LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON: « parlez pour les prisonniers politiques de la R.D.Congo, car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain » /CFPP-RDC

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LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON: « parlez pour les prisonniers politiques de la R.D.Congo, car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain » /CFPP-RDC

Message  KOTA le 7/6/2018, 8:03 pm

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON: « parlez pour les prisonniers politiques de la R.D.Congo, car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain »



Excellence Monsieur le Président de la République Française,

 
A l’occasion de votre dernier discours du 19 septembre 2017 à l’Assemblée Générale de l’ONU, vous aviez rappelé le devoir de la France de « parler pour ceux qu’on n’entend pas », car « parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain ». Vous y aviez aussi souligné la nécessité de « protéger la liberté de ceux qui pensent, réfléchissent» ayant un rôle important, surtout dans des sociétés où les droits civils et politiques sont réprimés.
Dès votre arrivée à l’Élysée, vous avez démontré une volonté de dire les choses sans complaisance, ce qui fût remarqué et salué, à de multiples occasions, aussi bien en France qu’ailleurs.
Les relations avec République Démocratique du Congo étant un des sujets préoccupants sur l’agenda géopolitique de votre pays, nous respectons vos efforts pour faire passer un message fort à  Kinshasa, à la hauteur des graves enjeux   de cette période de crise politique, institutionnelle et sécuritaire qui frappe la RDC, à cause de la volonté du président hors mandat, Joseph Kabila, de torpiller le processus électoral pour confisquer le pouvoir au Congo-Kinshasa.
A l’occasion de votre rencontre à l’Elysée, le 29 mai 2018, avec le Président angolais João Lourenço en visite officielle en France, la conférence de presse conjointe tenue avec votre hôte, a attiré l’ attention de l’opinion publique internationale sur le sort des prisonniers politiques détenus actuellement en prison par le régime Kabila, parmi lesquels le Président de la Démocratie Chrétienne, l’opposant Eugène Diomi Ndongala,  l’opposant Jean-Claude Muyambo, président de la Scode et tant d’autres encore. La volonté de M. Kabila de continuer a rétrécir l’espace politique en RDC ayant des conséquences fortes au-delà des frontières congolaises, le sort des prisonniers politiques détenus en prison par le pouvoir du président hors mandat Joseph Kabila dépend aujourd’hui pour beaucoup de notre capacité à tenir un discours exigeant et sans complaisance sur les questions de violation des droits de l’homme en République Démocratique du Congo.
Comme vous avez si bien souligné, au cours de votre conférence de presse conjointe avec le président angolais João Lourenço, Joseph Kabila doit respecter l’Accord politique de la Saint Sylvestre qui, à son chapitre 5 dédié à la décrispation politique, a prévu la libération des prisonniers politiques emblématiques dont les noms d’Eugène Diomi Ndongala et Jean-Claude Muyambo sont explicitement cités, comme ceux des congolais forcés à l’exil. Force est de constater qu’après deux ans dès la signature de cet Accord fondamental pour le lancement d’un processus électoral crédible en RDC,ces figures importantes de l’opposition politique congolaise demeurent injustement embastillées.
Vous aviez formulé le souhait d’incarner une vision nouvelle pour une « moralisation » de la vie politique française. Nous espérons vous voir aussi élargir ce vœu de « moralisation » à la politique internationale, mettant la défense des droits humains au  centre des échanges et négociations politiques internationales, surtout avec l’Afrique.
Au mois de juin 2018, près de 86 citoyens congolais sont détenus pour des motifs politiques, selon le dernier rapport du secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Il s’agit  de personnes  d’opinions politiques différentes. Parmi eux il y a des opposants, des activistes, des intellectuels, et des étudiants. La plupart d’entre eux prennent une part active dans la vie sociale et politique et essayent d’expriment ouvertement leur position, d’autres sont seulement coupables d’avoir participé à des manifestations pacifiques, dont les dernières parrainées par l’Eglise Catholique pour demander l’application intégrale de l’Accord politique de la Saint Sylvestre.
Ces personnes sont, en fait, des otages politiques. Et les procès engagés contre eux sont des montages utilisés par le régime kabiliste principalement afin de continuer à réprimer l’opposition politique et la société civile. Pendant tout ce temps, les citoyens congolais emprisonnés en RDC sont privés de leur liberté et de leur droit à un procès équitable, sont soumis à la torture et aux pressions, vivent dans des conditions inacceptables d’emprisonnement, perdent leur santé physique et sont séparés de leurs familles et enfants. Les visites sont filtrées et ils ne reçoivent pas de soins médicaux appropriés dans les mouroirs congolais qu’on appelle pudiquement « prisons ».
Espérant qu’en prenant connaissance de ces violations flagrantes des droits de l’homme, vous seriez sans doute touché par leurs histoires. 
Dans la dernière résolution de fin  2017, le Parlement Européen a encore une fois évoqué le problème des «prisonniers politiques ». Comme nous l’avions déjà mentionné, les traitements des prisonniers politiques en RDC sont juste impensable: certains sont placés  à l’hôpital sans recevoir les soins appropriés à leurs cas, d’autres sont traités avec brutalité, victimes des tortures inhumaines dans les cachots de services de sécurité. D’autres sont emprisonnés sans être jugés depuis des années (Norbert Luyeye).
Nous ne pouvons pas rester silencieux face à la réalité scandaleuses des  prisonniers politiques détenus en RDC. L’autisme et l’autoritarisme du pouvoir congolais mettant leur vie en danger. Eugène Diomi Ndongala (qui a gagné un procès international 2465/2014 contre la RDC auprès de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, exigeant sa libération immédiate), Jean-Claude Muyambo, Gerard Mulumba et Frank Diongo, étant tous gravement malades, nous espérons que vous allez TOUT FAIRE pour obtenir leur libération, ainsi que celle des autres prisonniers politiques.
Nous, en notre qualité de membres de familles,  attendons et nous espérons, Monsieur le Président, que vous allez prendre des mesures urgentes dans le but d’obtenir de la République Démocratique du Congo la libération des prisonniers politiques, en agissant en tant que médiateur, conjointement avec  l’Union Européenne, la SADC, les USA et l’ONU,  dans la question de leur libération, car il nous faut à tout prix sauver Eugène Diomi Ndongala, Gerard Mulumba et  libérer  tous les autres prisonniers du régime Kabila, dont les amnistiés depuis 2014 et toujours privés de  liberté ( Eric Kikunda et Firmin Yangambi, pour ne citer que les derniers civils condamnés à des lourdes peines).
Nous exprimons le vœu, Monsieur le Président de la République Française, que vous puissiez faire entendre la raison au président hors mandat Joseph Kabila pour qu’ils laisse enfin sortir, des prisons-mouroirs congolaises, tous les opposants et dissidents actuellement enfermés dans les geôles de Kinshasa.
Au nom de la France, pays de la Liberté, des Droits de l’Homme et des Lumières, nous vous demandons de faire  le maximum, l’impossible, Monsieur le Président, afin de libérer nos otages; merci de porter leur voix, porter leurs espoirs, en parlant « pour ceux qu’on n’entend pas », car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, pour nos maris, frères, fils injustement privés de liberté ».

Comité des Familles des Prisonniers Politiques de la RDC,
CFPP-RDC.COM
FAMILLE DIOMI,
FAMILLE MUYAMBO
FAMILLE KIKUNDA,
FAMILLE YANGAMBI,
FAMILLE MULUMBA,
FAMILLE SAMBA,
FAMILLE KAZAMBA,
FAMILLE KULE
FAMILLE GEREMBAYA,
FAMILLE RAMAZANI,
FAMILLE GUNDE,
FAMILLE BGEBAZA,
FAMILLE AHOMBIAWE,
FAMILLE BUGA LONDE,
FAMILLE BOMBOKO,
FAMILLE GINALI,
FAMILLE KAWAYA,
FAMILLE KOPANI,
FAMILLE MATUNGU,
FAMILLE KELEGA,
FAMILLE IKONZONI,
FAMILLE BAYADA,
FAMILLE AGBIA,
FAMILLE EWATA,
FAMILLE POPIKE BATA,
FAMILLE BAPELA,
FAMILLE BITUMBA,
FAMILLE MAKAMBO,
FAMILLE MVUMBI,
FAMILLE CHALWE,
FAMILLE KABAMBA KALONGO,
FAMILLE NDOL TSHAMUNDJ,
FAMILLE MWASHILA,
FAMILLE NTAMBWE,
FAMILLE DELLA,
FAMILLE KIBINGA MUTEBA,
FAMILLE MUTETU
FAMILLE LUYEYE,
 https://cfpp-rdc.com/2018/06/07/lettre-ouverte-au-president-emmanuel-macron-parlez-pour-les-prisonniers-politiques-de-la-r-d-congo-car-parler-pour-eux-cest-aussi-parler-pour-nous-aujourdhui-ou-demain/

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Re: LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT EMMANUEL MACRON: « parlez pour les prisonniers politiques de la R.D.Congo, car parler pour eux, c’est aussi parler pour nous, aujourd’hui ou demain » /CFPP-RDC

Message  KOTA le 9/6/2018, 3:16 pm

Décrispation : Les familles des prisonniers politiques en RDC écrivent à Emmanuel Macron /LA TEMPETE DES TROPIQUES



Dans une lettre datée du 7 juin 2018, les familles des prisonniers politiques de la République démocratique du Congo saisissent le président français, Emmanuel Macron, pour plaider en faveur de leurs proches, détenus en prison pour des raisons politiques. Ce, à travers l’Union africaine, la Ceeac, la Sadc et d’autres organisations régionales africaines.
« A l’occasion de votre rencontre à l’Elysée, le 29 mai 2018, avec le président angolais Joao Lourenço, en visite officielle en France, la conférence de presse conjointe tenue avec votre hôte, a attiré l’attention de l’opinion publique internationale sur le sort des prisonniers politiques détenus actuellement en prison par le régime Kabila, parmi lesquels le président de la Démocratie chrétienne, l’opposant Eugène Diomi Ndongala, l’opposant Jean-Claude Muyambo et tant d’autres encore.

La volonté de Kabila de continuer à rétrécir l’espace politique en RDC ayant des conséquences fortes au-delà des frontières congolaises, le sort des prisonniers politiques dépend aujourd’hui, pour beaucoup, de notre capacité à tenir des discours exigeants et sans complaisance sur les questions de violation des droits de l’homme en République démocratique du Congo », écrit-on.


Les familles des prisonniers politiques de la RDC rappellent à Macron ses propres propos tenus lors de cette conférence de presse, que « Joseph Kabila doit respecter l’Accord politique de la Saint Sylvestre » qui a prévu, dans son chapitre V, la libération des prisonniers politiques emblématiques dont les noms d’Eugène Diomi Ndongala et Jean-Claude Muyambo sont explicitement cités, comme ceux des Congolais forcés à l’exil.
« Force est de constater qu’après deux ans de la signature de cet accord fondamental pour le lancement d’un processus électoral crédible en RDC, ces figures importantes de l’opposition politique congolaise demeurent injustement embastillées ». Les familles des prisonniers politiques de la RDC demandent à Macron de faire le maximum, « l’impossible », afin de faire libérer ces « otages ».
[size]
Par LM
http://www.latempete.info/decrispation-les-familles-des-prisonniers-politiques-en-rdc-ecrivent-a-emmanuel-macron/[/size]

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