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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

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Message  ndonzwau 20/11/2021, 2:32 am

Des organes de presse comme Mediapart, RFI... et des plateformes associatives comme The Sentry, PPLAAF, GEC... ont mis au jour une fuite massive des documents financiers qui révèlent un siphonage organisé par l'ancien Président du Congo 'JK'et son clan des caisses de l'Etat d'au moins au moins 138 millions de dollars de 2013 à 2018 - en vérité le passif de 'JK' avec son clan au Congo évoqué ici ne concerne qu'un volet de détournements sur 5 ans, le compte complet sur ses 18 ans de règne se chiffre à beaucoup beaucoup plus, à des milliards comme d'autres enquêtes, telle celle de Bloomberg, l'avaient évalué - avec la complicité d'une banque, la BGFI/RDC quasiment privatisée par eux à partir des ponctions sur la Banque centrale et via des sociétés écrans comme Sud Oil. Les révélations qui ont commencé aujourd'hui vont se poursuivre...

La Cellule de Communication de 'JK' a réagi par un communiqué de presse via sa Chargée de Communication Barbara Nzimbi dénonçant des accusations infondées sur la personne de l'ancien président qui a permis une historique alternance du pouvoir et un archanement injustifié des puissances occultes qui n'ont pas digéré ses choix courageux de souveraineté en matière électorale et minière à la tête du pays. Attendons les suites de ces révélations notamment du pouvoir en place et osons espérer pourquoi pas qu'il y'aura un jour des suites judiciaires complètes contre les coupables !



"Congo Hold-up: comment l’ONG The Sentry a pu tracer l’argent des Kabilas - 19/11/2021

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
Congo Hold-up, une enquête de 19 médias et cinq ONG. :copyright: RFI

Congo Hold-up. C’est le nom d’une nouvelle enquête collaborative explosive qui documente d’importants détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. Une enquête qui démontre comment la famille Kabila a « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité d'une banque, la BGFI RDC, dont Francis Selemani - le frère de l’ancien président - était le directeur général. Michelle Kendler-Kretsch, chercheuse pour l’ONG The Sentry, a collaboré à l’enquête.

Michelle Kendler-Kretsch : Avec les documents en notre possession, nous avons pu suivre l’argent. Initialement nous nous intéressions à une société en particulier, Sud Oil, détenue par la femme de Francis Selemani, le frère du président Joseph Kabila. Cette société privée avait reçu 85 millions de dollars de l’État congolais. Et nous n’arrivions pas à trouver de justification, de contrat, pour expliquer le transfert d’une telle somme. L’argent partait ensuite vers de nombreuses d’entreprises – toutes contrôlées  par Francis Selemani et la famille Kabila – et enfin quittait le pays. C’est là que nous avons pu voir  - qu’à travers cette multitude de sociétés qu’il contrôle – Francis Selemani avait acheté de nombreuses propriétés privées pour un montant total de 6,6 millions de dollars. 
RFI : Quand est que cela a commencé ?
Michelle Kendler-Kretsch
 : Les premiers achats ont eu lieu en 2015, une résidence aux États-Unis et plusieurs maisons en Afrique du Sud. En 2015, 2016, 2017. Mais c’est vraiment en 2018, où les dépenses se sont intensifiées. Cela correspond à l’époque où l'on demande à Selemani de quitter la direction de la banque BGFI RDC ; et où la présidence de son frère Joseph Kabila touche à sa fin. Il y a énormément de pression sur la famille et les dépenses se multiplient :  il achète trois maisons aux États-Unis, chacune d’une valeur d’environ 1 million de dollars. Au total, il acquiert 17 propriétés entre 2015 et  2018. Habituellement, il s’agit de quelques très grosses propriétés ici et là. Mais dans ce cas, il a acheté plusieurs résidences d’une valeur moins importante, ce qui lui a permis de ne pas être détecté. Mais cela représente tout de même des millions de dollars.
Concrètement, comment ces opérations s’effectuaient ?
Le plus intéressant, c’est que non seulement lui et sa famille détenaient de nombreuses sociétés, à partir desquelles ils pouvaient faire transiter l’argent, mais la famille Kabila contrôle une banque. Et cela leur a permis de faire transiter ces fonds par cette banque, la BGFI RDC, sans avoir à s’expliquer, avant de l’envoyer vers une multitude de sociétés. Ils ont multiplié les transferts d’argent ce qui a rendu le suivi difficile. Puis, l’argent était transféré à l’étranger.  Et c’est là que cela devient intéressant, car on quitte la sphère congolaise pour toucher la finance internationale.

Et comment est-ce possible, n’y a-t-il pas de contrôle au niveau des banques internationales ?
Absolument, et c’est là que nous avons suggéré à ces banques qui ont été impliquées de regarder de plus près ces transactions. Quand une banque reçoit d’importants fonds d’une personne aussi proche du pouvoir – il y a des risques accrus de corruption  - et cette banque devrait redoubler d’efforts pour contrôler d’où proviennent ces fonds. Dans la plupart, il n’y a eu aucune question soulevée sur l’origine de ces sommes : est-ce qu’elles étaient légitimes, est-ce qu’il y avait des contrats pour justifier ces transactions ? Ce système a permis de sortir des millions de dollars de la RDC vers l’étranger, sans aucun contrôle de la part des banques internationales.]
Et ces fonds publics, d’où venaient-ils ?
Pour ce qui est des sommes qui ont servi, selon nous, à acheter de l’immobilier, il y a un cas où l’argent est venu de la Banque centrale – donc de l’argent qui aurait dû servir à des projets du gouvernement, mais certainement pas des entreprises privées. Et une autre parti de cet argent qui provenait de la mission des Nations unies en RDC. Plus généralement, quand on regarde d’où vient l’argent, il provient d'entreprise minière publique, de la Commission électorale, et de différentes entreprises de l’État. Et tout cet argent est siphonné par la famille Kabila. Il s’agit de sommes énormes par rapport au salaire moyen d’un Congolais.


"Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique - 19/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-la-plus-importante-fuite-de-documents-bancaires-d-afrique

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
L'ancien président congolais, Joseph Kabila. :copyright: RFI

Congo Hold-up. C’est le nom d’une nouvelle enquête collaborative explosive qui documente d’importants détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. Parmi les principaux responsables présumés figurent l’ancien président Joseph Kabila et son premier cercle. Fruit du travail de 19 médias partenaires associés au consortium européen EIC et de cinq ONG spécialisées, elle est basée sur l’analyse de millions de documents bancaires et transactions qui ont fuité d’une banque africaine : la BGFI.

Forte de 3,5 millions de documents bancaires et davantage encore de transactions, l’enquête Congo Hold-up se nourrit de ce qui est, à ce jour, la plus importante fuite en provenance du continent africain. Elle révèle comment une banque commerciale, la BGFI, a été utilisée pour piller des fonds publics et des ressources naturelles de la République démocratique du Congo (RDC).
Elle révèle, pour la première fois, les noms de ceux qui auraient participé de façon massive à ce détournement des richesses d’un pays parmi les pauvres au monde. En RDC, aujourd’hui, plus de 70% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.[/size]
► À lire aussi : Congo Hold-up : Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila

Une « kleptocratie » autour de Joseph Kabila

Congo Hold-up pointe, parmi les principaux responsables présumés de ces détournements, des membres de la famille de l’ancien président Joseph Kabila (2001-2013) et certains de ses associés les plus proches. Entre 2013 et 2018, ils ont pu mettre la main, avec la complicité de la BGFI, sur au moins 138 millions de dollars des caisses de l’État. C’est l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC.
On découvre également que plus de 100 millions de dollars supplémentaires ont été crédités sur les comptes des membres du premier cercle de l’ancien chef d’État sans que l’origine de ces fonds ait pu être déterminée. Trente-trois millions de dollars ont été déposés en liquide, et 72 millions proviennent du compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo (BCC).

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Siège de la BGFIBank à Kinshasa.:copyright: PPLAAF

La BGFIBank RDC est considérée comme la banque des Kabila. En 2010, à l’ouverture de cette filiale d’une grande banque africaine, la petite sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, se voit offrir 40% des parts. En 2013, c’est le frère adoptif de celui qui est alors président, Francis Selemani Mtwale, qui prend les rênes de la banque. Il devient directeur général et les détournements s’intensifient.
L'histoire du groupe BGFI est marquée par des scandales de corruption et de blanchiment d’argent impliquant des autocrates africains et des entreprises européennes. Cette banque, au passé sulfureux lié à l’affaire des « biens mal acquis », a déjà été épinglée à la suite des fuites de documents dont la plus importante jusqu’ici était en 2016 les « Lumumba Papers ». On la doit à Jean-Jacques Lumumba, cadre de la BGFIBank RDC et petit-neveu du héros de l’indépendance congolaise, Patrice Emery Lumumba.
« Congo Hold-up, c’est la fuite la plus importante de documents sensibles du continent africain », explique Henri Thulliez, directeur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) qui a obtenu ces documents avec le site d’information français Mediapart. « L’enquête expose dans le détail les ruses utilisées par une banque et ses clients pour tenter de dissimuler une corruption systémique. Ces transactions bancaires, emails, dossiers d’entreprises, constituent le véritable mode d’emploi d’une kleptocratie. »

Des millions de documents et transactions pour preuves

Avec plus de 3,5 millions de documents internes de la BGFI, ainsi que des millions de transactions couvrant une période d'environ dix ans, Congo Hold-up offre une plongée sans précédent dans une « kleptocratie » qui prospère en RDC et dont les ramifications s’étendent sur les cinq continents.
De comptes bancaires en virements, cette enquête nous permet (parfois) de suivre cette fuite de capitaux publics ou de fonds douteux vers certaines sociétés ou jusqu’aux poches de plusieurs individus. Elle montre aussi que des centaines de millions de dollars disparaissent en liquide et sur les comptes des sociétés écrans, basées dans des paradis fiscaux et dans des places financières opaques.
Ces millions de documents internes permettent de donner du sens à des transactions dont l’objet est souvent de cacher l’origine de ces flux financiers. Ils attestent des différentes techniques employées pour blanchir ces fonds et nous les décrirons dans les prochaines semaines : prête-noms, faux libellés, factures douteuses, swift falsifiés, opérations de change couvrant des détournements, pratiques de type Hawala. Leur analyse a été complétée de nombreux témoignages et un intense travail sur le terrain qui a commencé, pour certains des partenaires, il y a plus d’une dizaine d’années. C’est le croisement de toutes ces données qui a permis, aujourd’hui, de mettre en lumière tous ces mécanismes et d’identifier nominativement ceux qui les ont mis en œuvre.

L’histoire de Congo Hold-up n’est pas qu’une histoire congolaise. La BGFIBank RDC a attiré tous ceux qui cherchaient à influencer le président de l'époque et notamment les entreprises d'État chinoises impliquées dans des projets miniers de grande envergure en RDC.
Cette enquête permet de désigner des politiciens congolais de tous bords et des hommes d’affaires, le plus souvent étrangers, qui se sont enrichis sur le dos d’un État faible. Elle dévoile aussi l’existence de réseaux suspectés de blanchir des fonds illicites, voire de financer des personnalités et groupes sous sanctions internationales comme le Hezbollah. La BGFI leur a servi de plate-forme pour accéder au système bancaire international.

Une enquête d’intérêt public qui réunit journalistes et chercheurs

Au vu du nombre colossal de données à analyser, cette enquête d’intérêt public a conduit à une alliance sans précédent entre journalistes et chercheurs. Pendant neuf mois, le réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC) et ses 19 médias partenaires dont Radio France Internationale (RFI) ont collaboré avec un groupe de cinq ONG spécialisées sur la RDC ou les enquêtes économiques (, Resources Matters, Public Eye).L’enquête Congo Hold-up met une nouvelle fois au jour les faiblesses du système bancaire congolais. Des faiblesses qui ne se limitent pas à la BGFI. Pendant ces dix années, la Banque centrale du Congo n’a pas joué son rôle de régulateur. Elle a plutôt favorisé la fraude et les détournements. Il aura fallu aussi des complicités au sein même des institutions congolaises, à chaque étape de décaissements et de passations de marchés publics. Les organes de contrôle étatiques et des cabinets d’audit ont échoué à révéler l’ampleur de cette fuite de capitaux publics et à les endiguer. Les services de conformité de banques correspondantes ont mis des semaines ou parfois même des mois à bloquer ces flux d’argents douteux.

Des centaines de personnalités et entreprises ont été contactées pour être confrontées à ce travail et répondre aux faits établis et aux allégations soulevées par cette enquête. Des dizaines de réponses ont été apportées, mais les principaux responsables présumés mis en cause dans ces détournements de fonds publics, dont l’ancien chef de l’État, des membres de sa famille et certains de ses associés, n'ont pas donné suite à nos questions.
Les partenaires ont effectué ensemble ces recherches et vérifications d’informations sur les documents de Congo Hold-up. Mais ils publieront de manière indépendante au cours des prochaines semaines leurs articles et rapports.
Liste des médias partenaires : le réseau EIC (https://eic.network/), RFI, Mediapart, De Standaard, Le Soir, NRC, Der Spiegel, InfoLibre, Politiken, Expresso, VG, Nacional, RCIJ, Bloomberg, L'Orient le Jour, BBC Africa Eye, KvF, The Namibian, The Continent, The Wire.

 «Lumumba Papers»: Jean-Jacques Lumumba et Guylain Luwere attaquent la BGFI


"Congo hold-up : Joseph Kabila accusé d'avoir détourné 138 millions de dollars en RDC - 19/11/2021
= https://www.france24.com/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-joseph-kabila-accus%C3%A9-d-avoir-d%C3%A9tourn%C3%A9-138-millions-de-dollars-en-rdc
L'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et sa famille sont accusés par une vaste enquête de médias internationaux et d'ONG sortie vendredi d'avoir détourné au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État en 5 ans. 

Une enquête de médias internationaux et ONG affirme vendredi 19 novembre que l'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et sa famille ont "siphonné" en cinq ans au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité d'une banque.
Cette enquête, intitulée "Congo hold-up", s'appuie sur 3,5 millions de documents bancaires confidentiels, obtenus par le média d'investigation français en ligne Mediapart et l'ONG Plateforme pour  la protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF), précise Mediapart.
Ces données ont été analysées pendant six mois par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative collaborations (EIC), ajoute le média qui promet de détailler dans les prochains jours le fonctionnement de ces détournements opérés entre 2013 et 2018.
Dans un communiqué de presse, le service de communication de Joseph Kabila a qualifié les conclusions de cette enquête de "fausses accusations" et "manoeuvres dilatoires", en déplorant un "acharnement injustifié de certaines puissances cachées derrière ces médias".

Complicité de la banque BGFI 

Les 138 millions de dollars que cette enquête assure avoir retracés ont été détournés "avec la complicité de la banque BGFI RDC" (filiale en RDC du groupe bancaire BGFIBank basé au Gabon), dans laquelle des proches de Joseph Kabila avaient des intérêts et responsabilités, "en particulier à travers une société écran installée dans un garage".
Selon l'enquête, cette société a servi de "véhicule à la corruption du régime" et à "prélever une sorte de 'taxe Kabila' auprès de plusieurs institutions et entreprises publiques congolaises": la Banque centrale, l'entreprise minière Gecamines, l'Assemblée nationale, la commission électorale, la société des transports et des ports, le fonds d'entretien routier...
Sollicitée à Kinshasa par l'AFP, la banque n'avait pas encore réagi vendredi en fin d'après-midi.

"L'un des exemples les plus choquants concerne l'argent des routes, dont la RDC manque cruellement", estime Mediapart qui met en parallèle "l'indécente fortune" qu'aurait accumulée la famille Kabila et l'état de la RDC qui, "malgré ses immenses ressources minières (...) est le 6e pays le plus pauvre du monde".
"Plus de 70% des Congolais survivent avec moins de deux dollars par jour", ajoute l'article, "la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable et 90% n'a pas l'électricité".
Les auteurs de l'enquête ajoutent avoir tenté d'obtenir des réponses des personnes mises en cause dans ce présumé "hold-up" d'État mais, disent-ils, "la plupart n'ont pas répondu". 
Joseph Kabila est arrivé au pouvoir à 29 ans, en janvier 2001, après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila qui avait renversé en 1997 l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été président jusqu'en janvier 2019, lorsque l'actuel chef de l'État Félix Tshisekedi lui a succédé.
Avec AFP


"Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents -19/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-bgfibank-la-banque-des-pr%c3%a9sidents
Avec 3,5 milliards d’euros en dépôts, 2 200 employés répartis dans onze pays, le Groupe BGFIBank est indiscutablement devenu, 50 ans après sa création, le premier groupe bancaire d’Afrique centrale. Mais il est aussi connu pour des scandales et ses liens avec certaines familles présidentielles d’Afrique centrale. BGFIBank fait, aujourd’hui, l’objet de la plus grande fuite de documents bancaires d’Afrique : Congo Hold-up. Une enquête réalisée avec Le Soir, et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique sur la base de documents obtenus par Mediapart et PPLAAF.

Sur son site, la BGFIBank revendique fièrement ses origines franco-gabonaises. Il y a cinquante ans, en 1971, la Banque de Paris et des Pays-Bas (devenu Paribas en 1982) décide d’ouvrir une filiale au Gabon. Cette banque française n’est pas la seule à faire les yeux doux au tout jeune président Albert-Bernard Bongo. À l’époque, la Banque nationale de Paris (BNP), la Société Générale et le Crédit Lyonnais créent aussi des succursales dans ce petit pays d’Afrique centrale. Toutes ont flairé un marché juteux. En ces belles années de la Françafrique, le Gabon connaît un boom pétrolier. Albert-Bernard, devenu Omar Bongo, en est l’un des piliers. Allié indéfectible de Paris, il gouverne le Gabon d’une main de fer jusqu’en 2009, sans qu’une très large partie de la population ne profite des bienfaits de cette manne pétrolière.
La filiale gabonaise de la Banque de Paris et des Pays-Bas devient Paribas Gabon en 1982. À cette époque, la maison mère française garde encore la main. Mais dans la décennie qui suit, celle des années 1990, on assiste à un désengagement de Paribas et à une montée en puissance du pouvoir gabonais dans son capital et ses instances dirigeantes. Quand Paribas se retire, cette banque prend le nom de Banque gabonaise et française internationale (BGFI). Elle devient donc une banque 100% africaine. La famille Bongo y détient toujours des parts, non seulement dans la holding (7%), mais aussi dans plusieurs autres filiales.

La Banque d’Omar Bongo

L’enquête dite des « biens mal acquis », ouverte en 2010 par le pôle financier du tribunal de Paris, lève le voile sur les suites de cette histoire bancaire franco-gabonaise.
Une note de septembre 2020 de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), révélée par la presse, donne des détails sur le montage. De 1996 à 2008, via la BGFIBank Gabon et la banque française BNP Paribas, la famille Bongo aurait acquis douze biens immeubles à Paris et Nice pour un montant total d’au moins 35 millions d’euros. Des proches de la famille Bongo déposaient des montants en espèces sur un compte de la BGFI, l’argent remontait à la BNP Paribas et servait à acquérir les immeubles sous couvert d’une société de décoration d’intérieur, Atelier 74 « en relation quasi exclusive » avec le président Omar Bongo, peut-on lire dans cette note.

Cette combine lui a notamment permis d’acquérir deux hôtels particuliers rue Dosnes et rue de la Baume dans les quartiers huppés des XVIe et VIIIe arrondissements de Paris respectivement pour des montants de 3,5 millions d'euros en 1997 et 18 millions d'euros en 2007. Selon cette note de l’OCRGDF, le volume des espèces était « sans rapport aucun avec les émoluments » du président du Gabon. En mai 2021, la BNP Paribas est mise en examen pour « blanchiment de corruption et de détournements de fonds publics ».
À l’annonce de cette inculpation, la BNP Paribas s’est refusée à tout commentaire. Toutefois, d’après nos confrères de l’Agence France-Presse (AFP), face au juge, les représentants de la banque ont reconnu des « carences » dans leur suivi du dossier, mais nié « tout dessein frauduleux ».

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En 1998, Omar Bongo, à l'époque président du Gabon, et Denis Sassou-Nguesso, son homologue congolais, toujours en poste en 2021.

La Banque de Denis Sassou-Nguesso

La famille Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville est aussi visée par cette enquête dite « des biens mal acquis ». La BGFIBank ne met les pieds dans ce pays voisin du Gabon qu’en 2000. C’est sa première succursale ouverte à l'international. Elle s’y implante en y reprenant les bureaux et le fichier clientèle d’une autre banque qui incarnait la « Françafrique », la banque africaine d’Elf : la Banque française intercontinentale (FIBA).
► À (ré)écouter : Archives d’Afrique : Omar Bongo et l’Affaire Elf
Quand la société pétrolière française Total absorbe sa compatriote Elf Aquitaine, la nouvelle holding se débarrasse de la FIBA, car elle a une réputation sulfureuse. Cette banque, uniquement implantée au Gabon et au Congo-Brazzaville, est contrôlée conjointement par la famille Bongo et Elf. Par le truchement de la FIBA, Elf avait accordé à ces États des préfinancements pétroliers (des avances sur bénéfices pétroliers à venir) qui ont eu tendance à s’évaporer. La FIBA avait aussi servi à acheter des armes. En 1997, Pascal Lissouba, alors président du Congo-Brazzaville, avait demandé, en pleine guerre civile, au directeur général de la FIBA d'effectuer quatre virements à des officines d'armement, en règlement d'hélicoptères Puma.

Au Congo-Brazzaville, le président du conseil d’administration de la BGFIBank Congo n’est autre que Jean-Dominique Okemba, neveu du président Denis Sassou-Nguesso et, depuis longtemps, son conseil spécial. En tant que secrétaire général du conseil national de sécurité, il est aussi le véritable patron des services de renseignements congolais.
Une autre enquête montre les liens entre cette banque et la famille Sassou. Selon l’ONG Global Witness, elle a été ouverte en juin 2020 par la police fédérale américaine (FBI). Entre 2011 et 2014, le fils de Denis Sassou-Nguesso est suspecté d’avoir détourné des millions de dollars de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), dont il était directeur général adjoint. Ces fonds auraient transité par les comptes de sociétés écrans logés dans une filiale de la BGFIBank, puis vers des comptes bancaires en Floride afin d’y acheter notamment un penthouse d’une valeur marchande de trois millions de dollars.
Quand cette enquête est ouverte en juin 2020, la société civile et l’opposition congolaise jubilent. Mais selon Africa Intelligence, l'épouse de Denis-Christel Sassou-Nguesso aurait conclu un accord financier avec Washington pour clore cette enquête en échange de 1,9 million de dollars.

La Banque de Joseph Kabila

En République démocratique du Congo (RDC), 40% du capital de sa filiale BGFIBank RDC ont été attribués depuis 2010 à la jeune sœur de l’ancien président Kabila, Gloria Mteyu. Mais grâce aux millions de documents Congo Hold-up, on découvre que jusqu’en mai 2018, elle n’avait jamais payé ses parts qui s’élevaient à 15 millions de dollars. Cette somme aurait été avancée par la BGFI elle-même. C’est ce qu’indique un acte d’engagement préparé par la banque sur instructions de son président-directeur général, Henri-Claude Oyima, et adressé au directeur général de la BGFIBank RDC, Francis Selemani Mtwale, frère adoptif de Joseph Kabila, alors chef de l’État congolais. Au même moment, Francis Selemani Mtwale, qui avait régné en maître sur la filiale congolaise, se retrouve contraint à la démission.
Pour comprendre ces bouleversements, il faut revenir deux ans en arrière. Le premier scandale éclate en octobre 2016 dans les colonnes du quotidien belge Le Soir : documents à l’appui, l’ancien chef du département des engagements de la BGFIBank RDC, Jean-Jacques Lumumba, dénonce des « retraits douteux », des chèques non justifiés, des versements étonnants effectués par la Banque centrale du Congo sur le compte BGFIBank d’une société privée, Egal, détenue par des proches de Joseph Kabila. Il dénonce également un prêt illicite de 25 millions de dollars accordé par la BGFIBank RDC à la Commission électorale nationale indépendante (Céni), alors que les comptes de la Céni avaient été bloqués par la Banque centrale congolaise en raison d’impayés. Le soupçon formulé par Jean-Jacques Lumumba est que l’argent destiné aux élections ait été dilapidé en décaissements irréguliers.

La fuite de ces « Lumumba Papers » a provoqué une série d’audits internes à la BGFIBank RDC. Ces audits, que nous avons pu consulter en intégralité, étaient à la fois dévastateurs pour la banque et insuffisamment fouillés. Ils ont été orientés par de hauts responsables de cette banque, mais ils ont mené à la discrète exfiltration, en mai 2018, de Francis Selemani Mtwale.
Les révélations de Congo Hold-up, qui se poursuivront ces prochaines semaines, jettent une lumière crue sur l’ampleur des malversations à la BGFI RDC. Elles se basent sur la fuite de plus de 3,5 millions de documents bancaires et davantage encore de transactions. L’analyse de ces informations permet de connaître avec un degré de détails inédit ces pratiques de détournements de fonds présumés qui ont permis l’enrichissement non seulement de Joseph Kabila et de ses proches, mais aussi de plusieurs hommes d’affaires étrangers. Ni la holding BGFIBank ni ses différentes filiales n’ont accepté de répondre à nos questions.
► À lire aussi : Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique

La BGFIBank RDC est aussi dans le collimateur de la justice congolaise. Selon nos informations, une enquête a été ouverte dans le dossier Egal. Interrogé par Radio France Internationale (RFI) et Mediapart, tous deux partenaires de Congo Hold-up, le patron de l’Inspection générale des finances (IGF) du Congo-Kinshasa, Jules Alingete, ne mâche pas ses mots : « Pour moi, BGFI est une banque mafieuse. C'est un inspecteur général qui parle, après avoir mené ses enquêtes. C'est inacceptable ce qu’il s'est passé. »[/size]
► À lire aussi : Congo Hold-up: Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila
Des révélations de RFI basées sur 3,5 millions de documents confidentiels issus de la banque BGFI, obtenus par Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), et partagés avec 19 médias et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC).


"Qu’est-ce que « Congo hold-up », la plus grosse fuite de données financières d’Afrique? - 19 novembre 2021
= https://www.lorientlejour.com/article/1282115/quest-ce-que-congo-hold-up-la-plus-grosse-fuite-de-donnees-financieres-dafrique-.html
L’enquête à laquelle L'Orient-Le Jour a participé, qui s’appuie sur la plus grande fuite de données jamais survenue en Afrique, a aussi un volet libanais. Elle révèle comment la branche congolaise de la BGFIBank a aidé un empire commercial libanais, accusé par les États-Unis de financer le Hezbollah, à contourner les sanctions américaines.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  CHU-graphic-material_joseph-kabila_814644

Il s’agit de la plus grande fuite de données jamais survenue en Afrique : l’enquête « Congo hold-up », fruit de plus de six mois de travail sur ces données, révèle comment plus de 138 millions de dollars de fonds publics de la République démocratique du Congo (RDC) ont été détournés entre 2013 et 2018, principalement au profit de l’entourage de l’ancien président, Joseph Kabila, avec l’aide de la banque privée BGFI en RDC. Une fraude qui s’explique par les liens entre la filiale congolaise et le clan Kabila : la BGFI RDC, dont la maison mère est basée au Gabon, était dirigée de 2011 à 2018 par Selemani Francis Mtwale, le frère adoptif de l’ancien président. À l’ouverture de la filiale en 2010, la sœur de Kabila, Gloria Mteyu, détient 40 % du capital.
La Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) et le journal d’investigation français Mediapart ont obtenu plus de 3,5 millions de documents confidentiels issus du Groupe BGFIBank, dont des relevés bancaires, des courriels, des contrats, des factures et des dossiers d’entreprise, ainsi que les détails de millions de transactions bancaires sur plus d’une décennie. Ces documents, partagés avec le réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC), et ses partenaires médias dont L’Orient-Le Jour, exposent les mécanismes ingénieux mis en place par la banque pour aider le clan présidentiel à s’enrichir en puisant dans les caisses de l’État.

En plus des 138 millions de dollars détournés, qui représentent l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC, l’enquête révèle que 33 millions de dollars ont été déposés en espèces et que 72 millions de dollars d’origine inconnue ont transité par un compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo. Soit un total de 243 millions de dollars de fonds publics et suspects collectés par l’entourage proche de Joseph Kabila sur des comptes à la BGFI. Selemani Francis Mtwale, Gloria Mteyu, Joseph Kabila, la BGFIBank et sa filiale congolaise n’ont pas répondu aux nombreuses sollicitations du consortium.
Le groupe BGFIBank, premier groupe bancaire d’Afrique centrale avec 3,5 milliards d’euros en dépôts et 2 200 employés répartis dans onze pays, n’en est pas à son premier scandale financier. Le plus connu étant celui des « biens mal acquis », avec une enquête ouverte par le pôle financier du tribunal de Paris en 2010, dans laquelle la famille de l'ancien président gabonais Omar Bongo est suspectée d’avoir utilisé BGFIBank Gabon et la banque française BNP Paribas pour l’acquisition d’au moins 35 millions d'euros de biens immobiliers en France entre 1996 et 2008. En octobre 2016, c’est une affaire impliquant cette fois la filiale RDC, qui est dévoilé dans les colonnes du quotidien belge Le Soir : les « Lumumba Papers », une fuite de documents internes divulgués par l’ancien chef du département des engagements de la BGFI RDC, Jean-Jacques Lumumba. Ces révélations mettent en lumière les activités suspectes de la filiale congolaise : retraits douteux, chèques non justifiés, versements suspects de la Banque centrale du Congo à Egal, une société privée détenue par un proche de Kabila, ou encore transactions suspectes entre la BGFI et la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ces révélations seront ensuite approfondies par deux ONG, aujourd’hui partenaires de « Congo hold-up », PPLAAF et The Sentry, puis par Jeune Afrique, en 2017 et 2018. Elles déclenchent une série d’audits internes, auxquels « Congo hold-up » a eu accès, particulièrement graves pour la banque, mais également insuffisamment poussés. Cette première fuite n’a cependant pas permis de mettre fin aux malversations de la banque, malgré la mutation discrète en mai 2018 de Francis Selemani au siège gabonais.

Malgré les sanctions américaines

Au cours des prochaines semaines, les partenaires de « Congo hold-up », soit une centaine de contributeurs travaillant pour 19 médias et cinq ONG répartis dans 18 pays, exposeront les malversations les mieux cachées de la BGFIBank. Interrogé par les partenaires de l’enquête, le patron de l’Inspection générale des finances (IGF) de RDC, Jules Alingete, n’y va pas par quatre chemins : « Pour moi, BGFI est une banque mafieuse. C’est un inspecteur général qui parle, après avoir mené ses enquêtes. C’est inacceptable ce qu’il s’est passé. »
À partir de cette fuite de données sans précédent en Afrique, le consortium révélera des affaires inédites au cœur de la kleptocratie congolaise, entre détournements massifs de fonds publics et scandales de corruption, dont des millions versés au clan Kabila par des entreprises chinoises impliquées dans de gros projets de mines congolaises. La société-écran Sud Oil, sous le contrôle effectif de Selemani Francis Mtwale, et ses antennes, qui ont permis de détourner plus de 92 millions de fonds publics via la BGFI RDC, seront au cœur du premier épisode de cette série « Congo-hold-up » selon les recherches de Mediapart.

L’Orient-Le Jour dévoilera, pour sa part, la semaine prochaine une série d’articles sur l’aspect libanais du scandale financier et notamment comment la BGFIBank RDC a aidé à l’expansion de l’empire commercial d’un réseau de Libanais, accusé par les États-Unis de financer le Hezbollah, et qui avait déjà été mis en cause par l’enquête de The Sentry. La plongée dans les documents obtenus révèle en effet comment la banque congolaise a permis à cette nébuleuse d’entreprises de prospérer pendant des années en lui permettant d’accéder au système bancaire international, malgré les sanctions américaines. Ces liens privilégiés se concrétisent par ailleurs dans les deux sens : une de ces entreprises a ainsi transféré plusieurs millions de dollars à la société écran sous contrôle de Selemani Francis Mtwale.
Les transferts massifs à l’international, de l’ordre d’une centaine de millions de dollars, ont été réalisés malgré de nombreux signaux d’alerte. Une autre de ces compagnies appartenant au réseau libanais ira jusqu’à recevoir des millions d’euros de subventions d’un fonds de développement international.


"Congo Hold-up, une nouvelle enquête sur la corruption en RDC -  19.11.2021
= https://www.dw.com/fr/congo-hold-up-rdc-corruption-joseph-kabila/a-59884416
= https://www.dw.com/fr/rdc-le-clan-kabila-au-coeur-dune-enqu%C3%AAte-sur-le-secteur-bancaire-congolais/a-49921215
= https://www.dw.com/fr/transparency-international-pour-lutter-contre-la-corruption-il-faut-plus-que-des-promesses/a-52122576


"Congo Hold-Up : l'enquête qui accuse le clan Kabila - 19 NOV 2021
= https://information.tv5monde.com/video/congo-hold-l-enquete-qui-accuse-le-clan-kabila



"Congo Hold-up : l'ex-président Joseph Kabila accusé de détournements de fonds • FRANCE 24"



"Congo Hold Up KABILA dans les mailles du filet aurait subtilisé 138M$"



"Congo Hold-up : la famille Kabila aurait "siphonné" des millions de dollars • FRANCE 24"



"RD Congo: une enquête-choc sur le clan Kabil - 19 nov. 2021



"
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Compatriotiquement]


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 20/11/2021, 7:00 pm

PS


"Congo Hold-up: Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-sud-oil-la-siphonneuse-du-premier-cercle-de-joseph-kabila
La fuite de plusieurs millions de documents et transactions bancaires à la BGFIBank révèle l’ampleur des détournements de fonds publics. Parmi les principaux bénéficiaires présumés, il y a Joseph Kabila, l’ancien président de la République démocratique du Congo, et son premier cercle. Le premier volet de cette enquête, appelée Congo Hold-up, porte sur la société Sud Oil et ses sociétés satellites. Elles ont reçu pour plus de 90 millions de dollars d’argent public. Enquête de Mediapart avec EIC et ses partenaires, dix-sept médias dont RFI et cinq ONG.

« C’est quoi, Sud Oil ? ». Il n’y a pas un gardien du 43 avenue Tombalbaye qui le sache. Pourtant, en 2014, cette discrète société de droit congolais de distribution de produits pétroliers s’installe à ce numéro et dans toute la concession d’immeubles et de garages qu’il abrite sur l’une des principales artères commerçantes de la Gombe, en plein cœur de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). « Non, ici, ce n’est pas Sud Oil, c’est chez Kabila », corrige le gardien. Dans ce grand pays d’Afrique centrale, souvent qualifié de scandale géologique, la population n’a rien raté des scandales liés au pillage de ses ressources. Ce que les Congolais ignorent souvent, c’est par quels mécaniques et montages ils ont été spoliés du bénéfice de ces richesses. Ils en subissent les conséquences au quotidien. Plus de 70% de Congolais vivent toujours avec moins de deux dollars par jour.

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Entrée de l'ensemble des bâtiments qui abritent Sud Oil à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).:copyright: PPLAAF

Pour comprendre comment ces détournements publics ont été opérés, pendant neuf mois, dix-neuf médias internationaux coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), dont Radio France Internationale (RFI) et cinq ONG ont analysé la plus grande fuite de données bancaires d’Afrique, appelée Congo Hold-up. Il s’agit de plus de 3,5 millions de documents et de millions de transactions du groupe BGFI et de sa filiale en RDC couvrant une période de dix ans, obtenus par l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) et le site d’information français Mediapart.
► À lire aussi : Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique
Comme au Gabon et au Congo-Brazzaville, la BGFIBank RDC est la banque du président. En 2010, quand cette enseigne s’installe à Kinshasa, la sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, reçoit gratuitement 40% du capital. En 2013, Francis Selemani, son frère adoptif, devient le directeur général de BGFI RDC. Ils conserveront ces positions et avantages au moins jusqu’en mai 2018.

L’analyse des documents Congo Hold-up montre comment la famille Kabila et ses associés ont reçu, avec la complicité de la BGFI, 138 millions de dollars des caisses de l’État entre 2013 et 2018. Ces détournements présumés de fonds publics sont l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC.
À cela s’ajoutent des dépôts colossaux d’argent : 33 millions de dollars déposés en liquide, et 72 millions d’origine inconnue qui ont transité par le compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo (BCC).
Sur le total de cet argent public, Sud Oil joue un rôle important, car cette société a encaissé, avec ses sociétés satellites, plus de 150 millions de dollars, dont 28 millions de cash et 92 millions d’argent public sur leurs comptes à la BGFI.

Règle #1 : Prendre le contrôle d’une société existante

Sud Oil a été créée en 2008 par Pascal Kinduelo, un homme d'affaires proche de la famille Kabila, qui devient président du conseil d’administration de la BGFIBank RDC deux ans plus tard. M. Kinduelo possédait 60% de ses parts. Les 40 autres pour cent étaient détenus par ses filles Mina et Lyvie Kinduelo.
Au départ, Sud Oil est une véritable société de distribution de pétrole : elle possède un petit réseau de sept stations-service. Mais en 2011, elle vend ces stations et semble entrer en sommeil. Mais elle connaît ensuite une deuxième vie, quand la famille Kabila en prend le contrôle.
Officiellement, selon un procès-verbal, le 4 octobre 2013, se tient une assemblée générale extraordinaire de Sud Oil. Les actionnaires déclarés à cette occasion sont Aneth Lutale, femme de Francis Selemani Mtwale (80%) et Gloria Mteyu (20%). Au début de la séance, les gérants sont encore Pascal Kinduelo et l’une de ses filles. Mais quand l’assemblée se termine, ils ont démissionné et sont remplacés par un certain David Ezekiel.

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Les statuts de Sud Oil en 2013. :copyright: GRC

Les nouveaux statuts de Sud Oil ne sont adoptés que l'année suivante. Mais le fidèle et discret collaborateur tanzanien de Francis Selemani Mtwale, David Ezekiel prend déjà la main. Les documents Congo Hold-up établissent qu’à travers lui, son patron, le directeur général de la BGFIBank RDC contrôle effectivement Sud Oil.
L’analyse des comptes de Sud Oil à la BGFI montre qu’entre 2013 et 2018, le frère adoptif de Joseph Kabila a personnellement reçu au moins 10 millions de dollars de Sud Oil, utilisés notamment pour acheter des biens immobiliers en Afrique du Sud et aux États-Unis. Son collaborateur, M. Ezekiel, va retirer, à lui tout seul, près de 53 millions de dollars en liquide des comptes de la société.
Il y a beaucoup de bénéficiaires de Sud Oil. Elle a également servi à faire transiter dix millions de dollars versés par des entreprises étrangères, dont une partie pourrait provenir de pots-de-vin, comme nous le révélerons lors des prochains volets de notre enquête.
Les fonds détournés semblent également avoir profité au duo d’hommes d’affaires Alain Wan et Marc Piedboeuf, associés de Joseph Kabila. Inconnus du grand public, ces deux hommes contrôlent un empire économique en RDC. Ils ont notamment été actionnaires puis gestionnaires des Grands Élevages du Bas-Congo, l’immense domaine agricole du président Kabila.
Le 25 mai 2016, Marc Piedboeuf a retiré 640 000 dollars en liquide sur le compte de Sud Oil à la BGFI grâce à un chèque émis par la société en sa faveur. Le 26 juin 2016, André Wan, le fils d’Alain, a retiré à son tour 1,1 million de dollars en cash de la même manière.
Interrogés à ce propos, Alain Wan et Marc Piedboeuf ont refusé de répondre, indiquant, par la voix de leur avocat, que nos questions contiennent des informations « pour la plupart mensongères » et sont motivées par l’« intention manifeste de nuire ».
Le 3 novembre 2021, avant même la publication de cet article, ils ont déposé une plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre nos partenaires Mediapart et De Standaard auprès d’un procureur général de Kinshasa, lui demandant de « diligenter une commission rogatoire auprès des juridictions belge et française vu qu’il y a péril en la demeure ».
Au cours de cette enquête, nous nous sommes aussi heurtés à un mur du silence. Les principales personnalités mises en cause, Joseph Kabila, Francis Selemani Mtwale, Gloria Mteyu, Pascal Kinduelo, David Ezekiel n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Règle #2 : Se choisir un siège social

À l’automne 2013, Sud Oil lance sa première opération depuis la prise de contrôle de la famille Kabila : l’acquisition de l’ancien immeuble d’ATC, un concessionnaire automobile appartenant à Philippe de Moerloose, riche homme d’affaires belge très proche de Joseph Kabila, qui l’avait lui-même acheté deux ans plus tôt à son propre groupe. C’est cet ensemble immobilier qui est situé au 43 avenue Tombalbaye à la Gombe.
Des courriels montrent que Francis Selemani Mtwale semble négocier lui-même la vente avec Philippe de Moerloose pour le compte de Sud Oil, alors qu’il n’a officiellement aucune fonction dans la société. « Cher Francis, j’espère que tu vas bien. Sois sûr que nous allons conclure ce deal et que je n’ai aucun problème, parce que je te fais confiance. C’est le plus important », lui écrit ainsi l’homme d’affaires belge le 14 octobre 2013.
M. de Moerloose réclame 12 millions de dollars, à payer sur son compte suisse à la banque UBS de Genève : 5 millions tout de suite, et le solde échelonné sur un an. Sud Oil n’a pourtant, à ce moment-là, qu’un peu plus de 100 000 dollars sur son compte. Mais pour Francis Selemani Mtwale, frère du président de la République et directeur général de la BGFI RDC, ce n’est pas un problème.
Le 25 novembre 2013, jour de la vente, la Banque centrale du Congo (BCC) vire 5,5 millions de dollars sur le compte de Sud Oil à la BGFI. Les sept millions restant sont financés par une garantie bancaire octroyée par la BGFI, sous forme de douze traites mensuelles que Sud Oil doit rembourser. La société a scrupuleusement honoré ses engagements, grâce à des mystérieux dépôts d’argent liquide effectués avant chaque échéance.

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Transfert de la BCC à Sud Oil.:copyright: PPLAAF

Interrogé sur ces courriels, Philippe de Moerloose assure que ses « échanges avec M. Selemani concernaient » uniquement la « garantie de paiement » octroyée par la BGFI « et non pas la transaction immobilière ». Il explique aussi avoir « à l’époque exigé une copie du registre des actionnaires » de Sud Oil, et que le document qui lui a été présenté « ne renseignait aucun membre de la famille Kabila ».
► À lire aussi : Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents
Début 2014, Sud Oil déménage son siège social dans la concession rachetée à de Moerloose. Selon plusieurs témoins, la société n’avait aucun salarié sur place, pas même un bureau pour son gérant David Ezekiel, le collaborateur de Francis Selemani Mtwale. « Il venait de temps en temps, mais pour régler les affaires et les problèmes liés à l’immeuble », indique l’un de nos témoins.
Officiellement, Sud Oil est toujours une société pétrolière, mais nous n’avons pas trouvé trace de son activité dans ce domaine. Elle n’est même pas enregistrée comme contribuable auprès du ministère des Finances. La société n’a donc pas de numéro fiscal et ne paye aucun impôt. Bref, Sud Oil est une société fantôme.
Les seules activités économiques de Sud Oil semblent avoir été menées avec la BGFI. En avril 2014, Sud Oil loue une partie de l’ancien garage qui lui sert de siège social à la banque, pour qu’elle y entrepose ses archives. Sud Oil et une société créée par M. Ezekiel, Horizon Congo, vont par la suite louer trois autres biens immobiliers à la banque, et encaisser des loyers pour un montant total de 784 000 dollars.
La BGFI a aussi versé à Sud Oil 934 000 dollars pour acheter des voitures de fonction aux hauts cadres de la banque, dont 145 000 dollars pour deux véhicules : ceux de son directeur général Francis Selemani et du président du conseil d’administration Pascal Kinduelo. On ne sait pas si les véhicules ont été livrés ; mais, nous n’avons trouvé que 276 000 dollars de paiements libellés comme des achats de voitures dans les relevés bancaires de Sud Oil, ce qui pourrait indiquer qu’elles ont été facturées à la BGFI pour le triple du prix.

Règle #3 : Mettre sur pied son réseau

En cette année 2014, la grande affaire de Francis Selemani Mtwale semble être de prendre le contrôle de nouvelles banques. Pour y parvenir, il va d’abord créer une nouvelle société : Kwanza Capital. Elle est officiellement détenue à 80% par Pascal Kinduelo, président du conseil d’administration de la BGFI et à 20% par Sud Oil.
Comme l’a déjà révélé dans un rapport l’ONG The Sentry, partenaire du projet Congo Hold-up, Kwanza Capital était la banque d’investissement secrète de la famille Kabila. Dès sa création, elle a obtenu de la Banque centrale le statut d’« institution financière spécialisée », jusqu’ici réservé aux institutions financières ayant une mission d’intérêt public.
L’analyse des comptes effectuée par Congo Hold-up montre que Sud Oil a financé Kwanza à hauteur de 23 millions de dollars, en grande partie grâce à de l’argent public détourné. La première opération sur le compte de Kwanza à la BGFI, le 27 août 2014, est un virement de cinq millions de Sud Oil, que la société a pu financer grâce à un transfert du même montant effectué le même jour par la Banque centrale du Congo.
Le 19 novembre 2014, Sud Oil lui verse trois millions de dollars de plus qui sont immédiatement retirés en liquide par Pascal Kinduelo. Ces fonds, Sud Oil les avait obtenus d’Egal, une autre société liée à des proches de Joseph Kabila, spécialisée dans l’importation de denrées alimentaires. L’analyse des documents montre qu’Egal les tenait, elle aussi directement, de la Banque centrale. C’est ainsi que de l’argent public disparaît dans un dédale d’entreprises tenues par des proches de l’ancien président.
Kwanza a ainsi pu se lancer dans des prêts d’argent auprès de clients très particuliers. Le premier, la SCTP, est l’entreprise publique en charge des ports et du transport fluvial. Kwanza lui a prêté 24 millions de dollars, qui lui rapporteront 1,3 million d’intérêts. Le second prêt a été octroyé à Afritec, une entreprise de travaux publics contrôlée par des très proches de Joseph Kabila. 3,7 millions sont prêtés et 4,1 millions sont rendus, ce qui fait un profit net de 381 000 dollars pour Kwanza.
Les documents Congo Hold-up permettent aussi de confirmer certaines des révélations de The Sentry, partenaire de cette enquête. L’ONG américaine avait révélé que fin 2014, Kwanza Capital avait tenté de racheter une des banques les plus importantes du Congo : la Banque commerciale du Congo (BCDC) dont l’un des actionnaires était à l’époque l’homme d’affaires belge Georges Forrest.
L’analyse des comptes de Kwanza Capital montre que, le 12 décembre 2014, la BGFI reçoit un ordre de cette société d’effectuer un virement de deux millions de dollars sur le compte de M. Forrest à la BCDC. Cette opération est, un temps, suspendue car un banquier à la BGFI constate « l'absence de signature du donneur d’ordre ni même un soubassement ». Son collègue lui demande « d’exécuter l’opération » et répond que « les signatures seront régularisées une fois le client disponible ». Le libellé de ce virement est « règlement convention ».
Cette vente n’a jamais eu lieu. C’est notamment à la suite de l’échec de ce rachat que Francis Selemani Mtwale aurait tenté de lancer sa propre banque d’affaires, avec toutes les attributions que cela suppose. Mais cette société, baptisée Alliance Bank et détenue à 80% par Kwanza, n’a jamais pu démarrer ses activités. Elle avait besoin de banques dites « correspondantes » à l’étranger qui effectuent pour son compte les opérations en dollars. Mais aucun établissement étranger n’a accepté de jouer ce rôle pour la banque de la famille Kabila.

Règle #4 : Puiser directement à la source

L’histoire de Sud Oil va à nouveau basculer en 2015, en même temps que celle du pays. La fin du second mandat de Joseph Kabila approche, et la Constitution lui interdit d’en briguer un troisième. Les élections sont prévues en novembre 2016.
En janvier 2015, le Parlement examine un projet de loi électorale dont certaines dispositions pouvaient repousser les scrutins. Cette initiative est interprétée comme la volonté de Kabila de se maintenir illégalement au pouvoir et elle provoque de premières manifestations, réprimées dans le sang par le régime, avec une quarantaine de morts rien qu’à Kinshasa. La crise dure pendant plus de deux ans. Jusqu’à la signature d’un accord politique en décembre 2016 sur l’organisation des élections, Joseph Kabila est sous la pression de la rue pour quitter le pouvoir dans les délais prévus par la Constitution.
C’est pendant cette période d’incertitude politique pour Joseph Kabila, de 2015 à 2016, que Sud Oil a reçu le plus d’argent public : plus de 66 millions de dollars en deux ans d’argent public, soit 72% des sommes qu’elle reçoit. Le plus gros contributeur de la société écran contrôlée par le frère et la sœur du chef de l’État est, de loin, la Banque centrale du Congo (BCC), dirigée jusqu’en juillet 2021 par Deogratias Mutombo, un proche de Joseph Kabila.
Les documents Congo Hold-up montrent que la BCC a versé, via la BGFI, 51,4 millions de dollars à Sud Oil, dont 30 millions d’un coup le 29 septembre 2016, via un virement intitulé « nivellement ». Ce libellé semble inexact, puisqu’un nivellement désigne d’ordinaire un versement entre deux comptes appartenant à un même client de la banque. Interrogés par RFI et ses partenaires sur l’objet de cet étrange virement, comme de tous les autres, la Banque centrale et son ancien gouverneur Deogratias Mutombo n’ont pas répondu.
La compagnie minière d’État, la Gécamines, a, elle aussi, été mise à contribution, avec 20 millions de dollars versés à Sud Oil. Le président de son conseil d’administration est, lui aussi, un proche de Joseph Kabila, le très influent homme d’affaires Albert Yuma. Le 13 juin 2016, cette entreprise publique effectue, par exemple, depuis son compte à la BGFI, un virement de deux millions de dollars intitulé « solde avance sur fiscalité », c’est-à-dire le paiement d’un impôt à l’État. Mais l’argent atterrit sur le compte de Sud Oil, avec un libellé différent : « Solde retrait 10 millions ». Le 2 août 2017, la Gécamines vire, cette fois, la bagatelle de 15 millions de dollars à Sud Oil. Comme pour le virement de 30 millions de dollars de la BCC, ce libellé, « paiement alimentation de notre compte », suggère que l’entreprise publique et Sud Oil ne font qu’un. Interrogés par RFI et ses partenaires, la Gécamines et Albert Yuma n’ont pas donné suite.

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Virement de la Gécamines à Sud Oil. :copyright: PPLAAF

Autre question que s’est posée Congo Hold-up : qu’est devenue la paie des 925 casques bleus congolais opérant dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca) ? En janvier 2016, l’ONU décide de mettre fin à la participation de ce contingent, à la suite d'allégations de viols sur mineurs. En décembre 2015 puis en mars 2016, l’ONU effectue deux versements d’un total de 7,3 millions de dollars à la RDC, correspondant au dernier remboursement des frais engagés pour sa participation à la Minusca. L’argent est versé à la Mission permanente de la RDC auprès de l’ONU, sur son compte à la Citibank de New York.
Interrogée sur cette situation, la Mission permanente nous indique que l’ambassadeur de RDC auprès de l’ONU a alors reçu « de la capitale » l’ordre de payer « les arriérés de loyer de la Mission permanente », puis de transférer le solde, soit 6,8 millions d’euros à « la Banque centrale du Congo (BCC) via la BGFIBank RDC ». La Mission permanente précise avoir envoyé, le même jour, « un message officiel […] à la Banque centrale » pour la prévenir du transfert.
La BGFI a reçu les 6,8 millions le 16 mai 2016, mais au lieu de créditer le compte de la BCC, elle a viré l’argent sur celui de Sud Oil. L’ordre de virement adressé le 29 avril 2016 à la Citibank indiquait pourtant que l’argent devait être viré sur le compte de la BCC ouvert à la BGFI. Comme le même jour, la BCC verse à Sud Oil 7,5 millions de dollars supplémentaires, cela fait 14,3 millions d’argent public encaissé dans la même journée par Sud Oil.
 
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Transfert de la BCC et de la Mission permanente à l'ONU à Sud Oil. :copyright: PPLAAF

Règle #5 : Imposer sa taxe

Pour remplir les caisses de sa société Sud Oil, Francis Selemani Mtwale, patron de la BGFI, a fait appel à toute l’ingéniosité de ses banquiers, à tel point qu’il est parfois difficile de déterminer si les institutions publiques qui ont financé la société étaient consentantes. Mais en analysant les comptes de Sud Oil, une question se pose très vite. Les institutions et entreprises publiques congolaises se sont-elles vu imposer une sorte de « taxe Kabila » ?
En tout cas, le 19 décembre 2015, la Société congolaise des transports et des ports (SCTP) vire, depuis son compte à la BGFI, 1,16 million de dollars sur un compte interne de la BGFI appelé « OAR VIP », avec le libellé « remboursement impayé » et « commission de notification », ce qui suggère le paiement de frais bancaires. L’argent est en réalité viré le jour même par ce compte interne à Sud Oil et il est retiré en liquide. Interrogée, la SCTP n’a pas répondu.
On retrouve des mouvements tout aussi suspects à l’Assemblée nationale. Le 30 septembre 2016, la BGFI prélève sur son compte des « pénalités de retard » pour 367 millions de francs congolais (375 000 dollars), sans préciser sur quoi portent ces pénalités. Mais c’est bien un nouveau virement à la société Sud Oil qui est effectué ce jour-là. Cette somme est retirée en liquide le jour même. Interrogés par RFI et ses partenaires, Aubin Minaku et Élysée Munembwe, respectivement président et questeur de l’Assemblée nationale à l’époque, ont indiqué qu’ils n’ont donné à la BGFI « aucun ordre de virement […] au profit de cette société ».
À chaque fois que la Commission électorale reçoit un peu d’argent en 2016, c’est la même mécanique. Sous de faux libellés, plus d’un million de dollars est versé des comptes de la Céni vers celui de Sud Oil. L’ancien président de la Commission électorale à l’époque des faits, Corneille Nangaa, a refusé de nous répondre, tandis que l’ancien vice-président, Norbert Basengezi, indique n’avoir « jamais entendu parler de ce dossier ni de la société Sud Oil ».
Certaines institutions sont devenues des vaches à lait. L’un des exemples les plus frappants concerne l’argent des routes, dont la RDC manque cruellement. Le Fonds national d’entretien routier de la RDC (Foner) a effectué, depuis ses comptes à la BGFI, 21 virements à Sud Oil et à sa filiale Kwanza entre avril 2015 et mars 2016, pour un total de 10,1 millions de dollars. Le plus gros virement, d’un montant de 3,1 millions, a été reçu par Kwanza le 23 janvier 2015, avec pour seul libellé « OAR/opérations », le nom d’un compte interne de la BGFI depuis lequel de nombreuses malversations ont été commises. Le 26 janvier, Kwanza vire les fonds à Sud Oil, qui retire l’intégralité des trois millions en liquide dix jours plus tard.
Interrogé, le Foner n’a pas répondu, tout comme son directeur général à l’époque des faits, Fulgence Bamaros, un proche de Joseph Kabila qui purge officiellement une peine de trois ans de prison pour une autre affaire de détournement de fonds publics.

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La galaxie Sud Oil:copyright: RFI[/i]

Règle #6 : Couvrir ses arrières

Tout aurait pu continuer encore longtemps sans l’intervention d’un banquier de la BGFI RDC devenu lanceur d’alerte : Jean-Jacques Lumumba. Grâce aux documents internes qu’il a récupérés, les « Lumumba Papers », le journal belge Le Soir révèle, en octobre 2016, une première série d’irrégularités, dont l’argent détourné des comptes de la Céni.
► À (re)lire aussi : Lumumba Papers: Jean-Jacques Lumumba et Guylain Luwere attaquent la BGFI
Le scandale attire l’attention. En 2017, les auditeurs du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PWC), chargés du contrôle des comptes, puis la direction du groupe BGFI au Gabon, et enfin la Banque centrale, produisent tous des rapports accablants sur la gestion de la BGFI RDC. « La somme des faiblesses décrites soumet la banque à une exposition très élevée des risques opérationnels, de contentieux, de blanchiment des capitaux et de réputation », conclut le service d’audit de la BCC.
Cette année-là, on sent le vent tourner pour Francis Selemani Mtwale et son réseau. Le directeur général de la BGFI RDC possède, avec son épouse, une société nommée Ascend Trust qui a enregistré des entrées sur son compte d’un peu plus de 10 millions dont 9,57 proviennent de Sud Oil. En décembre 2017, ce qui reste sur ce compte, soit 3,4 millions, est viré sur celui d’une autre de ses sociétés écran, Horizon Congo, également contrôlée par son collaborateur tanzanien David Ezekiel, le gérant de Sud Oil. Dans les semaines qui suivent, ce dernier commence à retirer l’intégralité de cet argent en liquide.
L’opération est repérée par le service d’audit interne de la BGFI qui lance une enquête. Leur rapport est accablant. Outre les factures suspectes, le compte d’Horizon Congo a été ouvert en violation des procédures. Le chef de l’audit interne, Yvon Douhore, découvre même que David Ezekiel a deux signatures différentes : l’une pour Sud Oil et l’autre pour Horizon Congo. « Qu'est ce qui peut amener une même personne à avoir deux différentes signatures ? Vraiment... », écrit-il à une collègue. « C’est juste inimaginable », répond-elle.
En avril 2018, les auditeurs de PWC s’intéressent, eux, aux transactions depuis le compte de la Gécamines. Parmi elles, figure la soi-disant avance fiscale de deux millions de dollars qui a été détournée au profit de Sud Oil le 13 juin 2016.
Face à cette menace, la société contrôlée par Francis Selemani se résout à rembourser l’argent. Moreau Kaghoma, directeur des opérations de BGFI RDC, semble chargé de cette opération. En tout cas, le 13 avril 2018, il reçoit d’un informaticien un email confirmant la réalisation de deux opérations faites le jour même mais elles seront antidatées dans les comptes de Sud Oil à la BGFI. Pour cela, selon nos informations, il faut court-circuiter le logiciel de gestion bancaire et intervenir manuellement. Sud Oil rembourse deux millions à la Gécamines qui verse l’argent à la Banque centrale, comme elle aurait dû le faire deux ans plus tôt. Sur le compte de la société, cette opération apparaît sous le libellé « EXT. AVANCE SUR FISCALITE SV » le 13 juin 2016. Les auditeurs de PWC, qui n’ont pas accès aux documents Congo Hold-up, penseront que le paiement de Gécamines à Sud Oil était une simple erreur d’aiguillage, qui a été corrigée le jour même.
Une semaine plus tard, le 22 avril 2018, Jeune Afrique lâche une bombe : le magazine révèle, grâce à de nouveaux documents issus des « Lumumba Papers », le paiement de 7,5 millions de dollars effectué par la Banque centrale à Sud Oil en mai 2016. C’est la première fois que l’existence de la société est dévoilée, ainsi que ses propriétaires : la sœur du président Kabila, Gloria Mteyu, et sa belle-sœur Aneth Lutale, l’épouse du patron de la BGFI RDC.
Au Gabon, l’information inquiète le grand patron du groupe BGFI, Henri-Claude Oyima, qui se fend dès le lendemain d’un courriel très sec à Francis Selemani Mtwale et à son adjoint : « Je vous prie de me confirmer si cette information est avérée et de quoi s’agit-il ? »
Deux jours plus tard, le directeur des opérations, Moreau Kaghoma, fait à nouveau appel à l’informaticien pour passer de nouvelles opérations antidatées directement dans le logiciel de gestion. On retrouve des virements de 2018 qui sont enregistrés dans le système informatique comme des opérations de 2016.
Mais cette fois, la combine est encore plus sophistiquée : Sud Oil n’a même pas besoin de rembourser. L’objectif est de faire croire que Sud Oil a acheté 7,5 millions de dollars à la Banque centrale en 2016. Moreau Kaghoma effectue donc un virement du même montant en francs congolais (sept milliards) de Sud Oil vers le compte de la BGFI à la Banque centrale.
Reste à compenser ce paiement, pour que cela ne coûte rien à Sud Oil. Pour ce faire, Kaghoma effectue, depuis le même compte de la Banque centrale à la BGFI, cinq virements à Sud Oil, pour le même total de sept milliards de francs congolais, libellés « Cobil RDC », du nom d’une société de distribution de pétrole. On ignore si Cobil a réellement versé cet argent à Sud Oil via ce compte de la BGFI à la Banque centrale, ou s’il s’agit d’un simple jeu d’écritures. Cobil n’a pas fait suite à nos questions.
Le lendemain, 26 avril 2018, Moreau Kaghoma envoie à Francis Selemani l’explication à donner au grand patron du groupe, Henri Claude Oyima : il s’agissait d’une « opération d'adjudication (vente de devises) organisée […] par la Banque centrale du Congo », via laquelle Sud Oil a acheté 7,5 millions de dollars moyennant le paiement de sept milliards de francs congolais. Contacté par RFI et ses partenaires, Moreau Kaghoma a refusé de répondre, renvoyant vers la BGFI.

Règle #7 : Savoir quand partir

C’est sans doute le scandale de trop. Dès le 26 avril 2018, la BGFI RDC a lancé un « audit des parties liées de la banque », une manière pudique de qualifier les individus et sociétés de la famille Kabila qui y ont des comptes, au premier rang desquels la société Sud Oil. L’enquête est dirigée par le directeur de l’audit interne, Yvon Douhore.
Dès le 11 mai 2018, le gérant de Kwanza Capital, filiale de Sud Oil, ordonne à la BGFI de fermer les comptes de la société et de virer les fonds qui restent à « divers bénéficiaires », dont Sud Oil et la femme de Francis Selemani pour le paiement de loyers et la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) pour payer l’impôt sur les revenus locatifs pour des biens avenue Tombalbaye et à la Cité du Fleuve, une cité résidentielle prisée par les dignitaires du régime Kabila.
De son côté, le gérant de Sud Oil, David Ezekiel, commence, lui, à retirer du liquide du compte de la société. Le chef de l’audit interne découvre alors, ahuri, qu’Ezekiel ne se rend pas à la banque lui-même pour effectuer les retraits. Le cash est directement prélevé par le directeur des opérations, Moreau Kaghoma, et les signatures régularisées seulement a posteriori. « Prière d’instruire le client qu'il se présente lui-même au niveau des caisses (caisses gros paiements) pour effectuer ses opérations de retraits », ordonne Yvon Douhore. Il demande qu’une « surveillance renforcée » soit mise en place sur le compte de Sud Oil.
Toutes ces manœuvres ne suffiront pas à sauver Francis Selemani Mtwale. Le 2 mai 2018, le PDG du groupe BGFI, Henri-Claude Oyima, s’envole pour Kinshasa afin d’assister à un conseil d’administration de la BGFIBank RDC. Il annonce le départ du directeur général. Officiellement, le frère adoptif du président est « promu », à un poste non précisé, au siège du groupe BGFI à Libreville.

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Logo de la BGFIBank.:copyright: PPLAAF

Malgré les irrégularités décelées, aucune sanction n’est prise par le groupe BGFI contre les dirigeants de sa filiale congolaise. Aucun signalement n’est fait à la justice. Interrogé à ce sujet, le PDG du groupe BGFI, Henri-Claude Oyima, n’a pas répondu.
Le rapport final sur les « parties liées », envoyé à la direction du groupe BGFI à Libreville en juillet 2018, minimise le rôle de Francis Selemani et l’emprise de la famille Kabila sur la banque.
Le laxisme est tel que malgré ce rapport d’audit, l’opération d’exfiltration des fonds du clan Kabila continue, alors même que ces retraits massifs mettent en péril la trésorerie de la BGFI RDC.
Le 11 juillet, le gérant de Sud Oil, David Ezekiel, envoie au nouveau directeur général de la banque Abdel Kader Diop, à la suite de leur « échange de ce jour », un « préavis de retrait » de 15 millions de dollars en liquide sur les comptes de Sud Oil, qu’il compte effectuer en quatre fois dans la semaine à venir.
Dès le lendemain, M. Ezekiel retire quatre millions de dollars en liquide, alors que le compte est en « blocage direction générale » dans le logiciel de gestion des données. Le directeur des opérations, Moreau Kaghoma a levé ce blocage manuellement et recommence le 13 juillet pour cinq millions supplémentaires. Neuf millions sont donc retirés en liquide en deux jours.
Le 16 juillet, le directeur de l’audit interne de la BGFI RDC informe son supérieur au Gabon que Sud Oil et Kwanza « sont dans un processus de retrait de leurs avoirs ». Le sujet est discuté le jour même au comité de trésorerie de la banque où Moreau Kaghoma est critiqué pour avoir autorisé les retraits. Le directeur général de la BGFI RDC, Abdel Kader Diop, lui ordonne dans la foulée de ne pas recommencer. Mais le lendemain, M. Kaghoma écrit un mail explosif à M. Diop qui rappelle son implication : « J’implore votre protection », écrit-il, rappelant au directeur général que c’est lui-même et son adjoint qui ont autorisé les retraits.
Les banquiers de la BGFIBank impliqués dans le dossier Sud Oil ont peu à peu disparu des organigrammes de la banque. Depuis sa « promotion » en mai 2018 au siège du groupe BGFI au Gabon, Francis Selemani est resté très discret. Ni lui ni la banque n’ont souhaité nous indiquer s’il travaille toujours pour la BGFI. Il est resté injoignable.
Qu’il soit encore banquier ou non, le frère adoptif du président Kabila n’a, en tout cas, pas de soucis à se faire d’un point de vue financier. Les documents Congo Hold-up montrent que Sud Oil a versé 12 millions de dollars à Francis Selemani Mtwale et à ses sociétés. Une partie au moins de ces fonds sont issus des 93 millions de dollars de fonds publics obtenus par Sud Oil, notamment ceux issus de la Banque centrale et de l’ONU.
Avec cet argent, l’ancien patron de la BGFI RDC et son épouse ont acheté, directement ou par le biais de sociétés et de trusts, pas moins de dix-sept biens immobiliers aux États-Unis et en Afrique du Sud pour un montant total de 6,6 millions de dollars.
L’autre grand bénéficiaire du réseau Sud Oil est l’ancien président du conseil d’administration de la BGFIBank RDC : Pascal Kinduelo. Le fondateur de Sud Oil et actionnaire de Kwanza Capital à l’époque des faits a reçu de cette banque et d’une autre société associée, Sezo, plus de neuf millions de dollars qu’il a retirés en liquide : trois millions le 19 novembre 2014 et six millions le 10 septembre 2018. Lui non plus n’a pas souhaité répondre aux questions soulevées par cette enquête. Dans une vidéo promotionnelle publiée sur internet au début de l’année 2021, intitulée Le légendaire entrepreneur congolais, M. Kinduelo était présenté comme l’un de ces « véritables self-made men qui ont bâti leur fortune à la sueur de leur front et non en dépouillant les caisses de l’État ».
► À lire aussi : Congo hold-up : comment le clan Kabila a détourné 138 millions de dollars (Mediapart)
De son côté, Gloria Mteyu, sœur de Joseph Kabila et ancien actionnaire de Sud Oil, aurait pour sa part coupé les ponts avec la BGFI RDC, dont elle avait obtenu 40% du capital gratuitement en 2012. Des sources internes nous ont indiqué que le groupe BGFI possèderait désormais 100% des parts de la filiale congolaise, et Mme Mteyu a indiqué à Reuters en 2016 qu’elle n’avait « aucun enjeu financier lié à la banque ». Jointe par téléphone, elle a refusé de nous répondre.
Où que l'on aille sur la scène nationale même au niveau sécuritaire devenu aujourd'hui notre principale épine vu l'insécurité chronique dans l'Est du pays comme dans les domaines relevant directement ou indirectement de l'administration publique au Parlement, au Gouvernement, sur l'autorité judiciaire, dans les entreprises publiques ou parastales, le constat immédiat et objectif trouve une faiblesse et une pervesion notoire de notre administration. Il nous faut donc des réformes radicales qui aboutissent à l'éradication de l'impunité et de notre corruption endémique - hier et aujourd'hui l'IGF ou les autres organes de contrôle ne cessent de dévoiler chaque jour des détournements des deniers publics. L'appel  du pouvoir en place à 'l'Etat de droit' et au 'Peuple d'abord' ne se matérialise quasiment nulle part sur le terrain. Que faire aujourd'hui ? Voici une la préoccupation majeure qui doit être celle de tout observateur attentif et honnête, de tout patriote responsable comme de tout acteur politique et social convaincu de l'intérêt national !
On dirait hélas que l'argent qui manque à l'Etat manquait déjà à nos dirigeants qui ont voulu en engranger le plus possible lorsqu'ils se trouvent en face des dotations pour ses missions officielles. La question dequi va faire la politique, si elle n'est pas mieux assurée par ceux aisés qui au départ n'en n'ont pas moins besoin, si l'abondanece des salaires des députés, sénateurs et des dotations des ministres comme d'autresacteurs politiques ne sont pas une arme à double tranchant ?


"Le plus grand « leak » d’Afrique dévoile les secrets financiers du Congo - 19/11/2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191121/le-plus-grand-leak-d-afrique-devoile-les-secrets-financiers-du-congo
Les documents de « Congo hold-up », plus grande fuite de données d’Afrique, montrent l’enrichissement de Joseph Kabila aux dépens de ses concitoyens. Ils écrivent aussi une histoire de ce pays, où flux financiers expliquent intrigues politiques et réalités sociales.

C’est l’histoire d’un hold-up, dont le magot se compte en dizaines de millions de dollars. Les protagonistes ? Un chef d’État, Joseph Kabila, au pouvoir au Congo jusqu’en janvier 2019. Une banque privée, la BGFI. Un pays, la République démocratique du Congo (RDC), géant d’Afrique centrale dont le sous-sol regorge de minerais, mais dont les trois quarts des 100 millions d’habitants doivent vivre avec moins de deux dollars par jour.
Ce braquage historique serait sans doute resté inconnu sans la plus grande fuite de données sensibles d’Afrique : 3,5 millions de documents confidentiels issus de la BGFI, qui permettent de retracer le scénario du casse dans ses moindres détails.
En cinq ans, la famille Kabila et ses associés ont détourné, avec la complicité de la BGFI, dont ils contrôlaient la filiale congolaise, au moins 138 millions de dollars des caisses de l’État. Grâce à des factures douteuses, des jeux d’écriture comptable, des transactions antidatées et, surtout, grâce à une société-écran qui leur a permis de couvrir le tout (lire notre première enquête ici).

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Joseph Kabila dans sa résidence de Kingakati, le 10 décembre 2018. :copyright: Photo Illustration Simon Toupet / Mediapart avec John Wessels / AFP

Il faut également y ajouter 33 millions de dollars déposés en liquide sur les comptes de sociétés contrôlées par Joseph Kabila et son premier cercle, et 72 millions de dollars d’origine inconnue qui ont transité par le compte de la Banque centrale du Congo à la BGFI. Soit un total de 243 millions de fonds publics et de fonds à l’origine suspecte encaissés par l’entourage proche de Joseph Kabila en l’espace de cinq ans.
À partir de ce vendredi et jusqu’au 6 décembre, l’enquête « Congo hold-up » va détailler les différents aspects de ce gigantesque casse et ses ramifications internationales. Car la BGFI a également permis à des entreprises étrangères et des réseaux suspects d’hommes d’affaires (dont des financiers présumés du Hezbollah) d’opérer en RDC et d’accéder au système bancaire international. Ces flux d’argent sale ont transité par de grandes banques occidentales, qui ont opéré de nombreuses transactions suspectes en dollars pour le compte de la BGFI.

Effort de coopération sans précédent

Les révélations de « Congo hold-up » s’appuient sur plus de 3,5 millions de documents mais aussi les détails de millions de transactions bancaires issues de la BGFI. Ces documents confidentiels ont été obtenus par Mediapart et l’ONG française Plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF), fondée et présidée par l’avocat William Bourdon.
Les données ont été analysées, dans un effort de coopération sans précédent, par 19 médias (RFI, De StandaardLe SoirNRC HandelsbladDer Spiegel, Bloomberg, BBC Africa Eye, L’Orient-Le Jour…) et cinq ONG (PPLAAF, The Sentry, Public Eye, Resource Matters et Congo Research Group) basés dans dix-huit pays. En tout, une équipe de près cent personnes a été mobilisée pendant six mois, sous la coordination du réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC).
C’est la première fois que des médias et des ONG collaborent sur un leak de cette ampleur. Après avoir enquêté conjointement, médias et ONG ont réalisé, chacun de son côté, de façon indépendante, vérifications, entretiens avec les personnes mises en cause et rédaction de leurs rapports et articles.

Cette coopération a permis de réunir toute l’expertise possible pour analyser les documents de « Congo hold-up » – qui constitue le leak le plus complexe obtenu par l’EIC à ce jour.
Pour la première fois, une fuite de données permet de plonger dans les entrailles d’une banque. Un logiciel spécifique a dû être créé afin de pouvoir extraire des documents les informations sur les flux financiers, puis de suivre la trace de l’argent. C’est ainsi que nous avons retracé, transaction après transaction, million après million, les bénéficiaires réels des pots-de-vin et des détournements de fonds, dissimulés derrière des libellés trompeurs ou anodins.
La banque ainsi passée au crible n’est pas n’importe laquelle. La BGFIBank est une banque gabonaise née de la « Françafrique », devenue un poids lourd implanté dans onze pays. Très liée aux autocrates Ali Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), elle est déjà impliquée dans plusieurs scandales de corruption et de détournements de fonds publics, dont l’affaire des « biens mal acquis » (lire notre article ici).
Au Congo-Kinshasa, la symbiose entre la BGFI et le régime Kabila était totale. Cette proximité explique pourquoi un régime a pu détourner autant, et pendant aussi longtemps.
Mais les enseignements de « Congo hold-up » vont au-delà de la famille Kabila.

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Le siège de la banque BGFI à Kinshasa, en République démocratique du Congo. :copyright: Photo DR

Kleptocratie, mode d’emploi

Que des chefs d’État à travers le monde usent de leur position pour s’enrichir n’est pas vraiment une surprise. Comment ils procèdent concrètement, en revanche, est moins connu. Les documents « Congo hold-up » permettent de dévoiler pour la première fois, avec un degré de précision inédit permis par la masse et la fiabilité des documents analysés, les rouages d’un tel système.
« L’enquête expose dans le détail les ruses utilisées par une banque et ses clients pour tenter de dissimuler une corruption systémique, explique Henri Thulliez, directeur de la PPLAAF. Ces transactions bancaires, mails, dossiers d’entreprises constituent le véritable mode d’emploi d’une kleptocratie. »
On pouvait l’imaginer : il ne suffit pas de se faire un chèque en blanc. La leçon principale de ces millions de documents est qu’il existe deux outils imparables pour permettre à une kleptocratie de prospérer au XXIe siècle : une banque et une société-écran. Contrôler la première permet de diriger l’argent à sa guise, en brouillant les pistes grâce à des libellés de transaction vagues ou erronés ; posséder la seconde permet d’avoir un coffre discret où stocker tous les fonds ainsi détournés.
Pour le reste, tout est question de créativité, tant dans les circuits imaginés pour faire transiter l’argent que dans le choix des endroits où aller le chercher. Banque centrale, société minière d’État, commission chargée d’organiser les élections et même Nations unies : l’ancien président congolais et son entourage n’en ont pas manqué.

Une histoire alternative du Congo moderne

Mises bout à bout, ces révélations écrivent une véritable histoire alternative du Congo d’aujourd’hui. On connaît souvent de ce pays – saigné à vif par la colonisation belge – sa vie politique mouvementée, ses guerres quasi ininterrompues depuis 1996 et les violences qui agitent toujours ses provinces de l’Est, commises tour à tour par des groupes armés locaux, des rébellions venues des pays voisins et par l’armée congolaise elle-même.
À cette histoire politique et militaire, ces documents viennent ajouter une histoire économique et financière jusqu’ici seulement connue d’un petit cercle d’initiés, qui éclaire d’une lumière nouvelle les soubresauts de la politique congolaise.

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Un partisan de l'opposition menée par Étienne Tshisekedi et demandant la tenue d'élections et la démission de Joseph Kabila lors d'un rassemblement à Kinshasa le 31 juillet 2016. :copyright: Photo Eduardo Soteras / AFP

Elle en révèle hypocrisies et faux-semblants. Le Sommet de la francophonie à Kinshasa, en 2012, en est un exemple. Les yeux de la presse sont alors rivés sur les chefs d’État présents et les enjeux diplomatiques. Face aux piques du président français François Hollande sur la situation « inacceptable » des droits humains dans le pays, Joseph Kabila joue l’apaisement.
Au même moment, l’argent du Sommet est utilisé pour acheter des millions de dollars de matériel destiné à la police et aux services secrets congolais – accusés d’exactions contre manifestants et opposants –, dont au moins 17 millions destinés à du matériel de surveillance et de renseignement.
Dans d’autres occasions, reconstituer cette histoire financière permet d’expliquer certaines postures politiques par des réalités économiques.

En 2015-2016, alors que le président Kabila manœuvre pour essayer de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat (en décembre 2016) et réprime les manifestants qui descendent dans la rue pour s’y opposer, une autre scène se joue, loin des caméras : la société écran Sud Oil, contrôlée par son frère, enregistre une activité inhabituelle.
Ces deux années de crise politique sont celles durant lesquelles Sud Oil s’est approprié 66 millions de dollars d’argent public. Le président Kabila et son entourage semblent vouloir profiter de ses derniers mois au pouvoir pour s’enrichir tant qu’il est encore temps.
Il laissera finalement sa place en janvier 2019 à l’opposant Félix Tshisekedi, à l’issue d’un scrutin marqué par d’importantesfraudes. Deux années gagnées sur le calendrier officiel ; deux années de plus pour puiser dans les caisses de l’État.
Cette histoire alternative du Congo moderne, écrite à partir de millions de transactions bancaires, permet enfin de nuancer les vertus de certaines réformes, comme la renégociation des contrats miniers lancée par Joseph Kabila dès 2007, souvent portée au crédit de l’ancien chef de l’État.
Présentée comme une manière de redonner aux Congolais la jouissance de leurs richesses face à des entreprises étrangères prédatrices, elle semble avoir surtout permis à sa famille et à ses réseaux d’affaires de récupérer leur part du gâteau minier, qui représente la première source de richesse du pays et plus de 80 % de ses exportations. Notre enquête révèle comment l’entreprise publique minière Gecamines a été utilisée pour détourner des sommes astronomiques des caisses de l’État.

Complicités internationales

Le parti de Joseph Kabila, le PPRD, affichait régulièrement son hostilité aux « impérialistes » étrangers. « Congo hold-up » démontre comment il leur a en réalité ouvert la porte et les a invités à venir s’enrichir avec lui, à l’image du puissant homme d’affaires belge Philipe de Moerloose. Ces millions de documents permettent également de révéler, pour la première fois, que les entreprises chinoises qui ont décroché le plus gros contrat minier de l’histoire du pays, en 2008, ont corrompu la présidence congolaise grâce à un intermédiaire.
Car – et c’est la dernière leçon de « Congo hold-up » – il serait faux de réduire le pillage de la RDC à un énième « dictateur africain » spoliant son peuple. Joseph Kabila, autocrate internationalisé, a pu détourner cet argent grâce à une banque, la BGFI, qui a pignon sur rue à Paris ; il en a fait profiter des acteurs économiques français, belges, chinois ou indiens ; et le tout a été rendu possible par le laxisme de grands cabinets d’audit internationaux, dont nous démontrons la passivité.
Pour mettre fin à ce système, il ne suffira pas de se défaire de l’héritage politique et des réseaux Kabila, comme le nouveau président congolais Félix Tshisekedi s’y emploie désormais, après deux années passées sous la tutelle de son prédécesseur.
Arrivé au pouvoir grâce à une élection entachée de fraudes et en signant un accord politique avec Kabila, Tshisekedi avait déclaré ne pas vouloir « fouiller dans le passé ». Sans doute faudra-t-il s’y employer, et tirer les leçons de ce passé, afin que « l’alternance » tant désirée par les Congolais ne devienne pas simplement le remplacement d’une kleptocratie par une autre.


"Congo hold-up : comment le clan Kabila a détourné 138 millions de dollars  - 19 NOVEMBRE 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191121/congo-hold-comment-le-clan-kabila-detourne-138-millions-de-dollars


"Vidéo : piller son propre pays, mode d’emploi - 19 novembre 2021"
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191121/video-piller-son-propre-pays-mode-d-emploi
Comment un chef d’État peut-il parvenir à détourner autant d’argent à son profit, celui de ses proches, et au détriment des habitants de son pays ? Cette vidéo de quatre minutes, en accès libre, permet de tout comprendre au système Kabila.
...



Compatriotiquement! 


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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Message  ndonzwau 21/11/2021, 1:38 am

PPS


"Congo Hold-up : le camp Kabila dénonce une « fixation haineuse » sur la personne de l’ancien Président - 19 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/19/congo-hold-up-le-camp-kabila-denonce-une-fixation-haineuse-sur-la-personne-de-lancien-president.html/97786/
En réaction aux accusations du rapport porté par plusieurs médias et organisations, éclaboussant l’ancien « Raïs », le camp Kabila dénonce ce qu’il qualifie de « fixation haineuse » sur la personne du Président honoraire. Dans un communiqué de presse dont une copie est parvenue à POLITICO.CD, Barbara Nzimbi, sa conseillère en communication, juge « difficile à comprendre » les accusations « non fondées » à comparer au bilan de la gestion « salvatrice de ce signe fils » d’Afrique qui a rendu « ses lettres de noblesse » à la RDC.

« Après les Panama, Pandora papers et autres qui ont exposé différentes pratiques financières dans le monde entier et cité différentes personnalités, il est étonnant que cette enquête ne cible que la personnalité du Président
honoraire de RDC. Cette fixation haineuse de certains médias et associations sur la personne du Président honoraire que certains ont conceptualisé en « Kabilabashing », toujours les mêmes et provenant du même espace géopolitique, est difficilement compréhensible quand on met en face de ces accusations non fondées, le bilan de la gestion salvatrice de ce digne fils d’Afrique qui a rendu ses lettres de noblesse à la République Démocratique du Congo à savoir: pacification-réunification- Constitution de 2006-démocratisation avec trois cycles électoraux-relance économique et alternance pacifique historique »
, dénonce la conseillère en communication de Joseph Kabila.
Dans le communiqué, Barbara Nzimbi dément toutes les allégations contenues dans ce rapport et appelle les congolais à ne pas « succomber à cet énième tentative de décrédibilisation ».
« Le peuple Congolais est appelé à ne pas succomber à cet énième tentative
de décrédibilisation et non la dernière, à demeurer dans la vigilance tous azimuts et dans la sagesse patriotique face à cet acharnement injustifié de puissances occultes qui n’ont jamais digéré les choix courageux de souveraineté opérés sous la Présidence de Joseph Kabila notamment en matière électorale et minière »
, lit-on.

Le service de communication de Joseph Kabila regrette que son image et son nom soient utilisés « abusivement comme produit d’appel pour tenter de crédibiliser une démarche médiatique dont l’opportunité est questionnable ».
« Alors que l’image et le nom du Président de la République Honoraire sont utilisés abusivement comme produit d’appel pour tenter de crédibiliser cette démarche médiatique dont l’opportunité est questionnable, à trois ans près de la première alternance pacifique historique au sommet de l’Etat depuis l’indépendance du pays en 1960, aucune ligne de ce rapport compilant d’après ces auteurs plus de trois millions de documents ne démontre l’implication
factuelle ou même implicite de l’institution Président de la République qu’il a eu l’honneur de diriger pendant 18 ans. Sont cités une banque commerciale, des institutions nationales et des sociétés privées dont les responsables au moment des faits supposés sont identifiés et n’ont rien à avoir avec la Présidence de la République d’époque »
, lit-on.
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96531_la_chargee_de_communication_de_joseph_kabila_reagit_aux_accusations_de_congo_hold_up.html
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96525_congo_hold_up_le_clan_kabila_parle_de_kabilabashing_et_de_mensonges_honteux.html

"Congo Hold-up : « Le Peuple congolais appelé à ne pas succomber à cet énième tentative de décrédibilisation » de Joseph Kabila - 19 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/19/congo-hold-up-le-peuple-congolais-appele-a-ne-pas-succomber-a-cet-enieme-tentative-de-decredibilisation-de-joseph-kabila.html/97782/
= https://actualite.cd/2021/11/19/le-camp-kabila-repond-congo-hold-ces-puissances-occultes-nont-jamais-digere-les-choix


"Congo Hold-up : Félix Tshisekedi, « avec l’aide des experts américains », va récupérer les millions USD « volés » par la famille Kabila (Herman Cohen) - 20 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/congo-hold-up-felix-tshisekedi-avec-laide-des-experts-americains-va-recuperer-les-millions-usd-voles-par-la-famille-kabila-herman-cohen.html/97849/
Alors que la République démocratique du Congo est dans la fièvre de l’effet boomerang des révélations troublantes contenues dans l’enquête « Congo Hold up », le diplomate américain Herman Cohen annonce que le Président Félix Tshisekedi « va maintenant récupérer » les millions de dollars USD « volés au trésor public par la famille Kabila ».
« La nouvelle agence anti-corruption du président Tshisekedi, avec l’aide d’experts américains du secteur privé, va maintenant procéder à la récupération des millions de dollars volés au trésor public par la famille Kabila », annonce le diplomate américain sur son compte Twitter.


« Fixation haineuse sur la personne de Kabila »

En réaction aux accusations du rapport porté par plusieurs médias et organisations, éclaboussant l’ancien « Raïs », le camp Kabila dénonce ce qu’il qualifie de « fixation haineuse » sur la personne du Président honoraire. Dans un communiqué de presse dont une copie est parvenue à POLITICO.CD, Barbara Nzimbi, sa conseillère en communication, juge « difficile à comprendre » les accusations « non fondées » à comparer au bilan de la gestion « salvatrice de ce signe fils » d’Afrique qui a rendu « ses lettres de noblesse » à la RDC.
« Après les Panama, Pandora papers et autres qui ont exposé différentes pratiques financières dans le monde entier et cité différentes personnalités, il est étonnant que cette enquête ne cible que la personnalité du Président
honoraire de RDC. Cette fixation haineuse de certains médias et associations sur la personne du Président honoraire que certains ont conceptualisé en « Kabilabashing », toujours les mêmes et provenant du même espace géopolitique, est difficilement compréhensible  quand on met en face de ces accusations non fondées, le bilan de la gestion salvatrice de ce digne fils d’Afrique qui a rendu ses lettres de noblesse à la République Démocratique du Congo à savoir: pacification-réunification- Constitution de 2006-démocratisation avec trois cycles électoraux-relance économique et alternance pacifique historique », dénonce la conseillère en communication de Joseph Kabila.
Dans le même communiqué, Barbara Nzimbi dément toutes les allégations contenues dans ce rapport et appelle les congolais à ne pas « succomber à cet énième tentative de décrédibilisation ».
« Le peuple Congolais est appelé à ne pas succomber à cet énième tentative
de décrédibilisation et non la dernière, à demeurer dans la vigilance tous azimuts et dans la sagesse patriotique face à cet acharnement injustifié de puissances occultes qui n’ont jamais digéré les choix courageux de souveraineté opérés sous la Présidence de Joseph Kabila notamment en matière électorale et minière », lit-on.

L’enquête en question…

Des entreprises appartenant à la famille et aux amis de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, ont reçu des millions de dollars de fonds publics via leurs comptes bancaires, selon la plus grande fuite de données d’Afrique, annonce la BBC.
Des millions de dollars ont alors été retirés des comptes publics en en espèces pour ensuite être déposés à des comptes des proches de l’ancien président Joseph Kabila. C’est ce qu’affirme une enquête de la BCC qui dit s’appuyer sur « plus grande fuite de données d’Afrique » jamais connue. Selon la radio britanique, les faits se passent pendant que Joseph Kabila est encore président. « Il a refusé de répondre à nos questions sur les transferts », dit la BCC.
La fuite dont fait allussion la BBC comprendrait plus de trois millions de documents et d’informations sur des millions de transactions de la banque BGFI (Banque Gabonaise et Française Internationale), qui opère dans plusieurs pays africains et en France. La média français d’investigation Mediapart et la Plateforme des ONG pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) ont obtenu l’information, dit la BCC.
« BBC Africa Eye a eu accès aux preuves, dans le cadre d’un consortium appelé Congo Hold-up, coordonné par le réseau médiatique European Investigative Collaborations (EIC) », affirme la radio Britannique.

Toujours selon la BCC, une société privée, Sud Oil, a reçu près de 86 millions de dollars de fonds publics de novembre 2013 à août 2017. « Ceux-ci comprennent au moins 46 millions de dollars du régulateur bancaire de la RD Congo, la BCC, 15 millions de dollars de la société minière d’État Gécamines et 1,3 million de dollars de l’organe électoral du pays, la Ceni », affirme la BBC. « La seule information que la BBC a trouvée de la fuite concernant ces paiements était une facture d’un peu plus d’un million de dollars de la Ceni à Sud Oil pour des produits pétroliers », ajoute-t-elle. Par ailleurs, toujours selon la BBC, la commission électorale, la Ceni, a payé à Sud Oil 1 million de dollars pour les produits pétroliers. « La BBC n’a trouvé aucune preuve que Sud Oil faisait du commerce de produits pétroliers à l’époque ».
Le directeur général de la filiale RD Congo de BGFI, BGFI Banque RDC, de 2012 à 2018 était Francis Selemani, le frère adoptif de Joseph Kabila.
La sœur de M. Kabila, Gloria Mteyu, détenait 40 % de l’opération BGFI en RD Congo, créée en 2010. « L’épouse de M. Selemani, Aneth Lutale, détenait 80 % de Sud Oil et Mme Mteyu détenait les 20 % restants de 2013 à 2018. Des millions de dollars ont été transférés des comptes BGFI de Sud Oil vers les comptes BGFI d’autres sociétés privées. Certains d’entre eux appartenaient à des parents ou à des associés commerciaux de M. Kabila, qui a été président de 2001 à 2019 », détaille la BBC.


"Le 1er ministre belge réagit à Congo Hold-up: « Cela devrait aider le président actuel à progresser dans la lutte contre la corruption » -20 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/20/le-1er-ministre-belge-reagit-congo-hold-cela-devrait-aider-le-president-actuel
Les révélations se poursuivent dans le cadre de Congo Hold-up. Au fur et à mesure, les réactions s’enchainent. En Belgique, c’est Alexander De Croo, le premier ministre belge, est le premier à réagir.
« La révélation de cette affaire est une bonne chose (…). Toute forme de corruption est totalement inacceptable, a fortiori quand elle se fait au détriment des plus vulnérables comme ici. Il est dans l’intérêt même de la RDC que cette affaire soit révélée au grand jour. Cela devrait aider le président actuel et son gouvernement à progresser dans la lutte contre la corruption, une lutte que soutient notre pays », a t-il déclaré dans les médias belges.
Les relations entre le camps Joseph Kabila et le gouvernement belge s’étaient sérieusement détériorées à l’approche des élections de 2023.
La Belgique avait décidé, le 10 janvier, de revoir son aide financière à la RDC dans le domaine humanitaire suite à la situation politique qui prévalait au pays. Didier Reynders et Alexander De Croo, à l’époque vice-Premiers ministres respectivement ministres des Affaires étrangères et ministre de la Coopération au développement, avaient annoncé vouloir développer de la coopération directe avec les organisations locales de développement en lieu et place du gouvernement congolais en attendant l’organisation des élections.
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/rdc-le-premier-ministre-belge-estime-que-les-revelations-du-congo-hold-up-devraient-aider-tshisekedi-dans-sa-lutte-contre-la-corruption.html/97867/
= https://www.lesoir.be/407398/article/2021-11-19/alexander-de-croo-reagit-congo-hold-toute-forme-de-corruption-est-totalement


"BGFI Bank RDC au bord de la faillite, la Gouverneure de la BCC convoque son Directeur Général - 20 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/bgfi-bank-rdc-au-bord-de-la-faillite-la-gouverneure-de-la-bcc-convoque-son-directeur-general.html/97823/

"RDC : Le FONER a effectué 21 virements à Sud Oil de beaucoup de millions USD alors qu’il « criait misère » (Enquête) - 20 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/rdc-le-foner-a-effectue-21-virements-a-sud-oil-de-beaucoup-de-millions-usd-alors-quil-criait-misere-enquete.html/97819/

"RDC : « Sous de faux libellés », plus d’un million USD a été versé des comptes de la CENI vers celui de « Sud Oil », une « siphonneuse » des proches de Joseph Kabila - 19 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/19/rdc-sous-de-faux-libelles-plus-dun-million-usd-a-ete-verse-des-comptes-de-la-ceni-vers-celui-de-sud-oil-une-siphonneuse-des-proches-de-joseph-kab.html/97777/

"De luxueuses propriétés aux USA et en RSA avec de l’argent détourné?  Francis Selemani, un proche de Joseph Kabila, pointé du doigt  - 19 novembre 2021

= https://actualite.cd/2021/11/19/de-luxueuses-proprietes-aux-usa-et-en-rsa-avec-de-largent-detourne-francis-selemani-un

"Congo Hold-up: le système bancaire congolais au cœur d’une vaste enquête impliquant près de 20 médias internationaux  - 19 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/19/congo-hold-le-systeme-bancaire-congolais-au-coeur-dune-vaste-enquete-impliquant-pres-de


"REVUE DE PRESSE FRANÇAISE
À la Une: le Kabila fric-frac -  20/11/2021

=  https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-fran%C3%A7aise/20211120-%C3%A0-la-une-le-kabila-fric-frac
= https://www.radiookapi.net/2021/11/20/actualite/societe/rdc-une-enquete-de-19-medias-et-ong-revele-un-presume-detournement-de

"Humeur: Le hold-up permanent pour les nuls. - 20 novembre 2021
= http://www.congoindependant.com/humeur-le-hold-up-permanent-pour-les-nuls/

"Néhémie Mwilanya : « On cherche à enterrer Joseph Kabila et tout son héritage » - 20.11.2021,
=  https://www.mediacongo.net/article-actualite-96551_nehemie_mwilanya_on_cherche_a_enterrer_joseph_kabila_et_tout_son_heritage.html

"Congo Hold-up : Félix Tshisekedi et son clan sont sur la même voie (Lucha) - 20.11.2021
=  https://www.mediacongo.net/article-actualite-96541_congo_hold_up_felix_tshisekedi_et_son_clan_sont_sur_la_meme_voie_lucha.html

"« Le Congo Hold-Up » enfonce une porte depuis longtemps ouverte - Par Jean-Pierre Mbelu - 20 novembre 2021
= http://www.ingeta.com/le-congo-hold-up-enfonce-une-porte-depuis-longtemps-ouverte/


"ACTU EXPLIQUÉE DU 20.11.21 - CONGO HOLD-UP : QU'EST-CE QUI EST VISÉ ?"




Compatriotiquement! 


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 22/11/2021, 8:34 pm, édité 1 fois

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 22/11/2021, 7:08 pm

A propos de l'enquête Congo Hold-up, il faut encore rappeler que non seulement en dehors des détails sur les différentes opérations qu'elle nous a livrés, la réalité de la prédation à grande échelle du clan Kabila était déjà connue sinon subodorée de bons observateurs de notre histoire récente mais aussi que les montants cumulés de leur braquage sont bien plus plantureux que les quelques 138 millions débusqués par les 19 médias et 5 ONG dans leurs investigations, le règne criminel de 'JK' a duré plus longtemps, 18 ans, que les 5 ans examinés ici. Aussi que les révélations étant programmées dans la durée nous ne sommes pas à l'abri de divulguations qui pourraient concerner par ricochet d'autres leaders politiques y compris ceux qui sont encore aux commandes en face d'autant qu'eux comme d'autres observateurs notent que notre système n'a pas vraiment changé. Enfin quid des suites utiles après ces révélations ?


"Congo hold-up : les dérives du système Kabila dévoilées
= http://afrikarabia.com/wordpress/congo-hold-up-les-derives-du-systeme-kabila-devoilees/
Une importante fuite de données bancaires révèle que des millions de dollars ont été transférés aux proches de l'ancien président Joseph Kabila. Mais de nouvelles révélations doivent être faites, risquant d'éclabousser l'ensemble d'une classe politique largement corrompue.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  FEof4MZWYAQjMyU
L’ancien président et sénateur à vie, Joseph Kabila en 2021 :copyright: DR

Les soupçons de détournements de fonds dans l’entourage de l’ancien président Joseph Kabila ne sont pas une découverte après les révélations des Panama Papers, de Bloomberg, Global Witness ou du Centre Carter. Mais la colossale enquête « Congo hold-up », menée par un collectif de 19 médias et 5 ONG, révèle de nouveaux cas de fraudes, et surtout décrypte le mode opératoire de ces détournements. Dans les premières enquêtes, réalisées à partir de la fuite de plus de 3,5 millions de données bancaires, le montant des sommes détournées par Joseph Kabila et son entourage s’élèverait à 138 millions de dollars entre 2013 et 2018. Des fonds publics qui seraient tombés directement dans les poches de l’ancien président et de ses proches.

Une banque, une société écran et des institutions sous contrôle

Pour opérer ce hold-up sur l’argent destiné à l’Etat congolais, le système révélé par le collectif d’enquêteurs repose sur trois piliers : une banque contrôlée par la famille de Joseph Kabila (le BGFI Bank RDC) une société écran (Sud Oil) gérée également par la galaxie Kabila, et des institutions étatiques (Banque centrale, ministères… ) peu regardantes, voir complices, des malversations. Pour détourner 138 millions de dollars, et braquer les propres caisses de son Etat, Joseph Kabila a d’abord placé des personnes de confiance à la tête d’une banque privée, la BGFI Bank RDC. Cette filiale congolaise d’un groupe bancaire dont la maison mère se trouve au Gabon, était en effet dirigée par Francis Selemani Mtwale, le frère adoptif de l’ancien président. Et à l’ouverture de la filiale en 2010, la sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, s’est vue proposer gracieusement 40 % du capital.

Détournements mode d’emploi

Arrêtons-nous sur une partie de l’enquête menée notamment par Mediapart et RFI en France. Elle montre comment le clan Kabila aurait détourné 92 millions de dollars à des institutions publiques, stocké cet argent sur les comptes d’une société écran et enfin, retiré du cash auprès d’une banque « amie », la BGFI, contrôlée par une sœur et un frère adoptif de l’ex-président. Pour trouver où détourner l’argent, le camp Kabila a de l’imagination. Il se tourne d’abord vers l’ONU, qui verse 7,3 millions de dollars pour financer une mission de casques bleus congolais en Centrafrique. L’argent est alors versée à l’ambassade de RDC aux Nations unies, qui reverse 6,8 millions à l’Etat, via la Banque centrale du Congo (BCC) sur son compte… à la BGFI. « Si les 7 millions ont bien été versés à l’ambassade, le Congo n’en a jamais vu la couleur » explique Mediapart. Le virement atterrit directement sur les comptes de Sud Oil, une société fantôme proche de Kabila.

CENI, Foner siphonnés

Autre tour de passe-passe. Pour organiser les élections de 2016, qui auront finalement lieu en 2018, la Commission électorale (CENI), emprunte 25 millions de dollars à la BGFI. Les frais font gagner à la banque « amie » 1 million de dollars. Le même jour, la BGFI emprunte de nouveau la même somme, cette fois-ci manuellement, et empoche encore 1 million de dollars, qui part… sur les comptes de Sud Oil. Mais ce n’est pas fini. L’argent du Foner, l’agence publique qui construit les routes au Congo, intéresse également l’ancien président. « Elle possède plusieurs comptes à la BGFI » affirme Mediapart, qui révèle que le Foner « émet 5 transactions importantes entre décembre 2014 et janvier 2015 vers un compte interne de la BGFI » : 852.000 dollars, puis deux fois 594.000 dollars, 586.000 et enfin, près de 600.000 dollars. Les 3,2 millions de dollars auraient dû transiter d’un compte du Foner à l’autre. Mais en fait, La BGFI vire la somme sur deux autres comptes : Sud Oil et sa filiale, Kwanza Capital.

Banque centrale et Gécamines ponctionnées

« La Banque centrale du Congo (BCC) a elle aussi financé la famille Kabila » dénonce Mediapart. 30 millions de dollars « disparaissent étrangement » d’un compte de la BGFI pour réapparaître sur un autre compte de Sud Oil… du même montant. La Gécamines, le géant minier congolais, est elle aussi mise à contribution. En 2016, elle décide de payer ses impôts en avance. Depuis son compte à la BGFI, elle vire 2 millions de dollars à la BCC. Sauf que le virement tombe directement chez Sud Oil, « avec un libellé différent, pour brouiller les pistes ». En 2018, les comptes de la BGFI sont audités. Panique chez les Kabila, qui décident de « nettoyer » les opérations frauduleuses. La BGFI renvoie les 2 millions touchés par Sud Oil à la Gécamines et envoie les impôts à la banque centrale. Le vent du boulet n’est pas passé loin. Mais l’enquête « Congo hold-up » révèle la fraude. La Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), les journalistes et les ONG partenaires de l’enquête ont également détecté une somme de 33 millions de dollars qui a été déposée en espèces à la BGFI, ainsi que 72 millions de dollars « d’origine inconnue », qui ont transité par un compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo.

…et après ?

L’affaire « Congo hold-up » ne va pas s’arrêter là. Le consortium annonce qu’il va révéler d’autres affaires inédites au cœur de la kleptocratie congolaise. Au sein de l’ex-camp présidentiel, mais aussi ailleurs dans la classe politique, au Congo, et sur d’autres continents. Le journal libanais L’Orient-Le Jour dévoilera par exemple la semaine prochaine une série d’articles sur l’aspect libanais du scandale financier et notamment « comment la BGFI Bank RDC a aidé à l’expansion de l’empire commercial d’un réseau de Libanais, accusé par les États-Unis de financer le Hezbollah ». Les enquêteurs ont-ils des éléments pour fouiner dans un passé plus récent ? L’affaire des 100 jours, l’argent collectés pour la taxe RAM ou le financement du Covid ? Le feuilleton va être long et risque d’éclabousser une bonne partie de la classe politique congolaise, pour qui la politique n’est qu’un business comme un autre. Un business plutôt très juteux. Reste enfin à savoir, ce que la justice congolaise va faire de ses révélations, et dans un premier temps face aux soupçons qui pèse sur le sénateur à vie, Joseph Kabila ? Que fera également l’institution judiciaire, si de nouvelles révélations touchaient le pouvoir actuel ? Pour l’instant, il est difficile de savoir où va nous mener le tsunami soulevé par l’affaire « Congo hold-up ». Ce qui est sûr, c’est qu’il va y avoir des surprises."


"INVITÉ AFRIQUE
Congo Hold-up: «Il faut changer le système en RDC pour empêcher que cela se reproduise» - 22/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211122-congo-hold-up-il-faut-changer-le-syst%C3%A8me-en-rdc-pour-emp%C3%AAcher-que-cela-se-reproduise
Avec plus de 3,5 millions de documents bancaires analysés pendant 9 mois par 5 ONG et 19 médias internationaux, dont RFI, Congo Hold-up est la plus importante fuite de données bancaires jamais réalisée en Afrique. Elle montre que, de 2013 à 2019, des sociétés appartenant à l’ancien président congolais Joseph Kabila et à son premier cercle, ont reçu au moins 138 millions de dollars d’argent public. Depuis vendredi 19 novembre 2021 et durant deux semaines, RFI vous dévoile tous les secrets de ces transferts douteux. Ce lundi, nous nous arrêtons sur une société boîte aux lettres, la compagnie congolaise Sud Oil – qui est au cœur de tous ces mouvements financiers. Décryptage par Jason Stearns, le directeur du GEC, le Groupe d’étude sur le Congo, à l’Université de New York.

RFI : Dans l’enquête sur les détournements de fonds publics au Congo-Kinshasa, vous vous êtes intéressé tout particulièrement à la société congolaise Sud Oil, c’est cela ?
Jason Stearns : Oui, c’est cela. En 2013, les propriétaires de cette société la vendent à deux membres de la famille de Joseph Kabila, sa sœur Gloria Mteyu et sa belle-sœur Aneth Lutale.
Et à partir de 2013, il y a donc à la tête de cette société un homme-clé, Francis Selemani Mtwale. Ce monsieur, les Congolais le connaissent bien puisqu’il est aussi à l'époque le directeur général de la banque BGFI Kinshasa, et il n’est autre que le frère adoptif de l’ancien président Joseph Kabila…
Exactement, et c’est cette relation entre Sud Oil et BGFI qui est clé. Donc la BGFI est établie à Kinshasa en 2010, et 40% de cette banque appartient à la sœur [de Kabila] Gloria Mteyu et le directeur est donc Francis Selemani. C’est à partir de 2013 qu’on constate, dans les comptes de Sud Oil à BGFI, des transferts douteux. Et à partir de là, jusqu’à 2019, on constate 85 millions de dollars d’argent des agences et institutions publiques qui arrivent dans les comptes de Sud Oil à BGFI.

Et d’où viennent ces quelque 85 millions de dollars ?
Cet argent provient directement de la Banque centrale du Congo, mais aussi de la Commission électorale, de l’Assemblée nationale, de la société chargée de la gestion des ports, donc de plusieurs institutions congolaises.Vous dites par exemple que le 29 septembre 2016, un versement de 30 millions de dollars est fait depuis la Banque centrale à la société Sud Oil via la BGFI. Est-ce que vous avez la preuve de ce versement ?
Oui, il s’agit des analyses de 3,5 millions de documents et de millions de transactions qu’on a obtenus à travers une ONG qui s’appelle Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique [PPLAAF]. C’est une fuite qu’on a reçue et ces fuites donnent des preuves documentaires de toutes les allégations qu’on fait dans nos investigations.
Parmi les hommes-clé, il y a donc Francis Selemani Mtwale qui contrôle la société Sud Oil. Et puis bien sûr, le gouverneur de la Banque centrale Deogratias Mutombo. Est-ce que vous avez contacté ces deux personnalités ?
On a essayé de contacter toutes les personnes qu’on a citées dans le rapport, y compris les personnes que vous citez. Malheureusement, on n’a pas reçu de réponses de la plupart. Il y a quelques personnes qui ont répondu, mais dans leurs réponses, elles ont juste nié les faits. La plupart de tous les hommes-clé et des membres de la famille présidentielle n’ont pas répondu.
La Banque centrale, l’Assemblée nationale, la Gécamines… Est-ce qu’on peut dire que ces institutions paient en réalité une sorte de taxe qui ne dit pas son nom ?
C’est possible. Pour nous, ce qui est évident, c’est qu’il y a un possible détournement d’argent.

Et au bout de la chaîne, vous dites qu’il y a de gros retraits d’argent en liquide. Peut-on parler de Sud Oil comme d’une cash machine ?
Oui, le gérant de Sud Oil, David Ezekiel, qui est un partenaire de la famille présidentielle de Joseph Kabila, tire plus de 50 millions de dollars en espèces pendant cette période de 2013 à 2019.
Et au total, quel est le montant d’argent public qui a pu être détourné au profit de l’ancien président Kabila et de son premier cercle ?
Si on prend toutes les sociétés ensemble dans ce réseau de la famille présidentielle, il s’agit de 138 millions de dollars.
Mais, ce que vous craignez en fait, c’est que ce type de pratique ne se répète de président à président…
Oui, exactement. Le problème pour nous, c’est que le système n’a pas changé… dans le sens où les institutions qui sont chargées en principe de veiller à ce que ce genre de pratiques ne se fassent pas n’a pas été renforcé. Il y a l’Inspection générale des finances (IGF) qui est de plus en plus active, cela est vrai. Mais, il y a les autres institutions : la Cour des comptes, la Cénaref qui est cette Cellule nationale des renseignements financiers, et la Banque centrale pour réguler les banques. Et on ne voit pas un grand changement dans le comportement de ces institutions. Donc oui, il faut cibler la famille présidentielle, mais il faut surtout changer le système pour empêcher que cela puisse se faire dans l’avenir."


REVUE DE PRESSE FRANÇAISE
À la Une: le Kabila fric-frac - 20/11/2021"

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-fran%C3%A7aise/20211120-%C3%A0-la-une-le-kabila-fric-frac
Le « Congo Hold-up », c’est le titre de cette enquête collaborative sur des détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. La famille Kabila y est accusée d’avoir « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité de la banque BGFI RDC, un temps dirigée par Francis Selemani.
Ce frère de l’ancien président congolais Joseph Kabila y était directeur général. Selon cette enquête, menée par un réseau de dix-neuf médias, dont RFI et cinq organisations non-gouvernementales, la filiale congolaise de la banque BGFI « a aidé le clan du président Kabila à braquer l’État, par un hold-up hors du commun », lance Mediapart (étant signalé que ce journal en ligne est membre de ce réseau enquêteur). « Tandis que plus de 70 % des Congolais survivent avec moins de 2 dollars par jour, Joseph Kabila et sa famille ont accumulé une fortune colossale au détriment de leurs concitoyens », remarque Mediapart
Et les révélations ne font que commencer. « Jusqu’au 6 décembre, l’enquête « Congo hold-up » va détailler les différents aspects de ce gigantesque casse et ses ramifications internationales, prévientMediapart. Car la BGFI a également permis à des entreprises étrangères et des réseaux suspects d’hommes d’affaires (…) d’opérer en RDC et d’accéder au système bancaire international. Ces flux d’argent sale ont transité par de grandes banques occidentales, qui ont opéré de nombreuses transactions suspectes en dollars pour le compte de la BGFI », signale encore ce journal en ligne.
Assurant que la BGFI est une banque « de la Françafrique », Mediapart souligne notamment que, parmi ses actionnaires, « figure la famille Bongo, qui possède aujourd’hui, notamment via  sa holding Delta Synergie, (près de 11 %) de BGFI Holdings, la maison mère du groupe. La sœur de l’actuel chef de l’État (gabonais) Ali Bongo, Pascaline, siège au conseil d’administration ». À suivre, donc, sur RFI…"]


"Congo Hold-up: Egal, l’autopsie d’un scandale
« Congo hold-up » : comment le clan Kabila s’est engraissé sur les importations alimentaires
- 22/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211122-congo-hold-up-egal-l-autopsie-d-un-scandale
= https://www.mediapart.fr/journal/international/221121/congo-hold-comment-le-clan-kabila-s-est-engraisse-sur-les-importations-alimentaires?onglet=full

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
Bâtiment de la société Egal en RDC. :copyright: RFI
La fuite de millions de documents et transactions bancaires à la BGFIBank permet de découvrir la face cachée de l’un des plus gros scandales financiers de la République démocratique du Congo : les 43 millions de dollars d’argent public versés à Egal, une société d’importation de viandes et de poissons liée au premier cercle de l’ancien président Joseph Kabila. L’Inspection générale des finances a enquêté et a dédouané certains des acteurs. Contre-enquête signée Yann Philippin (Mediapart) et Sonia Rolley (RFI) en collaboration avec PPLAAF, KVF, Sentry, The Namibian, De Standaard sur la base des documents Congo Hold-up.

« J’étais face à un groupe de mafieux. C'est inacceptable ce qui s'est passé. » Cette déclaration choc est prononcée par l’homme le plus redouté de la République démocratique du Congo (RDC) : Jules Alingete, patron de l’Inspection générale des finances (IGF) depuis le 30 juin 2020. En République démocratique du Congo, cette institution a la particularité de dépendre directement du président de République.
Jules Alingete est le « monsieur anticorruption » du nouveau président investi début janvier 2019, Félix Tshisekedi. Il est chargé de tenir l’une des promesses de campagne du chef de l’État : traquer les détournements massifs d’argent public qui ont ruiné le Congo-Kinshasa pendant les dix-huit ans de règne de l’ancien président Joseph Kabila.

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Jules Alingete, inspecteur général des finances en RDC. RFI/Sonia Rolley

Dans l’entretien qu’il nous accordé, les propos du patron de l’IGF sur les « mafieux » étaient d’autant plus durs qu’il a cité les dignitaires les plus puissants du régime Kabila, parmi lesquels : l’ancien gouverneur de la Banque centrale, Deogratias Mutombo, le président de l’entreprise minière publique Gécamines, Albert Yuma, ou encore le frère adoptif de Kabila, Francis Selemani, qui a dirigé la banque BGFI RDC jusqu’en 2018.[
’affaire qui émeut Jules Alingete est un scandale retentissant : le détournement de 43 millions de dollars de la Banque centrale, avec la complicité de la BGFI, au profit de l’Entreprise générale d’alimentation (Egal), une société d’importation de viande et de poisson appartenant à des personnalités du premier cercle de l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.

Consigne #1 : Rouvrir le dossier

Ce détournement a été révélé en 2016 par Jean-Jacques Lumumba, ancien salarié de la BGFIBank devenu lanceur d’alerte. Mais il a fallu attendre janvier 2021, deux ans après l’investiture de Félix Tshisekedi pour que l’IGF lance enfin une enquête.
Jusque-là, comme il l’avait déclaré en 2019, le nouveau président se refusait à « fouiner dans le passé », en particulier au sujet des affaires qui touchaient d’un peu trop près à son prédécesseur. Car la victoire de Félix Tshisekedi aux élections de 2018 reste entachée de graves irrégularités. Pour devenir président, il a dû passer un accord politique avec M. Kabila, qui a conservé pendant deux ans le contrôle des principales institutions du pays.
Mais au moment où Jules Alingete ouvre son enquête, en janvier 2021, rien ne va plus entre les alliés de 2018. Félix Tshisekedi a déjà pris le contrôle du Parlement et cherche à faire tomber le gouvernement issu de tractations avec le camp Kabila. Il souhaite aussi reprendre le contrôle de la Banque centrale du Congo (BCC), toujours sous le contrôle de son prédécesseur et de deux de ses proches qui siègent au conseil d’administration.
► RDC: deux ans après l’investiture de Félix Tshisekedi, la rupture avec Joseph Kabila

Quatre mois plus tard, en avril 2021, le rapport final de l’IGF est bouclé. Ce document accablant, que nous nous sommes procuré, dénonce « un montage savamment conçu » pour opérer un « détournement des deniers publics ». Le rapport pointe la « responsabilité » partielle du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo, qui démissionnera trois mois plus tard.
Mais surprise : Jules Alingete s’éloigne des conclusions de l’enquête de ses services. Il écrit aux directions d’Egal et de la BCC pour les dédouaner, rejetant toute la responsabilité sur la BGFI. Certains de ces courriers sont publiés par le site d’information Politico.cd.
Si le patron de l’IGF nous a accordé plus d’une heure d’entretien, c’est parce que notre enquête Congo Hold-up, basée sur 3,5 millions de documents issus de la BGFI obtenus par Mediapart et l’ONG PPLAAF, prouve le contraire : Egal a bien bénéficié en 2013 des 43 millions de fonds publics détournés et la BCC a viré cet argent.
Notre enquête révèle aussi qu’Egal a reçu 34,6 millions de fonds supplémentaires d’origine inconnue, qui ont pour la plupart transité par le compte de la BGFI à la Banque centrale. Soit un total de plus de 77 millions de dollars de fonds suspects, dont, comme on le verra plus loin dans le texte, six millions ont bénéficié à Joseph Kabila et à son premier cercle.
► Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents

Jules Alingete a-t-il voulu couvrir les éminents kabilistes qui peuplent ce dossier ? Il le dément formellement. « Je n’ai aucun intérêt à couvrir Egal », répond le patron de l’IGF. Il ajoute que le président Tshisekedi a été le « seul » à lui demander de « rechercher la vérité » dans cette affaire, alors qu’il a « souffert » de « pressions » d’autres acteurs du dossier.
Le patron de l’IGF dit ne pas avoir eu d’autres choix que de blanchir Egal et la BCC parce que la BGFI ne lui a pas fourni les documents qu’il avait demandés, et a finalement endossé toute la responsabilité dans cette affaire. La banque a même accepté de rembourser les 43 millions à l’État, alors qu’elle n’en a pas été la bénéficiaire ![
Dans sa réponse au projet Congo Hold-up, Jules Alingete estime que la BGFI a « sans doute » voulu « empêcher le gouvernement congolais de saisir les avoirs » d’Egal. « Face à un groupe de mafieux qui s'organise, qu'est-ce que je peux faire ? Ils arrêtent des stratégies pour donner l'impression qu'ils sont opposés, mais la BGFI, Egal, Yuma, ce sont un même groupe de gens », a-t-il ajouté lors de notre entretien.
Contactés, la BGFI, la BCC, Albert Yuma et Deogratias Mutombo n’ont pas répondu. Dans ses réponses écrites signées par son gérant Franck Tshibangu, Egal dément formellement avoir « reçu de l’argent de la Banque centrale du Congo », rappelle avoir été « mise hors de cause » par l’IGF, et refuse de répondre à nos questions car l’enquête judiciaire en cours « revêt un caractère secret ».

Consigne #2 : Identifier les responsables

Les documents Congo Hold-up permettent de raconter pour la première fois l’histoire secrète de ce scandale d’État, avec en toile de fond un enjeu vital : l’approvisionnement alimentaire de ce pays d’environ 100 millions d’habitants parmi les plus pauvres du monde, où une personne sur trois souffre de malnutrition aigue, selon l'ONU.
Selon un mémo interne de la BGFI, la société Egal a été fondée en 2013 par des « patriotes congolais » désireux d’offrir à la population de la viande et du poisson moins chers et « de meilleure qualité ». Ces « patriotes » sont tous des intimes de Joseph Kabila, selon des documents obtenus par l’ONG The Sentry, partenaire du projet Congo Hold-up.
Les dirigeants d’Egal sont le belgo-congolais Alain Wan et le belge Marc Piedboeuf, un duo d’hommes d’affaires à la tête d’une galaxie de sociétés (mines, ports, transport maritime, travaux publics), qui sont soupçonnées d’agir pour le compte de celui qui est désormais ancien président. Messieurs Wan et Piedboeuf ont par exemple été les actionnaires majoritaires de la puissante société agricole Grands Élevages du Bas Congo (GEL), avant de la céder à Ferme Espoir, une société détenue par Joseph Kabila et gérée par Marc Piedboeuf.

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Logo du Parc de la vallée de la N'Sele de la Ferme Espoir.:copyright: Ferme espoir

L’un des actionnaires d’Egal est la société Aremad Ltd (20%), immatriculée aux îles Vierges britanniques, paradis fiscal parmi les plus opaques du monde, où il est très facile de dissimuler l’identité réelle des propriétaires. Sollicité, André Wan, le fils d’Alain, nous a fourni un document du registre du commerce indiquant que l'unique propriétaire est sa sœur, et précise qu’elle « représente nos intérêts uniquement ».
Le plus gros actionnaire d’Egal (41%), Norbert Nkulu, n’est autre que l’avocat personnel de Joseph Kabila. Me Nkulu est l’homme des situations délicates : il a assuré bien des négociations au nom de l’ancien président, face aux opposants les plus féroces comme à de simples citoyens opposés au chef de l’État dans des conflits fonciers et expropriés. C’est aussi lui que Joseph Kabila nomme à la Cour constitutionnelle en mai 2018 avec deux autres proches pour verrouiller les résultats des élections qui auront lieu sept mois plus tard.

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Albert Yuma, ancien patron de la Gécamines.:copyright: JACQUES DEMARTHON / AFP

Le président du conseil d’administration d’Egal, qui détient 29,5% du capital, est l’un des piliers du régime Kabila : Albert Yuma, patron des patrons congolais, président de la compagnie minière d’État Gécamines et à l’époque également président du comité d’audit et administrateur de la Banque centrale. Comme nous l’avons révélé grâce aux documents Congo Hold-up, la Gécamines d’Albert Yuma a versé 20 millions de dollars à Sud Oil, une société-écran contrôlée par Francis Selemani, frère adoptif du président et patron à l’époque de la BGFI RDC.
Albert Yuma fait aussi rentrer, à hauteur de 5%, l’un de ses protégés : l’homme d’affaires Éric Monga, qui est depuis 2013 le patron des patrons dans la riche province minière du Katanga. Après deux ans comme directeur général d’Egal, il a revendu ses parts en 2015.
Sollicités, Norbert Nkulu, Albert Yuma et Éric Monga n’ont pas donné suite. Marc Piedboeuf et la famille Wan ont refusé de répondre à l’essentiel de nos questions, jugeant nos informations « pour la plupart mensongères » et notre démarche motivée par l’« intention manifeste de nuire ». Le 3 novembre, avant même la publication de cet article, ils ont déposé plainte à Kinshasa pour « dénonciation calomnieuse » contre nos partenaires Mediapart et De Standaard. Il y a quatre ansdans les colonnes du Journal Le Monde, Alain Wan et Marc Piedbœuf s’étaient défendus : « Nous étions présents avant M. Kabila et nous le serons après, l’existence de notre groupe et de nos sociétés n’est pas tributaire ni n’agit pour le compte de M. Kabila. »

Consigne #3 : Élucider l’origine des fonds

En cet été 2013, l’objectif de cette équipe de choc est de conquérir un gros morceau du marché des importations alimentaires, alors dominé par des entreprises étrangères, au premier rang desquelles Orgaman, un groupe familial belge présent en RDC depuis plus de soixante-dix ans.
En janvier 2014, Egal reçoit un appui déterminant de l’État congolais qui lui accorde une exonération totale de droits de douanes sur ses importations de poissons. Trois mois plus tard, Orgaman annonce brutalement l’arrêt de ses activités d’importations alimentaires, invoquant notamment une fiscalité trop élevée.
Monter une société comme Egal nécessite de gros moyens : il faut des bateaux, des camions, des entrepôts réfrigérés. Les promoteurs d’Egal ne peuvent, ou ne veulent, pas financer l’aventure. Ils mettent sur pied une incroyable combine financière pour obtenir cet argent de l’État congolais.
Le 10 juin 2013, un courrier portant la signature du ministre des Finances de l’époque, Patrice Kitebi, annonce à MW Afritec, l’entreprise de travaux publics du duo Wan-Piedboeuf, que l’État lui doit 64 millions de dollars pour « divers travaux effectués », et va payer 43 millions tout de suite.

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Lettre signée Patrice kitebi.:copyright: PPLAAF

L’enquête de l’IGF a établi que cette créance, totalement « fictive », a été créée pour « servir d’alibi au détournement ». Face aux inspecteurs, Patrice Kitebi a nié avoir signé. Il a refusé de nous répondre.
MW Afritec a transféré cette créance bidon à Egal, en vertu de deux « conventions » signées en mai et en juillet 2013. Ces contrats prévoient que l’argent que l’État doit à Afritec servira de garantie à un prêt de 40 millions accordé par la BGFI à la société d’importation de denrées alimentaires.
L’État tarde à payer. Qu’à cela ne tienne : la BGFI accorde dès la fin août 2013 un énorme « crédit » à Egal (27 puis 40 millions d’euros), sans examen du dossier et sans signer de convention de prêt, en violation des procédures internes. Un mois plus tard, Egal a déjà dépensé 19 millions de dollars !
Ce prêt ne sera régularisé qu’en janvier 2014. Des emails issus de Congo Hold-up et l’analyse informatique de leurs pièces-jointes montrent que la BGFI RDC a fabriqué des documents antidatés afin de faire croire à sa maison mère, basée au Gabon, que le crédit de 40 millions était régulier dès le départ.
De son côté, la Banque centrale du Congo (BCC) ouvre un compte à la BGFI et y transfère, essentiellement depuis son compte à la Rawbank, 43 millions de dollars. Puis le 29 novembre 2013, deux directeurs de la BCC ordonnent à la BGFI de virer, en plusieurs fois, les fonds à Egal, afin de régler la créance fictive. Comme le montre ses états financiers, la Banque centrale n’hésitera pas à falsifier son bilan comptable officiel, pour faire croire que ce paiement n’a jamais eu lieu.

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Ordres de virements de la BCC à Egal.:copyright: PPLAAF

L’argent atterrit sur un compte à la BGFI intitulé « Egal Séquestre », ce qui suggère que l’argent y est gelé par la banque en garantie du prêt. Nos documents montrent qu’il s’agit en réalité d’un compte courant, contrôlé par Egal.
Un an plus tard, un virement de trois millions de dollars est effectué depuis ce même compte « séquestre » d’Egal à Sud Oil, une société écran contrôlée par Francis Selemani, frère adoptif de Joseph Kabila et directeur général de la BGFI RDC, comme nous l’avons révélé vendredi dans notre première enquête Congo Hold-up. Voilà pourquoi on peut parler de six millions de dollars reçus par Joseph Kabila et son premier cercle.
► Congo Hold-up: Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila
Suite à la parution de cet article, Egal a démenti auprès de RFI, affirmant que la société « ne détient aucun compte dans aucune banque qui aurait opéré le virement évoqué en faveur de Sud Oil ».
Nous avons pourtant les preuves que ce paiement a bien eu lieu. Le 3 octobre 2014, le compte « Egal sequestre » a transféré 2 999 999,5 dollars à un compte technique de la BGFI baptisé « Virement en instance III », lequel a viré les fonds le même jour à Sud Oil.

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Virement du 3 octobre 2014 vers compte séquestre d'Egal.:copyright: PPLAAF

Egal disposait en parallèle à la BGFI, en plus du compte « séquestre », d’un autre compte destiné uniquement à payer les « investissements ». Lequel encaissait les prêts de la BGFI, garantis par les fonds fournis par la Banque centrale. Le montage semble avoir été conçu pour que le compte « séquestre », alimenté par les fonds publics détournés, ne règle pas directement les dépenses d’Egal.
L’opération a vite tourné au cauchemar pour la banque. Egal a connu une croissance stratosphérique, avec un chiffre d’affaires de 70 millions de dollars en 2015, deux ans et demi après son lancement. Mais l’entreprise dépense tellement d’argent sur son compte « investissements » qu’elle est incapable de rembourser les prêts.
Vu l’ampleur des impayés, il a fallu restructurer les emprunts plusieurs fois. En juin 2014, Egal obtient un nouveau crédit de quatre millions de dollars, garanti par une somme du même montant que l’entreprise a reçu son sur compte « séquestre ». L’argent vient d’un compte non spécifié à la Rawbank. S’agissait-il du compte de la Banque centrale à la Rawbank, qui avait déjà fourni la majorité des 43 millions un an plus tôt ? La BCC n’a pas répondu.

En mai 2016, la situation est catastrophique. Malgré 57 millions de dollars empruntés à la BGFI, le compte « investissements » est à découvert de 10 millions ! La banque bloque alors ce compte et prélève un total de cinq millions sur le compte « séquestre » pour régler les « impayés ».
Le 15 août 2016, le directeur général adjoint d’Egal, Marc Piedboeuf, supplie par email le frère du président Kabila et patron de la BGFI RDC, Francis Selemani, de « surseoir à ce blocage ». Il reconnait qu’Egal est « incapable » de rembourser les prêts, mais « souhaite vivement que cela puisse être discuté au plus tôt par TOUTES les parties concernées »« Je ne maîtrise pas tout, loin de là », insiste-t-il, comme pour rappeler qu’Egal est contrôlée par des très proches du président Kabila.
Un mois plus tard, Egal est sauvée par une arrivée de fonds providentielle. Le 29 septembre 2016, 30 millions de dollars sont virés sur son compte « séquestre », avec pour seul libellé « nivellement », en provenance du compte de la BGFI à la Banque centrale. Interrogés sur l’origine des fonds, Egal, la BGFI et la BCC n’ont pas répondu. Cette manne permet à Egal de rembourser une partie des prêts pour un montant de 28 millions de prêts et de débloquer son compte « investissements ».
Le compte séquestre est, lui, vidé deux ans plus tard. Au lendemain d’une réunion au sommet entre Francis Selemani et le nouveau patron d’Egal, le 9 mars 2018, ce dernier, Franck Tshibangu indique vouloir rembourser tous les prêts de la société « afin de redémarrer sainement son exploitation ».
Le 23 mars 2018, Tshibangu ordonne même à la BGFI de virer l’intégralité des 30 millions de dollars encore logés dans le compte « séquestre » : 26,2 millions pour rembourser les prêts, et le solde, soit 3,7 millions, à destination du compte de MW Afritec. C’est le seul virement que reçoit cette société à titre de remboursement : c’est pourtant elle qui avait amené cet argent à Egal (via la créance de 43 millions de l’État), argent qu’Egal s’était engagé à lui rembourser en intégralité.
Le 29 juin 2018, le compte « séquestre » est vide. Il ne fait aucun doute qu’Egal a intégralement dépensé les 77 millions de fonds suspects, dont les 43 millions détournés de la Banque centrale.

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La galaxie Egal.:copyright: RFI

Consigne #5 : Repérer les bénéficiaires

Qu’a fait l’entreprise d’importation de produits surgelés de tout cet argent ? Une partie a servi à financer ses pertes et les investissements. Mais nous avons aussi relevé plusieurs dizaines de millions de dollars d’opérations plus troubles.
Egal a par exemple viré dix millions de dollars renseignés comme des achats d’équipements (camions, grues, chambres froides). Sauf que l’argent n’a pas été versé directement aux fournisseurs, mais à ATMD, une société boîte aux lettres immatriculée à Hong Kong et contrôlée, comme le montrent ses statuts, par le duo Wan-Piedboeuf. Cette coquille offshore a aussi touché deux millions pour des « achats de poissons » et 550 000 dollars pour des travaux d’« études et conception ».
Egal a aussi versé la somme colossale de 37,5 millions de dollars à la société Samaki Fishing, basée en Namibie, le principal pays où Egal se fournit en poisson. Au conseil d’administration de Samaki, on retrouve l’un trois piliers d’Egal (Albert Yuma, Eric Monga et Marc Piedboeuf), ainsi que Haddis et Martha Tilahun, un couple très proche du parti au pouvoir à Windhoek, qui contrôle le puissant conglomérat namibien United Africa Group (UAG). Il arrive à Haddis de jouer les intermédiaires avec des groupes étrangers, ce qui lui a valu d’apparaître dans le dossier judiciaire de l’affaire Uramin.
Créée par un cabinet de domiciliation, Samaki est une société boîte aux lettres, inconnue dans le milieu de la pêche, qui ne possède ni quotas de pêche ni navires ni usines. Elle est immatriculée au siège d’UAG alors qu’elle n'apparaît pas dans l’organigramme public du groupe.

En août 2013, Egal vire 11,5 millions de dollars à Samaki pour « achat de poissons congelés », puis 1,25 million pour le même motif moins d’un an plus tard. À en croire les registres de douanes, il y a bien eu des livraisons en 2014, mais difficile de connaître leur volume. Albert Yuma lui-même avait reconnu auprès de l’ONG journalistique OCCRP que Samaki avait servi d’« intermédiaire ».
Samaki était-elle une société boîte aux lettres ? Elle est immatriculée au siège d’UAG alors qu’elle n'apparaît pas dans l’organigramme public du groupe. Le business plan confidentiel de Samaki indique que l’entreprise voulait initialement obtenir des permis de pêche pour 60 000 tonnes de maquereaux par an. La présentation précise qu’Egal s’est associée au couple Tilahun pour « acquérir ces droits à un prix compétitif » et « sécuriser » son accès au poisson namibien.
En l’espace d’un an, entre août 2014 et août 2015, Egal vire 19,5 millions supplémentaires à Samaki avec pour justification « paiement des charges d’exploitation ».
Aucun des protagonistes n’a accepté de nous répondre au sujet de la destination finale des fonds. Contactée, Martha Tihalun nie avoir jamais entendu parler de la société, alors que les documents officiels montrent qu’elle est administratrice depuis 2013.
Egal a enfin versé 14 millions de dollars à All Ocean Logistics (AOL), une société immatriculée aux îles Feroe, un archipel situé entre la Grande Bretagne et l’Islande, véritable paradis fiscal pour armateurs. AOL possède au moins un bateau de la flotte d’Egal : le navire frigorifique El Nino. C’est aussi par cette coquille que transite une partie des fonds destinés à financer ces opérations maritimes.
Egal et ses gestionnaires ont ainsi exécuté une lubie du président Kabila : la création d’un parc d’animaux sauvages dans son domaine de Nsele, au sud de Kinshasa, qui appartient à sa société agricole personnelle Ferme Espoir.

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Des lions au Parc de la vallée de la N'Sele.:copyright: RFI/Sonia Rolley

Comme l’ont révélé Le Monde et l’OCCRP en 2017, Egal a importé de Namibie vers la RDC, à bord du cargo El Nino, des centaines de bêtes sauvages. Des girafes, des zèbres, des buffles, des gazelles et des gnous bleus ont ainsi été acheminés dans le domaine présidentiel.
Notre enquête Congo Hold-up montre que les livraisons se sont poursuivies après cette date. Dans un rapport daté de juillet 2019, une fondation internationale pour la conservation des girafes, Giraffe Conservation Foundation, atteste que douze sur seize girafes sont mortes pendant le transport et suite à des problèmes d’acclimatation en RDC. En mai 2019, le cargo El Nino a transporté quatre éléphanteaux et leurs parents jusqu’à la Ferme Espoir.
Nous avons retrouvé dans les documents Congo Hold-up un paiement de 100 000 dollars à la société namibienne qui s’occupait de l’ exportation des animaux par une autre société de la galaxie Wan-Piedboeuf, Carrières du Congo.

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Document sur le transport de Girafes.:copyright: Wildlife Vets NamibiaConsigne #6 :  Transmettre le dossier à la justice[/size]

Le scandale Egal éclate le 29 octobre 2016, lorsque le quotidien belge Le Soir révèle, grâce à de premiers documents fournis par le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba, le paiement de 43 millions de dollars de la Banque centrale à Egal. Comme on l’a vu plus haut, il s’agit de la créance fictive que l’État congolais a « remboursée » en juin 2013 à MW Afritec, puis que MW Afritec a transférée à Egal.
► RDC: des révélations gênantes pour la famille Kabila à la Une d'un journal belge

À l’époque, tous les protagonistes protestent. Ils démentent formellement que ce paiement ait eu lieu. Un tel financement par la BCC d’une entreprise privée serait illégal, « comme n’importe où ailleurs dans le monde », déclare même Albert Yuma, actionnaire d’Egal et président du comité d’audit de la BCC. Aucune poursuite n’est engagée.
Deux ans plus tard, en 2018, les scandales se multiplient et des enquêtes internes sont lancées à la BGFIBank. Le directeur de l’audit, Yvon Douhoure, se charge personnellement du dossier Egal. Francis Selemani n’est plus directeur général de la BGFI RDC, il est officiellement nommé au Gabon.
Le 22 juin 2018, Yvon Douhoure envoie ses conclusions, documents à l’appui, à la directrice adjointe du groupe BGFI au Gabon, Huguette Oyini. Et confirme que l’argent a bien été fourni par la BCC à Egal. Il ajoute que le directeur des opérations de la BGFI RDC a menti sur ce point aux avocats de la banque : « [Il leur] avait dit que le cash collatéral [NDLR : montant versé sur le compte séquestre] avait été constitué en 2013 par des dépôts progressifs d’Egal. Nous notons donc que cela n'est pas vrai. »Le même mensonge dénoncé par Yvon Douhoure sera pourtant servi trois ans plus tard à l’Inspection générale des finances (IGF), lorsqu’elle ouvre enfin une enquête officielle en janvier 2021.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
L'affaire Egal en quelques dates.:copyright: RFI

Le 5 février 2021, le patron de l’IGF, Jules Alingete, écrit un courrier très dur à Egal, accusant la société de « détournement des deniers publics ». Le directeur d’Egal, Franck Tshibangu se défend : il répond que le compte « séquestre » sur lequel Egal a reçu les 43 millions et été ouvert et géré par la BGFI, « à l’insu » de la société. Des documents Congo Hold-up démontrent le contraire.
D’ailleurs, la BGFI conteste ces accusations. La tension entre la BFGI et Egal aurait encore monté alors d’un cran. En mars 2021, lors d’une réunion de travail à l’IGF, en présence de représentants de la présidence de la République et du ministère des finances, les représentants d’Egal et la directrice générale de BGFI RDC, Marlène Ngoyi, « en sont venus aux mains », assure Jules Alingete.
Selon lui, « quelques jours plus tard », la BGFI « a reconnu sa responsabilité ». Jules Alingete indique que c’est à cause de cela qu’il a envoyé, le 16 mars, un courrier à Egal indiquant que « la société […] a été mise hors de cause ».
La BGFI a-t-elle effectivement reconnu ses torts ? Ces déclarations du patron de l’IGF paraissent surprenantes car le 13 avril, le directeur général adjoint de la banque écrit à l’IGF qu’Egal a été « le bénéficiaire exclusif » des 43 millions et avait le contrôle du compte. Il fournit une preuve : l’ordre de virement d’Egal ordonnant en 2018 de vider le compte.
Egal réplique que cet ordre n’a jamais été effectué. Les documents Congo Hold-up montrent une fois de plus que c’est faux.
Pourtant, le patron de l’IGF insiste : la BGFI aurait craqué à nouveau, admis sa responsabilité, définitivement cette fois et accepté de rembourser. Alors qu’elle disposait de documents montrant qu’elle était seulement complice du détournement. « On a demandé à la BGFI de nous donner tous les documents. Elle ne nous les a jamais donnés, indique Jules Alingete. J’ai atteint mon objectif, qui est de récupérer l’argent de l’Etat. »

La BGFI aurait même accepté de rembourser. Pour preuve, Jules Alingete fournit un courrier daté du 25 octobre 2021 dans lequel l’avocat de la BGFI écrit à la BCC pour réclamer un échelonnement des paiements, avec un premier versement prévu en novembre.
Pourquoi la BGFI a-t-elle accepté de porter le chapeau ? Interrogée, la BGFI RDC et sa patronne de l’époque Marlène Ngoyi n’ont pas donné suite.
Du côté de la Banque centrale, après l’envoi du rapport à la présidence, Deogratias Mutombo, gouverneur de la BCC, et Albert Yuma, par ailleurs actionnaire d’Egal, ont tous deux démissionné du conseil d’administration de la Banque des banques. Pour M. Yuma, sa démission était une exigence officieuse du Fonds monétaire internationale (FMI) depuis trois ans, au vu du conflit d’intérêt évident (NDLR : il était le patron de la Gécamines). Ces démissions ont ouvert la voie à la signature d’un programme de trois ans avec l’institution financière internationale et d’un prêt d’un milliard et demi de dollars.
Interrogée sur sa gestion de l’affaire Egal, la Présidence de Félix Tshisekedi qui a participé aux réunions clefs assure n’avoir fait « aucune pression » et rappelle que « ce n’est pas à la présidence d’engager des poursuites ». Pour toutes les questions sur le fond du dossier, elle renvoie aux « réponses apportées » par le patron de l’IGF, et confirme que son dossier a été transmis à la justice[/size]

Quant au déblocage des nominations à la Banque centrale, elles sont des « décisions personnelles du président de la république et de la nécessité de la mise en conformité de son conseil d’administration et la loi organique régissant son fonctionnement. »
« J’ai fait mon travail, qui est de récupérer l’argent de l’État. C’est à la justice de déterminer les responsabilités de chacun », insiste de son côté le patron de l’IGF. Le procureur général de Kinshasa en charge de l’enquête pénale a refusé de nous répondre, invoquant le secret de la procédure.
Depuis huit ans, Egal est en tout cas devenu un poids lourd de l’alimentaire, en particulier grâce à ses chinchards importés de Namibie. Eric Monga, ancien directeur général, a écrit à notre partenaire PPLAAF qu'il « est de notoriété publique qu'avec l'avènement d'Egal, les prix de chinchards et des vivres frais ont chuté ». Mais les choses ne sont pas si évidentes, à en croire les prix du marché de Kinshasa publiés en ligne par l'Institut national de la statistique du Congo, l'Agence congolaise de presse et la Radio Okapi des Nations unies.
Fin 2016, soit deux ans après le début de l'activité d'Egal, les prix du chinchard dépassent de 20% les prix qu'ils atteignaient à la mi-2013. Ils ont continué d'augmenter au cours des années suivantes, même si, en 2020, une fois convertis des francs congolais vers le dollar, les prix ont légèrement diminué, selon les calculs de PPLAAF. Peu d'éléments montrent que la mission « patriotique » d'Egal pour lutter contre la faim a été un succès.

= https://www.radiookapi.net/2021/11/20/actualite/societe/rdc-une-enquete-de-19-medias-et-ong-revele-un-presume-detournement-de
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201013-rdc-igf-jules-alingete-nous-surveillons-d%C3%A9penses-publiques-jour-jour
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210108-rdc-la-soci%C3%A9t%C3%A9-egal-contre-attaque-apr%C3%A8s-des-accusations-de-jean-jacques-lumumba



"BgfiBank : Toute l’armée politique de Kabila contrattaque en ciblant Tshisekedi - 21.11.2021,
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96581_bgfibank_toute_l_armee_politique_de_kabila_contrattaque_en_ciblant_tshisekedi.html

"Congo Hold-up : « il y a dans le chef de cette union sacrée des médias et des ONG occidentaux, un appel à délation... - 21 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/21/congo-hold-up-il-y-a-dans-le-chef-de-cette-union-sacree-des-medias-et-des-ong-occidentaux-un-appel-a-delation-kikaya-bin-karubi.html/97934/

"Opinion: « Congo hold up »: fumée épaisse, flamme incertaine? - 22 novembre 2021
= https://afrique.lalibre.be/65765/opinion-congo-hold-up-fumee-epaisse-flamme-incertaine/

Le PPRD considère Congo Hold-up comme une attaque orchestrée contre Joseph Kabila et s’engage à réagir « avec énergie » - 22 novembre 2021"
= https://actualite.cd/2021/11/22/le-pprd-considere-congo-hold-comme-une-attaque-orchestree-contre-joseph-kabila-et

"Affaire BgfiBank/RDC : Du sensationnel réchauffé pour dénigrer Joseph Kabila - 20.11.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96557_affaire_bgfibank_rdc_du_sensationnel_rechauffe_pour_denigrer_joseph_kabila.html

"En tant que véritable allié, Martin Mayulu devait soutenir Joseph Kabila dans le dossier Congo Hold-up  - 22.11.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96614_en_tant_que_veritable_allie_martin_mayulu_devait_soutenir_joseph_kabila_dans_le_dossier_congo_hold_up.html



"CHRONIQUE DE MAMANE
Hold-up au Gondwana - 22/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-de-mamane/20211122-hold-up-au-gondwana
Au Gondwana il y a un nouveau type de hold-up bien particulier.
Audio 02:41
Podcast
= https://aod-rfi.akamaized.net/rfi/francais/audio/modules/actu/202111/CHR_MAMANE_22_11_Hold-up_au_Gondwana.mp3?dl=1



"LIBRE DEBAT DU 20 NOV 2021 | CONGO HOLD-UP : ENQUETE EFUNDI KABILA AYIBA PEUPLE"



"LIBRE DEBAT 22 NOV : FELIX TSHISEKEDI AKABI JOSEPH KABILA NA MABOKO YA BA PAYA?"



"CONGO HOLD-UP : RENE REVELE LE BUT DE CES REVELATIONS . KABILA EST UN DIABLE.BIENTOT AUX ARRETS"



"URGENT : HOLD_UP: LA RÉPONSE DE LA FAMILLE KABILA ? - 20 nov. 2021"




Compatriotiquement! 


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 24/11/2021, 2:51 am, édité 2 fois

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 24/11/2021, 12:58 am

CONGO HOLD-UP EN AVANT PASSIONNANT MAIS  DÉGOÛTANT ET MÊME CRIMINEL...
ET TOUJOURS AU CŒUR DU SCANDALE L'INCONTOURNABLE BGFI/RDC GÉNÉREUSEMENT ALIMENTÉE PAR LA BCC ET D'AUTRES INSTITUTIONS NATIONALES SOUS 'JK', SEULEMENT ET QU"EST-CE QUE L'ETAT CONGOLAIS EST CAPABLE DE FAIRE CONTRE AUJOURD''HUI ?'



"Congo Hold-up: la caisse noire de la Banque centrale du Congo
Les rouages d'un pillage d'état

= https://www.mediapart.fr/journal/international/221121/congo-hold-banque-centrale-de-la-rdc-les-rouages-d-un-pillage-d-etat
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211122-congo-hold-up-la-caisse-noire-de-la-banque-centrale-du-congo
La Banque centale de la République démocratique du Congo a ouvert à la BGFI Bank un compte qui a servi à verser 76 millions de dollars à la famille et aux associés de l’ancien président Joseph Kabila, puis a maquillé son bilan officiel pour masquer certains paiements. Une enquête de Médiapart avec le consortium EIC, RFI et ses partenaires.

En République démocratique du Congo, comme ailleurs, la Banque centrale (BCC) est le gendarme du système bancaire. Son nom doit évoquer rigueur et sérieux. Avec son service d’audit, elle peut mettre au pas des banques commerciales comme la BGFIBank. Bref, c’est une institution-clef pour éviter les pillages des ressources de l’État et s’assurer du respect par les autres institutions financières des règles et lois en vigueur dans le pays.
Sous la direction du gouverneur Deogratias Mutombo, l’institution a été dévoyée, et transformée en une source de financements au bénéfice de la famille et des proches de l’ancien président Joseph Kabila (2001-2019). C’est ce que démontre notre enquête Congo Hold-up, basée sur plus de 3,5 millions de documents confidentiels issus de la banque BGFI, obtenus par Mediapart et l’ONG PPLAAF, et analysée par 19 médias dont Radio France internationale (RFI) et cinq ONG internationales, coordonnés par le réseau européen EIC.

Ces documents montrent que la Banque centrale du Congo (BCC) a ouvert à la BGFI RDC un compte bancaire qui a fait office de caisse noire pour le premier cercle de Joseph Kabila. Ce compte a servi à détourner la bagatelle de 76 millions de dollars de fonds publics.

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Siège de la BGFIBank à Kinshasa. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Tout a commencé en avril 2013, lorsque celui qui est encore chef de l’État, Joseph Kabila installe comme gouverneur de la BCC un homme à sa main, l’économiste Deogratias Mutombo qui a finalement démissionné sans raison avancée en juillet 2021, avant la fin de son mandat.

Fait #1 : Des états financiers maquillés

En juillet 2013, quatre mois à peine après la nomination de Mutombo, la BCC ouvre un compte à la banque commerciale BGFIBank RDC, dirigée à l’époque par Francis Selemani Mtwale, frère adoptif du président Kabila, qui a profité de cette position pour aider sa famille et certains proches à détourner 138 millions de dollars dans les caisses de l’État.
Le nom du compte, « BCC Equipements », suggère que la Banque centrale comptait s’en servir pour acheter du matériel pour le compte de l’État. Impossible de connaître l’intention réelle ou supposée de ces auteurs. Ni M. Mutombo ni l’actuelle Banque centrale du Congo n’ont accepté de répondre à nos questions.
En réalité, il sert pour détourner 43 millions de dollars de la Banque centrale au profit de l’Entreprise générale d’alimentation (Egal), une entreprise d’importation de poisson et de viande fondées par de très proches du président Kabila. L’un des actionnaires Egal n’est autre que le puissant homme d’affaires Albert Yuma, à l’époque membre du conseil d’administration de la Banque centrale et président de son comité d’audit. C’est lui, le garant de l’intégrité de l’institution.
Ce paiement de 43 millions de dollars de la Banque centrale à Egal via la BGFI est aujourd’hui qualifié de « détournement de fonds publics » par un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). À l’époque, pour masquer ce paiement, la BCC n’a pas hésité à maquiller son bilan comptable officiel, audité par le cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC) et publié sur son site.
Les états financiers 2013, publiés l’année suivante, ne font pas mention de ces mouvements. La BCC disposait au 31 décembre, sur son compte à la BGFI, de 43 119 041 dollars, présentés comme des « disponibilités à vue en monnaie étrangère », c’est-à-dire de l’argent qui lui appartient et qui peut être retiré à tout moment de ses comptes à la banque

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Etats financiers 2013. :copyright: PPLAAF/Mediapart

En réalité, le solde du compte « BCC Equipements » à la BGFI était seulement de 119 041 dollars. Car les 43 millions n’appartenaient plus à la Banque centrale : ils avaient bel et bien été virés à Egal, en cinq versements, comme le prouvent les ordres de virement adressés à la BGFI le 29 novembre 2013.
Un expert en comptabilité bancaire, interrogé par Mediapart et ses partenaires, a estimé que la présentation comptable de ces 43 millions était erronée.
C’est également la conclusion du rapport d’enquête sur l’affaire Egal bouclé en avril 2021 par l’Inspection générale des finances, un service qui dépend de la présidence de la République. Le rapport indique que la BCC a tenu une « fausse comptabilité » pour «couvrir le détournement » des fonds publics.
Interrogés sur ses accusations, la BCC et son gouverneur de l’époque, Deogratias Mutombo, n’ont pas répondu.

Fait #2 : Joseph Kabila comme bénéficiaire

Suite à l’opération Egal, le compte « BCC Equipements » a servi à effectuer plusieurs autres opérations troubles. Il a reçu au total 118 millions de dollars, fournis pour l’essentiel par la Banque centrale elle-même, mais aussi, à hauteur de 30 millions, par la Gécamines, l’entreprise minière d’État présidée par Albert Yuma qui cumule à l’époque beaucoup de fonctions. Ce dernier est toujours cité dans des transactions douteuses sur lesquelles l’enquête Congo Hold-up va au cours de ces prochains lever des voiles. Contactés, Albert Yuma et la Gécamines n’ont pas donné suite.
Le 22 janvier 2015, le compte a viré 800 000 dollars à Congo Motors, un concessionnaire automobile, ce qui correspond a priori à l’achat d’« équipements ». Mais Congo Motos a retiré l’intégralité de l’argent en liquide le jour même. Interrogée, la société n’a pas répondu.
En 2016, sur trois mois, le compte « BCC Equipements » a versé 32,1 millions de dollars à Sud Oil, une société boîte aux lettres contrôlée par Francis Selemani, frère du président Joseph Kabila, qui dirigeait à l’époque la BGFI RDC.
D’abord, le 5 juillet 2016, ce compte de la Banque centrale vire ainsi 32,43 millions de dollars à Sud Oil, avec pour seul libellé «<em> règlement </em>». Le même jour, la société renvoie 30,28 millions sur le compte « BCC Equipements », avec pour libellé « swap », le nom d’un produit financier dérivé. Profit pour Sud Oil : 2,14 millions de dollars.
Ensuite, le 29 septembre 2016, le même compte « BCC Equipements » a viré la bagatelle de 30 millions de dollars à Sud Oil.]

Un an plus tard, la Banque centrale ouvre un nouveau compte à la BGFI, baptisé « BCC Equipements cash collateral ». Ce nom suggère que le compte était destiné à stocker des liquidités en garantie d’un prêt. Mais la BCC n’a rien emprunté à la BGFI. Et le compte a été actif pendant seulement 20 jours, le temps de verser de l’argent au président Joseph Kabila.
Entre le 26 septembre et le 16 octobre 2017, ce compte reçoit trois milliards de francs congolais (1,9 millions de dollars), dont 2,65 milliards d’origine inconnue et 353 millions (225 000 dollars) fournis par l’Assemblée nationale. Le 16 octobre, la BCC vire l’essentiel de l’argent (l’équivalent de 1,75 millions de dollars) à Port de Fisher, une société majoritairement détenue par Joseph Kabila. Nous y reviendrons dans les tous prochains jours.

Fait #3 : les suspicions d’un cabinet d’audit

Ces détournements de fonds publics sont également fort embarrassants pour le grand cabinet d’audit international PriceWaterhouseCoopers (PWC), qui contrôlait à la fois les comptes de la Banque centrale et de la BGFI !
Dès novembre 2013, les auditeurs de PWC constatent que la BGFI n’a pas fourni le moindre document « justifiant » le solde du compte BCC Equipements. Ils n’obtiennent rien.
Le 14 juillet 2015, un cadre de la BGFI prévient son supérieur que « les auditeurs PWC désirent avoir des pièces probantes justifiant le solde » du compte BCC Equipements, par exemple « un extrait de compte, une copie swift, ou un contrat ». « Nous n’avons pas obtenu la documentation qui justifie la nature des transactions passées dans ce compte », déplore PWC dans son rapport envoyé huit jours plus tard à la banque.

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Document du cabinet PWC sur l'audit de la BCC. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Les auditeurs demanderont les même documents chaque année, jusqu’en 2017, toujours sans résultat. Malgré cette obstruction, ils se contentent de faire remarquer que le point reste « à suivre », apparemment sans émettre de réserves sur les comptes.
PWC s’est montré encore moins perspicace à la Banque centrale. Les auditeurs ont certifié les comptes sans réserve entre 2013 et 2015, alors même que la BCC prétendait avoir sur son compte à la BGFI les 43 millions de dollars versés à Egal.
Interrogé par Mediapart, RFI et leurs partenaires, PWC RDC n’a pas répondu.
En 2016, l’affaire Egal est dévoilée par le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba. Cette même année, pour la première fois, la BCC ne publie pas ses états financiers, on ignore pourquoi.
En 2018, Francis Selemani quitte, suite à plusieurs scandales, son poste de directeur général de la BGFI, tandis que son frère Joseph Kabila cède la présidence à Félix Tshisekedi en janvier 2019.
Dans la foulée, la Banque centrale publie à nouveau ses comptes, pour l’exercice 2018, dans lesquels elle corrige enfin la fausse écriture. Le solde de son compte à la BGFI est désormais exact, les 43 millions versés à Egal cinq ans plus tôt n’y figurent plus.

En juillet 2021, trois mois après le rapport accablant de l’Inspection générale des finances (IGF) sur l’affaire Egal, le gouverneur de la Banque centrale Deogratias Mutombo démissionne. Albert Yuma quitte son poste d’administrateur. Ce qui permet à Félix Tshisekedi de nommer une nouvelle équipe dirigeante conformément aux souhaits du Fonds monétaire internationale (FMI).
Il restait alors 33 millions de dollars sur le compte « BCC Equipements » à la BGFI.
Le patron de l’IGF, Jules Alingete se dit choqué des pratiques qu'il a constatées à la BGFI RDC : « Ils sont spécialistes du maquillage des comptes. Ils vous amènent des comptes qu'ils fabriquent. Quand vous allez dans le système informatique, ces comptes n'existent pas. »
Le 15 septembre dernier, il écrit à la nouvelle gouverneure de la BCC, Malangu Kabedi, pour lui conseiller, vu les « graves irrégularités » commises par la BGFI dans l’affaire Egal, de « tout mettre en œuvre pour clôturer » les comptes de la Banque centrale à la BGFI et de transférer l’argent « vers une autre banque commerciale ».
On ignore si le compte « BCC Equipements » a finalement été fermé. Interrogée, la BCC n’a répondu.



"Congo Hold-up: sur les traces de Port de Fisher, la mystérieuse société de Joseph Kabila
Le megayacht et la société fantôme de Joseph Kabila

= https://amp.rfi.fr/fr/afrique/20211123-congo-hold-up-sur-les-traces-de-port-de-fisher-la-myst%C3%A9rieuse-soci%C3%A9t%C3%A9-de-joseph-kabila
= https://www.mediapart.fr/journal/international/231121/congo-hold-le-megayacht-et-la-societe-fantome-de-joseph-kabila
La fuite de millions de documents et transactions bancaires à la BGFIBank révèle certaines des activités de l’ancien chef de l’État de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Dix-neuf médias et cinq ONG ont enquêté sur l’une de ses sociétés, Port de Fisher dont il devient actionnaire majoritaire en 2015. Port de Fisher était, en septembre 2018, le plus gros compte en volume de dépôts de la BGFI. Enquête réalisée avec Mediapart, De Standaard, KVF, NRC, PPLAAF et The Sentry.

« Port de Fisher ? Ça n’existe plus depuis la Première Guerre mondiale », explique Fabrice Mabiala, patron d’une auberge qui porte ce nom à Boma, en République démocratique du Congo (RDC), sur les rives du puissant fleuve Congo, à une centaine de kilomètres en amont de l’océan Atlantique. « C’était le port privé d’un colon et ça se trouvait là-bas », ajoute-t-il encore en désignant un point au loin. « Juste au-dessus, il y a sa maison et les carcasses de ses Mercedes. Il est le premier à avoir importé des voitures au Congo. »
L’histoire n’est sans doute pas exacte et la véritable orthographe du nom de ce deuxième classe belge, qui débarque vraisemblablement en 1890 sur les rives de Boma et qui y meurt quatre ansplus tard, est Fischer.
« Fisher », « Ficher », les habitants de cette ville commerçante l’écrivent de toutes les manières possibles, comme les banquiers de la BGFI. Sans savoir que le « Port de Fisher », qui n’existe plus depuis un siècle, est devenu le nom d’une société. Depuis novembre 2015, elle a un actionnaire majoritaire célèbre : l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.

L’enquête Congo Hold-up montre qu'à la suite de cette prise de contrôle, Port de Fisher a reçu 3,3 millions de dollars d’argent public supplémentaires, fournis par la Banque centrale, la Commission nationale électorale indépendante (Céni) et l’Assemblée nationale.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  IMG_3135-1  
L'auberge Fischer à Boma, en République démocratique du Congo. RFI/Sonia Rolley [/size

Notre enquête est basée sur plus de 3,5 millions de documents et des millions de transactions issus de la banque BGFIBank, obtenus par Mediapart et l’ONG Plateforme de protection des lanceurs d’alerte d’Afrique (PPLAAF), et analysés par 19 médias, dont Radio France internationale (RFI), coordonnés par le réseau européen EIC, et cinq ONG internationales (PPLAAF, The Sentry, GEC, Resource Matters, Public Eye).
En septembre 2018, Port de Fisher est devenue le premier déposant à la BGFIBank avec près de dix millions de dollars de dépôts, loin devant le ministère des Finances. Nous avons cherché à comprendre les activités réelles de cette mystérieuse société du désormais sénateur à vie Joseph Kabila.

Indice #1 : Financer la rénovation du yacht Enigma XK

C’est un succès fulgurant. Port de Fisher a vu le jour six années plus tôt, le 20 août 2012, à en croire le registre congolais des sociétés. Selon des statuts de cette société datés du 28 septembre 2013 et obtenus par notre partenaire, l’ONG The Sentry, ses activités ont des allures de fourre-tout : commerce général des produits agricoles, exploitation portuaire, prestations de services de toute nature, manutention, entreposage, transport fluvial, lacustre, maritime et terrestre.
Le nom de Joseph Kabila ne figure a priori pas parmi les actionnaires de départ. Ce sont deux sociétés d’un duo d’hommes d’affaires membres du premier cercle de l’ancien président, déjà au cœur de nos révélations Congo Hold-up : le Belgo-Congolais Alain Wan et le Belge Marc Piedboeuf.
La société African Research Maintenance and Development Limited (Aremad), une société gérée par la famille Wan, détient 65% des parts. Elle est basée aux îles Vierges britanniques, paradis fiscal parmi les plus opaques du monde.
Interrogé par notre partenaire PPLAAF sur les bénéficiaires effectifs de cette société, André Wan, le fils d’Alain et député provincial du Kongo Central, nous a transmis un document officiel des îles Vierges qui présente sa sœur comme l’actionnaire unique d’Aremad et assure qu’elle représente « uniquement » les intérêts de sa famille.

L’autre actionnaire de Port de Fisher, avec 35% des actions, est l’entreprise de BTP bien connue en RDC, MW Afritec, propriété, elle aussi, d’Alain Wan et de Marc Piedboeuf.
Port de Fisher est domicilié Route des poids lourds à Kinshasa, au siège de plusieurs de leurs sociétés dont MW Afritec et Carrières du Congo. La gérante de Port de Fisher, Cléopatre Fumu, femme de confiance du duo Wan-Piedboeuf, travaille pour les trois sociétés.
Dans le partenariat d’affaires entre l’ancien président Kabila et le duo belgo-congolais, on a parfois du mal à distinguer qui possède quoi. Wan et Piedboeuf ont, par exemple, été les actionnaires majoritaires de la puissante société agricole Grands Élevages du Bas-Congo (GEL), avant de la céder à Ferme Espoir, une société appartenant à l’ancien président Joseph Kabila. GEL reste aujourd’hui gérée par Marc Piedbœuf.
Et c’est aussi vrai pour le yacht Enigma XK qui, depuis une enquête de nos confrères du journal Le Monde en 2017, est attribué à Joseph Kabila. Son propriétaire est officiellement une société appelée MW Afritec SA comme l’entreprise de BTP congolaise, mais immatriculée aux îles Marshall, un paradis fiscal sorti de la liste noire de l’Union Européenne en 2019.
Ce somptueux yacht de 73 mètres a tout d’une folie princière. Véritable palace flottant, il est doté d’un salon à colonnades, d’un héliport, d’un sauna et d’un jacuzzi. Le pont est suffisamment grand pour y loger une Jeep et des jet-skis. C’est un ancien patrouilleur de la marine écossaise qui a été entièrement rénové pendant trois ans à La Rochelle par l’entreprise française Atlantic Refit Center. Montant des travaux, selon Le Monde : 25 millions d’euros. Ce chantier pharaonique est couronné en 2014 par le prix de la meilleure rénovation de yacht de l’année, décerné par le magazine Boat International.

Interrogés à l’époque sur le financement de ces travaux, Alain Wan et Marc Piedbœuf assurent, par courriel au journal Le Monde, que « les fonds de la réalisation du navire viennent de Mme Virginie Mambimbi [la mère d’Alain Wan], de Marc Piedbœuf et des dividendes d’Afritec pendant ses heures de gloire. »
Les documents Congo Hold-up révèlent, au moins en partie, la face cachée de cette opération. Pour la rénovation de l’Enigma, trois sociétés de la nébuleuse Wan-Piedboeuf ont viré depuis la BGFIBank, entre mai 2012 et mars 2014, pour un total de cinq millions d’euros au chantier naval français Atlantic Refit.
MW Afritec et Carrières du Congo ont payé 2,7 millions d’euros. Mais les 2,3 restants, soit 3,1 millions de dollars au taux de l’époque, viennent d’une société dont personne ne connaissait l’existence : Port de Fisher.
L’analyse des comptes de cette société révèle qu’au moment de ces virements, en 2013, Port de Fisher est au moins en partie alimentée par la société d’importation de viandes et de poissons Egal, appartenant à des personnalités du premier cercle de Joseph Kabila et dirigée par le duo Wan-Piedboeuf.
Le 29 juillet 2013, l’un des comptes d’Egal à la BGFIBank vire 1,5 million de dollars à Port de Fisher.
À cela pourrait s’ajouter un financement en liquide. Le 14 août, sur ce même compte d’Egal, un retrait d’un montant de 1,755 million de dollars est effectué. Un montant équivalent au centime près est versé en deux dépôts à partir du 29 août sur celui de Port de Fisher.
Le lendemain, le 30 août 2013, Port de Fisher ordonne son premier virement vers Atlantic Refit Center qui s’occupe de la rénovation d’Enigma. Deux autres seront effectués dans les semaines qui suivent.

Ces révélations pourraient avoir un large écho en République démocratique du Congo, car Egal est aujourd’hui sous enquête pour avoir reçu durant cette période des montants colossaux de la part de la Banque centrale du Congo (BCC).
Notre enquête, basée sur les documents Congo Hold-up, montre que sur les 3,1 millions de dollars versés par Port de Fisher pour la réhabilitation du yacht, au moins 794 000 dollars pourraient provenir de ces fonds de la BCC.
Wan et Piedboeuf ne dépensent pas l’argent sans compter. Ils supervisent de près les travaux d’Enigma, via MW Afritec. Un des sous-traitants français porte plainte en justice contre la société du duo pour obtenir le paiement de factures d’un montant total de 390 429 € que le duo conteste. Le sous-traitant obtient même la saisie conservatoire du bateau par une ordonnance datée du 31 octobre 2014. Elle sera confirmée par deux décisions de justice jusqu’à la chambre commerciale de la cour de cassation en 2017.
À noter que juste avant la première décision, Alain Wan et Marc Piedboeuf prennent soin de changer Enigma XK de pavillon. Jusqu’au 10 octobre 2014, ce navire est immatriculé à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, pays ayant ratifié la convention de Bruxelles (de même que la France) qui autorise ce type de saisie. Il va passer sous pavillon des Îles Marshall, pays non signataire.
La créance a-t-elle été finalement payée ? En tout cas, le yacht a été vu pour la dernière fois au large du Cap, en Afrique du Sud. Selon son manager, Per Brag, de l’entreprise Shipping FO, il serait à l’heure actuelle « en réparation » dans ce port.
Interrogé par notre partenaire PPLAAF, Per Brag assure que « le propriétaire ultime du yacht est M. André Wan, c'est la personne avec laquelle nous avons fait toutes les affaires » et que ses employés « ont passé un certain temps à bord et n'ont appris l'existence de personne d'autre, pas plus que l'équipage à bord ».

Indice #2 : capter des fonds publics

Le 10 novembre 2015, au cours d’une assemblée générale extraordinaire de la société, l’actionnariat de Port de Fisher change complètement.
Aremad cède 55% du capital à la Société Les Grands Élevages du Bas-Congo (GEL), détenue à 100% par Ferme Espoir qui appartient elle-même à Joseph Kabila (80%) et à deux de ses enfants, Joséphine Sifa Kabange (10%) et Laurent-Désiré Kabila (10%), un enfant qui porte donc les mêmes prénoms et nom que son célèbre grand-père.
Une société inconnue, Allamanda Trading Limited, devient son associé à raison de 35% du capital social. Une source du premier cercle de Joseph Kabila assure à notre partenaire The Sentry qu’elle lui appartient aussi. Contacté, Joseph Kabila n’a pas donné suite.
L’ancien président est donc l’actionnaire majoritaire de Port de Fisher et bénéficiaire principal de ses comptes à la BGFIBank.
Cette société sous le contrôle de Joseph Kabila a reçu des fonds publics. Port de Fisher reçoit indirectement plusieurs virements d’un montant total de plus de 1,5 million de la Commission électorale de la RDC (Céni). Entre décembre 2016 et juin 2017, ces fonds transitent par un compte interne à la BGFI appelé « OAR Change ».
Pour la centrale électorale congolaise, ces opérations apparaissent comme des opérations de change.
En décembre 2016, 953 000 dollars sont ainsi prélevés.
Entre mars et juin 2017, la Céni a changé, à huit reprises, des francs congolais (CDF) contre des dollars. Mais à chaque fois, la BGFI, sous le contrôle de Francis Selemani Mtwale, frère de Joseph Kabila, en a prélevé une partie au passage pour les virer à Port de Fisher, pour un total de 593 000 dollars.
Port de Fisher a également reçu des fonds de la Banque centrale du Congo depuis son compte à la BGFI. En octobre 2017, ce compte a viré à Port de Fisher l’équivalent de 1,75 million de dollars, dont 225 000 fournis quelques jours plus tôt par l’Assemblée nationale.

Parmi les autres contributeurs de Port de Fisher, on découvre en février 2017 les Établissements Sinaco, un importateur de ciment chinois qui vire 1,1 million de dollars du compte Sinaco à la BGFI. Son gérant, Tony Kapalata, assure n’avoir « aucune relation » avec la société de Joseph Kabila. « S'il s'avère que ce que vous me dites est vrai, je serai le premier à porter plainte contre la banque », ajoute-t-il.

Indice #3 : Payer une société sans adresse

Dans les dépenses de Port de Fisher, certaines interpellent.
Le 5 février 2016, 500 000 dollars en liquide sont déposés sur le compte de la société. Quatre jours plus tard, Port de Fisher vire l’argent sur un compte à la banque ING de Bruxelles d’une société nommée « Mambimbi Wan Afritec ». Le nom évoque MW Afritec, la société congolaise de travaux publics du duo Wan-Piedboeuf ou encore MW Afritec SA, propriétaire du yacht Enigma.
Sauf que la facture justifiant ce paiement a été émise par une autre société, « MW-Afritec Marine », basée au 14/10 rue Gatti de Gamond, dans un quartier résidentiel peuplé d’immeubles de la très chic commune bruxelloise d’Uccle. Officiellement, il s’agit du paiement, par Port de Fisher, des « frais de réparation, architecture et conception » du navire Casino II à La Rochelle, l’endroit même où le yacht Enigma a été rénové.
Nous n’avons pas trouvé trace d’un Casino II dans les bases de données publiques. Contacté, le chantier naval de La Rochelle Atlantic Refit Center n’a pas répondu.

Il y a encore plus embarrassant. De toute évidence, la société qui a reçu l’argent n’existe pas. Il n’y a aucune trace de sociétés dénommées Afritec, « Mambimbi Wan Afritec », « MW-Afritec Marine » au registre belge du commerce, ni en longeant les trottoirs de la rue Gatti de Gamond à Uccle.
Au numéro 14, il n'y a qu'une maison familiale. Au numéro 24/10, notre partenaire De Standaard a trouvé trois autres sociétés liées à la famille Wan, dans un immeuble banal avec vue arrière sur une académie de jeunes footballeurs. Le nom sur la sonnette est « Wan/Egal EU SRL ». Dans une autre facture, la société fantôme « Mambimbi Wan Afritec » est déclarée domiciliée au 1416 de la même rue. Ce numéro n’existe pas.
Cette société sans domicile connu, « Mambimbi Wan Afritec », a perçu au total 7,1 millions de dollars sur son compte à la BGFI : 6,6 millions d’Afritec et d’une autre société de Wan et Piedboeuf, 500 000 dollars de Port de Fisher, et deux millions de Sud Oil, la société écran au cœur des révélations Congo Hold-up, qui a détourné 92 millions de dollars des caisses de l’État.
Nous avons aussi identifié un virement de 2 millions de dollars à « Mambimbi Wan Afritec », effectué par Sud Oil à la société-écran au cœur des révélations « Congo hold-up », qui a détournée à elle seule 92 millions de dollars des caisses de l’État au profit de la famille et du premier cercle de Joseph Kabila. Nous n’avons pas pu établir avec certitude si l’argent a atterri en Belgique.*

Qui était le titulaire du compte bancaire à l’ING de Bruxelles ? Qu’est devenu cet argent ? La Banque ING a refusé de répondre, ainsi que les familles Wan et Piedboeuf, considérant que nos informations sont « pour la plupart mensongères » et notre démarche motivée par l’« intention manifeste de nuire ». Le 3 novembre, avant même la publication de cet article, leur avocat a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre nos partenaires Mediapart, De Standaard et PPLAAF, auprès d’un procureur général de Kinshasa.
Deux ans plus tard, en juin 2018, Port de Fisher vire cette fois 940 692 dollars à la société Congo Premier. Elle appartient à Victor Kasongo Shomary, à l’époque administrateur de la BGFI et ancien membre du conseil d’administration de Kwanza Capital, l’une des sociétés de la galaxie Sud Oil. Ce virement permet à Victor Kasongo de rembourser un prêt de plus de 900 000 dollars qu’il avait contracté auprès de cette banque.
Interrogé par l’enquête Congo Hold-up, ce dernier donne sa version : il possédait, à l’époque, une ferme et des terrains, qui jouxtaient l’immense domaine présidentiel de Kingakati. Propriété de Ferme Espoir, la société personnelle de Joseph Kabila, ce domaine abrite l’une de ses résidences privilégiées et son zoo personnel peuplé de centaines d’animaux sauvages.
Pour solder son prêt, Victor Kasongo indique avoir vendu son domaine à « la Ferme Espoir de la famille Kabila », et pas du tout à Port de Fisher. « Je ne connais pas la société mentionnée et je n’ai rien signé avec eux », a-t-il insisté. C’est pourtant bien Port de Fisher qui a payé.
Indice #4 : Construire un port ?
Port de Fisher devient le plus gros déposant de la BGFIBank et toutes ces opérations ont lieu alors que la banque n’avait « aucune information sur les actionnaires et dirigeants de la société ». C’est ce qu’on apprend dans un tableau Excel intitulé « Suivi des activités » diffusé en interne le 24 juillet 2017 par le service de conformité de la banque.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  PORTFISHEREXEL  
Tableau Excel intitulé «Suivi des activités», diffusé en interne le 24 juillet 2017 par le service de conformité de la BGFI. PPLAAF/Mediapart

Les documents Congo Hold-up montrent même que les comptes de Port de Fischer sont bloqués en 2018 et que toutes les opérations sont « forcées » à chaque virement, chèque ou retrait liquide demandé par le « client ».
Par exemple, le 11 mai 2018, un employé demande à Moreau Kaghoma, directeur des opérations de la BGFIBank : « Pouvez-vous forcer opération de retrait. Motif: Blocage Débit. Montant : 799 300 $. Client : SPRL PORT DE FICHER ». Il ne faut pas s’attendre à plus d’explications, même en interne. Les messages sont économes en mots. Contacté, Moreau Kaghoma a renvoyé pour toute question à la BGFI qui, elle, n’a pas donné suite à nos questions.
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Mail d'un employé à Moreau Kaghoma, directeur des opérations de la BGFIBank, le 11 mai 2018.PPLAAF/Mediapart

Mais que fait Port de Fisher ? Difficile de le comprendre, même avec 3,5 millions de documents bancaires et plus encore de transactions en notre possession.
Dans le procès-verbal de l’assemblée extraordinaire de Port de Fisher, daté de novembre 2015, qui officialise la participation de Joseph Kabila, une autre société fait son entrée au capital : la Société commerciale des transports et des ports (SCTP, ex-ONATRA), une entreprise publique moribonde qui gère notamment le port principal de Boma, avec 10% des parts.

Nous avons posé la question à la gérante de Port de Fisher. Cleopatre Fumu, gérante de la société et femme de confiance du duo Wan-Piedboeuf. Elle nous a répondu que Port de Fisher a tenté, à une date non précisée, de créer avec la SCTP un « port sec » destiné à désengorger le port principal de Boma, projet qui n’a « malheureusement […] pas retenu l’attention du ministère ». Joseph Kabila n’était pas, selon elle, actionnaire de Port de Fisher à l’époque. Nos documents montrent pourtant qu’il est entré au capital en même temps que la SCTP.
Mais une analyse d’une demande de financement de la société MW Afritec vient remettre en cause cette version. Dans un document adressé par e-mail le 30 janvier 2017 au directeur général de la BGFIBank RDC, Francis Selemani Mtwale, qui est aussi le frère de Joseph Kabila, on apprend que « dans le cadre de la réhabilitation du Parc à conteneurs de la SCTP à BOMA, la société MW AFRITEC a signé un contrat avec la SCTP d’une valeur d’USD 18.093.348,75 » et « étant donné les travaux à faire, les conteneurs existants doivent être déplacés vers le Port de Fisher ».
Selon ce document, ce contrat a été signé le 21 août 2015, moins de trois mois avant le changement d'actionnaire chez Port de Fisher.
Ces travaux de modernisation ont été officiellement lancés par le directeur général de la SCTP, en présence de responsables de MW Afritec, en août 2015.
En 2017, quand MW AFRITEC demande un financement à la BGFIBank, il annonce à la banque signer « un protocole d’accord avec la société EGAL pour le remboursement des travaux à hauteur de 70% de la valeur totale du projet soit USD 12.665.344,13 ». L’analyse de la demande de financement d’Afritec précise que « les différents paiements effectués par la société EGAL à la SCTP dans le cadre des frais générés par les envois (de conteneurs) serviront pour le paiement des travaux effectués par MW AFRITEC ».
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Ce déplacement de conteneurs vers le Port de Fisher annoncé à la BGFI intrigue car, officiellement, il n’existe pas de port de ce nom à Boma. Pour les habitants, Port de Fischer est le nom d’une auberge, d’une avenue, d’un marché, et ce nom vient du soldat belge arrivé à la fin du XIXe siècle. Sur internet, seule une occurrence pourrait correspondre à la mystérieuse société de Joseph Kabila. Dans une plaquette datée de 2019, [url=http://ggpi-construct.com/GGPI - Exemples de projets r%C3%A9alis%C3%A9s.pdf]Group Guang Ping International (GGPI)[/url] se vante d’avoir construit un « Port de Fisher à Boma ».
Or, dans cette ville du Kongo Central, il n’y a que deux ports : celui de l’État, géré par la SCTP, qui devait être rénové, et celui de Kuntuala Terminal, dont la construction a justement commencé en 2017. Nous nous sommes rendus sur place. Sur la colline qui surplombe ce port privé, est installée une « concession privée Kuntuala » et, sur les panneaux signalant l’entrée, figurent des affiches qui mentionnent Group Guang Ping International. Nous sommes bien dans le village où ont été installés ses employés qui ont construit le port de Kuntuala.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Kintuala%20terminal%20%C3%A0%20boma  Kuntuala Terminal à Boma, en République démocratique du Congo. RFI/Sonia Rolley
Kuntuala est-il le nouveau nom de Port de Fisher ? En tout cas, c’est le port du premier cercle de Joseph Kabila. Depuis ce terminal, on peut voir surgir, à travers ses grilles, des camions, tous appartenant à ce noyau d’hommes d’affaires dont les intérêts se confondent souvent avec ceux de l’ancien chef d’État. Il y a les camions de MW Afritec, la société de BTP du duo Wan-Piedboeuf, ceux d’Egal et de Coete Gaz, notamment liés à Albert Yuma, actuel patron de la Gécamines.
On trouve une station essence Kuntuala à Kinshasa, au 4 rue poids lourds, siège officiel de Port de Fisher et de plusieurs autres sociétés du duo Wan-Piedboeuf.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  IMG_1345 [size=11RFI/Sonia Rolley


Indice #5 : S’ouvrir vers l’international

Contacté, Kuntuala Terminal se défend par écrit de tout lien avec Port de Fisher et parle d’une « [i]confusion
 ». Bien que « Kuntuala Terminal » n’apparaisse pas sur le site du registre national des sociétés, il se présente comme une « entreprise » ayant « adhéré » à un « groupement d’intérêt économique » (GIE). « Les différentes parties prenantes et membres du GIE sont connus et identifiés sur notre site web », nous explique-t-on encore. Sur ce site, figurent les logos d’Egal et de plusieurs autres sociétés contrôlées par le premier cercle de Joseph Kabila et notamment par le duo Wan-Piedboeuf : Oritrans, Agence Maritime Kuntuala, African Shipping et Kuntuala Terminal.
Kuntuala Terminal a-t-il bénéficié d’un report de trafic de conteneurs du port public de Boma ou même d’argent qui était destiné à la rénovation de ce port ? Kuntuala dément et affirme que ces travaux ont été effectués « de manière progressive » et que ce port « n’a jamais été fermé ».
Tous les travaux prévus ont-ils été effectués ? Contactée, la SCTP n’a pas répondu à nos questions. En tout cas, le 15 mai 2021, lors de son discours d’investiture, le nouveau Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a, à nouveau, affiché parmi ses objectifs la réhabilitation et la modernisation du port public de Boma.
Kuntuala Terminal est en tout cas devenu aujourd’hui, pour la RDC, une fenêtre sur le monde. L’un des exemples les plus parlants, c’est African Shipping, membre du groupement d’intérêt économique derrière Kuntuala Terminal. Cette société a supprimé son site internet en 2019 pour une raison inconnue. Mais nous avons eu accès à une copie antérieure. African Shipping propose les services d’au moins cinq navires frigorifiques, El Nino, Kuntuala, Erini, Nova Caledonia, Kubilai Khan, immatriculés dans différents ports. Son principal partenaire est une société du groupe néerlandais Kloosterboer, Flushing Shipping Agencies (FSA) qui, à son tour, propose sur son site « l'expédition directe de conteneurs à Boma, en RDC, avec un délai de transfert de 16 jours » et l’expédition « de conteneurs en Inde et au Moyen-Orient ».
Nous avons cherché à comprendre les relations d’affaires entre African Shipping et cette société néerlandaise et leurs liens avec Kuntuala Terminal. Il se trouve que le groupe néerlandais Kloosterboer et FSA viennent d’être rachetés depuis juin 2021 par l’un des leaders mondiaux de l’importation de produits surgelés, l’américain Lineage Logistics. Interrogé, ce géant du secteur assure « tout ignorer » de possibles liens avec Joseph Kabila et son premier cercle. FSA « agit en tant qu'agent et courtier pour African Shipping dans le port néerlandais de Vlissingen ».
En République démocratique du Congo, personne ne semble connaître Port de Fisher, mais Kuntuala fait régulièrement la Une de l’actualité.
L’an dernier, en pleine crise entre Joseph Kabila et son successeur Félix Tshisekedi, selon l’agence congolaise de presse, Acacia Bandubola, à l’époque ministre de l’Économie, avait appelé Kuntuala Terminal à se conformer aux lois en vigueur en République démocratique du Congo.
Interrogé sur ces déclarations, Kuntuala Terminal assure être « une entreprise régulièrement constituée qui dispose de toutes les autorisations, agréments, homologations requises et délivrées par les institutions congolaises pour exercer son objet social. » Effectivement, en ce même mois de septembre 2020, il obtient coup sur coup deux agréments, comme port et comme affréteur de navires. L’enquête Congo Hold-up établit pourtant que ce port privé opérait déjà depuis plus d’un an.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  POrtdefisheragr%C3%A9ment PPLAAF/Mediapart

Ces accusations sur l’illégalité de Kuntuala Terminal persistent. Depuis octobre 2021, les agents de la SCTP ont lancé un mouvement de grève pour obtenir le paiement de plusieurs années d’arriérés de salaires et les investissements promis par l’État. Ils exigent aussi la fermeture de « ports privés illégaux » dont Kuntuala qu’ils accusent « d’asphyxier les ports d’État ». « Le président Tshisekedi nous avait promis en janvier de les fermer », lance un gréviste. « Mais jusqu’ici, rien ne se passe. Qui peut s’opposer à un ordre du chef de l’État ? » Interrogé sur les propriétaires réels de ces ports privés qui ont pullulé dans plusieurs villes de la RDC, l’agent de la SCTP sourit : « Vous savez très bien qui c’est ! Tout ça, c’est pour Kabila. »
*Correction le 24/11 à 12h54 : Nous avons mis à jour cet article au sujet du pays de destination du virement de 2 millions de dollars de Sud Oil à « Mambimbi Wan Afritec »


"Congo Hold-up : Patrick Muyaya  confirme la saisine de la Justice par le gouvernement à des fins d’enquêtes et de poursuites
=  https://www.google.com/search?q=UNECongo+Hold-up+%3A+Patrick+Muyaya++confirme+la+saisine+de+la+Justice+par+le+gouvernement+%C3%A0+des+fins+d%E2%80%99enqu%C3%AAtes+et+de+poursuites&client=ms-android-hmd-rvo3&sourceid=chrome-mobile&ie=UTF-8
En marge d’une conférence de presse organisée, ce lundi 22 novembre dans l’enceinte de la télévision nationale ( RTNC) sur la tenue prochaine à Kinshasa du DRC Africa business forum, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est revenu sur les récentes révélations de la presse internationale sur les détournements des deniers publics dénommée « Congo Hold-up ».

D’entre de jeu, le ministre de la communication et des médias estime que ces révélations ne sont pas surprenantes concernant la BGFi-Bank du fait qu’il y a, depuis le mois de mai dernier, un dossier judiciaire qui est ouvert.  » Des faits ont été reconnus par la banque précitée ; des discussions entre l’Inspection générale des Finances, la Banque centrale du Congo et la BGFI banque ont abouti à un accord dans lequel la banque d’origine gabonaise s’est engagée à rembourser une somme d’environ 43 millions de dollars sur des faits de malversations qui datent d’il y a plus de deux ans », a martelé le ministre.
Puis de poursuivre qu’il y a un autre volet de l’affaire concernant cette même banque qui est déjà au Parquet général à travers la saisine de la ministre de la Justice, le 20 novembre dernier pour l’ouverture d’une enquête à des fins de poursuite. Les personnes qui sont concernées seront invitées pour répondre de leurs actes.
Patrick Muyaya insiste sur le fait qu’il faut faire la différence entre une enquête journalistique et une enquête judiciaire. Le ministre conclut en disant que lutte contre la corruption est un pilier essentiel de son gouvernement qui promeut la bonne gouvernance à travers un dispositif de contrôle, notamment l’Inspection générale des Finances, l’agence nationale de lutte contre la corruption, etc.

Rappelons qu’avec plus de 3,5 millions de documents bancaires analysés pendant 9 mois par 5 ONG et 19 médias internationaux, Congo Hold-up est la plus importante fuite de données bancaires jamais réalisée en Afrique. Elle montre que, de 2013 à 2019, des sociétés appartenant à l’ancien président congolais Joseph Kabila et à son premier cercle, ont reçu au moins 138 millions de dollars d’argent public. Depuis vendredi 19 novembre 2021 et durant deux semaines, RFI vous dévoile tous les secrets de ces transferts douteux."


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Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 24/11/2021, 9:59 pm

Deux questions incidentielles néanmoins essentielles : pourquoi cette enquête et pourquoi maintenant ? On s'imagine que les enquêteurs ne sont pas que généreuxx soucieux de débarrasser le Congo de sa vermine, ils ont aussi été motivés par un objectif spécifique : appuyer Tshisekedi avec lequel les puissances occidentales semblent avoir tissé une relation de confiance et de soutien contre 'JK' qui a signé des contrats miniers avec la Chine adversaire politique et économique du camp occidental ou ont-ils un but ponctuel plus précis ? Les enquêtes ont débuté il y'a un an quel était leur mobile particulier à cette date même si l'on sait que ce genre de regard critique sur le monde politique et des affaires à travers la planète est devenu une préoccupation de journalistes investigateurs et des Ong des droits de l'Homme aujourd'hui, Panama, Paradise papers ; le Congo en est une cible particulière.

Je ne communie pas à un complotisme particulier comme certains s'y abandonnent volontiers mais les réponses à ces deux questions qui ne seront pas explicitement verbalisées par les auteurs, sont essentielles pour comprendre tout le contexte de Congo Hold-Up. Attendons les suites notamment celles réservées par l'Etat Congolais...
En attendant écoutez ci-dessous les réponses de Sonya Rolley de RFI et Yann Philippin participants à l'enquête qui disent notamment "pas d'agenda caché" d'autant qu'ils ont découvert toute la teneur et l'ampleur de la prédation progressivement au long de l'enquête même s'ils soupçonnaient à l'avance sa réalité. N'oubliez pas non plus de consulter sur le site de RFI les différents commentaires laissés par les auditeurs.



"Congo Hold-up: comment se servir dans le budget des élections? - 24/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211123-congo-hold-up-comment-se-servir-dans-le-budget-des-%C3%A9lections
République démocratique du Congo, les deux derniers cycles électoraux ont coûté chaque fois plus cher à l’État congolais, et leurs résultats chaque fois plus contestés. Ces hausses vertigineuses des dépenses ont été justifiées par l’urgence des mesures à prendre, après des préparatifs bloqués pendant des mois par des crises politiques, et par une amélioration technique du processus. Mais la fuite de millions de documents et transactions à la BGFIBank révèle qu’au moins 3,8 millions ont été versés sur les comptes de sociétés liées à l’ancien président Joseph Kabila. Enquête réalisée avec Médiapart, PPLAAF, Public Eye, the Sentry.

Le 21 février 2017, devant la presse à Kinshasa, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni) de la République démocratique Congo (RDC), est venu faire une mise au point : le coût des élections – qui devait se tenir depuis fin 2016 et marquer la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 – est ramené de 1,8 milliard de dollars, à 1,3 milliard.

Corneille Nangaa, président du bureau sortant de la Céni, le 24 décembre 2018 à Kinshasa. AP - Jerome Delay

« C’est une question d’options et de choix de la classe politique », explique cet homme à la fois jovial et tranchant, patron d’une centrale électorale déjà décriée par l’opposition et la société civile tant pour sa gestion, que pour sa proximité avec le sortant Joseph Kabila. M. Nangaa présente l’information comme une bonne nouvelle et assure faire son maximum pour réduire encore ce montant colossal. Le fringant président de la Céni le répète à qui veut l’entendre : le défi est énorme, il faut organiser les élections en urgence, le pays est grand, il n’y a que peu d’infrastructures et l’enrôlement des électeurs aurait à lui seul déjà coûté près de 400 millions de dollars.
Réalisée par 19 médias dont Radio France internationale (RFI) et cinq ONG, l’enquête Congo Hold-Up révèle une tout autre histoire. Sur la base de l’analyse de plus de 3,5 millions de documents et des millions de transactions à la BGFIBank obtenus par le Plateforme de protection des lanceurs d’alerte d’Afrique (PPLAAF) et le site d’informations français Mediapart, elle pointe que 138 millions de dollars de fonds publics ont été détournés à travers cette banque par Joseph Kabila, sa famille et une poignée d’hommes d’affaires proches de ce cercle. Le budget de la Céni ne fait pas exception.
Au milieu de la gestion chaotique de ce cycle électoral et des erreurs involontaires ou orchestrées, 3,8 millions de dollars ont été directement versés depuis la BGFI sur les comptes de sociétés appartenant à l’ancien président Joseph Kabila et à son premier cercle. Mais la multiplication du recours à des sociétés sous-traitantes créées pour l’occasion, adeptes pour l’essentiel de retraits en liquide, a sans doute encore alourdi considérablement la facture.

Règle #1 : Avoir des complicités internes

Il y aurait plus d’une manière de raconter les multiples transferts douteux qu’a subis la centrale électorale de la RDC à la BGFIBank. Les comptes de la Céni à la BGFI ne sont ouverts que le 3 juin 2011, mais l’histoire commence six mois avant. Ce jour-là, le 20 janvier, malgré les protestations, le président Joseph Kabila, qui veut à tout prix faire un second mandat, promulgue une révision de la Constitution qui limite la présidentielle à un tour. Ce qui peut considérablement faciliter sa réélection. Ce scrutin, ainsi que les législatives nationales qui doivent avoir lieu d’ici la fin novembre, va l’opposer à son seul véritable rival, Étienne Tshisekedi, opposant historique et père de l’actuel chef de l’État.

Tshisekedi, face à la presse le 9 décembre 2011, près de Kinshasa, alors que des manifestations violentes ont éclaté dans la capitale après que Kabila eut été nommé vainqueur de l'élection. Junior D.Kannah / AFP

Même s’il ne le rendra public que quelques jours plus tard, M. Kabila a déjà choisi l’homme qui va gérer pour lui cette bataille à la tête de la Commission électorale : le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Membre fondateur de son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), il a fait campagne pour lui en 2006 et se vante dans des interviews d’aimer l’argent et le mode de vie qu’il offre. Le poste de président de la Céni « est de loin le poste le plus lucratif du bureau pour qui est intéressé », confie un ancien de ses membres à Radio France internationale (RFI). « Tout le monde veut vous acheter, les sociétés étrangères, les candidats, même la communauté internationale vous promet un pont d’or, si vous faites ce qu’elle vous demande », explique-t-il encore, mais il ajoute : « quel que soit le mode de désignation, un président de la Céni dans nos pays, c’est l’homme du président, car il faut voler pour lui les élections et que ça coûte de l’argent. »
Avant même de prendre la tête de l’institution, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda lui a déjà choisi une nouvelle banque, la BGFIBank dont l’actionnaire minoritaire (40%) n’est autre que Gloria Mteyu, la propre sœur du chef de l’État. Ce même 20 janvier 2011 où le président Kabila promulgue sa révision constitutionnelle, un banquier de la BGFIBank à Kinshasa est approché par l’un des proches collaborateurs du pasteur et un ministre du gouvernement provincial de Kinshasa. Au nom du futur président de la Commission électorale, ils réclament déjà un prêt de 250 000 dollars sur les comptes à ouvrir de l’institution. Le banquier fait rapport à sa hiérarchie, mais celle-ci reste encore frileuse : l’ordonnance présidentielle désignant le pasteur Ngoy Mulunda et ses acolytes du bureau n’a pas encore été signée. L’ordre est toutefois donné en interne de maintenir des contacts étroits : la banque ne perd pas de vue l’importance du client Céni, d’autant que le budget annoncé pour le cycle de 2011 s’élève déjà à 350 millions de dollars.

Il faut attendre la désignation de l’un des successeurs de Daniel Ngoy Mulunda, Corneille Nangaa au poste de président de la Céni en 2015, pour que la BGFI devienne l’une des principales banques de la Céni. Sur 1,3 milliard de dollars de budget consacré au cycle électoral prévu à partir de 2016, les comptes de la Céni à la BGFI vont en voir passer plus de 250 millions. C’est dix fois plus que les transactions enregistrées en 2011... Entre ces deux dates, Francis Selemani Mtwale est devenu directeur général de la BGFIBank. C’est le frère adoptif du président.
Le nouveau patron de la Céni, Corneille Nangaa est un expert électoral aux compétences reconnues, y compris à l’extérieur du pays où il a effectué plusieurs missions pour le compte de différentes organisations. Il a été désigné à son poste, comme il est de coutume en RDC, par les représentants des confessions religieuses. Mais il n’y a pas eu d’unanimité parmi elles : la puissante Église catholique a émis des réticences sur la moralité du nouveau patron de la centrale électorale. Elle dénonce déjà ses liens avec le pouvoir en place.
M. Nangaa n’a pas souhaité répondre aux questions soulevées par cette enquête. Il a remis un rapport sur le processus électoral de 2012 à 2019 à l’Assemblée nationale qui l’a validé. Pour lui, la page est tournée. « De saine logique, il doit s’en suivre que monsieur Corneille Nangaa ne peut être requis à se prêter à l’exercice auquel vous l’invitez sans se défausser a posteriori vis-à-vis de la validation du rapport de la Céni par l’Assemblée nationale », explique son avocat, Me Innocent Nkongo Budina Nzau, ajoutant qu’il menace « d’attraire en justice toute organisation membre du consortium dès lors qu’il viendrait à les reconnaître comme auteur de faits et d’actes répréhensibles aux yeux de la loi ».

Sur le papier, M. Nangaa peut se targuer d’avoir rempli certaines de ses obligations. Dès sa nomination, en 2015, alors que de nouvelles élections approchent à grands pas, il multiplie les mises en garde au gouvernement, y compris au Premier ministre Augustin Matata Ponyo et à son cabinet. Pour tenir les délais constitutionnels, il insiste même pour signer un contrat de gré à gré dans les plus brefs délais avec la société belge Zétès pour qu’elle fournisse des kits d’enrôlement des électeurs. Cette entreprise est décriée par l’opposition, mais elle a, selon Corneille Nangaa , le mérite d’avoir déjà travaillé sur une élection en RDC. Un avis de non-objection pour accorder ce marché de gré-à-gré est même accordé le 30 juin 2015 par la direction générale de contrôle des marchés publics. Le montant du contrat avec Zétès s'élève à près de 31,4 millions de dollars dont 3,6 millions pour les services connexes de maintenance et de formation.
Sans explication, ce projet de contrat est abandonné le 10 février 2016. Corneille Nangaa lance alors un appel d’offres international pour l’acquisition de kits électoraux, de cartes d’électeurs et des groupes électrogènes nécessaires à tout travail dans un pays où l’électricité manque. Un appel d’offres pourrait consacrer le début d’une nouvelle ère de transparence à la Céni, mais M. Nangaa sait aussi qu’en faisant cela, les délais constitutionnels pour l’organisation des élections ne pourront plus être tenus. Le président Kabila est alors soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat : le voilà tranquille pour quelques mois supplémentaires. Par la même occasion, la facture de la fourniture de kits d’enrôlement et l’accompagnement technique va grimper à 46 millions de dollars, alors que le contrat précédemment envisagé avec Zélès dépassait « à peine » les 31 millions.

« Jusque-là, Corneille Nangaa essayait encore de faire son travail honorablement », confie aujourd’hui un proche du président de la Céni à RFI. « Mais la communauté internationale refusait de l’appuyer, il était menacé non seulement par des chancelleries, mais par tous les autres, la présidence, le gouvernement, l’opposition et même les confessions religieuses. Il a cédé, mais il a gardé cette volonté d’organiser les élections qui ont amené l’alternance, qu’on le veuille ou non. »
L’alternance. Ce sera la grande nouveauté des élections de 2018. Mais la transition historique, fruit d’accords secrets signés entre Joseph Kabila et le nouveau président Félix Tshisekedi, est extrêmement décriée. Corneille Nangaa va avoir des ennuis : en mars 2019, au lendemain de la présidentielle, le Trésor américain le met sous sanctions ainsi que deux autres officiels de la Céni. Le 21 mars, dans un communiqué, Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor américain chargé du terrorisme et du renseignement financier, indique que cette mise sous sanctions « fait suite à la corruption persistante de hauts responsables au sein de la Commission ». Il les accuse, ainsi que le gouvernement sortant, d’avoir « entravé et retardé les préparatifs d’élections crédibles et inclusives ». Les États-Unis se disent alors « préoccupés par un processus électoral défectueux dans lequel, après l’élection présidentielle, la Céni a continué à faire obstruction au processus démocratique et n’a pas réussi à garantir que le vote reflète la volonté du peuple congolais. »

Règle #2 : Détourner d’abord pour le président

Pour le cycle électoral de 2016 à 2019, les détournements présumés commencent avant même le début de l’enrôlement des électeurs sur l’un des comptes de la Céni à la BGFI. Alors que ce compte n’était plus alimenté depuis des mois, la BGFI autorise en mai 2016 l’ouverture d’une ligne de crédit de 25 millions de dollars sur un an contre une caution de 30 milliards de francs congolais, (à l’époque plus de 27 millions de dollars). Cette caution peut paraître disproportionnée, mais le franc congolais est alors en pleine dégringolade face aux dollars. L’inflation dépasse les 45%.

Relevé du compte de la Céni à la BGFI en mai 2016. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Le 13 mai 2016, c’est depuis ce compte de la Céni qu’est transféré plus d’un million de dollars sur un compte de la société Sud Oil. Cette société est directement contrôlée par des proches de Joseph Kabila. Le libellé de ce virement mentionne des « commissions de notification » sans plus de précisions. Il se mêle à d’autres frais et commissions prélevées par la banque dans le cadre de l’ouverture de la ligne de crédit.
Un cadre de la banque justifiera plus tard ce paiement au cours d’un audit interne, en produisant une facture indiquant que Sud Oil aurait vendu 751 852 litres de gasoil à la Céni. Ce qui est étonnant, puisque le libellé de la transaction était différent, et que nous n’avons pas pu trouver trace d’une activité de Sud Oil dans la distribution de produits pétroliers à cette date.
Contactée, l’actuelle Commission électorale n’a pas répondu. Son ancien vice-président, Norbert Basengezi, indique n’avoir « jamais entendu parler de ce dossier ni de la société » Sud Oil.

Le virement semble à tous égards irréguliers.

En effet, ce même 13 mai 2016, Jean-Jacques Lumumba, chef du département des engagements de la BGFIBank, demande le placement sous surveillance des comptes de la Céni.​​ Lumumba, qui deviendra le premier lanceur d’alerte au sein de la BGFI et en RDC,  juge l’ouverture de cette ligne de crédit illégal. « Il n’y avait jamais eu de lettre de demande de crédit, le client n’avait pas signé de notification d’acceptation. J’avais demandé à ce qu’on bloque les comptes pour que tout soit régularisé », explique M. Lumumba.
Ce jour-là, Jean-Jacques Lumumba se voit répondre que tous les comptes de la Céni, sauf son compte en francs congolais, sont déjà bloqués en raison de trop nombreux impayés depuis le 22 mai 2014 par la Banque centrale du Congo (BCC). Mais cela n’empêche rien. L’ordre de virement est passé et un premier million disparaît. « Je ne savais pas pour le virement à Sud Oil, mais je redoutais des malversations. L’ouverture de cette ligne de crédit, malgré la consigne de la Banque centrale, s’est faite sur instructions de Selemani », raconte encore Jean-Jacques Lumumba. « C’est ce dossier de la Céni qui m’a petit à petit amené à quitter la BGFI et à lancer l’alerte. »
Fin 2016, M. Lumumba saute le pas et raconte ce qu’il sait au journal Le Soir et à l’agence Bloomberg, deux partenaires de l’enquête Congo Hold-up. Cette première fuite de documents à la BGFI Bank, appelée « Lumumba Papers », fait scandale. Mais elle ne met pas un terme aux malversations, même pas sur les comptes de la centrale électorale.

Sur les 250 millions dollars alloués par l’État congolais à la Céni entre 2016 et 2019 et versés sur ses comptes à la BGFIBank, un réseau d’entreprises liées à la famille Kabila en reçoit ainsi 3,8 millions.
Ainsi, le 11 juillet 2016, Sud Oil reçoit 299 998 dollars de plus d’un des comptes de la Céni à la BGFI sous le libellé « FRAIS/VIR.RECU RPT 00008578 ». Ce compte intitulé « Céni INVESTISSEMENTS » avait reçu peu avant un virement de près de 30 millions de dollars depuis un compte de la Céni dans une autre banque sous le libellé « RPT 00008578 ». Le virement vers Sud Oil est donc présenté de manière inexplicable comme des frais liés à ce rapatriement d’argent entre deux comptes de la centrale électorale.
Des fonds disparaissent à de nombreuses occasions. Pour l’enrôlement des électeurs, Gemalto SA, à l’époque société de droit néerlandais (elle a été ensuite rachetée en 2019 par l’entreprise française Thalès), remporte le gros lot : un contrat de 46 millions d’euros pour la fourniture de 20 220 kits biométriques d’identification et d’enrôlement des électeurs, ainsi qu’une assistance technique lors de ce processus. Ce marché a été octroyé par appel d'offres. Il est 15 millions de dollars plus cher que celui qui devait être signé de gré à gré avec Zétès.
Comment Gemalto a-t-elle obtenu ce marché ? Selon les informations recueillies par The Sentry et Public Eye, deux des ONG partenaires de Congo Hold-up, Gemalto et notamment sa filiale suisse, Trüb AG, ont en fait effectué une véritable campagne de lobbying auprès des autorités congolaises et de responsables de la majorité. Ils pointent notamment le sénateur et proche de Joseph Kabila, Léonard She Okitundu. Cet ancien ministre aurait même rencontré plusieurs mois avant la signature du contrat des représentants de Gemalto SA et ce, dans différents pays. M. Okitundu le conteste.

Norbert Basengezi, alors vice-président de la Céni issu du camp de Joseph Kabila et lui-même aujourd’hui sous sanctions du Trésor américain, a accepté de répondre à nos questions. Pour lui, la centrale électorale ne peut pas être mise en cause sur cet appel d’offres. Elle n’est responsable, dit-il, ni du choix de Gemalto SA et de ses sous-traitants ni des conditions d’attribution de ce marché. Elle avait confié cette tâche au Bureau central de coordination (Bceco) qui dépend du ministère des Finances. La primature, la direction générale de contrôle des marchés publics, l’agence de régulation des marchés publics avaient également validé toute la procédure, explique-t-il, documents à l’appui.
M. Basengezi donne d’autant plus volontiers des réponses qu’il estime c’est « une chance » pour lui de rétablir la vérité sur son rôle et leur travail au sein du bureau de la Céni, après les sanctions américaines. Il a fourni une réponse de 37 pages et s’en explique : « On impute trop de responsabilités à la Céni, tout ce qui se fait est collégial. » Il dit découvrir les liens entre certains membres de sa famille et certaines des sociétés bénéficiaires des fonds des élections. Mais il rappelle aussi que « la Céni est une institution sous pression, il y a beaucoup d’intérêts dans une élection, beaucoup. »
Sur ce marché de fourniture de kits d’enrôlement, quelque 24,6 millions d’euros seront payés directement à Gemalto SA. Mais pour le reste, le 23 décembre 2016, la Céni et la BGFI se lancent dans une opération aussi absurde qu’onéreuse. 29 milliards de francs congolais (soit près de 24 millions d’euros) sont prélevés sur le compte principal en francs congolais de la Céni à la BGFI. Ils sont convertis en dollars, puis en euros. À chaque fois, des frais de change sont retenus. Au final, Gemalto SA a dû recevoir moins de 20 millions d’euros. Au cours de cette étrange succession de transactions internes, 953 390 dollars sont subtilisés. Rien à voir avec des frais bancaires, cette somme est versée depuis un compte de la BGFIBank sur le compte d’une mystérieuse société « Port de Fisher » dont l’actionnaire majoritaire est depuis novembre 2015 l’ancien président Joseph Kabila.
L’année suivante, entre avril et août 2017, la Céni a elle-même effectué quatre autres virements directement sur le compte de Port de Fisher pour un total de 864 millions de francs congolais, soit 593 000 dollars. Trois des libellés sont intitulés « virement » et un quatrième, « logistiques », sans plus de détails.

Règle #3 : Bien choisir ses partenaires

La Commission électorale avait insisté dans l’appel d’offres pour que l’entreprise choisie fasse appel à un sous-traitant local. C’est une procédure habituelle en RDC au nom de l’importance du transfert de compétences. Mais cette pratique somme toute louable a-t-elle bien atteint son objectif ?
Les documents Congo Hold-up montrent que certains de ces partenariats locaux ont été l’occasion de retirer des millions de dollars en liquide, sans justifications ni contrôle.
On découvre ainsi qu’après avoir écarté un premier partenaire local qui n’aurait pas été en règle avec le fisc congolais, Gemalto SA choisit comme sous-traitant pour répondre à la commande de 22 500 kits d’électeurs STIM PLUS France, une société qui n’a jamais opéré en RDC. À en croire une vidéo publiée sur son site internet sous la mention « projet à engagement », STIM France a bien accompli une importante partie du contrat Gemalto SA en assemblant ces kits en France, installations des logiciels et clés de chiffrement comprises.
Des équipes de STIM PLUS France semblent bien avoir participé à une opération d’assemblage de ces kits à Laval, en France, entre juin et juillet 2016. En témoignent les profils du réseau social LinkedIn de certains de ses employés.

Cette société n’apparaît toutefois pas dans les rapports de la Céni.

Interrogé à propos du rôle exact de ce sous-traitant, le vice-président de la Céni à l’époque, Norbert Basengezi, se souvient que STIM PLUS était « le principal fournisseur des équipements contenus dans le kit de Gemalto », et qu’elle s’occupait « la formation des agents électoraux et l’appui technique dans les centres ». M. Basengezi rappelle qu’il ne supervisait pas cette opération, mais il croit se souvenir que la Céni payait jusqu’à « 210 dollars par mois et par centre d’inscription ».
STIM PLUS France s’est livré à d’étranges opérations. Au lieu de se choisir un partenaire local, son fondateur, Yves Samama, crée lui-même au Congo le 1er septembre 2016 une autre société du même nom au Congo (STIM PLUS RDC). Elle a comme actionnaire minoritaire, un Français appelé Raphaël Edery (40%) qui, en décembre de cette même année, transfère ses parts à une certaine « Madame Yael Stephanie Edery » qui ne travaille vraisemblablement pas en RDC. Elle se présente sur le réseau social LinkedIn comme commerciale à STIM PLUS France.
STIM PLUS RDC va ouvrir deux comptes à la BGFIBank, un en dollars et l’autre en euros. La maison mère, STIM PLUS France, y transfère par virements en septembre 2016 et juillet 2017 1,6 million de dollars, puis près de 2,9 millions d’euros. L’essentiel de ces sommes sera retiré en liquide. Ces opérations financières intriguent un banquier de la BGFI dès le début du mois d’octobre 2016. Il demande par courrier interne à certains de ses collègues de lui transmettre le « dossier physique » du client « 0019191/STIM PLUS RDC » et obtient le contrat de partenariat signé en août 2016 entre Yves Samama de STIM PLUS France et Raphaël Edery, présenté à l’époque comme un « agent ». Le document prévoit que « l’agent » Raphaël Edery doit recevoir deux millions de dollars en guise de « commission forfaitaire », mais que « ce montant peut évoluer en fonction du contrat client ». L’objet du contrat entre les deux hommes n’est pas spécifié, car le contrat a été nettoyé de ses articles les plus sensibles, avant d’être envoyé comme justificatif à la BGFIBank.

Le service de conformité de la BGFI tire aussi la sonnette d’alarme, relevant que le compte de STIM PLUS RDC a été ouvert « sans validation » et que le « dossier ne contient pas de photo du représentant légal, son passeport ne contient pas de visa d'établissement en RDC, aucune preuve d'adresse n'est annexée dans le dossier et le Chef d'agence n'a pas signé le formulaire KYC [ndrl : Know Your Costumer] ». Le blocage du compte est alors préconisé.
Malgré ces alertes, les virements continuent sur le compte de STIM PLUS RDC. La Céni, elle-même, qui n’est pas liée contractuellement à ce sous-traitant, lui transfère à son tour directement quelque 2,4 millions de dollars entre décembre 2017 et avril 2018.
Mais difficile de comprendre les dépenses enregistrées sur les comptes de cette société. Sur un total de 5,9 millions de dollars crédités sur le compte de STIM PLUS RDC en différentes devises, « l’agent » Raphaël Edery retire en liquide un peu plus d’un million d’euros et 2,5 millions de plus en dollars.
Une société créée pour l’occasion mi-novembre 2016 officiellement spécialisée dans l’import-export et appelée « TECHNOLOGY SOLUTIONS & MANAGED SERVICES » touche, elle, l’essentiel de ce qui reste, avec la remise d’un chèque de 900 000 dollars en décembre 2016 et un virement de 1,3 million de dollars en avril 2018. Sur son compte à la BGFI, elle en retire elle-même la moitié en liquide.
Aucun des protagonistes de cette histoire n'a souhaité réagir aux quesitons de RFI et de ses partenaires. Malgré plusieurs relances par téléphone et par e-mails de RFI et de ses partenaires, le dirigeant de STIM PLUS, Yves Samama, et sa commerciale Stéphanie Edery se sont refusés à répondre à nos questions et ont renvoyé à Gemalto SA, titulaire du contat avec la Céni. Thalès, qui a racheté Gemalto en 2019, botte en touche et rappelle que l'exécution du contrat était achevée avant l'acquisition. L'entreprise française assure également que « les personnes qui ont travaillé à l'élaboration de ce contrat ont depuis quitté le groupe Thalès ». Tout ce « contexte » ne permettrait pas aujourd'hui à Thalès de répondre aux questions posées par notre enquête. « L'agent » Raphaël Edery, lui, n'a pas pu être joint, n'ayant pas pu être identifié.
Règle #4 : Faire disparaître toutes les traces

En juin 2018, le fichier électoral issu des contrats signés avec Gemalto SA, STIM PLUS et d’autres fournisseurs et sous-traitants a été jugé globalement « inclusif, exhaustif et actualisé mais perfectible » par une mission d’audit mandatée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Mais derrière cette déclaration plutôt rassurante, les experts de l’OIF relèvent de très graves anomalies qui peuvent en partie être attribuées à une mauvaise exécution de ces contrats. Plus d’un quart des électeurs s’étaient inscrits avec des cartes d’élèves, d’étudiants ou de pension, faciles à se procurer et donc considérées comme des pièces d’identité peu fiables. Près d’un électeur sur six (16,6% des inscrits) n’avait pas enregistré d’empreintes digitales. Ces omissions s’étaient concentrées sur deux provinces, toutes deux reculées, 55% des inscrits dans le Sankuru et près de 40% dans la Tshuapa.
Sur le plan financier, il n’y a pas eu d’audit. La Céni choisit les informations qu’elle livre et plus les années passent et le budget explose, plus les rapports s’espacent et sont avares en détails sur les contrats passés, leurs montants ou même les bénéficiaires. C’est une véritable boîte noire.
Qui connaît le partenaire guinéen de la société sud-africaine Ren Form CC, qui a obtenu de gré à gré un marché de 9,4 millions de dollars pour l’impression de 54 millions de cartes d’électeurs ? Le 4 mai 2016, Ren Form RDC est créé officiellement avec pour associé, une société de Guinée-Conakry (G-STG). Elle devient l’actionnaire minoritaire avec 40% des parts. Derrière cette société guinéenne se cachent en fait deux Congolais qui, selon des documents consultés par l’enquête Congo Hold-up, étaient pourtant présentés comme « business development manager » et « agent local » de Ren Form CC lors des négociations. « Ren form RDC a été établie pour des affaires futures », assure Jean-Pierre du Sart aujourd’hui encore directeur des ventes de Ren form CC. « Le propriétaire de la société guinéenne est congolais et ses services ont été spécifiquement utilisés pour l’élaboration du document d’appels d’offre. »

Sur un compte intitulé « Ren Form CC RDC Kinshasa » à la Standard Bank se retrouvent pourtant près de 6,2 millions sur les 9,4 millions de dollars promis pour ce contrat. Ils sont versés depuis un compte de la Céni à la BGFI en deux virements entre le 22 et le 26 août 2016. Cette fois, on ignore comment l’argent a été utilisé puisque ces fonds ont été versés sur un compte dans une autre banque que la BGFI. Le directeur des ventes de Ren Form CC confirme que la Céni a fait plusieurs virements via ce compte, mais que tous ont servi à payer sa société. « Le contrat a été signé par Ren Form CC, Ren Form CC a reçu 100% des fonds », insiste Jean-Pierre du Sart. « Le contrat a été attribué sur la base d'un appel d'offres et non d'un accord mutuel. »
En tout cas, à l’adresse indiquée pour cette société sur plusieurs sites, personne ne connaît « G-SMART TECH TECHNOLOGIE GUINEA », a pu constater un correspondant de RFI. Le numéro de contact est aux abonnés absents et ses dirigeants aussi. Et aujourd’hui, l’un des Congolais impliqués dans les négociations avec Ren Form CC, se présente comme le « manager national de Flanders » en janvier 2021, cette société américaine se serait engagée à doter la ville de Kisangani dans la province de la Tshopo d’un nouveau barrage hydroélectrique et d’une centrale photovoltaïque. Contacté à son propos, Flanders Inc n’a pas donné suite.
Parmi les partenariats locaux dont on ignorait tout au moment des élections, il y a aussi ce cas rendu récemment célèbre en janvier 2021 par l’ONG américaine The Sentry, partenaire de l’enquête Congo Hold-up, dans un de ses rapports. Il s’agit de celui de Bravo Tozali Compagnie SARL (BTC SARL). Cette société, qui a disparu depuis, était spécialisée en tout sauf dans les matières électorales. Elle essaie de se promouvoir à l’époque comme une entreprise de forages miniers. Du jour au lendemain, BTC SARL se retrouve associée dans un consortium à une entreprise lituanienne UAB Neurotechnology qui, elle, a bien un savoir-faire et de l’expérience au Congo. Toutes deux seront chargées de l’épineuse opération de dédoublonnage du fichier électoral issu des kits de Gemalto SA.

L’ONG The Sentry pointait dans son rapport que l’un de ses actionnaires minoritaires et co-fondateur de Bravo Tozali, le Congolais Roger Abotome, était candidat et avait été élu député au cours de ces mêmes élections de 2018 et qu’il s’était associé par la suite dans une autre société avec le président de la Céni, Corneille Nangaa, et ce, jusqu’à sa mise sous sanctions par le Trésor américain. The Sentry estimait aussi que le prix du contrat de 8,4 millions de dollars était anormalement élevé au vu des problèmes détectés dans le fichier électoral congolais après cette opération de dédoublonnage.
À l’époque, déjà, M. Abotome avait répondu à l’ONG américaine ne jamais avoir directement fait affaire avec « la personne de Corneille Nangaa, mais plutôt avec des sociétés, personnes morales qui agissaient conformément aux prérogatives leurs dévolues par la loi et surtout leurs Statuts respectifs. » Il insistait : « D’ailleurs il n’y a jamais eu, avant 2018, un quelconque contact entre monsieur Abotome et Monsieur Naanga. »
Sur les plus de dix millions de documents et transactions de la BGFIBank que RFI et ses partenaires ont pu consulter, il y a justement le détail des comptes de Bravo Tozali Compagnie. Entre janvier et avril 2018, sur les 8,4 millions de dollars promis au consortium formé avec UAB Neurotechnology, près de 6,4 millions de dollars sont versés par la Céni sur les comptes de BTC SARL à la BGFI, dont quatre millions seront retirés en liquide. Qui est le bénéficiaire de l’une des dernières opérations de retrait en liquide ? Selon un libellé daté du 2 mai 2018, c’est le cofondateur de BTC SARL, Roger Abotome. Lui qui n’est qu’actionnaire minoritaire, avec seulement 15% des parts, aurait obtenu pour un demi-million de dollars en liquide sur l’argent de ce contrat.

Virement de janvier 2018 :copyright: PPLAAF/Mediapart

Virement d'avril 2018. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Pour ce qui est des dépenses que l’on peut directement lier aux opérations de dédoublonnage, deux millions seulement sont transférés à UAB Neurotechnology, l’entreprise qui possède effectivement l’expertise dans ce domaine. 255 000 dollars de plus sont octroyés à un expert électoral de l’organisation ECES, le centre européen d’appui électoral cofondé par le premier président de la commission électorale de la RDC, l’abbé Malu Malu.
Mais ces dépenses ne correspondent pas à celles annoncées par les deux membres du consortium à la BGFI. Dans les documents Congo Hold-up figure, en annexe d’un « accord de groupement » entre BTC SARL et UAB Neurotechnology et daté du 17 juillet 2017, le budget de toutes les dépenses liées aux opérations de dédoublonnage. Il était prévu que plus de 4,5 millions soient versés pour « toutes les licences nécessaires à l’infrastructure », 773 000 pour du matériel et 376 000 dollars pour du soutien technique. Déjà, sur le papier, plus de 2,3 millions devaient être dévolus à la mise en œuvre du projet. Ce montant se répartissait entre la direction du projet et le personnel de BTC et les experts qu’ils pourraient engager. 900 000 étaient attribués à des rubriques aux intitulés vagues, « assurances et formalités diverses » pour la « logistique à Kinshasa » et les « frais légaux et administratifs, frais divers en RDC ».
À toutes ces questions sur la gestion des comptes de Bravo Tozali Company, M. Abotome et ses associés refusent de répondre. Me Atoosa Vakili, avocate de l’ancien actionnaire de BTC SARL, renvoie aux réponses qu’elle avait adressées à The Sentry. Elle insiste sur le fait que ce contrat avait fait l’objet d’un appel d’offres adressés à « différentes sociétés » et que cette procédure a respecté « toutes les lois et procédures relatives aux marchés publics en RD Congo, comme l'attestent les documents émis par les autorités compétentes ». Me Atoosa Vakili, affirmant par ailleurs que « la façon dont BTC SARL a dépensé ses revenus n'est pas pertinente et sort du cadre de votre enquête », puisqu’il s’agit là « une entreprise de droit privé et à but lucratif ».

Interrogé, le gestionnaire de Bravo Tozali Compagnie Erick Bombado répond par l’intermédiaire de son avocat que sa société « n’était pas une ONG » et qu’elle « avait réalisé un profit de près de deux millions de dollars et qu’elle avait affecté à l’acquisition des équipements et machines à forages, camions, excavatrices. »
Celui de M. Abotome confirme : « Les montants retirés du compte de la BTC sur lesquels vous vous êtes renseigné l'ont été avec l'autorisation de la direction et pour l'achat d'équipement pour les opérations commerciales. »

Règle #5 : Se faire payer en cash

À en croire le Trésor américain qui a mis sous sanctions Corneille Nangaa, Norbert Basengezi et un autre officiel de la Céni, il y a eu des surfacturations et des détournements des fonds des élections à plusieurs niveaux. Le président de la Céni aurait lui-même « supervisé l’utilisation de plusieurs sociétés-écrans pour détourner les fonds opérationnels de la Céni à des fins personnelles et politiques », affirme le Trésor américain dans son communiqué du 21 mars 2019. Lui et d’autres responsables « se seraient enrichis en achetant et en vendant de l’essence à des fins lucratives aux dépens de la Céni, ce qui a retardé l’enregistrement dans le Kasaï, un bastion de l’opposition, et a empêché de nombreux électeurs de s’inscrire. » Ils auraient aussi « gonflé de 100 millions de dollars les coûts du contrat des machines à voter électroniques dans l’intention d’utiliser les fonds excédentaires pour leur enrichissement personnel, des pots-de-vin et des frais de campagne pour financer la campagne électorale du candidat de Joseph Kabila. » M. Nangaa aurait « ordonné aux employés de la Céni de fabriquer des reçus de dépenses pour couvrir les écarts de dépenses résultant de l’utilisation des fonds de la Céni à des fins personnelles », il aurait même « remis des pots-de-vin aux juges de la Cour constitutionnelle pour qu’ils confirment une décision de la Céni de retarder les élections de 2016 en RDC. »
En réponse à ces sanctions, le 8 avril 2019, dix des membres de la plénière de la centrale électorale congolaise dénoncent des mesures prises sur base d’accusations non vérifiées. « d’allégations infondées et non-vérifiables du financement de la campagne du candidat du camp Kabila ». Ils disent également regretter que « la prolongation du délai des élections soit reprochée à certains de leurs collègues » et réfutent encore l’accusation d’utiliser des sociétés écrans. Ils assurent en outre avoir signé des contrats « avec des sociétés réelles, dûment constituées et qui ont produit des prestations effectives ayant conduit à l’organisation des élections. »
L’enquête Congo Hold-up n’est pas en mesure d’estimer l’ampleur des détournements sur les comptes de la Céni, mais ces millions de dollars se sont d’abord évanouis en liquide, malgré la directive de la Banque centrale qui limite les retraits sans justification à 10 000 dollars. Rien que sur l’année 2016, ce sont plus de 25 millions de dollars qui ont ainsi été retirés en liquide sur quatre comptes de la commission électorale à la BGFI BANK dont neuf millions soutirés en douze retraits depuis le compte « CENI INVESTISSEMENTS ».

5,6 millions sont retirés d’un autre compte dit « cash collatéral » sur lequel les retraits n’étaient pas autorisés. C’était l’un des deux comptes ouverts par la banque elle-même pour conserver les 30 milliards de francs congolais versés par la Céni et garantir la ligne de crédit de 25 millions de dollars qui devaient permettre d’amorcer l’enrôlement des électeurs. Cela fait partie des points soulevés en décembre 2017 par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) qui finalisait alors un rapport d’audit. « Nous tenons à signaler que le montant du cash collatéral de la Céni au 31 décembre 2017 (367 millions FC) ne couvre plus le risque de remboursement du fait de plusieurs prélèvements effectués sur ce cash collatéral au cours de la période sous revue, en contradiction avec les dispositions du contrat », alertent ses auteurs.

En décembre 2017, le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) finalisait alors un rapport d’audit. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Par ailleurs, les personnes qui effectuent ces retraits ne sont pas toujours formellement habilitées. Le 28 juin 2017, une certaine « ÉVELINE LOLONGA AKATSHI » parvient à soutirer indirectement 580 000 dollars sur un compte de la Céni, sous le libellé « frais de cautionnement ». Cette ligne d’opération se perd au milieu des multiples autres frais imposés par la banque.
Le vice-président de la Céni de l’époque, Norbert Basengezi, dit ne pas avoir d’informations sur cette opération. Mais pour lui, il ne faut pas reprocher à la centrale électorale ces millions retirés en liquide. « Connaissez-vous une banque à Djolu, Kinvula, Amisi, Hewa Bora ou à Bongandanga pour que désormais les agents de la Céni y touchent leur salaire par virement ou transfert ? », pointe M. Basengezi. « La difficulté est que les agents non payés suspendent les opérations, il faut se remettre dans le contexte bancaire et financier de la RDC. »
Ces surfacturations présumées, assorties d’importants retraits en liquide coûtent cher à la Céni. Alors que des millions sont retirés en liquide ou disparaissent entre les mains d’intermédiaires, la BGFIBank prélève chaque mois aux environs d’un demi-million de dollars d’agios. Entre juin 2016 et septembre 2018, elle va même toucher plus de 4,5 millions par ce biais, malgré la multiplication de lignes de crédits et des prêts. En frais divers, elle va même toucher pendant cette période jusqu’à 8 millions de dollars. En prenant comme client la Céni, la BGFIBank a pris un risque, mais elle n’y perd pas vraiment.
« La BGFIBank est la plus critiquée aujourd’hui, mais ça se passe comme ça avec la plupart des banques du pays et pour la plupart des institutions », assure encore un ancien membre de bureau de la Commission électorale qui s’est confié à RFI. « Ce n’est pas qu’un déficit d’informations si personne ne réagit, il y a beaucoup de complices dans ce hold-up que vous ne citez pas. Les membres du gouvernement et du parlement ont obtenu leur poste uniquement grâce à la corruption de la Céni. C’est la base du système politique congolais jusqu’à aujourd’hui. »


"DÉCRYPTAGE
Congo Hold-up : les coulisses d'un pillage d'État - 24 novembre 2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/d%C3%A9cryptage/20211124-congo-hold-up-les-coulisses-d-un-pillage-d-%C3%A9t
Retour sur les Congo Hold-up, ce vaste scandale de détournements de fonds publics qui éclabousse Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, et son clan. Les Congo Hold-up, c'est une enquête collaborative réalisée par 19 médias dont RFI et 5 ONG spécialisées, associés au consortium européen EIC. [

L'enquête a été menée à bien grâce à la fuite de 3,5 millions de documents bancaires. Elle nous renseigne sur de considérables détournements de fonds publics : 138 millions de dollars dérobés entre 2013 et 2018. Comment ces détournements massifs ont-ils été rendus possibles ? Quels sont les rouages de ce pillage d'État ?  
Décryptage avec :
[Sonia Rolley, [/b]journaliste au service Afrique de RFI, spécialiste de la RDC et qui a participé à l'enquête.


" Congo Hold-up : le gouvernement ordonne une enquête sur les agissements du clan Kabila - 23 novembre2021
= https://www.jeuneafrique.com/1269907/politique/congo-hold-up-le-gouvernement-ordonne-une-enquete-sur-les-agissements-du-clan-kabila/
Selon une lettre que « Jeune Afrique » a pu consulter, la ministre de la Justice a demandé qu’une instruction soit ouverte au plus vite pour faire la lumière sur les accusations de détournements de fonds portées contre Joseph Kabila et ses proches.
Il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour que le gouvernement congolais réagisse au scandale qui ébranle en ce moment le clan Kabila. Dans une lettre datée du samedi 20 novembre, Rose Mutombo, la ministre de la Justice, donne « injonction » au procureur général près la Cour de cassation « d’ouvrir une instruction judiciaire » sur les récentes « révélations de détournements de fonds publics impliquant plusieurs sociétés congolaises et internationales ».[...]"

« Congo Hold-up » : ouverture d’une information judiciaire visant le clan de Joseph Kabila« Congo Hold-up » : ouverture d’une information judiciaire visant le clan de Joseph Kabila
= https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/24/congo-hold-up-ouverture-d-une-information-judiciaire-visant-le-clan-de-joseph-kabila_6103445_3212.html
Selon une enquête menée par des médias internationaux et des ONG, l’ancien président et sa famille auraient détourné 138 millions de dollars entre 2013 et 2018.  

Une information judiciaire visant le clan de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a été ouverte à Kinshasa après des révélations de détournements présumés de 138 millions de dollars (environ 123 millions d’euros), a-t-on appris mercredi 24 novembre de source judiciaire.
Dans une enquête intitulée [i« Congo Hold-up »[/i], menée par des médias internationaux et des ONG et dont la publication a débuté vendredi, M. Kabila et sa famille sont accusés d’avoir « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l’Etat. Ces détournements présumés ont eu lieu de 2013 à 2018, d’après les auteurs de cette enquête qui fait grand bruit en RDC.

Interrogé par la presse, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué lundi que « la ministre de la justice a écrit au parquet le 20 novembre » et « a donné injonction aux fins d’enquête et de poursuite ». « Nous ne pouvons pas, comme gouvernement, rester insensible à de telles allégations », a estimé M. Muyaya, qui est également ministre de la communication. « Il y a ouverture d’une information judiciaire » par le parquet près la Cour de cassation, faisant suite à la demande de la ministre de la justice, a confirmé à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une source de ce parquet.

« Une société écran installée dans un garage »

Selon l’enquête « Congo Hold-up », les 138 millions de dollars ont été détournés « avec la complicité de la banque BGFI RDC », filiale du groupe bancaire BGFI Bank (basé au Gabon), dans laquelle des proches de M. Kabila avaient des intérêts et responsabilités, « en particulier à travers une société écran installée dans un garage ».
Selon ses auteurs, cette enquête s’appuie sur 3,5 millions de documents bancaires confidentiels, obtenus par le média d’investigation français en ligne Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique. Ces données ont été analysées pendant six mois par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC).
Dans un communiqué, le service de communication de l’ex-président Kabila a qualifié les conclusions de cette enquête de « Kabilabashing » et de « tentative de décrédibilisation » de l’ancien chef de l’Etat. M. Kabila a dirigé la RDC de janvier 2001 à janvier 2019, date à laquelle l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, lui a succédé.
Le Monde avec AFP
   

"APPELS SUR L'ACTUALITE
[1][2]Emission spéciale :Congo Hold-Up, après les révélations - 24/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/appels-sur-l-actualit%C3%A9/20211124-1-%C3%A9mission-sp%C3%A9ciale-congo-hold-up-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations
= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/appels-sur-l-actualit%C3%A9/20211124-2-%C3%A9mission-sp%C3%A9ciale-congo-hold-up-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations
Deux journalistes ayant participé à l’enquête, Sonia Rolley de RFI et Yann Philippin de Mediapart, ainsi que le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba répondent aux questions des auditeurs sur les millions de dollars détournés par Joseph Kabila et ses proches.

Invités :
Sonia Rolley, journaliste au service Afrique de RFI.
Yann Philippin, journaliste à Mediapart.




"



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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 25/11/2021, 2:00 pm

Désolé !


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 25/11/2021, 2:25 pm

La BGFI/RDC au cœur des magouilles du clan 'JK' révélées dans "Congo Hold-Up" brise enfin le silence en dénonçant leurs pratiques douteuses du passé et assure avoir "assaini" sa banque depuis 2018. Elle justifie sans convaincre son silence d'avant la diffusion de l'enquête par le devoir de réserve qu'impose toute enquête judiciaire et n'en met pas moins en garde les personnes qui divulgueraient des informations confidentielles sur son groupe


"Congo Hold-up: la BGFI, au cœur du scandale, brise le silence - 25 novembre 2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211125-congo-hold-up-la-bgfi-au-c%C5%93ur-du-scandale-brise-le-silence
Le groupe BGFI, dont le siège se trouve à Libreville au Gabon, n’avait pas souhaité répondre aux sollicitations avant la sortie de l’enquête Congo Hold-up. Mercredi 24 novembre, il est sorti de son silence. Il dénonce toutes pratiques douteuses qui ont pu être commises dans le passé, tout en assurant avoir « assaini » dès 2018 sa filiale en RDC.

Depuis vendredi dernier, 19 médias partenaires dont RFI et cinq ONG relèvent les dessous du détournement de 138 millions de dollars au profit de l’ancien président de la RDC et de son premier cercle. Cette enquête a été réalisée sur la base de plus de 3,5 millions de documents bancaires et plus encore de transactions issus de ce grand groupe bancaire africain à la réputation sulfureuse.
Contacté à plusieurs reprises, le groupe BGFI, acteur dans ce scandale, s'était muré dans le silence jusqu'ici. Mais depuis près d’une semaine, les révélations se succèdent et mettent en lumière le rôle central joué par sa filiale de RDC dans le pillage de l'État congolais, au profit de premier cercle de Joseph Kabila.
Le groupe a finalement brisé son silence mercredi 24 novembre. Dans un communiqué, il reconnait avoir été contacté avant la diffusion de l'enquête Congo Hold-up, mais explique avoir « résolu » de ne pas y répondre « afin de d'observer le devoir de réserve qu'impose les enquêtes en cours » sur l'objet de ces révélations.

Tout en menaçant de poursuites toute personne participant « à la divulgation d'informations confidentielles ou privées » qui le concerne, le groupe dit « désapprouver toutes pratiques douteuses » qui ont « pu être commises par le passé » au sein de sa filiale de Kinshasa.[/size]
Cette filiale a été éclaboussée par plusieurs scandales dès 2016. Le groupe BGFI assure avoir pris deux ans plus tard « les mesures d'assainissement qui s'imposaient » dans sa filiale de la RDC.
Aujourd'hui, les documents Congo Hold-up montrent que le groupe bancaire africain avait aussi commencé à demander le remboursement des parts accordés gratuitement huit ans plus tôt à la sœur de Joseph Kabila. Mais cette enquête a aussi pointé le fait que malgré le départ de hauts responsables incriminés à l'époque, des malversations s’étaient poursuivies.


"RDC : "Congo Hold-up" ou les révélations sur le "mode d’emploi d'une kleptocratie" bâtie autour de l'ancien président Joseph Kabila -22/11/2021
= https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/republique-democratique-du-congo/rdc-congo-hold-up-ou-les-revelations-sur-le-mode-demploi-d-une-kleptocratie-batie-autour-de-l-ancien-president-joseph-kabila_4854635.htm


"Tout ce qu'il faut savoir sur le volet libanais de l'enquête "Congo hold-up" - 24/11/2021
= https://www.lorientlejour.com/article/1282456/tout-ce-quil-faut-savoir-sur-le-volet-libanais-de-lenquete-congo-hold-up-.html
= https://www.lorientlejour.com/article/1282592/une-societe-libanaise-dans-lopaque-machinerie-electorale-congolaise.html
= https://www.lorientlejour.com/article/1282475/quand-bankmed-suisse-heberge-les-millions-de-dollars-dun-reseau-dentreprises-sous-sanctions-americaines.html
= https://www.lorientlejour.com/article/1282457/ces-millions-de-lue-qui-alimentent-les-comptes-du-reseau-tajeddine.html
= https://www.lorientlejour.com/minisite/821-congo-hold-up-le-volet-libanais-de-lenquete


"« Congo hold-up » : les montagnes de cash de la famille Kabila - 24 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/241121/congo-hold-les-montagnes-de-cash-de-la-famille-kabila

"




"Congo Hold-Up : « quand la corruption gangrène, la pauvreté galope » Henri Thulliez • RFI - 23 novembre 2021





"AFFAIRE CONGO HOLD-UP, L'ERREUR COMMUNICATIONNELLE DE PATRICK MUYAYA | LIBRE OPINION - 23 nov. 2021"




Compatriotiquement!


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 25/11/2021, 7:44 pm

"



"Congo Hold-up: les comptes opaques de la Commission électorale de 2011 - 25 novembre 2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211125-congo-hold-up-les-comptes-opaques-de-la-commission-%C3%A9lectorale-de-2011

"Congo Hold-up: réunion entre la BGFIBank et l’Inspection générale des finances de RDC- 26/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211126-congo-hold-up-r%C3%A9union-entre-la-bgfibank-et-l-inspection-g%C3%A9n%C3%A9rale-des-finances-de-rdc


"RDC : les réactions se multiplient après les révélations de l'enquête de Congo Hold-up - 25/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211125-rdc-les-r%C3%A9actions-se-multiplient-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations-de-l-enqu%C3%AAte-congo-hold-up

"Congo Hold-up : Congo Futur, un empire sous sanctions - 26/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211126-congo-hold-up-congo-futur-un-empire-sous-sanctions

"Enquête Congo Hold-up : Notre journaliste, Nada Macourant Atallah a répondu à vos questions - 25 novembre 2021
= https://www.lorientlejour.com/article/1282691/enquete-congo-hold-up-notre-journaliste-nada-maucourant-atallah-repond-a-vos-questions.html

"Gécamines, au coeur des révélations de "Congo Hold-up" - 25/11/2021
= https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/apres-joseph-kabila-la-rdc-veut-reprendre-le-controle-de-ses-mines

"CONGO HOLD-UP - EIC network. How to rob a country using a bank
= https://eic.network/projects/congo-holdup.html


"Congo Hold-up : Jules Alingete promet que les scandales pareils ne reviendront plus dans les prochains jours - 25/11/2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/25/congo-hold-up-jules-alingete-promet-que-les-scandales-pareils-ne-reviendront-plus-dans-les-prochains-jours.html/98266/
= https://actualite.cd/2021/11/27/congo-hold-ligf-ete-butee-sur-un-probleme-de-documentation-pour-responsabiliser-la

"Congo Hold-up : "L'IGF ne pouvait responsabiliser formellement la société Egal  par manque de documents probants (Alingete) - 25 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/25/congo-hold-up-ligf-ne-pouvait-responsabiliser-formellement-la-societe-egal-par-manque-de-documents-probants-alingete.html/98246/



"ED.POL25/11:ÉGLISE CATHOLIK INCONTOURNABLE,KABUYA DEVOIR DE MÉMOIRE, MENDE EBALUKI, CALCC ART.64"



"TLA!24/11 - CONGO HOL-UP + RENCONTRE AMBONGO/TSHIBILIE. RÉAGISSEZ"




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 30/11/2021, 5:03 pm, édité 2 fois

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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 27/11/2021, 10:21 pm

"


"Congo Hold-up : comment transférer des millions à l'étranger ? - 27/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211127-congo-hold-up-comment-transf%C3%A9rer-des-millions-%C3%A0-l-%C3%A9tranger

"LA SEMAINE DE JB PLACCA
Pauvre peuple congolais ! - 27/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-semaine-de/20211127-pauvre-peuple-congolais

"Congo Hold-Up : la campagne "Congo n'est pas à vendre" se félicite de la collaboration entre médias et ONGs dans le cadre de cette vaste enquête - 24 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/24/congo-hold-la-campagne-congo-nest-pas-vendre-se-felicite-de-la-collaboration-entre

"Congo Hold-up : réunion entre la BGIFBank et l'Inspection générale des finances de RDC - 26/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211126-congo-hold-up-r%C3%A9union-entre-la-bgfibank-et-l-inspection-g%C3%A9n%C3%A9rale-des-finances-de-rdc
= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211125-congo-hold-up-ce-sont-des-choses-que-nous-connaissons-c-est-du-positif-affirme-jules-alingete

""Congo Hold-up" : des entreprises françaises parmi les bénéficiaires d'un possible réseau de blanchiment -27 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/271121/congo-hold-des-entreprises-francaises-parmi-les-beneficiaires-d-un-possible-reseau-de-blanchiment

"LA UNE DE LA PRESSE CETTE SEMAINE A KINSHASA
A la Une : le scandale... Congo Hold-Up - 27/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-une-de-la-presse-cette-semaine-%C3%A0-kinshasa/20211127-%C3%A0-la-une-le-scandale-congo-hold-up

"Affaire "Congo Hold-up" : Albert Yuma convoqué au parquet - 25 novembre 2021
= https://www.matininfos.net/affaire-congo-hold-up-albert-yuma-convoque-au-parquet/83965/

""Congo Hold-up" : des fonds publics ont renfloué la société textile des Kabila -24 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/241121/congo-hold-des-fonds-publics-ont-renfloue-la-societe-textile-des-kabila
= https://www.mediapart.fr/journal/international/251121/congo-hold-les-elections-ce-pactole

"Rapport "Congo Hold-up", le CNPAV va mobiliser un collectif d'avocats pour poursuivre les auteurs des détournements des fonds publics - 24/11/2021
= https://zoom-eco.net/developpement/rdc-rapport-congo-hold-up-le-cnpav-va-mobiliser-un-collectif-davocats-pour-poursuivre-les-auteurs-de-detournement-des-fonds-publics/

"Congo Hold-Up : le RECIC, l'AETA, l'ODEP, l'OCIDC, et le collectif 24 appellent les politiques et la justice à considérer les révélations de cette enquête afin d'arrêter l'hémorragie financière - 25 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/25/congo-hold-le-recic-laeta-lodep-locidc-et-le-collectif-24-appellent-les-politiques-et-la

"Congo Hold-up : ACAJ exhorte la justice à collaborer avec le circuit national pour bien localiser l'endroit où sont cachées les sommes volées au trésor public -25 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/25/congo-hold-acaj-exhorte-la-justice-collaborer-avec-le-circuit-national-pour-bien
= https://actualite.cd/2021/11/25/congo-hold-licoco-exige-des-personnes-citees-dans-lenquete-le-remboursement-de-cet

"RD Congo : une nouvelle gouverneure à la Banque centrale du Congo -06/07:2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210706-rd-congo-une-nouvelle-gouverneure-%C3%A0-la-t%C3%AAte-de-la-banque-centrale-du-congo
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211006-rdc-l-onu-inqui%C3%A8te-de-la-d%C3%A9gradation-de-la-situation-humanitaire


"BOSOLO NA POLITIK | 23 NOV | CONGO HOLD-UP : UN COMPLOT POUR DÉSTABILISER LE CLAN KABILA ???













Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 30/11/2021, 4:59 pm, édité 1 fois

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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 30/11/2021, 4:08 pm

"


"INVITE AFRIQUE
Congo Hold-Up: «Une grande partie des pots de vin sont passés par des banques à New-York» - 30/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211130-congo-hold-up-une-grande-partie-des-pots-de-vin-sont-pass%C3%A9s-par-des-banques-%C3%A0-new-york

"« Congo hold-up » : les Chinois ont corrompu les Kabila pour un contrat minier géant - 28 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/281121/congo-hold-les-chinois-ont-corrompu-les-kabila-pour-un-contrat-minier-geant

"Congo Hold-up: le «contrat du siècle» entaché par une corruption à échelle industrielle - 28/11/2021
= https://www.lesoir.be/409129/article/2021-11-28/congo-hold-le-contrat-du-siecle-entache-par-une-corruption-echelle-industrielle


"RDC : Congo Hold-up, une malencontreuse contre-attaque sur fond d’un « présumé » acharnement - 21/11/2021
= https://www.afriwave.com/2021/11/21/rdc-congo-hold-up-une-malencontreuse-contre-attaque-sur-fond-dun-presume-acharnement/


"Congo Hold-up : Sonia Rolley, laissez notre Kabila tranquille (Pero Luwara) - 28 novembre 2021
= https://ouragan.cd/2021/11/congo-hold-up-sonia-rolley-laissez-notre-kabila-tranquille-pero-luwara/
= https://www.tsieleka.com/index.php/2021/11/19/congo-hold-up-il-sagit-dun-acharnement-des-puissances-occultes-qui-nont-jamais-digere-le-choix-opere-par-joseph-kabila-en-matiere-electorale-et-miniere/
= https://actu30.cd/2021/11/rdc-le-rapport-congo-hold-up-remis-en-question-par-de-nouveaux-elements-apportes-par-patrice-kitebi-et-la-societe-egal/


"Affaiire Congo HOLD-UP
Un Joseph Kabila peut en cacher bien d’autres sur le continent 6 25 novembre 2021

= https://lepays.bf/affaire-congo-hold-up-2/

"Congo hold-up : Guy Loando « possède 20% des parts » dans une société au cœur d’un scandale de détournement de plusieurs millions USD - 29 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/29/congo-hold-up-guy-loando-possede-20-des-parts-dans-une-societe-au-coeur-dun-scandale-de-detournement-de-plusieurs-millions-usd.html/98585/
= https://7sur7.cd/2021/11/29/congo-hold-le-ministre-guy-loando-mele-tort-dans-une-enquete-internationale-mise-au

= https://www.lemag.cd/actualite/2021/11/22/congo-hold-la-lucha-invite-les-autorites-congolaises-agir

"Bien comprendre l'affaire "Congo Hold-Up" en RDC
= https://d.facebook.com/watch/?v=1537745006563921&_rdr

= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211130-congo-hold-up-trois-millions-de-dollars-d-argent-public-retir%C3%A9s-en-cash-par-le-directeur-financier-de-kabila

"Congo Hold-Up : "des fonds publics ont permis Joseph Kabila d'approvisionner ses vastes propriétés privées en animaux sauvages importés de Namibie"(PPLAAF) - 30 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/30/congo-hold-des-fonds-publics-ont-permis-joseph-kabila-dapprovisionner-ses-vastes


"Congo Hold-Up/Détournement de 43 millions USD : « ce qui est dit sur Kabila est faux » (Jules Alingete) - 30 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/30/congo-hold-up-detournement-de-43-millions-usd-ce-qui-est-dit-sur-kabila-est-faux-jules-alingete.html/98667/


"Congo Hold-up: l'Affaire des cartes Visa liées au Trésor refait aussi surface - 29.11.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96962_congo_hold_up_l_affaire_des_cartes_visa_liees_au_tresor_refait_aussi_surface.html

= https://www.politico.cd/encontinu/2021/11/30/congo-hold-up-la-plus-grande-lecon-ce-que-nous-avons-a-etre-serieux-nicolas-kazadi.html/98604/



"Affaire "Congo Hold-up"à Kinshasa: quelles options pour l'ancien président Kabila? - 27 nov. 2021"




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Message  ndonzwau 4/12/2021, 10:30 pm

A propos de l'enquête Congo Hold-up, certaines voix Congolaises sur fond d'un souverainisme ambivalent plutôt exacerbé ont dénoncé son caractère complotiste envers notre pays - elle ne serait là que pour déstabiliser le Congo - mais peu se sont appliqués à décrypter leurs vérités sauf peut-être Alingete. Le pouvoir lui s'est montré plus regardant et plus responsable dans sa décision à relever enfin Yuma de son poste de PCA de la Gécamines, les révélations de Congo Hold-up reviennent plus d'une fois sur sa présumée implication sur plusieurs malversations autour de la FGIF/RDC et de EGAL dont il est un des  principaux actionnaires.

Maintenant que le consortium des médias et des ONG visait 'JK' pour pousser ainsi Tshisekedi à acculer son prédécesseur et que l'IGF défende sa mise en ordre des finances publiques et sa mise au pas d'opérateurs indélicats, pourquoi pas ; encore faut-il que la vérité des faits démontre sans discussion que l'enquête se trompe ou exagère ici et là. Un clash explosif voulu entre l'ancien et l'actuel président dont l'enquête n'a pourtant pas épargné deux proches, en l'occurrence Jean-Claude Kabongo et Luc-Gérard Nyafé. La suite...



" REVUE DE PRESSE AFRIQUE
À la Une: les révélations de l’enquête Congo Hold-up, avec les dénégations des uns et la colère des autres- 02/12/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-afrique/20211202-%C3%A0-la-une-les-r%C3%A9v%C3%A9lations-de-l-enqu%C3%AAte-congo-hold-up-avec-les-d%C3%A9n%C3%A9gations-des-uns-et-la-col%C3%A8re-des-autres
Les révélations de Congo Hold-up, cette enquête internationale sur des détournements massifs d’argent public durant la période Kabila continuent de faire couler beaucoup d’encre dans la presse du continent. Il y a d’abord ceux qui s’insurgent contre les résultats de l’enquête, à l’instar de Jules Alingete, le patron de l’inspection Générale des Finances*. Interrogé par le site d’information congolais Politico, il estime que « les affirmations des enquêtes de ce consortium des médias sur ce dossier n’ont aucun fondement puisque se basant simplement sur des "insinuations" ». Il prend l’exemple du versement de 43 millions de dollars parti de la banque centrale du Congo pour la BGFIBANK qui aurait ensuite reversé cet argent sur un compte lié à Kabila. Faux, affirme-t-il : c’est la banque qui a gardé l’argent et rien n’a été versé à Kabila. Toujours d’après lui, « les objectifs poursuivis par ces médias étrangers vont à l’encontre des intérêts de la République Démocratique du Congo. »

Mea culpa

Quant à la banque BGFI, elle a promis de restituer ces fameux 43 millions de dollars. La BGFI qui se défend également. Par le biais d’un communiqué publié par le site Actualité CD, elle dit « condamner avec la plus grande fermeté les actes contraires à la loi et à l’éthique qui ont pu être commis dans le passé au sein de sa filiale congolaise et dont ses préposés auraient pu éventuellement être auteurs ou complices à des degrés divers. » La BGFI qui précise encore qu’elle a pris « dès 2018 les mesures d’assainissement qui s’imposaient. » Et elle conclut en affirmant que « les autorités judiciaires restent les seules habilitées à établir, dans le respect des lois, l’innocence ou la culpabilité des personnes poursuivies. »

Justice et restitution !

Justement, la justice, c’est ce que réclame Jean-Claude Mputu, porte-parole du collectif Le Congo n’est pas à vendre. Il est interrogé par le site d’information sur la RDC Afrikarabia. Pour lui il est clair que « les documents que révèlent Congo Hold-up montrent l’importance d’un détournement organisé et systématisé par la famille de Joseph Kabila avec les moyens de l’Etat. Cela permet de retracer le circuit de certaines sommes d’argent qu’on soupçonnait avoir été détournées, mais pour lesquelles on n’avait pas tous les éléments et toutes les certitudes. »
Alors, poursuit Jean-Claude Mputu, « nous attendons que le gouvernement, comme il l’a annoncé, puisse ouvrir des enquêtes, identifier les coupables, les poursuivre et les punir. Nous attendons aussi la récupération des biens détournés. Il y a bien eu quelques procès par le passé, mais nous n’avons jamais récupéré les biens. Congo Hold-up nous permet d’identifier certains biens, comme des bateaux, des immeubles, ou des entreprises achetées avec de l’argent public. Ces biens doivent revenir à l’Etat congolais. »

Une « mafia » 

Autre homme en colère, Jean-Claude Katende, le président l’Asadho, l’Association Africaine des droits de l’homme. C’est à lire sur le site congolais Cas-Info : Jean-Claude Katende dénonce « la mafia », selon lui, organisée par l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa, qui aurait détourné des millions de dollars des caisses de l’institution au profit du clan Kabila. « A l’époque, dénonce Jean-Claude Katende, quand nous exigions que la CENI rende public son rapport financier, on nous traitait d’extrémistes. Aujourd’hui, avec Congo Hold-up, tout le monde comprend pourquoi Naanga ne voulait pas. Un homme avec une grande gueule, mais plongé dans la mafia. »

« Un Kabila peut en cacher bien d’autres »
Pour Le Pays au Burkina, l’affaire est entendue… « Joseph Kabila et sa famille se sont-ils enrichis sur le dos du peuple congolais ?  Tout porte, hélas, à le croire. Et ce ne sont pas les dénégations des communicants de l’ex-numéro un congolais, qui déplorent "un acharnement injustifié de certaines puissances cachées derrière ces médias", qui suffiront à disculper le mis en cause. » Et « il faut se féliciter de la détermination de ces journalistes et autres lanceurs d’alerte, dans la croisade inlassable qu’ils mènent contre ces "braquages" de deniers publics, dont sont friands bien des dirigeants d’Afrique et même d’ailleurs. » En effet, attention, prévient Le Pays, « un Kabila peut en cacher bien d’autres sur le continent, qu’ils soient anciens dirigeants ou présidents en exercice. »
--
* À noter que Jules Alingete, dans un entretien accordé à Christophe Boisbouvier jeudi 25 novembre, se félicitait de cette enquête, la qualifiant de « positive ».


"Congo Hold-up: comment devenir l’entrepreneur de l’année en Belgique? - 04/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211203-congo-hold-up-comment-devenir-l-entrepreneur-de-l-ann%C3%A9e-en-belgique
 
Un tracteur de marque John Deere. :copyright: RFI  
 
L’enquête Congo Hold-up s’est penchée sur le cas de l’homme d’affaires belge, Philippe de Moerloose. Inconnu du grand public au Congo comme en Belgique, il a pourtant bénéficié d’au moins 742,9 millions de dollars de contrats avec l’État congolais, en enregistrant des profits très largement supérieurs à la moyenne. Enquête de De Standaard,  Le Soir, avec Mediapart, PPLAAF et le réseau européen EIC.

Après dix heures de route depuis Kinshasa, on les découvre enfin sur une piste du Kongo Central : les tractopelles extrêmement coûteuses fournies par l’homme d’affaires belge Philippe de Moerloose. Un groupe d'ouvriers congolais les utilise pour niveler une route ravagée par les nids de poule. Ils passent des heures à s'attaquer à la terre rouge sous un soleil de plomb. Leur tâche est d'améliorer les routes d’accès, pour que les rizières, plantées de l'autre côté du fleuve Congo dans le parc agro-industriel de la vallée de Nkundi, puissent bénéficier au reste du pays.
C'est un contraste étrange. Les tractopelles, tracteurs et niveleuses ont coûté des centaines de milliers de dollars, mais les hommes qui les utilisent vivent dans la pauvreté. Lorsque nous demandons si les ouvriers reçoivent un salaire, ils hésitent à répondre, mal à l'aise. Un superviseur surveille leurs propos. « Parfois seulement », admet le plus âgé. C’est un ouvrier expérimenté, il a déjà travaillé avec les mêmes machines dans plusieurs autres provinces congolaises.
Plus loin, dans un village, une énorme niveleuse de marque John Deere est à l'arrêt. La roue avant-gauche a crevé quelques jours plus tôt. Le contrat gouvernemental pour les excavatrices, que nos collègues du journal flamand De Standaard ont pu consulter, indique que cet engin a coûté 250 000 dollars. « Nous avons encore des pièces de rechange », dit le responsable de ces engins de chantier. « Mais si cela continue de se produire, on risque d’abandonner cette machine en brousse. Ces engins ne sont pas faciles à réparer. Les moteurs de John Deere ont des composants électroniques. Dans tout le pays, on retrouve des tracteurs abandonnés depuis dix ans, la population ne peut même pas les bricoler », explique le superviseur. « Ce n'est pas bien pensé »

D'énormes marges bénéficiaires

L’enquête Congo Hold-up révèle pour la première fois comment le grand entrepreneur Philippe de Moerloose s'est enrichi au Congo. Cet homme d’affaires belge  a systématiquement réalisé des bénéfices mirobolants sur la vente de camions, de tracteurs comme ceux de Nkundi, et d'autres machines et équipements lourds. Les rapports annuels de la Banque centrale du Congo (BCC) et les contrats que nous avons vus montrent qu'en quinze ans, les entreprises de De Moerloose ont reçu plus de 742 millions de dollars de l'État. Le Belge a profité de la faiblesse des institutions congolaises pour s'enrichir au détriment de l’Etat.
L’enquête Congo Hold-up montre également comment Philippe de Moerloose a entretenu des relations étroites avec l'ancien président Joseph Kabila et sa famille pendant des années. Il a notamment vendu une résidence luxueuse à la belle-mère de Joseph Kabila, à quelques pas de sa villa située à côté du club de golf de Bercuit, l’un des quartiers les plus riches de Belgique.
Des documents internes, des factures des sociétés de Philippe de Moerloose et des copies de contrats signés avec le gouvernement congolais, montrent comment l'homme d'affaires belge surévalue le prix de vente des véhicules par rapport au prix d'achat initial. Les tracteurs de marque John Deere, par exemple - qui charrient la terre rouge du Kongo Central - ont été achetés pour 16 625 dollars ​​en Inde en 2018, puis vendus au Congo pour 51 265 dollars. Le prix est multiplié par trois. Sur d’autres achats, la marge bénéficiaire brute - le bénéfice réalisé sur la vente, avant déduction des coûts de fonctionnement - est encore plus élevée.

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Des tracteurs de marque John Deere ont été achetés pour 16 625 dollars puis vendus au Congo pour 51 265 dollars. :copyright: RFI  

Nous avons parlé à sept anciens hauts cadres des sociétés de De Moerloose et à des sources congolaises informées de ces transactions. Tous ont préféré témoigner anonymement. « De Moerloose a enregistré des profits stratosphériques », dit l'un d'eux. Mais Philippe de Moerloose n'est pas d'accord avec nos conclusions. « Nous travaillons toujours avec des marges bénéficiaires répondant aux standards du secteur et du marché (marge brute de l’ordre de 25 à 30 %) », nous a-t-il répondu.
Le ministre des Infrastructures, Fridolin Kasweshi, assure lui n’être informé « ni sur les paiements, ni sur le contrat concerné ». Il ajoute que l’Office des Routes, bénéficiaire des équipements, devait procéder aux « vérifications nécessaires » avant de lui transmettre le contrat.

Manager de l'année

De Moerloose est la 129e fortune de la Belgique selon le site d’information flamand Rijkste Belgen, il est peu connu dans son propre pays. Comme beaucoup de personnalités fortunées, De Moerloose suit depuis longtemps l’adage « pour vivre heureux, vivons cachés ». Mais après le départ de Joseph Kabila en 2019, il est vraiment sorti de l'ombre en Belgique pour la première fois, en faisant campagne pour le titre d’entrepreneur de l’année.
L'histoire qu'il raconte aujourd'hui ressemble à un conte de fées capitaliste. Le père de Philippe, Louis de Moerloose, répond à une petite annonce publiée dans Le Soir en 1970 et part avec sa famille au Congo, pour devenir comptable dans l'ancienne usine textile coloniale Texaf. Philippe de Moerloose a alors trois ans. Il grandit dans sa « chère Afrique », comme il l'appellera plus tard, et parle couramment le swahili. Il rentre ensuite en Belgique pour étudier à l'école de commerce bruxelloise Ichec. En 1991, il fonde la société d'import-export Demimpex.


 
L’entrepreneur belge le fait avec un petit capital de départ qui, qu’il présentera comme toujours plus faible au fil des ans  En 2007, De Moerloose parle dans une interview de 3100 euros, en 2013 de 2500 euros et récemment de 1800 euros.
Au cours des trente dernières années, ses affaires ont évolué rapidement. Son groupe, qui s'appelle aujourd'hui SDA Holding, dépassera pour la première fois cette année un chiffre d'affaires annuel d'un milliard d'euros.
De Moerloose est devenu l’un des leaders mondiaux de la distribution de camions, engins de chantier et véhicules agricoles. Depuis 2015, il est le distributeur exclusif de Volvo Construction Equipment au Benelux. Depuis, il s'est également installé au Royaume-Uni et il promet de prendre d'assaut le marché américain et asiatique prochainement. En novembre, le magazine économique belge Trends l'a sélectionné parmi les candidats au titre de « manager belge de l'année » pour la deuxième année consécutive. Dans des SMS, Philippe De Moerloose a encouragé tous les membres de son réseau à voter pour lui. En Europe, il évoque rarement le pays auquel il doit une large part de sa fortune : la République démocratique du Congo.

Une fortune bâtie au Congo

L'ascension spectaculaire de De Moerloose a été soutenue par les profits spectaculaires qu'il a réalisés au Congo. En Europe, il a toujours pu rembourser rapidement les dettes qu'il contractait pour faire de grandes acquisitions. L'année dernière, alors que ses ventes ont chuté de près de 187 millions d’euros en raison du coronavirus, du Brexit, de « l’instabilité sociopolitique dans certains territoires africains », De Moerloose a tout de même réussi à réduire ses dettes de plusieurs millions. En outre, il a accumulé un important capital personnel, qu'il a logé sur des comptes bancaires à l’étranger, des sociétés dans des paradis fiscaux et dans l'immobilier. Il a également investi dans des hôtels, dans le secteur minier et dans des entreprises de construction.
Selon cinq sources ayant travaillé avec Philippe de Moerloose, les contrats signés en RDC ont d'abord été discutés en personne avec Joseph Kabila. De Moerloose a été invité dans son immense propriété de la vallée de N'Sele, à l'est de Kinshasa. Là, l'ancien président l'a reçu sur « une espèce de trône », selon un associé qui a assisté à l'une des réunions. Le président s'est montré amical avec le Belge et l'a appelé « Philippe ». Selon de Moerloose, c'était vrai mais uniquement parce que son nom de famille « est d’une part difficile à prononcer pour des personnes africaines et certainement pas facile à retenir. Monsieur Kabila m’appelle ‘’Monsieur Philippe’’ et je l’appelle toujours ‘’Excellence’’ », précise-t-il.
A Kinshasa, « Philippe » avait un monument à son effigie: une statue de lui entourée de deux employés congolais, l’un brandissant l’un des avions de sa compagnie aérienne Hewa Bora, l’autre portant dans ses bras, un 4x4 Nissan, du même modèle que ceux officiellement achetés par l’Etat pour le compte des députés et des professeurs d’Université. Cette sculpture trônait face du bâtiment d’Auto Transport Company (ATC). En 2011, il achète ce bâtiment à sa propre entreprise et le vend deux ans plus tard (fin 2013) à Sud Oil, une ancienne société de distribution de produits pétroliers qui passe à cette époque sous le contrôle de membres de la famille de Joseph Kabila. C’est officiellement depuis cette adresse que les proches de Joseph Kabila ont reçu près de 88 millions de dollars sur les 138 millions documentés par l’enquête Congo Hold-up.

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A Kshasina, Philippe de Moerloose avait un monument à son effigie: une statue de lui entourée de deux employés congolais. :copyright: PPLAAF/Mediapart
 
Interrogé à ce propos, Philippe de Moerloose dit avoir à l’époque « exigé » une copie du registre des actionnaires : « celle-ci ne renseignait aucun membre de la famille Kabila ».
L’homme d’affaires nie avoir eu avec Joseph Kabila une relation qui allait au-delà des contacts professionnels. Il dit ne pas être une « personne politiquement exposée » et être considéré comme tel. Il souligne que ses affaires sont régulièrement contrôlées. « Nous confirmons n’avoir jamais rétrocédé la moindre commission à des tiers sur ces contrats et nous réfutons toute allusion à une quelconque corruption qui est contraire aux règles de compliance et de bonne gouvernance de notre groupe
Joseph Kabila n'a pas répondu à nos demandes de commentaires. Volvo et John Deere n'ont pas non plus répondu à nos questions. « Nous n'avons qu'une vision limitée du prix que paie l'utilisateur final », déclare Claes Eliasson, du groupe Volvo. « Nous prenons la compliance très au sérieux. »
Pendant les dix-huit ans de mandat de Joseph Kabila, De Moerloose est incontournable sur le marché de la vente de véhicules pour la République démocratique du Congo. Ses sociétés sont régulièrement mentionnées dans les bilans de dépenses de l'État dans les bulletins de la Banque Centrale. Demimpex a touché plus de 436 millions de dollars grâce à des contrats signés avec l’Etat congolais.
Ses sociétés à l'île Maurice ont encaissé plus de 128 millions de dollars de 2011 à 2017. HMIE et D'Angelin Ocean Trade, deux sociétés enregistrées dans les îles Vierges britanniques qui appartiennent à De Moerloose, ont, elles, amassé plus de 40 millions de dollars. Depuis 2018, De Moerloose, par l'intermédiaire d'une nouvelle filiale de SDA Holding à Maurice, a conclu deux autres contrats avec le ministère de l'Agriculture, pour un montant de 139 millions de dollars. Montant total de tous ces contrats cumulés: au moins 742,9 millions.
Aucun de ces marchés n’est issu d'une procédure d'appel d'offres publique. Philippe de Moerloose le reconnaît lui-même lorsqu’il nous explique avoir « systématiquement »  recours à l’autorisation préalable de la Direction Générale de Contrôle des Marchés publics (DGCMP) qui, selon lui, « contrôlait tous les aspects du contrat en ce compris les tarifs appliqués ». Ce recours à une procédure de gré à gré est une pratique courante en République démocratique du Congo, mais il est très largement dénoncé par la société civile, comme par les institutions internationales.
Nous avons obtenu une copie de l’avis de non-objection de 2016 émis pour les derniers contrats agricoles de 139 millions de dollars. Les arguments donnés par la DGCMP restent peu étayés : « Il s'agit d'un partenariat public-privé », dit-elle. De plus, la société de De Moerloose a « déjà fourni des machines à l'État congolais ». Et le « financement du contrat sur une durée moyenne de cinq ans est avantageux ».


Philippe de Moerloose
@P_de_Moerloose

Philippe de Moerloose participe aujourd'hui à l'inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale du Congo à #Lubumbashi : un magnifique ouvrage construit par Dematco, filiale de notre holding African Equities, qui va contribuer au développement économique du Haut-Katanga #RDC

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Des marges extrêmement élevées

Cette pratique  a donné lieu à des abus. Nos confrères du journal De Standaard ont obtenu des documents internes, des tableaux indiquant les prix d'achat de ces équipements qui ont été revendus en RDC. Nous avons comparé les prix d'achat et les prix de vente pour chaque machine livrée, services et pièces détachées fournis dans le cadre des derniers contrats de 139 millions de dollars.
Notre analyse montre que sur la première tranche de ce marché, qui correspond aux commandes passées en août 2018, les revenus se sont élevés à 58,5 millions et les marges brutes bénéficiaires à 36,7 millions, soit 63% du total.
Cela comprend les prix du transport maritime, mais pas encore le transport terrestre, qui, selon les contrats précédents, s'élève à quelques points de pourcentage du prix total. Par exemple, les machines de récolte de maïs ont été achetées pour 64 000 dollars. De Moerloose les a vendues à l'État congolais pour 456 000 dollars. Le transport par mer a coûté 7 500 dollars. Le transport intérieur au Congo n'est pas inclus dans le tableau. Des moissonneuses de marque John Deere, par exemple, ont été achetées par la société de De Moerloose pour 64 138 dollars l’unité et vendues à l'État congolais pour 456 183 dollars.
Contacté, M. De Moerloose conteste l'authenticité de ces documents internes. Il affirme que ses marges réelles se situaient entre 25 et 30 %. De Moerloose donne également des exemples précis de prix d'achat des machines, qui diffèrent de ceux figurant dans nos documents. 
Mais les comptes annuels de la société mauricienne DEM Equipment traitant les récents contrats de 139 millions, montrent que les marges devaient être bien supérieures aux 25-30% évoqués par Philippe de Moerloose.
Les états financiers pour 2018, 2019 et 2020, qui peuvent être consultés en ligne sur le registre des sociétés de l’île Maurice, révèlent que cette société a cumulé un chiffre d'affaires de 102,8 millions d'euros et une marge brute de 39,6 millions, ce qui fait un taux de marge de 38,5%.
Un bénéfice net cumulé avant impôts de 40 millions a été enregistré au cours de ces trois années, sur lequel la société a payé 3,4 millions d'euros d'impôts. Cela fait un taux d'imposition de seulement 8,7%.

Les prix demandés par De Moerloose à l'État congolais étaient également beaucoup plus élevés que ceux pratiqués dans d'autres pays africains. Contacté à propos des prix pratiqués par l’homme d’affaires belge, Patrick Roux, directeur de la société sud-africaine AFGRI Equipment, lui aussi représentant de la marque John Deere, explique qu’il est difficile de commenter le prix sans connaître les détails de la transaction. « Mais si l’exemple que vous donnez (tracteur de 75 chevaux John Deere, vendu pour 51 265 dollars) est exact, ce serait très loin des normes ».
Selon AG Facts, une société de données sud-africainespécialisée dans les prix des équipements agricoles, le prix de vente de ces tracteurs dans ce pays est de 28 500 dollars pièce. C'est le prix hors TVA que les agriculteurs paient. Le Moerloose, qui vend au gouvernement congolais, ne doit pas non plus facturer la TVA.
C’est ce que répètent aussi les anciens proches collaborateurs de Philippe de Moerloose. « Nous parlons de quelqu’un qui n’est pas mis en concurrence. Il fait alors passer des prix très élevés et totalement hors marché pour des équipements agricoles, dans l'un des pays les plus pauvres du monde », déclare un ancien membre du conseil d'administration de l'une des entreprises de De Moerloose, qui souhaite rester anonyme par crainte de représailles judiciaires. « En plus de cela, ces programmes sont bien souvent financés par des institutions financières multilatérales et, en retour, il ne paie presque pas d'impôts sur les énormes bénéfices réalisés, grâce à des structures fiscales offshore. C'est moralement répréhensible

Une vieille pratique

Philippe de Moerloose n’en est pas à son coup d’essai. Nos confrères du Standaard ont également vu des factures de SDIAG, une société de De Moerloose à Maurice, datant de 2011. Des remorques de cinq tonnes de la marque Fieldking ont été achetées à l'époque pour 2 435 dollars chacune. De Moerloose les a vendues au ministère de l'Agriculture congolais pour 7 800 dollars pièce : le triple du prix. Et il ajoute encore 2300 dollars par engin pour le transport. Les marges réalisées sur des  machines de SDLG, la marque chinoise de Volvo, ont aussi été  particulièrement impressionnantes. Grâce à un tableau de Demimpex mentionnant les prix d'achat de 2010, l’enquête Congo Hold-up a pu établir que les pelleteuses chinoises ont été vendues au ministère des Routes pour six fois le prix d'achat. Cette machine du modèle LG956L qui coûtait 45 200 $ a été vendue la même année pour 265 900 $.
Entre 2008 et 2010, des milliers de tracteurs John Deere ont été vendus en RDC. Ce sont les premiers gros contrats avec l’Etat d’une longue série. Joseph Kabila et Philippe de Moerloose ont visité ensemble le siège de John Deere à la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis en 2010. Sur la chaîne internet de vidéos Youtube, on trouve toujours un reportage sur la signature de la troisième édition de ces énormes contrats, portant sur 1 500 tracteurs. « L'ordre a été donné par le chef de l'État Joseph Kabila, qui est enthousiaste à l'idée de mécaniser l'agriculture au Congo », explique le journaliste. Dans cette vidéo, l'ambassadeur belge de l'époque, Dominique Struye, fait part de son plaisir à voir une entreprise belge active en RDC. «Je dirais même, qui améliore les relations», explique-t-il dans cette vidéo.


 
Aujourd'hui, ces premiers tracteurs sont difficiles à localiser . D'après les contrats, ils ont été distribués en provinces. « C'était juste avant les élections de 2011 », explique un haut fonctionnaire du ministère de l'Agriculture congolais qui a requis l’anonymat. « La plupart de ces tracteurs ont été distribués aux députés. »
Contacté, Joseph Kabila n’a pas donné suite; son ministre de l’Agriculture à l’époque et ancien vice-président de la commission électorale, Norbert Basengezi, assure qu’un rapport du cabinet d’audit KPMG atteste d’une « bonne gestion de ces tracteurs », tout en précisant qu’il n’a pas eu le temps de le chercher. Il se refuse également à commenter les allégations de surfacturation. « Je n’étais pas aux négociations initiales de ces contrats », explique-t-il. « J’ai rencontré Philippe de Moerloose le jour de la signature du contrat ».
Lorsqu'on interroge Philippe de Moerloose sur le secret de son succès, il insiste invariablement sur la qualité de son service après-vente dont il vante l’excellence, ce qui lui permet de se développer sur un marché où la concurrence est féroce, avec des concurrents basés partout sur la planète. C’est sûr que lorsqu’il livre des équipements Volvo en Europe, la qualité de son service après-vente n’est pas contestée.
En République démocratique du Congo, on est très loin d’avoir les mêmes standards, selon un rapport d'évaluation interne que nous avons pu consulter. En 2012, à la demande de Demimpex, un cabinet d’audit belge a examiné une série de contrats. Commandes erronées, matériel en piteux état voire jamais livré, les conclusions de ce rapport sont accablantes.

Des problèmes ont été constatés avec toutes les marques, mais les camions chinois Sinotruk fournis se sont avérés particulièrement défaillants. Ces engins ont coûté au bas mot 70 000 dollars chacun, selon les contrats que nous avons pu consulter. Le rapport de 2012 l’atteste: les avaries se sont multipliées. Pour commencer, les pièces en acier souffraient déjà d'une forte corrosion à leur arrivée. Les compteurs kilométriques se sont avérés défectueux, les moteurs mal assemblés, ce qui les a fait tomber très vite en panne. Les bas de caisse n'étaient pas adaptés aux routes africaines, les cabines de conduite, pas à l'épreuve des chocs. Dans sa longue réponse adressée aux partenaires de Congo Hold-up, De Moerloose explique qu’il était « fréquent » que le matériel soit abîmé au cours du transport, mais que c’était « formellement constaté » et le matériel remplacé. « Nous vous confirmons que le matériel livré était 100% conforme et en parfait état au client final », assure-t-il.
En janvier 2019, Joseph Kabila quitte la présidence et depuis, un dernier contrat  qui devait être signé avec les entreprises de De Moerloose à Maurice, pour un montant de 125,4 millions de dollars, semble s’être perdu dans les tiroirs d’un ministère. Y a-t-il des réticences de la part du gouvernement du successeur Félix Tshisekedi? De Moerloose dément et assure que la signature de ce troisième avenant du contrat ne peut intervenir « qu’après que la phase 1 et 2 soient en pleine production ». Ce délai serait selon lui normal pour pouvoir « constater les succès et défaillances éventuels des premières phases ».
En septembre 2021, Philippe de Moerloose fête le 30e anniversaire de son entrée dans le monde des affaires à l’Hôtel de Mérode à Bruxelles. Il a les larmes aux yeux, ses enfants sont assis au premier rang, les peintures modernes de sa compagne accrochées derrière lui. « Notre chiffre d'affaires va augmenter de vingt pour cent par an », promet-il. « Dans cinq ans, nous aurons franchi la barre des deux milliards. C'est ambitieux, je sais, mais nous y arriverons ».



"RDC : le président Tshisekedi révoque Albert Yuma de la présidence du conseil d'administration de la Gécamines
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211204-rdc-le-pr%C3%A9sident-tshisekedi-r%C3%A9voque-albert-yuma-de-la-pr%C3%A9sidence-du-conseil-d-administration-de-la-g%C3%A9camines
  "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7 "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7  
En RDC, Albert Yuma (photo) et tout le conseil d'administration de la Gécamines ont été écartés par le président Tshisekedi.  AFP - JACQUES DEMARTHON

Le président Felix Tshisekedi a remplacé Albert Yuma, président du conseil d’administration de la Gécamines, la compagnie minière d’Etat. Depuis le 19 novembre, l’enquête Congo Hold-up avait régulièrement évoqué son nom. A coups de dizaines de millions de dollars, la compagnie minière d’Etat avait alimenté les comptes du premier cercle de Joseph Kabila, via la BGFI Bank. Il faisait aussi l’objet d’une enquête de l’Inspection générale des finances.
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Le président Tshisekedi a remplacé tout le conseil d’administration de la Gécamines dont son président Albert Yuma, son directeur général et directeur général adjoint. Beaucoup de malversations ont été dénoncés dans le cadre de l’enquête Congo Hold-up.
A titre personnel, le désormais ancien patron de la Gécamines est impliqué dans le dossier Egal,une société dont il est actionnaire et qui a détourné 43 millions de dollars d’argent public au profit du premier cercle de Joseph Kabila.[/url]
Sous son contrôle, la Gécamines fait de nombreux virements qu’elle présente comme des avances fiscales, c’est-à-dire une avance sur impôts à venir. 
L’IGF parle elle d’un demi-milliard ainsi détournés. Car au lieu de verser l’argent sur le compte du Trésor, elle va par exemple le verser à Sud Oil qui appartient à des membres de famille de Joseph Kabila. Par exemple le 13 juin 2016, ce sont 2 millions qui disparaissent sous l’intitulé « solde avance de fiscalité ».
 Le 2 août 2017, la Gécamines vire, cette fois, 15 millions de dollars à Sud Oil sous le libellé « paiement alimentation de notre compte ».  Mais il n’en reste pas moins qu’Albert Yuma est le patron de la Fédération des entreprises du Congo, il a été réélu en novembre dernier à l’issue d’une élection contestée.

A noter que vendredi, lors d'un débat, un représentant de l'inspection générale des finances a qualifié les preuves de Congo Hold-up de fausses dans le dossier Egal. L'IGF assure qu'Egal dont Albert Yuma est l'un des actionnaires n'a pas détourné les 43 millions de dollars qui était sous un compte à son nom. Pour l'IGF, seule la BGFI Bank, la banque contrôlée par le frère de l'ancien président, aurait détourné cet argent et promis de le rembourser depuis mai ; a priori rien n’a été fait. Contactée par l'enquête Congo Hold-up, la BGFI n'a pas réagi.

en RDC, la Gécamines épinglée pour plusieurs transactions peu transparentes

Du côté des réactions, c’est quasiment le silence dans les rangs du PPRD de l’ancien président, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi. On est bien loin de l’époque où la famille politique de Joseph Kabila faisait bloc pour défendre Albert Yuma. « On lui cherche une faute. Si on apprend que quelque chose de mal lui est arrivé, je vais donner un mot d'ordre, nous allons nous soulever et nous allons mettre tout le monde debout et paralyser ce pays », disait Emmanuel Ramazani dans une réunion publique. 
Du côté la société civile, on estime qu’il était plus que temps de revoir la gouvernance de la Gécamines. « On se souvient de tous les contrats conclus avec l’homme d’affaire Dan Gertler, rappelle Jean-Claude Mputu, porte-parole de la campagne Le Congo n’est pas à vendre. On se souvient de la cession des royalties pour lesquels nous demandons des saisis par le gouvernement. On se souvient des millions de la Gécamines soi-disant payés comme avances fiscales et retirés plus tard ». 
George Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), ne souhaite pas, dit-il, personnaliser le débat et plaide à présent pour la révision de certains contrats signés sous la présidence d'Albert Yuma. « Nous savons par exemple qu’avec les Chinois, beaucoup de ces entreprises ont obtenu des carrés miniers ayant appartenu à la Gécamines. Et ces dernières n’ont pas respecté leurs engagements. Nous n’avons jamais cessé de demander une résiliation ».
Aujourd’hui, les regards sont tournés vers l’enquête lancée par l’Inspection générale des finances sur la gestion de la Gécamines.

en RDC, qui contrôle la Gécamines?


"RDC : Albert Yuma puissant patron pro-Kabila écarté de la Gécamines - 04 déc 2021
= https://information.tv5monde.com/info/rdc-albert-yuma-puissant-patron-pro-kabila-ecarte-de-la-gecamines-435146
= https://www.jeuneafrique.com/1276632/politique/rdc-albert-yuma-evince-de-la-presidence-de-la-gecamines/


"« Congo hold-up » : l’empire surfacturé de l’homme d’affaires Philippe de Moerloose - 4 décembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/041221/congo-hold-l-empire-surfacture-de-l-homme-d-affaires-philippe-de-moerloose
= https://www.lesoir.be/410349/article/2021-12-04/congo-hold-sur-les-traces-des-machines-prix-dor-de-philippe-de-moerloose

"Congo Hold-up
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/la-tirelire-du-clan-kabila
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/les-ambitions-frustrees-de-socar-au-congo
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/la-suisse-arriere-cuisine-des-intrigues-electorales-congolaises
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/une-banque-genevoise-a-accueilli-les-millions-dun-reseau-libanais-sous-sanction
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/les-horloges-fantomes-made-in-switzerland-de-kabila
= https://www.publiceye.ch/fr/coin-medias/communiques-de-presse/detail/congo-hold-up-dans-les-rouages-du-plus-grand-detournement-dafrique-centrale
= https://www.publiceye.ch/fr/coin-medias/communiques-de-presse/detail/congo-hold-up-un-reseau-libanais-sous-sanctions-touchait-a-geneve-les-millions-dun-douteux-commerce-de-viande
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/negoce-de-matieres-premieres/suisse
= https://congoholdup.com/en/
= https://swisscorruption.ch/fr/


"Joseph Kabila et les millions disparus du Congo - 29 novembre 2021
= https://www.bbc.com/afrique/media-59462637

"Congo hold-up : le clan Kabila parle des mensonges honteux - 19 novembre 2021
= https://ouragan.cd/2021/11/congo-hold-up-le-clan-kabila-parle-des-mensonges-honteux/

"Congo Hold-Up : le dossier de BGFI BANK est en instruction pré-juridictionnelle au parquet général près la Cour de cassation - 24/11/2021
= https://www.radiookapi.net/2021/11/24/actualite/justice/congo-hold-le-dossier-de-bgfi-bank-est-en-instruction-pre
= https://ecomatin.net/congo-hold-up-la-mise-au-point-du-groupe-bgfibank

"RDC : Rapport « Congo Hold-up », SICOMINES indignée d’être impliquée dans cette affaire de détournement des fonds publics - 30 novembre 2021
= https://zoom-eco.net/economie/rdc-rapport-congo-hold-up-sicomines-indignee-detre-impliquee-dans-cette-affaire-de-detournement-des-fonds-publics/
= https://www.election-net.com/rdc-congo-hold-up-le-plan-machiavelique-occidental-sur-la-sino-congolaise-denonce-par-la-sicomines-s-a/


"« Congo Hold-Up », une chance pour la lutte contre la corruption - Par Thomas Fessy, chercheur principal pour la RDC HRW - 1 décembre 2021
= https://www.hrw.org/fr/news/2021/12/01/congo-hold-une-chance-pour-la-lutte-contre-la-corruption
La semaine dernière, les autorités en République démocratique du Congo ont confirmé avoir ouvert une enquête suite aux allégations de grande corruption rapportées par un consortium de médias et d’organisations internationales. Des enquêteurs de 18 pays, travaillant avec 19 médias et 5 organisations non-gouvernementales, ont planché pendant des mois sur une fuite de 3,5 millions de documents pour produire « Congo Hold-Up », une série de récits effarants de la corruption sous l'ancien président Joseph Kabila.
Ces documents, obtenus par Mediapart et la Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique, proviennent du Groupe BGFIBank Group (Banque Gabonaise et Française Internationale), une banque privée qui aurait été utilisée pour détourner des millions de dollars de fonds publics au profit de la famille et des associés de Kabila.

Depuis le 19 novembre, les révélations de « Congo Hold-Up » sont publiées presque quotidiennement, exposant un système kleptocratique qui a permis le siphonnage de fonds publics de la Banque Centrale du pays, de la société minière d'État Gécamines, de la Commission nationale électorale, et de recettes fiscales.
Kabila, sa famille, et de proches collaborateurs auraient détourné au moins 138 millions de dollars US sur une période de cinq ans, entre 2013 et 2018. Ils auraient même volé des sommes versées par les Nations Unies et destinées aux militaires congolais qui avaient été déployé en République Centrafricaine dans le cadre d’opérations de maintien de la paix.

La mine de documents a également révélé des preuves de fraude et de pots-de-vin dans l’« accord du siècle » de plusieurs milliards de dollars conclu entre la RD Congo et deux sociétés minières d'État chinoises en 2008. Sicomines, la joint-venture constituée pour mettre en œuvre une partie de cet accord, a rejeté les allégations. La Gécamines n'a pas répondu aux allégations.
La BGFI, dans une déclaration publiée le 24 novembre, a dénoncé la fuite et mis en doute l'authenticité des documents, mais a « condamn[é] avec la plus grande fermeté les actes contraires à la loi et à l’éthique qui ont pu être commis dans le passé » au sein de sa filiale en RD Congo « et dont ses préposés auraient pu éventuellement être auteurs ou complices. »
Bien que la corruption endémique en RD Congo soit de notoriété publique, le manque de volonté politique du gouvernement d’enquêter sur les actes répréhensibles présumés et l'opacité des opérations financières ont longtemps permis aux hauts-responsables corrompus de jouir de l'impunité. Cependant, disposant de relevés bancaires, contrats, courriers électroniques et de reçus de transactions, « Congo Hold-Up » pourrait fournir des preuves suffisantes pour des poursuites judiciaires.
Les responsables de crimes financiers, ainsi que leurs facilitateurs internationaux, devraient rendre des comptes. Dans un pays où une personne sur trois souffre gravement de la faim et où les droits fondamentaux tels que l'accès à l'eau courante, à l'électricité, aux soins de santé et à l'éducation sont constamment négligés, la justice pour la grande corruption n’a que trop longtemps attendu.  

= https://www.congoforum.be/fr/2021/11/congo-hold-up-des-documents-bancaires-montrent-les-pratiques-du-clan-kabila-congoforum/
= https://www.afriwave.com/2021/11/21/rdc-congo-hold-up-une-malencontreuse-contre-attaque-sur-fond-dun-presume-acharnement/
= https://heshimardc.net/v1/2021/12/03/congo-hold-up-une-enquete-pour-destabiliser-a-tout-prix-la-rdc/
= https://afriquematin.net/congo-hold-up-des-banques-americaines-ont-elles-ete-complices/
= https://podcasts-francais.fr/podcast/decryptage-1/decryptage-congo-hold-up-les-coulisses-d-un-pillag
= https://afrique.lalibre.be/65765/opinion-congo-hold-up-fumee-epaisse-flamme-incertaine/
= https://scooprdc.net/2021/11/23/congo-hold-up-le-silence-etonnant-de-martin-fayulu/
= https://cas-info.ca/2021/11/congo-hold-up-deogratias-mutombo-doit-etre-interpele-et-juge-estime-roger-mukuna/



"Les millions manquants du Congo Hold-up - BBC Africa Eye - 28 novembre 2021"


"CONGO HOLD - UP : L ' ARRESTATION DE KABILA DEVIENT LA PRIORITE DU PEUPLE CONGOLAIS ET DE FATSHI . 27 nov. 2021"







[*]

Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

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