L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  ndonzwau le 21/7/2015, 2:35 am

"Suite...

"(...)I. LE COLLÈGE DES COMMISSAIRES GÉNÉRAUX

a) Qui a créé le Collège des Commissaire généraux ?


La déclaration que fait Mobutu dans sa conférence de presse lors de son coup d’État concernant la lutte à mener contre le communisme semble être un élément significatif de l’enjeu. Elle constitue l’antithèse du discours de Lumumba. Le 9 août 1960, celui-ci, après avoir ordonné l’expulsion de
l’Ambassadeur de Belgique et la rupture des relations diplomatiques avec cette dernière, parlait de la France, de l’Angleterre, des USA, de la Belgique et des missions catholiques « comme agents de subversion et représentant l’impérialisme néocolonial ».
Mobutu, lui, annonce le 14 septembre l’idée de la création du Collège sans citer le nom mais détermine son sens voire ceux qui vont le composer et l’assister : « (...) Aucun officier ne sera ministre, ce n’est pas notre rôle. Nous demandons plutôt aux universitaires et techniciens congolais de diriger désormais le pays en dehors de toute option politique. Ceux qui sont encore à l’étranger soit en stage soit à L’université doivent rentrer d’urgence. (...) Ce sont eux qui feront ensuite appel à des techniciens étrangers pour les aider à gérer le pays. Je fais appel à des techniciens Américains et aux Anglais
pour qu’ils répondent favorablement à notre demande » (Cool.


André Lahaye pense que Mobutu n’est pas l’initiateur du projet de « Collège des Commissaires Généraux ». Mais Lahaye dit ne pas savoir de qui il émane, prenant vite la précaution d’ajouter qu’on ne peut songer à lui-même ! Selon plusieurs sources, l’initiative de la création du Collège serait externe à Kasa Vubu, qui continuait à préférer voir Iléo gouverner. Bref, la paternité de ce projet est à rechercher ailleurs
que chez les Congolais.
Mobutu a parlé d’une réunion des officiers qui avait précédé la conférence de presse. Les officiers Marlière et Kettani y auraient pris part et auraient été au courant. Serge Michel
déclare :
« (...) on a pratiquement terminé parce qu’en fait on l’avait même photographié (9 ). Il (Mobutu) est filmé(...), on voit l’officier marocain à côté de lui. Or là, Kettani a carrément avoué, en laissant faire des officiers marocains qui n’avaient plus le casque bleu, qui étaient simplement des officiers marocains
et qui accompagnaient dans ses déplacements, le jour du coup d’État, qui accompagnaient Mobutu. Il y avait un chauffeur et il y avait les deux officiers, il y avait un lieutenant et un capitaine, un capitaine qui était toujours à côté de lui, qui lui donnait des conseils. Et Mobutu suivait (...) » (10)
.
Pour le recours aux étudiants, on dispose d’une indication particulièrement significative : une lettre manuscrite écrite de Bruxelles le 9 juin 1960 par André Mandi à Patrice Lumumba.
_____________
(Cool À noter que tout le monde se gardait de prononcer à haute le
mot Belge. Cfr R.2, pp. 2-4.
(9) Cfr. Le film de Christian Mersnil, « Du Zaïre au Congo: Le
coup d’État de Mobutu ».
(10) Cfr. R.2, P. 53.


« Mon cher Patrice,
Les circonstances m’obligent de t’écrire cette lettre. J’y tiens particulièrement pour te mettre au courant d’une série de problèmes qui méritent une attention particulière. Comme tu le sais, un groupe de travail a été constitué à l’issue de la Conférence Économique et que Mobutu et moi-même en faisons partie. Les travaux de ce groupe se sont déroulés dans une atmosphère de corruption déconcertante. Certains collègues se sont montrés des collaborateurs de l’administration et cela d’autant plus que l’Administration ou plutôt le ministère du Congo et les milieux financiers essaient d’inféoder le Congo.
Les problèmes les plus importants qui furent discutés sont :
— Le Statut de la Banque Centrale
— La Société de développement et enfin les parastataux.
En ce qui concerne la « Banque Centrale », je te mets sur tes gardes. En effet, la Belgique a fait voter des lois d’urgence pour nommer certains congolais corrompus à des postes de haute administration. Il y a lieu de ne rien accepter et surtout prends garde pour des étudiants » (11).


Composition du collège

Justin Bomboko, est désigné pour diriger le Collège des Commissaires généraux. Il avait été jusque là ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Lumumba, puis du gouvernement Iléo. Albert Ndele, son adjoint, représente le camp Kasa Vubu. Il était chef de cabinet du ministre « abakiste » des finances, Pascal Nkay. En fait, cet homme qui prendra la tête de la Banque centrale, bénéficiait aussi de soutiens extérieurs, surtout en Belgique, qui le positionnait depuis la Table ronde économique d’avril-mai 1960 pour diriger les structures financières du Congo indépendant (12).
Justin Bomboko n’est pas à Léopoldville au moment de la constitution du Collège des Commissaires généraux. Craignant les représailles de Lumumba et de l’opinion après qu’il eut contresigné la révocation de Lumumba par Kasa Vubu, il a pris la fuite. D’abord caché à l’ambassade des USA à Léopoldville, il a quitté le Congo. Il sera de retour à Léopoldville le 2 octobre 1960.
À la première réunion du Collège qui a lieu le 21 septembre, et qui est présidée par Ndele (qui donne lecture des membres composant le Collège), quatre Commissaires — Lihau, Mpase, Loliki et Bolela — se trouvent encore à Bruxelles, et sont invités à rejoindre Léopoldville au plus tard samedi.

La désignation des membres qui devaient composer le Collège ne serait pas directement le fait de Mobutu ou de Kasa Vubu, qui n’auraient fait que dicter quelques noms. C’est Ndele qui se charge de sa mise en forme avant l’arrivée de Bomboko. Par la suite, la présence de Bomboko effacera totalement Ndele. La lecture des P.V. montre combien l’autorité du premier domine tous les membres du Collège : c’est lui qui
donne l’information, oriente le débat, fait des observations aux propositions émises par les autres membres. Ceux-ci auront souvent tendance à vouloir mener des discussions sur le mode
_____________
(11) Cfr. R.2, pp. 23-24.
(12) Voir lettre de André Mandi à Lumumba, R.2, pp. 23-24.


écolier et accordent de l’attention à leur sécurité et aux avantages liés à leurs fonctions.
Au moment de la composition du Collège, Ndele exclut André Mandi, un mungala (ethnie Gombe) de la Province de l’Équateur, bien que celui-ci participe à la première réunion sans y être invité. Ce dernier, qui s’était opposé à Ndele lors de la Table ronde économique, avait écrit le 9 juin 1960 à Lumumba une lettre le mettant en garde contre les manœuvres de Ndele présenté comme un pion préparé pour défendre les intérêts de le Belgique au Congo Indépendant (13).
Thomas Kanza ne pouvait faire partie du Collège, non parce qu’il s’affichait comme proche de Lumumba mais parce que Kasa Vubu et ses partisans « abakistes » comme Ndele ne pouvaient admettre son incorporation dans le groupe. Thomas Kanza ou Joseph Okito, n’ont pas commencé dans le lumumbisme et ne sont pas demeurés des lumumbistes fidèles tels que l’histoire et/ou l’opinion retient généralement d’eux (14).
Dans la composition du Collège des Commissaires généraux, les critères d’« ethnie » et d’« école » ont certes facilité le choix des membres. Mais il ne s’agit là que d’éléments repères dont le socle était de plus en plus le clientélisme, suite à l’influence non seulement des pouvoirs politiques mais aussi de ces enseignants d’universités belges sur leurs (anciens) et peu nombreux étudiants congolais. La composition du Collège devait être anti Lumumba. Seuls certains postes semblent avoir fait l’objet d’une délibération réelle.

Les Commissaires généraux sont pour une grande majorité originaires du Bas-Congo (ethnie Yombe), du Kasaï (toutes les tendances) et de Bandundu (district du Lac Léopold II). Du point de vue de la représentation provinciale, Léopoldville compte à elle seule près de la moitié des membres; la Province Orientale, le Katanga et le Kivu sont les provinces les moins représentées; certains de leurs membres sollicités ont refusé. Malgré le nombre moyen de ses membres, la Province de l’Équateur est pourtant la plus intégrée dans la prise de décision. C’est que, si le problème de la majorité ethnique kongo à Léopoldville joue, les Bangala, moins organisés politiquement, ont occupé de nombreux postes dans l’administration coloniale et surtout dans l’armée.
La majorité des membres du Collège des Commissaires généraux entretiennent des relations avec les milieux catholiques. C’est le cas également des collaborateurs du journal « Courrier d’Afrique » qui entre en conflit avec Lumumba dès la création du MNC en octobre 1958. Les trois (fausses) lettres de Lumumba diffusées en septembre 1960 auraient été rédigées par des personnes proches de ce milieu. Lumumba interdit la parution du « Courrier d’Afrique », mesure qui est levée par Kasa Vubu. Le Collège utilise ce périodique pour diffuser des écrits s’en prenant à Lumumba.
_____________  
(13) Voir lettre de André Mandi à Lumumba, R.2, pp. 23-24.
(14) Cfr. R.2, pp. 68-69; p. 70
.


c) Fréquence des réunions et assiduité des membres

Au mois d’octobre 1960, les Commissaires sont au nombre de 37, les retardataires du début ayant rejoint l’équipe de départ. Mais il y aura encore des nouveaux arrivants : Pongo est intégré au Collège à cause de son activisme (15)contre les lumumbistes, Auguste Kalanda vient prendre la place laissée vacante par Albi Bindo qui, profitant d’une mission en Belgique, n’est plus revenu. Peut être a-t-il été dégouté de tout ce qu’il avait observé, tout comme José Nussbaumer — à qui il fut même confié l’important poste de Commissaire titulaire de
l’Intérieur — qui affirmera après quelques participations : « Je suis là parce qu’on a fait appel à moi. Je retournerai (en Belgique) dès que çà sera fini. »(...)"
° http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_7_page_930_to_988.pdf


Demain la suite...
"




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 21/7/2015, 6:08 pm

Il y a également en abondance sur Internet des éléments audio-visuels, à la portée de tous, qui mettent en action et font parler les acteurs politiques congolais de l’époque sur le coup. Ce sont des témoignages instantanés, presque non filtrés des événements. Prenez le temps de visionner de temps en temps ces éléments pour entendre de vous-même de vives voix, nos hommes politiques de l'époque et vous faire votre proper opinion sur les uns et les autres.

A propos de la mort de Lumumba par exemple, seul, peut-être, Iléo, a exprimé sa désapprobation envers l’assassinat de Lumumba qu’il a qualifié d’un acte inhumain; seul Iléo a fait montre de compassion envers Lumumba.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  ndonzwau le 21/7/2015, 11:50 pm

"Suite...

Membres du Collège des Commissaires généraux
( Nom—Fonction exercée—Université / École fréquentée)


1.  Bomboko Justin — Commissaire Général aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur; Président du Collège - Université Libre de Bruxelles
2.  Ndele Albert — Commissaire Général, Finances et Questions Monétaires ; Vice-Président du Collège -  Louvain
3.  Bokonga Charles — Commissaire Général au Travail et à la Prévoyance Sociale -  Louvain
4.  Cardoso Mario — Commissaire Général à l’Education Nationale, à la Jeunesse et sport; porte parole du Collège -  Louvain
5.  Bindo Albi Valentin — Commissaire Général à la Fonction Publique - Université Libre de Bruxelles
6.  Kalanda (Mabika) Auguste — Remplacera fin octobre A. Bindo qui a déserté son poste -  Université Lovanium de Léopoldville
7.  Kazadi Ferdinand  — Commissaire Général à la Défense Nationale - Université Lovanium de Léopoldville
8.  Lebughe Pierre — Commissaire Général à l’Agriculture et aux Classes  Moyennes -  Université Lovanium de Léopoldville
9.  Lihau Marcel — Commissaire Général à la Justice -  Louvain
10.Masanga Joseph — Commissaire Général Aux Travaux Publics - Université Lovanium de Léopoldville
11.Mbeka Joseph — Commissaire Général à la Coordination Economique et Plan - Université Lovanium de Léopoldville
_____________
( 15) D’abord officier de liaison du Collège des Commissaires généraux avec l’extérieur, il devient Commissaire (adjoint) au Transport et aux Communications sur proposition d’Aubert Mukendi; enfin, redevient officier de liaison après qu’il ait ramené Lumumba à Léopoldville le 2 décembre 1960.

12.Bolela Albert — Commissaire Général à l’Information; Porte parole du Collège -  Louvain
13.Mpase Albert — Commissaire Général aux Affaires Sociales -  Louvain
14.Mukendi Aubert — Commissaire Général aux Télécommunications -  Université de Liège
15.Nussbaumer José — Commissaire Général à l’Intérieur -  Louvain
16.Tshibamba Marcel — Commissaire Général à la Santé Publique -  Université Lovanium de Léopoldville, avec stage à Louvain
17.Atundu Albert — Commissaire aux Affaires Sociales -  Ecole d’Assistant Social à Hervelee
18.Bizala Cléophas — Commissaire à l’Education Nationale, à la Jeunesse et Sport  -  Université Lovanium de Léopoldville
19.Bo-Boliko André — Commissaire au Travail et à la Prévoyance Sociale -  Ecole d’Assistant Social à Hervelee
20.Kandolo Damien — Commissaire à l’Intérieur.-  (Syndicaliste)
21.Kashemwa Ernest — Commissaire aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur - Université Lovanium de Léopoldville
22.Kasongo Julien — Commissaire au Plan et à la Coordination Economique - (Ecole Professionnelle au Congo)
23.Kapella Pascal — Commissaire à l’Information - (Institut de Journalisme en Belgique)
24.Konde Zépherin  — Commissaire à l’Information - Louvain
25.Kungula François  — Commissaire à la Fonction Publique -  ( ?)
26.Loliki Evariste — Commissaire aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur - Louvain
27.Lukusa Félicien — Commissaire à la Fonction Publique -  Louvain
28.Mukamba Jonas — Commissaire à l’Intérieur.- Louvain, mais suivait aussi le droit à l’ULB
29.Mushiete Paul — Commissaire aux Finances -  Louvain
30.Ngondo Claude — Commissaire à l’Agriculture - Université Lovanium de Léopoldville
31.Ngyesse François (JeanMarie) — Commissaire aux Classes Moyennes - Louvain
32.Pongo Gilbert — Commissaire au Transport et aux Communications - (Ecole professionnelle au Congo)
33.Tshisekedi Etienne — Commissaire à la Justice -  Université Lovanium de Léopoldville
34.Waku Honoré — Commissaire à l’Éucation Nationale -  Université Libre de Bruxelles
35.Watum Nestor — Commissaire à la Défense Nationale - Université Lovanium de Léopoldville
36.Takizala Henri — Commissaire aux Travaux Publics - Université Lovanium de Léopoldville
37.Ngwete Martin — Commissaire à la Santé Publique -  Louvain
38.Posho Joseph — Commissaire aux Travaux Publics. - Université de Liège

À la première réunion du Collège, le 21 septembre, le dé- sordre est total.
« (…) M. Mbeka voudrait faire deux remarques :
1° Il fait d’abord arrêter la procédure des travaux du Conseil pour la bonne continuation des affaires. Il souligne ce point étant donné que par manque de procédure et méthode, le Collège peut être automatiquement amené à être aussi inefficace que les ministres qui n’avaient pas encore de méthode
2° Il peut ensuite avoir la discipline au sein du Collège tant au point de vue ponctualité que dans la manière de prendre la parole. Il fait remarquer que depuis le commencement tout le monde prend la parole quand il lui plaît sans demander, et ainsi tous les membres arrivent à parler à la fois.
Les membres du Conseil jugent très pertinentes ces observations et promettent désormais d’être disciplinés. ».  


La régularité des membres aux réunions est très contrastée, généralement faible. 21 membres sur 37 n’ont pas participé à la moitié des 45 rencontres pour lesquelles des P.V. sont disponibles. Bomboko est présent à 15 réunions et, pour un certain nombre desquelles il arrivait à la fin ou les quittait au milieu; Ndele assiste à 14 rencontres et Kandolo, lui, à 9 seulement. Ce qui amène certains membres du Collège à discuter de la possibilité d’octroi d’une prime à ceux qui se font réguliers, comme Tshisekedi et Kashemwa les deux plus réguliers de tous, avec 33 présences. Il est proposé le 21 décembre 1960 « qu’une lettre de menace soit adressée aux absents réguliers, notamment MM. Ndele et Kandolo pour leur menacer la démission au cas où ils ne veulent plus venir aux réunions. ».
Des telles mesures n’avaient aucune chance d’aboutir, d’abord parce qu’elles touchent Bomboko ou Ndele, ensuite parce que ceux qui se déchaînent contre les absents ignorent ce que ceux-ci font en dehors du Collège.
En fait, plus de la moitié des réunions du Collège ont été tenues avec moins de cinquante pour-cent des membres pré- sents, encore que parmi ceux-ci beaucoup arrivaient en retard. La réunion du 15 novembre n’aura compté que 8 membres ! Un fléchissement se fait sentir au niveau de la présence aux réunions à partir du mois d’octobre; il s’accentuera en novembre.
Sur les 45 réunions du Collège pour lesquelles des P.V. sont disponibles, 10 sont dirigées par Bomboko, 11 par Ndele, 6 par Ngwete, 3 par Bizala, 2 par Kazadi, Mbeka et Bokonga respectivement, 1 par Loliki, Lihau, Mushiete, Mukendi, Watum et Cardoso. On voit qu’il y n’y a aucun ordre de préséance entre les membres compte tenu des postes occupés, à part ceux du Président et de son Vice; en leur absence, « n’importe » quel membre prend la direction de la rencontre, titulaire ou adjoint, peu importe. Trois procès-verbaux n’indiquent pas le nom de la personne qui a assuré la direction en l’absence de Bomboko et de Ndele; un de ces P.V. ne donne même pas la liste des présences à la réunion.
On dispose de (presque) tous les P.V. de réunions de la première période de l’existence du Collège, soit de septembre à décembre 1960. Sur les 45 procès verbaux des réunions du Collège des Commissaires généraux disponibles, 44 couvrent cette période. Par la suite le Collège a vu son mandat prolongé de manière non déterminée, aucune périodicité ne fut fixée ni aucune mesure ne l’a déterminé.

« (...) Bo-Boliko : (...) je voudrais savoir, puisque nous sommes à 8 jours du 31 décembre date à laquelle il était porté à la connaissance du public que le mandat des Commissaires Généraux prendra fin, ce que va devenir le Collège après cette date. Je suggère que nous devons, dès maintenant, préparer notre acte de démission pour être logique avec nous même, cet acte sera apporté au Chef de l’État et au Colonel Mobutu, quitte à ceux-ci de nous dire où en est la situation exacte et encore à eux de nous indiquer les mesures à prendre. ».
« M. Tshisekedi : Dans cette histoire de date, c’est un manque de finesse que le Colonel Mobutu avait commis. Au fond, il n’y est pas question de nous en aller et de laisser un vide au pays avant que les politiciens soient arrivés à une décision commune » (16).


La fréquence mensuelle des réunions se présente comme suit : 6 pour le mois de septembre, 19 pour octobre, 11 pour novembre, 8 pour décembre et 1 pour janvier 1961. À partir de la dernière réunion du mois de décembre 1960, tenue le 27, on ne dispose plus des comptes rendus des réunions du Collège des Commissaires généraux jusqu’à l’annonce de son arrêt le 9 février 1961. Et donc aucun compte rendu n’existe avant la seule réunion du 21 janvier 1961 qui eut lieu quatre jours après l’assassinat de Lumumba. Des convocations sont lancées pour certaines rencontres, comme pour celles de 5 et 6 janvier 1961. On pourrait penser que l’envoi de convocations écrites (lors des réunions antérieures, le mode de convocation était oral) pour des réunions qui doivent se suivre constitue un signe que rien n’allait plus au Collège à ce moment-là. La baisse d’assiduité des membres constatée depuis plusieurs semaines déjà est devenue critique; le temps de vie du Collège étant dépassé, sa survie devient incertaine, d’autant que d’autres regroupements (équipe gouvernementale Iléo, Groupe de Binza, ...) concurrents se tiennent parallèlement. Les Commissaires généraux affirment au cours de leurs conseils que Iléo leur devient hostile. Le 28 décembre, le Collège a une rencontre avec l’équipe gouvernementale proposée par ce dernier (Iléo). Les Commissaires généraux pressentis pour y faire partis se montrent réticents à son appel. « (Ils) ont fait savoir qu’ils devaient préalablement s’en référer au Colonel Mobutu et à M. Kasa Vubu, le Chef de l’État » (17). Iléo ira présenter son équipe ministérielle à Kasa Vubu le jours d’après. Il ne parvient pas à le convaincre, ce qui donne du répit au Collège qui va ainsi prolonger son existence en attendant la table ronde promise. Mieux, en attendant voir « résolu » le cas Lumumba. À ce moment, se prépare l’offensive militaire qui donna l’espoir de voir réduits assez rapidement les bastions lumumbistes de l’Est du pays, espoir qui se soldera par un échec cuisant. Gilbert Pongo, un élément les plus fracassants du Collège contre Lumumba a été fait prisonnier et l’Administrateur général de la Sûreté, Nendaka, en avait échappé belle.
Victor Nendaka affirme qu’il y eut une réunion du Collège qui dura deux jours, les 13 et 14 janvier 1961, marquée par la participation d’une délégation venue du Congo Brazzaville. Nendaka croit savoir que l’objet de cette rencontre fut l’affaire Lumumba. Sans disposer de ce procès verbal qui aurait été riche en informations, nous avons néanmoins trouvé pour cette période des allocutions de Bomboko, Ndele ou des commu-
_____________
(16) Cfr. R.1, PP. 90-94. (17) Cfr. La Dernière Heure du 30 décembre 1960; La Libre Belgique Du 29 décembre 1960.
(17)  Cfr. La Dernière Heure du 30 décembre 1960; La Libre Belgique Du 29 décembre 1960.


niqués de Bolela, qui continuent à se présenter au nom du Collège, ironisant sur le sort de Lumumba déjà assassiné. Si la date n’est pas mentionnée sur certains documents, leur contenu indique qu’ils datent d’après le 17 janvier 1961.
Une allocution de Bolela dont le document porte le n° 56, intitulé « éditorial », à la radio de Léopoldville. Bolela s’en prend au Conseil de Sécurité de l’ONU qui tenait une session dans laquelle l’« affaire congolaise » est inscrite à l’ordre du jour. Cette réunion a inscrit à l’ordre du jour, affirme le porte parole du Collège, les points suivants :
« 1° neutralisation de l’Armée congolaise que commande le Général Mobutu;
2° libération de M. Patrice Lumumba de sa prison du Katanga pour qu’il reprenne sa place de Premier ministre de la République du Congo;
3° réouverture du Parlement congolais;
4° expulsion du Congo de tous les Belges, afin qu’ils soient sans doute remplacés par des communistes. ».

Dans sa conclusion, M. Bolela s’adressant à l’ONU déclare:
« Que l’ex-Premier ministre Lumumba se trouve en prison au Katanga ou à Thysville, c’est toujours au Congo, le pays qui l’a vu naître. C’est là une affaire qui ne regarde que nous et personne d’autre. ».

Suivront d’autres communiqués :
— Allocution de Mr. Bolela du 22 janvier 1961: le nom de Lumumba n’est pas cité, l’ennemi du Congo, c’est le communisme; les provinces rebelles sont celles du nord-est (sous contrôle de Gizenga et Kashamura), le Katanga et le SudKasai ne sont pas cités.
— Allocution de M. Bolela du 24 janvier 1961: l’accent est mis sur les tortures et les tueries qui se passent dans les provinces et les territoires rebelles sous Gizenga et Kashamura, sur les « faux » nationalistes dont se « prévalent certains ».
Pas un mot sur le transfert et le sort de Lumumba.
Avec la mise en place du Gouvernement Iléo le 9 février, c’est la fin à la « mission » du Collège annoncée par Kasa Vubu. Deux anciens Commissaires généraux, Lihau et Bomboko, — Bizala ayant « refusé » le poste de l’Education — font partie du Gouvernement formé; l’ex Président du Collège (garde) redevient ministre des Affaires Etrangères. Un de deux portent parole du Collège, A. Bolela, viendra faire une allocution à la radio le lendemain. Il rend hommage au Président Kasa Vubu, annonce « l’acquis à l’idée d’un grand Congo fédéral et prospère, qui se voit confier les rênes de commandement » (18). Cette manière de clôturer les travaux du Collège, et surtout les idées exprimées dans les divers communiqués à la radio semblent désigner l’ennemi et le sentiment qu’on éprouve à son égard, mais aussi quels seraient les alliés et le sens de la victoire ainsi obtenue.
_____________
(18) Cfr. R.1., p. 96.

[i]d) Illusion de posséder le pouvoir[/i]

C’est Mobutu qui annonce, en septembre 1960, la création du Collège. Dès sa mise en place, celui-ci a cherché à mieux comprendre sa mission et le cadre de son évolution. Il n’y aura point de réponses précises, cela suscite des ambitions souvent démesurées.
Voici une discussion qui a eu lieu à la réunion du 24 septembre 1960 :
« M. Bizala demande des précisions. Il voudrait savoir qu’est ce qui nous amène ici ?
Sur quoi le Président (Ndele) lui répond : nous avons répondu à l’appel du Colonel Mobutu. Ce Collège doit donc prendre en mains la conduite du pays c’est-à-dire jouer au Gouvernement.
M. Tshibamba : Selon le Colonel Mobutu, il s’agirait seulement de liquider les choses courantes. S’agirait-il des choses primordiales c’est-à-dire urgentes ?
M. Tshisekedi demande que le Collège définisse sa compétence. Il nous appartient, poursuit-il, de définir notre rôle. Le Colonel s’est lavé les mains en nous appelant. Neutralisation : quid ? J’entends par là que nous prenons la place des ministres, ne fût-ce que tout l’exécutif. Nous devons avoir la même compétence qu’un gouvernement. nous aurons une compétence plus que les ministres, celles de légiférer.

(...)
M. Ngwete fait une observation: je ne vois pas comment ne pas prendre toute la situation en mains. Mais est-ce là la réelle interprétation de M. Mobutu ? On a des exemples où l’on s’est heurté à sa volonté; d’où il faut le consulter au préalable.
M. Tshibamba fait alors remarquer que nous ne serons pas jugés seulement pas les Congolais, mais par l’opinion internationale (l’ONU, les Ambassades, etc.).
(...)
M. Lebughe prétend que c’est là une mauvaise interprétation des intentions du Colonel Mobutu. Pas question de quelques affaires courantes, mais nous devons avoir tout le pouvoir.
(...)
M. Ndele signale qu’il nous est impossible d’exécuter un pouvoir exécutif actuellement sans pouvoir législatif. Nous assumons les deux pouvoirs. Comment donner du travail à tout le monde si l’ordre n’est pas maintenu ? Nous devons donc assumer tous les pouvoirs. ».


Si telles sont les prérogatives que se donne le Collège, quel est alors le statut de Mobutu ? à quel niveau le place-t-il ? et Kasa Vubu, qui malgré la secousse est maintenu à son poste de Chef de l’État ?
Voici les réponses que donnent les Commissaires au cours du Conseil du 24 septembre.
« Ndele : Comment considérons-nous le Colonel ?
M. Waku y voit deux phases :
— avant c’est le Colonel qui parlait,
— après l’installation du Collège il dépend de nous, comme il dit lui-même.
M. Ngyesse : nous avons pris la place des ministres, alors quels rapports avaient ceux-ci avec l’armée ?
M. Lebughe croit, pour sa part, que toutefois il faudra de temps en temps l’informer de choses importantes.
M. Tshibamba se demande si en remplaçant le Parlement et le Gouvernement nous serons les seuls engagés, le Chef de l’État devant rester neutre.
M. Ngwete fait remarquer ceci : si le Colonel avait pris le pouvoir, la chose serait claire, nous dépendrions de lui. Mais actuellement, il est notre subalterne.
M. Ndele : il faut distinguer des phases comme le dit M. Waku.
Dans la deuxième phase, le Colonel Mobutu est notre subalterne, mais subalterne spécial qu’il ne faut pas marcher sur la queue. Il est vrai que c’est nous qui donnerons des ordres au Colonel, mais par délicatesse nous avons l’informer officieusement. Son pouvoir sans nous est quand même réel, le nôtre étant officiel. Nous avons besoin de son oui officieusement. Donc la position du Conseil est très sage.
M. Mpase trouve également sage le processus employé par le Colonel. Il nous faudra, dit-il, éviter de parler du Chef de l’État à haute voix.
M. Ngwete : normalement Mobutu ne pouvait pas neutraliser le Chef de l’État sans prendre le pouvoir. Cela a réussi parce que toute la situation a été faussée au point de départ, quant au Chef de l’État, il a été considéré comme un leader politique et non comme un homme neutre.
M. Lebughe se demande si le Colonel Mobutu maintient encore aujourd’hui sa neutralisation du Chef de l’État.
M. Mpase fait remarquer que les faits actuels prouvent qu’il ne le maintient plus. ».


Avec la libération de Mpolo et Gizenga, libération que Mobutu « décide » sans se référer au Collège déjà en fonction, les Commissaires généraux se mettent à l’épreuve du pouvoir.
Mieux, ils commencent réellement à mesurer leur pouvoir, sa dimension et sa portée.
À cette même réunion du 24 septembre, les interventions des Commissaires se poursuivent :
« M. Cardoso pose la question de savoir si nous devons mettre le mandat d’arrêt (de Lumumba) à exécution oui ou non, le Colonel Mobutu n’ayant pas répondu.
M. Lihau fait savoir qu’il a demandé au Colonel s’il pouvait utiliser la gendarmerie. Ce dernier a répondu par la neutralité, etc. L’Armée est plus ou moins disposée à exécuter les
mandats d’arrêt.
(...)
M. Ngwete estime qu’ayant répondu à l’appel du Colonel Mobutu, les Commissaires Généraux ne peuvent tolérer qu’il ne les soutienne plus. Cela étant, la solution est simple : on n”existe plus. »
.

Au conseil du 27 septembre, l’inquiétude persiste. « Le Colonel Mobutu n’exécutant pas toutes les promesses faites, les membres du Collège, se demandent dans un autre ordre d’idées, s’il jouait un jeu franc. Pour preuve de l’incertitude, le Colonel n’a pas réalisé la double ceinture autour de la résidence
de M. Lumumba. ».

Menaçant de démissionner, les membres ne vont pas jusqu’à mettre à exécution ce qui paraît être un vœu. C’est qu’on ne lâche pas (une position de) le pouvoir, même faible ou inexistant. Malgré la déception, peut être qu’il faudra continuer à y insister, peut être qu’une fois sa marchera.
Pour sortir de cette impasse, le Collège cherche des issues.
Certains de ses membres, comme Cardoso, sont allés jusqu’à estimer au Conseil du 24 septembre, que « Mobutu est une corde à notre arc. Il faut essayer d’en avoir une deuxième. Au lieu de compter seulement sur l’Armée, dit-il, tâtons aussi du côté de la police pour voir. ».

Le Collège se rapproche du Chef de l’État en allant chercher de son côté une légitimité, ou mieux obtenir tout ce qu’il désire comme pouvoir. Ce qui est fait le 29 septembre : Kasa Vubu, qui procède à  l’installation du Collège, promulgue un décret « constitutionnel » relatif à « l’exercice des pouvoirs
législatifs et exécutifs à l’échelon central ».
Si le Collège trouve une satisfaction rapide du côté Kasa Vubu, c’est parce qu’aussi ce dernier retrouve à travers cet acte, une ouverture pour sa propre réhabilitation. Car, il est maintenant vu que la seule nomination par Mobutu n’avait pas suffit.
En apprenant cela, Mobutu se fâche pour ce qui paraît être un désaveu, un geste qui méconnaît son autorité.
Voici la nouvelle qui a été annoncée au Collège trouvé en plein conseil, le jour même :
« (...) M. Kapela entre pour annoncer que le Colonel Mobutu est très fâché de ce qui vient de se passer ce matin chez le chef de l’État et prépare un communiqué qui passera ce soir à la radio.
M. Ndele propose qu’une délégation composée de MM. Kazadi, Kapela et Tshisekedi aillent voir immédiatement le Colonel et lui expliquer la portée de notre geste. En cas de maintien du communiqué, tout le Conseil est d’accord pour démissionner en bloc au cas évidemment où ce communiqué
serait un démenti. ».

Un premier constat : ce n’est pas Ndele, le Vice-Président du Collège et Président ad intérim en l’absence de Bomboko qui conduit la délégation; il n’en fait même pas partie.
Un deuxième constat, à travers la réaction du Conseil, se lit le «désarroi» des Commissaires généraux. On avait craint à ce moment que n’éclate un conflit entre Mobutu et Kasa Vubu, ce qui aurait renforcé les chances d’une réconciliation entre politiques Congolais, et donc un possible retour de Lumumba dans le jeu.
Mais Kasa Vubu et Mobutu ont tous deux peur de Lumumba, de même que les Commissaires généraux.
Mobutu lui-même n’est pas encore assez fort, il ne rassemble pas sous son autorité toutes les unités et personnalités de l’armée. Il continue à identifier les meilleurs éléments pour les approcher. Le paiement des soldes grâce à l’argent qui commence à arriver de Belgique constitue le meilleur appât
auquel beaucoup de Congolais mordent.

Mobutu ne peut encore décider sans le visa de son « entourage politique et militaire » qui en partie approche aussi Kasa Vubu. Son jeu paraît être celui-ci : il juge le Chef de l’État faible mais le préfère à Lumumba qui l’écrase; il va continuer à tenir à distance le Collège, qui présente beaucoup d’ambitions de pouvoir, en le gardant comme un organe sans force mais qui sera utilisé en fonction des opportunités. Télégramme du 18 novembre du ministre des Affaires étrangères à Bruxelles au Consulat de Belgique à Brazzaville :
« (...) Belgique n’a pas à prendre position à l’égard d’une autorité centrale tant que Congo ne demande pas rétablissement relations diplomatiques. Considère que Collège Commissaires n’ont pas grand avenir politique car ne disposent pas d’un support ethnique ni d’un appui des partis. Cet élément joue également en leur faveur car les leaders politiques ne les considérant pas comme de rivaux leur permettant d’effectuer travail effectif. Belgique continuera à donner suite à leurs demandes et à régler avec eux questions purement techniques. » (19).
Pourtant les Belges restés au Congo par exemple agissant soit en leur nom propre (R.2, pp. 72-73), soit en celui de leur autorité politique à Bruxelles (20) qui leur attribue des tâches (R.2, p.192) ou qu’ils tiennent au courant de leurs activités quotidiennes selon l’opinion de leur pays vont appuyer le Collège pour atteindre et obliger Kasa Vubu à agir afin de réussir des actions directement politiques.
Télégramme du 1er décembre de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministère des Affaires étrangères à Bruxelles; reproduire au ministère des Affaires Africaines et Caeymax :
« e/70/a communiqué à Crokart qui m’informe : (...) 8. Suite évasion Lumumba, réaction immédiate Collège Commissaires Généraux et gouvernement Iléo indispensable sous double aspects militaire et psychologique. Cependant désorganisation et inerties totales et Kasa Vubu être inopérant à ce jour. Nombreuses pressions en cours pour provoquer cette action. Impossible sera tenté. » (21).

[i]e) Le choix de Bomboko pour diriger le Collège[/i]

Si Bomboko est choisi, en son absence, pour diriger le Collège, c’est parce qu’il est considéré comme constituant un pouvoir à même de contrer Lumumba. Comment expliquer ce choix ? Malgré sa participation à la Table Ronde politique de Bruxelles, Bomboko est un des rares politiques Congolais opérant à Léopoldville, non membre du PNP, qui continue à désavouer l’octroi rapide de l’Indépendance au Congo par la Belgique. Ainsi le jugement de Lumumba sur la colonisation s’oppose à celui de Bomboko pour qui « Les Belges ont été des bons colonisateurs. Il y a eu quelques imperfections mais rien n’est parfait dans ce monde ... ».
Bomboko joue un rôle politique favorable à l’intervention des troupes belges en juillet 1960 contre l’avis de son gouvernement et même du Chef de l’État. Il passe pour l’homme qui protège les Belges au Congo. Télégramme daté du 18 octobre 1960 du Consulat de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles :
« Reçu de Lahaye information suivante : Citation au cours longue conversation avec un ami Belge, Bomboko s’est amèrement plaint des articles dans lesquels il est décrit comme pro-belge. Bomboko déclare que de tels articles sont très néfastes pour l’opinion politique congolaise, toujours sous le coup de la propagande de Lumumba. De-
_____________
( 19) Texte intégral du télégramme, R2, p.71.
( 20) Si pour certains cas la distinction semble facile, d’autres laissent planer le doute tant l’accès à la pièce à conviction arrive à manquer; ce qui est souvent le cas.
( 21) texte intégral du télégramme, R.2, p.73


mande que journaux belges (22)cessent publier articles de ce genre et se déclare obligé attaquer gouvernement belge pourse maintenir. Il assura son interlocuteur de son désir de parvenir à renouer une réelle entente entre Belgique et Congo et s’affirma plus occidental que congolais. ».
Bomboko passe pour le produit du professeur A. Doucy, son parti l’« Union Mongo » naît à Bruxelles la veille de la tenue de la Table Ronde politique. Dans sa lettre datée de Bruxelles le 30 mars 1961, adressée à M. Collard, François Perin parle de ce soutien :
« (…) Quant aux hommes dits de gauche du gouvernement Iléo (celui de février 1961), c’est-à-dire Justin Bomboko et Cyrille Adoula, c’est une erreur foncière de les avoir soutenu, parce qu’ils ne jouissent pratiquement d’aucun appui populaire. Ce sont des hommes seuls, occidentalisés, effrayés
par la puissance de Lumumba et secrètement envieux à l’égard de la fascination qu’exerçait sur les foules le leader assassiné.
Notre ami Arthur a raison quand il appuie Sendwe parce que ce dernier a derrière lui tout un peuple au Katanga. En conseillant son ex-élève Bomboko, compromis avec Mobutu dans le coup d’État militaire qui a supprimé le Parlement à majorité lumumbiste, Arthur Doucy s’appuie sur le vide (le parti de Bomboko, l’Union Mongo, créé artificiellement et hâtivement en mars (?) 1960 avec l’appui de Solvay représente un
député sur 137).
L’erreur de Doucy est celle d’une optique purement individualiste. On ne joue pas un rôle même occulte en télécommandant un homme isolé, fût-il universitaire. ».


Bomboko est utile parce qu’il faut gagner l’ONU et garder le soutien de la Belgique. En obtenant la direction du Collège, Bomboko est dorénavant à la tête d’une structure qui le place en bonne position au côté des deux autres acteurs politiques les plus importants de Léopoldville : Kasa Vubu et Mobutu.
Les trois pouvoirs, ce sont le Collège représentant l’exécutif, la présidence de la République et l’armée. Ce sont là les pouvoirs émiettés qui s’organisent et à partir desquels l’opposition à Lumumba va opérer pour retourner la situation en sa faveur. Mais le grand absent, c’est le pouvoir législatif, c’est-à-dire
les deux Chambres. Pour cela, le cadre de concertation efficace de ces pouvoirs devient le « Groupe de Binza ».

_____________
(22) La presse belge, écrite et parlée, avait mené une campagne anti-Lumumba qui a « contaminé » en grande partie l’opinion internationale (cfr le rapport de J. C. Weregemere sur le voyage de Lumumba aux USA fi juillet 1960; Voir notre rapport d’octobre 2000, pp. 26- 31 (...)"
° http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_7_page_930_to_988.pdf


A suivre...




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  NgongaEbeti le 22/7/2015, 3:23 am

Lol! Quel beaux échanges entre Troll, El-Shaman, Libre Examen etc...
En tout cas Troll, je vous félicite et vous encourage a cracher certaines vérités sur le groupe de Binza que certains supporteurs de Tshisekedi sur ce site sont genés d'admettre. Le Collège des Commissaires Généraux a été explicitement créé pour neutraliser Lumumba. C'était un gouvernement illégal, réactionnaire, anti-Congolais et anti-démocratique. Tous les membres qui le constituaient savaient tres bien quel était son objectif et étaient justement choisis tout d'abord a cause de leur hostilité envers Lumumba. Et Tshisekedi n'était pas un moindre membre de ce groupe mais bien un membre actif et zélé surtout lorsqu'il s'est agit de la neutralisation des nationalistes congolais. La lettre infame qu'il écrivit a son Mulopwe kalonji illustre tres clairement son haine viscérale envers les nationalistes congolais. Et en cela il demeurera constant car jusqu'aujourd'hui il se range toujours du coté des bourreaux du peuple congolais (MPR, ASD, Kagame) qui agissent pour le compte de l'Occident.

Et inutile de prétendre non plus que cette lettre adréssée a Kalonji est fausse car Tshisekedi lui-meme n'a jamais nié son authenticité et d'ailleurs, la seule fois ou il s'est penché sur son role dans l'assassinat de Lumumba (en 2011 pendant la campagne électorale a Kisangani), il a lachement déclaré qu'il avait été "manipulé" par un "blanc". Surement un de ses profs belge a l'université. Quel gros mensonge! Qui l'avait manipulé a participer au gouvernement sécessioniste de Kalonji ou encore a se faire photographié avec Mobutu et ses autres collègues "commissaires généraux" devant un Lumumba ligoté, humilié et frappé en publique?

Que quelqu'un reposte ces images sur cette discussion svp afin de bien mettre en relief le role des uns et des autres que certains zélés mal-inspirés ici tentent d'occulter. Merci! Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 22/7/2015, 6:29 am

NgongaEbeti a écrit:Lol! Quel beaux échanges entre Troll, El-Shaman, Libre Examen etc...
En tout cas Troll, je vous félicite et vous encourage a cracher certaines vérités sur le groupe de Binza que certains supporteurs de Tshisekedi sur ce site sont genés d'admettre. Le Collège des Commissaires Généraux a été explicitement créé pour neutraliser Lumumba. C'était un gouvernement illégal, réactionnaire, anti-Congolais et anti-démocratique. Tous les membres qui le constituaient savaient tres bien quel était son objectif et étaient justement choisis tout d'abord a cause de leur hostilité envers Lumumba. Et Tshisekedi n'était pas un moindre membre de ce groupe mais bien un membre actif et zélé surtout lorsqu'il s'est agit de la neutralisation des nationalistes congolais. La lettre infame qu'il écrivit a son Mulopwe kalonji illustre tres clairement son haine viscérale envers les nationalistes congolais. Et en cela il demeurera constant car jusqu'aujourd'hui il se range toujours du coté des bourreaux du peuple congolais (MPR, ASD, Kagame) qui agissent pour le compte de l'Occident.

Et inutile de prétendre non plus que cette lettre adréssée a Kalonji est fausse car Tshisekedi lui-meme n'a jamais nié son authenticité et d'ailleurs, la seule fois ou il s'est penché sur son role dans l'assassinat de Lumumba (en 2011 pendant la campagne électorale a Kisangani), il a lachement déclaré qu'il avait été "manipulé" par un "blanc". Surement un de ses profs belge a l'université. Quel gros mensonge! Qui l'avait manipulé a participer au gouvernement sécessioniste de Kalonji ou encore a se faire photographié avec Mobutu et ses autres collègues "commissaires généraux" devant un Lumumba ligoté, humilié et frappé en publique?

Que quelqu'un reposte ces images sur cette discussion svp afin de bien mettre en relief le role des uns et des autres que certains zélés mal-inspirés ici tentent d'occulter. Merci! Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad

Très bien cher NgongaEbeti,

Commençons par la plus simple des vérités prononcées, selon vous, par Troll. Veuillez-nous reconfirmer la liste complète des membres du groupe de Binza. Veuillez bien également en reconfirmer les sources.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  ndonzwau le 22/7/2015, 7:47 pm

"(...) Suite...

III. RESPONSABILITÉS DE CES ACTEURS DES ÉVÉ-
NEMENTS QUI SE PASSENT AU CONGO


Joseph Kasa Vubu est officiellement la personne qui révoque Lumumba. Tout comme c’est Joseph Mobutu qui annonce la création du Collège des Commissaires généraux. Le même Kasa Vubu signa la lettre de l’envoi de Lumumba vers le lieu de son assassinat : « J’ai l’honneur de porter à votre connaissance
que j’ai décidé le transfert à Bakwanga de certains prisonniers … »
(42).
Organiser pareil transfert équivaut à une décision de condamnation à mort. Avant les expéditions, les émissaires de Léopoldville, pour la plupart Commissaires généraux ou membres du gouvernement Iléo ayant des affinités avec les autorités rebelles, sont dépêchés. Au Katanga, les émissaires ont
souvent été Jonas Mukamba et Delvaux. Le même Mukamba se rendait aussi à Bakwanga. Le 23 décembre 1960, soit près de deux mois avant l’envoi des partisans de Lumumba à la mort, Tshisekedi prévenait Kalonji qu’il « sera en possession des principaux Lieutenants du crapeau dont Elengesa Pierre,
Finant Jean-Pierre, Nzuzi Emmanuel, Muzungu Christophe, ) Mbuyi Joseph aux fins de leur faire subir un châtiment exemplaire. C’est de cette manière que nous serons utiles à la cause que vous défendez ». Dans son témoignage, le député Katombe, qui participe à la scène de mise à mort de ce deuxième convoi des lumumbistes reçu à Bakwanga en février 1961 dit :
« (...) La mise à mort de ces gens a été légalement décidée par les plus hautes autorités de Léopoldville
qui les ont transférés à Bakwanga. Nous avons simplement ajouté, au procès qui nous a été transmis de Léo, les circonstances aggravantes du génocide du peuple Muluba perpétré par eux sous la conduite de Lumumba » (43).

Dans ce sens, diverses autorités (congolaises) portent une responsabilité directe dans ce qui est arrivé, par exemple dans l’affaire Lumumba et celle de ses partisans. Lumumba lui-même qui dans un discours à l’allure quelque peu prophéti-

_______________
(42) Lettre de Joseph Kasa-Vubu à Fulbert Youlou du 15 janvier 1961; R.2, p. 77.
(43) Cfr. R.2, p. 191.

que (le dernier qu’il prononce à la Villa de Kashamura le 10 octobre) lorsqu’on lui remet un billet l’avertissant que les soldats de Mobutu le recherchaient déclare :
« On veut me tuer. Je mourrai comme Ghandi. si je meurs demain, c’est qu’un Blanc aura armé la main d’un Noir. J’ai fait mon testament. Le Peuple saura que je me suis offert en otage pour sa liberté.
Vous continuerez mon oeuvre » (44).

Certains documents trouvés concernant ces personnalités congolaises nous renseignent sur leur participation à ce drame, mieux, ils situent davantage les sources de la décision ou l’origine de ce qui apparaît être « leurs » actions.

a) Des faveurs pour les encourager à agir :

La veille et le jour même de l’envoi de Lumumba au Katanga pour la mort :
— Télégramme du 16 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires Africaines
« Attention cabinet
Votre 05814/cab
Opération faite. Remis 10.000 nouveaux francs. Prévenir Riwttweger passage des intéressés et l’inviter leur venir en aide.
Sé/Dupret ».

— Télégramme du 16 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires Africaines
« 1. Nendaka demande si ses enfants peuvent être reçus en Belgique au cours de cette semaine. Il se sentirait plus assuré pour agir.
2. J’ai assuré des Commissaires généraux notamment Kandolo et Ndele du Soutien belge, s’ils devaient se réfugier à l’étranger. Sont très sensibles à ce soutien, surtout pour leur famille. La mutinerie de Thysville provoqua leur inquiétude sur le sort de leur famille.
Sé/Lahaye ».

— Télégramme du 17 janvier 1961 envoyé de Brazzaville pour le ministre des Affaires Africaines; attention Calier et Hollants
« Kandolo Damien demande de pouvoir envoyer ses filles en Belgique âgées respectivement de 13-8 et 6 ans. (...)
Nendaka Victor exprime même demande. (...). Je me permets d’insister afin que satisfaction soit donnée. Les frais voyage sont à charge des parents ainsi la pension. Je signale à toutes
fins utiles que Kandolo et Nendaka ont adopté tous deux attitude énergique et que le fait de savoir leurs enfants à l’abri est de nature à les inciter à poursuivre. (...).
Sé/Lahaye. ».


Télégramme du 23 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; reproduction au ministre des Affaires Africaines pour conseiller
militaire
« Louis (Marlière) me communique :
(...)
je demande également que cesse habitude distribuer des sommes argent à des Congolais par intermédiaire de conseiller belges. Cette façon de procéder fausse tout le jeu et nous empêche de connaître attitude réelle des Congolais vis-à-vis des problèmes du moment. ».


_______________
(44) Libre Belgique du 11 octobre 1960.

b)Des instructions qui ressemblent à des ordres

Certains télégrammes obtenus montrent la manière dont les « pouvoirs » congolais ont été amenés à s’engager dans l’affaire Lumumba. En voici quelques uns, parmi les plus significatifs:
Télégramme du 29 décembre 1960 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles :
« Attention Rotschild
(...)
M. Lahaye (...) a dépêché ce matin M. Kandolo à la résidence de M. Kasa Vubu en priant son émissaire de faire signer immédiatement par le Chef de l’État un projet de lettre qu’il avait rédigé avec Cordy (...)
Retarder l’opération de 24 heures (...) pourrait être désastreux(...) (45).
Sé/Dupret ».

Télégramme du 30 décembre 1960 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministère des Affaires étrangères à Bruxelles.
« Attention Rotschild
M. Wendelen vient de me téléphoner. Il suggère qu’on n’attende pas le télégramme de M. Kasa Vubu pour donner le feu vert [transport des troupes ANC via le Ruanda-Urundi pour attaquer le Kivu]. Il considère que l’opération est extrêmement importante et qu’il serait désastreux de la retarder davantage.
Par ailleurs Mr Lahaye nous signale qu’il espère sérieusement avoir le télégramme de Kasa Vubu avant midi.
Sé/ Dupret »


Télégramme du 10 janvier 1961 du ministre des Affaires Africaines adressé à l’Ambassade de Belgique à Brazzaville à l’attention de Lahaye et Marlière :
« Votre télex 32 du 9 janvier
Primo : éviter à tout prix je répète à tout prix réussite négociations sur échange Lumumba et consorts contre prisonniers gouvernements Gizenga.
Secundo plus aucune visite ne serait accordée à Bolikango s’il envisageait de proposer ni participer gouvernement avec Lumumba.
Sé/ ministre des Affaires Africaines ».

Télégramme du 16 janvier 1960 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; reproduction au ministre des Affaires Africaines.
« (...) Ai reçu de Marlière :
(...)
Primo : (....) À l’ANC le cadre ne pense pas, n’organise pas et ne commande pas, la troupe n’obéit pas et ne fait rien. Le matériel est en mauvais état. La valeur de cette armée est nulle elle constitue même un danger pour le pays.
(...) ai proposé
(...) d’abord mise en place d’un état major capable d’établir planning réorganisant ensuite fixation d’un statut pour tout le personnel enfin licenciement progressif de toute l’ANC et réengagement sous nouveau statut des éléments valables (...)
Fin citation.
Sé/Dupret ».

Après la « réussite » de l’opération de l’assassinat de Lumumba perpétré discrètement à Elisabethville et (encore) sans
_______________
(45) Il s’agit de la reconquête des bastions lumumbiste en commençant par le Kivu sous la responsabilité formelle de Mobutu.

bruit le 17 janvier, il fallait passer à l’exécution du second groupe des partisans de Lumumba encore en prison.
Télégramme du 23 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères; reproduction pour le ministre des Affaires Africaines et Caeymax
« Lahaye communique
Primo: transfert Lumumba a provoqué détente à Léo. Éloignement de Thysville et prison Luzumu d’autres détenus politiques est aussi envisagé.
(...)
Sé/Dupret ».


L’établissement des responsabilités dans l’assassinat de Lumumba paraît délicat lorsqu’il s’agit des plus hauts responsables politiques. Ceux-ci sont assez discrets. Ils émettent des « ordres » ou de « voeux » interprétés et relayés à d’autres sphères hiérarchiques. L’application est tout un processus complexe dont on perd parfois le fil conducteur de la décision prise ou de l’option faite par des hauts responsables; la plupart des documents les concernant sont difficilement accessibles, car souvent « cachés ».
Les chefs rebelles et/ou sécessionnistes, ceux du Katanga, Bakwanga ou Stanleyville par exemple, sont généralement plus « fracas » : ils ont besoin de manifester leur pouvoir.
Il aurait été judicieux de retrouver les diverses pistes qui ont agit sur chaque décision prise (révocation, emprisonnement, transfert pour la mort ...) dans cette affaire Lumumba. Nous n’en avons que des traces, en raison du peu des documents obtenus. Des numéros de télégrammes manquent dans l’ordre, pourtant le contenu de ceux-ci renvoie à d’autres pièces qui peuvent être trouvées ailleurs.

Pour notre part, nous ne pouvons espérer aller plus loin. D’abord parce qu’une telle tâche est ardue et de longue haleine, surtout lorsqu’on travaille en solitaire et, qu’on n’a accès qu’à ce qui constitue d’abord « les archives congolaises », dont quiconque devine dans quel état elles se trouvent actuellement (46). Nous ne pouvons donc être systématique. Peut être les « quatre experts » de la Commission pourront-ils effectuer des recherches dans les archives belges auxquelles eux seuls ont accès.


IV. OBSERVATIONS GÉNÉRALES

Plutôt qu’une conclusion, nous terminons par une série d’observations. Certes celles-ci collent aux informations puisées dans les comptes rendus et autres documents (télégrammes, données d’interview ...) collectés, mais elles ne constituent que des repères devant aider les enquêtes des parlementaires appelés à traiter l’affaire Lumumba.
_______________
(46) Cfr. les travaux des historiens sur le Congo, surtout ceux sur la question des sources d’archives. Pour la réalisation des nos travaux pour la Commission, à noter qu’en dehors de la collection presque complète des procès verbaux des réunions du Collège des Commissaires Généraux qui appartiennent à des privés, plusieurs documents reproduits dans nos travaux ont été trouvés en partie au
gré du hasard.


Chacune de ces observations traite d’un point ou d’un aspect rentrant dans le thème abordé, l’affaire Lumumba, vu à partir d’une dimension particulière qui reste pourtant fort large,
complexe voire cruciale du rôle des diverses autorités congolaises dans le crime commis. En portent-elles la responsabilité ? ne furent-elles que des complices ou les comparses d’un complot ourdi par d’autres étrangers ? Ces observations sont présentées sous la forme d’énoncés numérotés. Elles sont souvent indépendantes les unes des autres.

                                                         *
                                                        * *
Au vu des interventions des membres du Collège, on constate que plusieurs de ceux-ci sont peu renseignés sur divers événements qui se déroulent dans le pays. Cela ne paraît pas être une simple conséquence de la désorganisation de l’administration ou de la faiblesse des autorités, mais résulte
d’abord de ce que les « vrais pouvoirs », ou ceux qui avaient la décision réelle, opéraient ailleurs en se servant par moment d’une structure formelle comme le Collège pour justifier certaines actions posées ou à poser. Au fur et à mesure que se développe l’action du « Groupe de Binza » et des autres
acteurs, le Collège des Commissaires généraux s’efface; ses rencontres deviennent moins fréquentes et il constitue de moins en moins une équipe. À l’exclusion de certains de ses membres qui agissent en connivence avec d’autres sphères de pouvoir où se prennent les décisions qui les engagent pourtant tous, le Collège des Commissaires généraux a joué le rôle d’un leurre.

— Au niveau de Léopoldville, les pouvoirs les plus importants sont ceux de Joseph Kasa Vubu, du Colonel Mobutu et, aussi, de Justin Bomboko.
Voici quelques unes de leurs caractéristiques.
1. Kasa Vubu a une audience politique certaine auprès des populations Bakongo dominantes à Léopoldville (47) mais l’homme est dépassé par les événements; il est connu pour être quelqu’un de « têtu et buté », avec une pensée politique
_______________
(47) Toutefois, il y a à souligner que le facteur ethnique en tant qu’élément de la main mise sur des espaces sociaux par les « leaders politiques » nécessite d’être apprécié avec prudence. Le mythe
de Kasa-Vubu « roi des Bakongo » doit être relativisé et contextualisé. On remarque que lorsqu’il s’affiche comme leader radical dans les années 1956-1959, l’aura de Kasa-Vubu s’affermit dans l’opinion
kongo et que « son » parti l’Abako a tiré un bénéfice des émeutes cependant non provoquées par lui (mais dont l’administration coloniale l’a rendu responsable). La crise intervenue au moment de la
tenue de la Table Ronde politique en janvier-février 1960 rend Kasa-Vubu plus prudent. Les lésions sont alors profondes dans l’Abako et ce n’est pas lui qui est le mieux placé aux élections législatives du
mois de mai 1960. Charles Kisolokele, un des fils du leader religieux mort en prison Simon Kimbangu, fait 94 300 voix contre Kasa-Vubu qui ne récolta que 39.492 voix.


étroite (48). Il constitue tout un symbole de légalité dans les contacts avec l’extérieur, surtout l’ONU. Son recours à Joseph Iléo, qu’il nomme premier ministre, paraît judicieux et moins dangereux que s’il avait choisi quelqu’un comme Bolikango. Ileo a l’appui des démocrates-chrétiens et des catholiques, fort opposés à Lumumba, mais il est sans charisme, sans audience et sans autorité dans la cité africaine
de Léopoldville.

2. Mobutu fait l’apprentissage de l’action politique et veut le pouvoir. La décision d’intervenir au nom de l’armée trouve là son origine et son sens. Mobutu semble déjà à cette époque le plus cohérent et le plus lucide de tous. Il sait contrôler tout le monde. Il mène son propre jeu. Mais il craint Lumumba. Il se trouve une habitation à l’intérieur d’un camp militaire et toute sa garde est constituée de soldats étrangers (marocains); ses principaux collaborateurs sont le général franco-marocain Kettani et le colonel belge Marlière. À plusieurs reprises Kettani déclarait :
« Ces gens (congolais) ne sont pas faits pour l’indépendance; les 2000 parachutistes Belges peuvent
faire la paix dans l’ensemble du territoire. ».


3. Bomboko va se montrer opposé à la sécession du Katanga en dépit de ses amitiés avec des réseaux de Belges eux mêmes en compétition (cfr. les réseaux des professeurs Clemens et Doucy, par exemple) se trouvant à la fois auprès des pouvoirs d’Elisabethville et de Léopoldville. Divers témoignages de ceux qui l’ont connu voire parfois « aidé » concordent : peu travailleur — paresseux —, irrespectueux du
temps et occupé par ses conquêtes féminines. Il s’engage peu dans la bataille politique en terme de concurrence et ne donne pas de ce fait l’impression de chercher le pouvoir pour le pouvoir. En fait, il n’est pas un leader d’opinion, plutôt un techno-politique qui envisage sa carrière sur les intermèdes
et/ou le respect des institutions en s’appuyant sur Kasa Vubu.

— Du côté du Katanga, le pouvoir semble fondamentalement différent de celui de Léopoldville. Il existe ici une sphère de pouvoir dans laquelle s’expriment des tendances.
— Dès qu’une personnalité congolaise affiche quelques qualités et dispositions pour contrer Lumumba, elle est « encadrée » et poussée à agir. Au vu des évolutions comparées de personnages comme Bolikango (échec) et Mobutu (conquête du plus haut sommet), ne peut-on dire que ces appuis ont contribué beaucoup plus que l’opinion congolaise à la poursuite d’une carrière politique des leaders congolais ?
— Dénonçant tous les acteurs congolais, Albert Kalonji affirme : «Qui, de Tshombe à Kasa Vubu en passant par les autres leaders hier obscurs, aujourd’hui grandis à la faveur
_______________
(48) Par exemple, il était un des rares opposants politiques congolais de haut rang à croire que Lumumba était réellement communiste.

de l’anarchie, peut (...) justifier son opposition à Patrice Lumumba sur base de griefs fondés et valables ? » (49).
— Les déclarations faites après coup par certains acteurs congolais dans l’assassinat de Lumumba sont révélatrices à la fois de l’hypocrisie des acteurs du drame et de la complexité de leur trajectoire. Ainsi Mobutu proclamera le 30 juin 1966 : « Gloire et honneur à l’illustre Congolais, au grand Africain, au premier martyr de notre indépendance, Patrice Emery Lumumba, tombé victime des machinations colonialistes. Au nom du gouvernement, nous le proclamons officiellement en ce jour héros national. »
Ces propos sont tenus quelques mois après qu’il eut évincé par un deuxième coup d’État Kasa Vubu, écarté du pouvoir Tshombe, commence à défaire le « Groupe de Binza » et entamé la constitution d’une équipe de collaborateurs politiques à son « goût » en s’engageant dans la politique de nationalisation. Acte d’opportunisme certes, mais peut être aussi façon de rappeler à sa manière les
événements qu’il a vécus (50).
— Kalonji, qui fut le premier à s’opposer à Lumumba dans le cadre du MNC en novembre 1959, profite du cadre créé par la « Conférence Nationale Souveraine » (1992) pour s’expliquer à son tour : « (...) L’impérialisme contre-attaqua sans plus de retenue. De prime abord, le dénigrement : on nous présenta comme des extrémistes, des dangereux communistes qu’il fallait isoler, neutraliser; puis décapiter. C’est dans ce contexte qu’il faut ranger l’arrestation du leader de l’Abako, feu Président Kasa Vubu en janvier (1959), de moi-même en juillet et du Président (du Mnc) Lumumba en octobre 1959, d’une part, et la crise artificiellement créée au sein du Mnc qu’il fallait coûte que coûte diviser et affaiblir ! Mes efforts de
réconciliation échouèrent et un nouvel élément apparu dans la stratégie des adversaires de l’Indépendance : l’intrigue et l’exclusion. On m’élut Président du Mnc pour déstabiliser Lumumba, mais en réalité pour nous abattre tous les deux, l’un après l’autre, un peu plus tard! Ne voyons-nous pas ici la main de l’Impérialisme à l’oeuvre ? Celui-ci a deux visages, l’un national, l’autre étranger. Nous nous sommes battus contre ce dernier sans nous soucier de l’autre, autrement plus dangereux, parce qu’agissant à l’ombre, abusant sans cesse de notre confiance et de notre crédulité due en grande partie à
notre inexpérience. Ici vous voyez l’origine de la crise congolaise qui va s’abattre sur notre pays dès le lendemain de l’indépendance ! ».


— Depuis août 1960, les relations diplomatiques officielles entre le Congo et la Belgique étaient rompues. Mais à l’arrestation de Lumumba et à l’avènement du Collège des Commissaires généraux dont la plupart des membres sont ou ont été des étudiants ayant des relations avec des professeurs et amis belges, Bruxelles retrouve une capacité d’influence non seulement au Katanga mais aussi à Léopoldville.
De nombreux étrangers, en particulier les Belges, jouent un
_______________
(49) « Albert Kalonji révèle et accuse », in Dossier du mois, 13e année, n°415, avril-mai 1964, p.6.
(50) A noter que dans diverses interviews accordées, Mobutu parlant de la Belgique en particulier et de l’Occident en général leur fait la reproche d’avoir appris aux Congolais la corruption.


rôle significatif direct auprès des pouvoirs congolais. Ces relations se renforcent à partir de la fin décembre 1960; le « Groupe de Binza » qui retrouve assez de mobilité s’inscrit en partie dans le processus de développement de ces relations.
— Le Gouvernement belge semble désormais, surtout à partir du début 1961, garder deux fers au feu. Cela contribue à rapprocher les pouvoirs concurrents de Léopoldville et du Katanga, en érodant progressivement ce dernier (51).
— Dans l’évolution de la situation avant et après l’assassinat de Lumumba, c’est le « Groupe de Binza » qui tire le gros du bénéfice de la gestion du pouvoir au Congo. Sa composition s’explique par le fait que ses membres prennent conscience de la nécessité de mettre leurs ressources politiques en commun, en particulier pour gérer les relations avec d’autres pouvoirs : Brazzaville, Katanga, ONU, Bruxelles. Bref, ses membres se cooptent en fonction de ce que chacun peut valoir dans un jeu plein d’intrigues complexes, qui évoque une pièce de théâtre.
— Y a-t-il une seule action d’envergure entreprise contre Lumumba qui n’a pas été suscitée et/ou encadrée par des pouvoirs extérieurs au Congo ? Le cours des événements tend à montrer que même les membres du « Groupe de Binza », certes mieux situés dans la hiérarchie des décisions prises qui ont conduit au crime, forment un réseau d’« entremetteur » pour d’autres pouvoirs mieux organisés et décidés à ne plus revoir Lumumba.

— La connexion entre ces divers pouvoirs est une clé d’explication importante de l’assassinat de Lumumba et de la manière dont « se résout » alors la crise congolaise. Ces pouvoirs sont en concurrence, mais ils ont un terrain d’entente : la neutralisation ou l’élimination de Lumumba. Pris isolement, chacun a eu dans le passé — et a actuellement — maille à partir avec Lumumba. Celui-ci est à chaque fois parvenu à dominer l’adversaire qu’il affrontait isolément. Même s’ils ont fait arrêter Lumumba, ils le redoutent tous : « l’homme n’est pas de ceux qui acceptent une défaite ».
— Les contacts entre les pouvoirs de Léopoldville et ceux de Bruxelles sont empreints de méfiance, certes, mais aussi de beaucoup d’hypocrisie. Tous ont besoin de collaborer et de le faire à l’abri des regards de leur population, particulièrement du côté congolais. Le rapprochement s’opère officieusement
(52), dans une diplomatie de l’ombre recourant à des démarches informelles et qui débouchent sur des arrangements secrets, des accords tacites qui parfois restent verbaux.

_______________
(51) On pourra aussi se référer à la lettre de François Perin, datée à Bruxelles le 30 mars 1961, à M. Collard ; 7 pages.
(52) cfr Télégramme du 18 novembre 1960 du ministre des Affaires Etrangères à Bruxelles au Consulat de Belgique à Brazzaville (R2, p. 71).; télégramme du 16 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique
à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; reproduction au ministre des Affaires Africaines et Caeymax (R.2., p.78); télégramme du 19 janvier 1961 de l’Ambassade de Brazzaville
au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; reproduction au ministre des Affaires Africaines (R.2, pp. 79-80).  "



Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 26/7/2015, 12:24 pm, édité 1 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Troll le 22/7/2015, 8:24 pm

[quote="ndonzwau"][quote]"Suite...

Membres du Collège des Commissaires généraux
( Nom—Fonction exercée—Université / École fréquentée)


1.  Bomboko Justin — Commissaire Général aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur; Président du Collège - Université Libre de Bruxelles
2.  Ndele Albert — Commissaire Général, Finances et Questions Monétaires ; Vice-Président du Collège -  Louvain
3.  Bokonga Charles — Commissaire Général au Travail et à la Prévoyance Sociale -  Louvain
4.  Cardoso Mario — Commissaire Général à l’Education Nationale, à la Jeunesse et sport; porte parole du Collège -  Louvain
5.  Bindo Albi Valentin — Commissaire Général à la Fonction Publique - Université Libre de Bruxelles
6.  Kalanda (Mabika) Auguste — Remplacera fin octobre A. Bindo qui a déserté son poste -  Université Lovanium de Léopoldville
7.  Kazadi Ferdinand  — Commissaire Général à la Défense Nationale - Université Lovanium de Léopoldville
8.  Lebughe Pierre — Commissaire Général à l’Agriculture et aux Classes  Moyennes -  Université Lovanium de Léopoldville
9.  Lihau Marcel — Commissaire Général à la Justice -  Louvain
10.Masanga Joseph — Commissaire Général Aux Travaux Publics - Université Lovanium de Léopoldville
11.Mbeka Joseph — Commissaire Général à la Coordination Economique et Plan - Université Lovanium de Léopoldville
_____________
( 15) D’abord officier de liaison du Collège des Commissaires généraux avec l’extérieur, il devient Commissaire (adjoint) au Transport et aux Communications sur proposition d’Aubert Mukendi; enfin, redevient officier de liaison après qu’il ait ramené Lumumba à Léopoldville le 2 décembre 1960.

12.Bolela Albert — Commissaire Général à l’Information; Porte parole du Collège -  Louvain
13.Mpase Albert — Commissaire Général aux Affaires Sociales -  Louvain
14.Mukendi Aubert — Commissaire Général aux Télécommunications -  Université de Liège
15.Nussbaumer José — Commissaire Général à l’Intérieur -  Louvain
16.Tshibamba Marcel — Commissaire Général à la Santé Publique -  Université Lovanium de Léopoldville, avec stage à Louvain
17.Atundu Albert — Commissaire aux Affaires Sociales -  Ecole d’Assistant Social à Hervelee
18.Bizala Cléophas — Commissaire à l’Education Nationale, à la Jeunesse et Sport  -  Université Lovanium de Léopoldville
19.Bo-Boliko André — Commissaire au Travail et à la Prévoyance Sociale -  Ecole d’Assistant Social à Hervelee
20.Kandolo Damien — Commissaire à l’Intérieur.-  (Syndicaliste)
21.Kashemwa Ernest — Commissaire aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur - Université Lovanium de Léopoldville
22.Kasongo Julien — Commissaire au Plan et à la Coordination Economique - (Ecole Professionnelle au Congo)
23.Kapella Pascal — Commissaire à l’Information - (Institut de Journalisme en Belgique)
24.Konde Zépherin  — Commissaire à l’Information - Louvain
25.Kungula François  — Commissaire à la Fonction Publique -  ( ?)
26.Loliki Evariste — Commissaire aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur - Louvain
27.Lukusa Félicien — Commissaire à la Fonction Publique -  Louvain
28.Mukamba Jonas — Commissaire à l’Intérieur.- Louvain, mais suivait aussi le droit à l’ULB
29.Mushiete Paul — Commissaire aux Finances -  Louvain
30.Ngondo Claude — Commissaire à l’Agriculture - Université Lovanium de Léopoldville
31.Ngyesse François (JeanMarie) — Commissaire aux Classes Moyennes - Louvain
32.Pongo Gilbert — Commissaire au Transport et aux Communications - (Ecole professionnelle au Congo)
33.Tshisekedi Etienne — Commissaire à la Justice -  Université Lovanium de Léopoldville
34.Waku Honoré — Commissaire à l’Éucation Nationale -  Université Libre de Bruxelles
35.Watum Nestor — Commissaire à la Défense Nationale - Université Lovanium de Léopoldville
36.Takizala Henri — Commissaire aux Travaux Publics - Université Lovanium de Léopoldville
37.Ngwete Martin — Commissaire à la Santé Publique -  Louvain
38.Posho Joseph — Commissaire aux Travaux Publics. - Université de Liège
_____________
(16) Cfr. R.1, PP. 90-94. (17) Cfr. La Dernière Heure du 30 décembre 1960; La Libre Belgique Du 29 décembre 1960.
(17)  Cfr. La Dernière Heure du 30 décembre 1960; La Libre Belgique Du 29 décembre 1960.


(18) Cfr. R.1., p. 96.

[i]d) Illusion de posséder le pouvoir[/i]

C’est Mobutu qui annonce, en septembre 1960, la création du Collège.En apprenant cela, Mobutu se fâche pour ce qui paraît être un désaveu, un geste qui méconnaît son autorité.
Voici la nouvelle qui a été annoncée au Collège trouvé en plein conseil, le jour même :
« (...) M. Kapela entre pour annoncer que le Colonel Mobutu est très fâché de ce qui vient de se passer ce matin chez le chef de l’État et prépare un communiqué qui passera ce soir à la radio.
M. Ndele propose qu’une délégation composée de MM. Kazadi, Kapela et 0]]Tshisekedi [/b]aillent voir immédiatement le Colonel et lui expliquer la portée de notre geste. En cas de maintien du communiqué, tout le Conseil est d’accord pour démissionner en bloc au cas évidemment où ce communiqué
serait un démenti. ».

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Troll le 22/7/2015, 8:30 pm

Sad Mister LIBREXAMEN

Vous avez une liste devant vous** Mais une fois de plus, consultez Ndaywel et Elikia Mbokolo afin d´avoir une "lecture" plus historique sur les membres du Groupe de Binza*
Si vous tenez á defendre Tshitshi...nous ne sommes qu´au niveau du Groupe de Binza en 1960..quand il faudra continuer quelques années après tala kaka**
Notez que les membres "universitaires" et souvent "catholiques" anti-communistes du Groupe de Binza sont á l´orgine du MPR quelques années après..Vous retrouverez leurs noms en bonne place au Comité Centrale du MPR ou comme auteurs de la Constitution du MPR, si pas le Manifeste de la N´selé*

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 22/7/2015, 8:57 pm

Troll a écrit:Sad Mister LIBREXAMEN

Vous avez une liste devant vous** Mais une fois de plus, consultez Ndaywel et Elikia Mbokolo afin d´avoir une "lecture" plus historique sur les membres du Groupe de Binza*
Si vous tenez á defendre Tshitshi...nous ne sommes qu´au niveau du Groupe de Binza en 1960..quand il faudra continuer quelques années après tala kaka**
Notez que les membres "universitaires" et souvent "catholiques" anti-communistes du Groupe de Binza sont á l´orgine du MPR quelques années après..Vous retrouverez leurs noms en bonne place au Comité Centrale du MPR ou comme auteurs de la Constitution du MPR, si pas le Manifeste de la N´selé*


Voici nommément nommés les membres du groupe de Binza ci-après. C’est Dom qui a posté cet extrait. La liste que vous avez reprise ci-haut est également extraite d’un extrait posté par Dom dont les auteurs ne sont ni le professeur Ndaywel ni le professeur Elikia MBokolo. Il ne faut pas faire dire aux auteurs de l’extrait que vous avez posté ce qu’ils n’ont pas dit. Nulle part, je ne les ai lus écrire que les membres du collège des commissaires étaient tous les membres du groupe de Binza.

Je l'ai écrit plus haut, il est si facile de trouver la liste des membres du collège des commissaires. D'ailleurs, dans un de mes postings, la liste des membres du collège des commissaires y est.

S’il-vous plait, veuillez nous mettre les références ou les professeurs Ndaywel et Elikia MBokolo soutiennent explicitement que les membres du collège des commissaires étaient tous des membres du groupe de Binza.


ndonzwau a écrit:PS

"(...)II. GROUPE DE BINZA : UNE STRUCTURE OÙ SE REJOIGNENT LES POUVOIRS DE LÉOPOLDVILLE

Le Collège des Commissaires généraux n’avait pas inté- gré les trois personnes désignées au Katanga conviées à rejoindre Léopoldville (R.1, p.2). Aussi, certains membres du Collège (dont son président Bomboko et son vice président Ndele) faisaient-ils partie d’une structure parallèle informelle mieux informée et intégrée dans le déroulement des événements du Congo. Il s’agit du « Groupe de Binza », du nom _____________
(22) La presse belge, écrite et parlée, avait mené une campagne anti-Lumumba qui a « contaminé » en grande partie l’opinion internationale (cfr le rapport de J. C. Weregemere sur le voyage de Lumumba aux USA fi juillet 1960; Voir notre rapport d’octobre 2000, pp. 26- 31.

d’un quartier résidentiel de Léopoldville (23). Il s’agit d’un sujet sur lequel les informations sont rares, les témoins-acteurs se sont toujours gardés d’en parler. Divers travaux importants sur la crise congolaise l’évoquent, sans le décortiquer.

a) Origine du Groupe de Binza

Il n’existe à ce jour qu’une étude connue sur le Groupe de Binza, celle de Walter Geerts (24). Mais celle-ci ne traite du sujet qu’à partir de mars-avril 1961, c’est-à-dire après l’assassinat de Lumumba. Pourtant, ce groupe avait commencé à fonctionner dès les premières semaines de l’Indépendance du Congo. Voici un témoignage de Serge Michel:
« (...) Holden Roberto confiait tout à Fanon et quand ils sont arrivés, moi je ne savais pas très bien, je savais qu’il se passait beaucoup de choses à l’ambassade de Tunisie, mais je n’étais pas au courant jusqu’à ce point-là et là Fanon me dit : « Serge, laisse tomber Lumumba, passe pour Kasa Vubu » devant Yazid et Omar Ousedik. Alors je lui dis : « Je m’excuse, mais je voudrais quand même que tu t’expliques ». « Écoute, il est cuit, il est grillé, il n’en a plus pour longtemps, n’oublie pas que tu représentes surtout l’Algérie ici, et que bon, tu es attaché de presse de Lumumba, c’est entendu, mais n’oublie jamais que tu es ici au titre de la coopération fraternelle inter africaine et que tu es d’abord FLN. ». Bon, moi, évidemment, je pose la question au vrai responsable, parce que Fanon n’était pas responsable, qui était Yazid, et je lui pose la question. Il me dit « Oh, écoute, sois prudent. Sois prudent, mais je n’ai pas de conseil à te donner. Tu vois, du calme, mais t’emballe pas et sois prudent, c’est tout ce que je peux te dire. ». Et ça se passait, ils sont arrivés vers le 20, un peu avant le 20 août, donc les jeux étaient déjà faits. Et là je veux quand même en savoir plus, j’ai des doutes. Et il me dit : « Écoute, il y a un groupe qui travaille très fort et qui sont des gens sérieux et qui travaillent au Groupe de Binza (...) » (25).

À ses débuts, les rencontres du Groupe de Binza se tiennent plus dans les Ambassades. À ce sujet, encore un témoignage de Serge Michel :
« (...) Fanon me disant : « J’ai confiance en lui, tu peux marcher avec Holden et tu peux tout savoir. ». Et c’est comme ça que par la suite je l’ai su et les réunions, pour plus de sûreté, se déroulaient à l’Ambassade de Tunisie, pas toujours, parce que c’était pas toujours nécessaire d’aller à l’Ambassade de Tunisie mais quand la réunion était importante et réclamant certaine sécurité, certains secrets, etc, mais aussi la collaboration et l’appui de l’étranger, Tunis c’était une courroie de transmission, et j’ai eu la confirmation quand j’ai fait le discours de la conférence (panafricaine), Habib Bourguiba junior était fou furieux et le soir au restaurant s’approche de moi et me dit : « Ah bravo ton discours, c’est papa qui va être content. » (26).
_____________
(23) Le « Groupe de Binza » c’est-à-dire le groupe de Congolais qui vont « organiser » le pouvoir en s’opposant et succédant à Lumumba n’est pas le même qu’un autre regroupement antérieur du même nom qui avait fonctionné à l’époque coloniale en comptant des Européens parmi ses membres.
(24) Walter Geerts, Binza 10. De eerste tien onafhankelijlkheidsjaren van de Democratische Republiek Kongo, Gand, E. StoryScientia, 1970. ( 25) Cfr. R.2, p.55 ( 26) Cfr. R.2, p.56.


« (...) L’ambassade de Tunisie entretenait les meilleurs rapports avec Adoula, d’abord Adoula et puis Kasa Vubu et Iléo, etc. Les Marocains, eux c’était assez différent, çà se passait par l’intermédiaire du général Kettani. Kettani, qui était, en fait, un général français et qui en tant que général, âgé déjà, était le plus haut gradé dans l’armée marocaine. Il avait quitté depuis très peu de temps l’armée française et le général Kettani s’est retrouvé chef des casques bleus au Congo, avec entre autres missions de former l’armée congolaise, c’est-à- dire de partir de la Force Publique et d’en faire une armée et pour ce travail Lumumba avait délégué Mobutu, qui était secrétaire d’État à la Défense Nationale, puisque Lumumba en était le ministre. Lumumba était premier ministre et ministre de la Défense Nationale entre autres, Mobutu était secrétaire d’État et était en rapport quotidien avec Kettani. Il est particulièrement intéressant de voir le chemin rapidement parcouru par Mobutu qui, au moment du premier coup d’État au début septembre 1960, fait son premier coup d’État toujours accompagné d’un capitaine des transmissions de l’armée marocaine, un officier marocain qui lui-même évidemment met son unité et ses moyens à la disposition de Mobutu » (27).

b) Identification des membres et fonctionnement du Groupe de Binza

Les Commissaires généraux F. Kazadi et J. Mukamba qui se chargèrent d’escorter Lumumba, Okito et Mpolo de l’escale de Moanda pour la poursuite du trajet vers la mort ne font pas directement partie du Groupe de Binza. Comme d’autres personnes encore (Nussbaumer, Iléo ...), ils étaient associés à certaines rencontres du Groupe afin de remplir l’une ou l’autre mission. Informel et non structuré, le Groupe de Binza n’était composé jusqu’à la période où intervient l’assassinat de Patrice Lumumba que des six membres effectifs, affirme André Lahaye. Il s’agit de Joseph Mobutu, Victor Nendaka, Albert Ndele, Cyrille Adoula, Justin Bomboko et Damien Kandolo. Toutes ces personnes habitaient le quartier de Binza, sauf les deux dernières citées. C’est le manque d’efficacité des structures de pouvoir et de la classe politique, la faiblesse de l’administration qui entraîne un regroupement de personnes intégrées à des réseaux (rapport avec la Sûreté, les services occidentaux ...) où se prennent et/ou peuvent se prendre quelques décisions. Les membres du Groupe se cooptent ou sont cooptés en tenant compte de leur expérience dans les partis politiques et sur base du déroulement de la situation. Un critère important qui unit ces gens est aussi leur complémentarité, leur appartenance à des réseaux plus ou moins différents de pouvoir avant, espèrent-ils, d’arriver à le contrôler réellement. En « excluant » d’incorporer directement Kasa Vubu, par exemple, ce groupe paraît être créé « pour faire pièce à la tendance des leaders du Mouvement National Congolais ». Dans le passé très récent, quatre membres de son noyau (Mobutu, Kandolo, Nendaka et Adoula) ont côtoyé Lumumba : Adoula et Nendaka ont été ses adjoints dans le parti et Mobutu et Kandolo dans ses cabinets. Ce qui fait qu’ils peuvent estimer bien le connaître.
_____________
(27) Cfr. R.2, p.52.

Procéder à l’identification des membres et à l’étude du fonctionnement du Groupe de Binza qui ressemble à un puzzle peut aider à comprendre la « crise congolaise », les raisons de l’efficacité de cette association sur le terrain.

i) Identification des membres

1. Justin Bomboko : Il est le chef de la diplomatie dans le Gouvernement Lumumba comme dans le Collège des Commissaires généraux, en plus de sa charge de Président. Dans le Groupe de Binza, il est celui qui peut tenir tête à Lumumba dans les discussions au parlement (il a été élu député). Il a de l’audace et ses entrées dans les milieux occidentaux. Ses discussions avec le représentant de l’ONU au Congo, M. Dayal, qu’il engueulait parfois, montrent combien il pouvait s’imposer, même si, par son comportement, l’homme reste un « grand étudiant », irrespectueux du temps et très occupé par ses conquêtes féminines.

2. Albert Ndele : Il est proche de Kasa Vubu et de l’Abako. Il semble avoir été préparé, dès la conférence de la Table Ronde économique d’avril-mai 1960, à prendre la direction des finances du Congo (28). Une fois que les résultats des élections de mai furent connus, André Mandi parlait à Lumumba de Ndele dans la lettre manuscrite dont une partie est citée ci-dessus.
« (...) Je t’entretiendrai plus spécialement du cas de M. Albert Ndele. Celui-ci s’est conduit très maladroitement; il est le collaborateur le plus direct des milieux financiers et de l’Administration. Il ne faut pas accepter sa candidature au poste de direction de cette société car, ce jeune homme nous a déçus tous. Il vient spécialement à Léo pour essayer de t’avoir et surtout t’influencer alors qu’ici sa conduite nous a découragés. Il faudra exiger que un de tes collaborateurs de confiance soit à la tête de cette Banque quitte à ce qu’il soit entouré des conseillers que vous pouvez choisir.
D’autre part, Albert défend maintenant Kasa Vubu. Et de ce fait il a tout arrangé avec ce dernier pour désigner des gens de droite à la Banque. Comme Mobutu pourra te l’apprendre, Albert Ndele a mené une campagne anti-Lumumba quelque chose d’incroyable. En conséquence, il ne faudra rien accepter des propositions qu’il te fera, elles sont toutes intentionnées et tout cela est conçu pour t’écarter, toi et tes collaborateurs aux postes clés de l’Administration du Congo. Je me suis moi-même insurgé contre ces manœuvres au ministère, d’ailleurs Mobutu te dira le tout de vive voix. Il faudra te méfier systématiquement de Ndele car c’est un mauvais gar- çon, il ne vise que l’intérêt des gens de droite et il est corrompu complètement. Le seul jeune homme qui s’est tenu un peu à l’écart de toutes ces tractations c’est Loliki Evariste.
Une autre chose est la création de cette fameuse Société de développement. À franchement parlé, cette société est du néocolonialisme malgré les aspects flatteurs qu’elle présente. À mon avis, il faut purement et simplement rejeter la dite Société, toujours, Albert Ndele a essayé de tout manager pour que la direction de cette société soit mise entre les mains des collaborationnistes. Il y a donc lieu de ne pas accepter la création de la dite Société. D’ailleurs, plusieurs nominations viennent de vous être proposées au Collège Exécutif Général, la
_____________
(28) Ndele (re)trouve ce poste dès que Lumumba a été mis à l’écart dès septembre 1960.

plupart de ces nominations sont partisanes et l’Administration a essayé tout simplement de placer les gens qu’elle sait qu’ils défendent une thèse belge.
De toutes façons, j’ai demandé à ce que Mobutu t’entretienne de tous ces problèmes. Je ne suis pas venu moi-même parce que je suis en plein examen.
Voici encore un autre aspect du problème. Le ministère du Congo est en train de tout arranger pour nommer comme stagiaires diplomates des gens qui sont strictement à sa solde. Je suis allé protesté au cabinet du ministère pour cette manœuvre et comme ils avaient peur que je dénonce cette manœuvre ils ont accepté ma candidature. Il s’agit de tout faire pour que les postes les plus importants soient occupés par des nationalistes. Il y a donc lieu de surveiller le télégramme qu’ils ont envoyé au Collège Exécutif pour mon cas et de faire procéder de toute urgence à trouver une solution. Voici le numéro de ce Télex : n° 23508/cab. qui est parti le 8 juin 1960. C’est le seul moyen de sauver le Parti MNC. Il faut que votre Œil soit partout et surtout aux nœuds des problèmes.

Il faut demander tous les renseignements à Mobutu. C’est moi-même qui ai exigé pour qu’il accompagne Ndele et les autres et cela afin de déjouer ses manœuvres et de te mettre au courant de son attitude ainsi que celles des autres. Si tu as strictement besoin de moi il suffit de m’envoyer un télé- gramme. Voici mon adresse : André Mandi, 39 avenue BrillatSavarin. Il faut lutter Patrice car, c’est pour sauver le Pays et tu es le seul qui comprends.
Pour finir, j’aimerais t’entretenir brièvement d’un jeune homme que je trouve très bien. Il est dynamique et très capable. Il est nationaliste: c’est M. Lumbala. Ce jeune homme est le seul avec Mobutu et moi-même qui te défendons. Tous les autres essaient plutôt de défendre Kasa Vubu ou M. Kalonji à la tête de l’État. À ce propos, Albert Ndele a tout arrangé pour que l’on porte Kasa Vubu à la tête de l’État. Il vient à Léo pour justement essayer de contacter les autres partis pour les amener à faire un front anti-Lumumba.
Donc
1° méfiance à l’égard d’Albert Ndele; rejette toutes les propositions faites à son nom car il est collaborationniste et surtout il s’est montré ici anti-Lumumba.
2° rejette la Société de Développement car, c’est du néocolonialisme. N’accepte rien de cette société à moins d’y placer à sa tête des gens qui sont nationalistes.
Courage, courage Patrice.
Bien à toi (Sé) Mandi. » (29).


Ndele a donc intégré des réseaux avant de retourner au Congo; il a gardé des attaches avec ses professeurs et/ou amis qui continuent à interférer dans son action politique. En témoigne une longue lettre du 10 décembre 1960 de E. De Jonghe (30), à ce moment conseiller près le Cabinet du Premier ministre de la Belgique, qui aborde les principaux problèmes politiques entre les Congo et la Belgique. D’entrée, celle-ci commence par :
« Monsieur le Vice-Président, Puis-je me prévaloir des relations cordiales que nous avons toujours entretenues pour écrire des choses du Congo. Je le
_____________
(29) Cfr. R.2., pp. 23-24.
(30) Cfr R.1, pp. 40-42.


ferai d’une façon claire et directe et sans intention aucune de vous attirer dans un quelconque imbroglio para-diplomatique. Mon seul but est de rendre service à mon pays et d’aider ceux de mes anciens étudiants congolais dont je suis fier et que je considère comme des grands patriotes qui méritent bien de leur patrie en ce moment. Je tiens tout particulièrement à vous féliciter personnellement de votre conduite courageuse et même héroïque dans la période difficile que traverse votre beau pays (...). ».

Est-ce à cause de cette lettre ou d’autres interférences du même genre, le communiqué du Collège dénonçant les pouvoirs belges (gouvernement et monarchie), qui devait paraî- tre à Léopoldville le même 10 décembre, ne sera pas diffusé. La lettre de De Jonghe répondait exactement au contenu du communiqué « annulé » (31).

3. Cyrille Adoula : Pendant la colonisation, il a été employé dans le privé et, puis devient commis à la Banque centrale du Congo, président de la FGTB/Congo et membre de l’Association des anciens élèves des Pères de Scheut (Adapes). Divers témoignages le présentent comme un homme raisonné mais peu sûr de lui-même. « La Libre Belgique » du 10 février 1961 dit de lui : « (…) est l’un des hommes les plus brillants de la politique congolaise. Il fut formé à l’école du syndicalisme marxiste, mais a su se détacher de la théorie pour aborder les vrais problèmes du Congo, et s’est rangé résolument du côté de Kasa Vubu. ».
Serge Michel parle des soutiens extérieurs dont bénéficiait Adoula :
« (...) les Marocains, pour Adoula, étaient placés en second, c’étaient les Tunisiens qui avaient le premier rôle. Pour une raison très simple; c’est que l’un des meilleurs amis d’Habib Bachour, le chef des syndicats tunisiens, de l’époque, était Erving Brown. Erving Brown était le secrétaire gé- néral adjoint de l’AFLCIO, syndicat des États-Unis. (...) Il est resté très longtemps Secrétaire général adjoint et trésorier et il était évidemment, il avait un poste de responsabilité très élevé dans la CISL. C’était en même temps l’agent responsable de la CIA pour l’Afrique du Nord et qui, en 1960, en a profité pour s’infiltrer au (...) Congo.(....).
J’ai attendu un peu, un peu puis finalement Mobutu voulait me tuer avec Félix Moumié, je me suis réfugié à l’Ambassade de Guinée, de Guinée-Conakry, évidemment, il n’y en avait qu’une. Et puis un message est arrivé du gouvernement provisoire à Tunis, m’ordonnant de me réfugier à l’Ambassade de Tunisie, parce qu’ils disposaient d’une radio très forte grâce à laquelle je pouvais être en rapport avec eux. Alors j’ai traversé la rue parce que l’Ambassade se trouvait face à face, à peu de chose près et je me suis réfugié à l’Ambassade de Tunisie où je suis resté jusqu’à mon départ et là j’ai assisté à des choses. Fatalement, parce que l’ambassade était toute petite d’abord, et que j’habitais dedans et que Habib Bourguiba était parti et qu’il ne restait plus que Mestri. Mestri qui était un type en début de carrière, il faisait donc des erreurs me demandait des conseils et puis, en me demandant des conseils, il m’apprenait pas mal des choses. Il m’a appris les rapports privilégiés avec Mobutu, à partir du coup d’État, et puis l’effort qu’il faisait, lui, pour regrouper ses hommes, en
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(31) Cfr. R.1., pp. 39-40

particulier Adoula, etc, sur lesquels misaient non seulement la CISL, non seulement la Tunisie, mais aussi les Américains. ». (32).


4. Joseph Mobutu :
« (...) L’Europe étant carrément pour Adoula. Ils avaient encore un peu peur de Mobutu, qu’ils connaissaient très peu, puisque Mobutu à l’époque (août et début septembre 1960) jouait double jeu. Il était en permanence avec Kettani mais il venait deux fois par jour nous voir (Cabinet Lumumba). Et très souvent le soir on le voyait et il restait à traîner une heure comme çà à boire du champagne, du whisky, beaucoup de whisky » (33).

5. Damien Kandolo : Au départ, c’est lui l’araignée qui tisse la toile du Groupe de Binza. Il n’est pas universitaire. Il fait partie du Collège, où il occupe le poste de commissaire (adjoint) à l’Intérieur. Il est reconnu comme un administratif efficace. Il est devenu chef de cabinet de Lumumba et assure le secrétariat du conseil des ministres de son gouvernement. Il est proche de Ndele pour avoir payé une partie de ses études [ses origines — son père est tetela, sa mère mongandja d’Isiro (Province Orientale), il est né à Boma où il passe une bonne partie de son enfance — et les relations de sa femme, qui est apparentée à Kasa Vubu, font que Kandolo s’ouvre plusieurs portes à la fois]. Kandolo a des liens avec Cyrille Adoula : tous deux ont été des leaders syndicaux importants, l’un à l’APIC, l’autre dans le mouvement syndical socialiste (FGTB). Kandolo et Adoula sont fort liés à André Lahaye. Kandolo et Mobutu se sont rapprochés dans le cabinet Lumumba où ils ont constitué la tendance modérée et/ou espionne opposée à celle de Mpolo, Gizenga et Lumbala. Voici un témoignage de Serge Michel :
« (...) J’ai assisté plusieurs fois à un Conseil des ministres. Au Conseil des ministres, en fait, il y avait Lumumba qui parlait et puis quelques autres qui plaçaient quelque fois leur petit couplet, mais le travail véritable se faisait entièrement dans le bureau de Lumumba qui était situé par Kandolo. Les ministres avaient beaucoup plus de contact avec Kandolo(...). » (34).
Au cabinet Lumumba, Kandolo était généralement le premier à arriver (vers 7h1/2) et le dernier à quitter (rarement avant 18 heures) son bureau en face de la résidence et du bureau de Lumumba; il était au courant de tout ce qui s’y déroulait. Pour certains projets, dit Serge Michel, Kandolo insistait pour que Lumumba le « laisse travailler » (35).

6. Victor Nendaka : Sans bénéficier d’une parole aisée ou d’un charisme politique évident, il sait tisser dans l’ombre des réseaux et contrôler des situations. Il su, sans avoir occupé auparavant un quelconque poste dans le parti de Lumumba, reprendre en mains le MNC au moment où son leader était en prison à Stanleyville, le conduire aux élections de décembre 1959, organiser un congrès à Bukavu et y imposer la manière de voir de Lumumba (qui finira par être libéré et par participer à la Conférence de la Table Ronde Politique de
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(32) Cfr. R.2, pp. 53-54 et pp. 56-57.
(33) Cfr. R.2, p.53.
(34) Cfr. R.2, pp. 59-60. (35) Cfr. R.2, PP. 64-66.


Bruxelles). Aux dires de témoins, Nendaka se faisait écouter par Lumumba, alors que ni Iléo, ni Diomi ou Ngalula n’ont réussi à tempérer les ardeurs du MNC unitaire créé au mois d’octobre 1958. Si Nendaka, Mobutu et Bomboko connaissaient bien Léopoldville, les deux derniers cités savaient aussi se débrouiller dans les arcanes de la vie bruxelloise pour y avoir passé de longs séjours.
Nendaka avait des contacts avec des réseaux de Sûreté extérieurs qui allaient jusqu’à mettre à sa disposition des agents (36).
À noter que tous ces personnages congolais étaient connus des services de la Sûreté coloniale qui était parvenue à les utiliser comme indicateurs en leur octroyant un peu d’argent pour arrondir leurs revenus modestes (37).

ii) fonctionnement du Groupe de Binza

Le Groupe de Binza représente une génération politique plus qu’un groupe soudé d’abord par des liens ethniques ou régionaux. Il influence les décisions qui se prennent dans les diverses structures formelles du pouvoir, parce qu’il contrôle un réseau de relations qui s’étend sur tout le pays. Du Katanga par exemple, Victor Nendaka nous dit qu’il savait tout ce qui se faisait à travers la personne de Floribert Kasongo, commissaire principal à la Sûreté de l’État du Katanga (38). Cette influence du Groupe de Binza, transparaît dans le comportement des Commissaires généraux : ceux-ci se font une spécialité des prises de décisions qui n’ont aucun impact, aussi longtemps que Ndele et, surtout Bomboko ne s’impliquent pas.
Au départ, c’est Kandolo le véritable chef de cette équipe. Mais à partir de septembre 1960, Mobutu commence à gagner de l’importance au sein du Groupe de Binza. Il consolide rapidement sa position, exploitant la situation d’insécurité créée par les diverses bandes de partisans des acteurs politiques qui s’affrontent, et la menace que constitue l’armée, depuis la mutinerie de juillet (qui a révélé combien les politiques sont fragiles).
Comment va-t-il opérer ? D’abord, il s’allie dès le départ plusieurs militaires qui présentent des signes, qui ont un poids sur leurs troupes. Car, si Mobutu était certes militaire, il ne paraît pas connaître, d’après divers témoignages recoupés, grand chose à l’armée; il a davantage l’expérience de l’administration militaire (formation de sergent-comptable) et du journalisme, où il s’est fait l’homme de Davister. Mais intelligent et rusé, il va s’appuyer sur des alliés comme Tshatshi ou Boboso, qui sont des « soldats brutes », s’entourer de conseillers étrangers instruits, comme Marlière et Kettani. Au moment où il apprend à contrôler le terrain militaire, il temporise du côté politique en alternant blocages et ouvertures face aux initiatives, soit du Collège des Commissaires généraux,
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(36) Cfr. R.2, p. 57.
( 37) Pour les biographies des membres du Groupe de Binza, des Commissaires Généraux et tous autres acteurs congolais connus, impliqués dans l’affaire Lumumba, voir R.1 pp. 9-29 et R.2 pp. 5-21.
( 38) Voir Notre rapport d’avril 2001, sur « La Sûreté au Katanga pendant la période où intervient l’exécution de Lumumba : Recueil des documents », p. 8.


soit de ses autres collègues du Groupe de Binza. En voici quelques exemples :
Le Commissaire Ngwete déclare lors de la réunion du Collège de 24 septembre : « (...) Le Colonel Mobutu ne sait pas encore ce qu’il veut faire. ».
Télégramme (n° 693) du 20 octobre 1960 du Consulat de Belgique à Brazzaville au ministère des Affaires étrangères à Bruxelles :
« J’ai reçu information suivante de Lahaye pour ministère des Affaires africaines et Caeymax : Citation : sur intervention commissaire Général intérieur, au cours nuit hier, plusieurs opérations gendarmerie ont eu lieu. Notamment Sendwe Jason fut arrêté ainsi que Kashamura (...). Mobutu donna ordre libérer intéressés. Ceci a provoqué grand désappointement Commissaires Généraux. Interventions énergiques en cours auprès Bomboko. Tshimanga serait aussi libéré. Ce renseignement non recoupé cependant les interventions du Colonel Mobutu si elles perdurent rendront pays ingouvernable et redressement espéré impossible. Fin citation. Sé/Dupret ».
Télégramme du 1 décembre 1960 de l’Ambassade de à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; à reproduire au ministre des Affaires Africaines et caeymax
« e070/a communique à crokart qui m’informe : 1. attire votre attention sur gravité causé situation provoquée par évasion Lumumba. Désorganisation administrative congolaise et inertie Mobutu gênent mesures coordonnées pour intercepter Lumumba en route vers Stan. Malgré multiples efforts déployés le 30 par Divers Commissaires Mobutu n’a pu être touché. (...) Sé/Rothschild ».
Mobutu, un mungala (ethnie Ngbandi) de la Province de l’Équateur, est tout le contraire d’un Bolikango. Celui-ci, malgré son influence sur les Bangala, est resté l’instituteur s’attendant à ce que les jeunes lui obéissent et le reconnaissent comme « l’ancien ». C’est le modèle des missionnaires qui l’ont formé. Sa volonté de rapprochement avec Lumumba, qu’il estimait politiquement affaibli après son arrestation, finit par le faire éjecter du réseau de soutien financier belge et éloigner des partisans du Groupe de Binza. Iléo — aussi un originaire de la Province de l’Équateur, mais de la partie sud comme Bomboko, ethnie Mongo — est un anti-Lumumba depuis la crise du MNC en juillet 1959 mais il n’est pas efficace politiquement. La constitution de son gouvernement en septembre 1960 a été laborieuse, contrastant avec la détermination et la vivacité qu’avait montrées Lumumba.

À partir d’octobre, les rencontres du Groupe de Binza se tiendront plus souvent chez Mobutu parce qu’il dispose de l’espace nécessaire (l’ancienne villa du colonel Vandewalle), mais aussi parce que l’hôte « contrôlant » l’armée, le lieu rassure les membres du groupe. Mobutu prend son temps pour acquérir de l’expérience : il tarde à prendre position, il soupèse ses décisions. On l’a vu « pousser » à faire un coup d’État en septembre et, puis, pavoisant devant un Lumumba maltraité à sa résidence le 2 décembre 1960. Il s’agit pour lui d’un geste qui affirme son courage (39) et lui attire plus d’estime voire de crainte de la part des anti-Lumumba et mêmes des partisans de ce dernier. Avec ce Mobutu, on aurait bientôt affaire à l’homme fort « au geste viril » souhaité par d’aucuns dont le Professeur à l’Université de Liège, Marcel De Corte (40). Il commence à se construire, à donner preuves de son efficacité dans le contrôle de la situation (41).

Sans lui porter beaucoup d’estime, le Groupe de Binza, qui a lui-même besoin d’une cohésion politique, s’appuie sur Kasa Vubu comme symbole de la légalité contre Lumumba. Kasa Vubu n’a pas les qualités d’un chef, mais il souhaitait comme Lumumba, incarner tout le pouvoir. Pour effacer Lumumba qu’il ne peut avoir l’illusion de contrôler, Kasa Vubu ne sait trop que faire. Le Groupe de Binza et les adversaires de Lumumba, dit Lahaye, mais aussi Nendaka, étaient conscients qu’il fallait aiguillonner Kasa Vubu et essayer de le forcer à agir. Alors que les membres du Groupe de Binza, affirment Lahaye et Cardoso (un autre porte parole du Collège des Commissaires généraux), savaient que Lumumba n’était réellement pas communiste, Kasa Vubu, lui, naïf, était convaincu.

Sur cet aspect, comment le Groupe de Binza apprécie-t-il Lumumba ? Selon Lahaye, Nendaka et Cardoso, interrogés par nous, plusieurs de ses membres approuvent la position de Lumumba, mais n’apprécient pas le moment où — et la manière dont — il l’exprime. Pour le discours du 30 juin, Lahaye affirme : « Ils ne s’attendaient pas à un tel discours ce jour là; peut être l’ont-ils apprécié après ».
Victor Nendaka dans une interview filmée « reconnaît qu’il est pour quelque chose » dans l’affaire Lumumba, mais limite son rôle à celui d’un fonctionnaire qui reçoit des ordres. Le Groupe de Binza paraît cependant s’être pleinement engagé dans cette affaire. Alfred Cahen ajoute : « avec l’encouragement de pas mal d’autres ».
Télégramme du 18 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; à reproduire pour le ministre des Affaires Africaines « Marlière communique : début citation : Mobutu ne peut pas quitter Léopoldville actuellement. Accord avec Bomboko, il a désigné Marlière pour le représenter avec tous pouvoirs militaires à conférence Elisabethville (...).
_____________
(39) Serge Michel, qui est engagé par Lumumba lors de son voyage à Tunis le 4 août 1960, raconte dans une interview accordée à Jean Doneux à Bruxelles le 15 janvier 1981 que Mobutu était ivre mort après son coup d’État et sa conférence de presse. « Il avait vidé une bouteille de whisky à la conférence de presse».
( 40) Cfr. La Libre Belgique, été ( ?), 1960
( 41) Cfr. F. Monheim, Mbutu l’homme seul, Bruxelles, éd. Actuel, 1962.


Sé/Dupret ».

Télégramme du 25 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires Etrangères à Bruxelles; à reproduire au ministre des Affaires Africaines et Caeymax :
« Lahaye me communique: au cours d’une réunion du 24 (Janvier) courant groupant Bomboko, Mobutu, Kazadi, Kandolo, Delvaux, Nendaka, Adoula, Lahaye, Marlière et Denis la coopération militaire entre le Katanga, le Sud-Kasaï et le gouvernement central Léopoldville a été longuement discutée (...). Le texte n’a pas été approuvé tant par Bomboko que par Mobutu. Selon eux, le texte marque une égalité entre Kasa Vubu, Tshombe et Kalonji et reconnaît implicitement la sécession du Katanga. Bomboko affirma que si ce texte était connu, d’autres scissions notamment de l’Équateur apparaî- traient aussitôt et que la publication donnerait un atout majeur à la propagande lumumbiste axée sur unité du Congo. ».(...)"
° http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_7_page_930_to_988.pdf



Compatriotiquemnt!

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  ndonzwau le 23/7/2015, 12:48 am

Troll a écrit:Sad Mister LIBREXAMEN

Vous avez une liste devant vous** Mais une fois de plus, consultez Ndaywel et Elikia Mbokolo afin d´avoir une "lecture" plus historique sur les membres du Groupe de Binza*
Si vous tenez á defendre Tshitshi...nous ne sommes qu´au niveau du Groupe de Binza en 1960..quand il faudra continuer quelques années après tala kaka**
Notez que les membres "universitaires" et souvent "catholiques" anti-communistes du Groupe de Binza sont á l´orgine du MPR quelques années après..Vous retrouverez leurs noms en bonne place au Comité Centrale du MPR ou comme auteurs de la Constitution du MPR, si pas le Manifeste de la N´selé*

Mister Troll,

Vous avez bien raison  sur une chose...

Perso je suis quasiment obsédé par l'histoire de notre pays mais si l'on veut laisser l'histoire à sa place càd la connaissance et la vérité des faits qu'elle couvre comme les leçons que l'on doit en tirer pour ne pas en répéter les drames; si nous voulons nous éloigner de sa vaine polémique historique et ethniciste comme nous le lisons ici et là, bref si nous voulons ne pas nous embarquer dans sa dangereuse manipulation, une façon de mieux la lire, c'est de chercher à savoir ce qu'elle a produit et ce qu'elle produit encore aujourd'hui...

Et dans ce sens, le Groupe de Binza sur lequel nous voulons tant polémiquer a bel et bien des héritiers et le plus important d'entre eux, nous le retrouvons 6 ans plus tard dans ceux qui seront à l'origine du MPR, notre fameux « Parti National », sa Constitution  càd le Manifeste de la Nsele et la nouvelle Constitution du Pays qui en fut la suite !  
Qui voyons-nous toujours autour de Mobutu ?
Deux habitués, anciens du "Groupe de Binza" et du "Collège des Commissaires", Justin Bomboko, Etienne Tshisekedi et un nouveau, Joseph N'singa...

Voilà pour la vérité de l'histoire, elle n'est sujette à caution pour personne, tirons-en donc chacun les conclusions qu'elle nous impose...


Alors maintenant occupons-nous peut-être du présent car il est à supposer qu'entre-temps près de 50 ans plus tard, les Congolais avaient bien l'occasion de mieux faire; Tshisekedi l'ancien fidèle collaborateur de Mobutu comme d'autres ont bien eu le temps de travailler pour le pays, jugeons-les donc sur leur bilan final...



Compatriotiquement!



# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 26/7/2015, 12:23 pm, édité 1 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 1:27 am

Me référant à tous les extraits ci-hauts postés, lesquels devraient, nous a-t-on dit, nous enseigner sur notre histoire, aucun d'eux ne désignent Etienne Tshisekedi comme ayant fait partie du groupe de Binza. Si j'ai manqué ce passage qu'on me le désigne.

De plus, comme il semble encore ressortir de ces extraits, il ne semble pas y avoir des relations particulières entre Etienne Tshisekedi et Joseph Mobutu au cours de l'existence du gouvernement des commissaires généraux. S'il transparaît une telle relation, encore une fois qu'on nous l'indique.

Les textes sont là devant nous. On nous les a mis pour soi-disant nous apprendre l'histoire de notre pays et non pour les faire dire ce qu'ils n'ont pas dit. Mais comme aime à le dire bien souvent, notre cher Troll, à chacun sa lecture.


Dernière édition par Libre Examen le 23/7/2015, 3:09 pm, édité 2 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 2:27 am

Il n'y a pas que le tribalisme dont à chaque occasion, à chaque intervention, on accuse les balubas d'être, mais il y'a au Congo chez certains une haine envers les balubas. C'est pourquoi, par exemple, les massacres des balubas, l'épuration ethnique des balubas au Katanga et le fait qu'on les traite des bilulus ne comptent pas dans l'histoire du Congo surtout qu'on a pas encore trouvé les raisons pour les imputer à Etienne Tshisekedi.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 4:12 am

NgongaEbeti a écrit:[...]
En tout cas Troll, je vous félicite et vous encourage a cracher certaines vérités sur le groupe de Binza que certains supporteurs de Tshisekedi sur ce site sont genés d'admettre. [...] Et Tshisekedi n'était pas un moindre membre de ce groupe mais bien un membre actif et zélé surtout lorsqu'il s'est agit de la neutralisation des nationalistes congolais. La lettre infame qu'il écrivit a son Mulopwe kalonji illustre tres clairement son haine viscérale envers les nationalistes congolais.
[...]


Très cher NgongaEbeti,

Si l'on s'en tient strictement à la chronologie des événements, il est fort probable qu'Etienne Tshisekedi ait écrit la lettre infâme dans laquelle il traite Patrice Emery Lumumba de crapaud à Sa Majesté Kalonji Mulopwe Empereur avant le 12 avril 1961, date à laquelle Albert Kalonji s'est fait couronner Mulopwe.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 5:44 am

ET OBSERVEZ BIEN SANS FALCIFICATION JOSEPH MOBUTU LE PEUREUX A L'OEUVRE


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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  link le 23/7/2015, 3:36 pm

Mister Troll,

Vous avez bien raison sur une chose...

Perso je suis quasiment obsédé par l'histoire de notre pays mais si l'on veut laisser l'histoire à sa place càd la connaissance et la vérité des faits qu'elle couvre comme les leçons que l'on doit en tirer pour ne pas en répéter les drames; si nous voulons nous éloigner de sa vaine polémique historique et ethniciste comme nous le lisons ici et là, bref si nous voulons ne pas nous embarquer dans sa dangereuse manipulation, une façon de mieux la lire, c'est de chercher à savoir ce qu'elle a produit et ce qu'elle produit encore aujourd'hui...

Et dans ce sens, le Groupe de Binza sur lequel nous voulons tant polémiquer a bel et bien des héritiers et le plus important d'entre eux, nous le retrouvons 6 ans plus tard dans ceux qui seront à l'origine du MPR, notre fameux « Parti National », sa Constitution càd le Manifeste de la Nsele et la nouvelle Constitution du Pays qui en fut la suite !
Qui voyons-nous toujours autour de Mobutu ?
Deux habitués, anciens du "Groupe de Binza" et du "Collège des Commissaires", Justin Bomboko, Etienne Tshisekedi et un nouveau, Joseph N'singa...

Voilà pour la vérité de l'histoire, elle n'est sujette à caution pour personne, tirons-en donc chacun les conclusions qu'elle nous impose...

Alors maintenant occupons-nous peut-être du présent car il est à supposer qu'entre-temps près de 50 ans plus tard, les Congolais avaient bien l'occasion de mieux faire; Tshisekedi l'ancien fidèle collaborateur de Mobutu comme d'autres ont bien eu le temps de travailler pour le pays, jugeons-les donc sur leur bilan final...



Compatriotiquement!

ndonzwau,


Sans vouloir nécessairement prendre la défense de Tshisekedi ta lecture des faits que toi même ta posté est assez bizzare !!!

André Lahaye pense que Mobutu n’est pas l’initiateur du
projet de « Collège des Commissaires Généraux ». Mais
Lahaye dit ne pas savoir de qui il émane, prenant vite la pré-
caution d’ajouter qu’on ne peut songer à lui-même ! Selon
plusieurs sources, l’initiative de la création du Collège serait
externe à Kasa Vubu, qui continuait à préférer voir Iléo gouverner.
Bref, la paternité de ce projet est à rechercher ailleurs
que chez les Congolais.

Tshisekedi n'est pas entré dans le collège des commissaire Généraux comme ami de Mobutu ou venant du groupe de Binza mais bien comme universitaire brillant de Lovanium et recommander comme l'ont été la plupart.
Et je pense même que c'est marcel LIHAU qui pris tshisekedi avec lui comme adjoint étant de la même promotion l'un a Louvain Belgique et l'autre a Lovanium Congo comme il le reprendra avec lui en 1964 pour la constitution de Luluabourg pendant que ce dernier etait recteur de L'EDNA de 1961 a 1965.

On retrouve Lihau et Tshisekedi en 1966 a 1967 pour une nouvelle constitution et l'histoire ne s’arrête pas la on retrouve les deux juriste en 1982 a la création de l'UDPS.

Donc lire l'histoire sans la contextualisé ne sert a rien parce que elle ne parlera pas !!!



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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  link le 23/7/2015, 4:06 pm

ndonzwau,



nous le retrouvons 6 ans plus tard dans ceux qui seront à l'origine du MPR, notre fameux « Parti National », sa Constitution càd le Manifeste de la Nsele et la nouvelle Constitution du Pays qui en fut la suite !

Le 24 juin 1967 M. Mobutu promulguait la constitution de la 2è République dont l'art. 4 stipulait qu'il ne peut y avoir plus de deux partis politiques en République Démocratique du Congo

Quel était le meilleur moyen selon toi de combattre les partis politique a caractère ethnique que de n'autorisé deux parti politique a l'image des Etat-unis "Démocrate et républicains" ????

Tshisekedi l'ancien fidèle collaborateur de Mobutu

Pour un fidèle collaborateur 4 ans seulement au gouvernement de 1965 a 1969 puis direction le MAROC comme ambassadeur, il y a mieux quand même pour un fidèle ? Et de 1971 a la création de l'UDPS il est ou le fidèle ?


J'estime que tu es intelligent donc quand tu déforme les faits et que tu l’interprète a dessein c'est pour quel raison ????

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 4:09 pm

Il convient de faire remarquer que nulle part n'avions-nous affirmé qu'Etienne Tshisekedi ne faisait pas partie du groupe de Binza, nous ne recherchons que des évidences de cela. Jusque-là, on ne nous les a pas présentées. Mais on continue à donner des leçons. Et qu'on ne vienne pas soutenir qu’une fréquentation des membres d'un groupe donné fait automatiquement de vous un membre dudit groupe.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 5:15 pm

NgongaEbeti a écrit:[...]En tout cas Troll, je vous félicite et vous encourage a cracher certaines vérités [...]

Très cher NgongaEbeti,

Quelle autre vérité félicitez-vous et encouragez-vous Troll à cracher ! Serait-ce celle qu’il aurait décidé de faire partie de la Garde-Civile pour assurer la continuation de l’œuvre d’Etienne Tshisekedi ? Tant que vous y êtes, pourriez-vous nous dire combien d’ordres Sir Troll a reçus d’Etienne Tshisekedi pendant qu’il était occupé à assurer la continuation de son œuvre dans la Garde-Civile ?

Vous auriez ainsi assez d'éléments pour aller porter plainte contre Etienne Tshisekedi.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  ndonzwau le 23/7/2015, 6:57 pm

link a écrit:Mister Troll,

Vous avez bien raison  sur une chose...

Perso je suis quasiment obsédé par l'histoire de notre pays mais si l'on veut laisser l'histoire à sa place càd la connaissance et la vérité des faits qu'elle couvre comme les leçons que l'on doit en tirer pour ne pas en répéter les drames; si nous voulons nous éloigner de sa vaine polémique historique et ethniciste comme nous le lisons ici et là, bref si nous voulons ne pas nous embarquer dans sa dangereuse manipulation, une façon de mieux la lire, c'est de chercher à savoir ce qu'elle a produit et ce qu'elle produit encore aujourd'hui...

Et dans ce sens, le Groupe de Binza sur lequel nous voulons tant polémiquer a bel et bien des héritiers et le plus important d'entre eux, nous le retrouvons 6 ans plus tard dans ceux qui seront à l'origine du MPR, notre fameux « Parti National », sa Constitution  càd le Manifeste de la Nsele et la nouvelle Constitution du Pays qui en fut la suite !  

Qui voyons-nous toujours autour de Mobutu ?
Deux habitués, anciens du "Groupe de Binza" et du "Collège des Commissaires", Justin Bomboko, Etienne Tshisekedi et un nouveau, Joseph N'singa...

Voilà pour la vérité de l'histoire, elle n'est sujette à caution pour personne, tirons-en donc chacun les conclusions qu'elle nous impose...

Alors maintenant occupons-nous peut-être du présent car il est à supposer qu'entre-temps près de 50 ans plus tard, les Congolais avaient bien l'occasion de mieux faire; Tshisekedi l'ancien fidèle collaborateur de Mobutu comme d'autres ont bien eu le temps de travailler pour le pays, jugeons-les donc sur leur bilan final...



Compatriotiquement!

ndonzwau,


Sans vouloir nécessairement prendre la défense de Tshisekedi ta lecture des faits que toi même ta posté est assez bizzare !!!

André Lahaye pense que Mobutu n’est pas l’initiateur du
projet de « Collège des Commissaires Généraux ». Mais
Lahaye dit ne pas savoir de qui il émane, prenant vite la pré-
caution d’ajouter qu’on ne peut songer à lui-même ! Selon
plusieurs sources, l’initiative de la création du Collège serait
externe à Kasa Vubu, qui continuait à préférer voir Iléo gouverner.
Bref, la paternité de ce projet est à rechercher ailleurs
que chez les Congolais.

Tshisekedi n'est pas entré dans le collège des commissaire Généraux comme ami de Mobutu ou venant du groupe de Binza mais bien comme universitaire brillant de Lovanium et recommander comme l'ont été la plupart.
Et je pense même que c'est marcel LIHAU qui pris tshisekedi avec lui comme adjoint étant de la même promotion l'un a Louvain Belgique et l'autre a Lovanium Congo comme il le reprendra avec lui en 1964 pour la constitution de Luluabourg pendant que ce dernier etait recteur de L'EDNA de 1961 a 1965.

On retrouve Lihau et Tshisekedi en 1966 a 1967 pour une nouvelle constitution et l'histoire ne s’arrête pas la on retrouve les deux juriste en 1982 a la création de l'UDPS.

Donc lire l'histoire sans la contextualisé ne sert a rien parce que elle ne parlera pas !!!

Mon cher Link,

Svp, voudriez-vous m'éloigner d'une polémique qui ne me concerne point : lorsque vous écrivez "Sans vouloir nécessairement prendre la défense de Tshisekedi ta lecture des faits que toi même ta posté est assez bizzare !!! " pour moi, vous n'aurez ainsi en tête que défendre Tshisekedi que pour ma part je ne cherche point à attaquer ici; relisez-moi bien...

En effet la lecture de l'histoire et encore mieux à travers ces derniers documents ne souffre d'aucune ambiguïté : dans les premières années de notre indépendance Mobutu a eu le crédit de l'Occident pour devenir le Maître du Congo dans la droite ligne dominatrice occidentale de la Guerre Froide contre les communistes...
Il s'est fait alors entourer ou a été aidé pour s'entourer d'une équipe convaincue de cette cause qui est entre autres ce fameux "Groupe de Binza" et son instrument trompeur ou d'apparence légale que fut le "Collège des Commissaires Généraux" composés des jeunes diplômés Congolais après son premier "coup d'Etat de 1960"...

Mobutu n'avait donc aucun besoin d'être préalablement ami à qui que ce soit pour travailler avec lui : nous sommes en septembre 1960, tout ce monde entrait dans la vie politique active et se découvrait !
Quelle idée alors d'y lire qu'un Mobutu ne pouvait alors travailler qu'avec des vieux amis lorsque même les amitiés se retournaient à l'époque à vue d’œil : l'ami d'hier devenait au besoin l'ennemi du lendemain et vice-versa  !!!


Sinon vous avez bien lu comment fonctionnait le "Groupe de Binza" en fait un noyau essaimait en petite et discrète nébuleuse avec ceux qui jouaient le rôle légal de gouvernement  ou ses succédanés comme à cette époque les "Commissaires" !
Si ce Collège était officiel, public et défini, le "Groupe de Binza", lui était donc secret : si vous cherchez que quelqu'un vous affirme qu'il en faisait partie, vous ne le trouverez pas; peu même parmi les protagonistes vous avoueront qu'à l'époque ils ont participé à des réunions à Binza ou dans les ambassades sur tel ou tel autre sujet important du pays !
Ailleurs, affirmer qu'un homme déjà actif à cette époque parmi les Commissaires puis plus tard lors du Manifeste de la Nsele et dépendants à côté de Mobutu comme Tshisekedi fit de fait partie du "Groupe de Binza et ancien collaborateur de Mobutu" n'est alors, alors pas du tout usurpé, à moins qu'on refuse de lire les faits !

Mais en le disant, personnellement je serais à côté de tout ce que je crois si cela devait signifier pour moi accuser quelqu'un de quoi que ce soit...
Pour tout vous dire, je suis plutôt admiratif de beaucoup de ces jeunes gens jetés dans la jungle de l'action politique de l'époque, de Mobutu comme de Tshsisekedi et des autres... et jamais, jamais ne  commettrais l'erreur, ce qui est pour moi aberrant de ne les juger qu'à partir de cet épisode; je l'ai écrit noir sur blanc; relisez-moi...
Je ne m'engagerai donc pas dans une polémique qui s'appliquerait à louer ou à défendre celui-ci et/ou à blâmer celui-là; je vous la laisse volontiers !




Commpatriotiquement!



# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 26/7/2015, 12:20 pm, édité 2 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 7:46 pm

ndonzwau a écrit:
link a écrit:Mister Troll,

Vous avez bien raison  sur une chose...

Perso je suis quasiment obsédé par l'histoire de notre pays mais si l'on veut laisser l'histoire à sa place càd la connaissance et la vérité des faits qu'elle couvre comme les leçons que l'on doit en tirer pour ne pas en répéter les drames; si nous voulons nous éloigner de sa vaine polémique historique et ethniciste comme nous le lisons ici et là, bref si nous voulons ne pas nous embarquer dans sa dangereuse manipulation, une façon de mieux la lire, c'est de chercher à savoir ce qu'elle a produit et ce qu'elle produit encore aujourd'hui...

Et dans ce sens, le Groupe de Binza sur lequel nous voulons tant polémiquer a bel et bien des héritiers et le plus important d'entre eux, nous le retrouvons 6 ans plus tard dans ceux qui seront à l'origine du MPR, notre fameux « Parti National », sa Constitution  càd le Manifeste de la Nsele et la nouvelle Constitution du Pays qui en fut la suite !  
Qui voyons-nous toujours autour de Mobutu ?
Deux habitués, anciens du "Groupe de Binza" et du "Collège des Commissaires", Justin Bomboko, Etienne Tshisekedi et un nouveau, Joseph N'singa...

Voilà pour la vérité de l'histoire, elle n'est sujette à caution pour personne, tirons-en donc chacun les conclusions qu'elle nous impose...

Alors maintenant occupons-nous peut-être du présent car il est à supposer qu'entre-temps près de 50 ans plus tard, les Congolais avaient bien l'occasion de mieux faire; Tshisekedi l'ancien fidèle collaborateur de Mobutu comme d'autres ont bien eu le temps de travailler pour le pays, jugeons-les donc sur leur bilan final...



Compatriotiquement!

ndonzwau,


Sans vouloir nécessairement prendre la défense de Tshisekedi ta lecture des faits que toi même ta posté est assez bizzare !!!

André Lahaye pense que Mobutu n’est pas l’initiateur du
projet de « Collège des Commissaires Généraux ». Mais
Lahaye dit ne pas savoir de qui il émane, prenant vite la pré-
caution d’ajouter qu’on ne peut songer à lui-même ! Selon
plusieurs sources, l’initiative de la création du Collège serait
externe à Kasa Vubu, qui continuait à préférer voir Iléo gouverner.
Bref, la paternité de ce projet est à rechercher ailleurs
que chez les Congolais.

Tshisekedi n'est pas entré dans le collège des commissaire Généraux comme ami de Mobutu ou venant du groupe de Binza mais bien comme universitaire brillant de Lovanium et recommander comme l'ont été la plupart.
Et je pense même que c'est marcel LIHAU qui pris tshisekedi avec lui comme adjoint étant de la même promotion l'un a Louvain Belgique et l'autre a Lovanium Congo comme il le reprendra avec lui en 1964 pour la constitution de Luluabourg pendant que ce dernier etait recteur de L'EDNA de 1961 a 1965.

On retrouve Lihau et Tshisekedi en 1966 a 1967 pour une nouvelle constitution et l'histoire ne s’arrête pas la on retrouve les deux juriste en 1982 a la création de l'UDPS.

Donc lire l'histoire sans la contextualisé ne sert a rien parce que elle ne parlera pas !!!

Mon cher Link,

Svp, voudriez-vous m'éloigner d'une polémique qui ne me concerne point : lorsque vous écrivez "Sans vouloir nécessairement prendre la défense de Tshisekedi ta lecture des faits que toi même ta posté est assez bizzare !!! " pour moi, vous n'aurez ainsi en tête que défendre Tshisekedi que pour ma part je ne cherche point à attaquer ici; relisez-moi bien...

En effet la lecture de l'histoire et encore mieux à travers ces derniers documents ne souffre d'aucune ambiguïté : dans les premières années de notre indépendance Mobutu a eu le crédit de l'Occident pour devenir le Maître du Congo dans la droite ligne dominatrice occidentale de la Guerre Froide contre les communistes...
Il s'est fait alors entourer ou a été aidé pour s'entourer d'une équipe convaincue de cette cause qui est entre autres ce fameux "Groupe de Binza" et son instrument trompeur ou d'apparence légale que fut le "Collège des Commissaires Généraux" composés des jeunes diplômés Congolais après son premier "coup d'Etat de 1960"...

Mobutu n'avait donc aucun besoin d'être préalablement ami à qui que ce soit pour travailler avec lui : nous sommes en septembre 1960, tout ce monde entrait dans la vie politique active et se découvrait !
Quelle idée alors d'y lire qu'un Mobutu ne pouvait alors travailler qu'avec des vieux amis lorsque même les amitiés se retournaient à l'époque à vue d’œil : l'ami d'hier devenait au besoin l'ennemi du lendemain et vice-versa  !!!


Sinon vous avez bien lu comment fonctionnait le "Groupe de Binza" en fait un noyau essaimait en petite et discrète nébuleuse avec ceux qui jouaient le rôle légal de gouvernement  ou ses succédanés comme à cette époque les "Commissaires" !
Si ce Collège était officiel, public et défini, le "Groupe de Binza", lui était donc secret : si vous cherchez que quelqu'un vous affirme qu'il en faisait partie, vous ne le trouverez pas; peu même parmi les protagonistes vous avoueront qu'à l'époque ils ont participé à des réunions à Binza ou dans les ambassades sur tel ou tel autre sujet important du pays !
Ailleurs, affirmer qu'un homme déjà actif à cette époque parmi les Commissaires puis plus tard lors du Manifeste de la Nsele et dépendants à côté de Mobutu comme Tshisekedi fit de fait partie du "Groupe de Binza et ancien collaborateur de Mobutu" n'est alors, alors pas du tout usurpé, à moins qu'on refuse de lire les faits !
Mais en le disant, personnellement je serais à côté de tout ce que je crois si cela devait signifier pour moi accuser quelqu'un de quoi que ce soit...
Pour tout vous dire, je suis plutôt admiratif de beaucoup de ces jeunes gens jetés dans la jungle de l'action politique de l'époque, de Mobutu comme de Tshsisekedi et des autres... et jamais, jamais ne  commettrais l'erreur, ce qui est pour moi aberrant de ne les juger qu'à partir de cet épisode; je l'ai écrit noir sur blanc; relisez-moi...
Je ne m'engagerai donc pas dans une polémique qui s'appliquerait à louer ou à défendre celui-ci et/ou à blâmer celui-là; je vous la laisse volontiers !




Commpatriotiquement!

Et voilà qu’on tire des conclusions sans apporter des évidences sous le prétexte que le groupe de Binza était un groupe nébuleux. Pourtant, on nomme nommément quelques membres qui y ont fait partie.  Je crois même que les auteurs ont précisé que Jonas Mukamba ne faisait pas partie du groupe de Binza. Comment en peuvent-ils être sûrs si le groupe de Binza était si nébuleux ? Pourquoi ce sont presque toujours les mêmes noms qui sont nommément cités lorsqu’on cite les membres du groupe de Binza ? Comment ont-ils fait pour connaître ces noms ? Citent-ils tous ces noms sans aucune évidence ? Quelles sont les raisons invoquées ? Pourquoi, le nom de quelqu’un à qui on attribue un rôle si important n’y est pas.

On nous fait donc entendre que parce qu'Etienne Tshisekedi a été actif dans le gouvernement des commissaires généraux et qu'il a participé à la rédaction du manifeste de la N'sele, il ne peut qu'avoir fait partie du groupe de Binza. Quant à être collaborateur, tout celui qui travaille avec quelqu'un peut être considéré comme son collaboratuer à moins qu'on utilise le terme dans le sens gbandiste.

Voyez-vous, on nous a mis des textes sous la PRETENTION que nous ne connaissions rien à l’histoire du Congo. On nous disait : LISEZ, LISEZ, LISEZ… Mais il semble que la seule lecture qu’on voulait qu’on tire, les seules conclusions auxquelles on voulait que nous arrivions seraient qu’Etienne Tshisekedi est un ami de Mobutu et qu’il était membre du groupe de Binza. Les textes qu’on nous a donnés à lire ne permettent pas d’arriver à des telles conclusions.

Joseph Mobutu et Etienne Tshisekedi sont-ils devenus amis après ? C’est possible. Mais s’ils sont devenus amis, il faut peut-être aussi admettre que cette amitié pourrait très bien avoir pris fin en 1969. En tout cas si l’on en croit le compte rendu sur la rencontre qui aurait eu lieu le 19 novembre 1979 entre Mobutu et les députés du Kasaï-Oriental, Mobutu considérait déjà Etienne Tshisekedi comme un ennemi. Plus tard, il va le traiter d’un aigri.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 23/7/2015, 9:21 pm

L’une des raisons avancées pour justifier qu’Etienne Tshisekedi ne pourrait qu’avoir fait partie du groupe de Binza est à tout le moins bizarre, je dirai même inquiétant. Ainsi Etienne Tshisekedi ne se serait montré actif au sein du gouvernement des commissaires généraux, qui parce qu’il aurait été un membre du groupe de Binza. Voyez-vous cela suggère qu’on ne peut pas travailler selon sa propre conscience, qu’on ne peut pas bien faire son travail s’il l’on n’a pas d’autres motifs, que la conscience professionnelle n’existerait pas.

Etienne Tshisekedi a été l’un des deux commissaires généraux à avoir participé à plus de réunions du gouvernement des commissaires généraux. Il en a participé à 33. Il n’en pas présidé une seule. Cela indique, peut-être quel rang il occupait quand on sait que ces réunions ont été présidées par différentes personnes selon les présences. Faudrait-il le rappeler Etienne Tshisekedi était un commissaire adjoint.

Ce qui frappe dans les extraits qu’on nous a donné à lire, c’est l’accent mis par les auteurs sur les interventions d’Etienne Tshisekedi, afin de faire ressortir son rôle pour au moins l’impliquer dans l’assassinat de Lumumba pendant que Joseph Kasaubu passe pour un indécis et Joseph Mobutu pour un peureux. Mais les mêmes extraits tendent aussi à montrer qu’Etienne Tshisekedi affichait déjà son idépendance et qu’il ne se voyait pas comme un fidèle collaborateur de Mobutu. Dans la plupart des extraits de ces interventions, il n’appelait pas Mobutu par son nom, il l’appelait le colonel, comme si il ne connaissait pas son nom. En tenant compte de ces extraits, il semble que les deux hommes ne se connaissaient peut-être pas à cette époque.  

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

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