L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  El-Shaman le 24/7/2015, 12:09 pm

Merci Libre Examen pour ces deux vidéos. J'espère que les gens seront convaincu qu'Etienne Tshisekedi n'a rien à voir avec l'assassinat de Patrice Lumumba,comme tous ces Margoulin en Politique veulent nous faire croire en falsifiant notre histoire ,et en balançant des articles bidon sur le net.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 24/7/2015, 2:12 pm

Et à propos du Manifeste de la Nsele d'Etienne Tshisekedi, qui serait une des preuves qu'Etienne Tshisekedi était un membre du groupe de Binza, en voici un extrait d'après "Les lettres de Monsieur Babadi". A chacun d'en juger.

http://lettres-de-monsieur-babadi.overblog.com/2015/07/ngbanda-pete-les-plombs-et-traite-les-congolais-d-idiots.html


Les Lettres de Monsieur Babadi.overblog.com

[...]
Quant à l'appartenance de Tshisekedi au « groupe de Binza », Jean-Marie Bomboko qui en était presque le patron avait confirmé aux congolais que Tshisekedi n'en faisait pas partie. Que Ngbanda ne profite pas de sa mort pour raconter des insanités aux congolais.

S'agissant du Manifeste de la N'sele dont il dit qu'il avait été composé par Tshisekedi pour le compte de Mobutu, et pour faire du MPR un parti-institution ou parti unique, c'est sans commentaire que je renvoie tous les congolais à la lecture de ces extraits de ce fameux manifeste.

[...]

Mais voici ce que rapportent les contemporains de l'époque de ce Manifeste de la Nsele :

"Outre Mobutu, ont participé à la rédaction du Manifeste de la Nsele :

  - Justin Bomboko,

  - Etienne Tshisekedi,

  - Singa Udjuu.

Le Manifeste affirme notamment:

- La restauration de l'autorité de l'état et son prestige international,

Le respect des libertés démocratiques,

La participation active directe ou indirecte de chacun à la discussion publique des problèmes de la vie commune,

- La confrontation permanente des intérets, des besoins, des nécessités économiques ou politiques,

- Libérer les zairois et les zairoises de toutes servitudes et assurer leur progrès en édifiant une République vraiment sociale et vraiment démocratique,

- La révolution ne se fera pas par l'écrasement de l'individu,
- La liberté humaine est au centre des préoccupations du MPR,
- La suppression des oppressions politiques,
- La réaffirmation de grandes libertés traditionnelles : liberté d'opinion, liberté de presse, liberté de conscience,
- Le citoyen doit etre respecté dans sa liberté qui lui rend la force de son dévouement,
- Le MPR respectera les libertés fondamentales et facilitera leur exercice.

Il définit également la répartition équitable du revenu national, les principes de convention collective et la garantie des salaires".

[...]


Angelu Michel, Mobateli ya Tempelu UDPS

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 24/7/2015, 8:57 pm

NgongaEbeti a écrit:Lol! Quel beaux échanges entre Troll, El-Shaman, Libre Examen etc...
En tout cas Troll, je vous félicite et vous encourage a cracher certaines vérités sur le groupe de Binza que certains supporteurs de Tshisekedi sur ce site sont genés d'admettre. Le Collège des Commissaires Généraux a été explicitement créé pour neutraliser Lumumba. C'était un gouvernement illégal, réactionnaire, anti-Congolais et anti-démocratique. Tous les membres qui le constituaient savaient tres bien quel était son objectif et étaient justement choisis tout d'abord a cause de leur hostilité envers Lumumba. Et Tshisekedi n'était pas un moindre membre de ce groupe mais bien un membre actif et zélé surtout lorsqu'il s'est agit de la neutralisation des nationalistes congolais. La lettre infame qu'il écrivit a son Mulopwe kalonji illustre tres clairement son haine viscérale envers les nationalistes congolais.
[...]

Très cher NgongaEbeti,

Quelle autre vérité voudriez-vous voir Sir Troll cracher ! Serait-ce que ce serait Patrice Emery Lumumba, celui que ceux qui se proclament nationalistes, comme vous, par opposition à d’autres qui ne les seraient pas, considèrent comme le nationaliste congolais le plus nationaliste de tous les Congolais, qui a cédé l’imperium à son secrétaire adjoint à la défense Joseph Mobutu ?

Allez-y donc ! J’attends vos félicitations à Troll au nom de tous les nationalistes congolais pour cet acte combien nationaliste posé par Patrice Emery Lumumba. Et pendant que vous y serez, vous pourriez aussi, entre nationalistes, porter un toast à l’autre fameux nationaliste congolais Laurent Désiré et son AFDL.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  ndonzwau le 26/7/2015, 12:27 pm

Troll a écrit:
ndonzwau a écrit:
"Suite...

Membres du Collège des Commissaires généraux
( Nom—Fonction exercée—Université / École fréquentée)


1.  Bomboko Justin — Commissaire Général aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur; Président du Collège - Université Libre de Bruxelles
2.  Ndele Albert — Commissaire Général, Finances et Questions Monétaires ; Vice-Président du Collège -  Louvain
3.  Bokonga Charles — Commissaire Général au Travail et à la Prévoyance Sociale -  Louvain
4.  Cardoso Mario — Commissaire Général à l’Education Nationale, à la Jeunesse et sport; porte parole du Collège -  Louvain
5.  Bindo Albi Valentin — Commissaire Général à la Fonction Publique - Université Libre de Bruxelles
6.  Kalanda (Mabika) Auguste — Remplacera fin octobre A. Bindo qui a déserté son poste -  Université Lovanium de Léopoldville
7.  Kazadi Ferdinand  — Commissaire Général à la Défense Nationale - Université Lovanium de Léopoldville
8.  Lebughe Pierre — Commissaire Général à l’Agriculture et aux Classes  Moyennes -  Université Lovanium de Léopoldville
9.  Lihau Marcel — Commissaire Général à la Justice -  Louvain
10.Masanga Joseph — Commissaire Général Aux Travaux Publics - Université Lovanium de Léopoldville
11.Mbeka Joseph — Commissaire Général à la Coordination Economique et Plan - Université Lovanium de Léopoldville
_____________
( 15) D’abord officier de liaison du Collège des Commissaires généraux avec l’extérieur, il devient Commissaire (adjoint) au Transport et aux Communications sur proposition d’Aubert Mukendi; enfin, redevient officier de liaison après qu’il ait ramené Lumumba à Léopoldville le 2 décembre 1960.

12.Bolela Albert — Commissaire Général à l’Information; Porte parole du Collège -  Louvain
13.Mpase Albert — Commissaire Général aux Affaires Sociales -  Louvain
14.Mukendi Aubert — Commissaire Général aux Télécommunications -  Université de Liège
15.Nussbaumer José — Commissaire Général à l’Intérieur -  Louvain
16.Tshibamba Marcel — Commissaire Général à la Santé Publique -  Université Lovanium de Léopoldville, avec stage à Louvain
17.Atundu Albert — Commissaire aux Affaires Sociales -  Ecole d’Assistant Social à Hervelee
18.Bizala Cléophas — Commissaire à l’Education Nationale, à la Jeunesse et Sport  -  Université Lovanium de Léopoldville
19.Bo-Boliko André — Commissaire au Travail et à la Prévoyance Sociale -  Ecole d’Assistant Social à Hervelee
20.Kandolo Damien — Commissaire à l’Intérieur.-  (Syndicaliste)
21.Kashemwa Ernest — Commissaire aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur - Université Lovanium de Léopoldville
22.Kasongo Julien — Commissaire au Plan et à la Coordination Economique - (Ecole Professionnelle au Congo)
23.Kapella Pascal — Commissaire à l’Information - (Institut de Journalisme en Belgique)
24.Konde Zépherin  — Commissaire à l’Information - Louvain
25.Kungula François  — Commissaire à la Fonction Publique -  ( ?)
26.Loliki Evariste — Commissaire aux Affaires Etrangères et Commerce Extérieur - Louvain
27.Lukusa Félicien — Commissaire à la Fonction Publique -  Louvain
28.Mukamba Jonas — Commissaire à l’Intérieur.- Louvain, mais suivait aussi le droit à l’ULB
29.Mushiete Paul — Commissaire aux Finances -  Louvain
30.Ngondo Claude — Commissaire à l’Agriculture - Université Lovanium de Léopoldville
31.Ngyesse François (JeanMarie) — Commissaire aux Classes Moyennes - Louvain
32.Pongo Gilbert — Commissaire au Transport et aux Communications - (Ecole professionnelle au Congo)
33.Tshisekedi Etienne — Commissaire à la Justice -  Université Lovanium de Léopoldville
34.Waku Honoré — Commissaire à l’Éucation Nationale -  Université Libre de Bruxelles
35.Watum Nestor — Commissaire à la Défense Nationale - Université Lovanium de Léopoldville
36.Takizala Henri — Commissaire aux Travaux Publics - Université Lovanium de Léopoldville
37.Ngwete Martin — Commissaire à la Santé Publique -  Louvain
38.Posho Joseph — Commissaire aux Travaux Publics. - Université de Liège
_____________
(16) Cfr. R.1, PP. 90-94. (17) Cfr. La Dernière Heure du 30 décembre 1960; La Libre Belgique Du 29 décembre 1960.
(17)  Cfr. La Dernière Heure du 30 décembre 1960; La Libre Belgique Du 29 décembre 1960.


(18) Cfr. R.1., p. 96.

[i]d) Illusion de posséder le pouvoir[/i]

C’est Mobutu qui annonce, en septembre 1960, la création du Collège.En apprenant cela, Mobutu se fâche pour ce qui paraît être un désaveu, un geste qui méconnaît son autorité.
Voici la nouvelle qui a été annoncée au Collège trouvé en plein conseil, le jour même :
« (...) M. Kapela entre pour annoncer que le Colonel Mobutu est très fâché de ce qui vient de se passer ce matin chez le chef de l’État et prépare un communiqué qui passera ce soir à la radio.
M. Ndele propose qu’une délégation composée de MM. Kazadi, Kapela et 0]]Tshisekedi [/b]aillent voir immédiatement le Colonel et lui expliquer la portée de notre geste. En cas de maintien du communiqué, tout le Conseil est d’accord pour démissionner en bloc au cas évidemment où ce communiqué
serait un démenti. ».



Compatritiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Troll le 26/7/2015, 2:17 pm

El-Shaman a écrit:Merci Libre Examen pour ces deux vidéos. J'espère que les gens seront convaincu qu'Etienne Tshisekedi n'a rien à voir avec l'assassinat de Patrice Lumumba,comme tous ces Margoulin en Politique veulent nous faire croire en falsifiant notre histoire ,et en balançant des articles bidon sur le net.

Very Happy El Shaman le "defenseur" de Tshitshi
Shocked Surprised

Le nom de Tshitshi figure bien sur la liste des membres du Groupe de Binza Comment vous allez faire pour "effacer" cette partie de son histoire Razz Shocked Surprised ?

Son nom figure aussi bien...dans son rôle d´executant du Groupe de Binza: Le stade de Martyr.. Embarassed Rolling Eyes Connaissez-vous les ¤¤4 Martyrs¤¤ dont la memoire est venerée dans ce stade? Non** Mr Librexamen va vous apporter la vidéo de Tshitshi qui DEFEND la pendaison en public de ces 4 ministres "lumumbistes" Idea


Vous allez sans doute continuer á defendre Tshitshi..quand la liste des actions pour assoir la dictature de Mobutu va s´allonger..quelle est sa Place historique dans la création du MPR:?: N´est-il pas l´architecte....co-fondateur du MPR?


Defendez-vous enfin les "LUBAS" comme le faisiez pour Ally Ntumba..sur Congo Mikili;)
silent

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 26/7/2015, 3:16 pm

Troll a écrit:
El-Shaman a écrit: [...]


Very Happy El Shaman le "defenseur" de Tshitshi
Shocked Surprised

Le nom de Tshitshi figure bien sur la liste des membres du Groupe de Binza Comment vous allez faire pour "effacer" cette partie de son histoire Razz Shocked Surprised ?

[...]

En tout cas pas selon les auteurs des extraits qui nous ont été donnés à lire. Ceux-ci ont bien pris soin de faire la distinction entre le gouvernement des commissaires généraux et le groupe de Binza. Ils ont bien donnés deux listes. Une liste des membres du cl gouvernement des commissaires généraux et une liste des membres du groupe de Binza que je reprends ci-après.

Le nom d'Etienne Tshisekedi ne figure pas sur la liste des membres du groupe de Binza et pas une seule fois les auteurs n'ont cité le nom d'Etienne Tshisekedi en rapport avec le groupe de Binza.

Les auteurs ont-ils volontairement omis le nom d'Etienne Tshisekedi et pour quelle raison ? Je ne pourrai répondre à la place des auteurs. Mais il est vraisemblable, qu'en tant chercheurs ils n'ont pas trouvé assez d'éléments démontrant qu'Etienne Tshisekedi faisait partie du groupe de Binza, et en toute conscience ont décidé de ne pas inclure son nom sur la liste des membres du groupe de Binza.

En toute honnêteté intellectuelle, on ne peut déformer leurs propos. Les règles de base de citations et de références veulent qu'on reste, entre autres, fidèles aux propos des auteurs. D'autant que pour bien établir la différence que les membres du gouvernement des commissaires généraux n'étaient pas tous des membres du groupe de Binza, les auteurs ont bien précisé, par exemple, que les commissaires généraux F. kazadi et J. Mukamba ne faisaient pas partie du groupe de Binza. Ceci est écrit noir sur blanc par les auteurs. Comment dès lors peut-on continuer à faire passer la liste des membres du gouvernement des commissaires généraux comme celle du groupe de Binza ? Cela n'est pas honnête envers les auteurs.

Si sir Troll a des évidences qu'Etienne Tshisekedi ou que tous les membres du gouvernement des commissaires généraux étaient du groupe de Binza, qu'ils nous les présente. Mais qu'il ne reprennent pas une liste des membres du gouvernement des commissaires généraux et désignée comme telle par les auteurs et la faire passer pour la liste des membres du groupe de Binza.


Non Sir Troll, jusqu'à preuve du contraire, on n'a pas besoin d'effacer le nom d'Etienne Tshisekedi de la liste des membres du groupe de Binza car son nom n'y figure tout simplement pas, du moins, d'après les auteurs qui ont écris les extraits que Dom nous a donnés à lire. Encore une fois de plus, pour votre bonne lecture, en voici la liste ci-après. Vous noterez également que pas une seule fois le nom d'Etienne Tshisekedi n'est cité dans cette section consacrée par les auteurs au groupe de Binza.

ndonzwau a écrit:PS

"(...)II. GROUPE DE BINZA : UNE STRUCTURE OÙ SE REJOIGNENT LES POUVOIRS DE LÉOPOLDVILLE

Le Collège des Commissaires généraux n’avait pas inté- gré les trois personnes désignées au Katanga conviées à rejoindre Léopoldville (R.1, p.2). Aussi, certains membres du Collège (dont son président Bomboko et son vice président Ndele) faisaient-ils partie d’une structure parallèle informelle mieux informée et intégrée dans le déroulement des événements du Congo. Il s’agit du « Groupe de Binza », du nom _____________
(22) La presse belge, écrite et parlée, avait mené une campagne anti-Lumumba qui a « contaminé » en grande partie l’opinion internationale (cfr le rapport de J. C. Weregemere sur le voyage de Lumumba aux USA fi juillet 1960; Voir notre rapport d’octobre 2000, pp. 26- 31.

d’un quartier résidentiel de Léopoldville (23). Il s’agit d’un sujet sur lequel les informations sont rares, les témoins-acteurs se sont toujours gardés d’en parler. Divers travaux importants sur la crise congolaise l’évoquent, sans le décortiquer.

a) Origine du Groupe de Binza

Il n’existe à ce jour qu’une étude connue sur le Groupe de Binza, celle de Walter Geerts (24). Mais celle-ci ne traite du sujet qu’à partir de mars-avril 1961, c’est-à-dire après l’assassinat de Lumumba. Pourtant, ce groupe avait commencé à fonctionner dès les premières semaines de l’Indépendance du Congo. Voici un témoignage de Serge Michel:
« (...) Holden Roberto confiait tout à Fanon et quand ils sont arrivés, moi je ne savais pas très bien, je savais qu’il se passait beaucoup de choses à l’ambassade de Tunisie, mais je n’étais pas au courant jusqu’à ce point-là et là Fanon me dit : « Serge, laisse tomber Lumumba, passe pour Kasa Vubu » devant Yazid et Omar Ousedik. Alors je lui dis : « Je m’excuse, mais je voudrais quand même que tu t’expliques ». « Écoute, il est cuit, il est grillé, il n’en a plus pour longtemps, n’oublie pas que tu représentes surtout l’Algérie ici, et que bon, tu es attaché de presse de Lumumba, c’est entendu, mais n’oublie jamais que tu es ici au titre de la coopération fraternelle inter africaine et que tu es d’abord FLN. ». Bon, moi, évidemment, je pose la question au vrai responsable, parce que Fanon n’était pas responsable, qui était Yazid, et je lui pose la question. Il me dit « Oh, écoute, sois prudent. Sois prudent, mais je n’ai pas de conseil à te donner. Tu vois, du calme, mais t’emballe pas et sois prudent, c’est tout ce que je peux te dire. ». Et ça se passait, ils sont arrivés vers le 20, un peu avant le 20 août, donc les jeux étaient déjà faits. Et là je veux quand même en savoir plus, j’ai des doutes. Et il me dit : « Écoute, il y a un groupe qui travaille très fort et qui sont des gens sérieux et qui travaillent au Groupe de Binza (...) » (25).

À ses débuts, les rencontres du Groupe de Binza se tiennent plus dans les Ambassades. À ce sujet, encore un témoignage de Serge Michel :
« (...) Fanon me disant : « J’ai confiance en lui, tu peux marcher avec Holden et tu peux tout savoir. ». Et c’est comme ça que par la suite je l’ai su et les réunions, pour plus de sûreté, se déroulaient à l’Ambassade de Tunisie, pas toujours, parce que c’était pas toujours nécessaire d’aller à l’Ambassade de Tunisie mais quand la réunion était importante et réclamant certaine sécurité, certains secrets, etc, mais aussi la collaboration et l’appui de l’étranger, Tunis c’était une courroie de transmission, et j’ai eu la confirmation quand j’ai fait le discours de la conférence (panafricaine), Habib Bourguiba junior était fou furieux et le soir au restaurant s’approche de moi et me dit : « Ah bravo ton discours, c’est papa qui va être content. » (26).
_____________
(23) Le « Groupe de Binza » c’est-à-dire le groupe de Congolais qui vont « organiser » le pouvoir en s’opposant et succédant à Lumumba n’est pas le même qu’un autre regroupement antérieur du même nom qui avait fonctionné à l’époque coloniale en comptant des Européens parmi ses membres.
(24) Walter Geerts, Binza 10. De eerste tien onafhankelijlkheidsjaren van de Democratische Republiek Kongo, Gand, E. StoryScientia, 1970. ( 25) Cfr. R.2, p.55 ( 26) Cfr. R.2, p.56.


« (...) L’ambassade de Tunisie entretenait les meilleurs rapports avec Adoula, d’abord Adoula et puis Kasa Vubu et Iléo, etc. Les Marocains, eux c’était assez différent, çà se passait par l’intermédiaire du général Kettani. Kettani, qui était, en fait, un général français et qui en tant que général, âgé déjà, était le plus haut gradé dans l’armée marocaine. Il avait quitté depuis très peu de temps l’armée française et le général Kettani s’est retrouvé chef des casques bleus au Congo, avec entre autres missions de former l’armée congolaise, c’est-à- dire de partir de la Force Publique et d’en faire une armée et pour ce travail Lumumba avait délégué Mobutu, qui était secrétaire d’État à la Défense Nationale, puisque Lumumba en était le ministre. Lumumba était premier ministre et ministre de la Défense Nationale entre autres, Mobutu était secrétaire d’État et était en rapport quotidien avec Kettani. Il est particulièrement intéressant de voir le chemin rapidement parcouru par Mobutu qui, au moment du premier coup d’État au début septembre 1960, fait son premier coup d’État toujours accompagné d’un capitaine des transmissions de l’armée marocaine, un officier marocain qui lui-même évidemment met son unité et ses moyens à la disposition de Mobutu » (27).

b) Identification des membres et fonctionnement du Groupe de Binza

Les Commissaires généraux F. Kazadi et J. Mukamba qui se chargèrent d’escorter Lumumba, Okito et Mpolo de l’escale de Moanda pour la poursuite du trajet vers la mort ne font pas directement partie du Groupe de Binza. Comme d’autres personnes encore (Nussbaumer, Iléo ...), ils étaient associés à certaines rencontres du Groupe afin de remplir l’une ou l’autre mission. Informel et non structuré, le Groupe de Binza n’était composé jusqu’à la période où intervient l’assassinat de Patrice Lumumba que des six membres effectifs, affirme André Lahaye. Il s’agit de Joseph Mobutu, Victor Nendaka, Albert Ndele, Cyrille Adoula, Justin Bomboko et Damien Kandolo. Toutes ces personnes habitaient le quartier de Binza, sauf les deux dernières citées. C’est le manque d’efficacité des structures de pouvoir et de la classe politique, la faiblesse de l’administration qui entraîne un regroupement de personnes intégrées à des réseaux (rapport avec la Sûreté, les services occidentaux ...) où se prennent et/ou peuvent se prendre quelques décisions. Les membres du Groupe se cooptent ou sont cooptés en tenant compte de leur expérience dans les partis politiques et sur base du déroulement de la situation. Un critère important qui unit ces gens est aussi leur complémentarité, leur appartenance à des réseaux plus ou moins différents de pouvoir avant, espèrent-ils, d’arriver à le contrôler réellement. En « excluant » d’incorporer directement Kasa Vubu, par exemple, ce groupe paraît être créé « pour faire pièce à la tendance des leaders du Mouvement National Congolais ». Dans le passé très récent, quatre membres de son noyau (Mobutu, Kandolo, Nendaka et Adoula) ont côtoyé Lumumba : Adoula et Nendaka ont été ses adjoints dans le parti et Mobutu et Kandolo dans ses cabinets. Ce qui fait qu’ils peuvent estimer bien le connaître.
_____________
(27) Cfr. R.2, p.52.

Procéder à l’identification des membres et à l’étude du fonctionnement du Groupe de Binza qui ressemble à un puzzle peut aider à comprendre la « crise congolaise », les raisons de l’efficacité de cette association sur le terrain.

i) Identification des membres

1. Justin Bomboko : Il est le chef de la diplomatie dans le Gouvernement Lumumba comme dans le Collège des Commissaires généraux, en plus de sa charge de Président. Dans le Groupe de Binza, il est celui qui peut tenir tête à Lumumba dans les discussions au parlement (il a été élu député). Il a de l’audace et ses entrées dans les milieux occidentaux. Ses discussions avec le représentant de l’ONU au Congo, M. Dayal, qu’il engueulait parfois, montrent combien il pouvait s’imposer, même si, par son comportement, l’homme reste un « grand étudiant », irrespectueux du temps et très occupé par ses conquêtes féminines.

2. Albert Ndele : Il est proche de Kasa Vubu et de l’Abako. Il semble avoir été préparé, dès la conférence de la Table Ronde économique d’avril-mai 1960, à prendre la direction des finances du Congo (28). Une fois que les résultats des élections de mai furent connus, André Mandi parlait à Lumumba de Ndele dans la lettre manuscrite dont une partie est citée ci-dessus.
« (...) Je t’entretiendrai plus spécialement du cas de M. Albert Ndele. Celui-ci s’est conduit très maladroitement; il est le collaborateur le plus direct des milieux financiers et de l’Administration. Il ne faut pas accepter sa candidature au poste de direction de cette société car, ce jeune homme nous a déçus tous. Il vient spécialement à Léo pour essayer de t’avoir et surtout t’influencer alors qu’ici sa conduite nous a découragés. Il faudra exiger que un de tes collaborateurs de confiance soit à la tête de cette Banque quitte à ce qu’il soit entouré des conseillers que vous pouvez choisir.
D’autre part, Albert défend maintenant Kasa Vubu. Et de ce fait il a tout arrangé avec ce dernier pour désigner des gens de droite à la Banque. Comme Mobutu pourra te l’apprendre, Albert Ndele a mené une campagne anti-Lumumba quelque chose d’incroyable. En conséquence, il ne faudra rien accepter des propositions qu’il te fera, elles sont toutes intentionnées et tout cela est conçu pour t’écarter, toi et tes collaborateurs aux postes clés de l’Administration du Congo. Je me suis moi-même insurgé contre ces manœuvres au ministère, d’ailleurs Mobutu te dira le tout de vive voix. Il faudra te méfier systématiquement de Ndele car c’est un mauvais gar- çon, il ne vise que l’intérêt des gens de droite et il est corrompu complètement. Le seul jeune homme qui s’est tenu un peu à l’écart de toutes ces tractations c’est Loliki Evariste.
Une autre chose est la création de cette fameuse Société de développement. À franchement parlé, cette société est du néocolonialisme malgré les aspects flatteurs qu’elle présente. À mon avis, il faut purement et simplement rejeter la dite Société, toujours, Albert Ndele a essayé de tout manager pour que la direction de cette société soit mise entre les mains des collaborationnistes. Il y a donc lieu de ne pas accepter la création de la dite Société. D’ailleurs, plusieurs nominations viennent de vous être proposées au Collège Exécutif Général, la
_____________
(28) Ndele (re)trouve ce poste dès que Lumumba a été mis à l’écart dès septembre 1960.

plupart de ces nominations sont partisanes et l’Administration a essayé tout simplement de placer les gens qu’elle sait qu’ils défendent une thèse belge.
De toutes façons, j’ai demandé à ce que Mobutu t’entretienne de tous ces problèmes. Je ne suis pas venu moi-même parce que je suis en plein examen.
Voici encore un autre aspect du problème. Le ministère du Congo est en train de tout arranger pour nommer comme stagiaires diplomates des gens qui sont strictement à sa solde. Je suis allé protesté au cabinet du ministère pour cette manœuvre et comme ils avaient peur que je dénonce cette manœuvre ils ont accepté ma candidature. Il s’agit de tout faire pour que les postes les plus importants soient occupés par des nationalistes. Il y a donc lieu de surveiller le télégramme qu’ils ont envoyé au Collège Exécutif pour mon cas et de faire procéder de toute urgence à trouver une solution. Voici le numéro de ce Télex : n° 23508/cab. qui est parti le 8 juin 1960. C’est le seul moyen de sauver le Parti MNC. Il faut que votre Œil soit partout et surtout aux nœuds des problèmes.

Il faut demander tous les renseignements à Mobutu. C’est moi-même qui ai exigé pour qu’il accompagne Ndele et les autres et cela afin de déjouer ses manœuvres et de te mettre au courant de son attitude ainsi que celles des autres. Si tu as strictement besoin de moi il suffit de m’envoyer un télé- gramme. Voici mon adresse : André Mandi, 39 avenue BrillatSavarin. Il faut lutter Patrice car, c’est pour sauver le Pays et tu es le seul qui comprends.
Pour finir, j’aimerais t’entretenir brièvement d’un jeune homme que je trouve très bien. Il est dynamique et très capable. Il est nationaliste: c’est M. Lumbala. Ce jeune homme est le seul avec Mobutu et moi-même qui te défendons. Tous les autres essaient plutôt de défendre Kasa Vubu ou M. Kalonji à la tête de l’État. À ce propos, Albert Ndele a tout arrangé pour que l’on porte Kasa Vubu à la tête de l’État. Il vient à Léo pour justement essayer de contacter les autres partis pour les amener à faire un front anti-Lumumba.
Donc
1° méfiance à l’égard d’Albert Ndele; rejette toutes les propositions faites à son nom car il est collaborationniste et surtout il s’est montré ici anti-Lumumba.
2° rejette la Société de Développement car, c’est du néocolonialisme. N’accepte rien de cette société à moins d’y placer à sa tête des gens qui sont nationalistes.
Courage, courage Patrice.
Bien à toi (Sé) Mandi. » (29).


Ndele a donc intégré des réseaux avant de retourner au Congo; il a gardé des attaches avec ses professeurs et/ou amis qui continuent à interférer dans son action politique. En témoigne une longue lettre du 10 décembre 1960 de E. De Jonghe (30), à ce moment conseiller près le Cabinet du Premier ministre de la Belgique, qui aborde les principaux problèmes politiques entre les Congo et la Belgique. D’entrée, celle-ci commence par :
« Monsieur le Vice-Président, Puis-je me prévaloir des relations cordiales que nous avons toujours entretenues pour écrire des choses du Congo. Je le
_____________
(29) Cfr. R.2., pp. 23-24.
(30) Cfr R.1, pp. 40-42.


ferai d’une façon claire et directe et sans intention aucune de vous attirer dans un quelconque imbroglio para-diplomatique. Mon seul but est de rendre service à mon pays et d’aider ceux de mes anciens étudiants congolais dont je suis fier et que je considère comme des grands patriotes qui méritent bien de leur patrie en ce moment. Je tiens tout particulièrement à vous féliciter personnellement de votre conduite courageuse et même héroïque dans la période difficile que traverse votre beau pays (...). ».

Est-ce à cause de cette lettre ou d’autres interférences du même genre, le communiqué du Collège dénonçant les pouvoirs belges (gouvernement et monarchie), qui devait paraî- tre à Léopoldville le même 10 décembre, ne sera pas diffusé. La lettre de De Jonghe répondait exactement au contenu du communiqué « annulé » (31).

3. Cyrille Adoula : Pendant la colonisation, il a été employé dans le privé et, puis devient commis à la Banque centrale du Congo, président de la FGTB/Congo et membre de l’Association des anciens élèves des Pères de Scheut (Adapes). Divers témoignages le présentent comme un homme raisonné mais peu sûr de lui-même. « La Libre Belgique » du 10 février 1961 dit de lui : « (…) est l’un des hommes les plus brillants de la politique congolaise. Il fut formé à l’école du syndicalisme marxiste, mais a su se détacher de la théorie pour aborder les vrais problèmes du Congo, et s’est rangé résolument du côté de Kasa Vubu. ».
Serge Michel parle des soutiens extérieurs dont bénéficiait Adoula :
« (...) les Marocains, pour Adoula, étaient placés en second, c’étaient les Tunisiens qui avaient le premier rôle. Pour une raison très simple; c’est que l’un des meilleurs amis d’Habib Bachour, le chef des syndicats tunisiens, de l’époque, était Erving Brown. Erving Brown était le secrétaire gé- néral adjoint de l’AFLCIO, syndicat des États-Unis. (...) Il est resté très longtemps Secrétaire général adjoint et trésorier et il était évidemment, il avait un poste de responsabilité très élevé dans la CISL. C’était en même temps l’agent responsable de la CIA pour l’Afrique du Nord et qui, en 1960, en a profité pour s’infiltrer au (...) Congo.(....).
J’ai attendu un peu, un peu puis finalement Mobutu voulait me tuer avec Félix Moumié, je me suis réfugié à l’Ambassade de Guinée, de Guinée-Conakry, évidemment, il n’y en avait qu’une. Et puis un message est arrivé du gouvernement provisoire à Tunis, m’ordonnant de me réfugier à l’Ambassade de Tunisie, parce qu’ils disposaient d’une radio très forte grâce à laquelle je pouvais être en rapport avec eux. Alors j’ai traversé la rue parce que l’Ambassade se trouvait face à face, à peu de chose près et je me suis réfugié à l’Ambassade de Tunisie où je suis resté jusqu’à mon départ et là j’ai assisté à des choses. Fatalement, parce que l’ambassade était toute petite d’abord, et que j’habitais dedans et que Habib Bourguiba était parti et qu’il ne restait plus que Mestri. Mestri qui était un type en début de carrière, il faisait donc des erreurs me demandait des conseils et puis, en me demandant des conseils, il m’apprenait pas mal des choses. Il m’a appris les rapports privilégiés avec Mobutu, à partir du coup d’État, et puis l’effort qu’il faisait, lui, pour regrouper ses hommes, en
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(31) Cfr. R.1., pp. 39-40

particulier Adoula, etc, sur lesquels misaient non seulement la CISL, non seulement la Tunisie, mais aussi les Américains. ». (32).


4. Joseph Mobutu :
« (...) L’Europe étant carrément pour Adoula. Ils avaient encore un peu peur de Mobutu, qu’ils connaissaient très peu, puisque Mobutu à l’époque (août et début septembre 1960) jouait double jeu. Il était en permanence avec Kettani mais il venait deux fois par jour nous voir (Cabinet Lumumba). Et très souvent le soir on le voyait et il restait à traîner une heure comme çà à boire du champagne, du whisky, beaucoup de whisky » (33).

5. Damien Kandolo : Au départ, c’est lui l’araignée qui tisse la toile du Groupe de Binza. Il n’est pas universitaire. Il fait partie du Collège, où il occupe le poste de commissaire (adjoint) à l’Intérieur. Il est reconnu comme un administratif efficace. Il est devenu chef de cabinet de Lumumba et assure le secrétariat du conseil des ministres de son gouvernement. Il est proche de Ndele pour avoir payé une partie de ses études [ses origines — son père est tetela, sa mère mongandja d’Isiro (Province Orientale), il est né à Boma où il passe une bonne partie de son enfance — et les relations de sa femme, qui est apparentée à Kasa Vubu, font que Kandolo s’ouvre plusieurs portes à la fois]. Kandolo a des liens avec Cyrille Adoula : tous deux ont été des leaders syndicaux importants, l’un à l’APIC, l’autre dans le mouvement syndical socialiste (FGTB). Kandolo et Adoula sont fort liés à André Lahaye. Kandolo et Mobutu se sont rapprochés dans le cabinet Lumumba où ils ont constitué la tendance modérée et/ou espionne opposée à celle de Mpolo, Gizenga et Lumbala. Voici un témoignage de Serge Michel :
« (...) J’ai assisté plusieurs fois à un Conseil des ministres. Au Conseil des ministres, en fait, il y avait Lumumba qui parlait et puis quelques autres qui plaçaient quelque fois leur petit couplet, mais le travail véritable se faisait entièrement dans le bureau de Lumumba qui était situé par Kandolo. Les ministres avaient beaucoup plus de contact avec Kandolo(...). » (34).
Au cabinet Lumumba, Kandolo était généralement le premier à arriver (vers 7h1/2) et le dernier à quitter (rarement avant 18 heures) son bureau en face de la résidence et du bureau de Lumumba; il était au courant de tout ce qui s’y déroulait. Pour certains projets, dit Serge Michel, Kandolo insistait pour que Lumumba le « laisse travailler » (35).

6. Victor Nendaka : Sans bénéficier d’une parole aisée ou d’un charisme politique évident, il sait tisser dans l’ombre des réseaux et contrôler des situations. Il su, sans avoir occupé auparavant un quelconque poste dans le parti de Lumumba, reprendre en mains le MNC au moment où son leader était en prison à Stanleyville, le conduire aux élections de décembre 1959, organiser un congrès à Bukavu et y imposer la manière de voir de Lumumba (qui finira par être libéré et par participer à la Conférence de la Table Ronde Politique de
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(32) Cfr. R.2, pp. 53-54 et pp. 56-57.
(33) Cfr. R.2, p.53.
(34) Cfr. R.2, pp. 59-60. (35) Cfr. R.2, PP. 64-66.


Bruxelles). Aux dires de témoins, Nendaka se faisait écouter par Lumumba, alors que ni Iléo, ni Diomi ou Ngalula n’ont réussi à tempérer les ardeurs du MNC unitaire créé au mois d’octobre 1958. Si Nendaka, Mobutu et Bomboko connaissaient bien Léopoldville, les deux derniers cités savaient aussi se débrouiller dans les arcanes de la vie bruxelloise pour y avoir passé de longs séjours.
Nendaka avait des contacts avec des réseaux de Sûreté extérieurs qui allaient jusqu’à mettre à sa disposition des agents (36).
À noter que tous ces personnages congolais étaient connus des services de la Sûreté coloniale qui était parvenue à les utiliser comme indicateurs en leur octroyant un peu d’argent pour arrondir leurs revenus modestes (37).

ii) fonctionnement du Groupe de Binza

Le Groupe de Binza représente une génération politique plus qu’un groupe soudé d’abord par des liens ethniques ou régionaux. Il influence les décisions qui se prennent dans les diverses structures formelles du pouvoir, parce qu’il contrôle un réseau de relations qui s’étend sur tout le pays. Du Katanga par exemple, Victor Nendaka nous dit qu’il savait tout ce qui se faisait à travers la personne de Floribert Kasongo, commissaire principal à la Sûreté de l’État du Katanga (38). Cette influence du Groupe de Binza, transparaît dans le comportement des Commissaires généraux : ceux-ci se font une spécialité des prises de décisions qui n’ont aucun impact, aussi longtemps que Ndele et, surtout Bomboko ne s’impliquent pas.
Au départ, c’est Kandolo le véritable chef de cette équipe. Mais à partir de septembre 1960, Mobutu commence à gagner de l’importance au sein du Groupe de Binza. Il consolide rapidement sa position, exploitant la situation d’insécurité créée par les diverses bandes de partisans des acteurs politiques qui s’affrontent, et la menace que constitue l’armée, depuis la mutinerie de juillet (qui a révélé combien les politiques sont fragiles).
Comment va-t-il opérer ? D’abord, il s’allie dès le départ plusieurs militaires qui présentent des signes, qui ont un poids sur leurs troupes. Car, si Mobutu était certes militaire, il ne paraît pas connaître, d’après divers témoignages recoupés, grand chose à l’armée; il a davantage l’expérience de l’administration militaire (formation de sergent-comptable) et du journalisme, où il s’est fait l’homme de Davister. Mais intelligent et rusé, il va s’appuyer sur des alliés comme Tshatshi ou Boboso, qui sont des « soldats brutes », s’entourer de conseillers étrangers instruits, comme Marlière et Kettani. Au moment où il apprend à contrôler le terrain militaire, il temporise du côté politique en alternant blocages et ouvertures face aux initiatives, soit du Collège des Commissaires généraux,
_____________
(36) Cfr. R.2, p. 57.
( 37) Pour les biographies des membres du Groupe de Binza, des Commissaires Généraux et tous autres acteurs congolais connus, impliqués dans l’affaire Lumumba, voir R.1 pp. 9-29 et R.2 pp. 5-21.
( 38) Voir Notre rapport d’avril 2001, sur « La Sûreté au Katanga pendant la période où intervient l’exécution de Lumumba : Recueil des documents », p. 8.


soit de ses autres collègues du Groupe de Binza. En voici quelques exemples :
Le Commissaire Ngwete déclare lors de la réunion du Collège de 24 septembre : « (...) Le Colonel Mobutu ne sait pas encore ce qu’il veut faire. ».
Télégramme (n° 693) du 20 octobre 1960 du Consulat de Belgique à Brazzaville au ministère des Affaires étrangères à Bruxelles :
« J’ai reçu information suivante de Lahaye pour ministère des Affaires africaines et Caeymax : Citation : sur intervention commissaire Général intérieur, au cours nuit hier, plusieurs opérations gendarmerie ont eu lieu. Notamment Sendwe Jason fut arrêté ainsi que Kashamura (...). Mobutu donna ordre libérer intéressés. Ceci a provoqué grand désappointement Commissaires Généraux. Interventions énergiques en cours auprès Bomboko. Tshimanga serait aussi libéré. Ce renseignement non recoupé cependant les interventions du Colonel Mobutu si elles perdurent rendront pays ingouvernable et redressement espéré impossible. Fin citation. Sé/Dupret ».
Télégramme du 1 décembre 1960 de l’Ambassade de à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; à reproduire au ministre des Affaires Africaines et caeymax
« e070/a communique à crokart qui m’informe : 1. attire votre attention sur gravité causé situation provoquée par évasion Lumumba. Désorganisation administrative congolaise et inertie Mobutu gênent mesures coordonnées pour intercepter Lumumba en route vers Stan. Malgré multiples efforts déployés le 30 par Divers Commissaires Mobutu n’a pu être touché. (...) Sé/Rothschild ».
Mobutu, un mungala (ethnie Ngbandi) de la Province de l’Équateur, est tout le contraire d’un Bolikango. Celui-ci, malgré son influence sur les Bangala, est resté l’instituteur s’attendant à ce que les jeunes lui obéissent et le reconnaissent comme « l’ancien ». C’est le modèle des missionnaires qui l’ont formé. Sa volonté de rapprochement avec Lumumba, qu’il estimait politiquement affaibli après son arrestation, finit par le faire éjecter du réseau de soutien financier belge et éloigner des partisans du Groupe de Binza. Iléo — aussi un originaire de la Province de l’Équateur, mais de la partie sud comme Bomboko, ethnie Mongo — est un anti-Lumumba depuis la crise du MNC en juillet 1959 mais il n’est pas efficace politiquement. La constitution de son gouvernement en septembre 1960 a été laborieuse, contrastant avec la détermination et la vivacité qu’avait montrées Lumumba.

À partir d’octobre, les rencontres du Groupe de Binza se tiendront plus souvent chez Mobutu parce qu’il dispose de l’espace nécessaire (l’ancienne villa du colonel Vandewalle), mais aussi parce que l’hôte « contrôlant » l’armée, le lieu rassure les membres du groupe. Mobutu prend son temps pour acquérir de l’expérience : il tarde à prendre position, il soupèse ses décisions. On l’a vu « pousser » à faire un coup d’État en septembre et, puis, pavoisant devant un Lumumba maltraité à sa résidence le 2 décembre 1960. Il s’agit pour lui d’un geste qui affirme son courage (39) et lui attire plus d’estime voire de crainte de la part des anti-Lumumba et mêmes des partisans de ce dernier. Avec ce Mobutu, on aurait bientôt affaire à l’homme fort « au geste viril » souhaité par d’aucuns dont le Professeur à l’Université de Liège, Marcel De Corte (40). Il commence à se construire, à donner preuves de son efficacité dans le contrôle de la situation (41).

Sans lui porter beaucoup d’estime, le Groupe de Binza, qui a lui-même besoin d’une cohésion politique, s’appuie sur Kasa Vubu comme symbole de la légalité contre Lumumba. Kasa Vubu n’a pas les qualités d’un chef, mais il souhaitait comme Lumumba, incarner tout le pouvoir. Pour effacer Lumumba qu’il ne peut avoir l’illusion de contrôler, Kasa Vubu ne sait trop que faire. Le Groupe de Binza et les adversaires de Lumumba, dit Lahaye, mais aussi Nendaka, étaient conscients qu’il fallait aiguillonner Kasa Vubu et essayer de le forcer à agir. Alors que les membres du Groupe de Binza, affirment Lahaye et Cardoso (un autre porte parole du Collège des Commissaires généraux), savaient que Lumumba n’était réellement pas communiste, Kasa Vubu, lui, naïf, était convaincu.

Sur cet aspect, comment le Groupe de Binza apprécie-t-il Lumumba ? Selon Lahaye, Nendaka et Cardoso, interrogés par nous, plusieurs de ses membres approuvent la position de Lumumba, mais n’apprécient pas le moment où — et la manière dont — il l’exprime. Pour le discours du 30 juin, Lahaye affirme : « Ils ne s’attendaient pas à un tel discours ce jour là; peut être l’ont-ils apprécié après ».
Victor Nendaka dans une interview filmée « reconnaît qu’il est pour quelque chose » dans l’affaire Lumumba, mais limite son rôle à celui d’un fonctionnaire qui reçoit des ordres. Le Groupe de Binza paraît cependant s’être pleinement engagé dans cette affaire. Alfred Cahen ajoute : « avec l’encouragement de pas mal d’autres ».
Télégramme du 18 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires étrangères à Bruxelles; à reproduire pour le ministre des Affaires Africaines « Marlière communique : début citation : Mobutu ne peut pas quitter Léopoldville actuellement. Accord avec Bomboko, il a désigné Marlière pour le représenter avec tous pouvoirs militaires à conférence Elisabethville (...).
_____________
(39) Serge Michel, qui est engagé par Lumumba lors de son voyage à Tunis le 4 août 1960, raconte dans une interview accordée à Jean Doneux à Bruxelles le 15 janvier 1981 que Mobutu était ivre mort après son coup d’État et sa conférence de presse. « Il avait vidé une bouteille de whisky à la conférence de presse».
( 40) Cfr. La Libre Belgique, été ( ?), 1960
( 41) Cfr. F. Monheim, Mbutu l’homme seul, Bruxelles, éd. Actuel, 1962.


Sé/Dupret ».

Télégramme du 25 janvier 1961 de l’Ambassade de Belgique à Brazzaville au ministre des Affaires Etrangères à Bruxelles; à reproduire au ministre des Affaires Africaines et Caeymax :
« Lahaye me communique: au cours d’une réunion du 24 (Janvier) courant groupant Bomboko, Mobutu, Kazadi, Kandolo, Delvaux, Nendaka, Adoula, Lahaye, Marlière et Denis la coopération militaire entre le Katanga, le Sud-Kasaï et le gouvernement central Léopoldville a été longuement discutée (...). Le texte n’a pas été approuvé tant par Bomboko que par Mobutu. Selon eux, le texte marque une égalité entre Kasa Vubu, Tshombe et Kalonji et reconnaît implicitement la sécession du Katanga. Bomboko affirma que si ce texte était connu, d’autres scissions notamment de l’Équateur apparaî- traient aussitôt et que la publication donnerait un atout majeur à la propagande lumumbiste axée sur unité du Congo. ».(...)"
° http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_7_page_930_to_988.pdf



Compatriotiquemnt!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par Libre Examen le 27/7/2015, 2:34 am, édité 1 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 26/7/2015, 5:43 pm

Troll a écrit:
El-Shaman a écrit:[...]

[...]

Defendez-vous enfin les "LUBAS" comme le faisiez pour Ally Ntumba..sur Congo Mikili;)
silent  

En quoi serait-ce mauvais de défendre les Luba. Ainsi, devient-il suspect dans ce pays de faire montre même d'un peu d'humanité envers les Luba !

Les Luba ont bel et bien été persécutés dans ce pays;
Les Luba ont été traités de bilulu;
Les Luba sont traités de tribalistes;
Les Luba sont traités de vantards comme si il y a un Congolais qui peut être plus vantard qu'un autre Congolais.

Il est de notoriété publique qu'entre un boa et un Muluba, il faut tuer le Muluba et épargner le boa.

Qu'on insinue qu'on ne peut défendre les Lubas de la part de quelqu'un qui voir le monde au-delà des faces est étonnant. A croire que le Luba doit une race à part.


Dernière édition par Libre Examen le 27/7/2015, 1:59 pm, édité 1 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 26/7/2015, 7:09 pm

Troll a écrit:
El-Shaman a écrit:[...]

Very Happy El Shaman le "defenseur" de Tshitshi
Shocked Surprised

[...]

Son nom figure aussi bien...dans son rôle d´executant du Groupe de Binza: Le stade de Martyr.. Embarassed Rolling Eyes Connaissez-vous les ¤¤4 Martyrs¤¤ dont la memoire est venerée dans ce stade? Non** Mr Librexamen va vous apporter la vidéo de Tshitshi qui DEFEND la pendaison en public de ces 4 ministres "lumumbistes" Idea


Vous allez sans doute continuer á defendre Tshitshi..quand la liste des actions pour assoir la dictature de Mobutu va s´allonger..quelle est sa Place historique dans la création du MPR:?: N´est-il pas l´architecte....co-fondateur du MPR?

[...]

Voici donc ci-après la vidéo dans laquelle Étienne Tshisekedi a commis le crime de justifier la pendaison des quatre conjurés de la pentecôte. Après la vidéo, j'ai aussi mis le rapport de la Commission des Assassinats et Violations des Droits de l'Homme de la Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Disons d'emblée que toute personne impliquée dans un régime comme Monsieur Etienne Tshisekedi l'a été dans le gouvernement de Joseph Mobutu de 1965 à 1969 doit au moins partager les responsabilités de tout ce qui a été fait, y compris les crimes commis pendant la période en question. La responsabilité morale d'Etienne Tshisekedi est d'autant plus grande que dans le cas de la pendaison des quatre conjurés de la pentecôte, il a justifié cette pendaison. En ce sens, Etienne Tshisekedi devrait quant à nous demander pardon à toutes les victimes du régime Mobutu pendant le temps qu'il était à son gouvernement et était proche, au moins en apparence, des décisions qui s'y prenaient.

Au-delà de cette condamnation de la justification de la pendaison des quatre conjurés de la pentecôte, il serait également instructif d'établir les faits. Les quatre conjurés de la pentecôte ont été jugés par un tribunal militaire d'exception. Etienne Tshisekedi n'avait aucun pouvoir sur ce tribunal. Etienne Tshisekedi n'a jamais été un militaire. De plus, dans cette même vidéo, Joseph Mobutu en prend l'entière responsabilité. Etienne Tshisekedi a bien dit dans cette entrevue que la décision ne lui revenait pas, qu'elle appartenait au tribunal et qu'il n'avait pas le pouvoir de grâce.

Enfin, pour une énième fois, nous aimerions porter à l'attention de Sir Troll que jusqu'à preuve du contraire, il n'a pas réussi à démontrer ou a présenté des évidences qu'Etienne Tshisekedi faisait partie du groupe de Binza. Nous attendons toujours qu'il nous en présente les évidences. Dès lors, continuer à affirmer qu'Etienne Tshisekedi faisait partie du groupe de Binza ne fera pas cela une vérité. Mais il peut bien continuer à le clamer si cela peut lui être de quelques consolation.

En ce qui concerne Evariste Kimba, je ne suis pas sûr qu'il ait été un Lumumbiste. Je vais vérifier cela.




Ci-après le rapport de la Commission des Assassinats et Violations des Droits de l'Homme sur les quatre pendus de la pentecôte. Il y a un témoin particulier qui y a témoigné. Il s'agit de Monsieur Cléophas Kamitatu. Monsieur Cléophas Kamitatu a été accusé d'être un complice des quatre pendus de la pentecôte. Il a pu sortir du pays et s'exiler en Europe. Pendant son exile, il a écrit le livre suivant: La grande mystification du Congo-Kinshasa - Les crimes de Mobutu. Tout le monde sait qu'il est rentré au Congo où il a occupé quelques hautes fonctions dans le régime Mobutu. Il avait donc là lors de son témoignage devant la Commission des Assassinats et Violations des Droits de l'Homme de dénoncer Etienne Tshisekedi. Mais il n'en fut rien.

Chacun peut donc lire ce rapport et se faire ses propres idées.

Commission des Assassinats et violations des
Droits de l’Homme



DOSSIER 01
LES PENDUS DE LA PENTECOTE


1.  Les victimes

01. Emmanuel BAMBA : ancien compagnon de lutte de Simon KIMBANGU.
Prisonnier comme lui à Elisabethville, Ministre des finances et de la
fonction Publique sous la première République, Sénateur.
02. Evariste KIMBA : ex-Ministre des Affaires Etrangères du gouvernement
sécessionniste du Katanga, ancien Premier Ministre désigné sous la
première République ;
03. Alexandre MAHAMBA : Ancien Ministre des Affaires foncières dans les
gouvernements LUMUMBA et ADOULA ;
04. Jérôme ANANY : Ancien Ministre de la Défense Nationale dans le
gouvernement ADOULA.


2. LES PLAIGNANTS

Pour cette rubrique, il faut entendre les différentes manières dont la
conférence Nationale Souveraine a été saisie du cas des conjurés de la
Pentecôte. Il s’agit de :
01. La lettre du 29 mai 1992 et le témoignage écrit du 7 juillet 1992 du
Professeur Emmanuel BAMBA KAMALANDWA ;
02. La lettre fort détaillée du 8 juillet 1992 des enfants Marcel BAMBA KIMBI
YAVANGA et Samuel BAMBA di BAMBA DILUNGANI NIOKA-NO sur les
circonstances de la mort des 4 conjurés ;
03. La déclaration écrite du 10 mai 1992 de Madame Claude KIME, fille du feu
Evariste KIMBA ;
04. La requête et le voeu écrits non datés présentés au nom de la famille
MAHAMBA par la veuve Monique MAHAMBA où elle rapportait les derniers
propos que lui aurait tenus son défunt époux à partir du cachot ;
05. La lettre du 8 juillet 1992 de Monsieur ANANY MANDAMBO au Président de
la commission des Assassinats et Violations des Droits de l’Homme à
charge de Monsieur EFOMI EFEKEN’AONGO, de toutes les personnes
ayant participé à la pendaison de Jérôme ANANY, son grand-père.
Les plaignants proclament l‘innocence des suppliciés et réclament :
- la révision du procès ;
- la réhabilitation des condamnés ;
- l’exhumation des restes de leurs corps pour les funérailles dignes ;
- l’indemnisation à la hauteur du préjudice subi.


3. Les faits incriminés

Le 2 juin 1966, Emmanuel BAMBA, Alexandre MAHAMBA, Evariste KIMBA et
Jérôme ANANY, sont pendus à la Grande place de Pont Cabu à Kinshasa
(actuel Pont Kasa-Vubu).
Ils étaient mis à mort en exécution d’un jugement rendu par un tribunal
militaire d’exception créé par ordonnance n° 66 – 338 du 30 mai 1966 dont le
siège était composé des Officiers Supérieurs INGILA, MALILA et NKULUFA.
Il était reproché aux condamnés l’infraction d’atteinte à la Sûreté intérieure de
l’Etat par le fait qu’ils auraient tenté de renverser le régime né du coup d’Etat
Militaire du 24 Novembre 1965 et projetaient d’assassiner les Généraux
MOBUTU, MULAMBA et BOBOZO.
Non convaincus de la pertinence des faits infractionnels imputés à ces dignes
fils du pays et de la légalité de la procédure suivie, le peuple zaïrois et plus
particulièrement les membres des familles des condamnés ont-ils profité de
l’opportunité offerte par la conférence Nationale souveraine pour dénoncer ces
cas de violation des droits de l’Homme.
L’analyse de ce dossier par votre Commission des Assassinats et violations des
Droits de l’Homme a conduit aux constatations ci-après :

4. Analyse des faits

1o Les témoins

Votre Commission a eu à entendre :
01. Le Colonel EFOMI, à l’époque des faits, Commandant de l’Unité Côtière à
Matadi et principal dénonciateur du complot ;
02. Le Professeur Emmanuel BAMBA KAMALANDUA, neveu et confident du feu
Emmanuel BAMBA ;
03. Monsieur Jean-Jacques KANDE, Haut-Commissaire à l’Information ;
04. Monsieur Joseph N’SINGA UDJUU, alors Secrétaire d’Etat à la Justice ;
05. Monsieur Cléophas KAMITATU, co-accusé, jugé après pendaison de
quatre, condamné à 5 ans de prison et banni à Bulambemba ;
06. Monsieur Paul BOLYA, co-accusé et détenu au Camp Kokolo en même
temps que les qutare ;
07. Madame LUKUNGA BAMBA, nièce du feu BAMBA, âgée de 11 ans au
moment des faits.

2o La dénonciation

Comme il l’avait déclaré dans son droit de réponse devant la plénière de la
conférence nationale souveraine, le Colonel EFOMI a confirmé à votre
Commission avoir dénoncé BAMBA dans un rapport adressé au Premier
Ministre et au Président de la République.

3o L’initiative du complot

La version de Monsieur EFOMI est en contradiction avec celle des victimes.
Selon le Colonel EFOMI, c’est alors qu’il était commandant de l’Unité Côtière
de Matadi qu’il fut approché par le Sénateur BAMBA Emmanuel, lequel lui
aurait confié son désir d’obtenir un changement dans la direction du pays et
aurait sollicité l’appui logistique des jeunes Officiers de confiance.
Cette version des faits, appuyés par le Général BANGALA est démentie par les
déclarations des victimes faites au procès. Nous citons :
MAHAMBA : Les hommes qui sont ici ont été entraînés et ne sont pas
responsables. Pour eux et pour moi, je demande l’acquittement.
BAMBA : C’étaient des militaires qui avaient pris l’initiative de l’affaire… La
chose était montée par eux-mêmes, c’est d’autant plus vrai qu’il
nous était matériellement impossible d’agir. Nous n’avions pas
d’armes (cf. dossier du CRIPS CONGO, 1966, pp. 431 – 444).
Il déclare avoir été contacté par des inconnus qui le mirent en présence du
Colonel EFOMI.
Par ailleurs, dans son témoignage à la Commission, le Professeur BAMBA
KAMALANDUA a rapporté une confidence de son oncle : J’ai un problème très
délicat qu’un certain Major EFOMI m’a soumis à Matadi, lui a-t-il confié. EFOMI
est un Officier… Il est venu me voir à l’Hôtel Métropole à Matadi. Pour EFOMI,
les jeunes Officiers de l’Armée n’approuvent pas le coup d’Etat décidé par le
haut-Commandement, car le pays risque de sombrer dans une dictature.
En outre, dans sa déposition devant votre commission, le Colonel EFOMI a
spontanément avoué s’être rappelé la promesse que le Président MOBUTU lui
avait faite à Luluabourg, promesse de lui confier des fonctions civiles. Il s’en
est souvenu tout juste au moment où il lui adressait son rapport de
dénonciation. En effet, plus tard, Monsieur EFOMI sera nommé Administrateur
Général de la Sûreté et puis Ambassadeur.
L’initiative a été donc prise par les militaires comme le démontre la suite des
événements.

4o L’arrestation

Après la dénonciation, le Colonel EFOMI, suivant toujours sa déposition devant
votre Commission, est invité à Kinshasa où le Président de la République le
charge de reprendre contact avec BAMBA, de faire semblant d’accepter son
projet de coup d’Etat et de suivre l’évolution de la situation.
A cette fin, le Président autorise la formation d’une équipe de jeunes Officiers
placée sous le commandement du Colonel BANGALA, gouverneur de la Ville de
Kinshasa, sous le prétexte d’apporter un appui logistique aux politiciens
comploteurs.
Il s’agissait des Colonels TOKPUI et KWIMA, des Majors MWARABU et
TSHIKEVA.
Les militaires entraînèrent les infortunés civils à des réunions, dans une
maison privée à Bongolo et à N’sele.
Mais, constatant un certain relâchement, le Général BOBOZO, à qui les
Officiers rendaient régulièrement compte, ordonna de faire diligence. C’est
ainsi que le Général BANGALA convoque la dernière réunion, tenue à sa
résidence officielle le dimanche 29 mai 1966. Il alla jusqu’à prendre les
infortunés à leurs domiciles. Madame LUKUNGA BAMBA affirme, en effet, avoir
vu le Colonel BANGALA dans sa voiture officielle au domicile de son oncle,
dans la soirée du dimanche 29 mai 1966. Emmanuel BAMBA qui se trouvait
déjà en pyjama dans sa chambre à coucher, fut obligé de suivre le Colonel,
sur insistance de ce dernier.
Au cours de cette réunion, les politiciens furent pressés par les militaires de
dresser une liste des membres du futur gouvernement. C’est en ce moment-là
que des soldats de la Garde Présidentielle cachés derrière un réfrigérateur
surgirent pour arrêter tout le monde et le conduire au Camp Kokolo, où, chose
étrange, tous les militaires furent immédiatement libérés.
A ces quatre politiciens arrêtés, vinrent en joindre d’autres dont les noms
avaient figuré sur la liste du Gouvernement, échafaudée à la demande des
Officiers. Il s’agit entre autres des Messieurs KAMITATU, BOLYA, DELVAUX,
MIRUHO et KAPWASA.

5o Le jugement

Au Camp Kokolo, les quatre détenus furent soumis aux tortures, comme l’ont
attesté les témoins. Monsieur Jean-Jacques KANDE a déclaré à votre
Commission avoir été convoqué nuitamment par le Général MOBUTU qui lui
présente les quatre hommes ligotés et en très mauvais état suite aux tortures.
Alors que les suspects n’avaient pas encore été jugés, le Haut-Commissaire à
l’Information annonçait : Ils seront jugés par un tribunal militaire pour haute
trahison. Ils risquent la peine de mort ; ils pourraient être pendus sur la place
publique.
Interrogé sur sa déclaration, Monsieur J-J. KANDE nous a répondu qu’il avait
parlé au conditionnel.
Le 30 mai, un tribunal militaire d’exception fut créé par ordonnance
présidentielle pour juger BAMBA, MAHAMBA, KIMBA et ANANY. Les Officiers
ne furent pas cités à comparaître, même pas comme témoins. Le procès qui se
déroula devant un public hystérique réuni à la Grand’Place du Pont Cabu dura
1 heure et 30 minutes seulement, dans un brouhaha indescriptible de la foule.
Le Juge-Président finira par conclure : Messieurs, nous sommes ici devant le
conseil de Guerre, ce n’est pas pour discussion. Nous sommes ici, c’est pour
punir quelqu’un, donc le tribunal militaire ne demande pas beaucoup de
temps. Maintenant, en tant que Président, nous allons à côté pour mettre les
choses au point.
Ces délibérations prirent cinq minutes et le verdict tomba sec : la peine
capitale pour les 4 inculpés. Le haut commandement exigea l’application
immédiate de la sentence que confirma le conseil des Ministres réuni à deux
reprises dans la nuit du 1er et du 2 juin. Le Chef de l’Etat refusa d’accorder la
grâce, malgré les nombreuses interventions en faveur des condamnés. Ces
derniers furent pendus le 2 juin, devant une foule estimée à 300 000
personnes.

5. Avis et considérations

1o Point de vue juridique

Les pouvoirs spéciaux, dont c’était arrogé le Président de la République au
lendemain du coup d’Etat militaire en vertu de l’Ordonnance-loi n° 7 du 30
novembre 1965, avaient cessé d’exister à la publication de celle n° 66/92 du 7
mars 1966 qui lui conférait le pouvoir législatif.
Cependant, cette dernière prérogative n’avait pas supprimé systématiquement
les textes légaux tels que les codes pénal et de procédure pénale,
d’application devant les juridictions de droit commun et ceux applicables
devant les juridictions militaires ordinaires. Même en laissant au tribunal
militaire d’exception le soin de régler lui-même sa procédure, on s’aperçoit
rapidement que les Magistrats qui avaient composé le siège avaient recouru à
ces textes légaux.
Par conséquent, en optant pour la procédure pénale ordinaire, comme le
prouvent les références reprises au jugement, les juges avait l’obligation de se
conformer scrupuleusement aux normes de cette procédure ; il en est de
même des dispositions du titre VIII du Livre II du code pénal telles que
modifiées par l’Ordonnance-Loi n° 299 du 16 décembre 1963 auxquelles
dispositions a renvoyé l’Ordonnance-loi sus évoquée.
Mais, que s’est-il passé dans le cas d’espèces ?

2o Sur le plan de la procédure

Les conjurés n’avaient pas été cités à comparaître dans le délai légal de 8
jours francs ou tout au moins à bref délai sur base de l’ordonnance du Juge et
cela, au moment où la procédure de flagrante n’était pas encore instituée dans
le système judiciaire zaïrois.

Dans la composition du siège, il n’y avait ni Ministère Public, ni Greffier. Le rôle
de ceux-ci avait été rempli illégalement pas chacun des assesseurs.
Le bénéfice du double degré de juridiction, consacré par la Constitution aux
personnes condamnées, avait été retiré par l’Ordonnance-loi ayant institué le
Tribunal militaire d’exception. Le mode d’exécution des condamnés à mort tel
que prévu en droit commun n’avait pas été respecté.
Enfin, il avait été refusé aux condamnés d’introduire un recours en grâce, une
autre violation des droits.

3o Quant au fond

De l’analyse qui précède, des sérieuses présomptions permettent d’attribuer
aux autorités militaires, notamment le colonel EFOMI, le Général BANGALA
ainsi que leur commanditaire, la paternité de l’assassinat de BAMBA et
consorts.
En effet, les 4 conjurés ne disposaient d’aucune arme ni d’aucun appui
extérieur ; dans ces conditions, eux comme n’importe qui n’aurait songé à
réaliser un Coup d’Etat.
C’est pourquoi, votre Commission s’est finalement rallié à l’hypothèse d’un
scénario dont l’objectif aurait été de faire tomber la tête de quelques
opposants pour inspirer la peur et faire asseoir la dictature. Tous les militaires
qui étaient mêlés dans cette entreprise étaient conscients de ce qu’ils ne
sauront jamais passer sincèrement aux actes, ils auraient tout simplement
exploité la naïveté de BAMBA et de ses amis.
A supposer même que les conjurés aient avoué les faits, on doit retenir que
l’aveu, considéré autrefois comme la reine des preuves, se trouve réduit
aujourd’hui à un simple commencement de certitude car si aucun élément
matériel ne vient le conforter, les Juges doivent ne pas en tenir compte et
l’écarter des débats.
Tous les militaires qui étaient surpris ensemble avec les politiciens civils
n’avaient absolument pas été inquiétés, pas même EFOMI et BANGALA.
De tout ce qui précède, votre Commission estime que le prétendu complot
n’avait été en réalité qu’une provocation, une tentative impossible et partant
non punissable.
Même si par impossible les faits pouvaient tomber sous le coup de la loi, c’est
l’article 194 du Code pénal, livre II tel que modifié qui aurait dû s’appliquer,
dispositions pénales qui ne prévoient pas la peine de mort.

En prononçant cette dernière là où il ne fallait pas, les Juges avaient fait une
mauvaise application de la loi pénale est d’application restrictive car il n’y a
pas de peine sans texte (nulla poena sine lege).
Nous sommes donc devant un cas d’assassinat politique dont le but est
d’effrayer la classe politique. Dans le face à face avec la presse, le 4/7/1966,
le Président Mobutu dit : Le respect au Chef, c’est quelque chose de sacré. Et
il fallait frapper par l’exemple. Il fallait couper court à cela pour que les gens
ne puissent plus recommencer (CR.ISP.1966, p.442).
Certaines personnes, notamment les familles des victimes ont soupçonné
Monsieur KAMITATU d’avoir trahi ses amis avec lesquels ils se seraient réunis.
Le Général BANGALA a affirmé, devant votre Commission, que Monsieur
KAMITATU ne prenait pas part aux réunions.
Monsieur BOLYA, arrêté aussi à l’époque, a déclaré avoir appris que Monsieur
KAMITATU se rendait à la dernière réunion du 29 mai 1966 lorsqu’un militaire
lui signale en dialecte qu’il courait à un piège.
Interrogé à ce sujet par votre Commission, Monsieur KAMITATU nie avoir
assisté à une seule de ces réunions. Il reconnaît qu’à l’occasion d’un entretien
avec Évariste KIMBA sur la politique générale, son interlocuteur l’aurait
informé qu’un groupe de jeunes officiers voulaient renverser le régime de
MOBUTU pour restituer le pouvoir aux civils. Il aurait conseillé à KIMBA de se
méfier de militaires et des blancs, surtout les belges.
Si donc, il a été impliqué, c’est uniquement parce que son nom figurait sur la
liste que les suppliciés avaient confectionnée, à la demande des militaires.

6. Responsabilités

La responsabilité principale incombe aux commanditaires des assassinats
politiques, le Chef de l’Etat, Monsieur MOBUTU, pour avoir, sur dénonciation
intéressée d’un Officier en quête de promotion, le Colonel EFOMI, monté un
scénario macabre dans le but de faire peur aux politiciens. MACHIAVEL
n’aurait pas conseillé meilleure intrigue au Prince.
La responsabilité du feu Général BOBOZO qui a coordonné la machination et
l’arrestation est également établie.
Le Colonel EFOMI et le Général BANGALA sont également responsables
comme exécutants du plan machiavélique.

Le Tribunal militaire d’exception est responsable collectivement dans
l’exécution d’un ordre illégal.

7. Recommandations

- Considération que les enquêtes décidées par la Conférence Nationale
Souveraine et confiée à la Commission des Assassinats et Violations des
Droits de l’Homme a abouti à établir que les faits qui étaient reprochés
aux conjurés de la Pentecôte ne reposent sur aucun fondement ;
- Considérant que devant l’absence de motif de la condamnation à mort
des précités, on est endroit de croire que leur mort ainsi que le procès
qui les y avaient conduits n’avaient été que des moyens savamment
conçus pour intimider les opposant et faire asseoir le régime ;
- Considérant que pareille entreprise est constitutif de génocide, soit
d’actes accomplis avec l’intention de détruire une classe d’individus et
partant punissable par la loi ;
- Considérant que les corps des conjurés, importants hommes politiques
avaient été inhumés sans aucune considération digne d’eux et à l’issue
de leurs familles ;
- Considérant que la perte des intéressés a causé des graves préjudices
tant pour la société zaïroise que pour les membres de leurs familles
respectives, qu’il y a lieu à réparation :
Votre Commission recommande à la Conférence Nationale Souveraine :
01. que le procès dit des Conjurés de la Pentecôte soit révisé par une
juridiction compétente pour vice de procédure et absence de motivation ;
02. que les auteurs et complices de la mort de BAMBA Emmanuel, KIMBA
Évariste, MAHAMBA Alexandre et ANANY Jérôme, soient traduits en
justice ;
03. que les auteurs et complices soient interdits d’accéder aux fonctions
politiques pendant au moins deux législatures ;
04. que les restes des corps des conjurés soient exhumés pour être inhumés
avec honneur et dignité et cela à charge du pouvoir ;
05. qu’un monument soit érigé à leur mémoire en guise de leur
réhabilitation ;
06. que l’appellation les Conjurés de la Pentecôte soit désormais remplacée
par celle de Martyrs de Pentecôte ;
07. que l’appellation du Stade Kamanyola, lieu de leur pendaison soit
désormais remplacée par celle des Martyrs de Pentecôte ;
08. que les biens meubles et immeubles des intéressés qui auraient été
arrachés illégalement soient restitués en nature ou en espèces aux
membres de leurs familles respectives ;
09. qu’une justice et équitable indemnisation soit allouée aux membres de la
famille de chacun de ces martyrs.



Dernière édition par Libre Examen le 27/7/2015, 2:40 am, édité 1 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  El-Shaman le 26/7/2015, 8:59 pm

Troll a écrit:
El-Shaman a écrit:Merci Libre Examen pour ces deux vidéos. J'espère que les gens seront convaincu qu'Etienne Tshisekedi n'a rien à voir avec l'assassinat de Patrice Lumumba,comme tous ces Margoulin en Politique veulent nous faire croire en falsifiant notre histoire ,et en balançant des articles bidon sur le net.

Very Happy El Shaman le "defenseur" de Tshitshi
Shocked Surprised

Le nom de Tshitshi figure bien sur la liste des membres du Groupe de Binza Comment vous allez faire pour "effacer" cette partie de son histoire Razz Shocked Surprised ?

Son nom figure aussi bien...dans son rôle d´executant du Groupe de Binza: Le stade de Martyr.. Embarassed Rolling Eyes Connaissez-vous les ¤¤4 Martyrs¤¤ dont la memoire est venerée dans ce stade? Non** Mr Librexamen va vous apporter la vidéo de Tshitshi qui DEFEND la pendaison en public de ces 4 ministres "lumumbistes" Idea


Vous allez sans doute continuer á defendre Tshitshi..quand la liste des actions pour assoir la dictature de Mobutu va s´allonger..quelle est sa Place historique dans la création du MPR:?: N´est-il pas l´architecte....co-fondateur du MPR?


Defendez-vous enfin les "LUBAS" comme le faisiez pour Ally Ntumba..sur Congo Mikili;)
silent  

Laughing  Laughing  Laughing Qui rira le premier rira le dernier
En matière de défendre Etienne Tshisekedi il n' y a pas photo entre moi et toi.Ou pour mieux dire entre moi et vous. Depuis les élections de 2011,plus d'une dizaine de fois j'ai toujours lu ici Troll et son mentor défendre Etienne Tshisekedi face à la personne qu'ils appellent Joe Kanambe.Il paraît que Tshisekedi avait gagné les élections et que celui qu'ils appellent Joe Kanambe avait frauder.La question que l'on doit se posé est : Est-ce-que Troll et son mentor savaient en 2011,2012,2013 lorsqu'ils discutaient avec les gens de la M.P que Etienne Tshisekedi était un assassin ?
Savaient-ils qu'il avait participé à l'assassinat de Patrice Lumumba comme ils veulent nous faire croire aujourd'hui ? S'ils savaient pourquoi l'ont-il caché ?
Si Etienne Tshisekedi était ce que vous êtes en train de dire aujourd'hui avec les documents que vous nous balancer ici pour le faire couler.Dite-moi:POURQUOI ALORS DÉFENDEZ-VOUS UN ASSASSIN FACE À UN AUTRE ASSASSIN QUI À TUÉ ARMAND TUNGULU, CHEBEYA,ET PLUS AU MOINS 5000 PARTISANS DE BUNDU DIA KONGO ?
Vous m'avez toujours bourrer le crâne ici en défendant Etienne Tshisekedi contre les compatriotes NgongaEbeti,Piele de Dongo, Imperium,JimKK qui soutenaient la position de Joseph Kabila.Vous avez toujours qualifiez ces compatriote des fanatiques, en les surnommant même des "Djaleloliste"  Idea
Aujourd'hui vous voulez me faire croire que l'homme que vous avez toujours soutenu comme gagnant légitime des élections 2011 était en faite un assassin ?
Posez-vous la question si vous êtes vraiment équilibrée mentalement  ?
POURQUOI CE BRUSQUE CHANGEMENT ?
Votre HAINE récente envers Tshisekedi Wa Mulumba vient du faite que vous voulez couler ce vieux,en espérant prendre le pouvoir que MALHEUREUSEMENT VOUS N'AUREZ JAMAIS.Et maintenant si quelqu'un veut faire comme vous,s'il veut défendre ce vieux pour ces idées politique.Vous le faite passé pour un Tribaliste,pour un Muluba ou pour je ne sais quoi d'autres.Non, Mr Troll. El-Shaman ne défend pas Etienne Tshisekedi en tant que Muluba,mais il le défend en tant qu'un homme politique Congolais dont on veut faire passé pour ce qu'il n'est pas.Et si El-Shaman à défendu Ally Ntumba dans le forum de CongoMikili (qu'il ne fréquente d'ailleurs plus à cause du modérateur de ce forum)...C'était à cause de la haine tribal que les uns et les autres diriger vers cette analyste pour la simple raison qu'il est Luba.Car dans votre stratégie de faire couler Etienne Tshisekedi.Vous avez adopté la mauvaise  STRATÉGIE D'AMALGAME en voulant faire croire aux gens que lorsqu'on défend Etienne Tshisekedi ou L'UDPS = Ce qu'on est automaiquement Muluba et qu'on le fait au nom du "tribalisme" entrer Luba. Et comme El-Shaman n'est pas dupe,beaucoup des gens ne sont pas dupe.Voila pourquoi ils ne vont jamais vous croire.Je connais votre pensez profonde qui consiste à diviser la diaspora,parce que comme cette fois-ci vous savez que la diaspora aura droit au vote.Vous espérez fragmenter cette diaspora qui dans sa grande majorité avait pris parti pour le président Etienne Tshisekedi,quand bien même cette diaspora en 2011 n'avaient pas droit au vote.Comme la diaspora peut maintenant voter. Vous espérez récolter quelques voix ici en semant la haine entre Congolais,et en faisant de l'amalgame comme quoi : L' UDPS= BALUBA, batu mabe, batu oyo ,soki bazui pouvoir Congo eko beba,parce que soi-disant bakotia ba ndeko na bango. Comme si Congo esi ebonga déjà ? pssst....
Voila ce que cache tous ces campagnes machiavélique que vous avez adopté vis-à-vis de L'UDPS et d'Etienne Tshisekedi .Voila ce que El-Shaman rejette,parce que El-Shaman voit le danger de cette stratégie ou les mensonges et la haine est injecter au plus haut point dans l'espace politique congolaise.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Troll le 26/7/2015, 9:35 pm

Sad Mr LIBREXAMEN

Ne vous fatiguez pas...Troll vous dit pour la dernière fois: TOUS ceux qui ont participés aux coups d´État de Mobutu étaient d´office des membres du Groupe de Binza:star: Like a Star @ heaven TOUS sans exception:!:
Tous ces gens ont posés les bases de la dictature et la création du MPR n´est que la suite logique du Groupe de Binza:star: Like a Star @ heaven


jocolor Cette vidéo d´un "ministre" qui ne serait pas responsable..car c´était la "justice"..la justice de Mobutu et son gang du Groupe de Binza:roll: En tout cas, chaque fois que Tshitshi passe devant le stade des Martyrs..il se sent très á l´aise...les fantômes des 4 pendus:oops: lui sourient chaque fois..

Ne vous fatiguez plus, reposez vous: AUCUN de ces gens ne meritent qu´on se batte pour lui, AUCUN:face: What a Face Ils savaient TOUS dans quel camp ils se trouvaient..Ayant eu une "éducation" superieure á celle de la grande majorité, ils savaient ce qu´ils faisaient


Ne vous fatiguez pas en citant le nom de Troll...Nous ne participons plus á ce sujet..Nous cessons de lire toutes les défenses que vous allez trouver pour "laver" Tshitshi... son "karma" est une démonstration suffisante pour Troll: il a été jugé depuis longtemps, Tshitshi connait sa sanction***


Mister SHAMAN

Troll a horreur de l´impolitesse et l´absence de courtoisie** Comme vous commencez á traiter des "margoulins" ceux qui lisent les pages de l´histoire du Congo..**
Souffrez d´apprendre que Troll cesse de participer á ces échanges** et souhaite se mettre á l´abris des injures

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Imperium le 26/7/2015, 10:36 pm

Troll a écrit:Sad Mr LIBREXAMEN

Ne vous fatiguez pas...Troll vous dit pour la dernière fois: TOUS ceux qui ont participés aux coups d´État de Mobutu étaient d´office des membres du Groupe de Binza:star: Like a Star @ heaven TOUS sans exception:!:
Tous ces gens ont posés les bases de la dictature et la création du MPR n´est que la suite logique du Groupe de Binza:star: Like a Star @ heaven


jocolor Cette vidéo d´un "ministre" qui ne serait pas responsable..car c´était la "justice"..la justice de Mobutu et son gang du Groupe de Binza:roll: En tout cas, chaque fois que Tshitshi passe devant le stade des Martyrs..il se sent très á l´aise...les fantômes des 4 pendus:oops: lui sourient chaque fois..

Ne vous fatiguez plus, reposez vous: AUCUN de ces gens ne meritent qu´on se batte pour lui, AUCUN:face: What a Face Ils savaient TOUS dans quel camp ils se trouvaient..Ayant eu une "éducation" superieure á celle de la grande majorité, ils savaient ce qu´ils faisaient


Ne vous fatiguez pas en citant le nom de Troll...Nous ne participons plus á ce sujet..Nous cessons de lire toutes les défenses que vous allez trouver pour "laver" Tshitshi... son "karma" est une démonstration suffisante pour Troll: il a été jugé depuis longtemps, Tshitshi connait sa sanction***


Mister SHAMAN

Troll a horreur de l´impolitesse et l´absence de courtoisie** Comme vous commencez á traiter des "margoulins" ceux qui lisent les pages de l´histoire du Congo..**
Souffrez d´apprendre que Troll cesse de participer á ces échanges** et souhaite se mettre á l´abris des injures

Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy BATA KULANA BO BENYEWE.. Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 26/7/2015, 10:39 pm

Troll a écrit:Sad Mr LIBREXAMEN

Ne vous fatiguez pas...Troll vous dit pour la dernière fois: TOUS ceux qui ont participés aux coups d´État de Mobutu étaient d´office des membres du Groupe de Binza:star: Like a Star @ heaven TOUS sans exception:!:
Tous ces gens ont posés les bases de la dictature et la création du MPR n´est que la suite logique du Groupe de Binza:star: Like a Star @ heaven


jocolor Cette vidéo d´un "ministre" qui ne serait pas responsable..car c´était la "justice"..la justice de Mobutu et son gang du Groupe de Binza:roll: En tout cas, chaque fois que Tshitshi passe devant le stade des Martyrs..il se sent très á l´aise...les fantômes des 4 pendus:oops: lui sourient chaque fois..

Ne vous fatiguez plus, reposez vous: AUCUN de ces gens ne meritent qu´on se batte pour lui, AUCUN:face: What a Face Ils savaient TOUS dans quel camp ils se trouvaient..Ayant eu une "éducation" superieure á celle de la grande majorité, ils savaient ce qu´ils faisaient


Ne vous fatiguez pas en citant le nom de Troll...Nous ne participons plus á ce sujet..Nous cessons de lire toutes les défenses que vous allez trouver pour "laver" Tshitshi... son "karma" est une démonstration suffisante pour Troll: il a été jugé depuis longtemps, Tshitshi connait sa sanction***


Mister SHAMAN

Troll a horreur de l´impolitesse et l´absence de courtoisie** Comme vous commencez á traiter des "margoulins" ceux qui lisent les pages de l´histoire du Congo..**
Souffrez d´apprendre que Troll cesse de participer á ces échanges** et souhaite se mettre á l´abris des injures

Sir Troll,

Je vais être bien clair une fois de plus. A aucun moment n'ai-je soutenu qu'Etienne Tshisekedi ne faisait pas partie du groupe de Binza. Je ne peux pas l'affirmer puisque je n'ai aucune preuve qui prouve sans l'ombre de doute qu'il n'a pas fait partie du groupe de Binza. Je constate tout simplement qu'on ne cite pas son nom dans la liste des membres du groupe de Binza, ce que je me suis appliqué à démontrer. Ensuite, je me suis appliqué à faire la différence entre le gouvernement des commissaires généraux et le groupe de Binza. A ce stade, je serai même enclin à croire que toute apparition du nom d'Etienne Tshisekedi sur la liste des membres du groupe de Binza ne serait qu'un ajout.

Ensuite, il y a lieu de faire une distinction entre participer à un coup d'État et faire partie d'un gouvernement. Ce sont deux choses différentes, aussi différentes que peuvent l'être les membres du gouvernement des commissaires généraux et les membres du groupe de Binza. Je ne comprends pas comment vous faites pour entretenir une telle confusion. Comment pourriez-vous expliquez par exemple que des membres du collège des commissaires généraux qui étaient en dehors de Léopoldville au moment du coup d'état de Joseph Mobutu aient participé à ce coup d'état ? Mais, je vois qu'il y a des gens qui vous soutiennent dans ce raisonnement. Il me faut donc me l'avouer qu'il y a quelque chose qui dépasse mon entendement.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  El-Shaman le 27/7/2015, 9:01 am

Troll a écrit:
Mister SHAMAN

Troll a horreur de l´impolitesse et l´absence de courtoisie** Comme vous commencez á traiter des "margoulins" ceux qui lisent les pages de l´histoire du Congo..**
Souffrez d´apprendre que Troll cesse de participer á ces échanges** et souhaite se mettre á l´abris des injures

Tu as raison, car il n'y a pas plus impoli que les gens de votre camp qui pataugent dans les mensonges,et qui n'ont aucun respect envers les habitants par exemple de Masina qu'ils considèrent comme des être inférieur,par rapport à quelqu'un qui à fait ses études en Allemagne et qui possède un diplôme d'ingénierie.Or chez El-Shaman seul le respect de l'être humain compte avant tout,et quelque soit son degré ou sa situation.

MARGOULIN :
Personne manquant de compétence ou de sérieux dans l'exercice de sa profession ;en particulier; Mauvais ouvrier.
Margoulin en Politique=Mauvais Politicien
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/margoulin

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  King David le 27/7/2015, 12:49 pm

Troll et les autres, restons républicains et tenons-nous aux faits.
Tshisekedi a-t-il commandité des meurtres au Congo? Je pense que non.
Tshisekedi a-t-il participé par association aux assassinats? Sans doute oui parce qu'il occupait de hautes fonctions aux ministères de la justice et de l'intérieur.
Kimbuta que Troll soutient ici, est-il plus propre que Tshisekedi? Je pense que non. Souvenez-vous de la mort de Mr Botheti du MLC. On avait cité des noms. Il est de notoriété publique que Kimbuta soit un brigand économique. Souvenez-vous de son épopée avec Pélé Mongo dans l'AS V.Club où, avec la complicité avec certains comptables d'État, ils dévalisaient le Trésor Public. Kimbuta est un grand fumeur de chanvre, ce qui est aussi criminel.Comment peut-on détester l'un et louanger l'autre? Chers amis, pour le bien du pays, cessons la partisanerie. Cessons d'être régionaliste ou tribaliste. Le sectarisme est un vilain mal pour la RDC

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 27/7/2015, 3:58 pm

Le collège des commissaires généraux semble être une affaire entre Bakongo et Bangala, en particulier entre Joseph Kasa-Vubu et Joseph Mobutu. En effet, Kasa-Vubu semble avoir participé à la composition du collège des commissaires généraux. Plus j'y pense, plus je me persuade que le coup d'état de Joseph Mobutu du 19 septembre 1960 était un arrangement entre Joseph Kasa-Vubu et Joseph Mobutu.

Quelle place occupent donc les balubas dans le collège des commissaires généraux ?  Les balubas semblent y être nommés et  utilisés pour accomplir le complot des Bakongo et des Bangala. On veut leur faire porter les assassinats de Lumumba et ses compagnons. C’est pourquoi, par exemple, on ne va choisir que les Balubas pour accompagner Lumumba et ses compagnons au Katanga.

La décision d’extrader Lumumba au Katanga est une décision de dernière minute. Il a toujours été prévu de l’extrader au Sud-Kasaï. Quoiqu’il en soit, on savait quel sort lui serait réservé.

Pourquoi avoir extradé ces Congolais dans des pays étrangers car le Katanga et le Sud-Kasaï avaient bien en ce moment déclaré leur indépendance.

Pourquoi ne pas les avoir gardés en prison dans le Bas-Kongo ou à l'Equateur ? Simple : On voulait faire porter l'odieux sur les Baluba. Et cette mission semble continuer jusqu'à aujourd'hui.

Pas besoin de me croire : LISEZ, LISEZ, LISEZ… NOUS-A-T’ON ENJOINT !



ndonzwau a écrit:
"Suite...

"(...)I. LE COLLÈGE DES COMMISSAIRES GÉNÉRAUX

a) Qui a créé le Collège des Commissaire généraux ?


La déclaration que fait Mobutu dans sa conférence de presse lors de son coup d’État concernant la lutte à mener contre le communisme semble être un élément significatif de l’enjeu. Elle constitue l’antithèse du discours de Lumumba. Le 9 août 1960, celui-ci, après avoir ordonné l’expulsion de
l’Ambassadeur de Belgique et la rupture des relations diplomatiques avec cette dernière, parlait de la France, de l’Angleterre, des USA, de la Belgique et des missions catholiques « comme agents de subversion et représentant l’impérialisme néocolonial ».
Mobutu, lui, annonce le 14 septembre l’idée de la création du Collège sans citer le nom mais détermine son sens voire ceux qui vont le composer et l’assister : « (...) Aucun officier ne sera ministre, ce n’est pas notre rôle. Nous demandons plutôt aux universitaires et techniciens congolais de diriger désormais le pays en dehors de toute option politique. Ceux qui sont encore à l’étranger soit en stage soit à L’université doivent rentrer d’urgence. (...) Ce sont eux qui feront ensuite appel à des techniciens étrangers pour les aider à gérer le pays. Je fais appel à des techniciens Américains et aux Anglais
pour qu’ils répondent favorablement à notre demande » (Cool.


André Lahaye pense que Mobutu n’est pas l’initiateur du projet de « Collège des Commissaires Généraux ». Mais Lahaye dit ne pas savoir de qui il émane, prenant vite la précaution d’ajouter qu’on ne peut songer à lui-même ! Selon plusieurs sources, l’initiative de la création du Collège serait externe à Kasa Vubu, qui continuait à préférer voir Iléo gouverner. Bref, la paternité de ce projet est à rechercher ailleurs
que chez les Congolais.
Mobutu a parlé d’une réunion des officiers qui avait précédé la conférence de presse. Les officiers Marlière et Kettani y auraient pris part et auraient été au courant. Serge Michel
déclare :
« (...) on a pratiquement terminé parce qu’en fait on l’avait même photographié (9 ). Il (Mobutu) est filmé(...), on voit l’officier marocain à côté de lui. Or là, Kettani a carrément avoué, en laissant faire des officiers marocains qui n’avaient plus le casque bleu, qui étaient simplement des officiers marocains
et qui accompagnaient dans ses déplacements, le jour du coup d’État, qui accompagnaient Mobutu. Il y avait un chauffeur et il y avait les deux officiers, il y avait un lieutenant et un capitaine, un capitaine qui était toujours à côté de lui, qui lui donnait des conseils. Et Mobutu suivait (...) » (10)
.
Pour le recours aux étudiants, on dispose d’une indication particulièrement significative : une lettre manuscrite écrite de Bruxelles le 9 juin 1960 par André Mandi à Patrice Lumumba.
_____________
(Cool À noter que tout le monde se gardait de prononcer à haute le
mot Belge. Cfr R.2, pp. 2-4.
(9) Cfr. Le film de Christian Mersnil, « Du Zaïre au Congo: Le
coup d’État de Mobutu ».
(10) Cfr. R.2, P. 53.


« Mon cher Patrice,
Les circonstances m’obligent de t’écrire cette lettre. J’y tiens particulièrement pour te mettre au courant d’une série de problèmes qui méritent une attention particulière. Comme tu le sais, un groupe de travail a été constitué à l’issue de la Conférence Économique et que Mobutu et moi-même en faisons partie. Les travaux de ce groupe se sont déroulés dans une atmosphère de corruption déconcertante. Certains collègues se sont montrés des collaborateurs de l’administration et cela d’autant plus que l’Administration ou plutôt le ministère du Congo et les milieux financiers essaient d’inféoder le Congo.
Les problèmes les plus importants qui furent discutés sont :
— Le Statut de la Banque Centrale
— La Société de développement et enfin les parastataux.
En ce qui concerne la « Banque Centrale », je te mets sur tes gardes. En effet, la Belgique a fait voter des lois d’urgence pour nommer certains congolais corrompus à des postes de haute administration. Il y a lieu de ne rien accepter et surtout prends garde pour des étudiants » (11).


Composition du collège

Justin Bomboko, est désigné pour diriger le Collège des Commissaires généraux. Il avait été jusque là ministre des Affaires étrangères du Gouvernement Lumumba, puis du gouvernement Iléo. Albert Ndele, son adjoint, représente le camp Kasa Vubu. Il était chef de cabinet du ministre « abakiste » des finances, Pascal Nkay. En fait, cet homme qui prendra la tête de la Banque centrale, bénéficiait aussi de soutiens extérieurs, surtout en Belgique, qui le positionnait depuis la Table ronde économique d’avril-mai 1960 pour diriger les structures financières du Congo indépendant (12).
Justin Bomboko n’est pas à Léopoldville au moment de la constitution du Collège des Commissaires généraux. Craignant les représailles de Lumumba et de l’opinion après qu’il eut contresigné la révocation de Lumumba par Kasa Vubu, il a pris la fuite. D’abord caché à l’ambassade des USA à Léopoldville, il a quitté le Congo. Il sera de retour à Léopoldville le 2 octobre 1960.
À la première réunion du Collège qui a lieu le 21 septembre, et qui est présidée par Ndele (qui donne lecture des membres composant le Collège), quatre Commissaires — Lihau, Mpase, Loliki et Bolela — se trouvent encore à Bruxelles, et sont invités à rejoindre Léopoldville au plus tard samedi.

La désignation des membres qui devaient composer le Collège ne serait pas directement le fait de Mobutu ou de Kasa Vubu, qui n’auraient fait que dicter quelques noms. C’est Ndele qui se charge de sa mise en forme avant l’arrivée de Bomboko. Par la suite, la présence de Bomboko effacera totalement Ndele. La lecture des P.V. montre combien l’autorité du premier domine tous les membres du Collège : c’est lui qui
donne l’information, oriente le débat, fait des observations aux propositions émises par les autres membres. Ceux-ci auront souvent tendance à vouloir mener des discussions sur le mode
_____________
(11) Cfr. R.2, pp. 23-24.
(12) Voir lettre de André Mandi à Lumumba, R.2, pp. 23-24.


écolier et accordent de l’attention à leur sécurité et aux avantages liés à leurs fonctions.
Au moment de la composition du Collège, Ndele exclut André Mandi, un mungala (ethnie Gombe) de la Province de l’Équateur, bien que celui-ci participe à la première réunion sans y être invité. Ce dernier, qui s’était opposé à Ndele lors de la Table ronde économique, avait écrit le 9 juin 1960 à Lumumba une lettre le mettant en garde contre les manœuvres de Ndele présenté comme un pion préparé pour défendre les intérêts de le Belgique au Congo Indépendant (13).
Thomas Kanza ne pouvait faire partie du Collège, non parce qu’il s’affichait comme proche de Lumumba mais parce que Kasa Vubu et ses partisans « abakistes » comme Ndele ne pouvaient admettre son incorporation dans le groupe. Thomas Kanza ou Joseph Okito, n’ont pas commencé dans le lumumbisme et ne sont pas demeurés des lumumbistes fidèles tels que l’histoire et/ou l’opinion retient généralement d’eux (14).
Dans la composition du Collège des Commissaires généraux, les critères d’« ethnie » et d’« école » ont certes facilité le choix des membres. Mais il ne s’agit là que d’éléments repères dont le socle était de plus en plus le clientélisme, suite à l’influence non seulement des pouvoirs politiques mais aussi de ces enseignants d’universités belges sur leurs (anciens) et peu nombreux étudiants congolais. La composition du Collège devait être anti Lumumba. Seuls certains postes semblent avoir fait l’objet d’une délibération réelle.

Les Commissaires généraux sont pour une grande majorité originaires du Bas-Congo (ethnie Yombe), du Kasaï (toutes les tendances) et de Bandundu (district du Lac Léopold II). Du point de vue de la représentation provinciale, Léopoldville compte à elle seule près de la moitié des membres; la Province Orientale, le Katanga et le Kivu sont les provinces les moins représentées; certains de leurs membres sollicités ont refusé. Malgré le nombre moyen de ses membres, la Province de l’Équateur est pourtant la plus intégrée dans la prise de décision. C’est que, si le problème de la majorité ethnique kongo à Léopoldville joue, les Bangala, moins organisés politiquement, ont occupé de nombreux postes dans l’administration coloniale et surtout dans l’armée.
La majorité des membres du Collège des Commissaires généraux entretiennent des relations avec les milieux catholiques. C’est le cas également des collaborateurs du journal « Courrier d’Afrique » qui entre en conflit avec Lumumba dès la création du MNC en octobre 1958. Les trois (fausses) lettres de Lumumba diffusées en septembre 1960 auraient été rédigées par des personnes proches de ce milieu. Lumumba interdit la parution du « Courrier d’Afrique », mesure qui est levée par Kasa Vubu. Le Collège utilise ce périodique pour diffuser des écrits s’en prenant à Lumumba.
_____________  
(13) Voir lettre de André Mandi à Lumumba, R.2, pp. 23-24.
(14) Cfr. R.2, pp. 68-69; p. 70
.


c) Fréquence des réunions et assiduité des membres

Au mois d’octobre 1960, les Commissaires sont au nombre de 37, les retardataires du début ayant rejoint l’équipe de départ. Mais il y aura encore des nouveaux arrivants : Pongo est intégré au Collège à cause de son activisme (15)contre les lumumbistes, Auguste Kalanda vient prendre la place laissée vacante par Albi Bindo qui, profitant d’une mission en Belgique, n’est plus revenu. Peut être a-t-il été dégouté de tout ce qu’il avait observé, tout comme José Nussbaumer — à qui il fut même confié l’important poste de Commissaire titulaire de
l’Intérieur — qui affirmera après quelques participations : « Je suis là parce qu’on a fait appel à moi. Je retournerai (en Belgique) dès que çà sera fini. »(...)"
° http://www.lachambre.be/kvvcr/pdf_sections/comm/lmb/312_7_page_930_to_988.pdf


Demain la suite...
"




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 29/7/2015, 6:47 pm

Pourquoi continue-t-on à nous entretenir de l’idée qu’il y a eu un coup d’état en septembre 1960 ? C’est une supercherie.

S’il y a eu coup d’état, ce que Joseph Kasa Vubu y a participé. Il n’a jamais été neutralisé. En effet, comme on peut le constater dans les extraits ci-haut, il a participé à la formation du collège des commissaires généraux et c’est lui qui l’a installé. Et puis le collège a cessé d’exister après l’élimination de Lumumba.

Ce qu’il y a eu, en réalité, c’était un complot mené contre Lumumba; complot mené par les Belges, les Américains et les Nègres de services (pour reprendre une expression chère à Monsieur l’Abbé Mbelu) qui étaient essentiellement des Bakongo et des Bangala. Mais la sale besogne devrait être exécutée par les Baluba.

Mais avec le temps, on réalise, peut-être, qu’il manque un Muluba notable parmi les Nègres de services; il faut l’y ajouter. Aussi le recours à des arguments tels qu’il était un ami très proche de Mobutu, qu’il était son fidèle collaborateur, qu’il était trop actif dans le collège des commissaires généraux, de ces faits il ne pouvait que faire partie du groupe de Binza, et donc il ne pouvait qu'avoir participé au complot visant l'assassinat de Lumumba.

A suivre… une idée : Le sens de l’amitié et de fidèle collaborateur chez Mobutu. Indices : Voyez ce qui est arrivé à Lumumba ou à Kasa Vubu.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Imperium le 30/7/2015, 9:50 am



La veuve Lumumba ...humiliée. .promenée nue..dans les rues de leopoldville. .Kinshasa. ..la femme du crapaud. ..n'est ce pas Mr "ya tchi-tchi"..quelqu'un devra passer à la caisse un jour. ..une facture. ..attend ..elle devra être payer...Mr"

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Djodjo B le 30/7/2015, 2:49 pm

Imperium a écrit:

La veuve Lumumba ...humiliée. .promenée nue..dans les rues de leopoldville. .Kinshasa. ..la femme du crapaud. ..n'est ce pas Mr "ya tchi-tchi"..quelqu'un devra passer à la caisse un jour. ..une facture. ..attend ..elle devra être payer...Mr"

Le fait d'avoir traité quelqu'un de crapaud implique que cette personne a été celle qui a donné l'ordre d'éliminer? Ou encore elle avait participé à tout ce processus? Vraiment? Écoutez les histoires de votre terminator ngbanda ne fera pas de vous une personne cultivée ou mieux placée pour parler de l'histoire du Congo. Saviez-vous qu'il y avait aussi eu beaucoup de Congolais qui étaient TRES CONTENT que Lumumba soit arrêté et assassiné. Ne vous accaparez pas ce Lumumba comme Mende le fait…pendant qu’il n’a RIEN de Lumumba dans sa chair ni dans sa tête. La seule chose qu’il a de Lumumba est d’être Tetela; that’s it! Vous regrettez les morts mais vous TRAITEZ les Congolais encore en vie comme des moutons choisis pour l’abattoir.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  piélé de dongo le 31/7/2015, 9:00 pm

Mr Djodjo B qui veut defendre l'indefendable. On verra votre tête si un jour on arrive à faire marcher dans les rues de Kin la femme de tshitshi seins nus, quoiqu'il a fait son mari. Même Jesus la majorité de ses contemporains étaient pour sa mort, à vous de se demander s'ils avaient raison ou tort ou si il fallait faire circuler aussi sa mère sein nu dans les rues de jerusalem. Mr Djodjo B un vrai combatant UDPS dans l'esprit et le corps, Même si on le pardon aujourd'hui, Tshitshi n'est pas saint dans l'histoire du pays au contraire, alors il faut accepter que histoire bakundaka yango te.
Moi je suis de l'equateur et je condamne Mobutu aussi pour ce crime.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 31/7/2015, 11:07 pm

piélé de dongo a écrit:Mr Djodjo B qui veut defendre l'indefendable. On verra votre tête si un jour on arrive à faire marcher dans les rues de Kin la femme de tshitshi seins nus, quoiqu'il a fait son mari. Même Jesus la majorité de ses contemporains étaient pour sa mort, à vous de se demander s'ils avaient raison ou tort ou si il fallait faire circuler aussi sa mère sein nu dans les rues de jerusalem. Mr Djodjo B un vrai combatant UDPS dans l'esprit et le corps, Même si on le pardon aujourd'hui, Tshitshi n'est pas saint dans l'histoire du pays au contraire, alors il faut accepter que histoire bakundaka yango te.
Moi je suis de l'equateur et je condamne Mobutu aussi pour ce crime.

piélé de dongo,

Si vous pensez que cette comparaison de la part d'imperium est de bon goût et est à-propos, et que vous la répétiez, vous devriez vous poser des questions sur vous-même.


Dernière édition par Libre Examen le 1/8/2015, 1:35 am, édité 1 fois

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  piélé de dongo le 31/7/2015, 11:45 pm

Mr libre examen le jour où on fera ça à madame Tshisekedi, tel que je vous connais, je veux bien vous voir venir discuter ici (je ne le souhaite aucunement), Ce qui s'est passé était teleguidé par les Belges regardez bien les images vous me donnerez raison. Voila pourquoi il faut condamner un point et trait.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

Message  Libre Examen le 1/8/2015, 1:33 am

piélé de dongo a écrit:Mr libre examen le jour où on fera  ça à madame Tshisekedi, tel que je vous connais, je veux bien vous voir venir discuter ici (je ne le souhaite aucunement), Ce qui s'est passé était teleguidé par les Belges regardez bien les images vous me donnerez raison. Voila pourquoi il faut condamner un point et trait.

Condamner ce qui est arrivé à la femme de Lumumba et souhaiter que cela arrive à la femme de Ya Tshitshi sont deux choses différentes. Oui, ce qui est arrivé à la femme de Lumumba est condamnable un point, un trait. Sachant cela, souhaiter que ce qui est arrivé à la femme de Lumumba arrive à une autre femme devient encore plus condamnable. C'est inacceptable. Ca ne peut provenir que d'une profonde haine envers l'homme dont on souhaite que la femme subisse le sort que la femme de Lumumba a subi. Et si vous appuyez Impérium dans cela, vous êtes tout aussi condamnable que lui un point un trait.

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Re: L'UDPS DANS LA TOURMENTE DE COMBATTANTS

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