L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

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L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  Zik le 18/5/2017, 3:59 pm

L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?
Après avoir été le seul pays de la région des Grands Lacs en Afrique centrale à être invité à la  réunion consacrée à l’analyse de la situation politique en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi, l’Angola et les Etats-Unis ont signé mercredi un protocole d’accord sur la coopération militaire bilatérale, tout en se penchant sur le rôle de Luanda dans la région des Grands Lacs.
Lire l'article :

http://www.politico.cd/actualite/la-une/2017/05/18/langola-nouveau-gendarme-americain-grands-lacs.html

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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 21/5/2017, 3:45 am

Depuis le deuxième mandat d’Obama il est apparu de plus en plus évident que les Usa qui continuent d’avoir l’œil sur le Congo et sa crise politique grandissante (et cela malgré aujourd’hui le changement d’administration !?) qui opèrent aujourdhui en Afrique davantage par « proxies » (depuis Mogadiscio ?) avaient entrepris de changer quelque peu ce relais, ils substituaient jour après jour le vieil axe Clinton-Kagame-‘JK’ à un axe Washington-Luanda-puis Kinshasa et depuis la dernière réunion stratégique de Washington sur le Congo (Burundi, RCA…) où seul le Ministre de la Défense angolais figurait comme africain, cela parait plus plausible… Si transmission effective de message il y’a, Washington le passera sans doute via Luanda…
Qu’en dire sinon essentiellement quelle sera exactement la teneur de leur message, quelle chance pour que ce message soit décisif sur le terrain ? Et quoi encore ?

1° A noter déjà que si les puissances européennes qui comptent (au Congo…), France, Belgique mais aussi RU et Allemagne sont globalement sur la ligne des Usa, ceux-ci n’en gardent pas moins leurs rivaux sinon adversaires au CS, Russie, Chine, qui dedans avec leurs vétos ou en dehors ont pris l’habitude surtout pour la première de s’opposer farouchement sur beaucoup de matières concernant les pays tiers… S’agissant du Congo , la Russie, la Chine et leurs alliées ne manqueront pas une fois de plus de contrecarrer les volontés des Usa et des Européens surtout que le pouvoir de Kinshasa les sollicite comme paravent entre son arbitraire et les tentatives de ‘remise à l’ordre’ occidentales… Quel impair de plus cela apportera à l’action des Usa ?
Surtout que si le Congo en tant qu’Etat représenté par le pouvoir en place a beaucoup démonétisé depuis deux décennies, son leadership largement confié par procuration à nos voisins de l’Est, l’avenir du Congo comme territoire au carrefour des pays septentrionaux et méridionaux compte toujours beaucoup en Afrique et dans la sous-région géo-stratégiquement d’abord et économiquement ensuite, aux yeux de toutes ces grandes puissances…

2° Au-delà du « mandat ‘politique’» que semble lui accorder Washington qu’il s’emploiera sans doute à remplir avec zèle d’autant que son économie au ralenti a besoin de garanties extérieures, quel bénéfice propre l’Angola peut-il nous apporter lorsqu’on sait que pour le Congo l’Angola est aussi ce voisin qui sans compter son ambiguïté sur le plan géopolitique, il piétine sur nos plates-bandes ( diamant, pétrole) sur le versant économique… C’est moins préjudiciable et sanglant qu’avec le Rwanda et l’Ouganda mais si cela peut peser sur notre stabilité politique immédiate et à moyen terme via notamment la sortie (moins violente) de ‘JK’ mais ne lui accorde-t-on pas en même temps un permis de nous piller et de nous placer quelque part sous sa tutelle ? C’est encore plus à voir que l’Angola n’est pas tout à fait « démocratique » et si de lui-même il ne préfère(ait) pas plutôt continuer avec un ‘JK’ autoritaire pourvu qu’il soit quelque peu sous sa tutelle, sous sa menace dissuasive ?

3° On le sait, la CI occidentale Usa en tête veut (pour ses raisons plutôt que pour nos beaux yeux) le départ de ‘JK’ en fin de mandat à travers notamment ce dernier « Accord du 31 décembre » qui permet une transition cogérée et au bout les élections, l’alternance, compromis que ‘JK’ détricote en ce moment à son profit, une « présidence à vie » en vue nous attend…
A côté c’est bien l’opposition et la population qui veulent aussi que ça change, l’enjeu des Etats-Unis et leur rapprochement avec l’Angola est d’aider à sortir le Congo de sa crise et d’abord peut-être cette opposition et cette population pour qu’elles en deviennent les principales actrices et pour que cette issue soit vraiment au service de la bonne cause du peuple et pas seulement pour servir les besoins des puissaces extérieures, quand bien même nous serviraient-elles, elles ne le peuvent jusqu’au bout…
Comment faire pour y arriver, que doivent faire exactement les Yankees et les Angolais et quoi les Congolais ?
C’est la bonne réponse à cette question que nous devons trouver !


"Sortie de crise en RDC : Washington se rapproche de Luanda
° http://lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=16987:sortie-de-crise-en-rdc-washington-se-rapproche-de-luanda&catid=85:a-la-une&Itemid=472


Le ministre de la Défense angolais, Joao Lourenço, officiellement désigné pour succéder à José Eduardo dos Santos à la tête de l'Angola, a pris part à cette rencontre de haut rang au Pentagone à côté du secrétaire américain à la Défense, le général James

C’est peut-être sur l’axe Washington et Luanda que pourrait bien se dénouer la crise politique dans laquelle s’enlise la RDC. L’Angola vient d’être associé à une réunion stratégique tenue récemment dans la capitale américaine sur le cas spécifique de la RDC. 

C’est son ministre de la Défense, Joao Lourenço (officiellement désigné pour succéder à José Eduardo dos Santos à la tête de l'Angola) qui a pris part à cette rencontre de haut rang au Pentagone à côté du secrétaire américain à la Défense, le général James Mattis. Président en exercice de la CIRGL, Luanda veut peser de tout son poids pour la stabilité de la région, ce qui passe par la consolidation de la démocratie.
Entre Luanda et Washington, c’est le parfait amour. Ceux qui pensaient que le président des États-Unis, Donald Trump, ne s’intéressait pas à l’Afrique, se sont trompés sur toute la ligne. Même si le nouveau locataire de la Maison blanche n’a pas encore désigné son « Monsieur Afrique », c’est-à-dire le sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines, son administration a activé la diplomatie silencieuse pour nouer ou renouer de nouvelles alliances sur le continent noir. Et pour le cas particulier de la sous-région bouillonnante de l’Afrique, les États-Unis semblent avoir jeté leur dévolu sur l’Angola. De plus en plus, Washington multiplie des indices qui vont dans ce sens.

Tout récemment, l’Angola a été le seul pays africain associé à une réunion stratégique sur les Grands Lacs, coordonnée depuis le Pentagone, quartier général du ministère américain de la Défense. Côté américain, l’on a noté la présence remarquée du secrétaire à la Défense, James Mattis. Ce qui dénote l’importance que l’administration Trump a accordé à cette réunion. La délégation angolaise était conduite par son ministre à la Défense, Lourenço, dauphin du président José Eduardo dos Santos à la prochaine présidentielle.
Un communiqué du ministère angolais des Affaires étrangères, relayé par Angop, agence de presse officielle de l’Angola, a indiqué que la réunion de Washington a été consacrée à l'analyse de la situation politique en RDC et au Burundi. Les participants ont discuté essentiellement, précise Angop, de la position que la Communauté internationale devrait prendre pour travailler avec un gouvernement postélectoral en RDC sur la gouvernance politique, économique et de sécurité.

Outre la présence de hauts gradés du Pentagone qui accompagnaient le secrétaire à la Défense James Mattis, la rencontre a connu la participation des envoyés spéciaux pour les Grands Lacs des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne et de la Belgique. Des délégués des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark, des Nations unies, de l'Union européenne, de l'Union africaine et de l'Organisation internationale de la Francophonie s’étaient également joints à cette réunion.
Quant au Burundi, le Groupe international de contact sur les Grands Lacs analyse la possibilité d'impliquer la Communauté internationale au dialogue entre les Burundais.

Décembre 2017, mois de tous les enjeux en RDC ?

Dans sa nouvelle politique africaine, Washington a donc décidé de s’appuyer sur l’Angola en ce qui concerne particulièrement la région des Grands Lacs. Dans la capitale américaine, un protocole d’accord a été signé entre le Pentagone et le ministère angolais de la Défense. Pour Washington, il s’agit d’aider l’Angola, compte tenu de son poids militaire et économique dans la région des Grands Lacs, à remettre de l’ordre dans cette partie troublée de l’Afrique
Deux pays sont concernés, la RDC et le Burundi. À Washington, Luanda a eu des directives précises, transmises au nom de l’administration Trump par le secrétaire à la Défense, James Mattis.
À Luanda, on s’en réjouit. Le fait pour les États-Unis de se référer à ses services pour assainir la région des Grands Lacs est une marque de sympathie que Luanda ne voudrait donc pas ni rater ni gâcher. Ce qu’a d’ailleurs rappelé le ministre angolais de la Défense en marge de la signature dudit protocole.

Dans son allocution de circonstance, prononcée en portugais dont une transcription nous est parvenue en anglais, Joao Lourenço a indiqué que le président José Eduardo dos Santos était « très heureux » de la signature de ce protocole qui scelle un nouveau partenariat militaire entre les États-Unis et l’Angola. Luanda est bien conscient des enjeux en présence. « C'est parce que nous voyons plus loin - nous voyons cette coopération avec les États-Unis comme un engagement très sérieux », a fait remarquer le ministre angolais de la Défense.
Tout en rappelant la position stratégique de l’Angola, situé à cheval entre l’Afrique centrale et l’Afrique australe, le ministre angolais de la Défense a relevé que son pays est « très engagé à essayer d'aider les pays des Grands Lacs à retrouver la paix durable, en particulier en République centrafricaine, mais aussi en RDC et au Burundi ».

Président en exercice de la CIRGL, l’Angola promet de « remettre de l’ordre » dans la région des Grands Lacs. « En décembre de cette année (Ndlr : 2017), nous jouerons notre rôle final à essayer de trouver une paix durable dans tous ces pays », a déclaré Joao Lourenço depuis Le Pentagone, assis à côté de tous les bonzes de l’armée américaine. C’est tout un message. Et de poursuivre : « Nous nous sommes engagés à ça et nous croyons qu’avec le partenariat des États-Unis, nous serons plus capable de tenter de trouver une paix durable dans la région des Grands Lacs et aussi dans la région de l'Afrique centrale ».
Autant dire qu’à l’exemple du Sénégal qui a pesé de tout son poids de l’ordre en Gambie a inspiré d’autres pays du continent. Et en Afrique centrale, l’Angola s’est lancé dans l’arène pour ramener tous les Etats de la région sur le droit chemin. Dans cette nouvelle ambition, Luanda peut compter sur un allié de taille, les Etats-Unis de Donald Trump."



"L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?
° http://www.politico.cd/actualite/la-une/2017/05/18/langola-nouveau-gendarme-americain-grands-lacs.html
Après avoir été le seul pays de la région des Grands Lacs en Afrique centrale à être invité à la  réunion consacrée à l’analyse de la situation politique en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi, l’Angola et les Etats-Unis ont signé mercredi un protocole d’accord sur la coopération militaire bilatérale, tout en se penchant sur le rôle de Luanda dans la région des Grands Lacs.
Selon nos confrères d’Angop, la signature de ces accords par le ministre angolais de la Défense, João Lourenço et son homologue américain, le secrétaire d’Etat à la Défense, James Mattis, établit un instrument juridique majeur entre les deux pays, mais aussi concerne le rôle de l’Angola en Afrique centrale et notamment au sujet de la situation en RDC.
«Nous sommes engagés à essayer d’aider les pays des Grands Lacs pour trouver la paix dont ils ont besoin, en particulier la RCA, qui vit une situation d’instabilité qui dure depuis plusieurs années, mais aussi la RDC et le Burundi», a souligné le ministre angolais.(...)"



"Seuls le Rwanda et l’Angola peuvent siffler la « fin de la recréation » en RDC
° http://www.politico.cd/actualite/la-une/2017/05/15/seuls-rwanda-langola-peuvent-siffler-fin-de-recreation-rdc.html
Journaliste et éditorialiste, Louis Keumayou pense que l’opposition politique en République démocratique du Congo est à la traîne face au pouvoir.

Intervenant à l’émission KIOSQUE sur la chaîne française TV5 Monde, Louis Keumayou, journaliste camerounais exerçant en France, et qui a tour à tour été correspondant des quotidiens Le Messager, Mutations, de Radio Vatican et de BBC Afrique, dresse un bilan peu flatteur de l’opposition politique en République démocratique du Congo.(...)"




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19:05 - 14 May 2017


"RDC: La fuite en avant de Kinshasa (COMMENTAIRE) "
° http://www.lalibre.be/actu/international/rdc-la-fuite-en-avant-de-kinshasa-commentaire-59132af9cd70022542be33e1

"RDC : Un parfum de sanctions"
° https://afrique.lalibre.be/3265/rdc-un-parfum-de-sanctions/

"Angola : Questions sur la santé du président dos Santos"
° https://afrique.lalibre.be/3300/angola-questions-sur-la-sante-du-president-dos-santos/
° http://www.izf.net/afp/angola-incertitudes-sur-letat-sante-president-dos-santos


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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 24/5/2017, 7:35 am

"RDC : L’Angola déploie son armée sur la frontière congolaise"
Evil or Very Mad  Twisted Evil  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Question  Question  Question  
° https://afrique.lalibre.be/3444/rdc-langola-deploie-son-armee-sur-la-frontiere-congolaise/
L’Angola vient de renforcer sa présence militaire sur toutes ses frontières avec la Répubique démocratique du Congo.

Depuis 2 heures du matin, ce dimanche 21 mai, l’infanterie de l’armée angolaise, accompagnée des tanks et d’une artillerie lourde, se déploie sur la frontière ouest commune avec la RDC. Des mouvements de troupes de l’armée angolaise sont aussi signalés au nord-est de l’Angola.
La commission militaire américaine de la chambre de représentants a autorisé cette nuit le Pentagone à vendre les armes à l’Angola.
Les deux pays avaient signé, ce mercredi 17 mai 2017, un nouvel accord au Pentagone lors d’une rencontre entre le secrétaire américain de la Défense Jim Mattis et le ministre angolais de la défense Joao Lourenco."



"L'Angola renforce la sécurité à sa frontière avec la RDC
° http://www.radiookapi.net/2017/04/19/actualite/securite/langola-renforce-la-securite-sa-frontiere-avec-la-rdc
Les autorités angolaises ont annoncé mercredi le renforcement de leurs effectifs de police à leur frontière nord où affluent les réfugiés qui fuient les violences dans la province du Kasaï en République démocratique du Congo (RDC) voisine.

La police nationale angolaise a intensifié les patrouilles à la frontière avec la République démocratique du Congo afin d'éviter la pénétration des groupes armés sur le territoire national", a déclaré le commandant en chef de la police, le commissaire Ambrosio de Lemos, sur la radio publique RNA.
Depuis six mois, des combats opposent les forces armées congolaises à une rébellion dans quatre provinces du centre de la RDC (Kasaï-central, Kasaï, Kasaï-oriental et Lomami).
Ces violences ont été provoquées par la mort en août lors d'une opération militaire d'un chef coutumier local, Kamwina Nsapu, entré en conflit avec le pouvoir central.

Sa dépouille a été rendue samedi par les autorités à sa famille qui la réclamait en vain depuis sa mort, dans le but d'apaiser les violences qui ont éclaté en septembre.
Ces violences ont causé un afflux de réfugiés vers l'Angola voisin.
Selon les autorités locales, plus de 9.200 d'entre eux ont déjà été enregistrés sur le sol angolais. Dimanche dernier, 3.200 réfugiés, dont 1.400 enfants, ont été accueillis dans le camp d'accueil de Mussungue (province de Lunda Norte).
"Tous les réfugiés congolais qui sont sur le territoire national sont traités de façon humaine", a assuré le général de Lemos.

Les combats au Kasaï ont déjà fait au moins 400 morts et l'ONU a indiqué au début du mois avoir découvert 23 fosses communes dans la région.
Le corps de deux enquêteurs missionnés par le secrétaire général des Nations unies dans le Kasaï y ont été retrouvés le 28 mars dernier, seize jours après leur enlèvement avec quatre de leurs accompagnateurs congolais.
(AFP)"



"L’Angola déploie ses troupes à la frontière avec la RDC
° http://www.politico.cd/actualite/la-une/2017/05/21/langola-deploie-troupes-a-frontiere-rdc.html
L’Angola vient de renforcer sa présence militaire sur toutes ses frontières avec la Répubique démocratique du Congo, renseigne la Libre Afrique.

Depuis 2 heures du matin, ce dimanche 21 mai, renseigne le média belge, l’infanterie de l’armée angolaise accompagnée des tanks et une artillerie lourde se déploie à la frontière ouest de la RDC avec l’Angola. Des mouvements de troupes de l’armée angolaise sont aussi signalés au nord-est de l’Angola.
Ce déploiement intervient alors que le chef de la diplomatie congolaise Léonard She Okitundu est en visite officielle à Luanda depuis le vendredi dernier. Léonard She Okitundu s’est notamment entretenu avec  Joao Lourenco, ministre angolais de la défense, et qui est préssenti à la succéssion d’Edouardo dos Santos.

En effet, la santé du président angolais est au coeur d’une folle rumeur depuis plusieurs jours. Des médias de l’opposition ont même annoncé sa mort depuis Barcelone, en espagne, où il est officiellement en convenléscence.  « Il s’agit plus d’une prévention sécuritaire de l’intérieure« , estime toutefois une source militaire congolaise.
Par ailleurs, la Libre Afrique annonce que la commission militaire américaine à la chambre de représentants a autorisé cette nuit le Pentagone à vendre les armes à l’Angola. Les deux pays ont signé mercredi 17 mai un nouvel accord au Pentagone lors d’une rencontre entre le secrétaire américain de la Défense Jim Mattis et le ministre angolais de la défense Joao Lourenco.

L’Angola, traditionnel allié du président Joseph Kabila, a condamné «la violence récurrente» en République démocratique du Congo tout en appelant les autorités à un « dialogue sérieux ». En décembre dernier, Luanda est même allée jusqu’à rappeler ses militaires du pays."


"Angola-Rdc : le déploiement des troupes angolaises à la frontière fait craindre un embrasement
° http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-29810.html
Officiellement, c'est pour des raisons de sécurité intérieure que l'Angola aurait déployé massivement ses forces de défense à sa frontière avec la république démocratique du Congo dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 mai 2017. « Il s'agit plus d'une prévention sécuritaire de l'intérieure » s'est même avancée une source militaire congolaise relayée par le journal belge "la Libre Belgique", qui a cru pouvoir corréler ce déploiement et les nouvelles alarmantes qui ont cours ces dernières semaines sur la santé précaire du leader angolais. Mais certains antécédents laissent craindre la montée des périls.

Si la version officielle semble d'autant plus crédible que la gigantesque mobilisation militaire angolaise s'est effectuée alors que le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu, se trouvait dans la capitale angolaise, Luanda, depuis le 19 mai pour une visite de travail, ce qui pourrait suggérer que des informations fournies par lui à ses homologues dont le ministre angolais de la défense, Joao Lourenco par annoncé comme le dauphin officiel du président Edouardo dos Santos, pourraient être à l'origine de l'envoi à la frontière de l'infanterie avec force tanks et artillerie lourde, des observateurs avertis affirment plutôt tenir de sources crédibles que c'est au contraire la manifestation prévisible d'une escalade qui a seulement été contenue jusqu'ici, l'Angola ayant longtemps compté à un certain moment sur la bonne foi du président Kabila, quant à une gestion lucide du processus de transition démocratique à laquelle il s'était engagée, avant de se rendre finalement compte que le fils du "Mzee" n'y était pas vraiment disposé.

La preuve, l'Angola qui a été l'un des ardents et fervents soutiens des régimes Kabila père et Kabila fils face à l'expansionnisme rwandais à la fin des années 1990, a critiqué ces derniers temps, la récurrence des violences en Rdc qui faisaient affluer des réfugiés congolais sur son sol, notamment à partir de la très stratégique et délicate enclave du Cabinda, où ils pourraient servir de main-d'œuvre à une rébellion en gestation parce que convaincue qu'il n'y a pas de possibilité de mise à l'écart du système MPLA par le biais d'une alternance démocratique. L'Angola avait aussi, dans le même ordre d'idée, exigé de son allié congolais la mise sur pied d'un cadre pour un « dialogue sérieux » avec son opposition. Le pays de Agostino Neto serait même allé jusqu'à retirer ses soldats dont le soutien n'avait fait défaut jusqu'ici au régime en place en Rdc.

On savait cependant quoique cela n'ait pas fait grand bruit, que le torchon brûlait entre les deux pays, depuis que la Rdc, par la voix de son ministre des Hydrocarbures, René Isekemanga Nkeka, avait évoqué une possible révision des frontières congolaises avec l'Angola, dans le but de permettre à son pays d'obtenir des ressources pétrolières plus importantes. "Inévitablement, les frontières seront retracées. Dans ce contexte, il est probable que des plateformes, des blocs qui étaient auparavant à l'intérieur d'un pays X se retrouvent dans un pays Y. Si ces frontières sont retracées, des carrés pétroliers pourraient éventuellement revenir à la RDC ", avait alors affirmé le collaborateur de Joseph Kabila, faisant allusion à l'enclave angolaise de Cabinda.
Une déclaration qui avait été assimilée par Luanda à une marque d'ingratitude."



° http://www.voiceofcongo.net/apres-la-visite-de-she-okitundu-langola-renforce-ses-troupes-a-la-frontiere-avec-la-rdc

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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 26/5/2017, 2:16 am

Que se passe-t-il exactement à notre frontière avec l’Angola ?

Des informations plutôt fiables y ont signalé la présence des troupes angolaises pendant d’ailleurs que Okitundu y effectuait une mission et au décours d’une rencontre entre les autorités angolaises et américaines où il était question de « pacification » de l’Afrique Centrale (RD Congo, Burundi, RCA) et où des ventes d’armes (et une assistance militaire) auraient été négociées dans la suite…
A noter aussi que très récemment le même Angola a retiré du Congo son assistance militaire (formateurs) sur fond d’un apparent désaccord avec sa politique sécuritaire et le successeur de Dos Santos estime que « la situation au Congo est un problème sérieux » (voir infra)…

De nouveaux bruits de botte venant de Luanda (en même que des craintes équivalentes à l’Est sont signalées en provenance du Rwanda…) que le pouvoir de Kinshasa traite des rumeurs infondées et vante nos bonnes relations avec ce voisin…
Mais pourquoi l’Angola amasserait-il son armée à notre frontière, pour se défendre seulement d’une exportation de violence en provenance du Kasai troublé ou envisagerait-il une offensive « punitive » avec la complicité des Yankees qui veulent le départ de ‘JK’ ?

Demain est un autre jour…


"Menace de l’Angola contre la RDC: “Ce sont des rumeurs” (She Okitundu)
° https://actualite.cd/2017/05/24/menace-de-langola-contre-rdc-rumeurs-she-okitundu/
Au cours d’une visite la soirée de ce mercredi 24 mai 2017 au stand d’ACTUALITE. CD à la quatrième semaine française (Kinshasa), Léonard She Okitundu, vice premier ministre chargé des affaires étrangères, confirme que les relations diplomatiques entre l’Angola et la RDC sont “parfaites”.[

«Ce sont des rumeurs que les gens racontent. Les relations diplomatiques entre l’Angola et la RDC sont parfaites et meilleures. J’y étais il y a 48 heures», a fièrement lâché le diplomate congolais.
Depuis plusieurs jours, différentes sources signalent un repositionnement des forces angolaises sur ses limites frontières avec la RDC. Certains observateurs qualifient ces mouvements de menaces contre Kinshasa."


"L’Angola et la RDC sont en bons termes, affirme Léonard She Okitundu"
° http://www.politico.cd/encontinu/2017/05/24/langola-rdc-bons-termes-affirme-leonard-she-okitundu.html


"La situation en RDC « est un problème très sérieux », estime le successeur de Dos Santos!
° http://www.politico.cd/actualite/la-une/2017/05/25/situation-rdc-probleme-tres-serieux-estime-successeur-de-santos.html
Pressenti pour succéder à Edouardo dos Santos à la tête de l’Angola, le ministre de la défense João Lourenço, également président du comité des ministres de Défense de la CIRGL, s’alarme sur la situation en RDC.

Dans un discours prononcé à la réunion du Comité des ministres de la Défense des pays de la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL), précédée d’une rencontre de l’organisation des chefs d’Etat-major généraux de l’organisation, João Lourenço, successeur désigné par le MPLA (NDLR:parti au pouvoir en Angola) au président Edouardo Dos Santos, a affirmé que son pays veut contribuer pour que la Région cesse d’être le théâtre de violences: « nous souhaitons devenir une zone de croissance, du développement économique et social, et de l’harmonie entre ses habitants« , dit-il, cité par le média angolais Angop.
João Lourenço a appelé à la coordination continue des efforts et de chercher des solutions pour éviter que le conflit en République Démocratique du Congo (RDC) affecte toute la région des Grands Lacs.

Pour le ministre angolais, la situation en République Démocratique du Congo « est un problème très sérieux”, comme en témoignent les actuels développements de violence dans les régions du Kasaï et du Kasaï Central, qui entraînent les crises  migratoires, sanitaires et humanitaires, avec des conséquences incalculables. « Outre des efforts internes entrepris par les acteurs politiques congolais, nous devons continuellement déployer sans cesse des efforts pour trouver les meilleurs voies pour la stabilisation et pacification de ce pays« ,  a-t-il suggéré."



"«Aucune menace de l’Angola contre la RDC», affirme un ministre congolais"
° https://actualite.cd/2017/05/24/aucune-menace-de-langola-contre-rdc-affirme-ministre-congolais/

"L’Angola verrouille ses frontières  avec la RDC"
° http://www.lephareonline.net/langola-verrouille-frontieres-rdc/

° https://afrique.lalibre.be/3444/rdc-langola-deploie-son-armee-sur-la-frontiere-congolaise/


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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 29/5/2017, 6:46 am


"Les USA auraient demandé à l’Angola de stabiliser la RDC : Albert MOLEKA réagit"




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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 31/5/2017, 5:33 am

"INVITÉ AFRIQUE
"G. Chikoti: au Kasaï en RDC, «la solution, c’est une entente globale entre tribus»

° http://www.rfi.fr/emission/20170529-georges-chikoti-ministre-angolais-relations-exterieures
En République démocratique du Congo, dans la province du Kasaï, les affrontements sont d'une telle violence que des dizaines de milliers de civils ont passé la frontière pour se réfugier en Angola. Combien sont-ils exactement ? Que disent-ils ? Georges Chikoti est le ministre angolais des Relations extérieures. Il vient de se rendre à la frontière de son pays, dans la province du Lunda-Nord. En ligne d'Angola, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier et s'exprime au passage sur l'état de santé et la succession annoncée du président angolais José Eduardo dos Santos.

RFI : Georges Chikoti, avez-vous une idée du nombre de Congolais en provenance de la province du Kasaï qui se sont réfugiés en Angola depuis plusieurs mois ?
Georges Chikoti
: Je suis allé là-bas la semaine dernière. Donc, on était déjà aux environs d’une trentaine de milliers de réfugiés, qui viennent particulièrement de la province du Kasaï et du Kasaï central. Ils nous disent qu’il y a beaucoup d’agressions. Et si on regarde effectivement les blessures, c’est quand même assez grave parce qu’il y a des amputations à la machette. Il y a des gens qui ont des blessures par balle, des machettes dans la tête... C’est vraiment assez grave. Il y a des femmes violées, naturellement. C’est quelque chose qu’on n’a jamais vu de ce côté-là, donc ça nous inquiète beaucoup et le nombre augmente.
Parmi ces réfugiés, y a-t-il des combattants armés du mouvement Kamuina Nsapu ?(…)"



"Sanctions de l’UE : le ministre des Affaires étrangères de l’Angola « choqué »  
° http://www.radiookapi.net/2017/05/30/actualite/politique/sanctions-de-lue-le-ministre-des-affaires-etrangeres-de-langola
Le ministre angolais des Affaires étrangères Georges Chikoti,a indiqué mardi après une rencontre avec le Président Joseph Kabila que lui, la GIRGL et l’Union  africaine sont « choqués par les sanctions  imposées par l’Union européenne à neuf personnalités congolaise.

Il estime  « qu’on ne peut pas résoudre les problèmes congolais avec le recours aux  sanctions précoces. L’UA va se réunir pour analyser et prendre une position qui irait dans le sens de soutenir la RDC et s’opposer à ces sanctions », promet Georges Chikoti.
Le Président Joseph Kabila a reçu, ce mardi 30 mai, avant de se rendre à Kananga, une délégation des représentants des Nations unies, de  la SADEC, de l’Union africaine et de la CIRGL. Ils ont échangé sur la situation sécuritaire au Kasaï, l’organisation des élections et l’application de l’accord du 3 décembre.
Saïd Djinnit, envoyé spécial su secrétaire général des Nations unies dans la région des Grands lacs affirme avoir exprimé auprès du président de  la République sa  préoccupation sur la situation sécuritaire dans le Kasaï, notamment ses dimensions humanitaires et des droits de l’homme."


Compatriotiquement!

PS


"Angola-RDC : le malaise est profond"
° http://7sur7.cd/new/2017/05/angola-rdc-le-malaise-est-profond/


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 2/6/2017, 7:37 pm

" Pourquoi cette subite agitation sécuritaire de l’Angola à la frontière congolaise ? – JJ Wondo"
° http://desc-wondo.org/fr/pourquoi-cette-subite-agitation-securitaire-de-langola-a-la-frontiere-congolaise-jj-wondo/



L’actualité en République démocratique du Congo (RDC) reste principalement dominée par les conséquences du conflit meurtrier qui sévit dans le Kasaï et ses conséquences sécuritaires et géopolitiques sur le plan régional. L’Angola est actuellement le seul pays frontalier qui subit les contrecoups de ce conflit. Le pays partage avec la RDC une frontière terrestre internationale discontinue longue de 2 511 kilomètres. En géopolitique, les mouvements migratoires deviennent des enjeux importants de la sécurité internationale. Pour le cas du conflit communément appelé Kamuina Nsapu, les flux de réfugiés vers l’Angola s’intensifient. Selon George Rebelo Pinto Chikoti, le ministre angolais des Relations extérieures, plus de 100.000 réfugiés congolais sont arrivés sur le sol angolais[1], dont au moins plusieurs centaines d’éléments militaires (FARDC) et de police congolais (PNC) ayant fui les affrontements ainsi que des présumés combattants de la milice Kamuina Nsapu. Cette situation risque d’impacter directement et indirectement la stabilité de l’Angola qui vient de prendre une série de mesures préventives, parmi lesquelles le déploiement de ses troupes le long de la frontière avec la RDC. La présente analyse tente de faire le point sur cette situation qui ne cesse de susciter des interprétations diverses dans les médias congolais et internationaux dans un double contexte de grave crise politico-sécuritaire en RDC et de probable fin de règne de Dos Santos en Angola.

Vidéo des paracommandos des Forçes Spéciales Angolaises en exercice militaire :


La sécurité, aux yeux de Buzan, est un phénomène relationnel. Étant donné que la sécurité est relationnelle, on ne peut pas comprendre la sécurité nationale d’un Etat donné sans comprendre le modèle régional et international d’interdépendance de sécurité dans lequel il est intégré. Il apparaît dès lors normal que la situation sécuritaire en RDC préoccupe ses voisins directs. Pour le cas du conflit au Kasaï, c’est l’Angola qui est le pays le plus exposé. D’autant que les estimations les plus pessimistes faites par les autorités angolaises indiquent un possible afflux d’environ 9 millions de congolais vers l’Angola, au pire des cas. Cette situation inquiète beaucoup les autorités angolaises.
La fin de la Guerre froide et le rétablissement progressif de la paix en Angola, à partir de 2002, ont positivement contribué au développement d’une politique régionale et multilatérale active de l’Angola. L’intégration de l’Angola à l’Afrique centrale et australe, du fait de sa triple appartenance à la CEEAC, à la SADC et la CIRGL, correspond, dans le champ des relations internationales, à la volonté de mobiliser les « facteurs de puissance ». Cette notion renvoie à la capacité d’un État à s’imposer comme un acteur important des relations internationales et à influencer les institutions politiques. Jusqu’en 2002, la priorité pour le gouvernement angolais était alors exclusivement « la défense de la nation », par la pacification et la sécurisation des frontières du pays. Cependant, en raison du caractère international et transfrontalier du conflit angolais, les FAA ont également, à partir de la deuxième moitié des années 1990, appliqué la doctrine de forward defense en allant intercepter des menaces au-delà de ses frontières, dans une vision non hégémonique dans un premier temps, en RDC et au Congo-Brazzaville. Bien que l’Angola entretienne des relations cordiales avec l’ensemble des pays de la sous-région, on observe, depuis la défaite militaire de l’UNITA en 2002, et à mesure que la situation sécuritaire interne de l’Angola se stabilise, des velléités d’une politique internationale et sécuritaire ambitieuse, parfois ambiguë et agressive dans son environnement géographique immédiat ou au-delà. L’Angola s’installe  donc dans la posture de puissance militaire à la fois tutélaire et encombrante pour ses voisins et partenaires, dont les deux Congo[3].

L’activisme militaire de l’Angola remonte des guerres du Shaba[4]. Il a été réactivé déjà à partir de 1994, lorsque des jeunes réfugiés congolais en Angola étaient arrêtés pour intégré les FAPLA, l’armée loyale angolaise de l’époque. Ils ont formé, avec les ex-gendarmes katangais appelés Tigres, le 24ème régiment des troupes auxiliaires des FAPLA, commandé par les généraux Delphin Mulanda et Daniel Kamboyi, auxquels appartenaient les actuels généraux FARDC Philémon Yav et Jean-Claude Yav. A cette époque,  au moment du rapprochement entre les Etats-Unis et Luanda, il leur avait été dit de se tenir prêt pour une mission au Zaïre[5]. Ceci renseigne que la guerre d’agression de la RDC en 1996-1997 a été décidée et planifiée bien avant, avec le concours des Etats de la sous-région. Et qu’aucun changement majeur ne s’est opéré en RDC sans une action décisive de l’Angola. Faut-il encore rappeler que c’est à partir de Luanda que Laurent-Désiré Kabila a rejoint Mobutu et Mandela pour la rencontre de l’Outenica le 4 mai 1997.
On se rappelle qu’entre 2007 et 2012, les troupes angolaises avaient occupé des villages congolais dans la province du Bas-Congo et dans le territoire de Kahemba et ses environs, dans la province du Bandundu. Le drapeau angolais y avait été hissé, sur fond de contestation du tracé frontalier. Le territoire de Kahemba dispose de cours d’eau dont les alluvions sont particulièrement riches en diamants.

Par ailleurs, le 13 octobre 2013, un bataillon de militaires angolais – environ 500 hommes accompagnés d’engins blindés – en provenance de l’enclave de Cabinda, avait occupé cinq localités du Congo- Brazzaville, avant de se retirer après une négociation entre les autorités des deux pays. Le 21 mai 2017, l’infanterie militaire angolaise, appuyée de tanks et d’une artillerie lourde, s’est déployée le long de la frontière ouest commune avec la RDC. Des mouvements de troupes de l’armée angolaise sont aussi signalés au nord-est de l’Angola, dans les provinces de Lunda Norte, Lunda Sul et de Moxico qui accueillent le gros des réfugiés congolais.
Ces dernières années, l’Angola confirme par les statistiques, les signes d’un essor de sa puissance militaire incontestable tant à l’échelle régionale que continentale. En effet, entre 2003 et 2014, l’Angola a plus que triplé ses dépenses de défense : de 2 milliards de dollars en 2003, elles sont passées à 6,8 milliards en 2014. En 2013, pour la première fois, il a même dépassé l’Afrique du Sud dont le budget était de 4,1 milliards de dollars. Cela représente le deuxième budget militaire le plus important du continent derrière l’Algérie dont le budget est estimé 11,9 milliards de dollars [6].

Les effectifs des Forces armées angolaises (FAA) sont actuellement de 107 000 soldats dont 100 000 pour l’armée de terre, 6 000 pour l’armée de l’air, et 1 000 hommes pour la marine. À ces effectifs, il faut ajouter 10 000 hommes de la force paramilitaire chargée de la protection présidentielle et 10 000 agents de la police de réaction rapide, responsables de la sécurité intérieure. Les FAA disposent d’environ 300 chars et une centaine d’avions de combats.
Par ailleurs, l’Angola, du fait de ses ambitions géostratégiques, développe une stratégie militaire hybride, visant d’abord la sanctuarisation de son espace territorial intérieur par l’affirmation de sa souveraineté sur son espace national pour éviter de rechuter dans la guerre civile, la protection ses ressources naturelles. Mais le pays laisse transparaître également une propension d’une « tutelle » régionale de fait sur ses voisins. Depuis deux ans, le pays joue un rôle majeur au sein de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL)[7] depuis qu’il en assure la présidence en janvier 2014.

L’Angola, le nouveau poste géostratégique avancé des Etats-Unis en Afrique centrale

C’est depuis le milieu des années 1990, à la fin de la Guerre froide que l’Angola, dans une reconversion géostratégique remarquable, est devenu un allié stratégique des Etats-Unis d’Amérique[8]. Cette reconversion géostratégiquea débuté par une normalisation progressive de ses relations avec les États-Unis, anciens soutiens de l’UNITA et du régime ségrégationniste sud-africain. En effet, c’est durant la période 1991-1992 que le MPLA renonce formellement au marxisme-léninisme au profit du libéralisme économique, tandis que les États-Unis établissent, en 1993, les relations diplomatiques uniquement avec Luanda isolant ainsi leurs anciens alliés de l’UNITA. Aujourd’hui, l’Angola est considéré par le Pentagone comme une zone d’intérêt national parce qu’il pourvoit à 8 % de l’approvisionnement en pétrole des États-Unis. Cet intérêt s’est matérialisé avec l’accord entre Luanda et Washington, signé en 2003, « qui donne à l’US Air Force le droit d’utiliser les bases aériennes angolaises pour positionner des troupes, des équipements, et pour réapprovisionner ses appareils en carburant »[9].

Notons au passage que l’’Angola est l’un des modèles des pays africains qui a pu réussir la réforme de ses services de sécurité (RSS) en période de guerre ou dans une situation fragile de post-conflit en mettant en place un système de défense efficace et performant. Cela séduit ses partenaires occidentaux au premier rang desquels les Etats-Unis d’Amérique.
Le récent séjour à Washington et au Pentagone du ministre angolais de la Défense nationale, le général à la retraite et Secrétaire général adjoint du MPLA João Manuel Gonçalves Lourenço, désigné pour succéder à Edouardo Dos Santos, s’inscrit dans cette dynamique de consolidation des relations stratégiques entre ces deux pays. La commission militaire américaine de la chambre de représentants a autorisé le Pentagone à vendre les armes à l’Angola. Les deux pays ont signé, le 17 mai 2017, un nouvel accord au Pentagone lors d’une rencontre entre le secrétaire américain de la Défense Jim Mattis et le ministre angolais de la Défense Joao Lourenco.
Mais cette visite s’inscrit également dans une stratégie globale américaine de remodelage du leadership dans la région de l’Afrique médiane où l’Angola, à travers notamment Joao Lourenço, désigné par le MPLA pour succéder au président Edurado Dos Santos. Lourenço ne cesse de s’imposer comme acteur majeur dans la gestion de la crise politique et sécuritaire qui secoue son grand voisin du Nord, la RDC. Il jouit d’une grande estime au Pentagone pour son expertise militaire et sa parfaite connaissance de la région. Il n’est pas exclu qu’il soit le futur acteur décisif de la résolution, si pas de l’épilogue de la crise congolaise qui aboutirait plus que probablement par le départ de Kabila, selon un faisceau de signaux convergents qui nous parviennent via divers sources recoupées.



Joao Lourenço, futur Président angolais, et James Mattis, le secrétaire d’Etat américain à la Défense, au Pentagone le 17  mai 2017 lors de la signature du Mémorandum d’entente entre les Etats-Unis et l’Angola. Selon J. Mattis, cet accord marque une étape décisive vers le partenariat stratégique dans le renforcement de la sécurité des deux pays.

L’Angola, sous pression par les Etats-Unis, serait-il le futur parrain de l’alternance au pouvoir en RDC ?

Selon une source diplomatique africaine, depuis la crise institutionnelle créée de toutes pièces par Joseph Kabila en fin 2016 pour se maintenir au pouvoir en sabordant le processus électoral[10], les Etats-Unis se servent de l’Angola pour peser de tout son poids afin de permettre un compromis solide entre Kabila et le Rassemblement (aile Tshisekedi). C’est alors qu’en décembre 2016, l’Angola, via des émissaires spéciaux de Dos Santos auprès d’Etienne Tshisekedi, ont rassuré ce dernier à s’inscrire dans la démarche du dialogue initié par la CENCO. Les Etats-Unis, l’Angola et l’Union européenne (particulièrement la Belgique) ont été les parrains de l’initiative du prélat catholique pour obtenir un compromis politique apaisé devant aboutir aux élections et à une alternance démocratique en décembre 2017.
En effet, les Etats-Unis, via le représentant spécial de Barack Obama dans les Grands-Lacs, Thomas Perriello, ont clairement soutenu la démarche du dialogue plus inclusif de la CENCO, au moment où Kabila venait de conclure un accord[11] avec une frange de l’opposition acquise à sa cause. C’était l’essentiel du message de la visite de Thomas Perriello auprès d’Etienne Tshisekedi, le 16 novembre 2017[12]. Perriello insistait sur le fait que l’UDPS doit convaincre le Rassemblement à adhérer à cette initiative que les Etats-Unis appuient à fond. Lors de cet échange, selon les sources internes de l’UDPS, Perriello avait fait savoir à Tshisekedi que la démarche était également soutenue par l’Angola et le Congo-Brazzaville. Ces deux pays devaient faire pression pour amener Kabila à la raison. C’était d’ailleurs la substance de ce communiqué du Département d’Etat américain du 21 novembre 2017 : « United States Supports Continued Efforts Toward a More Inclusive Agreement in the DRC »[13].

Pourquoi l’Angola ? Parce que le pays traverse depuis 2015 une grave crise du pétrole et ne sait plus payer ses dettes ni ses fonctionnaires. L’Angola vit alors de l’assistance financière du FMI, le bras financier des Etats-Unis pour importer les produits de première nécessité. En contrepartie, les Américains en profitent pour mettre la pression sur Dos Santos lui demandant d’amener Joseph Kabila à respecter la Constitution et à accepter de quitter le pouvoir en 2017 après avoir organisé les élections. Cette pression pourrait se transformer en une possible action de contrainte contre Kabila si ce dernier s’obstine à se conformer au schéma proposé et s’évertue en même temps à instaurer le chaos en RDC.
Dos Santos et Sassou, qui passent aux yeux de Kabila pour des sages ainés conseillers, ont alors mis la pression sur ce dernier, juste après le sommet des chefs d’Etats de la CIRGL et de la SADC qui s’est tenu le 27 octobre 2016 à Luanda pour relancer l’initiative de la CENCO que la famille politique de Kabila, la MP, avait tentée d’enterrer pour imposer l’accord de la cité de l’UA comme base de la période transitoire vers les élections. Kabila avait fini par céder à la pression régionale et internationale de laisser la CENCO poursuivre sa médiation? Cependant, avec une opposition déstructurée et sans stratégie en face, il finira par diviser le Rassemblement après le décès d’Etienne Tshisekedi pour imposer d’autres opposants débauchés, d’abord Samy Badibanga puis ceux de l’aile du Rassemblement conduite par Joseph Olenghankoy. Ainsi, la nomination de Bruno Tshibala et la mise en place de son gouvernement sont considérés par les parrains de l’accord de la CENCO comme un casus belli. C’est d’ailleurs la lecture politique qu’il faille également faire de la portée de nouvelles sanctions de l’UE contre certains responsables congolais parmi lesquels deux ministres importants du gouvernement de Tshibala. Ces mesures traduisent à la fois un signal de non reconnaissance de ce gouvernement par l’UE et une sanction contre la violation de l’Accord de la Saint-Sylvestre par Kabila et sa plateforme politique. Cela devrait isoler davantage le régime de Kabila sur le plan diplomatique.

Par ailleurs, à la crise politique et sécuritaire en RDC, il faut ajouter la crise migratoire des réfugiés congolais vers l’Angola. Cette conjonction de crises inquiète l’Angola. Luanda juge Joseph Kabila comme un facteur perturbateur de la stabilité sous régionale du fait de son incapacité à gérer et à contenir la sécurité en RDC. L’ampleur de l’enlisement du conflit congolais dans le Kasaï fait que les autorités angolaises craignent que leur pays soit déstabilisé dans une période politique aussi cruciale et sensible où elles se préparent à organiser les élections le 23 août 2017 qui vont tourner la page de Dos Santos. L’Angola veut que cette transition se déroule dans les conditions les plus favorables possibles.
Le conflit dans le Kasaï a pris une dimension interethnique suite à son instrumentalisation par le régime de Kabila au point que depuis quelques semaines il se répercute également auprès des tribus frères en Angola, à en croire George Chicoki sur RFI. Parmi les réfugiés congolais en Angola, se retrouvent des militaires, des policiers et des miliciens Kamiuna Nsapu. Ces combattants ont été désarmés par les autorités angolaises et mis en détention. De sources onusiennes, il y aurait des tentatives de recrutement d’éléments Kamuina Nsapu parmi les Luba d’Angola, tandis que des incidents ont été observés entre Chokwé et Pendé, d’une part contre les Luba, d’autre part, du côté de la frontière angolaise. L’analyse de la version intégrale du communiqué des autorités angolaises sur la situation dans le Kasaï a été diffusée largement par l’ambassade angolaise en RDC. La situation est décrite dans des mots très lourds et la responsabilité des autorités congolaises est pointée de manière particulièrement claire et directe par l’Angola. Ce dernier aurait menacé via des canaux diplomatiques d’agir au-delà de ses frontières, directement dans la zone de conflit si les autorités congolaises se montrent incapables de stopper ce flux migratoire.

La question des réfugiés a toujours hanté les autorités angolaises. Il ne faut pas perdre de vue que les rumeurs sur l’état de santé chancelante de Dos Santos, gravement malade, hospitalisé pendant un mois à Barcelone en Espagne jusqu’au 29 mai 2017, risque de susciter ou d’exciter des guerres des clans parmi ses successeurs possibles, officiels et officieux. Certains réfractaires pourraient soit aller puiser dans le réservoir des réfugiés congolais en Angola ou se coaliser avec Joseph Kabila et ses alliés de l’est dans une stratégie de combattre Joao Lourenço qui adopte la ligne dure anti Kabila. Cela avec le risque de plonger l’Angola, mais aussi la sous-région, à ses années sombres de guerre civile et rébellions du siècle dernier.
Parmi les prétendants potentiels qui pourraient nourrir des ambitions légitimes de succession à Dos Santos, des sources expertes en Angola citent l’ancien Vice-président de l’Angola et ancien Premier-ministre et Président de l’Assemblée nationale, Fernando da Piedado Dias dos Santos dit Nando (n’ayant aucun lien de parenté avec l’actuel président). Les mêmes sources mentionnent également le nom de Marcolino Moco, l’Ancien Premier ministre et Secrétaire général du MPLA. Il a publiquement dénoncé les pratiques néopatrimonialistes du parti et appelé au départ à la retraite de Dos Santos. Mais il y a aussi deux hauts gradés militaires qui pourraient se mettre en embuscade: Les généraux d’armée Hélder Vieira Dias dit Kopelipa, le chef de la maison militaire du président Dos Santos, qui entretient de bonnes relations avec les autorités militaires congolaises et Gerald Sachipengo Nunda, l’ex-commandant de l’UNITA et actuel chef d’état-major général des FAA, qui a réussi une remarquable intégration politique et militaire au sein de l’armée angolaise après le brassage de 2002.

Les relations entre l’Angola et le régime de Kabila se sont détériorées depuis plus d’un an, notamment sur la gestion de la ZIC (zone pétrolière d’intérêts communs) dont Kinshasa aurait privilégié des acteurs non favorables à l’Angola. Il y a aussi des informations faisant état d’un possible rapprochement entre Moïse Katumbi – le G7 et l’Angola par l’entremise de l’amitié entre Olivier Kamitatu et Sindika Dokolo, le mari d’Isabel Dos Santos. Sindika Dokolo ne cesse de s’illustrer ces derniers temps par des tweets hostiles au régime de Kabila. En outre, Dos Santos avait ordonné à Kabila de tout faire pour permettre une alternance au pouvoir au 31 décembre 2017.
Après les événements des 19 et 20 décembre derniers en RDC, lorsque l’armée et la police congolaise ont violemment réprimé les manifestants hostiles au glissement de Kabila, l’armée angolaise avait décidé de retirer ses militaires de la RDC en signe de protestation. Même s’il s’agit d’un retrait peu significatif en termes d’effectifs. La présence militaire angolaise en RDC se limitait à un dispositif de 150 officiers et sous-officiers instructeurs angolais à Kitona auxquels s’ajoutent 70 officiers et sous-officiers instructeurs de la police angolaise à Kasangulu et les officiers de liaisons à l’EMG des FARDC. Il s’agissait d’un total de 300 hommes au maximum, mains la symbolique diplomatique n’en valait pas moins. En outre, les deux derniers passages à Luanda de Léonard She Okitundu, ministre congolais des Affaires étrangères, pour tenter d’amadouer l’Angola, ont vite tourné à une humiliation[14]. On parle d’une sérieuse remontrance des autorités angolaises qui l’ont obligé d’aller visiter les sites des réfugiés congolais en Angola pour mesurer l’ampleur de la situation.

Par ailleurs, il ne faut pas surtout perdre de vue que c’est l’Angola, dont l’armée avait sauvé le régime de Laurent-Désiré Kabila menacé dans le Bas-Congo par l’armée rwandaise en 1998 et qui a assuré la sécurité de Kabila lors de son accession au pouvoir en 2001. Il en est de même lors de l’affrontement entre la garde républicaine, alors GSSP, contre les éléments de la protection militaire de Jean-Pierre Bemba, les DPP, en mars 2007, dont plusieurs éléments redoutables viennent de s’évader de la prison de Makala récemment, en plus de la formation des unités d’élite de l’armée (l’ex-GSSP devenue garde républicaine) et l’ex-PIR (Police de réaction rapide), peut être amené à vite agir en RDC dans les mois à venir. A cet effet, Dos Santos a réuni un conseil des ministres extraordinaire en urgence à Barcelone au cours de laquelle la crise congolaise a été au centre de l’agenda. Il a donné des instructions claires sur la crise en RDC. Certains analystes proches de Luanda estiment que si la situation n’évolue pas assez vite, l’Angola pourrait prendre des mesures fortes à l’encontre de la RDC avant la tenue de ses élections en aout 2017. Notons qu’en plus du déploiement des troupes blindées le long de la frontière congolaise, des observateurs indiquent aussi des exercices de patrouille aériens par les avions de combat Sukhoi-30K de la flotte militaire aérienne angolaise[15].

C’est cela d’ailleurs qui justifie les patrouilles militaires impressionnantes dans les rues de Kinshasa ces derniers jours, d’autant que parmi les évadés, outre les éléments de la DPP[16] de Jean-Pierre Bemba, il y a des éléments commandos du major Eric Lenge et les combattants Enyeles, jugés très dangereux contre le régime de Kabila car pouvant s’allier avec le MPC (Mouvement du Pouvoir Coutumier) Kamuina Nsapu pour mener des attaques de grande envergure contre le régime de Kabila. D’autant que l’attaque de la prison de Makala s’est déroulée avec des armes lourdes que ne possèdent pas les adeptes de Bundu dia Kongo.
L’invitation de l’Angola à la réunion du groupe de contact sur la FRDC qui s’est tenu à Washington, une première, est un signe fort qui montre que l’on s’acheminerait plus que probablement vers une solution non politique en RDC, à force pour le régime de Kabila de bloquer les possibilités de résolution pacifique de la crise congolaise. Selon un analyste diplomatique européen, même si le président Trump tarde à mettre en place sa politique et son équipe africaines, les personnes qui gèrent actuellement le dossier africain seraient plutôt de la ligne dure contre le régime de Kabila. Elles seraient déjà à l’œuvre pour activer la diplomatie silencieuse afin de nouer de nouvelles alliances sur le continent africain. C’est dans cette logique qu’il faudrait interpréter le rôle que pourrait jouer l’Angola dans la région. Selon un spécialiste en géopolitique africain, les Etats-Unis viennent de dépêcher leurs conseillers militaires de l’Africom à Luanda.

A en croire le communiqué du ministère angolais des Relations extérieures, relayé par l’agence de presse nationale ANGOP : La Réunion du Groupe international de contact tenu à Washington a été essentiellement consacrée à l’analyse et évaluation de la situation politique et sécuritaire en RDC et au Burundi. Les participants ont discuté essentiellement de la position que la Communauté internationale devrait prendre pour travailler avec un gouvernement postélectoral en RDC sur la gouvernance politique, économique et de sécurité. Cette réunion qualifiée de hautement stratégique a connu la présence de hauts responsables et stratèges du Pentagone qui accompagnaient le secrétaire à la Défense James Mattis, ainsi que la participation des envoyés spéciaux pour les Grands Lacs des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de l’Allemagne et de la Belgique. Des délégués des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark, des Nations unies, de l’Union européenne, de l’Union africaine et de l’Organisation internationale de la Francophonie étaient également associés à cette réunion.
Les sources diplomatiques renseignent un large consensus diplomatique international, pas seulement occidental mais aussi africain, qui s’est dégagé sur le dossier de la RDC. Ce consensus s’en tient au strict respect et à la mise en œuvre scrupuleuse de l’accord de la Saint-Sylvestre et de la résolution 2348 par le régime de Kabila. Des initiatives diplomatiques en ce sens sont actuellement entreprises pour le faire savoir à Joseph Kabila, en plus des sanctions ciblées sur ses collaborateurs. L’UE vient d’en donner l’exemple. Les Etats-Unis lui ont emboîté le pas en sanctionnant le général d’armée François Olenga Tete, le puissant chef de la maison militaire de Kabila, le chef des FSB russes dans les Grands-Lacs. Olenga gère le portefeuille de la défense, particulièrement tous les achats militaires des FARDC auprès des ex-pays communistes. La Garde républicaine (GR), responsable des principaux actes de répression brutale des manifestants, est placée sous son autorité fonctionnelle. La GR échappe à tout contrôle étatique du ministère de la Défense, mais aussi au contrôle parlementaire. Elle évolue en toute impunité, comme une milice autonome et privée de Kabila[17]
.
Conclusion

Face au sceptre de blocage politique qui persiste en RDC, nous risquons de voir s’appliquer ma thèse préférée : La guerre au Congo, ou l’action impliquant une donne militaire, risque hélas une fois de plus d’être la continuation de la politique par d’autres moyens. D’ailleurs, c’est de cette manière que les alternances au pouvoir se font en RDC depuis 1960. Cette tradition tragique risque probablement d’être respectée ! Ces deux dernières décennies, l’Angola a toujours été un acteur décisif des grands événements en RDC. Les grandes puissances risquent de ne pas changer le mode opératoire qui a fait ses preuves en RDC.
Jean-Jacques Wondo Omanyundu / Exclusivité DESC

Références

[1] http://www.rfi.fr/emission/20170529-georges-chikoti-ministre-angolais-relations-exterieures.
[2] En géopolitique ou en relations internationales, la notion de complexe régional de sécurité, forgée par Barry Buzan, dans son ouvrage, People, States and Fear, « considère la région comme une entité territorialement cohérente, composée de groupes d’États partageant des frontières communes ». Les interactions sécuritaires, au sein des unités régionales, « peuvent être soit conflictuelles, à travers la sécuritisation, c’est-à-dire la représentation de menaces existentielles donnant lieu à des politiques de défense ou d’hostilité, militaires ou non ; soit coopératives, à travers la construction de communautés de sécurité et de politiques communes de ‘désécuritisation’, grâce à une normalisation des rapports ». Dans son analyse de la sécurité régionale et de la façon dont elle affecte le concept de sécurité dans son ensemble, Buzan Offre plusieurs concepts intéressants et importants.

La première est celle de «l’amitié et l’inimitié entre les États», c’est-à-dire les relations entre les États qui peuvent représenter un spectre de l’amitié ou des alliances à celles marquées par la peur. Selon Buzan, les concepts d’amitié et d’inimitié ne peuvent être attribués uniquement à l’équilibre du pouvoir. Les problèmes qui peuvent affecter ces sentiments vont de choses telles que l’idéologie, le territoire, les lignes ethniques et les précédents historiques. Il est important de comprendre que le concept d’amitié / inimitié aboutit à l’idée de ce que Buzan qualifie de «complexe de sécurité» qui est «un groupe d’États dont les principales questions de sécurité se rattachent suffisamment étroitement pour que leurs titres nationaux ne puissent être considérés de manière réelle séparés Les uns par rapport aux autres ».
[3] Luntumbue & Wondo, « La posture régionale de l’Angola : entre politique d’influence et affirmation de puissance », GRIP, Bruxelles, 3 juin 2015 http://www.grip.org/fr/node/1760#sthash.QrI9Usk6.dpuf.
[4] JJ WONDO O, Les Armées au Congo Kinshasa. Radioscopie de la Force publique aux FARDC, 2013, p.81 et suivants.
[5] Entretien avec un ancien soldat congolais du 24ème régiment des troupes auxiliaires des FAPLA.

[6] Ibid.
[7] La CIRGL a été organisée suite aux nombreux conflits politiques qui ont marqué la Région des Grands Lacs. Sa création résulte de la reconnaissance de la dimension régionale de ces conflits et de la nécessité d’un effort concerté en vue de promouvoir la paix et le développement durable dans la région. La CIRGL comprend 12 Etats membres, qui sont l’Angola, le Burundi, la RCA, la République du Congo, la RDC, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, la République du Sud Soudan, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie.
[8] Luntumbue & Wondo, op. cit.
[9] Ibid.
[10] Lire à ce propos les analyses publiées sur DESC par le senior expert électoral Alain Lomandja. Ce dernier a démontré dans plusieurs articles, bien documentés et étayés, comment le régime de Kabila a fait de la subordination politique de la CENI aux calculs politiciens de la Majorité présidentielle, l’enjeu de sa stratégie du glissement.
[11] Il s’agit de l’accord dit de la cité de l’OUA, obtenu en octobre 2016.

[12] http://7sur7.cd/new/2016/11/envoye-special-dobama-pour-la-region-des-grands-lacs-thomas-perriello-consulte-de-nouveau-tshisekedi/.
[13] https://2009-2017.state.gov/r/pa/prs/ps/2016/11/264489.htm.
[14] JJ Wondo, DESC- Telegraph : vers un isolement diplomatique total du régime de Kabila ? – 21 avril 2017. http://desc-wondo.org/fr/desc-telegraph-vers-un-isolement-diplomatique-generalise-du-regime-de-kabila/.
[15] JJ Wondo in L’Angola modernise son matériel militaire pour un milliard de dollars : https://desc-wondo.org/fr/langola-modernise-son-materiel-militaire-pour-un-milliard-de-dollars/ et Guerre imminente dans les Grands-Lacs ? – Une inquiétante course aux armements dans la région : https://desc-wondo.org/fr/guerre-imminente-dans-les-grands-lacs-une-inquietante-course-aux-armements-dans-la-region-jj-wondo/.

[16] Division de Protection Présidentielle, l’ancienne garde de protection de Jean-Pierre Bemba.
[17]  JJ Wondo, La Garde républicaine  (GR) : une épée de Damoclès sur l’alternance démocratique en RDC – 16 décembre 2016. http://desc-wondo.org/fr/la-garde-republicaine-une-epee-de-damocles-sur-lalternance-democratique-en-rdc-jj-wondo/.


Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: L’Angola: nouveau « gendarme » américain dans les Grands Lacs?

Message  ndonzwau le 12/6/2017, 1:55 am

"Eduardo dos Santos limoge l’ambassadeur angolais basé à Kinshasa
° https://actualite.cd/2017/06/09/eduardo-santos-limoge-lambassadeur-angolais-base-a-kinshasa/
Emílio José de Carvalho Guerra, ambassadeur angolais en République Démocratique du Congo, a été démis de ses fonctions, ce jeudi 8 juin 2017, par José Eduardo dos Santos, chef d’Etat angolais. D’après un communiqué de la présidence angolaise, le nouvel ambassadeur se nomme José João Manuel. Aucune raison n’a été communiquée pour justifier cette décision.
Ce changement intervient alors que l’Angola accueille au moins 30.000 réfugiés congolais ayant fui les violences dans les Kasaï, au centre de la RDC."


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# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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