 russes fournis par la Corée du Nord en 2009.

  • Des pourparlers étaient menés en 2013 avec la société sud-africaine Amscor afin de réhabiliter les anciens matériels comme : VBR Ramta -RBY israéliens et M-2/M3 half tracks,M-113 ayant été utilisés par la DSP de Mobutu ainsi que les AML-90 stockés au Camp Ebeya à Mbanza-Ngungu.


Véhicules blindés de combats d’infanterie (VBCI) :
Les FARDC disposeraient de 88 véhicules blindés BMP 1/2/3 fournis par l’Ukraine et la Biélorussie entre 2006 -2012. Des pourparlers sont été entamés avec la Biélorussie pour la livraison de 112 BMP-3 supplémentaires.
Pour les véhicules blindés de reconnaissance et d’appui-feu, les FARDC ont acquis en Serbie, entre 2011 et 2013, 350 véhicules blindés de type M-53/59 Praga. Ce sont des véhicules de fabrication tchécoslovaque à l’origine mais fabriqués actuellement sous licence en Serbie…
Pour les véhicules blindés de transport de troupes (VTT) :
Les FARDC disposent de :

  • 80 véhicules blindés russes de transport des troupes MT-LB fournis par la République tchèque ;

  • 120 BTR-60/70/80 fournis par l’Ukraine et aussi

  • 100 BTR dont 50 ont été achetés en Biélorussie,

  • plus 75 véhicules blindés de transport de troupes YW-531h. Une copie chinoise du modèle russe BTR-50 russe),

  • Les tractations étaient en cours en début 2014 avec l’Ukraine pour l’achat de BTR-3U et Avec la Russie pour l’achat de véhicules blindés de transport de troupes Tigre (200 exemplaires). Les généraux Olenga (chef de l’armée de terre) et Kabulo (secrétaire général des FARDC) ont fait beaucoup de navettes entre Kinshasa, Kiev et Moscou entre fin 2013 et septembre 2014. Le général Olenga s’y trouvait encore la semaine du 29 septembre 2014 pour une mission spéciale.


D’après les données croisées de SIPRI, IFRI, IISS, les FARDC ont, entre autres, disposé en 2013 du matériel militaire suivant :

  • 149 chars T-59

  • 32 chars T-55

  • 100 chars T-72


Lors du 50ème anniversaire de l’indépendance du Congo le 30 juin 2010, un grand défilé de 15.000 militaires marchant au pas de l’oie avec 400 véhicules militaires dont 70 chars de combat de type 2S1+ T55/56+BMP1. Voici les types d’armements recensés

  • 20 T-72 achetés à l’Ukraine début 2010 pour 84 millions de dollars américains

  • minimum de 20 T-55

  • T-59

  • 20 BMP-1

  • LRM BM-21 Grad

  • LRM RM-70

  • LRM tracté Type 63 de 107 mm

  • Obusier automoteur 2S1 Gvozdika

  • Obusier tracté Type 59 de 130 mm

  • ZPU-2 de 14,5 mm sur camions Unimog

  • 4×4Toyota

  • véhicule blindé EE-9 Cascavel


Matériels aériens (Liste non exhaustive)

  • 4 avions d’attaque Soukhoï Su-25

  • 5 avions d’attaque Dassault Mirage 5

  • 1 Boeing 727 (apparu lors du défilé du 30 juin 2010)

  • 2 avions de transport Lockheed C-130 Hercules

  • 6 hélicoptères de combat Mi-24 Hind (vus lors du défilé du 30 juin 2010)

  • 2 hélicoptères de type Mi 17 (vus lors du défilé du 30 juin 2010)

  • 2 hélicoptères SA-316 Alouette III

  • 2 avions de chasse de type Mig 23 à géométrie variable


Moyens navals

  • 1 patrouilleur classe Shanghai II de 120 tonnes fabriqué en République populaire de Chine

  • 3 patrouilleurs type Piraña de 125-T fabriqué en Espagne.

  • 3 patrouilleurs type Zhuk de 40 tonnes fabriqué en Russie.

  • 2 vedettes



[2] Suite à l’offensive du M23 à Bunagana, le 6 juillet 2012, le Gen. Mayala et 600 soldats FARDC ont fui à Kisoro en Ouganda et abandonné un énorme stock d’armes lourdes, de munitions et de chars (Virunga News, 6/07/2012).




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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 17/11/2014, 8:55 pm

"RDC: la garde républicaine a un nouveau chef
(AFP 17/11/14)

° http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/rdc-la-garde-republicaine-un-nouveau-chef#sthash.bg6pM21k.dpuf
Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a nommé un nouveau commandant à la tête de la garde républicaine (GR)
Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a nommé un nouveau commandant à la tête de la garde républicaine (GR), l'unité chargée d'assurer la protection du chef de l'Etat, a-t-on appris lundi de source officielle.
M. Kabila a nommé à ce poste le général de brigade Gaston Ilunga Kampete, indique une ordonnance présidentielle lue à l'antenne de la télévision publique congolaise.

Né en 1964, le général Ilunga était jusque-là chef du régiment blindé de la GR. Il remplace le général de division (général-major, selon la typologie congolaise) Dieudonné Banz, nommé en septembre à la tête de la Force terrestre.
Entré dans l'armée sous le dictateur Mobutu Sese Seko (au pouvoir de 1965 à 1997), le général Ilunga est originaire du Katanga, et appartient à l'ethnie Luba, la même que celle du chef de l'Etat. Il avait pris la tête du régiment blindé de la GR en 1998, peu après le renversement de Mobutu par Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel président congolais.

Les effectifs de la GR sont estimés à 12.000 hommes.
Le commandement de la GR était le dernier poste majeur à pourvoir au sein de la haute hiérarchie militaire depuis un grand remaniement annoncé en septembre et qui avait permis de réintégrer le général-major Gabriel Amisi. Celui-ci avait été blanchi fin juillet des accusations de ventes d'armes à des milices, à l'issue d'une enquête contestée.

Proche du chef de l'Etat et ancien chef de la Force terrestre, le général Amisi, est désormais à la tête de la première zone de défense, région stratégique qui couvre l'Ouest du pays.
Sa réintégration avait provoqué des remous au sein de la GR. En signe de protestation, un groupe d'officiers de cette unité avait adressé au président Kabila une pétition lui demandant de réhabiliter également le général John Numbi, ancien chef de la police démis de ses fonctions peu après l'assassinat, en juin 2010, du défenseur des droits de l'Homme Floribert Chebeya, pour lequel plusieurs policiers sont poursuivis."



"Une armée dans l’armée :
Garde présidentielle : Banzé cède le commandement à Ilunga

° http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=9422
Aux termes d’une ordonnance présidentielle lue lundi 17 novembre à la télévision nationale congolaise (RTNC), "Joseph Kabila" a nommé le général Gaston Ilunga Kampete en qualité de commandant de la garde présidentielle, pompeusement appelée "garde républicaine" (GR). Il succède au général Dieudonné Banze Lubunji, promu à la tête des forces terrestres. Véritable armée dans l’armée, la "garde républicaine" échappe à l’autorité du chef d’état-major général des Forces armées de la RD Congo. Plusieurs assassinats camouflés en "crimes crapuleux" sont imputés, à tort ou à raison, aux membres cette unité.
Agé de 50 ans, le général Ilunga qui dirigeait, depuis 1998, le régiment blindé de la garde présidentielle est un des rares officiers des Forces armées zaïroises récupérés par les "libérateurs" autoproclamés du 17 mai 1997. Comme Banzé, Ilunga est un natif de la Province du Katanga.


Mise en place durant le régime de transition (2003-2006), la garde prétorienne de "Joseph Kabila" compte à ce jour des effectifs qui oscillent entre 12 à 15.000 hommes originaires pour la grande majorité d’entre eux de la province du Katanga. Et dans une certaine mesure de la province du Maniema et de deux Kivu.
Selon l’AFP, le commandement de la garde présidentielle "était le dernier poste majeur à pourvoir au sein de la haute hiérarchie militaire" après la réintégration du très sulfureux général-major Gabriel Amisi Kumba, alias "Tango four". Proche du régime de Kigali et particulièrement du général rwandais James Kabarebe et de "Joseph Kabila", Amisi commande désormais la très stratégique "première zone de défense". Outre la ville de Kinshasa, cette zone inclut les provinces du Bas-Congo, de Bandundu et de l’Equateur.

Depuis le changement du régime intervenu dans l’ex-Zaïre en 1997, plusieurs milliers d’officiers et soldats des Forces armées zaïroises ont été envoyés à la Base de Kitona au Bas-Congo. Un lieu qualifié de "camp de concentration" par les rescapés. L’armée congolaise était à l’époque sous le commandement du rwandais James Kabarebe, alors colonel. Celui-ci avait pour bras droit un certain commandant "Joseph Kabila". Plusieurs militaires zaïrois périrent de malnutrition, de mauvais traitement et de maladie. Il était clair que la volonté était de détruire le socle de l’armée nationale (Force publique) dont la création remonte à 1886.
De 1997 à 2000, les recrutements dans la nouvelle "armée congolaise" ont été faits sur base régionale voire ethnique. Après le décès mystérieux du président Laurent-Désiré Kabila, le "flou" artistique a pris un ampleur sans précédent. Par le jeu notamment de brassages et de mixages des anciens combattants des mouvements rebelles (particulièrement le CNDP de Laurent Nkunda) et des militaires du gouvernement de Kinshasa, les Forces armées congolaises recomposées donnent aujourd’hui le visage d’une troupe hétéroclite. Il y a pas moins de 200 généraux. Plus de la moitié de ces épaules galonnées, inconnues du grand public, sont issus d’une sorte de "génération spontanée". Ce qui fait dire à des "patriotes" que le Congo-Kinshasa est occupé par des armées étrangères. Un sentiment qui est conforté par la présence avérée des soldats zimbabwéens et tanzaniens dans la garde raprochée de "Joseph Kabila".

Une réputation détestable

Intouchables, les éléments de la garde présidentielles dit "Bana Moura" ( du nom du camp où ils furent formés au Katanga) ont une réputation détestable. N’ayant quasiment pas d’attaches psychologiques avec les Kinois, ces militaires se comportent en "voyous d’Etat". A tort ou à raison, ils sont considérés comme des exécuteurs de "basses oeuvres" de "Joseph Kabila.
Plusieurs assassinats camouflés en suicide ou crimes crapuleux leur son attribués. On peut citer quelques victimes ci-après : Steve Nyembo Mutamba (ancien directeur des Ressources humaines des Impôts); le journaliste Franck Ngycke et son épouse; Aimée Kabila; Armand Tungulu Mudiandambu.
Au lendemain de l’assassinat du colonel Moustapha Ndala, le 2 janvier dernier, un officier appartenant à la garde présidentielle a été désigné comme le principal suspect. Il s’agit du général Muhindo Akili Mundosi. Celui-ci a été également mis en cause lors de la mort brutale, le 30 août, du général Lucien Bahuma. "C’est bien connu, confient des sources, Moundos fait le sale boulot pour le compte de Joseph Kabila".

Le samedi 18 janvier, des éléments de la garde présidentielle ont procédé à l’attestation musclée du capitaine Moïse Banza. Il s’agit du dernier aide de camp du défunt Mamadou Ndala. Depuis dix mois, l’homme n’a plus été revu en vie. Et pourtant, le ministre des Médias Lambert Mende prétendait que l’intéressé était recherché par la justice. Sept semaines après le lancement du procès Mamadou, Moïse Banza n’a jamais été vu au prétoire. L’appareil judiciaire étant dirigé par des "hommes du président", aucune information judiciaire n’est ouverte à ce jour.
Signalons l’exécution le 26 octobre, dans la commune kinoise de Selembao, du colonel Moussa Amundala. Selon des sources bien informées, la victime était un proche parmi les proches de Mama Sifa Mahanya, la "mère putative" de "Joseph Kabila". A Selembao, des riverains assurent avoir vu des "Bana Moura" débouler à bord de cinq Jeeps à la résidence du défunt. "Aux environs de 2 heures du matin, relate un témoin, cinq Jeeps à bord desquelles se trouvaient des "Bana Moura" sont arrivées devant l’habitation du colonel Amundala. La maison est aussitôt prise d’assaut. On a entendu un crépitement des balles suivi des pleurs. Les véhicules sont repartis moins de dix minutes après le forfait". Il semble que Moussa Amundala parlait un peu trop. Il aurait confié à des "amis" que c’est Joseph Kabila qui avait ordonné l’assassinat du colonel Moustapha Ndala. Il aurait dit également que Mama Sifa n’est pas la mère biologique de "Joseph". Ici aussi, il n’y a aucune enquête. Vive la garde présidentielle!"




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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 19/11/2014, 6:47 pm

Qui est Gaston Hughes Ilunga Kampete, le nouveau commandant de la Garde républicaine ?

° http://desc-wondo.org/portrait-qui-est-ilunga-kampete-le-nouveau-commandant-de-la-garde-republicaine/

Le Gen Ilunga Kampete (béret rouge) à côté du feu Gen Bahuma (Béret vert), Rutshuru Nov 2013


Sans surprise et suivant les prédictions récentes de DESC, le Général de Brigade Gaston Hughes Ilunga Kampete a été nommé par une ordonnance présidentielle du 16 novembre 2014 comme nouveau commandant de la Garde républicaine, l’unité d’élite chargée d’assurer la protection du chef de l’Etat. Il remplace à ce poste très stratégique un autre frère ethnique Mulubakat, le général Dieudonné Banze Lubunj, actuellement chef d’état-major de l’armée de terre.
Le général Ilunga Kampete aura deux assistants : le général de brigade Crispin Tshiwewe Songesa chargé des renseignements et le colonel Waliuzi Kilandi Albati comme chargé de l’administration et de la logistique. Le colonelNgoy Ndombe Ignace est nommé Chef d’Etat-Major de la Garde Républicaine. Le colonel Waliuzi Kilandi Albatiremplace à ce poste le général de brigade tutsi Simplice Nyaruhanda qui occupait ce poste depuis plusieurs années.

Un ex-FAZ de la DSP

Gaston Hugues Ilunga Kampete, né en 1964, est un ex-FAZ du Bataillon blindé de la DSP. A la chute de Mobutu en 1997, il avait le grade de capitaine et assumait la fonction de commandant d’escadron blindé des chars T-59 de fabrication chinoise. En 1998, il sera le commandant du Régiment blindé de la Force terrestre dont le chef d’état-major n’était autre que Joseph Kabila.
Le général de brigade Tshiwewe (que l’on voit sur cette vidéo, à partir de la 3ème minute, commandant le défilé militaire du 30 juin 2014 en rendant les honneurs à Kabila : https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=B4gK_-ny6N4), 42 ans, est un Songye de Lubao (Kasaï-Oriental). Il est aussi un ex-FAZ ayant évolué au 313ème Bataillon de la 31ème Brigade Para des FAZ, qui était basé d’abord à Kamina avant d’être déployé à Bukavu en 1996. Il y est entré comme l’un des plus jeunes sous-lieutenants de son unité. La majorité de son unité s’est ralliée à l’AFDL en 1997.

En effet, la plupart des officiers supérieurs et généraux qui composent la GR, ont fait partie de la 31ème Brigade Para des FAZ et de la DSP. C’est le cas notamment du Colonel Monga, le T2 (renseignement) de la GR, un autre Mulubakat de Kabalo du 311ème bataillon de la 31ème Brigade Para de Kamina avant aussi d’être redéployée à Bukavu en 1996. La majorité des soldats de la 31ème Brigade Para ont rallié l’AFDL, après avoir été approchés par l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa. Pour rappel, en mars 1996, le Gouvernement zaïrois a envoyé dans le Masisi 800 militaires de la Division spéciale présidentielle (DSP), des membres du Service d’action et de renseignements militaires (SARM) et des unités Para-commandos de la 31ème Brigade Para [1] dont la plupart a rejoint l’AFDL. C’est le cas par exemple de la contre-offensive de Kipushi en mars 1997 lorsque les troupes de la DSP et les gendarmes FAZ étaient sur le point de reprendre cette ville aux mains des troupes rwando-ougandaises de l’AFDL. Ils seront subitement attaqués de dos par les leurs frères d’armes des FAZ du camp Kimbembe et Lido commandés par le feu colonel Nsau (ou Nzau) et le colonel vainqueur Mayala, aujourd’hui général et Chef d’état-major adjoint chargé des opérations et renseignements de la Force terrestre aux côtés du général Banze. Le même Général Mayala, en connivence avec le général Amisi Tango Four, suite à l’offensive du M23 à Bunagana le 6 juillet 2012, a fui avec 600 soldats FARDC vers Kisoro en Ouganda, abandonnant mystérieusement un énorme stock d’armes lourdes, de munitions et de chars [2] à l’ennemi.

Un Mulubakat loyal à Kabila et imposé par Olenga


Le général de Brigade Gaston Hughes Ilunga Kampete est un Mulubakat de Kabalo du district de Tanganyika. C’est un homme de confiance du président Kabila qui a assumé jusque-là l’intérim à la tête de la Garde républicaine au moment de la nomination du Général Dieudonné Banze Lubunj comme chef de la Force terrestre. malgré ses qualités militaires indéniables, sa nomination procède également à l’ethno-régionalisme militaire institué par Kabila dans les FARDC.
Une source de la Garde républicaine nous précise que : « Kampete est très apprécié par Oscar (Lire Gen Olenga) qui est pour lui une sorte de mentor. Ils entretiennent d’excellentes relations amicales. Kampete accompagne souvent Oscar dans les achats de matériels blindés dans l’ex-Europe de l’Est (Serbie, Bulgarie, Russie, Ukraine, Bielorussie, Republique tcheque). Oscar dit souvent que Ilunga Kampete est son alter ego en termes de détermination, de combativité ,de courage, de sang-froid et de loyauté envers le boss. Surtout le général Ilunga est un officier très autoritaire qui inspire la crainte et l’obéissance des troupes. Un facteur très important dans la fin de mandat du boss ».
Pour notre source, « Oscar dit toujours du bien de Ilunga Kampete, même si ce dernier est un ex-FAZ et surtout ex-DSP. Oscar apprécie particulièrement sa parfaite connaissance des véhicules blindés de tous types et c’est le général Ilunga Kampete qui a beaucoup aidé Oscar à comprendre et à maitriser le fonctionnement des unites blindées. Le boss aussi manifeste beaucoup d’estime envers le général Ilunga. »

Une autre raison qui justifie le Choix de Ilunga est le fait qu’il a été, aux côtés de Olenga, les deux hommes de confiance que Kabila a envoyés en août 2014 pour désamorcer le mécontentement de plusieurs jeunes officiers de la GR qui réclamaient la réhabilitation du général John Numbi. C’est en signe de récompense pour son loyalisme que Kabila le confirme à la tête de la GR. Voivi ce que nous a écrit un contact de la maison militaire : « Le boss vient de nommer par décret présidentiel le général de brigade Hugues Gaston Ilunga Kampete comme commandant de la garde républicaine. Il est récompensé pour avoir désamorcé et géré la bombe (GR) qui risquait de déstabiliser le régime Kabila. Tu avais dans tes précédentes analyses prédit subtilement sa nomination à la tête de la garde républicaine. »

Un des meilleurs officiers de la GR dont il était le coordonnateur de la task force

Avant sa nomination à la tête de la GR, le général Ilunga Kampete était le commandant de la brigade blindée de la GR. Selon une source interne de l’état-major de la GR, la Garde républicaine a un effectif de 18.700 hommes (officiellement entre 10.000 et 15.000 hommes). Elle dispose d’une task force d’appui composée de 6.000 hommes. Une des unités spéciales de cette task force est le 32ème bataillon commando commandé auparavant par le général Mohindo Akili, appelé communément « Mundos », l’actuel commandant de l’opération Sukola 2 qui s’enlise à Beni. Mundos est décrit par ses collègues de la GR comme un homme brutal avec de faibles aptitudes de commandement des opérations militaires. Ce sont ses troupes de la GR, faisant preuve de peu de combativité, qui furent mises en déroute et prirent la poudre d’escampette en novembre 2012 lors de la chute de la ville de Goma. Suite à la pression populaire suscitée par cette débâcle des FARDC et aux mécontentements au sein de l’armée, le président Kabila va nommer le 20 avril 2013 le général de Brigade Gaston Hughes Ilunga Kampete au poste de coordonnateur de la task force de la GR pour assister le général défaillant Mundos.
La task force [3] de la GR est composée de deux brigades motorisées d’assaut disposant chacune de 3.000 hommes comprenant des unités d’infanterie, d’artillerie lourde, de blindés ainsi que le bataillon commandos spécialisés dans le combat de nuit. C’est l’unité qui a lancé l’assaut final dans la nuit du 4 au 5 novembre sur les collines de Chanzu et Runyoni à la frontière avec le Rwanda. La task force de la GR est dotée d’importants mayens de feux et de matériels militaires très performants dont les chars de combats T-72/80 avec canons de 125 mm optimisés plus télémètre laser et blindages millefeuilles donc résistants aux roquettes RPG-7 utilisés par le M23 et l’armée rwandaise et les véhicules blindés BMP-3 équipés de canons de 73mm coaxial.

Un général à maintes reprises trahi par ses supérieurs et humilié par les rwandais

Selon une autre source qui a été sous le commandement di Général Ilunga Kampete:
« La guerre contre la coalition M-23/RDF était une affaire personnelle pour ce jeune général. Le général était au front lors de la fameuse bataille de Pweto, à la tête du Régiment blindé de la Force terrestre commandée par Joseph Kabila à l’époque. Son unité avait réussi à repousser les assauts de la coalition RCD-Gola/APR en leur infligeant de lourdes pertes en 2000 en les repoussant jusqu’à Pepa, située à ( 85 Km de Pweto. Malheureusement pour lui, pour une raison inconnue, il n’a pas été convenablement ravitaillé. Il a manqué de carburant, de munitions et de vivres ; et il fut bizarrement coupé de sa base arrière, encerclé de toutes parts pendant 21 jours où son unité va résister courageusement. Il va poser un acte courageux, dans la nuit du 5 au 6 décembre 2000, après avoir informer préalablement par téléphone satellitaire le Mzee Kabila qui lui instruira d’incendier tous ses véhicules blindés, ses pièces d’artillerie et son stock de munitions restant de peur de se retrouver aux mains de l’ennemie. Il va par la suite faire une percée dans les lignes ennemies jusqu’à atteindre Moliro à la frontière zambienne. Et de là, il va passer en Zambie avec tous ses hommes de troupe où ils seront désarmés et stationnés dans des camps des prisonniers pendant 3 mois avec toutes les humiliations qui en découlent avant d’être rapatriés par avion en RDC. Depuis cet affront, le général Ilunga Kampete était traumatisé par cet épisode pour avoir été trahi par ses supérieurs qui l’ont livré aux rwandais. Il a toujours juré qu’il vengerait un jour les RDF. Et comme le général Olenga l’a repéré, il l’a utilisé, contre l’avis du président, pour mener des actions et combattre avec acharnement et détermination la coalition M23/RDF. »
Bien avant la guerre contre le RCD, le général Ilunga a participé à la bataille de Kenge dans la guerre contre l’AFDL sous la supervision du feu général Tendayo. A la tête des troupes blindées avec les chars T-59, il était parvenu à repousser les assauts des éléments de l’AFDL appuyés par les troupes angolaises vers Mangayi, dans l’axe Kenge-Masimanimba. Son escadron a infligé de lourdes pertes aux éléments AFDL et était la dernière unité à se retirer du front de Kenge lorsqu’il apprit la trahison des généraux FAZ qui ont transmis aux angolais les positions des FAZ afin de les attaquer de revers.

Pendant la bataille de Kenge, il appliqua avec efficacité la tactique de retardement avec son escadron blindé pour ralentir la progression des trupes de l’AFDL et alliés dans le but de permettre l’exfiltration du président Mobutu de l’aéroport de Ndjili vers Gbadolite pour le Tchad. Ilunga et ses hommes n’ont décroché à Mbakana (entre Bandundu et Kinshasa) que lorsqu’il s’est assuré que l’avion transportant le maréchal Mobutu et son épouse avait bien décollé pour Gbadolite; mais aussi lorsqu’il apprit que le commandant de la DSP, le général Nzimbi Ngbale, avait lâchement abandonné ses troupes pour aller se réfugier à Brazzaville dans l’après-midi du 16 mai 1997, alors qu’il venait de haranguer ses troupes de se battre jusqu’à la dernière goutte de sang. A ce moment, le capitaine Ilunga Kampete avait jugé inutile de continuer les combats. Il a rapatrié ses chars, non pas au camp Tshatshi, mais bien à Mbanza-Ngungu, dans le Bas-Congo pour y attendre avec amertume les fameux ‘libérateurs’. Dès cet instant, la voie vers Kinshasa pour les kadogos était libre car plus rien ne pouvait leur résister ni les empêcher de prendre la capitale.
En appliquant la manœuvre de retardement (barrage, obstruction, destruction de routes…). Il s’agit d’un des procédés tactiques appréciés par la plupart des soldats de la DSP et le Tsahal israélien, l’objectif poursuivi était de résister le plus longtemps en épuisant l’adversaire dans l’attente des renforts. Tout comme pour Pweto, à Kenge, Ilunga Kampete ne verra jamais arriver des renforts promis par ses supérieurs (Likulia, Mahele et Nzimbi). A la tactique de retardement, Ilunga a aussi combiné la retraite stratégique en échangeant de l’espace contre le temps par l’abandon de positions non vitales afin de concentrer les forces restantes sur les positions vitales avec lastratégie d’usure car incapable de frapper un coup décisif du fait de ses moyens limités, il était donc condamné à fatiguer l’ennemi par une série d’actions de  harcèlement.
Lors de la guerre contre le M23, « c’est le Général Olenga, sur proposition du Général Ilunga Kampete, qui a instruit les unités du colonel Bikombe, commandant régiment d’artillerie de la GR, placé sous les ordres du Général de bombarder intensément le district de Rubavu et son chef-lieu (Gisenyi) en août 2013. Cette affaire avait engendré une crise sans précédent entre les deux hommes. Ils sont restés un mois sans se voir ni se parler. C’est le président Robert Mugabe qui les a réconciliés à Harare au début du mois d’octobre 2013. D’autre part, C’est la task force de la Garde républicaine (GR), commandée par le général Gaston-Hughes Ilunga Kampete, qui s’est mise en action pour expulser le M23 de ses derniers retranchements dans les montagnes de Virunga. Pour reprendre les collines de Chanzu et de Runyoni, la GR s’est d’abord attaquée au sommet le plus haut (Mbuzi) qui ouvre directement accès aux deux autres montagnes. En effet, les 3 montagnes font partie de la chaine de Karisimbi aux confins de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda et se suivent l’une à la suite de l’autre. La task force de la GR a d’abord repris Mbuzi, ensuite Runyoni et enfin Chanzu. La prise de Mbuzi était très dure car, d’après plusieurs sources militaires combattantes, ce n’était pas le M23 mais bien les PPU (les éléments de la Garde présidentielle du Rwanda dirigés par le colonel Gatama alias Dereva) que les hommes de Kampete ont affrontés. Il faut reconnaître que la Task force a été aidée par les bombardements des hélicoptères d’assaut Rooivalk sud-africains de la brigade d’intervention de la Monusco. Les FARDC ont des hélicoptères de combats Mi-24/35 russes, mais ces engins n’ont pas d’équipements de vision nocturne, donc inutilisables la nuit, contrairement aux Rooivalk sud-africains. Et comme les principaux combats se sont déroulés durant la nuit, le concours de la composante aérienne de la FIB était indispensable et a facilité l’affaiblissement du dispositif défensif du M23/RDF à Mbuzi. Et lorsque Mbuzi est tombé après 5 jours de combats, les prises de Chanzu et Runyoni, était un jeu d’enfant. Mbuzi est la montagne la plus haute qui domine toute la région. »

Principale tâche de Ilunga : veiller sur Kinshasa et Lubumbashi en prévision de 2016

Après la fronde des quelques officiers de la GR [4], le général Kampete doit particulièrement reconstituer les unités de cette garde d’élite fin d’éviter un enlisement sécuritaire à Kinshasa et à Lubumbashi, deux villes stratégiques pour le régime Kabila où les unités de la GR sont essentiellement stationnées. C’est ainsi qu’environ 3000 hommes de la task-force de la GR ont été rappelés de l’opération Sukola 2 au Nord-Kivu pour quadriller la capitale. Ils sont à Kinshasa depuis le 30 juin (41ème et 43ème Bataillon) et fin septembre (42ème Bataillon de Ndala). Kinshasa et le Katanga deviennent de plus en plus hostiles au maintien de Kabila au-delà de 2016. Ces unités sont stationnées à Mikondo (vers l’aéroport international de Ndjili à l’est de la capitale).
Avec le général Amisi Tango Four à la tête de la 1ère Zone de défense (couvrant Kinshasa et le provinces de l’Equateur, du Bandundu et de l’Equateur), le général Camille Bombele (en charge des opérations de la GR lors des répressions de novembre 2011, des adeptes de Mukungubila en décembre 2013 et des assaillants de Brazzaville en juillet 2014) à la 14ème région militaire à Kinshasa, la nomination du Général Ilunga Kampete à la tête de la GR est un indice supplémentaire qui montre que Kinshasa, de plus en plus militarisé avec le stationnement des troupes supplémentaires de la GR, reste un enjeu important pour Kabila. Le rétrécissement grandissant de la marge de manœuvre politique pour un passage en force de la révision constitutionnelle pousse Kabila à se concentrer sur l’option militaire en vue de se maintenir au pouvoir en 2016. C’est ainsi qu’il déploie particulièrement à Kinshasa, non confrontée à une menace armée directe contrairement à l’est du pays qui subit le délestage militaire, l’essentiel de ses troupes loyalistes commandées par ses généraux les plus fidèles et loyaux. Ce, d’autant qu’un régime ne tombe que par la prise de la capitale, siège des institutions républicaines.
Ainsi pour annoncer les couleurs, après la démonstration de force du 30 juin 2014 à Kinshasa, Kabila et Olenga planifient des manœuvres militaires dissuasives de grande envergure au plateau de Bateke au niveau du territoire de Bolobo situé à environ 300 Km de Kinshasa. Elles devraient se dérouler entre la fin janvier et le début février 2015, si le calendrier initial ne subit pas de modifications. Les préparatifs semblent très avancés.

Enfin, cette nomination tend à confirmer la montée effective en puissance du chef d’état-major particulier du président, le général d’armée Olenga, considéré par le précarré de Kabila comme le véritable vice-président de fait de la RDC. Le général Olenga s’érige aujourd’hui en l’homme le plus puissant de la RDC d’autant que Kabila a placé la GR sous son  autorité fonctionnelle directe. Ilunga Kampete n’en assume que la responsabilité hiérarchique opératique.

Jean-Jacques wondo Omanyundu / Exclusivité DESC

Notes de bas de page

[1] Rapport du Projet Mapping, 2010.
[2] Virunga News, 6/07/2012.
[3] Une joint task force n’est pas une unité organique ou structurelle que l’on peut retrouver dans l’organigramme de l’armée. Pour le cas de la GR, il s’agit plutôt d’un groupement tactique qui comprend un ensemble d’unités prélevées dans les différentes brigades de la garde républicaine en vue de mener une mission ponctuelle donnée en soutien aux unités combattantes déployées dans une zone opérationnelle ou région militaire donnée. Plus de détails dans notre prochain ouvrage à paraître en janvier 2015.
[4] http://desc-wondo.org/alerte-desc-la-garde-republicaine-a-menace-de-renverser-joseph-kabila/.



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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 25/11/2014, 3:38 am

La mort en série des hauts officiers des FARDC : Nécessité d’appliquer le profilage victimologique
° http://desc-wondo.org/la-mort-en-serie-des-hauts-officiers-des-fardc-necessite-dappliquer-le-profilage-victimologique/


Après la disparition surprise du Général Lucien Bahuma, commandant de l’ancienne 8ème région militaire à Goma, nombreux sont des observateurs qui n’ont pas hésité à établir le lien entre cette disparition et celle des autres officiers congolais qui s’étaient distingués dans la mise en déroute des rébellions pro-rwandaises.
Au total on compte deux Généraux, et pas des moindres, Bahuma, cité ci-haut et Félix Mbuza Mabe Nkumu Embanze, ainsi que le colonel Mamadou Ndala.
Le récent décès du sergent-major Arsène Ndabu Ndongala, chauffeur du Colonel Mamadou Ndala, le 2 octobre 2014 au moment où venait de s’ouvrir la veille le procès Mamadou Ndala à l’ouverture duquel il venait de faire une déposition contredisant sa première déclaration lors de l’enquête judiciaire, suscite beaucoup d’interrogations de nature à conforter la thèse de l’existence d’une main noire qui se trouverait derrière toutes ces disparitions inexpliquées. Surtout que les déclarations du sergent-major Ndabu , principal témoin de l’assassinat du Colonel Ndala, laissait présager qu’il en savait trop et pouvait « en dire plus » sur les circonstances troubles de la mort de Mamadou Ndala.

Lorsque les FARDC, aidées par la brigade d’intervention de la MONUSCO ont mis en déroute le M23, après une première tentative ratée de rappel du colonel Ndala à Kinshasa, nous savions qu’il allait être éliminé.
Dans le viseur de Kagame, dont l’occupation du Grand Kivu reste son obsession, il y avait la MONUSCO, le colonel Ndala, le général Bahuma et le général Olenga. Il n’est pas étonnant qu’à la suite de la débâcle du M23, une des premières revendications de Kabila était d’exiger (à Kingakati-Buene) le départ de la MONUSCO. D’autant plus que pendant les moments forts de la guerre, les relations entre Kobler, le nouveau chef de la MONUSCO, et Kagame étaient devenues exécrables. Si Kinshasa justifie son exigence du départ de la MONUSCO du fait de la soi-disant montée en puissance des FARDC (impuissantes avec le Général Mundos à Beni et incapable de sécuriser le Katanga…), en réalité les motivations sont à trouver dans la détermination de Kobler de mettre fin aux groupes armés dont plusieurs rapports d’experts et notre ouvrage, Les Armées au Congo Kinshasa, ont démontré la collusion avec des hauts officiers de l’entourage de Kabila.

Pourquoi le recours à la victimologie pour comprendre les mobiles des disparitions de ces trois officiers et d’autres militaires ?

C’est parce qu’en criminologie, s’est développé depuis les années 1980 le profilage (ou profiling en anglais) appliqué à la victimologie.
Les experts du profilage (profilers) criminel, c’est-à-dire des professionnels qui essaient de déterminer le profil du criminel, dans les crimes violents ont recours à une multitude de ressources disponibles pour identifier les auteurs des crimes. L’une de ces ressources est la victime du crime.
La question de savoir et d’analyser comment une victime décédée peut-elle aider les enquêteurs ?
La réponse à ce postulat de départ peut se reposer dans une technique appelée « victimologie« .
La victimologie en elle-même est un domaine bien plus large, mais une certaine approche de la victime et du crime (psychologique, criminelle, clinique, etc.) peut permettre de créer une image mentale assez exacte de l’agresseur.
Dans l’étude du cas sous question, en analysant les mobiles des décès de ces trois hauts gradés des FARDC et même du chauffeur de Ndala, l’on aperçoit que malgré les différences des causes de leur décès, toutes les victimes (hormis le Sergent-Major Ndabu) avaient plusieurs dénominateurs communs:
- Ils étaient tous officiers commandants dans les deux Kivu.
- Ils ne faisaient pas partie du RCD-Goma allié au Rwanda avant le brassage : Bahuma et Ndala étaient issues du MLC de l’opposant JP Bemba, farouche adversaire de Kabila.
- Mbuza Mabe était un ancien des FAZ (Forces Armées Zaïroises) et de la composante loyaliste FAC (Forces Armées Congolaises) et dans cette disposition, il a combattu tour à tour l’AFDL , le RCD-Goma et le CNDP, des rébellions créées par le Rwanda.
- Tous les trois étaient parvenus avec succès à contenir les assauts des rebellions pro-rwandaises et à les bouter hors du territoire congolais.

Comme l’écrit Jérôme Kengawe, analyste militaire de DESC, dans notre ouvrage à paraître finalement en début 2015, une analyse minutieuse de l’action du Rwanda en RDC prouve que Kagame perd du terrain en RDC. « En réalité, la défaite de Kagame a commencé en 1998, c’est depuis cette date que Kagame perd du terrain au Congo. En effet, avec l’AFDL, il contrôlait tout le Congo, James Kabarebe, l’actuel ministre de la défense du Rwanda, fut chef d’état-major général des forces armées congolaises, (malgré qu’il était de nationalité Rwandaise), les FAC. La création du RCD (Rassemblement des Congolais pour la Démocratie) lui a permis d’occuper le Grand Kivu, une partie de la province orientale et du Katanga, soit un tiers de la superficie du Congo, nous constatons que l’espace a fortement rétréci. Entre 2006 et 2009, Nkunda et son CNDP se sont contentés de Rutshuru et de Masisi. Par ailleurs, le dernier avatar né de l’imagination de Kagame, le M23, n’a régné que sur la moitié du territoire que le CNDP contrôlait. Enfin comme symbole de l’échec de son rêve Congolais, les derniers fidèles de la bande à Makenga (M23) en sont arrivés à ne défendre désespérément que trois collines adossées au Rwanda dans les derniers jours des combats contre les FARDC et la Brigade d’intervention de la Monusco. Dans ses délires expansionnistes, Kagame voulait créer une zone tampon du côté congolais pour protéger le Rwanda des incursions des FDLR et des Interhamwe. Ironie de l’histoire, son armée se bat, maintenant, à sa frontière pour protéger ses vaches et ses bananes dans la colline de Kanyasheja II depuis juin 2014 » .
En effet, cette victoire, une première pour la RD Congo depuis 1996, est historique comme le disait le chercheur américain, spécialiste du Congo, Jason Stearns : « Pour la première fois depuis 1996, le Rwanda ne disposait plus d’un groupe armé allié au Congo ». En réalité, selon notre analyse, la portée de cette défaite est encore plus large, car pour la première fois depuis 1996, les troupes Rwandaises ne sont plus déployées au Congo-Kinshasa. Il ne faut surtout pas ignorer que la population congolaise n’a jamais admis la présence de ces troupes sur le sol Congolais depuis 1996. Une situation qui éloigne peu à peu le rêve de Kagame de créer un Tutsiland englobant la partie orientale de la RDC.

En conséquence, n’étant pas parvenu par la guerre, Kagame a choisi de cibler des personnalités qui, à ses yeux, font échec à son ambition ethno-hégémonique démesurée.
C’est ainsi que comme nous avons pu le démontrer lors de la 2ème guerre d’agression du Congo (1998), la coalition rwando-ougandais et anglo-saxonne contre Mzee LD Kabila n’étant pas parvenue à vaincre militairement les FAC, c’est vers l’élimination physique ciblée qu’ils ont trouvé la parade en utilisant plusieurs généraux qui forment le pré-carré sécuritaire de Joseph Kabila. Cela donne déjà une indication majeure sur l’importance que ce dernier représente pour Kagame.
Ainsi, à la suite de l’assassinat de Mzee Laurent-Désiré Kabila, tous ceux qui ont constitué un obstacle au projet expansionniste de Kagame en RDC sont soit neutralisés et éliminés systématiquement. Il ne s’agit pas seulement de s’opposer à Kagame mais aussi de s’en prendre à son représentant en RDC : Joseph Kabila. Augustin Katumba Mwanke en a probablement payé le prix. Et lorsque les câbles wikileaks américains ont dévoilé que le Général John Numbi (ancien patron de la police nationale) nourrissait une nette ambition et qu’il était le seul officier des FARDC capable de mener un coup d’état contre Kabila, fort de ses redoutables bataillons Simba et Cobra, de triste mémoire dans le double assassinat de Chebeya et Bazana, c’est ce moment qu’il sera victime d’un crime parfait, conçu depuis Kigali, pour l’indiquer comme étant le criminel n°1 de ces forfaitures. Toutefois, Kabila et son système se sont abstenus de condamner Numbi. Ils se sont limités de le neutraliser en le mettant hors d’état de nuire, politiquement et militairement en l’éloignant du commandement des troupes, sans toutefois lui perdre ses avantages financiers et sociaux de peur de mécontenter les Katangais qui l’adulent. Car c’est au Katanga que Joseph Kabila s’est constitué un réservoir électoral par filiation.

Pour comprendre les raisons de cet écartement, il suffit d’identifier à qui a profité toute cette mise en scène criminelle ? Le général Charles Bisengimana, l’ex-rebelle RCD, un autre boucher de l’Est, responsable de pires massacres du temps du RCD et allié stratégique de Kagame aux côtés de Kabila a succédé à Numbi. Et les jeux deviennent de plus en plus clairs.
Parmi les obstacles aux multiples initiatives de Kagame, il y avait naturellement nos trois défunts officiers cités plus haut qui avaient des similitudes sus-énumérées. Ces similitudes devraient offrir aux investigateurs des indications sérieuses et des indices concernant le commanditaire de leur assassinat.

Comment procède-t-on en victimologie?

Des informations sont collectées grâce à l’étude des victimes, la « victimologie » : l’examen de chaque facette du style de vie des victimes, leur passé, leur santé, leur profession, leurs caractéristiques physiques, leurs habitudes, leur personnalité… En apprenant le plus possible sur les victimes, on peut en savoir un peu plus sur le(s) commanditaires de leur assassinat. Très souvent, les enquêteurs dans leurs investigations privilégient la recherche des éléments pouvant lier les victimes : les points communs ou dénominateurs communs.
Ainsi, la victimologie dans sa forme la plus simple est l’étude de la ou les victime(s) d’un agresseur unique.
Elle est définie comme « l’étude complète et l’analyse des caractéristiques de la victime » (Brent Turvey), et peut aussi être appelée « profilage » de la victime » (R. Holmes).

  • De la sorte, la victimologie peut  aider à collecter des informations et à orienter les investigations trois aspects principaux qui peuvent être fournis par : 
    le contexte du crime pour lequel une personne déterminée est victime, de son environnement socio-professionnel;
  • connexions sociales et professionnelles de chaque victime mais les connections interactionnelles directes ou indirectes éventuelles entre ces victimes. Il s’agit de déterminer ce qu’ils avaient comme caractéristique commune: Comme nous l’avons dit plus haut, ils ont tous infligé une cinglante défaite aux troupes pro-rwandaises.
  • l’orientation de l’enquête devant permettre de dresser un portrait-robot type des assassins ou des commanditaires et des mobiles de l’assassinat. Pour notre cas sous analyse : c’est vers le Rwanda et ses éléments de la cinquième colonne déployée dans les institutions nationales et dans les services de sécurité congolais qu’il faut chercher les responsables. C’est là précisément qu’il faille orienter les enquêtes.


Cette analyse de cas appliquée à la criminologie montre que la victimologie est importante dans le processus d’investigation parce que non seulement elle indique comment était (et qui était) la victime, mais elle fournit également des informations qui aident à comprendre pourquoi elle a été choisie comme victime. Dans bien des situations, l’agresseur va se retenir jusqu’à ce qu’il rencontre la victime qui correspond parfaitement à ses besoins, lui permettant de réaliser et de satisfaire ses fantasmes et ses désirs. La manière dont est choisie la victime est donc importante et donne un aperçu des pensées de l’agresseur, qui affectent la manière dont il agit.
Si nous sommes capables de déterminer comment l’agresseur a agi, nous serons peut-être capables de déterminer son comportement futur, ce qui pourrait mener à son arrestation. En comprenant comment et pourquoi les victimes étaient choisies, on peut enfin établir une « relation » entre les assassins et les victimes. Les autres liens que l’on peut trouver peuvent être les collègues de travail, les liens géographiques (le voisinage), les liens liés aux hobbies (club de loisirs…) ou les liens sociaux. Le procès de l’assassinat du Colonel Mamadou Ndala, ainsi que le mystérieux décès de son chauffeur, principal témoin au procès, viennent conforter notre analyse. Le nombre de liens possible est infini, aussi une bonne analyse victimologique est-elle essentielle pour les resserrer.

Qu’est-ce que le profilage criminel?


Le profilage psychologique en matière criminelle est l’étude des caractéristiques et traits du fonctionnement des criminels qui les différencient de la population générale, ainsi que l’étude de preuves afin d’en déduire les possibles suspects dans un crime. Mais les intitulés et définitions peuvent être différents , ainsi selon les auteurs on entend parler :
- de profilage de personnalité criminelle ou profilage psychologique : C’est une tentative de fournir des informations spécifiques sur le type d’individu qui aurait commis un crime
- d’analyse d’investigation criminelle ou profilage comportemental : C’est une tentative d’analyse d’investigation afin de cerner les caractéristiques de personnalité de l’agresseur
- de profilage criminel ou profilage d’agresseur ou profilage médico-légal : C’est l’utilisation de preuves ou d’informations en sciences forensiques concernant les circonstances de la commission un crime afin de cerner l’état mental et les traits de personnalité d’un agresseur dans le but de d’obtenir son style de vie et des données d’identification en vue de son identification.

C’est sur base de ces éléments qu’on peut faire des prédictions. C’est la raison pour laquelle les noms du général François Olenga et du Lt-Col Olivier Hamuli sont de plus en plus cités comme prochaines victimes. L’indice le plus récent est la mort brutale du colonel Marc Mukaz, le bras droit de Olenga en pleine réunion au ministère de la Défense nationale avec une délégation tanzanienne. Il a brusquement succombé de suite d’une rupture d’anévrisme. Même si pour Olenga, il est actuellement un mal nécessaire pour le Rwanda dans la mesure où il est l’un des trois hauts officiers des FARDC sur lequel Kabila compte pour sa sécurité en RDC. N’oublions pas qu’à l’heure actuelle Joseph Kabila reste le meilleur atout du projet Rwandais en RDC. Les analyses de DESC (Wondo et Musavuli) l’ont démontré à maintes reprises . Et Olenga surf sur ce double jeu antinomique : il déteste les Tutsi de l’oligarchie de Kagame tout en développant une relation fusionnelle avec leur allié Kabila au Congo. Mais la corde raide pourrait un jour se rompre. C’est là qu’il y aura encore des pleurs et des grincements de dents en RDC.
Il faut rappeler ici que le profilage est une technique utilisée uniquement a posteriori du passage à l’acte (après l’acte de prise d’otages, après l’agression ou un assassinat).

Quels peuvent être les apports du profilage criminel ?

C’est une aide  à l’orientation de l’enquête, à l’action des forces d’intervention, à la décision dans le processus d’enquête, à l’interrogatoire des suspects, au procès (compréhension des motivations), à la prévention et à la dissuasion (plus tôt l’agresseur est interpellé, moins il y aura de victimes à l’avenir). Le profilage victimologique aide surtout à la prédiction a posteriori d’un premier passage à l’acte (prochaine victime potentielle, … ) chaque fois que l’on sera confronté aux circonstances similaires.
Le recours à cette technique est recommandé en RDC pour pertemttre de mettre en place des mesures préventives efficaces : renforcer la sécurité des officiers chargés de traquer ces rébellions à base rwandaise,  extirper des FARDC tous ceux qui sont censés manifester une complaisance envers ces rébellions, etc


Compatriotiquement!

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 11/2/2015, 8:51 pm

"L’ordre mondial unipolaire décentré dans un monde polycentrique


° http://desc-wondo.org/lordre-mondial-unipolaire-decentre-dans-un-monde-polycentrique-jj-wondo/#sthash.h3pOIxhB.dpuf

Introduction

Cet essai d’analyse-benchmark s’efforce de relever le poids et l’influence de la Chine et de certains pays émergents dans la régulation des rapports internationaux dans un ordre mondial encore soumis aux velléités hégémoniques américaines. Il s’agit d’analyser si les pays émergents dits BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Sud-Afrique), tractés par la Chine, sont actuellement en mesure de faire le contrepoids militaire aux États-Unis ou de contenir l’hégémonie géostratégique ou la puissance militaire américaine .


La montée en puissance de la Chine et des pays émergents ne laisse plus d’un observateur avisé des relations internationales indifférent. Au point que certains analystes se précipitent d’affirmer que l’ordre mondial unipolaire dominé par les Etats-Unis (EU) a cédé la place à un ordre multipolaire, voire bipolaire où les EU et la Chine occupent les deux principaux axes polaires. Cette réflexion nous paraît intéressante pour l’Afrique, où la RDC occupe une position géostratégique de premier plan. Une Afrique en passe de devenir le terrain propice de confrontation stratégique entre ces deux États économiquement boulimiques qui se lancent dans une course effrénée, où parfois tous les coups peuvent être admis, visant à étendre leurs influences respectives et l’accès sécurisé aux ressources naturelles dont on dit être épuisables. Cela, à la lumière de cette analyse de Drew Thompson: « les États-Unis pourraient voir en la Chine un concurrent et s’intéresser de plus en plus au développement progressif des sphères d’influence chinoises. Dans le même temps, la Chine pourrait interpréter les efforts américains pour promouvoir la stabilité et la démocratie en Afrique comme des entraves à l’accès aux matières premières et une volonté de freiner son prétendu développement pacifique ».

Certes, la crise économique qui touche les pays occidentaux  pousse les États-Unis et les pays de l’Union Européenne à faire des coupes budgétaires dans le domaine de la défense nationale. Cela affecte l’équilibre géopolitique avec basculement stratégique de l’espace transatlantique à l’espace asiatique de sorte que le centre de gravité stratégique se déplace vers l’Asie-Pacifique. Cette bascule des équilibres militaires au profit de l’Asie conduit les États-Unis à envisager une réorientation de leur dispositif militaire sur cette région.

Alors qu’il est quotidiennement question des pays dits »émergents », il convient  de s’interroger sur la notion de ‘puissance‘. Si les Etats-Unis restent à bien des égards le pivot des équilibres géopolitiques mondiaux, la puissance américaine est confrontée à des concurrences nouvelles. Un constat qui s’applique également aux autres puissances occidentales, en particulier européennes, profondément secoués par la crise économique (Badie, B. et Vidal, D., 2013).

C’est quoi La puissance ?
(...)
1. Tableau des Dépenses Militaires en Milliards de dollars 
(...)
2. La crise économique oblige, Les États-Unis ne veulent être les seuls gendarmes du monde
(...) 
3. Une ambition politique militaire insolente de la Chine
(...)
4. La Russie entre le choix cornélien d’une émergence économique et d’un come-back militaire
(...)
5. Le Brésil, Une puissance régionale aux ambitions gourmandes
(...)
6. L’Union Européenne dans le monde : une influence en chute libre
(...)
7. Les Autres pays
(...)

Conclusions


Pour conclure, il convient d’admettre que les pays du BRICS ne sont pas encore de puissances mondiales à proprement parler au sens intégral de ce terme et du point de vue géostratégique. Au fond, nous sommes encore, pour deux décennies au-moins, dans un monde unipolaire asymétrique avec un centre de gravité décentré vers l’Asie-Pacifique et plusieurs pôles géopolitiques du fait de l’éparpillement géographique des pays du BRICS. La transition vers un monde post-atlantique ne signifie pas un « déclin » américain. Les États-Unis restent et resteront sans doute pour longtemps « un État très particulier doté d’une puissance énorme » Et cela demeure une réalité, sauf si les États-Unis se « suicident » par stupidité, en poussant trop loin la doctrine « géopolitique » de « Smart power » chère à Obama.[]
Cependant, du fait de la croissance économique fulgurante de la Chine, les relations sino-américaines deviennent davantage un élément structurant des rapports internationaux du 21ème Siècle. Une donne très importante dans le cadre géo-systémique mondial, recherchant davantage une stabilité que des distorsions. Ce qui à terme permettra, en tenant compte des autres pays du BRICS, de tendre vers un ordre multipolaire à géométrie variable axé autour des EU. La Chine va entretemps continuer à accroitre son potentiel militaire même si elle doit gérer en même temps sa stabilité intérieure. Les experts les plus optimistes prédisent que d’ici deux décennies, elle pourrait résorber son retard technologique militaire par rapport aux EU. Ni l’Inde ni le Japon ne constituent d’alternative à la Chine actuellement.Et pour l’instant, la Chine opte pour la poursuite du développement pacifique et suit une politique militaire nationale défensive.

La Russie de Poutine, malgré son ambition d’accroitre considérablement son arsenal militaire, semble socio-politiquement fragile. Ce, à la suite de récentes élections controversées qui rendent Poutine, minée par l’usure du pouvoir et la corruption d’État, politiquement vulnérable. Ce qui fragilise son influence sur le plan géopolitique. Le Brésil quant à lui est plus que déterminé, compte tenu de son potentiel économique, à jouer dans la cour des grands dans les trois décennies à venir. L’UE doit d’abord se consolider politiquement et se retrouver une nouvelle santé financière avant d’étendre sa sphère d’influence géostratégique, en grande perte de vitesse, sur les points chauds de la terre où elle joue le second rôle ou fait la figuration.



Dans tout cela l’Afrique, où l’Afrique du Sud (RSA), première puissance africaine avec un PIB de quelque 400 milliards de $ US, mais avec un faible taux de croissance d’à peine 2,5 % en moyenne entre 2001 et 2011 essaie, malgré la gouvernance affairiste et népotique de Zuma, de faire de son mieux pour porter l’étendard de ce continent infantilisé et maintenu aux marges des relations internationales alors qu’elle se trouve au cœur même des vrais enjeux géostratégiques du moment : le pillage de ses ressources naturelles et énergétiques.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Zuma essaie de développer une nouvelle doctrine africaine jugée par les analystes « militariste »  n’hésite pas à engager directement ses troupes de l’armée sud-africaine (SANDF) dans de violents combats comme en RCA et à sacrifier la vie de ses militaires pour la défense des idéaux de la paix, la stabilité et la promotion de la démocratie en Afrique que Pretoria déclare faire prévaloir, notamment en faisant allusion aux contributions du pays aux missions de maintien de paix et de stabilisation en RDC, au Burundi et au Darfour, par exemple. Une Afrique du Sud qui prône le discours que l’Afrique parvienne à régler ses propres conflits internes, sans attendre l’action des occidentaux, à l’instar de la création de la brigade d’intervention de la MONUSCO composée uniquement de troupes africaines (Tanzanie, Sud-Afrique et Malawi). Mais les détracteurs de cette doctrine militariste soupçonnent plutôt Zuma de se lancer dans une subtile stratégie interventionniste et mercantiliste] aux fins de protéger les intérêts commerciaux nationaux ou familiaux. L’autre face cachée de cette doctrine consiste également pour La RSA de contrecarrer l’«ingérence» de la France et d’autres puissances occidentales sur le continent.

Cette place centrale de Pretoria au cœur au des enjeux géopolitiques et diplomatiques africains a poussé la ministre de la Défense sud-africaine, Lindiwe Sisulu (Photo ci-dessus), de dévoiler le 12 avril 2012 un projet de rapport sur la politique de défense jugée obsolète et inadaptée, d’une armée de 75.000 hommes faiblement équipée et sous financée. Le but est d’élaborer une nouvelle politique de défense permettant à l’armée sud africaine de mener à bien ses nouvelles missions en rapport aux enjeux stratégiques du moment, aux différentes crises qui secouent l’Afrique et à la lutte contre la piraterie dans l’océan Indien, en vue de mieux sécuriser ses frontières. Les situations politico-militaires chaotiques au Maghreb, au Sahel, à la Corne de l’Afrique et dans la région des Grands Lacs sont là pour bien peindre ce « noir » tableau qui montre que la route vers l’émergence reste encore une utopie, voire un cauchemar pour ce continent à la forme d’un revolver. Un continent dont la tragédie est de créer plus des conflits qu’il n’en consomme.  



Enfin, la RDC, prédite pour emboîter le pas au Brésil, doit d’abord se constituer absolument un État responsable capable de calmer la tension sismique sécuritaire qui ne cesse de verser ses larves déstabilisatrices à l’Est depuis avril 1994 avant de prétendre une moindre marche vers la modernité. De plus, elle doit pouvoir initier une profonde réforme de son armée de sorte qu’elle n’attende plus que la RSA vienne faire du baby sitting pour aider les FARDC à se langer. Cela ne suffit pas d’incanter, tel des bons pentecôtistes, des slogans creux dès lors qu’aucune planification ni d’actions sérieuses ne sont entreprises pour la sortir rationnellement et in concreto de son enfer actuel. De plus, la crise politique actuelle, bien planifiée, passant par là, vient davantage complexifier une situation pré-explosive et le bout du tunnel semble encore loin. Surtout, ce n’est pas un maigre budget militaire annuel 2013 de 250 millions de $ US pour une armée d’environ 140.000 gueux, là où son voisin angolais aligne un budget de la défense 2013 de 5,7 milliards de $ US (Agence Fides, 26/01/2013) pour une armée de 107.ooo hommes, soit environ 80% du budget national congolais pour 2013 et continue d’imposer la loi et l’autorité en Afrique médiane, qu’elle pourra rêver de retrouver durant cette décennie sa place d’ex-gendarme régional longtemps occupée sous Mobutu.

 Jean-Jacques Wondo Omanyundu/Exclusivité DESC


° http://desc-wondo.org/le-calvaire-des-soldats-congolais-formes-en-tanzanie-jj-wondo/
° http://desc-wondo.org/rdc-apres-le-fiasco-securitaire-des-tetes-vont-elles-tomber-dans-larmee-et-la-police-exclusivite-desc/
° http://desc-wondo.org/mise-au-point-de-desc-sur-la-polemique-autour-du-depart-du-general-wafy/
° http://desc-wondo.org/rdc-lintervention-de-la-gr-est-elle-comparable-au-plan-vigipirate-en-france-jj-wondo-j-ziambi-k/
° http://desc-wondo.org/le-fighting-talking-de-kabila-et-bisengimana-en-serbie-pour-lachat-des-lacrymogenes/
° http://desc-wondo.org/flash-desc-la-garde-republicaine-prepare-un-assaut-au-campus-de-kinshasa/
° http://desc-wondo.org/ce-quil-faut-savoir-sur-la-guerre-partie-vi-cest-quoi-une-doctrine-militaire-jj-wondo/




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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 11/3/2015, 1:14 am

"RDC : Après le couac militaire de janvier 2015, Olenga en disgrâce, Etumba reprend du galon ?




° http://desc-wondo.org/rdc-apres-le-couac-militaire-de-janvier-2015-olenga-en-disgrace-etumba-reprend-du-galon/



La guerre des généraux Etumba et Olenga, épisode 2


La guerre des généraux[1] à laquelle se livrent les généraux d’armée Etumba et Olenga depuis la défaite du M23 en novembre 2013, n’a pas encore livré son véritable vainqueur.
Malgré les nominations pompeuses de septembre 2014 qui ont maintenu le général d’armée Etumba à son poste de chef d’état-major général (CEMG) des FARDC et élevé le général d’armée Olenga au poste de chef d’état-major particulier du chef de l’Etat, c’est sur l’exercice effectif du contrôle des troupes sur le terrain que nous prévenions qu’il fallait juger du poids de l’un ou de l’autre dans la nouvelle architecture du commandement des FARDC.
D’ailleurs concernant Olenga, vu son hostilité contre le Rwanda dans la débâcle du M23 que Kabila n’a jamais digéré, nous prédisions que sa nomination serait un piège pour l’éloigner du contrôle effectif de l’armée :

« L’autre grand changement (concernant les nominations de septembre 2014) concerne la nomination du général d’armée François Olenga Tete à la tête de la maison militaire du Chef de l’Etat en tant que Chef d’état-major particulier de Kabila, avec rang de ministre. Ce qui lui permettra d’assister à certaines réunions du conseil des ministres. Il faudrait analyser de très près cette mutation lorsque l’on sait qu’à la tête de l’armée de terre (environ 100.000 hommes), le général Olenga a été l’homme de la montée en puissance des FARDC dans la guerre contre la coalition M23/RDF (l’armée rwandaise). Le retirer d’une fonction opérative stratégique pour une fonction de conseiller militaire privé du chef de l’Etat le prive subtilement du contact et du contrôle direct des troupes. Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Qui sont derrière cette nouvelle mise en place ? Le Rwanda qui déteste viscéralement le général Olenga qui été déterminant dans la débâcle du M23? Le fait de l’élever au rang de ministre n’est-ce pas une stratégie insidieuse de gratification qu’utilise Kabila pour apaiser et anéantir cet officier ? A la maison militaire, Olenga remplace le général-major Célestin Mbala Musense qui cumulait également la fonction de chef d’état-major des FARDC chargé de l’administration militaire. La garde républicaine (GR) tout comme la Démiap (les renseignements militaires,) passent sous son autorité directe. Tous les achats des matériels militaires passent également sous sa responsabilité.»[2].

Celui qui est présenté aux yeux des congolais comme un général d’apparat, Didier Etumba, semble enfin devenir le vrai boss de l’armée, nous confie une source de la maison militaire. Etumba a été nommé le 17 novembre 2008 au poste très stratégique de chef d’état-major général des FARDC, après le refus de son prédécesseur, le général Dieudonné Mbandakulu, l’ancien compagnon d’infortune du valeureux général Paul Mukobo, un des meilleurs généraux que la RDC n’ait jamais connu. Un poste qu’il a hérité suite au refus catégorique du général Kayembe de cautionner la mise en scène de l’opération Umoja Wetu[3], décidée depuis Kigali entre Kagame et Kabila par James Kabarebe et John Numbi interposés.
Depuis cette nomination, Etumba a évolué dans l’antichambre des généraux Olenga, Mbala, Banze et Numbi, avant que ce dernier soit écarté à la suite de l’affaire Chebeya – Bazana.

Nomination d’Olenga à la maison militaire sous forme de sanction?


C’est ce qui ressortait déjà de nos analyses antérieures en rapport avec la série des ordonnances de septembre 2014 concernant les généraux Olenga (voir supra), Banze et Mbala Musense, l’ancien précarré militaire de Kabila. Après une fronde au sein de la GR, en août dernier, il fallait absolument défaire la hiérarchie de cette unité d’élite, la mieux dotée des FARDC. Ainsi, sans le mécontenter, le débonnaire Banze est allé à tête de l’armée de terre en remplacement d’Olenga et Mbala éloigné de la maison militaire d’où il était le tiroir-caisse du business militaire autour de Kabila pour aller assister Etumba comme chef d’EMG adjoint chargé de l’administration et logistique sans disposer réellement de la main mise sur a gestion des fonds de l’armée restée à la maison militaire.
Et pour cause? Une brouille avec Olenga, ordonnateur patenté du budget militaire qui n’aurait pas apprécié que Mbala se permette d’aller acheter des chars en Chine au lieu de l’Ukraine où Kabila et Olenga ont tissé un réseau de trafic d’armes sous l’empire de Viktor Ianoukovitch, le président déchu et exilé en Russie.
En effet, Mbala a commandé des chars chinois et est parvenu de signer avec les chinois un contrat de fabrication ou de montage des fusils AK47 (Kalachnikov) à Likasi.

Olenga dans les sales draps? Enfin Etumba a le vent en poupe et le vrai patron des FARDC ?


C »est l’information principale confirmée par une source interne de la maison militaire et une autre source militaire occidentale à Kinshasa.
Depuis un certain temps, les relations entre Olenga et Kabila ne sont pas vraiment au beau fixe. Les rapports entre les deux se sont dégradés depuis la non livraison par l’Ukraine d’un important lot de matériels militaires commandé en 2014 et bloqué par les nouvelles autorités ukrainiennes pro occidentales. Cela avait d’ailleurs amené Olenga et la GR à piéger des soldats ukrainiens de la Monusco dans un vrai faux trafic d’armes pour entre autres faire pression à l’Ukraine en plus d’exiger le départ de la Monusco avant décembre 2016. Depuis, Kabila est très en colère[sup][5][/sup].
Les événements tragiques des 19, 20 et 21 janvier derniers ont été l’autre motif de désaveu de Olenga par Kabila. Il se serait montré incapable d’agencer et de contrôler les militaires déployés contre les manifestants. Face à l’enlisement de la situation et aux pressions extérieures, le général Etumba, gendarme de formation entre autres, sera appelé à la rescousse pour aider l’armée et la police à reprendre le contrôle de la situation[6] par la mise en œuvre d’un dispositif de maintien de l’ordre les 20 et les 21 janvier avec des policiers et la police militaire. Cela aurait permis d’éviter le pire, l’allongement des victimes, nous confie Patrick Vanhees, le Conseiller RSS à Kinshasa de la mission de conseil et d’assistance de l’UE à la réforme des FARDC, EUSEC RD Congo, au cours d’un entretien à Bruxelles ce 24 février.
Enfin, on reproche au général Olenga, non seulement l’inefficacité de la GR mais aussi des renseignements militaires (Démiap). Comme nous le mentionnions également dans une publication antérieure : , « une grande cache d’armes vient d’être mis à jour (découverte) par la Démiap et les services de renseignement de la GR au niveau de l’usine brassicole Bralima (Ndlr. qui fabrique la célèbre bière kinoise Primus) sur l’avenue du Flambeau situé à Ndolo, à la frontière avec Gombe  à Kinshasa. A l’heure actuelle, les propriétaires de cette cargaison ne sont pas encore identifiés par les services. Mais pour le moment, le DG de la Bralima et son staff sont interrogés présentement mercredi au services de sécurité de la présidence pour interrogatoire! » (Message parvenu à DESC le mercredi 28 janvier à 12h43)[7].

Selon une autre source de l’état-major général des FARDC à Kinshasa, plus d’un mois après cette interpellation, les services de renseignement ne toujours pas parvenus à identifier les auteurs de ces armes. La source ajoute également que pendant les troubles à Kinshasa, on a retrouvé des armes n’appartenant pas aux FARDC abandonnées au centre-ville et des liasses de billets neufs des francs congolais. Or cette défaillance incombe directement aux renseignements militaires placés depuis septembre 2014 sous l’autorité hiérarchique et fonctionnelle du général Olenga. Défaillance ou piège pour l’écarter en douceur comme on l’a fait avec Numbi ? C’est ici que DESC revient encore avec force pour rappeler l’absence d’analyse stratégique dans le chef des militaires congolais qui pensent que la seule bataille ou victoire militaire suffit ! Nous les invitons à lire notre nouvel ouvrage sur les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ? Ils seront édifiés !

L’acte de bravoure de Etumba lui vaut des galons auprès de son chef. Plusieurs sources concordantes nous ont confirmé qu’enfin Etumba est devenu le véritable patron de l’armée. Il semble même que la GR a été retirée du commandement de Olenga pour être placée sous l’autorité directe de Etumba. D’ailleurs dans son dernier déplacement à l’Académie militaire de Kananga, en février 2014, alors qu’il n’était même pas au courant du calvaire que vivent les élèves-officiers avec une école pratiquement à l’abandon, n’eut-été les récentes publications de DESC, c’est avec une forte escorte de la GR qu’il s’y est rendu.

Olenga se serait-il raproché de Katumbi ?


C’est ce qu’un autre source nous aurait informé. Il semble que plusieurs officiers de l’armée, de la police et des services de renseignements seraient prêts à faire allégeance à Katumbi contre Kabila si jamais ce dernier se prononce pour la présidentielle de 2016. Il semblerait que Katumbi et Olenga seraient déjà en contact indirect via des émissaires interposés. Mais DESC ne peut ni infirmer ni confirmer cette information au stade actuel vu sa sensibilité. Si toutefois cette information se confirme, il faudrait s’attendre à des chambardements ou aux profondes dissensions au sein de l’armée et des services de sécurité qui ne manqueront pas de s’ajouter au climat politique déjà délétère en RDC pour faire monter la tension d’un cran en cette période de fin de mandat de Kabila.
La question est de savoir comment Kabila et Olenga, décrit par plusieurs sources présidentielles de véritable numéro 2 du régime, vont se comporter l’un vis-à-vis de l’autre lorsqu’on nous dit qu’ils se seraient liés par le pacte de sang comme Mobutu et le Général Mahele. Or il est connu que ces pactes se terminent toujours dans le sang car c’est sur cette base qu’ils sont conclus.

Les raisons cachées de la gratification d’Etumba




Gen Etumba (à gauche) et James Kabarebe (à droite)

Enfin au DESC, nous ne sommes pas au étonnés d’apprendre qu’Etumba soit gratifié pour plusieurs raisons, non seulement parce qu’il dispose de compétences nécessaires mais bien pour d’autres raisons supplémentaires. D’abord pour sa loyauté viscérale envers Kabila : Dans son ouvrage posthume, Ma véritéAugustin Katumba Mwanke, avide d’éloges, écrit ceci à propos du général Etumba : « Didier Etumba, peu disert mais particulièrement pugnace et fin dans ses analyses apportait la concision et le sens pratique de son métier. Doué d’un extraordinaire flair de prévision, d’une constante vigilance sur les questions stratégiques, Didier est d’une loyauté sans borne au Boss. Dans toutes nos discussions de stratégie et de tactique, son souci premier était de protéger le Boss, de le mettre à l’abri de nos calculs et des coups parfois tordus que nous préparions contre nos adversaires. »[8]
Ensuite, parce qu’Etumba est décrit de “peureux” par les militaires et de très proche de Kigali dont il doit son ascension militaire du fait de solides relations qu’il entretient avec James Kabarebe depuis 1997, lorsque ce dernier fut son patron au sein des FAC[9]. Kabarebe avait désigné Etumba pour coacher le futur président en préparation qu’était le jeune général-major Joseph Kabila, alors chef de l’armée de terre au camp Kokolo. Dans cette période de suspicions réciproques au sein d’une majorité présidentielle opportuniste qui se fissure jour après jour, Kabila n’a plus d’autre choix que de s’entourer des personnes en qui il n’a le moindre doute de trahison. Il peut alors compter sur l’inoffensivité d’Etumba en qui il a remis les clés de l’armée, juste pour l’amadouer.

Olenga est à Saint-Pettersbourg, en Russie, pour la cargaison des matériels militaires


C’est l’information reçue d’une source de l’état-major général des FARDC. Le but de cette mission en Russie est de superviser l’embarquement des materiels de guerre russe acheteé par la RDC. Et la source de nous confirmer que le contentieux financier concernant l’achat des armes ukrainiennes est réglé.  Les autorités ukrainiennes ont accepté de rembourser la totalité des sommes versés par la RDC, soit un plantureux pactole de  85.000.000 de dollars. Ce remboursement se fera en plusieurs tranches pour ne pas éveiller l’attention des occidentaux, via la banque indo-pakistanaise, RawBank, connue pour être une banque couvrant des transactions nébuleuses en RDC . Toutefois, la coopération technique militaire avec l’Ukraine se poursuit. Il y a actuellement la présence à Kinshasa d’une équipe technique ukrainienne pour l’entretien des matériels volants : Hélicoptères MI-8/17, MI-24/35; Avions de combats Sukhoi Su-25 K et Mig-23 flogger. De plus, il y a environ de 170 stagiaires militaires congolais en formation dans les différentes écoles militaires ukrainiennes. Certes, les relations se sont refroidies avec le depart de Ianoukovitch, mais elles ne sont pas rompues.

Quel sera le troisième épisode de cette guerre des généraux manipulés par leur commandant suprême ? DESC espère être toujours au cœur de l’actualité militaire pour vous en révéler ses dessous.

Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivié DESC

[1] http://desc-wondo.org/quand-la-defaite-du-m23-provoque-une-guerre-entre-les-generaux-olenga-et-etumba/ ou http://desc-wondo.org/qui-des-generaux-darmee-etumba-et-olenga-remportera-la-bataille-a-la-tete-des-fardc-jj-wondo/.
[2] http://desc-wondo.org/scoop-desc-immininence-dune-restructuration-des-fardc-et-retour-en-force-du-general-amisi-jj-wondo/.

[3] Umoja Wetu » (Notre unité) est une opération conjointe lancée en janvier 2009 par les armées congolaise et rwandaise au Nord-Kivu contre les rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), installées dans l’est de la RDC, en vue de détruire leurs bases et de favoriser leur retour au Rwanda.
[4] http://desc-wondo.org/special-desc-les-pilotes-ukrainiens-de-la-monusco-dupes-par-le-renseignement-militaire-congolais/.
[5] http://desc-wondo.org/les-ukrainiens-pieges-mf-cros-la-libre-belgique/.

[6] http://desc-wondo.org/rdc-apres-le-fiasco-securitaire-des-tetes-vont-elles-tomber-dans-larmee-et-la-police-exclusivite-desc/.[7] http://desc-wondo.org/rdc-apres-le-fiasco-securitaire-des-tetes-vont-elles-tomber-dans-larmee-et-la-police-exclusivite-desc/.[8] http://desc-wondo.org/qui-des-generaux-darmee-etumba-et-olenga-remportera-la-bataille-a-la-tete-des-fardc-jj-wondo/.
[9] Forces armées congolaises, l’armée loyaliste sous Mzee Laurent-Désiré Kabila.




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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 15/3/2015, 10:54 pm

"Bas-Congo: tension à Kitona après un soulèvement des ex-combattants
° http://radiookapi.net/actualite/2015/03/13/bas-congo-tension-kitona-apres-soulevement-des-combattants/
Des coups de feu ont été entendus, vendredi 13 mars, à la base de Kitona, en territoire de Moanda, où des ex-combattants qui attendent leur démobilisation se sont soulevés. Selon des sources concordantes locales, ces ex-combattants protestent contre la mort de leur collègue survenu jeudi dans cette base.
La victime aurait succombé après avoir reçu des coups de fouet en guise de sanction, sur ordre des officiels de cette base militaire.


Les protestataires dont le nombre est évalué à 2 000 sont des ex-combattants venus en majorité de l’Est de la RDC. Ce vendredi matin, ils auraient récupéré des armes et tiré des coups de feu pour protester contre la mort, la veille, de l’un d’entre eux, indiquent des sources concordantes sur place. Ils ont également saccagé le dispensaire militaire de Kitona et blessé plusieurs personnes, selon les mêmes sources.
Ces ex-combattants ont également voulu exprimer leur impatience dans l’attente du processus de leur démobilisation. La plupart d’entre eux séjournent dans ce camp depuis plus d’un an.
Les officiers de cette base militaires sont restés injoignables. Les autorités civiles de Moanda jointes vendredi matin n’ont pas voulu commenter cette situation, se contentant d’indiquer que la tension est réelle."




"RDC: accalmie après une matinée agitée au camp militaire de Kitona
° http://radiookapi.net/actualite/2015/03/13/rdc-accalmie-apres-une-matinee-agitee-au-camp-militaire-de-kitona/
Le camp militaire de Kitona dans le territoire de Moanda (Bas-Congo) a connu vendredi 13 mars une agitation à la suite d’un soulèvement des ex-combattants. Selon la société civile locale, ces derniers voulaient protester contre la mort jeudi de leur collègue puni par la hiérarchie militaire locale. Lambert Mende, qui reconnaît l’existence des remous à Kitona, avance un bilan des quatre blessés. Le calme a été rétabli sur place, a-t-il assuré.
Intervenant sur Radio Okapi dans la soirée, Lambert Mende a annoncé le retour au calme au camp militaire de Kitona:


«La situation a Kitona est calme, après une matinée – il est vrai – assez agitée – parce qu’il y a eu un cas d’indiscipline d’un élément en provenance des forces dites «Nyatura», qui a tenté de remobiliser ses collègues de cet ex-groupe armé. Alors que c’est interdit dans les centres de regroupement de se référer à d’anciens groupes armés! Il a fallu que la hiérarchie militaire locale prenne des mesures disciplinaires. Certains ont vécu mal cela.»
Selon lui, il y a eu «quatre blessés légers qui sont en soins. Il n’y a eu aucun mort.»

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Des coups de feu ont été entendus vendredi matin à la base de Kitona, où des ex-combattants qui attendent leur démobilisation se sont soulevés.
Selon des sources concordantes locales, ils protestaient contre la mort de leur collègue survenu jeudi dans cette base. La victime aurait succombé après avoir reçu des coups de fouet en guise de sanction, sur ordre des officiels de cette base militaire.
Les protestataires, dont le nombre est évalué à 2 000, sont des ex-combattants venus en majorité de l’Est de la RDC."





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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 25/3/2015, 6:33 pm

"Exclusif : RD Congo – Armée : Une bombe à retardement –
Par Boniface Musavuli

° http://desc-wondo.org/exclusif-rd-congo-armee-une-bombe-a-retardement-boniface-musavuli/#sthash.BvUGpEXt.dpuf
Les Congolais devraient réorganiser l’ordre de leurs priorités dans la perspective de 2016. Ils devraient davantage se préoccuper de ce qui se passe dans leur armée que du nom du prochain président. Sans une armée digne de confiance, le pays va droit dans l’impasse, et le prochain président n’y pourra rien. En effet, le travail de sabotage des réformes du secteur de la défense couplé avec la dissimulation dans les rangs de l’armée des soldats étrangers (rwandais et ougandais principalement), condamne le Congo à la paralysie sur le plan militaire. Une prise de conscience nationale, devrait ainsi émerger en vue d’obtenir, au minimum, l’organisation des états généraux de l’armée, bien avant l’arrivée du prochain président. Il en va de sa sécurité. Il en va surtout de la gouvernabilité du Congo. Une élection ne sert à rien si, derrière, le pays est ingouvernable.

En effet, contrairement aux affichages officiels, l’armée congolaise est une force vermoulue profondément rongée par des maux restés en l’état depuis une décennie, faute de réformes abouties. Le dernier ouvrage de l’analyste des questions militaires et géostratégiques Jean-Jacques Wondo[1] peut servir de base à ce chantier dont le pays ne peut plus se passer. Le monde est de plus en plus impitoyable avec les peuples « sans défense ». L’ONU n’est pas une garantie.


Soldiers of the FARDC, Democratic Republic of Congo (DRC) governmental troops, are at work in an area taken from FDLR rebels, near Tongo, some 45 km north of Goma, on March 11, 2014. Photographer: Alain Wandimoyi/AFP/Getty Images

Un premier aperçu sur les FARDC[2] (l’armée nationale congolaise) fait état d’une armée de 140 mille soldats, soit 1 soldats pour 548 habitants. A priori, une moyenne acceptable][3]. Mais les bons points s’arrêtent là. La puissance de feu de l’armée congolaise et le budget qui lui est alloué en font un des nains du Continent noir[/size][4]. On parle pourtant du deuxième plus grand pays d’Afrique derrière l’Algérie et le quatrième pays le plus peuplé du continent (2.345.000 km², 77 millions d’habitants). Le gouvernement congolais alloue un budget annuel de 247 millions de dollars à l’armée. Son voisin immédiat, l’Angola, alloue un budget de 5,7 milliards de dollars à son armée. Le budget alloué à l’armée congolaise n’atteint même pas la barre de 5 % du budget du voisin angolais. Une caricature à Luanda. La Patrie de Lumumba ne pouvait pas tomber plus bas.
En ce qui concerne les effectifs, la morphologie de l’armée congolaise est celle d’une pyramide inversée avec deux officiers ou sous-officiers pour un soldat de troupes, et une pléthore de généraux : 182 généraux[5]. Des officiers dont le faible niveau de formation et d’aptitude de commandement vaut à l’armée congolaise les allures d’une armée mexicaine[6]. Et c’est le premier indice des maux qui rongent cette armée. En effet, d’où viennent ces généraux alors que le Congo n’a pas formé d’officiers sur son sol entre 1994 et 2011 ? Comment fait-on pour devenir général sans parcours scolaire connu ? Comment fait-on pour devenir général sans avoir été ni lieutenant ni capitaine ? Pire, comment devient-on général sans avoir été tout simplement « un soldat » dans une armée régulière ? C’est le résultat des années des compromis et des compromissions politiques dans lesquels le pays s’est enfoncé en espérant mettre fin, par la politique de la joue tendue, aux guerres d’agression qu’il subissait.

Une armée sabotée et irréformable


Les conditions dans lesquelles sont jetées les bases de l’actuelle armée congolaise sont celles des négociations ayant abouti à la signature de l’accord global et inclusif à Pretoria le 17 décembre 2002 et adopté le 1er avril 2003 à Sun City, en Afrique du Sud. Il s’agissait de mettre fin à la guerre en « brassant » dans une même armée les troupes de l’armée loyaliste, et celles des différents groupes armées[7]. L’édification d’une armée digne de ce nom à partir d’un tel amalgame requiert un travail politique ardu et une vision claire des objectifs à atteindre. Ce ne sera guère le cas. Entre 2004 et 2009, le Congo va connaître quatre plans de réformes qui vont toutes se solder par des échecs[8]. D’un côté les autorités, tiraillées par des intérêts inavouables liés à leurs alliances durant les années de conflit, vont s’employer à maintenir une armée faible et fragmentée ; de l’autre, les partenaires extérieurs du Congo vont opérer sans coordination afin de privilégier des intérêts bilatéraux.
Cette absence de leadership national et de coordination se traduit concrètement par le fait que l’armée congolaise devient le masque derrière lequel des puissances étrangères exercent un contrôle indu sur l’appareil d’Etat congolais en poursuivant leurs propres objectifs stratégiques. Elles occupent des sites militaires sur le sol congolais : l’Angola (Kitona – Bas-Congo), l’Afrique du Sud (Mura – Katanga), la Chine (Kamina – Katanga), les Etats-Unis (Kisangani – Province Orientale), la Belgique (Kindu – Maniema), la France (Mbanza-Ngungu – Bas Congo)[9] ou imposent à l’Etat congolais d’intégrer leurs propres soldats dans les rangs de l’armée nationale pour pouvoir la paralyser de l’intérieur. La stratégie du cheval de Troie menée jusqu’à l’absurde[10]. Dès la fin de la Deuxième Guerre du Congo (2002), et après avoir obtenu l’intégration d’une première vague de ses bataillons dans la nouvelle armée congolaise, le Rwanda va créer un nouveau groupe insurrectionnel dans le Kivu (CNDP) derrière de sinistres personnages (Bosco Ntaganda, Laurent Nkunda, Sultani Makenga, Jules Mutebutsi,…). Des étrangers (pire, des criminels) qui vont être nommés dans l’armée nationale congolaise par le président Kabila alors que ce genre de nomination requiert une enquête préalable approfondie des renseignements militaires sur les origines, la moralité et l’aptitude au commandement[11].

Les tentatives de réforme de l’armée (il y en a eu 4) vont toutes être réduites à néant suite aux agressions répétées du Congo par ces deux pays et les défaites concédées par le régime de] Joseph Kabila[12], des défaites qui se traduisent par l’intégration en masse des forces ennemies dans les rangs de l’armée nationale[13]. Une façon de régler les conflits qui se traduit par le fait que, au final, les autorités d’un pays marchent la main dans la main avec l’ennemi, sous les yeux larmoyant d’un peuple endeuillé en permanence. Pour comprendre comment le Congo a pu se retrouver ainsi en situation de pays qui marche sur la tête, il faut directement remonter au sommet de l’Etat et s’intéresser aux relations entre le président Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagame.

La tutelle rwandaise


Lorsqu’en juillet 1994, le général Paul Kagame prend le pouvoir à Kigali, au Rwanda, à la tête du Front patriotique rwandais (FPR), l’objectif ultime de ses parrains américains et britanniques est de prendre le contrôle du Zaïre de Mobutu (l’actuelle République Démocratique du Congo)[14] pour mettre en coupe réglée ses immenses gisements miniers. Le secteur minier rwandais emploiera jusqu’à 35 mille personnes et constituera la principale source de revenu pour l’élite politique et militaire rwandaise[/size][15]. Le Congo doit être non seulement vaincu militairement mais surtout maintenu durablement en situation d’Etat sans armée pour défendre le territoire national et la population. Il s’agit, pour les milieux d’affaires anglo-américains, en pointe sur la technologie des produits électroniques (les téléphones portables notamment) de puiser le maximum possible de richesses des gisements miniers de l’Est du Congo où se concentrent au moins quatre minerais stratégiques (le colombo-tantalite, aussi connu sous le nom de coltan, la cassitérite – le minerai dont est extrait l’étain – ; le wolframite – minerai dont est extrait le tungstène – et l’or[/size][16]. Pour réaliser le bonheur[/size][17] des multinationales gravitant autour de Paul Kagame, et mener à bien le pillage des richesses du Congo, il faut, pour faire simple, que le pays soit entre les mains des marionnettes qui ne constitueront pas d’obstacle militaire au pillage de ses ressources minières. Le président Laurent-Désiré Kabila ne se soumettra pas, ce qu’il va payer de sa vie. Il est assassiné en janvier 2001. Paul Kagame obtient son bonheur en janvier 2001. Le Congo tombe entre les mains d’un homme qu’il connait[18], qu’il contrôle[19] et qu’il méprise[20] : Joseph Kabila. Et il ne se cache pas du mépris qu’il a pour lui[21] et son armée. Même dans des cérémonies officielles[22].

Une armée minée par des traitres


La stratégie du cheval de Troie, orchestrée par le président rwandais, va opérer au-delà de ses espérances. Plus un seul général congolais ne sera en mesure d’inquiéter le Rwanda. Dans une interview au quotidien belge Le Soir, le général rwandais James Kabarebe disait de l’armée congolaise : [/size]« cette armée-là ne peut même pas tuer un rat »[23]. Kigali peut infliger aux Congolais autant de défaites militaires que possible. Les opérations des soldats congolais dans le Kivu sont sabotées du haut de leur propre hiérarchie. Les témoignages des soldats qui reviennent désespérés du front sont ahurissants. Ils reçoivent des ordres contradictoires. Ils ont à peine de quoi manger et doivent se contenter d’un salaire de misère (60 dollars par mois[24])[ lorsqu’il est payé. Ils sont volontairement envoyés dans les pièges de l’ennemi qui ne fait que tirer pour l’emporter][25]. Sur le front, les militaires communiquent via le réseau GSM civil classique. Il arrive qu’un commandant n’ait plus d’argent pour charger son GSM[26]. Il est alors coupé de toute sa hiérarchie. Et quand on y ajoute le problème d’électricité pour charger les appareils électronique dans un pays sans électricité, on a là les ingrédients des défaites d’une armée nationale.

Deux souvenirs au moins doivent être gardés à l’esprit. Après l’humiliante chute de Bunagana en juillet 2012 entre les mains du M23 et la fuite en Ouganda de plusieurs centaines de soldats congolais, le général Jean-Lucien Bahuma a tablé sur une nouvelle organisation en n’alignant sur les front du Kivu que des soldats originaires des provinces de l’Ouest du Congo et les résistants autochtones Maï-Maï connus pour leur lutte de longue date contre les interventions rwandaises au Congo. En novembre 2012, les FARDC ont victorieusement repoussé la tentative du M23 visant à s’emparer de Goma, bataille au cours de laquelle 150 assaillants ont été tués. Mais pour des raisons inexpliquées, le général Bahuma a reçu l’ordre venant de Kinshasa de laisser la conduite des opérations au général Gabriel Amisi dit « Tango Four » (un proche du président Kabila et du général rwandais James Kabarebe). Celui-ci va ordonner aux FARDC de se replier à Sake, facilitant ainsi une entrée triomphale du M23 à Goma sous les caméras du monde entier. Le Congo est humilié devant la face du monde. Par ses propres autorités !
Selon la journaliste belge Colette Braeckman, l’ordre d’abandonner Goma à l’ennemi fut donné par le général Didier Etumba[27], l’actuel chef d’Etat-major des FARDC[/size][28]. Quelques mois auparavant, il avait ordonné cinq jours de trêve aux soldats congolais qui étaient au point de capturer Bosco Ntaganda qui semait mort et désolation dans l’Est du pays. Celui-ci en profitera pour s’exfiltrer vers la frontière rwandaise[29]. Etrangement, le général Etumba sera confirmé dans ses fonctions. Quant au général Gabriel Amisi, qui avait, cinq ans auparavant, orchestré une trahison beaucoup plus meurtrière, à Mushake – décembre 2007 (2.600 soldats congolais tués), il est aujourd’hui à la tête de la première zone de défense englobant la capitale Kinshasa, et ce, malgré un rapport de l’ONU qui l’accuse de trafic d’armes au profit des groupes armés. Ces actes notoires de trahison ont évidemment provoqué des remous au sein de la population et de l’armée. Et même de la communauté internationale, notamment en Belgique où des personnalités ont publiquement demandé pourquoi l’armée congolaise ne s’est pas battue pour défendre Goma.

La méfiance des Congolais vis-à-vis de cette « hiérarchie de traitres » va connaître un tournant spectaculaire en juillet 2013. Une unité de l’armée, le 42ème bataillon, commandé par un colonel patriote et proche de la population infligeait des défaites au M23. Pour paralyser son action, Kinshasa ordonne son rappel, une des pratiques utilisées par le régime pour saboter les opérations des soldats sur terrain. La population de Goma réagit en bloquant les accès à l’aéroport. Elle va plus loin en organisant elle-même la surveillance des frontières pour dénoncer à temps réel les infiltrations de l’armée rwandaise. La population va elle-même se charger de transporter munitions et les vivres pour les soldats au front pour éviter que le régime de Kinshasa se serve de la logistique pour saboter les opérations des soldats au front et donner une nouvelle victoire aux hommes de Kagame. De leur côté, les soldats, sous le commandement du colonel Mamadou Ndala, vont se mettre à transmettre à la population de précieuses informations qui risquaient d’être censurées par les médias de Kinshasa.
Cette complicité du soldat avec sa population que le général allemand Erich Ludendorff appelle « cohésion armée-nation »[30], sorte de task force soldat – peuple est la première victoire du peuple congolais sur les hommes de Kagame. Il va s’opérer, sur le plan international, ce que Thierry Vircoulon a appelé « l’alignement des planètes ». Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Belgique (les quatre principaux partenaires internationaux du Congo) vont s’accorder sur la nécessité de mettre fin, militairement aux aventures du M23. Il va ainsi se créer une « combined task force » associant un peuple, ses soldats et des casques bleus, dont les plus motivés étaient des Tanzaniens sans doute poussés par leur président, Jakaya Kikwete en conflit ouvert avec Paul Kagame[/size][31]. Le patron de la Monusco, l’Allemand Martin Kobler jouera quasiment le rôle du Chef d’Etat auprès des soldats au front pour remonter le moral des troupes. Le général brésilien Carlos Dos Santos Cruz, chef militaire de la Monusco, fort de son expérience en Haïti, va briller sur le théâtre des opérations en coordonnant efficacement les frappes de l’artillerie. Mais surtout, sur le terrain, trois officiers congolais déterminés : le colonel Mamadou Ndala à la tête des unités commandos, le général Jean-Lucien Bahuma considéré, depuis, comme l’artisan de la victoire sur le M23, et le général François Olenga qui veilla à ce que les soldats soient rigoureusement payés et nourris tout au long des opérations. Contrairement aux discours officiels, le président Kabila n’a joué aucun rôle dans la conduite des opérations. Aucun[32]. Et c’était mieux comme ça. Mais c’est une première dans l’histoire des pays en guerre : remporter une victoire en veillant à ce que le président du pays soit maintenu à l’écart des opérations, et à juste titre. Depuis, le pays a sombré dans les mêmes travers et des trahisons comme en attestent les massacres de Beni (octobre – décembre 2014)[33].

Pour les états généraux de l’armée


L’histoire retiendra qu’une fois la victoire acquise, le colonel Mamadou Ndala sera bêtement assassiné le 2 janvier 2014 à Beni, dans un secteur sous contrôle de l’armée[34]. Le général Jean-Lucien Bahuma va mourir dans des conditions mystérieuses après une réunion en Ouganda[35]. Le général François Olenga va être retiré des missions opérationnelles[/size][36]. Un mois seulement après la victoire sur le M23, le président Kabila se rend à Kampala pour signer des accords permettant à la milice rwando-ougandaise de renaître de ses cendres politiquement. Deux mois plus tard, il promulgue une loi d’amnistie permettant aux membres du M23 de ne pas avoir à répondre de leurs crimes devant la justice, alors même qu’aucune des victimes congolaises de ce mouvement armé n’a fait l’objet d’évaluation sur sa souffrance. Aucune victime. Depuis, les membres du M23 ont commencé à revenir au Congo par centaines à bord d’avions du gouvernement de Kinshasa. Pour aller où ? Et pour quoi faire ? Personne ne sait.
Ainsi se présente l’armée congolaise, une armée infiltrée de tous bords par des ennemis et dont les prétendants à la présidence de la République ont tout intérêt à se méfier. Les militaires eux-mêmes, durement affectés par le carnage de Mushake (2.600 soldats tués), conséquence des infiltrations et des trahisons, ont ouvertement posé la question des traitres au cours du séminaire de l’état-major général tenu en février 2013, et réclamé des enquêtes et des sanctions. Un coup d’épée dans l’eau puisque le mal de l’armée congolaise vient du haut de la hiérarchie. Le poisson pourrit par la tête, disait Mao Tsé-toung.

C’est aux congolais eux-mêmes, premières victimes du désordre orchestré dans leur armé, qu’il revient de se saisir de la question et de mettre de l’ordre dans leur armée, la seule qu’ils ont. Parce que les casques bleus de l’ONU partiront un jour. L’initiative peut venir du parlement, voire de la population par voie de pétition (article 27) pour amener les députés et les sénateurs à aborder de face la question de l’état de l’armée. En effet, aux termes de la Constitution de 2006, la défense et la sécurité, autrefois domaines réservés du Chef de l’Etat, sont devenus des domaines de collaboration (article 81). Membres du gouvernement, députés, sénateurs ; surtout ceux issus de l’opposition et de la société civile, ont tout intérêt à aborder clairement la question de l’armée et surtout exiger la convocation des états-généraux de l’armée[37]. Il en va de leur propre sécurité et de la gouvernabilité du Congo tout au long de la prochaine magistrature au cours de laquelle ils aspirent diriger le Congo. Car sans armée digne de confiance, il n’y a pas d’Etat et sans Etat, les élections ne servent à rien.

Boniface MUSAVULI / Exclusivité DESC


Ouvrages de référence :


Mbeko, Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par Rwanda interposé, Le Nègre Editeur, 2012.
Mbeko, H. Ngbanda, Stratégie du chaos et du mensonge – poker menteur en Afrique des Grands Lacs, Ed. de l’Erablière, 2014.
Onana, Europe, Crimes et Censure au Congo – Les documents qui accusent, Ed. Duboiris, 2012.
Péan, Carnages – Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Éd. Fayard, 2010.[
Wondo, Les armées au Congo-Kinshasa – Radioscopie de la Force Publique aux FARDC, Ed. Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, Saint-Légier (Suisse), avril 2013.
Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, Bilan – Autopsie de la défaite du M23 – Prospective, Ed. www.desc-wondo.org, décembre 2014.
Sun Tzu, L’art de la guerre, Champs Classiques, Flammarion, avril 2008.

[1] Jean-Jacques Wondo Omanyundu est diplômé de l’Ecole royale militaire de Belgique, criminologue, politologue et analyste des questions sécuritaires de la RD Congo et de l’Afrique centrale. Il est également chercheur-associé au GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité :http://www.grip.be/fr/node/1[/b]), un think-tank basé à Bruxelles. Il est l’auteur de l’ouvrage de référence, Les Armées au Congo-Kinshasa – Radioscopie de la Force publique aux FARDC, paru en 2013. Il est expert consultant des questions militaires et géostratégiques, notamment auprès de la Radio Okapi (partenaire de la MONUSCO). Il vient de publier en décembre 2014 un intéressant ouvrage sur la réforme des FARDC : Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, Bilan – Autopsie de la défaite du M23 – Prospective, Ed. www.desc-wondo.org.
[2] Forces armées de la République Démocratique du Congo.
[3] JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, Bilan – Autopsie de la défaite du M23 – Prospective, Ed. www.desc-wondo.org, p. 122.
[4] JJ. Wondo, « Les quatre puissances militaires régionales d’Afrique », desc-wondo.org, 21 mai 2014.
[5] JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., pp. 105,106, 212.

[6] L’expression « armée mexicaine » s’emploie pour désigner une organisation où les donneurs d’ordre sont plus nombreux que les exécutants. Elle renvoie à la Révolution mexicaine au début du XXème siècle. L’armée révolutionnaire, principalement des paysans sans formation militaire, était composée de beaucoup trop d’officiers par rapport au nombre d’hommes à commander. D’où une certaine désorganisation liée à l’incompétence des exécutants et aux ordres contradictoires arrivant des uns et des autres.
[7] Les estimations faites étaient de 306.000 combattants issus des différentes forces et groupes armés, dont 136.000 militaires des FAC (armée loyaliste), 48.000 combattants Maï-Maï, 46.800 combattants du RCD-Goma (Azarias Ruberwa), 20.000 combattants du MLC (Jean-Pierre Bemba), 900 combattants du RCD-ML (Mbusa Nyamwisi) et 46.000 autres. Il fallait en retenir au final 120.000 militaires brassés au sein des FARDC. Cf. JJ. Wondo, op. cit., p. 20.
[8] Les quatre réformes de l’armée congolaises entre 2004 et 2009 sont : 1 – Plan stratégique de réforme de l’armée congolaise sous le ministre Charles Mwando Nsimba – 2004 ; 2 – Plan Global sur la RSS (réforme du secteur de la sécurité) sous le ministre Chikez Diemu 20073 – Plan Directeur Global de la réforme de l’Armée – 2008 et 4 – Plan  de réforme de l’armée – 2009. Cf. JJ. Wondo, op. cit., pp. 24.
[9] Ibidem, p. 144.
[10] Charles Onana écrit : « En réalité, il (Kabila, ndlr.) a gardé des contacts directs avec Kigali à travers James Kabarebe qui lui téléphone régulièrement pour diverses questions. Kabila est manipulé par Paul Kagame qui le considère comme son cheval de Troie à la tête de l’Etat congolais. Mais il y a plus. (…) Ainsi, durant toute la période d’incursions de l’armée rwandaise en 2004 au Congo et après la rébellion de Laurent Nkunda, Joseph Kabila observe un silence de mort. Alors que les massacres, les atrocités et les viols commis par les hommes de Kagame et ceux de Nkunda contre le peuple congolais prennent des proportions démesurées, Joseph Kabila ne dit rien ou presque. Les Congolais ne cessent cependant de s’étonner de l’étrange attitude de leur président, mais ils ne reçoivent aucune explication. La pression de Kigali sur Kinshasa s’accentue et très peu de gens sont informés de ce qui se passe exactement entre Kabila et Kagame. Kabila se montre de plus en plus passif, à tel point qu’il se sent obligé, avant de nommer un ambassadeur congolais au Rwanda, d’envoyer une liste de diplomates à Kigali qui apprécie et fait savoir ses préférences. Paul Kagame n’a évidemment pas les mêmes délicatesses envers son homologue congolais». Cf. C. Onana, Europe, Crimes et Censure au Congo – Les documents qui accusent, Ed. Duboiris, 2012, pp. 122-123.

11] JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., p. 36.
[12] Selon l’analyste des questions géopolitiques et géostratégiques, Patrick Mbeko, et l’ancien ministre de la Défense sous Mobutu, Honoré Ngbanda, « Joseph Kabila » est un nom d’emprunt. Cf. P. Mbeko, H. Ngbanda, Stratégie du chaos et du mensonge – poker menteur en Afrique des Grands Lacs, Ed. de l’Erablière, 2014, pp. 450 et suivants.
[13] Patrick Mbeko estime à 35.000, au moins, le nombre des soldats rwandais opérant dans la partie Est du Congo. Ibidem, p. 375.
][14] Cf. P. Mbeko, Le Canada dans les Guerres en Afrique Centraleop. cit., pp. 98-99, 639 ; Pierre Péan, Carnages, op. cit., p. 552.
[15] Le pillage des ressources minières du Congo est le principal mobile des agressions à répétition à partir du Rwanda. Cf. P. Mbeko, H. Ngbanda, op. cit. Lire aussi JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., pp. 37-39. Lire également les rapports des experts de l’ONU sur le lien entre le pillage des ressources minières du Congo et la poursuite de la guerre du Congo.
[16] Selon la loi Dodd-Frank adoptée par le Congrès américain le 12 juillet 2010, les minerais stratégiques du Congo convoités sont le colombo-tantalite, aussi connu sous le nom de coltan (le minerai dont est extrait le tantale); la cassitérite (le minerai dont est extrait l’étain); le wolframite (le minerai dont est extrait le tungstène) et l’or.

[17] B. Musavuli, RD Congo : « Le massacre d’un peuple pour le ‘’bonheur’’ du monde », agoravox.fr, 10 août 2013.
[18] Joseph Kabila est un ancien maquisard du Front patriotique rwandais, le mouvement politico-militaire à la tête duquel Paul Kagame a pris le pouvoir au Rwanda en juillet 1994. Il est entré au Congo en 1996 en tant qu’officier de l’armée rwandaise sous le commandement du général James Kabarebe, l’actuel ministre rwandais de la Défense.
[19] Le Contrôle de Kigali sur le pouvoir politique et militaire congolais s’opère par le biais de ce qu’Honoré Ngbanda appelle le réseau du « tutsi power ». Il n’est pas le seul à s’en apercevoir. Jean-Jacques Wondo fait remarquer que les principaux décideurs en matière politique et militaire autour de Joseph Kabila sont soit des Tutsis liés au régime de Paul Kagame, soit des personnalités congolaises ayant systématiquement une particularité : nées de mères tutsies ou mariées à des femmes tutsies. En commençant par le chef d’Etat-major de l’armée nationale congolaise et le premier ministre. Cf. JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., pp. 181-182, 195, 196, 198. Ou bien ils ont eu un passé dans les mouvements armés orchestrés par le Rwanda, en particulier le RCD-Goma. C’est le cas du Commandant de la première des trois zones de défense du Congo englobant la capitale Kinshasa et les régions de l’Ouest. C’est aussi le cas du numéro 1 de la police nationale congolaise et de 10 % des généraux à l’issue des nominations de juillet 2013, dans un pays où les Tutsis ne représentent même pas 1% de la population totale. Cf. JJ. Wondo, op. citpp. 27, 204.
[20] Paul Kagame, bien conscient que Joseph Kabila, à la tête du Congo, est son compère, ne se prive pas d’attaquer le pays. Des attaques au cours desquels sont tués des soldats congolais dont il sait qu’ils ont Joseph Kabila pour Commandant suprême (article 83 de la Constitution). Naturellement, à chaque défaite, Kabila devient la risée internationale et l’objet d’un profond mépris aux yeux des Congolais humiliés par l’armée d’un petit pays.

[21] C. Onana, Europe, Crimes et Censure au Congo, op. cit., pp. 122-123
[22] Invité aux célébrations des 50 ans de l’indépendance du Congo (30 juin 2010), Paul Kagame est arrivé avec un retard de deux heures (longtemps après des nombreuses délégations étrangères dont celle de la Belgique conduite par le Roi Albert II). Il se mettra ensuite à lire un journal pendant que l’armée congolaise paradait. Grâce à ses milliers de soldats infiltrés dans les rangs des FARDC, il sait que cette armée n’a rien pour l’impressionner.
[23] C. Braeckman, « Cartes sur table : les quatre vérités du général James Kabarebe », Le carnet de Colette Braeckman, blog.lesoir.be, 29 août 2012.
[24] Les salaires dans l’armée congolaise sont risibles. Selon le barème 2011, le plus haut gradé de l’armée (général A) perçoit un salaire de 82.198 Francs congolais, soit l’équivalent de 82 (quatre-vingt-deux) dollars US. Environ 75 (soixante-quinze) euros. Même pas de quoi couvrir ses besoins en nourriture sur une semaine à Kinshasa. Voir barème salarial : JJ. Wondo, Les armées au Congo-Kinshasa – Radioscopie de la Force Publique aux FARDC, Ed. Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, Saint-Légier (Suisse), Avril 2013, p. 289.
[25] Pour approfondir la question des trahisons des soldats congolais par leur propre hiérarchie, lire JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., pp. 49 – 62.

[26] Ibidem, p. 218.
[27] Ibidem, p. 196.
[28] Jérôme Kengawe Ziambi et JJ Wondo pensent qu’en remportant la victoire « tactique » de Goma, Kagame a perdu une bataille « stratégique » sur le Congo. Cf. JJ. Wondo, op. cit., pp. 64-65 . - See more at: http://desc-wondo.org/exclusif-rd-congo-armee-une-bombe-a-retardement-boniface-musavuli/#sthash.QQGWVIsY.dpuf
[29] JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?
[size=13], op. cit., pp. 49-50.
[30] Ibidem, pp. 81.
][31] En mai 2013, en marge du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba (Ethiopie), le président tanzanien Jakaya Kikwete a demandé aux présidents Kagame (Rwanda) et Museveni (Ouganda) d’ouvrir des négociations avec leurs opposants armés opérant sur le sol congolais. Les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) et les ADF (Allied Democratic Forces). Paul Kagame avait violemment réagi contre son homologue et promis de le tuer selon un câble diplomatique de Wikileaks.
[32] JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., p. 221.
[33] Selon l’ancien ministre congolais des Affaires étrangères Mbusa Nyamwisi, les ADF ont pour comandant le général Mundos, l’actuel commandant des opérations (FARDC) à Beni. Cf.  « ADF-Nalu : un ancien ministre congolais met en cause un haut gradé », rfi.fr, 25 octobre 2014.

[34] L’assassinat du colonel Mamadou Ndala a été attribué par le gouvernement congolais aux rebelles ougandais des ADF basés en territoire de Beni. Deux officiers FARDC : le lieutenant-colonel Birotsho Nzanzu Consy et le lieutenant-colonel Kamulete Jocker, ont été condamnés pour complicité avec un mouvement terroriste et participation à un mouvement insurrectionnel par la Cour militaire opérationnelle qui siégeait à Beni. Toutefois plusieurs sources – y compris locales – remettent en doute la piste ADF. Ce crime est parmi les dossiers que les Congolais devraient réouvrir à l’avenir.
35] Le général Jean-Lucien Bahuma, formé à l’académie militaire de Saint-Cyr, en France, est décédé le 31 août 2014 à Pretoria. Selon la version officielle, il a été victime d’un accident vasculaire cérébral alors qu’il assistait à une réunion mixte de sécurité à Kasese, en Ouganda. Mais plusieurs sources au Nord-Kivu attribuent sa mort à un empoisonnement.
[36] Le général Olenga a été nommé chef d’Etat-major particulier du président.
][37] Dans son ouvrage, Jean-Jacques Wondo propose des pistes de réformes qu’il faudrait aborder rapidement en commençant par la prise en compte des conditions du « soldat ». Les militaires congolais doivent impérativement avoir droit « (…) à une solde militaire et à une pension équivalentes à leurs valeurs, services et risques professionnels, à un logement décent, à un bon régime de soins de santé — tout particulièrement dans le cas de ceux qui ont été blessés ou subis des dommages corporels ou autres dans l’exercice de leurs fonctions – à des possibilités d’apprentissage et de perfectionnement professionnels et à des considérations appropriées qui tiennent compte des exigences uniques de la vie militaire et des sacrifices que consentent les militaires et leur famille. L’armée congolaise doit devenir un instrument de modernisation, de rationalisation et de stabilité ». Cf. JJ. Wondo, Les Forces armées de la RD Congo : Une armée irréformable ?, op. cit., pp. 222 et suivants.  



Compatriotiquement!

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Re: G Amisi de retour !

Message  ndonzwau le 5/6/2015, 11:15 pm

"Nord-Kivu : le Général Mbangu prend les commandes de l »opération Sokola 1
° http://radiookapi.net/actualite/2015/06/04/nord-kivu-le-general-marcel-mbangu-prend-les-commandes-de-loperation-sokola-1/?utm_source=feednanga.com&utm_medium=referral&utm_campaign=Feednanga%20-%20Most%20shared%20links
Le général de brigade Marcel Mbangu Mashita est le nouveau commandant du secteur opérationnel au Nord-Kivu. Il dirigera désormais l’opération « Sokola 1 » lancée pour traquer les rebelles ougandais des ADF. Il remplace à ce poste le général Akili Muhindo. Les ordonnances présidentielles concernant la création et l’organisation des secteurs opérationnels et nomination des commandants et commandants seconds des secteurs ont été publiées mercredi 3 juin à Kinshasa.

Le Général de Brigade Marcel Mbangu vient de la Province Orientale où il était commandant second des opérations, dans la 32e Région militaire. Il conduira désormais les opérations militaires dans la région de Beni.
Rien ne filtre encore sur les nouvelles fonctions du Général Muhindo Akili, qui vient d’être remplacé du commandement du secteur opérationnel au Nord-Kivu, Grand-Nord.

Ce changement du commandement de l’opération Sokola 1 avait été plusieurs fois réclamé par les Forces vives de Beni-ville et du territoire.
Pour besoin d’efficacité, la Société civile avait sollicité du Gouvernement de Kinshasa, d’opérer des changements au niveau du commandement mais aussi au niveau des troupes. Depuis vendredi dernier, les troupes sont également remplacées par d’autres unités en provenance du Sud-Kivu.
D’après des sources militaires dans la région, le Général Marcel Mbangu est déjà arrivé à Beni depuis mercredi.
La remise et reprise avec le Général sortant, Muhindo interviendra dans un bref délai.
L’opération « Sokola 1 » a débuté en janvier dernier. Elle a été lancée contre les rebelles ougandais de l’ADF. Ceux-ci sont accusés d’avoir tué environ deux cents civils dans le territoire de Beni entre octobre et novembre, selon le bilan officiel."


""Opération Sukola" : Un proche de John Numbi prend le commandement
° http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=9975
Le "général" Marcel Mbangu est désigné commandant de l’opération "Sukola1" au Nord Kivu. Il remplace à ce poste le "général" Muhindo Akilimali, alias Mundos. Inutile de rechercher ailleurs la cause de l’insécurité récurrente qui prévaut dans la partie orientale du pays. Le ministre de la Défense nationale, Aimé Ngoy Mukena avait annoncé une nouvelle mise en place des responsables militaires dans cette région. En fait, on prend les mêmes. Des "hommes sûrs" du Président.

Marcel Mbangu Mashita est nommé à la tête du commandement du "secteur opérationnel" au Nord-Kivu particulièrement dans le très sensible territoire de Beni. Mbangu prend en charge l’opération "Sukola 1" que dirigeait le très inquiétant "général" Muhindo Akilimali dit "Mundos". Mission : traquer les mystérieux rebelles ougandais de l’ADF.
Avant d’occuper ce nouveau poste, Marcel Mbangu assumait les fonctions de commandant second des opérations dans la 32e Région militaire (Province Orientale).

Suite aux multiples assassinats non-élucidés à ce jour dans le territoire de Beni (plus de 300 morts), les activistes de la société civile avait exhorté le gouvernement central a procéder à des changements tant au niveau des hommes de troupes que du commandement. On assiste à un changement purement cosmétique. Des "hommes du président" succèdent à d’autres hommes du président.
Le nom de Marcel Mbangu rejoint quelques noms "célèbres" dans les deux provinces du Kivu. Des "officiers intouchables" parce que proches du "raïs". On pourrait citer : Patrick Masunzu (Sud Kivu), Delphin Kahimbi ou Kayimbi, Muhindo Akilimali (Mundos), Olivier Hamuli.

Proche de John Numbi Tambo Banza, Marcel Mbangu, alors "colonel" de la police a servi dans un passé récent comme 2ème conseiller à l’ambassade du Congo-Kinshasa à Kampala, en Ouganda. Son nom a été cité lors de la disparition, en novembre 2010, d’un policier suspecté de participation dans l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya. Sous les pseudonymes d’Amisi Mugangu et de "Mikekilo", ce "flic", ancien chauffeur du colonel Daniel Mukalay wa Mateso, avait trouvé refuge dans la capitale ougandaise. Présenté par "Amisi Mugangu" comme un "spécialiste en kidnapping", Mbangu aurait tenté d’enlever "Mike kilo" avec un certain Elie Lungumbu Mulonge. Celui-ci est proche de Zoé "Kabila".

Exit donc le "général" Muhindo Akilimali. Lors de l’attentat qui coûta la vie au colonel Mamadou Moustapha Ndala le 2 janvier 2014, "Mundos", un officier de la garde présidentielle, est aussitôt pointé du doigt comme étant le "cerveau" ou l’"exécuteur" de cette attaque. Qui a été chargé des devoirs d’enquête? Un autre "homme du président" en la personne du magistrat militaire, Timothée Mukuntu Kiyana, analyste au Conseil national de sécurité.
Notons que dès le vendredi 3 janvier de cette même année, une délégation de la "police judiciaire", venue de la capitale, est descendue sur le lieu. Mission : passer au peigne fin la scène du crime. Objectif : récolter des indices et autres constatations matérielles pouvant conduire à l’auteur du crime ainsi qu’au commanditaire.

Après la mort brutale du général Lucien Bahuma Ambamba le 30 août 2014 à Kasese en Ouganda, "Moundos" a été encore une fois suspecté d’avoir "joué un rôle" dans la disparition de ce valeureux officier. Les habitants de Beni apprendront avec stupéfaction la désignation de "Moundos" en qualité de commandant de l’opération "Sukola" en remplacement de Bahuma Ambamba. "Moundos fait partie du petit cercle des exécuteurs des basses œuvres du chef de l’Etat dans cette partie du pays, confiait une source. Il est issu de l’ethnie Hunde de la province du Nord Kivu. Il fait partie de la garde présidentielle". "Moundos fait le sale boulot pour le compte de Joseph Kabila. C’est un fait connu de tous les membres de l’entourage présidentiel", ajoutait-elle.

Sous d’autres cieux, les "hommes du Président" brillent autant par leur maitrise des dossiers que par leur noblesse ou exemplarité. Au Congo-Kinshasa, les "hommes du Président" se comportent en voyou. Des hommes sans foi ni loi. L’exemple vient sans doute d’en haut.
On rappelle un incident provoqué un certain vendredi 8 juin 2007 par John Numbi Banza Tambo, alors chef d’état-major de la force aérienne. Ce jour-là, les compagnies aériennes privées (Hewa Bora Airways, CAA et Malila Airlift...) exploitant le réseau domestique congolais ne pouvaient s’approvisionner en kérosène à l’aéroport de Ndjili. L’« embargo » a été décidé par John Numbi. Celui-ci avait dépêché à Ndjili des membres de sa garde raprochée pour empêcher tout accès aux cuves de carburant. L’explication fournie à l’époque est pour le moins rocambolesque. Numbi avait piqué une sainte colère après que la société Sep Congo ait refusé de livrer du carburant à ses aéronefs. Motif : le compte du ministère de la Défense présente un solde débiteur."



"RDC: passation de commandement entre les généraux Muhindo et Mbangu à Beni
° http://radiookapi.net/actualite/2015/06/05/rdc-passation-de-commandement-entre-les-generaux-muhindo-et-mbangu-a-beni/
Le nouveau commandant du secteur opérationnel Grand Nord et des opérations militaires Sokola1, le général Mbangu Mashita, a pris ses fonctions vendredi 5 juin à Beni (Nord-Kivu). Sa mission consiste dans “la neutralisation des rebelles ougandais des ADF”. La Monusco, dont les troupes sont engagées aux côtés des FARDC dans la traque de ces rebelles, a salué ce changement.
C’est dans le camp militaire FARDC de l’Ozacaf et devant le regard des centaines des populations que s’est déroulée la passation de commandement entre le général Muhindo Akili Mundosi et son remplaçant à la tête des opérations Sokola1, le général Mbangu Mashita Marcel.(...)"



"RDC: grand ménage à la tête de la lutte contre les rebelles AD
° http://www.rfi.fr/afrique/20150605-rdc-grand-menage-tete-lutte-rebelles-adf-general-mbangu-muhindo-beni/
Voilà près d'un an que la population de Beni réclamait le changement de la chaîne de commandement militaire dans le Grand Nord. Car ces derniers mois, l'armée a assisté impuissante à la multiplication de massacres. Plus de 350 morts en cinq mois. Plaintes de la société civile, journées villes mortes... Finalement, c'est une grande opération de toilettage qui démarre. Le commandement de l'opération chargée de lutter contre les rebelles ADF change ce vendredi. Le général Muhindo Akili va être remplacé par le général Marcel Mbangu Mashita, tout comme toute une série de commandants de régiments. La cérémonie de passation devait avoir lieu ce vendredi matin à Beni.

Avec cette décision, Joseph Kabila réalise enfin sa promesse faite fin octobre de changer le commandement de ses troupes inefficaces et corrompues selon la population. Pour Beni, c'est donc une bonne nouvelle même si elle arrive tard. Trop tard, estiment plusieurs habitants joints par RFI.
Le général Muhindo rappelé au commandement de son bataillon, le 31e, va donc être remplacé par le général Mbangu. Originaire du Katanga, ce dernier était jusque-là adjoint au commandant des opérations en Ituri, un peu plus au nord de Beni. Une zone en proie aussi à la violence de groupes armés.

Cette nomination semble également réjouir les chancelleries étrangères et la mission de l'ONU en RDC. Le général Mbangu a fait ses preuves à Bunia, explique l'un d'entre eux. Il a de bons contacts avec l'Ouganda et la coordination avec la Monusco s'est toujours très bien passée. Pour preuve, selon l'ONU, cette dernière opération contre les rebelles du FRPI. Des hélicoptères de l'ONU ont appuyé les FARDC (l'armée congolaise), jeudi. Bilan : au moins 40 morts du côté des rebelles.

Enfin et peut-être surtout, ce changement s'inscrit dans une reconfiguration plus large. Presque tous les commandants des régiments en place à Beni sont changés. Exemple, le colonel Dieudonné Muhima, soupçonné d'avoir trempé dans des trafics dans la région, voire d'avoir été impliqué dans l'attaque d'un convoi de la Monusco. Ou encore le colonel Tito, acquitté pour le meurtre du héros congolais Mamadou Ndala, mais en qui la population avait perdu toute confiance.
Enfin, une rotation des unités devrait avoir lieu dans les jours qui suivent : trois régiments de Beni iraient dans le Sud-Kivu et vice versa. Reste que ces changements doivent encore faire leur preuve et enrayer la série de massacres qui endeuille depuis des mois la région de Beni."


"Qu’est allé faire le général Olenga à Washington? – DESC Confidentiel
° http://desc-wondo.org/que-faisait-le-general-olenga-a-washington-desc-confidentiel/#sthash.Gx2ZKBUo.dpuf
 
Depuis que les Etats-Unis ont exigé au président Joseph Kabila de ne plus briguer un troisième mandat, ce dernier ne cesse de multiplier des artifices politiques, militaires et diplomatiques de tout genre pour tenter de séduire la Maison Blanche et amener Barack Obama à revenir sur sa décision.

Stratégie politique infructueuse jusqu’à présent ?


Au nombre d’artifices politiques, Kabila a, tour à tour, tenté en vain les concertations nationales en septembre 2013, boudées par la frange la plus représentative de l’opposition congolaise. En 2014, ce fut le débat au sein de son courant politique, la Majorité présidentielle (MP), sur l’opportunité de réviser l’article 220 de la Constitution, afin de lui permettre de briguer un troisième mandat. Mais la solution n’est jamais parvenue de sortir des enceintes de Kingati-Buene, où sa Majorité est sortie de plus en plus divisée entre les pros autour du minable professeur Evariste Boshab et les anti rassemblés derrière Pierre Lumbi, son conseiller spécial en matière de sécurité, fragilisant du coup la cohésion interne alors que le raïs court désespérément derrière une cohésion nationale qu’il n’obtiendra sans doute plus, au vu des couacs[1] commis par son régime.

En janvier 2015, Kabila a voulu contourner l’option de la révision de la constitution par un projet de loi électorale conditionnant la tenue des élections de 2016 à l’organisation du recensement général de la population. Un projet de loi, politiquement immorale, soutenu par son commis d’Etat Aubin Minaku qui l’a fait passer à l’assemblée générale, sans examen approfondi et dans des conditions indignes d’une démocratie. Elle visait insidieusement d’opérer un « glissement » des élections au-delà de 2016 afin de permettre, techniquement, à Joseph Kabila, de se maintenir au pouvoir. Mais la vigilance et l’éveil des populations congolaises ont contraint le régime congolais à renoncer à cette incise. C’était la douche froide, malgré l’imposant dispositif sécuritaire dissuasif et répressif déployé lé veille des manifestations pour intimider la population à renoncer à recourir à son droit à la liberté d’expression coulé par la Constitution.

Ayant eu peur et vent de ce qui l’attend en 2016, Kabila a sorti, en mai 2015 un autre appât politique en invitant l’opposition politique au dialogue direct, là l’accord-cadre qu’il a signé à Addis-Abeba, ayant désormais force de loi congolaise, l’oblige de se soumettre à la facilitation de la MONUSCO. Mais ce projet qui a failli éclater l’opposition congolaise n’a pas fait long feu. Face à l’échec[2] de son projet de dialogue, c’est vers les consultations populaires, imitant son idole Mobutu, que Kabila, Mobutu Light[3], veut à nouveau relancer son projet politique visant à un consensus national qui lui permettrait de proposer une période de transition après son mandat, de sorte à espérer garder la main et poursuivre son aventure macabre à la tête de la RDC. Ce que Kabila oublie, je dirais plutôt ignore, car ayant plus vécu en Tanzanie qu’en RDC, est que c’est par les consultations populaires que Mobutu a expérimenté son rejet par la population. Ainsi, ces assises avaient marqué le début de la fin du règne du léopard.

Mais ce n’est pas fini, car il a encore une autre cartouche politique à sa disposition, le découpage territorial, lequel, selon plusieurs analystes, entrainerait inéluctablement le glissement électoral[4].

L’arme militaire


C’est autour du lancement de l’opération Sokola 2 contre les rebelles Hutus rwandais des FDLR que Kabila comptait séduire la Communauté internationale, particulièrement Washington[5]. Malheureusement son refus de collaborer avec la MONUSCO et son impuissance à mettre fin à la série sans fin de massacres à Beni, au Nord-Kivu plaident en sa défaveur. Un premier geste positif lancé vers Washington l’éviction du Général Akili Mohindo dit Mundos du commandement opérationnel Sokola 1 à Beni.  Ce retrait fait notamment suite à la pression exercée par DESC, qui dès sa nomination, a mis en doute ses capacités opérationnelles et mis en lumière ses possibles collisions avec les assaillants. Mundos a également était la cible de la société civile et des parlemntaires dont le rapport de la mission effectuée en octobre 2014 l’avait directement mis en cause dans le regain de la violence dane cette partie du pays. Selon une source militaire présidentielle, s’adressant à nous (JJW) sous un air d’ironie : « Toi et DESC, vous avez finalement eu la tête du Général Akili Mundos Charles. Il vient d’être relevé de ses fonctions de commandant secteur ‘Grand-Nord’ (Sokola1 à beni) par décret présidentiel. Tu (JJW) deviens le conseiller militaire informel du raïs, félicitations! Il est remplacé à ce poste par le général  de brigade Mbangu Mashita Marcel, un katangais. Mundos est nommé Commandant du secteur opérationnel Nord-Katanga avec comme état-major à Kalemie au sein de la  2ème zone  de défense. Toi & DESC êtes parvenus à éloigner Mundos des Kivu. Le raïs te lit souvent, tu en as la preuve…« 

L’offensive diplomatique tous azimuts et parfois absurde d’un Kabila qui ne sait plus à quel saint se vouer


Cette offensive diplomatique se fait avec n’importe qui et n’importe quoi, voire n’importe comment, devenant même un fonds de commerce à tous les pseudos stratèges diplomatiques, nationaux comme étrangers. Ainsi, après avoir fait appel, de manière jusque-là plutôt infructueuse, aux Ukrainiens, aux Russes[6], aux Israéliens via Dan Gertler[7], c’est au tour de son bras droit dans le trafic d’armes, le Général d’armée Olenga, son chef d’état-major particulier, que Kabila jette une de ses dernières flèches, pour convaincre Obama sur le bien-fondé de son maintien anticonstitutionnel à la tête de la RDC.

Une mission ultra secrète à Washington en faveur de son boss Kabila


C’est l’information qui vient de parvenir à DESC. Le Général François Olenga a séjourné la semaine coulée aux Etats-Unis pour une mission ultraconfidentielle auprès de l’administration Obama, nous confie une source présidentielle.
Afin d’éviter toute d-fuite d’informations autour de cette mission, Olenga est parti seul en faisant une escale à Tel Aviv où il a rencontré le Premier ministre israélien, fraichement réélu, Benjamin Netanyahou. De là, il s’est envolé directement à Washington pour des entretiens de haut niveau et ultra-secrets. Il devrait en principe regagner Kinshasa ce lundi 1er juin dans la soirée.

La mission avait un caractère confidentiel que tout a été fait pour que personne en RDC n’y soit mis au parfum. Olenga a voyagé à bord d’un jet immatriculé aux Emirats arabes unis. Son passeport n’a pas était estampillé à la sortie à la DGM et il n’a pas obtenu son visa à l’ambassade américaine à Kinshasa. Il a utilisé son passeport allemand pour brouiller les soupçons afin de garder le secret de la mission spéciale que lui a confiée Kabila. Les ressortissants des pays de l’Union européenne peuvent voyager aux Etats-Unis et au Canada sans visa. Selon notre source, Kabila l’a mandaté pour son compte personnel et le rapport de la mission lui sera directement remis, sans intermédiaire. « Le président n’a presque plus confiance à ses collaborateurs à part un cercle très rapproché de personnalité ».

Olenga, en bon opportuniste, prêt à trahir son pacte avec la Russie chez les Américains ?


L’intransigeance américaine vis-à-vis de Kabila l’amène à revoir ses plans alors qu’il y a quelques mois, son pré-carré ne jurait que sur les conseillers russes du FSB, le service secret américain qui lui ont promis monts et merveilles. Voilà ce que ces maffieux russes promettaient à Kabila, alors que nous (JJW) disions à nos interlocuteurs que les russes n’ont jamais aidé aucun dictateur à se maintenir au pouvoir, même en Libye : « Selon une autre source sécuritaire, ce sont les russes du FSB, le service secret russe, qui viennent souvent à Kinshasa qui ont défendu et appuyé cette initiative. Selon leur analyse et leurs arguments, nous informe notre source : « Kabila ne doit pas trop redouter ni craindre l’ingérence américaine. Un Obama en fin mandat a d’autres priorités que la RDC. De plus, selon eux, Obama est un président indécis, sans une vision claire en matière de politique internationale car il change constamment sa position. Voyez comment il tâtonne en Ukraine ou la manière dont il gère approximativement la Syrie avec la ligne rouge, le nucléaire iranien ou encore les bordels libyen et irakien, sans compter le casse-tête Afghan[8] ».

Pour rappel, le général d’armée Olenga dispose d’un solide réseau établi dans l’ex-Europe de l’Est depuis bientôt 50 ans. Il a rencontré Poutine à deux reprises, en août 2014. Le général Olenga a passé la plus grande partie de son exil, entre 1964 et 1996, à Berlin, du temps de la défunte Allemagne de l’est, après une brève formation d’officier dans l’ex-Tchécoslovaquie, envoyé par le gouvernement Gbenye. Son réseau qui part de la Russie, passe par l’Ukraine, la Serbie, la Biélorusse, la Tchéquie, Bulgarie et plusieurs micro-états baltes et balkaniques. C’est particulièrement avec ces Etats qu’il a renforcé la coopération militaire avec la RDC.

D’autre part, selon une autre source : « Olenga est l’homme des réseaux et un ami personnel de Sergei Ivanov, le tout puissant vice-premier ministre russe. Il est en quelque sorte l’antenne russe dans la région des Grands Lacs. Grâce à Olenga, le FSB a des oreilles très étendues jusqu’à Kigali et Kampala, et Olenga reçoit à titre personnel des rapports hebdomadaires des stations du FSB en Afrique de l’Est. Le boss ne peut pas se débarrasser d’un pion d’une telle utilité tant qu’il ne lui a pas trouvé de remplaçant valable. Un autre baroudeur qu‘Olenga, il n’en a pas en RDC et ne l’aura peut-être jamais »
C’est cet aspect qui intéresse particulièrement DESC car il montre un Kabila, plutôt indécis, versatile et indigne de confiance.
En effet, mis dos au mur face à l’intransigeance de l’administration américaine, Kabila veut se servir une fois de Olenga, pour rouler cette fois-ci les Russes. Nous savons que ce n’est pas la première fois qu’Olenga ait été utilisé dans un scénario de volte-face vis-à-vis de ses alliés. La première fois fut lors de l’assassinat lâche de Laurent-Désiré Kabila, avec la complicité des Etats-Unis, dont il fallait absolument se débarrasser avant la fin de mandat de Bill Clinton le 21 janvier 2001. A ce propos, voici ce qu’écrit la journaliste Belge Colette Braeckaman dans son ouvrage : Les Nouveaux Prédateurs. Politique des Puissances en Afrique :

« Pendant longtemps, les enquêteurs congolais chargés de faire la lumière sur les commanditaires de l’assassinat du président [Laurent-Désiré Kabila] se sont montrés circonspects, sachant qu’un excès de curiosité risquait de leur coûter cher. Il apparaît cependant que deux membres du personnel de l’ambassade américaine à Kinshasa avaient suivi de près les opérations, et qu’au lendemain de l’assassinat, une voiture à la bannière étoilée avait conduit à l’aéroport de N’Djili une femme colonel de l’armée américaine, madame Sandursky, qui avait été embarquée sans autres formalités ».
« Plus tard, les enquêteurs devaient retrouver sa carte de visite dans le sac de Rachidi. Le corps de ce dernier avait été déposé dans l’un des congélateurs de la présidence, où il fut pratiquement oublié durant plusieurs semaines ! Au dos de la carte de visite de madame Sandursky, figuraient plusieurs numéros à appeler en cas d’urgence, dont celui du général François Olenga, qui ne fut pas autrement inquiété par la suite[9] ».

Ainsi, pour Kabila, en envoyant Olenga à Washington, il s’agit de leur rappeler les bons et loyaux services rendus aux Américains dans l’élimination physique du Mzee Kabila, nous confie une source du précarré présidentiel.
Pour une autre source, le Général Olenga a plusieurs tours dans son sac. Obama veux régler le conflit de l’Ukraine avant son départ de la maison blanche car une éventuelle arrivée des républicains à la Maison blanche, avec leur position tranchée sur la Russie pourrait aboutir à une grande confrontation armée aux conséquences incalculable. Ainsi, si jamais les accords de Minsk 2 échouent, la guerre va reprendre de plus belle. Il y a de fortes craintes que l’armée russe marche sur Kiev et même au-delà (Républiques baltes). Ce qui serait une grande perte stratégique pour les Etats-Unis et leurs protégés européens. Il s’agit des menaces que Poutine a proférées en privé à Olenga, lors de sa dernière visite à Saint Petersbourg. Compte tenu de la proximité d’Olenga avec les milieux sécuritaires et militaires tant à Kiev qu’à Moscou[10], Olenga est un atout majeur pour Barack Obama dans la situation géostratégique actuelle. D’ailleurs, avant de s’envoler pour les Etats-Unis, une délégation militaire et sécuritaire ukrainienne a séjourné Kinshasa pendant quatre jours. Elle a même eu des entretiens privés avec le président Kabila avec qui ils ont effectué une partie de chasse safari à Bokela, dans les plateaux de Bateke.

Un autre dossier confié à Olenga par Kabila est d’informer l’administration américaine du bien-fondé du dialogue politique / consultations populaires ainsi que lui expliquer sa feuille de route pour un atterrissage en douceur en 2016. Il s’agit également d’expliquer à Washington comment et dans quelle mesure a RDC entend reprendre sa collaboration militaire avec la MONUSCO, actuellement suspendue. Mais notre source précise que ces informations restent incomplètes car le Président et Olenga gardent une très grande discrétion sur cette mission.
DESC reste très dubitatif sur les chances de réussite de la mission secrète du  général Olenga. En effet, juste après son retour, le Département d’Etat est resté dans sa position initiale. Selon Tom Malinowski, secrétaire d’État adjoint à la Démocratie et aux droits de l’Homme, à l’issue d’une visite de quatre jours à Kinshasa : « Le dialogue devrait uniquement être concentré sur les problèmes électoraux et ne pas servir de prétexte pour retarder les élections. Respecter le cycle des élections relèvera du « défi » mais il est « important » de parvenir à une « transition démocratique au sommet en 2016, et qu’aucune mesure ne soit prise entre-temps pour rendre la transition plus difficile ou provoquer un report« .(http://www.jeuneafrique.com/actu/20150604T191546Z20150604T191523Z/rdc-les-etats-unis-demandent-que-le-dialogue-national-ne-retarde-pas-les-lections.html)

Coincé de toutes parts, Kabila utilise son joker et partenaire dans les affaires, le général Olenga pour une mission de dernière chance à Washington. DESC se pose la question si Olenga mesure la portée du risque que Kabila et ses partenaires régionaux en fin mandat lui demandent : sacrifier son alliance traditionnelle, vieille de 50 ans, avec les pays de l’ex bloc soviétique. En voulant jouer au grand écart, manipulant à la fois les Russes et les Américains, c’est sa propre vie même qu’Olenga met en danger en toute inconscience ou connaissance de cause. Tout cela, pour montrer sa loyauté à Kabila qui n’a aucun état d’âme lorsqu’il s’agit de s’accrocher au pouvoir et qui n’hésitera pas à sacrifier à son tour son homme de main Olenga, lorsque celui-ci ne rentrera plus dans ses bonnes grâces ou ne lui sera d’aucune valeur ajoutée stratégique dans la stratégie du déordre ordonné mis en place dans la région des Grands-Lacs.

Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC


[1] Son indifférence totale face aux centaines de milliers d’expulsés du Congo-Brazzaville. Son efficacité et sa complicité politique présumée dans les massacres de Beni. La répression brutale des manifestants en janvier 2015 et la nébuleuse affaire de la fosse commune de Maluku, entravée par le parlement et la justice, là où tout le monde réclame une enquête transparente et l’exhumation des corps.
[2] Après le refus du MLC de Bemba, UNC de Kamerhe, FAC présidé par Fayulu, de l’Opposition républicaine de Kengo et de plusieurs autres partis d’opposition, l’UDPS qui a été au départ favorable au dialogue, vient de jeter l’éponge car ayant compris le stratagème de Kabila.

[3] C’est ainsi que le magazine français Jeune afrique le surnommait dans un article publié en 2011. http://www.jeuneafrique.com/Articles/Dossier/ARTJAJA2612p020-027.xml0/zimbabw-angola-pr-sident-rwandardc-joseph-kabila-mobutu-light.html.
[4] http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=2&newsid=201811&Actualiteit=selected. https://www.foreignaffairs.com/articles/democratic-republic-congo/2015-05-21/carving-congo.


[5] http://desc-wondo.org/desc-confidentiel-pourquoi-kabila-decide-dattaquer-les-fdlr-sans-la-monusco/.
[6] Acculé par les Etats-Unis, Kabila en fin de mandat, voit en Russie un allié stratégique qui va l’aider à se maintenir par la force au pouvoir en 2016. Kabila s’approvisionne en armes en Russie, depuis la fuite de Ianoukovitch d’Ukraine et il envoie des policiers antiémeutes congolais parfaire leur formation en Russie dans la perspective des enjeux et du chaos qu’il compte instaurer en 2016.(http://desc-wondo.org/geostrategy-vladimir-putin-pushes-into-africa-drc-newsweek/). http://desc-wondo.org/desc-confidentiel-inquiet-de-lacharnement-americain-kabila-appelle-poutine-a-la-rescousse/.

[7] http://desc-wondo.org/desc-investigation-loffensive-diplomatique-discrete-gagnante-de-kabila-aux-usa/. http://desc-wondo.org/kabila-en-visite-privee-a-washington-avec-dan-gertler-et-gouvernement-pas-avant-octobre-2014-jj-wondo/.
[8] http://desc-wondo.org/desc-investigation-loffensive-diplomatique-discrete-gagnante-de-kabila-aux-usa/.
[9] Les Nouveaux Prédateurs. Politique des Puissances en Afrique, 2è Ed, Fayard, Paris, 2003 pp. 139-140.
[10] Olenga entretient de très bonnes relations avec Igor Ivanov et Vladimir Poutine depuis l’époque où Poutine était chef de station du KGB à Berlin-Est."

"KABILA NOMME DE NOUVEAUX COMMANDANTS DES FARDC ET DE LA POLICE NATIONALE"
° http://www.forumdesas.org/spip.php?article4205

"RDC : Nomination de nouveaux commandants des FARDC et de la police"
° http://afrique.kongotimes.info/rdc/armee-police/9356-rdc-nomination-nouveaux-commandants-fardc-police-kabila-nomme-nationale.html
° http://www.digitalcongo.net/article/107236

"Après son Cabinet politique : Kabila réorganise le commandement des FARDC !" 
° http://www.laprosperiteonline.net/affi_article.php?id=6613

"Kinshasa: nouvelle mise en place au sein de l’armée et de la police"
° http://radiookapi.net/societe/2015/05/18/kinshasa-nouvelle-mise-en-place-au-sein-de-larmee-de-la-police/


° http://www.forumdesas.org/spip.php?article3098
° http://radiookapi.net/actualite/2015/06/01/rdc-larmee-entame-la-permutation-des-militaires-deployes-beni/
° http://www.lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=11864:le-general-etumba-a-beni-apres-des-nominations-au-sein-des-fardc-les-operations-militaires-contre-les-fdlr-immediatement&catid=90:online-depeches



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# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #





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