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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 20/11/2021, 2:32 am

Des organes de presse comme Mediapart, RFI... et des plateformes associatives comme The Sentry, PPLAAF, GEC... ont mis au jour une fuite massive des documents financiers qui révèlent un siphonage organisé par l'ancien Président du Congo 'JK'et son clan des caisses de l'Etat d'au moins au moins 138 millions de dollars de 2013 à 2018 - en vérité le passif de 'JK' avec son clan au Congo évoqué ici ne concerne qu'un volet de détournements sur 5 ans, le compte complet sur ses 18 ans de règne se chiffre à beaucoup beaucoup plus, à des milliards comme d'autres enquêtes, telle celle de Bloomberg, l'avaient évalué - avec la complicité d'une banque, la BGFI/RDC quasiment privatisée par eux à partir des ponctions sur la Banque centrale et via des sociétés écrans comme Sud Oil. Les révélations qui ont commencé aujourd'hui vont se poursuivre...

La Cellule de Communication de 'JK' a réagi par un communiqué de presse via sa Chargée de Communication Barbara Nzimbi dénonçant des accusations infondées sur la personne de l'ancien président qui a permis une historique alternance du pouvoir et un archanement injustifié des puissances occultes qui n'ont pas digéré ses choix courageux de souveraineté en matière électorale et minière à la tête du pays. Attendons les suites de ces révélations notamment du pouvoir en place et osons espérer pourquoi pas qu'il y'aura un jour des suites judiciaires complètes contre les coupables !



"Congo Hold-up: comment l’ONG The Sentry a pu tracer l’argent des Kabilas - 19/11/2021

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
Congo Hold-up, une enquête de 19 médias et cinq ONG. :copyright: RFI

Congo Hold-up. C’est le nom d’une nouvelle enquête collaborative explosive qui documente d’importants détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. Une enquête qui démontre comment la famille Kabila a « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité d'une banque, la BGFI RDC, dont Francis Selemani - le frère de l’ancien président - était le directeur général. Michelle Kendler-Kretsch, chercheuse pour l’ONG The Sentry, a collaboré à l’enquête.

Michelle Kendler-Kretsch : Avec les documents en notre possession, nous avons pu suivre l’argent. Initialement nous nous intéressions à une société en particulier, Sud Oil, détenue par la femme de Francis Selemani, le frère du président Joseph Kabila. Cette société privée avait reçu 85 millions de dollars de l’État congolais. Et nous n’arrivions pas à trouver de justification, de contrat, pour expliquer le transfert d’une telle somme. L’argent partait ensuite vers de nombreuses d’entreprises – toutes contrôlées  par Francis Selemani et la famille Kabila – et enfin quittait le pays. C’est là que nous avons pu voir  - qu’à travers cette multitude de sociétés qu’il contrôle – Francis Selemani avait acheté de nombreuses propriétés privées pour un montant total de 6,6 millions de dollars. 
RFI : Quand est que cela a commencé ?
Michelle Kendler-Kretsch
 : Les premiers achats ont eu lieu en 2015, une résidence aux États-Unis et plusieurs maisons en Afrique du Sud. En 2015, 2016, 2017. Mais c’est vraiment en 2018, où les dépenses se sont intensifiées. Cela correspond à l’époque où l'on demande à Selemani de quitter la direction de la banque BGFI RDC ; et où la présidence de son frère Joseph Kabila touche à sa fin. Il y a énormément de pression sur la famille et les dépenses se multiplient :  il achète trois maisons aux États-Unis, chacune d’une valeur d’environ 1 million de dollars. Au total, il acquiert 17 propriétés entre 2015 et  2018. Habituellement, il s’agit de quelques très grosses propriétés ici et là. Mais dans ce cas, il a acheté plusieurs résidences d’une valeur moins importante, ce qui lui a permis de ne pas être détecté. Mais cela représente tout de même des millions de dollars.
Concrètement, comment ces opérations s’effectuaient ?
Le plus intéressant, c’est que non seulement lui et sa famille détenaient de nombreuses sociétés, à partir desquelles ils pouvaient faire transiter l’argent, mais la famille Kabila contrôle une banque. Et cela leur a permis de faire transiter ces fonds par cette banque, la BGFI RDC, sans avoir à s’expliquer, avant de l’envoyer vers une multitude de sociétés. Ils ont multiplié les transferts d’argent ce qui a rendu le suivi difficile. Puis, l’argent était transféré à l’étranger.  Et c’est là que cela devient intéressant, car on quitte la sphère congolaise pour toucher la finance internationale.

Et comment est-ce possible, n’y a-t-il pas de contrôle au niveau des banques internationales ?
Absolument, et c’est là que nous avons suggéré à ces banques qui ont été impliquées de regarder de plus près ces transactions. Quand une banque reçoit d’importants fonds d’une personne aussi proche du pouvoir – il y a des risques accrus de corruption  - et cette banque devrait redoubler d’efforts pour contrôler d’où proviennent ces fonds. Dans la plupart, il n’y a eu aucune question soulevée sur l’origine de ces sommes : est-ce qu’elles étaient légitimes, est-ce qu’il y avait des contrats pour justifier ces transactions ? Ce système a permis de sortir des millions de dollars de la RDC vers l’étranger, sans aucun contrôle de la part des banques internationales.]
Et ces fonds publics, d’où venaient-ils ?
Pour ce qui est des sommes qui ont servi, selon nous, à acheter de l’immobilier, il y a un cas où l’argent est venu de la Banque centrale – donc de l’argent qui aurait dû servir à des projets du gouvernement, mais certainement pas des entreprises privées. Et une autre parti de cet argent qui provenait de la mission des Nations unies en RDC. Plus généralement, quand on regarde d’où vient l’argent, il provient d'entreprise minière publique, de la Commission électorale, et de différentes entreprises de l’État. Et tout cet argent est siphonné par la famille Kabila. Il s’agit de sommes énormes par rapport au salaire moyen d’un Congolais.


"Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique - 19/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-la-plus-importante-fuite-de-documents-bancaires-d-afrique

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
L'ancien président congolais, Joseph Kabila. :copyright: RFI

Congo Hold-up. C’est le nom d’une nouvelle enquête collaborative explosive qui documente d’importants détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. Parmi les principaux responsables présumés figurent l’ancien président Joseph Kabila et son premier cercle. Fruit du travail de 19 médias partenaires associés au consortium européen EIC et de cinq ONG spécialisées, elle est basée sur l’analyse de millions de documents bancaires et transactions qui ont fuité d’une banque africaine : la BGFI.

Forte de 3,5 millions de documents bancaires et davantage encore de transactions, l’enquête Congo Hold-up se nourrit de ce qui est, à ce jour, la plus importante fuite en provenance du continent africain. Elle révèle comment une banque commerciale, la BGFI, a été utilisée pour piller des fonds publics et des ressources naturelles de la République démocratique du Congo (RDC).
Elle révèle, pour la première fois, les noms de ceux qui auraient participé de façon massive à ce détournement des richesses d’un pays parmi les pauvres au monde. En RDC, aujourd’hui, plus de 70% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.[/size]
► À lire aussi : Congo Hold-up : Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila

Une « kleptocratie » autour de Joseph Kabila

Congo Hold-up pointe, parmi les principaux responsables présumés de ces détournements, des membres de la famille de l’ancien président Joseph Kabila (2001-2013) et certains de ses associés les plus proches. Entre 2013 et 2018, ils ont pu mettre la main, avec la complicité de la BGFI, sur au moins 138 millions de dollars des caisses de l’État. C’est l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC.
On découvre également que plus de 100 millions de dollars supplémentaires ont été crédités sur les comptes des membres du premier cercle de l’ancien chef d’État sans que l’origine de ces fonds ait pu être déterminée. Trente-trois millions de dollars ont été déposés en liquide, et 72 millions proviennent du compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo (BCC).

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Siège de la BGFIBank à Kinshasa.:copyright: PPLAAF

La BGFIBank RDC est considérée comme la banque des Kabila. En 2010, à l’ouverture de cette filiale d’une grande banque africaine, la petite sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, se voit offrir 40% des parts. En 2013, c’est le frère adoptif de celui qui est alors président, Francis Selemani Mtwale, qui prend les rênes de la banque. Il devient directeur général et les détournements s’intensifient.
L'histoire du groupe BGFI est marquée par des scandales de corruption et de blanchiment d’argent impliquant des autocrates africains et des entreprises européennes. Cette banque, au passé sulfureux lié à l’affaire des « biens mal acquis », a déjà été épinglée à la suite des fuites de documents dont la plus importante jusqu’ici était en 2016 les « Lumumba Papers ». On la doit à Jean-Jacques Lumumba, cadre de la BGFIBank RDC et petit-neveu du héros de l’indépendance congolaise, Patrice Emery Lumumba.
« Congo Hold-up, c’est la fuite la plus importante de documents sensibles du continent africain », explique Henri Thulliez, directeur de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) qui a obtenu ces documents avec le site d’information français Mediapart. « L’enquête expose dans le détail les ruses utilisées par une banque et ses clients pour tenter de dissimuler une corruption systémique. Ces transactions bancaires, emails, dossiers d’entreprises, constituent le véritable mode d’emploi d’une kleptocratie. »

Des millions de documents et transactions pour preuves

Avec plus de 3,5 millions de documents internes de la BGFI, ainsi que des millions de transactions couvrant une période d'environ dix ans, Congo Hold-up offre une plongée sans précédent dans une « kleptocratie » qui prospère en RDC et dont les ramifications s’étendent sur les cinq continents.
De comptes bancaires en virements, cette enquête nous permet (parfois) de suivre cette fuite de capitaux publics ou de fonds douteux vers certaines sociétés ou jusqu’aux poches de plusieurs individus. Elle montre aussi que des centaines de millions de dollars disparaissent en liquide et sur les comptes des sociétés écrans, basées dans des paradis fiscaux et dans des places financières opaques.
Ces millions de documents internes permettent de donner du sens à des transactions dont l’objet est souvent de cacher l’origine de ces flux financiers. Ils attestent des différentes techniques employées pour blanchir ces fonds et nous les décrirons dans les prochaines semaines : prête-noms, faux libellés, factures douteuses, swift falsifiés, opérations de change couvrant des détournements, pratiques de type Hawala. Leur analyse a été complétée de nombreux témoignages et un intense travail sur le terrain qui a commencé, pour certains des partenaires, il y a plus d’une dizaine d’années. C’est le croisement de toutes ces données qui a permis, aujourd’hui, de mettre en lumière tous ces mécanismes et d’identifier nominativement ceux qui les ont mis en œuvre.

L’histoire de Congo Hold-up n’est pas qu’une histoire congolaise. La BGFIBank RDC a attiré tous ceux qui cherchaient à influencer le président de l'époque et notamment les entreprises d'État chinoises impliquées dans des projets miniers de grande envergure en RDC.
Cette enquête permet de désigner des politiciens congolais de tous bords et des hommes d’affaires, le plus souvent étrangers, qui se sont enrichis sur le dos d’un État faible. Elle dévoile aussi l’existence de réseaux suspectés de blanchir des fonds illicites, voire de financer des personnalités et groupes sous sanctions internationales comme le Hezbollah. La BGFI leur a servi de plate-forme pour accéder au système bancaire international.

Une enquête d’intérêt public qui réunit journalistes et chercheurs

Au vu du nombre colossal de données à analyser, cette enquête d’intérêt public a conduit à une alliance sans précédent entre journalistes et chercheurs. Pendant neuf mois, le réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC) et ses 19 médias partenaires dont Radio France Internationale (RFI) ont collaboré avec un groupe de cinq ONG spécialisées sur la RDC ou les enquêtes économiques (, Resources Matters, Public Eye).L’enquête Congo Hold-up met une nouvelle fois au jour les faiblesses du système bancaire congolais. Des faiblesses qui ne se limitent pas à la BGFI. Pendant ces dix années, la Banque centrale du Congo n’a pas joué son rôle de régulateur. Elle a plutôt favorisé la fraude et les détournements. Il aura fallu aussi des complicités au sein même des institutions congolaises, à chaque étape de décaissements et de passations de marchés publics. Les organes de contrôle étatiques et des cabinets d’audit ont échoué à révéler l’ampleur de cette fuite de capitaux publics et à les endiguer. Les services de conformité de banques correspondantes ont mis des semaines ou parfois même des mois à bloquer ces flux d’argents douteux.

Des centaines de personnalités et entreprises ont été contactées pour être confrontées à ce travail et répondre aux faits établis et aux allégations soulevées par cette enquête. Des dizaines de réponses ont été apportées, mais les principaux responsables présumés mis en cause dans ces détournements de fonds publics, dont l’ancien chef de l’État, des membres de sa famille et certains de ses associés, n'ont pas donné suite à nos questions.
Les partenaires ont effectué ensemble ces recherches et vérifications d’informations sur les documents de Congo Hold-up. Mais ils publieront de manière indépendante au cours des prochaines semaines leurs articles et rapports.
Liste des médias partenaires : le réseau EIC (https://eic.network/), RFI, Mediapart, De Standaard, Le Soir, NRC, Der Spiegel, InfoLibre, Politiken, Expresso, VG, Nacional, RCIJ, Bloomberg, L'Orient le Jour, BBC Africa Eye, KvF, The Namibian, The Continent, The Wire.

 «Lumumba Papers»: Jean-Jacques Lumumba et Guylain Luwere attaquent la BGFI


"Congo hold-up : Joseph Kabila accusé d'avoir détourné 138 millions de dollars en RDC - 19/11/2021
= https://www.france24.com/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-joseph-kabila-accus%C3%A9-d-avoir-d%C3%A9tourn%C3%A9-138-millions-de-dollars-en-rdc
L'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, et sa famille sont accusés par une vaste enquête de médias internationaux et d'ONG sortie vendredi d'avoir détourné au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État en 5 ans. 

Une enquête de médias internationaux et ONG affirme vendredi 19 novembre que l'ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et sa famille ont "siphonné" en cinq ans au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité d'une banque.
Cette enquête, intitulée "Congo hold-up", s'appuie sur 3,5 millions de documents bancaires confidentiels, obtenus par le média d'investigation français en ligne Mediapart et l'ONG Plateforme pour  la protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF), précise Mediapart.
Ces données ont été analysées pendant six mois par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative collaborations (EIC), ajoute le média qui promet de détailler dans les prochains jours le fonctionnement de ces détournements opérés entre 2013 et 2018.
Dans un communiqué de presse, le service de communication de Joseph Kabila a qualifié les conclusions de cette enquête de "fausses accusations" et "manoeuvres dilatoires", en déplorant un "acharnement injustifié de certaines puissances cachées derrière ces médias".

Complicité de la banque BGFI 

Les 138 millions de dollars que cette enquête assure avoir retracés ont été détournés "avec la complicité de la banque BGFI RDC" (filiale en RDC du groupe bancaire BGFIBank basé au Gabon), dans laquelle des proches de Joseph Kabila avaient des intérêts et responsabilités, "en particulier à travers une société écran installée dans un garage".
Selon l'enquête, cette société a servi de "véhicule à la corruption du régime" et à "prélever une sorte de 'taxe Kabila' auprès de plusieurs institutions et entreprises publiques congolaises": la Banque centrale, l'entreprise minière Gecamines, l'Assemblée nationale, la commission électorale, la société des transports et des ports, le fonds d'entretien routier...
Sollicitée à Kinshasa par l'AFP, la banque n'avait pas encore réagi vendredi en fin d'après-midi.

"L'un des exemples les plus choquants concerne l'argent des routes, dont la RDC manque cruellement", estime Mediapart qui met en parallèle "l'indécente fortune" qu'aurait accumulée la famille Kabila et l'état de la RDC qui, "malgré ses immenses ressources minières (...) est le 6e pays le plus pauvre du monde".
"Plus de 70% des Congolais survivent avec moins de deux dollars par jour", ajoute l'article, "la moitié de la population n'a pas accès à l'eau potable et 90% n'a pas l'électricité".
Les auteurs de l'enquête ajoutent avoir tenté d'obtenir des réponses des personnes mises en cause dans ce présumé "hold-up" d'État mais, disent-ils, "la plupart n'ont pas répondu". 
Joseph Kabila est arrivé au pouvoir à 29 ans, en janvier 2001, après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila qui avait renversé en 1997 l'ancien dictateur Mobutu Sese Seko. Il a été président jusqu'en janvier 2019, lorsque l'actuel chef de l'État Félix Tshisekedi lui a succédé.
Avec AFP


"Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents -19/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-bgfibank-la-banque-des-pr%c3%a9sidents
Avec 3,5 milliards d’euros en dépôts, 2 200 employés répartis dans onze pays, le Groupe BGFIBank est indiscutablement devenu, 50 ans après sa création, le premier groupe bancaire d’Afrique centrale. Mais il est aussi connu pour des scandales et ses liens avec certaines familles présidentielles d’Afrique centrale. BGFIBank fait, aujourd’hui, l’objet de la plus grande fuite de documents bancaires d’Afrique : Congo Hold-up. Une enquête réalisée avec Le Soir, et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique sur la base de documents obtenus par Mediapart et PPLAAF.

Sur son site, la BGFIBank revendique fièrement ses origines franco-gabonaises. Il y a cinquante ans, en 1971, la Banque de Paris et des Pays-Bas (devenu Paribas en 1982) décide d’ouvrir une filiale au Gabon. Cette banque française n’est pas la seule à faire les yeux doux au tout jeune président Albert-Bernard Bongo. À l’époque, la Banque nationale de Paris (BNP), la Société Générale et le Crédit Lyonnais créent aussi des succursales dans ce petit pays d’Afrique centrale. Toutes ont flairé un marché juteux. En ces belles années de la Françafrique, le Gabon connaît un boom pétrolier. Albert-Bernard, devenu Omar Bongo, en est l’un des piliers. Allié indéfectible de Paris, il gouverne le Gabon d’une main de fer jusqu’en 2009, sans qu’une très large partie de la population ne profite des bienfaits de cette manne pétrolière.
La filiale gabonaise de la Banque de Paris et des Pays-Bas devient Paribas Gabon en 1982. À cette époque, la maison mère française garde encore la main. Mais dans la décennie qui suit, celle des années 1990, on assiste à un désengagement de Paribas et à une montée en puissance du pouvoir gabonais dans son capital et ses instances dirigeantes. Quand Paribas se retire, cette banque prend le nom de Banque gabonaise et française internationale (BGFI). Elle devient donc une banque 100% africaine. La famille Bongo y détient toujours des parts, non seulement dans la holding (7%), mais aussi dans plusieurs autres filiales.

La Banque d’Omar Bongo

L’enquête dite des « biens mal acquis », ouverte en 2010 par le pôle financier du tribunal de Paris, lève le voile sur les suites de cette histoire bancaire franco-gabonaise.
Une note de septembre 2020 de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), révélée par la presse, donne des détails sur le montage. De 1996 à 2008, via la BGFIBank Gabon et la banque française BNP Paribas, la famille Bongo aurait acquis douze biens immeubles à Paris et Nice pour un montant total d’au moins 35 millions d’euros. Des proches de la famille Bongo déposaient des montants en espèces sur un compte de la BGFI, l’argent remontait à la BNP Paribas et servait à acquérir les immeubles sous couvert d’une société de décoration d’intérieur, Atelier 74 « en relation quasi exclusive » avec le président Omar Bongo, peut-on lire dans cette note.

Cette combine lui a notamment permis d’acquérir deux hôtels particuliers rue Dosnes et rue de la Baume dans les quartiers huppés des XVIe et VIIIe arrondissements de Paris respectivement pour des montants de 3,5 millions d'euros en 1997 et 18 millions d'euros en 2007. Selon cette note de l’OCRGDF, le volume des espèces était « sans rapport aucun avec les émoluments » du président du Gabon. En mai 2021, la BNP Paribas est mise en examen pour « blanchiment de corruption et de détournements de fonds publics ».
À l’annonce de cette inculpation, la BNP Paribas s’est refusée à tout commentaire. Toutefois, d’après nos confrères de l’Agence France-Presse (AFP), face au juge, les représentants de la banque ont reconnu des « carences » dans leur suivi du dossier, mais nié « tout dessein frauduleux ».

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
En 1998, Omar Bongo, à l'époque président du Gabon, et Denis Sassou-Nguesso, son homologue congolais, toujours en poste en 2021.

La Banque de Denis Sassou-Nguesso

La famille Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville est aussi visée par cette enquête dite « des biens mal acquis ». La BGFIBank ne met les pieds dans ce pays voisin du Gabon qu’en 2000. C’est sa première succursale ouverte à l'international. Elle s’y implante en y reprenant les bureaux et le fichier clientèle d’une autre banque qui incarnait la « Françafrique », la banque africaine d’Elf : la Banque française intercontinentale (FIBA).
► À (ré)écouter : Archives d’Afrique : Omar Bongo et l’Affaire Elf
Quand la société pétrolière française Total absorbe sa compatriote Elf Aquitaine, la nouvelle holding se débarrasse de la FIBA, car elle a une réputation sulfureuse. Cette banque, uniquement implantée au Gabon et au Congo-Brazzaville, est contrôlée conjointement par la famille Bongo et Elf. Par le truchement de la FIBA, Elf avait accordé à ces États des préfinancements pétroliers (des avances sur bénéfices pétroliers à venir) qui ont eu tendance à s’évaporer. La FIBA avait aussi servi à acheter des armes. En 1997, Pascal Lissouba, alors président du Congo-Brazzaville, avait demandé, en pleine guerre civile, au directeur général de la FIBA d'effectuer quatre virements à des officines d'armement, en règlement d'hélicoptères Puma.

Au Congo-Brazzaville, le président du conseil d’administration de la BGFIBank Congo n’est autre que Jean-Dominique Okemba, neveu du président Denis Sassou-Nguesso et, depuis longtemps, son conseil spécial. En tant que secrétaire général du conseil national de sécurité, il est aussi le véritable patron des services de renseignements congolais.
Une autre enquête montre les liens entre cette banque et la famille Sassou. Selon l’ONG Global Witness, elle a été ouverte en juin 2020 par la police fédérale américaine (FBI). Entre 2011 et 2014, le fils de Denis Sassou-Nguesso est suspecté d’avoir détourné des millions de dollars de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), dont il était directeur général adjoint. Ces fonds auraient transité par les comptes de sociétés écrans logés dans une filiale de la BGFIBank, puis vers des comptes bancaires en Floride afin d’y acheter notamment un penthouse d’une valeur marchande de trois millions de dollars.
Quand cette enquête est ouverte en juin 2020, la société civile et l’opposition congolaise jubilent. Mais selon Africa Intelligence, l'épouse de Denis-Christel Sassou-Nguesso aurait conclu un accord financier avec Washington pour clore cette enquête en échange de 1,9 million de dollars.

La Banque de Joseph Kabila

En République démocratique du Congo (RDC), 40% du capital de sa filiale BGFIBank RDC ont été attribués depuis 2010 à la jeune sœur de l’ancien président Kabila, Gloria Mteyu. Mais grâce aux millions de documents Congo Hold-up, on découvre que jusqu’en mai 2018, elle n’avait jamais payé ses parts qui s’élevaient à 15 millions de dollars. Cette somme aurait été avancée par la BGFI elle-même. C’est ce qu’indique un acte d’engagement préparé par la banque sur instructions de son président-directeur général, Henri-Claude Oyima, et adressé au directeur général de la BGFIBank RDC, Francis Selemani Mtwale, frère adoptif de Joseph Kabila, alors chef de l’État congolais. Au même moment, Francis Selemani Mtwale, qui avait régné en maître sur la filiale congolaise, se retrouve contraint à la démission.
Pour comprendre ces bouleversements, il faut revenir deux ans en arrière. Le premier scandale éclate en octobre 2016 dans les colonnes du quotidien belge Le Soir : documents à l’appui, l’ancien chef du département des engagements de la BGFIBank RDC, Jean-Jacques Lumumba, dénonce des « retraits douteux », des chèques non justifiés, des versements étonnants effectués par la Banque centrale du Congo sur le compte BGFIBank d’une société privée, Egal, détenue par des proches de Joseph Kabila. Il dénonce également un prêt illicite de 25 millions de dollars accordé par la BGFIBank RDC à la Commission électorale nationale indépendante (Céni), alors que les comptes de la Céni avaient été bloqués par la Banque centrale congolaise en raison d’impayés. Le soupçon formulé par Jean-Jacques Lumumba est que l’argent destiné aux élections ait été dilapidé en décaissements irréguliers.

La fuite de ces « Lumumba Papers » a provoqué une série d’audits internes à la BGFIBank RDC. Ces audits, que nous avons pu consulter en intégralité, étaient à la fois dévastateurs pour la banque et insuffisamment fouillés. Ils ont été orientés par de hauts responsables de cette banque, mais ils ont mené à la discrète exfiltration, en mai 2018, de Francis Selemani Mtwale.
Les révélations de Congo Hold-up, qui se poursuivront ces prochaines semaines, jettent une lumière crue sur l’ampleur des malversations à la BGFI RDC. Elles se basent sur la fuite de plus de 3,5 millions de documents bancaires et davantage encore de transactions. L’analyse de ces informations permet de connaître avec un degré de détails inédit ces pratiques de détournements de fonds présumés qui ont permis l’enrichissement non seulement de Joseph Kabila et de ses proches, mais aussi de plusieurs hommes d’affaires étrangers. Ni la holding BGFIBank ni ses différentes filiales n’ont accepté de répondre à nos questions.
► À lire aussi : Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique

La BGFIBank RDC est aussi dans le collimateur de la justice congolaise. Selon nos informations, une enquête a été ouverte dans le dossier Egal. Interrogé par Radio France Internationale (RFI) et Mediapart, tous deux partenaires de Congo Hold-up, le patron de l’Inspection générale des finances (IGF) du Congo-Kinshasa, Jules Alingete, ne mâche pas ses mots : « Pour moi, BGFI est une banque mafieuse. C'est un inspecteur général qui parle, après avoir mené ses enquêtes. C'est inacceptable ce qu’il s'est passé. »[/size]
► À lire aussi : Congo Hold-up: Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila
Des révélations de RFI basées sur 3,5 millions de documents confidentiels issus de la banque BGFI, obtenus par Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), et partagés avec 19 médias et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC).


"Qu’est-ce que « Congo hold-up », la plus grosse fuite de données financières d’Afrique? - 19 novembre 2021
= https://www.lorientlejour.com/article/1282115/quest-ce-que-congo-hold-up-la-plus-grosse-fuite-de-donnees-financieres-dafrique-.html
L’enquête à laquelle L'Orient-Le Jour a participé, qui s’appuie sur la plus grande fuite de données jamais survenue en Afrique, a aussi un volet libanais. Elle révèle comment la branche congolaise de la BGFIBank a aidé un empire commercial libanais, accusé par les États-Unis de financer le Hezbollah, à contourner les sanctions américaines.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  CHU-graphic-material_joseph-kabila_814644

Il s’agit de la plus grande fuite de données jamais survenue en Afrique : l’enquête « Congo hold-up », fruit de plus de six mois de travail sur ces données, révèle comment plus de 138 millions de dollars de fonds publics de la République démocratique du Congo (RDC) ont été détournés entre 2013 et 2018, principalement au profit de l’entourage de l’ancien président, Joseph Kabila, avec l’aide de la banque privée BGFI en RDC. Une fraude qui s’explique par les liens entre la filiale congolaise et le clan Kabila : la BGFI RDC, dont la maison mère est basée au Gabon, était dirigée de 2011 à 2018 par Selemani Francis Mtwale, le frère adoptif de l’ancien président. À l’ouverture de la filiale en 2010, la sœur de Kabila, Gloria Mteyu, détient 40 % du capital.
La Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) et le journal d’investigation français Mediapart ont obtenu plus de 3,5 millions de documents confidentiels issus du Groupe BGFIBank, dont des relevés bancaires, des courriels, des contrats, des factures et des dossiers d’entreprise, ainsi que les détails de millions de transactions bancaires sur plus d’une décennie. Ces documents, partagés avec le réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC), et ses partenaires médias dont L’Orient-Le Jour, exposent les mécanismes ingénieux mis en place par la banque pour aider le clan présidentiel à s’enrichir en puisant dans les caisses de l’État.

En plus des 138 millions de dollars détournés, qui représentent l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC, l’enquête révèle que 33 millions de dollars ont été déposés en espèces et que 72 millions de dollars d’origine inconnue ont transité par un compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo. Soit un total de 243 millions de dollars de fonds publics et suspects collectés par l’entourage proche de Joseph Kabila sur des comptes à la BGFI. Selemani Francis Mtwale, Gloria Mteyu, Joseph Kabila, la BGFIBank et sa filiale congolaise n’ont pas répondu aux nombreuses sollicitations du consortium.
Le groupe BGFIBank, premier groupe bancaire d’Afrique centrale avec 3,5 milliards d’euros en dépôts et 2 200 employés répartis dans onze pays, n’en est pas à son premier scandale financier. Le plus connu étant celui des « biens mal acquis », avec une enquête ouverte par le pôle financier du tribunal de Paris en 2010, dans laquelle la famille de l'ancien président gabonais Omar Bongo est suspectée d’avoir utilisé BGFIBank Gabon et la banque française BNP Paribas pour l’acquisition d’au moins 35 millions d'euros de biens immobiliers en France entre 1996 et 2008. En octobre 2016, c’est une affaire impliquant cette fois la filiale RDC, qui est dévoilé dans les colonnes du quotidien belge Le Soir : les « Lumumba Papers », une fuite de documents internes divulgués par l’ancien chef du département des engagements de la BGFI RDC, Jean-Jacques Lumumba. Ces révélations mettent en lumière les activités suspectes de la filiale congolaise : retraits douteux, chèques non justifiés, versements suspects de la Banque centrale du Congo à Egal, une société privée détenue par un proche de Kabila, ou encore transactions suspectes entre la BGFI et la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ces révélations seront ensuite approfondies par deux ONG, aujourd’hui partenaires de « Congo hold-up », PPLAAF et The Sentry, puis par Jeune Afrique, en 2017 et 2018. Elles déclenchent une série d’audits internes, auxquels « Congo hold-up » a eu accès, particulièrement graves pour la banque, mais également insuffisamment poussés. Cette première fuite n’a cependant pas permis de mettre fin aux malversations de la banque, malgré la mutation discrète en mai 2018 de Francis Selemani au siège gabonais.

Malgré les sanctions américaines

Au cours des prochaines semaines, les partenaires de « Congo hold-up », soit une centaine de contributeurs travaillant pour 19 médias et cinq ONG répartis dans 18 pays, exposeront les malversations les mieux cachées de la BGFIBank. Interrogé par les partenaires de l’enquête, le patron de l’Inspection générale des finances (IGF) de RDC, Jules Alingete, n’y va pas par quatre chemins : « Pour moi, BGFI est une banque mafieuse. C’est un inspecteur général qui parle, après avoir mené ses enquêtes. C’est inacceptable ce qu’il s’est passé. »
À partir de cette fuite de données sans précédent en Afrique, le consortium révélera des affaires inédites au cœur de la kleptocratie congolaise, entre détournements massifs de fonds publics et scandales de corruption, dont des millions versés au clan Kabila par des entreprises chinoises impliquées dans de gros projets de mines congolaises. La société-écran Sud Oil, sous le contrôle effectif de Selemani Francis Mtwale, et ses antennes, qui ont permis de détourner plus de 92 millions de fonds publics via la BGFI RDC, seront au cœur du premier épisode de cette série « Congo-hold-up » selon les recherches de Mediapart.

L’Orient-Le Jour dévoilera, pour sa part, la semaine prochaine une série d’articles sur l’aspect libanais du scandale financier et notamment comment la BGFIBank RDC a aidé à l’expansion de l’empire commercial d’un réseau de Libanais, accusé par les États-Unis de financer le Hezbollah, et qui avait déjà été mis en cause par l’enquête de The Sentry. La plongée dans les documents obtenus révèle en effet comment la banque congolaise a permis à cette nébuleuse d’entreprises de prospérer pendant des années en lui permettant d’accéder au système bancaire international, malgré les sanctions américaines. Ces liens privilégiés se concrétisent par ailleurs dans les deux sens : une de ces entreprises a ainsi transféré plusieurs millions de dollars à la société écran sous contrôle de Selemani Francis Mtwale.
Les transferts massifs à l’international, de l’ordre d’une centaine de millions de dollars, ont été réalisés malgré de nombreux signaux d’alerte. Une autre de ces compagnies appartenant au réseau libanais ira jusqu’à recevoir des millions d’euros de subventions d’un fonds de développement international.


"Congo Hold-up, une nouvelle enquête sur la corruption en RDC -  19.11.2021
= https://www.dw.com/fr/congo-hold-up-rdc-corruption-joseph-kabila/a-59884416
= https://www.dw.com/fr/rdc-le-clan-kabila-au-coeur-dune-enqu%C3%AAte-sur-le-secteur-bancaire-congolais/a-49921215
= https://www.dw.com/fr/transparency-international-pour-lutter-contre-la-corruption-il-faut-plus-que-des-promesses/a-52122576


"Congo Hold-Up : l'enquête qui accuse le clan Kabila - 19 NOV 2021
= https://information.tv5monde.com/video/congo-hold-l-enquete-qui-accuse-le-clan-kabila



"Congo Hold-up : l'ex-président Joseph Kabila accusé de détournements de fonds • FRANCE 24"



"Congo Hold Up KABILA dans les mailles du filet aurait subtilisé 138M$"



"Congo Hold-up : la famille Kabila aurait "siphonné" des millions de dollars • FRANCE 24"



"RD Congo: une enquête-choc sur le clan Kabil - 19 nov. 2021



"
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Compatriotiquement]


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 20/11/2021, 7:00 pm

PS


"Congo Hold-up: Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211119-congo-hold-up-sud-oil-la-siphonneuse-du-premier-cercle-de-joseph-kabila
La fuite de plusieurs millions de documents et transactions bancaires à la BGFIBank révèle l’ampleur des détournements de fonds publics. Parmi les principaux bénéficiaires présumés, il y a Joseph Kabila, l’ancien président de la République démocratique du Congo, et son premier cercle. Le premier volet de cette enquête, appelée Congo Hold-up, porte sur la société Sud Oil et ses sociétés satellites. Elles ont reçu pour plus de 90 millions de dollars d’argent public. Enquête de Mediapart avec EIC et ses partenaires, dix-sept médias dont RFI et cinq ONG.

« C’est quoi, Sud Oil ? ». Il n’y a pas un gardien du 43 avenue Tombalbaye qui le sache. Pourtant, en 2014, cette discrète société de droit congolais de distribution de produits pétroliers s’installe à ce numéro et dans toute la concession d’immeubles et de garages qu’il abrite sur l’une des principales artères commerçantes de la Gombe, en plein cœur de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC). « Non, ici, ce n’est pas Sud Oil, c’est chez Kabila », corrige le gardien. Dans ce grand pays d’Afrique centrale, souvent qualifié de scandale géologique, la population n’a rien raté des scandales liés au pillage de ses ressources. Ce que les Congolais ignorent souvent, c’est par quels mécaniques et montages ils ont été spoliés du bénéfice de ces richesses. Ils en subissent les conséquences au quotidien. Plus de 70% de Congolais vivent toujours avec moins de deux dollars par jour.

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Entrée de l'ensemble des bâtiments qui abritent Sud Oil à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).:copyright: PPLAAF

Pour comprendre comment ces détournements publics ont été opérés, pendant neuf mois, dix-neuf médias internationaux coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), dont Radio France Internationale (RFI) et cinq ONG ont analysé la plus grande fuite de données bancaires d’Afrique, appelée Congo Hold-up. Il s’agit de plus de 3,5 millions de documents et de millions de transactions du groupe BGFI et de sa filiale en RDC couvrant une période de dix ans, obtenus par l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) et le site d’information français Mediapart.
► À lire aussi : Congo Hold-up: la plus importante fuite de documents bancaires d’Afrique
Comme au Gabon et au Congo-Brazzaville, la BGFIBank RDC est la banque du président. En 2010, quand cette enseigne s’installe à Kinshasa, la sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, reçoit gratuitement 40% du capital. En 2013, Francis Selemani, son frère adoptif, devient le directeur général de BGFI RDC. Ils conserveront ces positions et avantages au moins jusqu’en mai 2018.

L’analyse des documents Congo Hold-up montre comment la famille Kabila et ses associés ont reçu, avec la complicité de la BGFI, 138 millions de dollars des caisses de l’État entre 2013 et 2018. Ces détournements présumés de fonds publics sont l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC.
À cela s’ajoutent des dépôts colossaux d’argent : 33 millions de dollars déposés en liquide, et 72 millions d’origine inconnue qui ont transité par le compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo (BCC).
Sur le total de cet argent public, Sud Oil joue un rôle important, car cette société a encaissé, avec ses sociétés satellites, plus de 150 millions de dollars, dont 28 millions de cash et 92 millions d’argent public sur leurs comptes à la BGFI.

Règle #1 : Prendre le contrôle d’une société existante

Sud Oil a été créée en 2008 par Pascal Kinduelo, un homme d'affaires proche de la famille Kabila, qui devient président du conseil d’administration de la BGFIBank RDC deux ans plus tard. M. Kinduelo possédait 60% de ses parts. Les 40 autres pour cent étaient détenus par ses filles Mina et Lyvie Kinduelo.
Au départ, Sud Oil est une véritable société de distribution de pétrole : elle possède un petit réseau de sept stations-service. Mais en 2011, elle vend ces stations et semble entrer en sommeil. Mais elle connaît ensuite une deuxième vie, quand la famille Kabila en prend le contrôle.
Officiellement, selon un procès-verbal, le 4 octobre 2013, se tient une assemblée générale extraordinaire de Sud Oil. Les actionnaires déclarés à cette occasion sont Aneth Lutale, femme de Francis Selemani Mtwale (80%) et Gloria Mteyu (20%). Au début de la séance, les gérants sont encore Pascal Kinduelo et l’une de ses filles. Mais quand l’assemblée se termine, ils ont démissionné et sont remplacés par un certain David Ezekiel.

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Les statuts de Sud Oil en 2013. :copyright: GRC

Les nouveaux statuts de Sud Oil ne sont adoptés que l'année suivante. Mais le fidèle et discret collaborateur tanzanien de Francis Selemani Mtwale, David Ezekiel prend déjà la main. Les documents Congo Hold-up établissent qu’à travers lui, son patron, le directeur général de la BGFIBank RDC contrôle effectivement Sud Oil.
L’analyse des comptes de Sud Oil à la BGFI montre qu’entre 2013 et 2018, le frère adoptif de Joseph Kabila a personnellement reçu au moins 10 millions de dollars de Sud Oil, utilisés notamment pour acheter des biens immobiliers en Afrique du Sud et aux États-Unis. Son collaborateur, M. Ezekiel, va retirer, à lui tout seul, près de 53 millions de dollars en liquide des comptes de la société.
Il y a beaucoup de bénéficiaires de Sud Oil. Elle a également servi à faire transiter dix millions de dollars versés par des entreprises étrangères, dont une partie pourrait provenir de pots-de-vin, comme nous le révélerons lors des prochains volets de notre enquête.
Les fonds détournés semblent également avoir profité au duo d’hommes d’affaires Alain Wan et Marc Piedboeuf, associés de Joseph Kabila. Inconnus du grand public, ces deux hommes contrôlent un empire économique en RDC. Ils ont notamment été actionnaires puis gestionnaires des Grands Élevages du Bas-Congo, l’immense domaine agricole du président Kabila.
Le 25 mai 2016, Marc Piedboeuf a retiré 640 000 dollars en liquide sur le compte de Sud Oil à la BGFI grâce à un chèque émis par la société en sa faveur. Le 26 juin 2016, André Wan, le fils d’Alain, a retiré à son tour 1,1 million de dollars en cash de la même manière.
Interrogés à ce propos, Alain Wan et Marc Piedboeuf ont refusé de répondre, indiquant, par la voix de leur avocat, que nos questions contiennent des informations « pour la plupart mensongères » et sont motivées par l’« intention manifeste de nuire ».
Le 3 novembre 2021, avant même la publication de cet article, ils ont déposé une plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre nos partenaires Mediapart et De Standaard auprès d’un procureur général de Kinshasa, lui demandant de « diligenter une commission rogatoire auprès des juridictions belge et française vu qu’il y a péril en la demeure ».
Au cours de cette enquête, nous nous sommes aussi heurtés à un mur du silence. Les principales personnalités mises en cause, Joseph Kabila, Francis Selemani Mtwale, Gloria Mteyu, Pascal Kinduelo, David Ezekiel n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Règle #2 : Se choisir un siège social

À l’automne 2013, Sud Oil lance sa première opération depuis la prise de contrôle de la famille Kabila : l’acquisition de l’ancien immeuble d’ATC, un concessionnaire automobile appartenant à Philippe de Moerloose, riche homme d’affaires belge très proche de Joseph Kabila, qui l’avait lui-même acheté deux ans plus tôt à son propre groupe. C’est cet ensemble immobilier qui est situé au 43 avenue Tombalbaye à la Gombe.
Des courriels montrent que Francis Selemani Mtwale semble négocier lui-même la vente avec Philippe de Moerloose pour le compte de Sud Oil, alors qu’il n’a officiellement aucune fonction dans la société. « Cher Francis, j’espère que tu vas bien. Sois sûr que nous allons conclure ce deal et que je n’ai aucun problème, parce que je te fais confiance. C’est le plus important », lui écrit ainsi l’homme d’affaires belge le 14 octobre 2013.
M. de Moerloose réclame 12 millions de dollars, à payer sur son compte suisse à la banque UBS de Genève : 5 millions tout de suite, et le solde échelonné sur un an. Sud Oil n’a pourtant, à ce moment-là, qu’un peu plus de 100 000 dollars sur son compte. Mais pour Francis Selemani Mtwale, frère du président de la République et directeur général de la BGFI RDC, ce n’est pas un problème.
Le 25 novembre 2013, jour de la vente, la Banque centrale du Congo (BCC) vire 5,5 millions de dollars sur le compte de Sud Oil à la BGFI. Les sept millions restant sont financés par une garantie bancaire octroyée par la BGFI, sous forme de douze traites mensuelles que Sud Oil doit rembourser. La société a scrupuleusement honoré ses engagements, grâce à des mystérieux dépôts d’argent liquide effectués avant chaque échéance.

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Transfert de la BCC à Sud Oil.:copyright: PPLAAF

Interrogé sur ces courriels, Philippe de Moerloose assure que ses « échanges avec M. Selemani concernaient » uniquement la « garantie de paiement » octroyée par la BGFI « et non pas la transaction immobilière ». Il explique aussi avoir « à l’époque exigé une copie du registre des actionnaires » de Sud Oil, et que le document qui lui a été présenté « ne renseignait aucun membre de la famille Kabila ».
► À lire aussi : Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents
Début 2014, Sud Oil déménage son siège social dans la concession rachetée à de Moerloose. Selon plusieurs témoins, la société n’avait aucun salarié sur place, pas même un bureau pour son gérant David Ezekiel, le collaborateur de Francis Selemani Mtwale. « Il venait de temps en temps, mais pour régler les affaires et les problèmes liés à l’immeuble », indique l’un de nos témoins.
Officiellement, Sud Oil est toujours une société pétrolière, mais nous n’avons pas trouvé trace de son activité dans ce domaine. Elle n’est même pas enregistrée comme contribuable auprès du ministère des Finances. La société n’a donc pas de numéro fiscal et ne paye aucun impôt. Bref, Sud Oil est une société fantôme.
Les seules activités économiques de Sud Oil semblent avoir été menées avec la BGFI. En avril 2014, Sud Oil loue une partie de l’ancien garage qui lui sert de siège social à la banque, pour qu’elle y entrepose ses archives. Sud Oil et une société créée par M. Ezekiel, Horizon Congo, vont par la suite louer trois autres biens immobiliers à la banque, et encaisser des loyers pour un montant total de 784 000 dollars.
La BGFI a aussi versé à Sud Oil 934 000 dollars pour acheter des voitures de fonction aux hauts cadres de la banque, dont 145 000 dollars pour deux véhicules : ceux de son directeur général Francis Selemani et du président du conseil d’administration Pascal Kinduelo. On ne sait pas si les véhicules ont été livrés ; mais, nous n’avons trouvé que 276 000 dollars de paiements libellés comme des achats de voitures dans les relevés bancaires de Sud Oil, ce qui pourrait indiquer qu’elles ont été facturées à la BGFI pour le triple du prix.

Règle #3 : Mettre sur pied son réseau

En cette année 2014, la grande affaire de Francis Selemani Mtwale semble être de prendre le contrôle de nouvelles banques. Pour y parvenir, il va d’abord créer une nouvelle société : Kwanza Capital. Elle est officiellement détenue à 80% par Pascal Kinduelo, président du conseil d’administration de la BGFI et à 20% par Sud Oil.
Comme l’a déjà révélé dans un rapport l’ONG The Sentry, partenaire du projet Congo Hold-up, Kwanza Capital était la banque d’investissement secrète de la famille Kabila. Dès sa création, elle a obtenu de la Banque centrale le statut d’« institution financière spécialisée », jusqu’ici réservé aux institutions financières ayant une mission d’intérêt public.
L’analyse des comptes effectuée par Congo Hold-up montre que Sud Oil a financé Kwanza à hauteur de 23 millions de dollars, en grande partie grâce à de l’argent public détourné. La première opération sur le compte de Kwanza à la BGFI, le 27 août 2014, est un virement de cinq millions de Sud Oil, que la société a pu financer grâce à un transfert du même montant effectué le même jour par la Banque centrale du Congo.
Le 19 novembre 2014, Sud Oil lui verse trois millions de dollars de plus qui sont immédiatement retirés en liquide par Pascal Kinduelo. Ces fonds, Sud Oil les avait obtenus d’Egal, une autre société liée à des proches de Joseph Kabila, spécialisée dans l’importation de denrées alimentaires. L’analyse des documents montre qu’Egal les tenait, elle aussi directement, de la Banque centrale. C’est ainsi que de l’argent public disparaît dans un dédale d’entreprises tenues par des proches de l’ancien président.
Kwanza a ainsi pu se lancer dans des prêts d’argent auprès de clients très particuliers. Le premier, la SCTP, est l’entreprise publique en charge des ports et du transport fluvial. Kwanza lui a prêté 24 millions de dollars, qui lui rapporteront 1,3 million d’intérêts. Le second prêt a été octroyé à Afritec, une entreprise de travaux publics contrôlée par des très proches de Joseph Kabila. 3,7 millions sont prêtés et 4,1 millions sont rendus, ce qui fait un profit net de 381 000 dollars pour Kwanza.
Les documents Congo Hold-up permettent aussi de confirmer certaines des révélations de The Sentry, partenaire de cette enquête. L’ONG américaine avait révélé que fin 2014, Kwanza Capital avait tenté de racheter une des banques les plus importantes du Congo : la Banque commerciale du Congo (BCDC) dont l’un des actionnaires était à l’époque l’homme d’affaires belge Georges Forrest.
L’analyse des comptes de Kwanza Capital montre que, le 12 décembre 2014, la BGFI reçoit un ordre de cette société d’effectuer un virement de deux millions de dollars sur le compte de M. Forrest à la BCDC. Cette opération est, un temps, suspendue car un banquier à la BGFI constate « l'absence de signature du donneur d’ordre ni même un soubassement ». Son collègue lui demande « d’exécuter l’opération » et répond que « les signatures seront régularisées une fois le client disponible ». Le libellé de ce virement est « règlement convention ».
Cette vente n’a jamais eu lieu. C’est notamment à la suite de l’échec de ce rachat que Francis Selemani Mtwale aurait tenté de lancer sa propre banque d’affaires, avec toutes les attributions que cela suppose. Mais cette société, baptisée Alliance Bank et détenue à 80% par Kwanza, n’a jamais pu démarrer ses activités. Elle avait besoin de banques dites « correspondantes » à l’étranger qui effectuent pour son compte les opérations en dollars. Mais aucun établissement étranger n’a accepté de jouer ce rôle pour la banque de la famille Kabila.

Règle #4 : Puiser directement à la source

L’histoire de Sud Oil va à nouveau basculer en 2015, en même temps que celle du pays. La fin du second mandat de Joseph Kabila approche, et la Constitution lui interdit d’en briguer un troisième. Les élections sont prévues en novembre 2016.
En janvier 2015, le Parlement examine un projet de loi électorale dont certaines dispositions pouvaient repousser les scrutins. Cette initiative est interprétée comme la volonté de Kabila de se maintenir illégalement au pouvoir et elle provoque de premières manifestations, réprimées dans le sang par le régime, avec une quarantaine de morts rien qu’à Kinshasa. La crise dure pendant plus de deux ans. Jusqu’à la signature d’un accord politique en décembre 2016 sur l’organisation des élections, Joseph Kabila est sous la pression de la rue pour quitter le pouvoir dans les délais prévus par la Constitution.
C’est pendant cette période d’incertitude politique pour Joseph Kabila, de 2015 à 2016, que Sud Oil a reçu le plus d’argent public : plus de 66 millions de dollars en deux ans d’argent public, soit 72% des sommes qu’elle reçoit. Le plus gros contributeur de la société écran contrôlée par le frère et la sœur du chef de l’État est, de loin, la Banque centrale du Congo (BCC), dirigée jusqu’en juillet 2021 par Deogratias Mutombo, un proche de Joseph Kabila.
Les documents Congo Hold-up montrent que la BCC a versé, via la BGFI, 51,4 millions de dollars à Sud Oil, dont 30 millions d’un coup le 29 septembre 2016, via un virement intitulé « nivellement ». Ce libellé semble inexact, puisqu’un nivellement désigne d’ordinaire un versement entre deux comptes appartenant à un même client de la banque. Interrogés par RFI et ses partenaires sur l’objet de cet étrange virement, comme de tous les autres, la Banque centrale et son ancien gouverneur Deogratias Mutombo n’ont pas répondu.
La compagnie minière d’État, la Gécamines, a, elle aussi, été mise à contribution, avec 20 millions de dollars versés à Sud Oil. Le président de son conseil d’administration est, lui aussi, un proche de Joseph Kabila, le très influent homme d’affaires Albert Yuma. Le 13 juin 2016, cette entreprise publique effectue, par exemple, depuis son compte à la BGFI, un virement de deux millions de dollars intitulé « solde avance sur fiscalité », c’est-à-dire le paiement d’un impôt à l’État. Mais l’argent atterrit sur le compte de Sud Oil, avec un libellé différent : « Solde retrait 10 millions ». Le 2 août 2017, la Gécamines vire, cette fois, la bagatelle de 15 millions de dollars à Sud Oil. Comme pour le virement de 30 millions de dollars de la BCC, ce libellé, « paiement alimentation de notre compte », suggère que l’entreprise publique et Sud Oil ne font qu’un. Interrogés par RFI et ses partenaires, la Gécamines et Albert Yuma n’ont pas donné suite.

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Virement de la Gécamines à Sud Oil. :copyright: PPLAAF

Autre question que s’est posée Congo Hold-up : qu’est devenue la paie des 925 casques bleus congolais opérant dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (Minusca) ? En janvier 2016, l’ONU décide de mettre fin à la participation de ce contingent, à la suite d'allégations de viols sur mineurs. En décembre 2015 puis en mars 2016, l’ONU effectue deux versements d’un total de 7,3 millions de dollars à la RDC, correspondant au dernier remboursement des frais engagés pour sa participation à la Minusca. L’argent est versé à la Mission permanente de la RDC auprès de l’ONU, sur son compte à la Citibank de New York.
Interrogée sur cette situation, la Mission permanente nous indique que l’ambassadeur de RDC auprès de l’ONU a alors reçu « de la capitale » l’ordre de payer « les arriérés de loyer de la Mission permanente », puis de transférer le solde, soit 6,8 millions d’euros à « la Banque centrale du Congo (BCC) via la BGFIBank RDC ». La Mission permanente précise avoir envoyé, le même jour, « un message officiel […] à la Banque centrale » pour la prévenir du transfert.
La BGFI a reçu les 6,8 millions le 16 mai 2016, mais au lieu de créditer le compte de la BCC, elle a viré l’argent sur celui de Sud Oil. L’ordre de virement adressé le 29 avril 2016 à la Citibank indiquait pourtant que l’argent devait être viré sur le compte de la BCC ouvert à la BGFI. Comme le même jour, la BCC verse à Sud Oil 7,5 millions de dollars supplémentaires, cela fait 14,3 millions d’argent public encaissé dans la même journée par Sud Oil.
 
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Transfert de la BCC et de la Mission permanente à l'ONU à Sud Oil. :copyright: PPLAAF

Règle #5 : Imposer sa taxe

Pour remplir les caisses de sa société Sud Oil, Francis Selemani Mtwale, patron de la BGFI, a fait appel à toute l’ingéniosité de ses banquiers, à tel point qu’il est parfois difficile de déterminer si les institutions publiques qui ont financé la société étaient consentantes. Mais en analysant les comptes de Sud Oil, une question se pose très vite. Les institutions et entreprises publiques congolaises se sont-elles vu imposer une sorte de « taxe Kabila » ?
En tout cas, le 19 décembre 2015, la Société congolaise des transports et des ports (SCTP) vire, depuis son compte à la BGFI, 1,16 million de dollars sur un compte interne de la BGFI appelé « OAR VIP », avec le libellé « remboursement impayé » et « commission de notification », ce qui suggère le paiement de frais bancaires. L’argent est en réalité viré le jour même par ce compte interne à Sud Oil et il est retiré en liquide. Interrogée, la SCTP n’a pas répondu.
On retrouve des mouvements tout aussi suspects à l’Assemblée nationale. Le 30 septembre 2016, la BGFI prélève sur son compte des « pénalités de retard » pour 367 millions de francs congolais (375 000 dollars), sans préciser sur quoi portent ces pénalités. Mais c’est bien un nouveau virement à la société Sud Oil qui est effectué ce jour-là. Cette somme est retirée en liquide le jour même. Interrogés par RFI et ses partenaires, Aubin Minaku et Élysée Munembwe, respectivement président et questeur de l’Assemblée nationale à l’époque, ont indiqué qu’ils n’ont donné à la BGFI « aucun ordre de virement […] au profit de cette société ».
À chaque fois que la Commission électorale reçoit un peu d’argent en 2016, c’est la même mécanique. Sous de faux libellés, plus d’un million de dollars est versé des comptes de la Céni vers celui de Sud Oil. L’ancien président de la Commission électorale à l’époque des faits, Corneille Nangaa, a refusé de nous répondre, tandis que l’ancien vice-président, Norbert Basengezi, indique n’avoir « jamais entendu parler de ce dossier ni de la société Sud Oil ».
Certaines institutions sont devenues des vaches à lait. L’un des exemples les plus frappants concerne l’argent des routes, dont la RDC manque cruellement. Le Fonds national d’entretien routier de la RDC (Foner) a effectué, depuis ses comptes à la BGFI, 21 virements à Sud Oil et à sa filiale Kwanza entre avril 2015 et mars 2016, pour un total de 10,1 millions de dollars. Le plus gros virement, d’un montant de 3,1 millions, a été reçu par Kwanza le 23 janvier 2015, avec pour seul libellé « OAR/opérations », le nom d’un compte interne de la BGFI depuis lequel de nombreuses malversations ont été commises. Le 26 janvier, Kwanza vire les fonds à Sud Oil, qui retire l’intégralité des trois millions en liquide dix jours plus tard.
Interrogé, le Foner n’a pas répondu, tout comme son directeur général à l’époque des faits, Fulgence Bamaros, un proche de Joseph Kabila qui purge officiellement une peine de trois ans de prison pour une autre affaire de détournement de fonds publics.

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La galaxie Sud Oil:copyright: RFI[/i]

Règle #6 : Couvrir ses arrières

Tout aurait pu continuer encore longtemps sans l’intervention d’un banquier de la BGFI RDC devenu lanceur d’alerte : Jean-Jacques Lumumba. Grâce aux documents internes qu’il a récupérés, les « Lumumba Papers », le journal belge Le Soir révèle, en octobre 2016, une première série d’irrégularités, dont l’argent détourné des comptes de la Céni.
► À (re)lire aussi : Lumumba Papers: Jean-Jacques Lumumba et Guylain Luwere attaquent la BGFI
Le scandale attire l’attention. En 2017, les auditeurs du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PWC), chargés du contrôle des comptes, puis la direction du groupe BGFI au Gabon, et enfin la Banque centrale, produisent tous des rapports accablants sur la gestion de la BGFI RDC. « La somme des faiblesses décrites soumet la banque à une exposition très élevée des risques opérationnels, de contentieux, de blanchiment des capitaux et de réputation », conclut le service d’audit de la BCC.
Cette année-là, on sent le vent tourner pour Francis Selemani Mtwale et son réseau. Le directeur général de la BGFI RDC possède, avec son épouse, une société nommée Ascend Trust qui a enregistré des entrées sur son compte d’un peu plus de 10 millions dont 9,57 proviennent de Sud Oil. En décembre 2017, ce qui reste sur ce compte, soit 3,4 millions, est viré sur celui d’une autre de ses sociétés écran, Horizon Congo, également contrôlée par son collaborateur tanzanien David Ezekiel, le gérant de Sud Oil. Dans les semaines qui suivent, ce dernier commence à retirer l’intégralité de cet argent en liquide.
L’opération est repérée par le service d’audit interne de la BGFI qui lance une enquête. Leur rapport est accablant. Outre les factures suspectes, le compte d’Horizon Congo a été ouvert en violation des procédures. Le chef de l’audit interne, Yvon Douhore, découvre même que David Ezekiel a deux signatures différentes : l’une pour Sud Oil et l’autre pour Horizon Congo. « Qu'est ce qui peut amener une même personne à avoir deux différentes signatures ? Vraiment... », écrit-il à une collègue. « C’est juste inimaginable », répond-elle.
En avril 2018, les auditeurs de PWC s’intéressent, eux, aux transactions depuis le compte de la Gécamines. Parmi elles, figure la soi-disant avance fiscale de deux millions de dollars qui a été détournée au profit de Sud Oil le 13 juin 2016.
Face à cette menace, la société contrôlée par Francis Selemani se résout à rembourser l’argent. Moreau Kaghoma, directeur des opérations de BGFI RDC, semble chargé de cette opération. En tout cas, le 13 avril 2018, il reçoit d’un informaticien un email confirmant la réalisation de deux opérations faites le jour même mais elles seront antidatées dans les comptes de Sud Oil à la BGFI. Pour cela, selon nos informations, il faut court-circuiter le logiciel de gestion bancaire et intervenir manuellement. Sud Oil rembourse deux millions à la Gécamines qui verse l’argent à la Banque centrale, comme elle aurait dû le faire deux ans plus tôt. Sur le compte de la société, cette opération apparaît sous le libellé « EXT. AVANCE SUR FISCALITE SV » le 13 juin 2016. Les auditeurs de PWC, qui n’ont pas accès aux documents Congo Hold-up, penseront que le paiement de Gécamines à Sud Oil était une simple erreur d’aiguillage, qui a été corrigée le jour même.
Une semaine plus tard, le 22 avril 2018, Jeune Afrique lâche une bombe : le magazine révèle, grâce à de nouveaux documents issus des « Lumumba Papers », le paiement de 7,5 millions de dollars effectué par la Banque centrale à Sud Oil en mai 2016. C’est la première fois que l’existence de la société est dévoilée, ainsi que ses propriétaires : la sœur du président Kabila, Gloria Mteyu, et sa belle-sœur Aneth Lutale, l’épouse du patron de la BGFI RDC.
Au Gabon, l’information inquiète le grand patron du groupe BGFI, Henri-Claude Oyima, qui se fend dès le lendemain d’un courriel très sec à Francis Selemani Mtwale et à son adjoint : « Je vous prie de me confirmer si cette information est avérée et de quoi s’agit-il ? »
Deux jours plus tard, le directeur des opérations, Moreau Kaghoma, fait à nouveau appel à l’informaticien pour passer de nouvelles opérations antidatées directement dans le logiciel de gestion. On retrouve des virements de 2018 qui sont enregistrés dans le système informatique comme des opérations de 2016.
Mais cette fois, la combine est encore plus sophistiquée : Sud Oil n’a même pas besoin de rembourser. L’objectif est de faire croire que Sud Oil a acheté 7,5 millions de dollars à la Banque centrale en 2016. Moreau Kaghoma effectue donc un virement du même montant en francs congolais (sept milliards) de Sud Oil vers le compte de la BGFI à la Banque centrale.
Reste à compenser ce paiement, pour que cela ne coûte rien à Sud Oil. Pour ce faire, Kaghoma effectue, depuis le même compte de la Banque centrale à la BGFI, cinq virements à Sud Oil, pour le même total de sept milliards de francs congolais, libellés « Cobil RDC », du nom d’une société de distribution de pétrole. On ignore si Cobil a réellement versé cet argent à Sud Oil via ce compte de la BGFI à la Banque centrale, ou s’il s’agit d’un simple jeu d’écritures. Cobil n’a pas fait suite à nos questions.
Le lendemain, 26 avril 2018, Moreau Kaghoma envoie à Francis Selemani l’explication à donner au grand patron du groupe, Henri Claude Oyima : il s’agissait d’une « opération d'adjudication (vente de devises) organisée […] par la Banque centrale du Congo », via laquelle Sud Oil a acheté 7,5 millions de dollars moyennant le paiement de sept milliards de francs congolais. Contacté par RFI et ses partenaires, Moreau Kaghoma a refusé de répondre, renvoyant vers la BGFI.

Règle #7 : Savoir quand partir

C’est sans doute le scandale de trop. Dès le 26 avril 2018, la BGFI RDC a lancé un « audit des parties liées de la banque », une manière pudique de qualifier les individus et sociétés de la famille Kabila qui y ont des comptes, au premier rang desquels la société Sud Oil. L’enquête est dirigée par le directeur de l’audit interne, Yvon Douhore.
Dès le 11 mai 2018, le gérant de Kwanza Capital, filiale de Sud Oil, ordonne à la BGFI de fermer les comptes de la société et de virer les fonds qui restent à « divers bénéficiaires », dont Sud Oil et la femme de Francis Selemani pour le paiement de loyers et la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) pour payer l’impôt sur les revenus locatifs pour des biens avenue Tombalbaye et à la Cité du Fleuve, une cité résidentielle prisée par les dignitaires du régime Kabila.
De son côté, le gérant de Sud Oil, David Ezekiel, commence, lui, à retirer du liquide du compte de la société. Le chef de l’audit interne découvre alors, ahuri, qu’Ezekiel ne se rend pas à la banque lui-même pour effectuer les retraits. Le cash est directement prélevé par le directeur des opérations, Moreau Kaghoma, et les signatures régularisées seulement a posteriori. « Prière d’instruire le client qu'il se présente lui-même au niveau des caisses (caisses gros paiements) pour effectuer ses opérations de retraits », ordonne Yvon Douhore. Il demande qu’une « surveillance renforcée » soit mise en place sur le compte de Sud Oil.
Toutes ces manœuvres ne suffiront pas à sauver Francis Selemani Mtwale. Le 2 mai 2018, le PDG du groupe BGFI, Henri-Claude Oyima, s’envole pour Kinshasa afin d’assister à un conseil d’administration de la BGFIBank RDC. Il annonce le départ du directeur général. Officiellement, le frère adoptif du président est « promu », à un poste non précisé, au siège du groupe BGFI à Libreville.

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Logo de la BGFIBank.:copyright: PPLAAF

Malgré les irrégularités décelées, aucune sanction n’est prise par le groupe BGFI contre les dirigeants de sa filiale congolaise. Aucun signalement n’est fait à la justice. Interrogé à ce sujet, le PDG du groupe BGFI, Henri-Claude Oyima, n’a pas répondu.
Le rapport final sur les « parties liées », envoyé à la direction du groupe BGFI à Libreville en juillet 2018, minimise le rôle de Francis Selemani et l’emprise de la famille Kabila sur la banque.
Le laxisme est tel que malgré ce rapport d’audit, l’opération d’exfiltration des fonds du clan Kabila continue, alors même que ces retraits massifs mettent en péril la trésorerie de la BGFI RDC.
Le 11 juillet, le gérant de Sud Oil, David Ezekiel, envoie au nouveau directeur général de la banque Abdel Kader Diop, à la suite de leur « échange de ce jour », un « préavis de retrait » de 15 millions de dollars en liquide sur les comptes de Sud Oil, qu’il compte effectuer en quatre fois dans la semaine à venir.
Dès le lendemain, M. Ezekiel retire quatre millions de dollars en liquide, alors que le compte est en « blocage direction générale » dans le logiciel de gestion des données. Le directeur des opérations, Moreau Kaghoma a levé ce blocage manuellement et recommence le 13 juillet pour cinq millions supplémentaires. Neuf millions sont donc retirés en liquide en deux jours.
Le 16 juillet, le directeur de l’audit interne de la BGFI RDC informe son supérieur au Gabon que Sud Oil et Kwanza « sont dans un processus de retrait de leurs avoirs ». Le sujet est discuté le jour même au comité de trésorerie de la banque où Moreau Kaghoma est critiqué pour avoir autorisé les retraits. Le directeur général de la BGFI RDC, Abdel Kader Diop, lui ordonne dans la foulée de ne pas recommencer. Mais le lendemain, M. Kaghoma écrit un mail explosif à M. Diop qui rappelle son implication : « J’implore votre protection », écrit-il, rappelant au directeur général que c’est lui-même et son adjoint qui ont autorisé les retraits.
Les banquiers de la BGFIBank impliqués dans le dossier Sud Oil ont peu à peu disparu des organigrammes de la banque. Depuis sa « promotion » en mai 2018 au siège du groupe BGFI au Gabon, Francis Selemani est resté très discret. Ni lui ni la banque n’ont souhaité nous indiquer s’il travaille toujours pour la BGFI. Il est resté injoignable.
Qu’il soit encore banquier ou non, le frère adoptif du président Kabila n’a, en tout cas, pas de soucis à se faire d’un point de vue financier. Les documents Congo Hold-up montrent que Sud Oil a versé 12 millions de dollars à Francis Selemani Mtwale et à ses sociétés. Une partie au moins de ces fonds sont issus des 93 millions de dollars de fonds publics obtenus par Sud Oil, notamment ceux issus de la Banque centrale et de l’ONU.
Avec cet argent, l’ancien patron de la BGFI RDC et son épouse ont acheté, directement ou par le biais de sociétés et de trusts, pas moins de dix-sept biens immobiliers aux États-Unis et en Afrique du Sud pour un montant total de 6,6 millions de dollars.
L’autre grand bénéficiaire du réseau Sud Oil est l’ancien président du conseil d’administration de la BGFIBank RDC : Pascal Kinduelo. Le fondateur de Sud Oil et actionnaire de Kwanza Capital à l’époque des faits a reçu de cette banque et d’une autre société associée, Sezo, plus de neuf millions de dollars qu’il a retirés en liquide : trois millions le 19 novembre 2014 et six millions le 10 septembre 2018. Lui non plus n’a pas souhaité répondre aux questions soulevées par cette enquête. Dans une vidéo promotionnelle publiée sur internet au début de l’année 2021, intitulée Le légendaire entrepreneur congolais, M. Kinduelo était présenté comme l’un de ces « véritables self-made men qui ont bâti leur fortune à la sueur de leur front et non en dépouillant les caisses de l’État ».
► À lire aussi : Congo hold-up : comment le clan Kabila a détourné 138 millions de dollars (Mediapart)
De son côté, Gloria Mteyu, sœur de Joseph Kabila et ancien actionnaire de Sud Oil, aurait pour sa part coupé les ponts avec la BGFI RDC, dont elle avait obtenu 40% du capital gratuitement en 2012. Des sources internes nous ont indiqué que le groupe BGFI possèderait désormais 100% des parts de la filiale congolaise, et Mme Mteyu a indiqué à Reuters en 2016 qu’elle n’avait « aucun enjeu financier lié à la banque ». Jointe par téléphone, elle a refusé de nous répondre.
Où que l'on aille sur la scène nationale même au niveau sécuritaire devenu aujourd'hui notre principale épine vu l'insécurité chronique dans l'Est du pays comme dans les domaines relevant directement ou indirectement de l'administration publique au Parlement, au Gouvernement, sur l'autorité judiciaire, dans les entreprises publiques ou parastales, le constat immédiat et objectif trouve une faiblesse et une pervesion notoire de notre administration. Il nous faut donc des réformes radicales qui aboutissent à l'éradication de l'impunité et de notre corruption endémique - hier et aujourd'hui l'IGF ou les autres organes de contrôle ne cessent de dévoiler chaque jour des détournements des deniers publics. L'appel  du pouvoir en place à 'l'Etat de droit' et au 'Peuple d'abord' ne se matérialise quasiment nulle part sur le terrain. Que faire aujourd'hui ? Voici une la préoccupation majeure qui doit être celle de tout observateur attentif et honnête, de tout patriote responsable comme de tout acteur politique et social convaincu de l'intérêt national !
On dirait hélas que l'argent qui manque à l'Etat manquait déjà à nos dirigeants qui ont voulu en engranger le plus possible lorsqu'ils se trouvent en face des dotations pour ses missions officielles. La question dequi va faire la politique, si elle n'est pas mieux assurée par ceux aisés qui au départ n'en n'ont pas moins besoin, si l'abondanece des salaires des députés, sénateurs et des dotations des ministres comme d'autresacteurs politiques ne sont pas une arme à double tranchant ?


"Le plus grand « leak » d’Afrique dévoile les secrets financiers du Congo - 19/11/2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191121/le-plus-grand-leak-d-afrique-devoile-les-secrets-financiers-du-congo
Les documents de « Congo hold-up », plus grande fuite de données d’Afrique, montrent l’enrichissement de Joseph Kabila aux dépens de ses concitoyens. Ils écrivent aussi une histoire de ce pays, où flux financiers expliquent intrigues politiques et réalités sociales.

C’est l’histoire d’un hold-up, dont le magot se compte en dizaines de millions de dollars. Les protagonistes ? Un chef d’État, Joseph Kabila, au pouvoir au Congo jusqu’en janvier 2019. Une banque privée, la BGFI. Un pays, la République démocratique du Congo (RDC), géant d’Afrique centrale dont le sous-sol regorge de minerais, mais dont les trois quarts des 100 millions d’habitants doivent vivre avec moins de deux dollars par jour.
Ce braquage historique serait sans doute resté inconnu sans la plus grande fuite de données sensibles d’Afrique : 3,5 millions de documents confidentiels issus de la BGFI, qui permettent de retracer le scénario du casse dans ses moindres détails.
En cinq ans, la famille Kabila et ses associés ont détourné, avec la complicité de la BGFI, dont ils contrôlaient la filiale congolaise, au moins 138 millions de dollars des caisses de l’État. Grâce à des factures douteuses, des jeux d’écriture comptable, des transactions antidatées et, surtout, grâce à une société-écran qui leur a permis de couvrir le tout (lire notre première enquête ici).

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Joseph Kabila dans sa résidence de Kingakati, le 10 décembre 2018. :copyright: Photo Illustration Simon Toupet / Mediapart avec John Wessels / AFP

Il faut également y ajouter 33 millions de dollars déposés en liquide sur les comptes de sociétés contrôlées par Joseph Kabila et son premier cercle, et 72 millions de dollars d’origine inconnue qui ont transité par le compte de la Banque centrale du Congo à la BGFI. Soit un total de 243 millions de fonds publics et de fonds à l’origine suspecte encaissés par l’entourage proche de Joseph Kabila en l’espace de cinq ans.
À partir de ce vendredi et jusqu’au 6 décembre, l’enquête « Congo hold-up » va détailler les différents aspects de ce gigantesque casse et ses ramifications internationales. Car la BGFI a également permis à des entreprises étrangères et des réseaux suspects d’hommes d’affaires (dont des financiers présumés du Hezbollah) d’opérer en RDC et d’accéder au système bancaire international. Ces flux d’argent sale ont transité par de grandes banques occidentales, qui ont opéré de nombreuses transactions suspectes en dollars pour le compte de la BGFI.

Effort de coopération sans précédent

Les révélations de « Congo hold-up » s’appuient sur plus de 3,5 millions de documents mais aussi les détails de millions de transactions bancaires issues de la BGFI. Ces documents confidentiels ont été obtenus par Mediapart et l’ONG française Plateforme de protection des lanceurs d'alerte en Afrique (PPLAAF), fondée et présidée par l’avocat William Bourdon.
Les données ont été analysées, dans un effort de coopération sans précédent, par 19 médias (RFI, De StandaardLe SoirNRC HandelsbladDer Spiegel, Bloomberg, BBC Africa Eye, L’Orient-Le Jour…) et cinq ONG (PPLAAF, The Sentry, Public Eye, Resource Matters et Congo Research Group) basés dans dix-huit pays. En tout, une équipe de près cent personnes a été mobilisée pendant six mois, sous la coordination du réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC).
C’est la première fois que des médias et des ONG collaborent sur un leak de cette ampleur. Après avoir enquêté conjointement, médias et ONG ont réalisé, chacun de son côté, de façon indépendante, vérifications, entretiens avec les personnes mises en cause et rédaction de leurs rapports et articles.

Cette coopération a permis de réunir toute l’expertise possible pour analyser les documents de « Congo hold-up » – qui constitue le leak le plus complexe obtenu par l’EIC à ce jour.
Pour la première fois, une fuite de données permet de plonger dans les entrailles d’une banque. Un logiciel spécifique a dû être créé afin de pouvoir extraire des documents les informations sur les flux financiers, puis de suivre la trace de l’argent. C’est ainsi que nous avons retracé, transaction après transaction, million après million, les bénéficiaires réels des pots-de-vin et des détournements de fonds, dissimulés derrière des libellés trompeurs ou anodins.
La banque ainsi passée au crible n’est pas n’importe laquelle. La BGFIBank est une banque gabonaise née de la « Françafrique », devenue un poids lourd implanté dans onze pays. Très liée aux autocrates Ali Bongo (Gabon) et Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), elle est déjà impliquée dans plusieurs scandales de corruption et de détournements de fonds publics, dont l’affaire des « biens mal acquis » (lire notre article ici).
Au Congo-Kinshasa, la symbiose entre la BGFI et le régime Kabila était totale. Cette proximité explique pourquoi un régime a pu détourner autant, et pendant aussi longtemps.
Mais les enseignements de « Congo hold-up » vont au-delà de la famille Kabila.

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Le siège de la banque BGFI à Kinshasa, en République démocratique du Congo. :copyright: Photo DR

Kleptocratie, mode d’emploi

Que des chefs d’État à travers le monde usent de leur position pour s’enrichir n’est pas vraiment une surprise. Comment ils procèdent concrètement, en revanche, est moins connu. Les documents « Congo hold-up » permettent de dévoiler pour la première fois, avec un degré de précision inédit permis par la masse et la fiabilité des documents analysés, les rouages d’un tel système.
« L’enquête expose dans le détail les ruses utilisées par une banque et ses clients pour tenter de dissimuler une corruption systémique, explique Henri Thulliez, directeur de la PPLAAF. Ces transactions bancaires, mails, dossiers d’entreprises constituent le véritable mode d’emploi d’une kleptocratie. »
On pouvait l’imaginer : il ne suffit pas de se faire un chèque en blanc. La leçon principale de ces millions de documents est qu’il existe deux outils imparables pour permettre à une kleptocratie de prospérer au XXIe siècle : une banque et une société-écran. Contrôler la première permet de diriger l’argent à sa guise, en brouillant les pistes grâce à des libellés de transaction vagues ou erronés ; posséder la seconde permet d’avoir un coffre discret où stocker tous les fonds ainsi détournés.
Pour le reste, tout est question de créativité, tant dans les circuits imaginés pour faire transiter l’argent que dans le choix des endroits où aller le chercher. Banque centrale, société minière d’État, commission chargée d’organiser les élections et même Nations unies : l’ancien président congolais et son entourage n’en ont pas manqué.

Une histoire alternative du Congo moderne

Mises bout à bout, ces révélations écrivent une véritable histoire alternative du Congo d’aujourd’hui. On connaît souvent de ce pays – saigné à vif par la colonisation belge – sa vie politique mouvementée, ses guerres quasi ininterrompues depuis 1996 et les violences qui agitent toujours ses provinces de l’Est, commises tour à tour par des groupes armés locaux, des rébellions venues des pays voisins et par l’armée congolaise elle-même.
À cette histoire politique et militaire, ces documents viennent ajouter une histoire économique et financière jusqu’ici seulement connue d’un petit cercle d’initiés, qui éclaire d’une lumière nouvelle les soubresauts de la politique congolaise.

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Un partisan de l'opposition menée par Étienne Tshisekedi et demandant la tenue d'élections et la démission de Joseph Kabila lors d'un rassemblement à Kinshasa le 31 juillet 2016. :copyright: Photo Eduardo Soteras / AFP

Elle en révèle hypocrisies et faux-semblants. Le Sommet de la francophonie à Kinshasa, en 2012, en est un exemple. Les yeux de la presse sont alors rivés sur les chefs d’État présents et les enjeux diplomatiques. Face aux piques du président français François Hollande sur la situation « inacceptable » des droits humains dans le pays, Joseph Kabila joue l’apaisement.
Au même moment, l’argent du Sommet est utilisé pour acheter des millions de dollars de matériel destiné à la police et aux services secrets congolais – accusés d’exactions contre manifestants et opposants –, dont au moins 17 millions destinés à du matériel de surveillance et de renseignement.
Dans d’autres occasions, reconstituer cette histoire financière permet d’expliquer certaines postures politiques par des réalités économiques.

En 2015-2016, alors que le président Kabila manœuvre pour essayer de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat (en décembre 2016) et réprime les manifestants qui descendent dans la rue pour s’y opposer, une autre scène se joue, loin des caméras : la société écran Sud Oil, contrôlée par son frère, enregistre une activité inhabituelle.
Ces deux années de crise politique sont celles durant lesquelles Sud Oil s’est approprié 66 millions de dollars d’argent public. Le président Kabila et son entourage semblent vouloir profiter de ses derniers mois au pouvoir pour s’enrichir tant qu’il est encore temps.
Il laissera finalement sa place en janvier 2019 à l’opposant Félix Tshisekedi, à l’issue d’un scrutin marqué par d’importantesfraudes. Deux années gagnées sur le calendrier officiel ; deux années de plus pour puiser dans les caisses de l’État.
Cette histoire alternative du Congo moderne, écrite à partir de millions de transactions bancaires, permet enfin de nuancer les vertus de certaines réformes, comme la renégociation des contrats miniers lancée par Joseph Kabila dès 2007, souvent portée au crédit de l’ancien chef de l’État.
Présentée comme une manière de redonner aux Congolais la jouissance de leurs richesses face à des entreprises étrangères prédatrices, elle semble avoir surtout permis à sa famille et à ses réseaux d’affaires de récupérer leur part du gâteau minier, qui représente la première source de richesse du pays et plus de 80 % de ses exportations. Notre enquête révèle comment l’entreprise publique minière Gecamines a été utilisée pour détourner des sommes astronomiques des caisses de l’État.

Complicités internationales

Le parti de Joseph Kabila, le PPRD, affichait régulièrement son hostilité aux « impérialistes » étrangers. « Congo hold-up » démontre comment il leur a en réalité ouvert la porte et les a invités à venir s’enrichir avec lui, à l’image du puissant homme d’affaires belge Philipe de Moerloose. Ces millions de documents permettent également de révéler, pour la première fois, que les entreprises chinoises qui ont décroché le plus gros contrat minier de l’histoire du pays, en 2008, ont corrompu la présidence congolaise grâce à un intermédiaire.
Car – et c’est la dernière leçon de « Congo hold-up » – il serait faux de réduire le pillage de la RDC à un énième « dictateur africain » spoliant son peuple. Joseph Kabila, autocrate internationalisé, a pu détourner cet argent grâce à une banque, la BGFI, qui a pignon sur rue à Paris ; il en a fait profiter des acteurs économiques français, belges, chinois ou indiens ; et le tout a été rendu possible par le laxisme de grands cabinets d’audit internationaux, dont nous démontrons la passivité.
Pour mettre fin à ce système, il ne suffira pas de se défaire de l’héritage politique et des réseaux Kabila, comme le nouveau président congolais Félix Tshisekedi s’y emploie désormais, après deux années passées sous la tutelle de son prédécesseur.
Arrivé au pouvoir grâce à une élection entachée de fraudes et en signant un accord politique avec Kabila, Tshisekedi avait déclaré ne pas vouloir « fouiller dans le passé ». Sans doute faudra-t-il s’y employer, et tirer les leçons de ce passé, afin que « l’alternance » tant désirée par les Congolais ne devienne pas simplement le remplacement d’une kleptocratie par une autre.


"Congo hold-up : comment le clan Kabila a détourné 138 millions de dollars  - 19 NOVEMBRE 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191121/congo-hold-comment-le-clan-kabila-detourne-138-millions-de-dollars


"Vidéo : piller son propre pays, mode d’emploi - 19 novembre 2021"
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191121/video-piller-son-propre-pays-mode-d-emploi
Comment un chef d’État peut-il parvenir à détourner autant d’argent à son profit, celui de ses proches, et au détriment des habitants de son pays ? Cette vidéo de quatre minutes, en accès libre, permet de tout comprendre au système Kabila.
...



Compatriotiquement! 


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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Message  ndonzwau 21/11/2021, 1:38 am

PPS


"Congo Hold-up : le camp Kabila dénonce une « fixation haineuse » sur la personne de l’ancien Président - 19 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/19/congo-hold-up-le-camp-kabila-denonce-une-fixation-haineuse-sur-la-personne-de-lancien-president.html/97786/
En réaction aux accusations du rapport porté par plusieurs médias et organisations, éclaboussant l’ancien « Raïs », le camp Kabila dénonce ce qu’il qualifie de « fixation haineuse » sur la personne du Président honoraire. Dans un communiqué de presse dont une copie est parvenue à POLITICO.CD, Barbara Nzimbi, sa conseillère en communication, juge « difficile à comprendre » les accusations « non fondées » à comparer au bilan de la gestion « salvatrice de ce signe fils » d’Afrique qui a rendu « ses lettres de noblesse » à la RDC.

« Après les Panama, Pandora papers et autres qui ont exposé différentes pratiques financières dans le monde entier et cité différentes personnalités, il est étonnant que cette enquête ne cible que la personnalité du Président
honoraire de RDC. Cette fixation haineuse de certains médias et associations sur la personne du Président honoraire que certains ont conceptualisé en « Kabilabashing », toujours les mêmes et provenant du même espace géopolitique, est difficilement compréhensible quand on met en face de ces accusations non fondées, le bilan de la gestion salvatrice de ce digne fils d’Afrique qui a rendu ses lettres de noblesse à la République Démocratique du Congo à savoir: pacification-réunification- Constitution de 2006-démocratisation avec trois cycles électoraux-relance économique et alternance pacifique historique »
, dénonce la conseillère en communication de Joseph Kabila.
Dans le communiqué, Barbara Nzimbi dément toutes les allégations contenues dans ce rapport et appelle les congolais à ne pas « succomber à cet énième tentative de décrédibilisation ».
« Le peuple Congolais est appelé à ne pas succomber à cet énième tentative
de décrédibilisation et non la dernière, à demeurer dans la vigilance tous azimuts et dans la sagesse patriotique face à cet acharnement injustifié de puissances occultes qui n’ont jamais digéré les choix courageux de souveraineté opérés sous la Présidence de Joseph Kabila notamment en matière électorale et minière »
, lit-on.

Le service de communication de Joseph Kabila regrette que son image et son nom soient utilisés « abusivement comme produit d’appel pour tenter de crédibiliser une démarche médiatique dont l’opportunité est questionnable ».
« Alors que l’image et le nom du Président de la République Honoraire sont utilisés abusivement comme produit d’appel pour tenter de crédibiliser cette démarche médiatique dont l’opportunité est questionnable, à trois ans près de la première alternance pacifique historique au sommet de l’Etat depuis l’indépendance du pays en 1960, aucune ligne de ce rapport compilant d’après ces auteurs plus de trois millions de documents ne démontre l’implication
factuelle ou même implicite de l’institution Président de la République qu’il a eu l’honneur de diriger pendant 18 ans. Sont cités une banque commerciale, des institutions nationales et des sociétés privées dont les responsables au moment des faits supposés sont identifiés et n’ont rien à avoir avec la Présidence de la République d’époque »
, lit-on.
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96531_la_chargee_de_communication_de_joseph_kabila_reagit_aux_accusations_de_congo_hold_up.html
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96525_congo_hold_up_le_clan_kabila_parle_de_kabilabashing_et_de_mensonges_honteux.html

"Congo Hold-up : « Le Peuple congolais appelé à ne pas succomber à cet énième tentative de décrédibilisation » de Joseph Kabila - 19 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/19/congo-hold-up-le-peuple-congolais-appele-a-ne-pas-succomber-a-cet-enieme-tentative-de-decredibilisation-de-joseph-kabila.html/97782/
= https://actualite.cd/2021/11/19/le-camp-kabila-repond-congo-hold-ces-puissances-occultes-nont-jamais-digere-les-choix


"Congo Hold-up : Félix Tshisekedi, « avec l’aide des experts américains », va récupérer les millions USD « volés » par la famille Kabila (Herman Cohen) - 20 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/congo-hold-up-felix-tshisekedi-avec-laide-des-experts-americains-va-recuperer-les-millions-usd-voles-par-la-famille-kabila-herman-cohen.html/97849/
Alors que la République démocratique du Congo est dans la fièvre de l’effet boomerang des révélations troublantes contenues dans l’enquête « Congo Hold up », le diplomate américain Herman Cohen annonce que le Président Félix Tshisekedi « va maintenant récupérer » les millions de dollars USD « volés au trésor public par la famille Kabila ».
« La nouvelle agence anti-corruption du président Tshisekedi, avec l’aide d’experts américains du secteur privé, va maintenant procéder à la récupération des millions de dollars volés au trésor public par la famille Kabila », annonce le diplomate américain sur son compte Twitter.


« Fixation haineuse sur la personne de Kabila »

En réaction aux accusations du rapport porté par plusieurs médias et organisations, éclaboussant l’ancien « Raïs », le camp Kabila dénonce ce qu’il qualifie de « fixation haineuse » sur la personne du Président honoraire. Dans un communiqué de presse dont une copie est parvenue à POLITICO.CD, Barbara Nzimbi, sa conseillère en communication, juge « difficile à comprendre » les accusations « non fondées » à comparer au bilan de la gestion « salvatrice de ce signe fils » d’Afrique qui a rendu « ses lettres de noblesse » à la RDC.
« Après les Panama, Pandora papers et autres qui ont exposé différentes pratiques financières dans le monde entier et cité différentes personnalités, il est étonnant que cette enquête ne cible que la personnalité du Président
honoraire de RDC. Cette fixation haineuse de certains médias et associations sur la personne du Président honoraire que certains ont conceptualisé en « Kabilabashing », toujours les mêmes et provenant du même espace géopolitique, est difficilement compréhensible  quand on met en face de ces accusations non fondées, le bilan de la gestion salvatrice de ce digne fils d’Afrique qui a rendu ses lettres de noblesse à la République Démocratique du Congo à savoir: pacification-réunification- Constitution de 2006-démocratisation avec trois cycles électoraux-relance économique et alternance pacifique historique », dénonce la conseillère en communication de Joseph Kabila.
Dans le même communiqué, Barbara Nzimbi dément toutes les allégations contenues dans ce rapport et appelle les congolais à ne pas « succomber à cet énième tentative de décrédibilisation ».
« Le peuple Congolais est appelé à ne pas succomber à cet énième tentative
de décrédibilisation et non la dernière, à demeurer dans la vigilance tous azimuts et dans la sagesse patriotique face à cet acharnement injustifié de puissances occultes qui n’ont jamais digéré les choix courageux de souveraineté opérés sous la Présidence de Joseph Kabila notamment en matière électorale et minière », lit-on.

L’enquête en question…

Des entreprises appartenant à la famille et aux amis de l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, ont reçu des millions de dollars de fonds publics via leurs comptes bancaires, selon la plus grande fuite de données d’Afrique, annonce la BBC.
Des millions de dollars ont alors été retirés des comptes publics en en espèces pour ensuite être déposés à des comptes des proches de l’ancien président Joseph Kabila. C’est ce qu’affirme une enquête de la BCC qui dit s’appuyer sur « plus grande fuite de données d’Afrique » jamais connue. Selon la radio britanique, les faits se passent pendant que Joseph Kabila est encore président. « Il a refusé de répondre à nos questions sur les transferts », dit la BCC.
La fuite dont fait allussion la BBC comprendrait plus de trois millions de documents et d’informations sur des millions de transactions de la banque BGFI (Banque Gabonaise et Française Internationale), qui opère dans plusieurs pays africains et en France. La média français d’investigation Mediapart et la Plateforme des ONG pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) ont obtenu l’information, dit la BCC.
« BBC Africa Eye a eu accès aux preuves, dans le cadre d’un consortium appelé Congo Hold-up, coordonné par le réseau médiatique European Investigative Collaborations (EIC) », affirme la radio Britannique.

Toujours selon la BCC, une société privée, Sud Oil, a reçu près de 86 millions de dollars de fonds publics de novembre 2013 à août 2017. « Ceux-ci comprennent au moins 46 millions de dollars du régulateur bancaire de la RD Congo, la BCC, 15 millions de dollars de la société minière d’État Gécamines et 1,3 million de dollars de l’organe électoral du pays, la Ceni », affirme la BBC. « La seule information que la BBC a trouvée de la fuite concernant ces paiements était une facture d’un peu plus d’un million de dollars de la Ceni à Sud Oil pour des produits pétroliers », ajoute-t-elle. Par ailleurs, toujours selon la BBC, la commission électorale, la Ceni, a payé à Sud Oil 1 million de dollars pour les produits pétroliers. « La BBC n’a trouvé aucune preuve que Sud Oil faisait du commerce de produits pétroliers à l’époque ».
Le directeur général de la filiale RD Congo de BGFI, BGFI Banque RDC, de 2012 à 2018 était Francis Selemani, le frère adoptif de Joseph Kabila.
La sœur de M. Kabila, Gloria Mteyu, détenait 40 % de l’opération BGFI en RD Congo, créée en 2010. « L’épouse de M. Selemani, Aneth Lutale, détenait 80 % de Sud Oil et Mme Mteyu détenait les 20 % restants de 2013 à 2018. Des millions de dollars ont été transférés des comptes BGFI de Sud Oil vers les comptes BGFI d’autres sociétés privées. Certains d’entre eux appartenaient à des parents ou à des associés commerciaux de M. Kabila, qui a été président de 2001 à 2019 », détaille la BBC.


"Le 1er ministre belge réagit à Congo Hold-up: « Cela devrait aider le président actuel à progresser dans la lutte contre la corruption » -20 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/20/le-1er-ministre-belge-reagit-congo-hold-cela-devrait-aider-le-president-actuel
Les révélations se poursuivent dans le cadre de Congo Hold-up. Au fur et à mesure, les réactions s’enchainent. En Belgique, c’est Alexander De Croo, le premier ministre belge, est le premier à réagir.
« La révélation de cette affaire est une bonne chose (…). Toute forme de corruption est totalement inacceptable, a fortiori quand elle se fait au détriment des plus vulnérables comme ici. Il est dans l’intérêt même de la RDC que cette affaire soit révélée au grand jour. Cela devrait aider le président actuel et son gouvernement à progresser dans la lutte contre la corruption, une lutte que soutient notre pays », a t-il déclaré dans les médias belges.
Les relations entre le camps Joseph Kabila et le gouvernement belge s’étaient sérieusement détériorées à l’approche des élections de 2023.
La Belgique avait décidé, le 10 janvier, de revoir son aide financière à la RDC dans le domaine humanitaire suite à la situation politique qui prévalait au pays. Didier Reynders et Alexander De Croo, à l’époque vice-Premiers ministres respectivement ministres des Affaires étrangères et ministre de la Coopération au développement, avaient annoncé vouloir développer de la coopération directe avec les organisations locales de développement en lieu et place du gouvernement congolais en attendant l’organisation des élections.
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/rdc-le-premier-ministre-belge-estime-que-les-revelations-du-congo-hold-up-devraient-aider-tshisekedi-dans-sa-lutte-contre-la-corruption.html/97867/
= https://www.lesoir.be/407398/article/2021-11-19/alexander-de-croo-reagit-congo-hold-toute-forme-de-corruption-est-totalement


"BGFI Bank RDC au bord de la faillite, la Gouverneure de la BCC convoque son Directeur Général - 20 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/bgfi-bank-rdc-au-bord-de-la-faillite-la-gouverneure-de-la-bcc-convoque-son-directeur-general.html/97823/

"RDC : Le FONER a effectué 21 virements à Sud Oil de beaucoup de millions USD alors qu’il « criait misère » (Enquête) - 20 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/20/rdc-le-foner-a-effectue-21-virements-a-sud-oil-de-beaucoup-de-millions-usd-alors-quil-criait-misere-enquete.html/97819/

"RDC : « Sous de faux libellés », plus d’un million USD a été versé des comptes de la CENI vers celui de « Sud Oil », une « siphonneuse » des proches de Joseph Kabila - 19 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/19/rdc-sous-de-faux-libelles-plus-dun-million-usd-a-ete-verse-des-comptes-de-la-ceni-vers-celui-de-sud-oil-une-siphonneuse-des-proches-de-joseph-kab.html/97777/

"De luxueuses propriétés aux USA et en RSA avec de l’argent détourné?  Francis Selemani, un proche de Joseph Kabila, pointé du doigt  - 19 novembre 2021

= https://actualite.cd/2021/11/19/de-luxueuses-proprietes-aux-usa-et-en-rsa-avec-de-largent-detourne-francis-selemani-un

"Congo Hold-up: le système bancaire congolais au cœur d’une vaste enquête impliquant près de 20 médias internationaux  - 19 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/19/congo-hold-le-systeme-bancaire-congolais-au-coeur-dune-vaste-enquete-impliquant-pres-de


"REVUE DE PRESSE FRANÇAISE
À la Une: le Kabila fric-frac -  20/11/2021

=  https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-fran%C3%A7aise/20211120-%C3%A0-la-une-le-kabila-fric-frac
= https://www.radiookapi.net/2021/11/20/actualite/societe/rdc-une-enquete-de-19-medias-et-ong-revele-un-presume-detournement-de

"Humeur: Le hold-up permanent pour les nuls. - 20 novembre 2021
= http://www.congoindependant.com/humeur-le-hold-up-permanent-pour-les-nuls/

"Néhémie Mwilanya : « On cherche à enterrer Joseph Kabila et tout son héritage » - 20.11.2021,
=  https://www.mediacongo.net/article-actualite-96551_nehemie_mwilanya_on_cherche_a_enterrer_joseph_kabila_et_tout_son_heritage.html

"Congo Hold-up : Félix Tshisekedi et son clan sont sur la même voie (Lucha) - 20.11.2021
=  https://www.mediacongo.net/article-actualite-96541_congo_hold_up_felix_tshisekedi_et_son_clan_sont_sur_la_meme_voie_lucha.html

"« Le Congo Hold-Up » enfonce une porte depuis longtemps ouverte - Par Jean-Pierre Mbelu - 20 novembre 2021
= http://www.ingeta.com/le-congo-hold-up-enfonce-une-porte-depuis-longtemps-ouverte/


"ACTU EXPLIQUÉE DU 20.11.21 - CONGO HOLD-UP : QU'EST-CE QUI EST VISÉ ?"




Compatriotiquement! 


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 22/11/2021, 8:34 pm, édité 1 fois

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 22/11/2021, 7:08 pm

A propos de l'enquête Congo Hold-up, il faut encore rappeler que non seulement en dehors des détails sur les différentes opérations qu'elle nous a livrés, la réalité de la prédation à grande échelle du clan Kabila était déjà connue sinon subodorée de bons observateurs de notre histoire récente mais aussi que les montants cumulés de leur braquage sont bien plus plantureux que les quelques 138 millions débusqués par les 19 médias et 5 ONG dans leurs investigations, le règne criminel de 'JK' a duré plus longtemps, 18 ans, que les 5 ans examinés ici. Aussi que les révélations étant programmées dans la durée nous ne sommes pas à l'abri de divulguations qui pourraient concerner par ricochet d'autres leaders politiques y compris ceux qui sont encore aux commandes en face d'autant qu'eux comme d'autres observateurs notent que notre système n'a pas vraiment changé. Enfin quid des suites utiles après ces révélations ?


"Congo hold-up : les dérives du système Kabila dévoilées
= http://afrikarabia.com/wordpress/congo-hold-up-les-derives-du-systeme-kabila-devoilees/
Une importante fuite de données bancaires révèle que des millions de dollars ont été transférés aux proches de l'ancien président Joseph Kabila. Mais de nouvelles révélations doivent être faites, risquant d'éclabousser l'ensemble d'une classe politique largement corrompue.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  FEof4MZWYAQjMyU
L’ancien président et sénateur à vie, Joseph Kabila en 2021 :copyright: DR

Les soupçons de détournements de fonds dans l’entourage de l’ancien président Joseph Kabila ne sont pas une découverte après les révélations des Panama Papers, de Bloomberg, Global Witness ou du Centre Carter. Mais la colossale enquête « Congo hold-up », menée par un collectif de 19 médias et 5 ONG, révèle de nouveaux cas de fraudes, et surtout décrypte le mode opératoire de ces détournements. Dans les premières enquêtes, réalisées à partir de la fuite de plus de 3,5 millions de données bancaires, le montant des sommes détournées par Joseph Kabila et son entourage s’élèverait à 138 millions de dollars entre 2013 et 2018. Des fonds publics qui seraient tombés directement dans les poches de l’ancien président et de ses proches.

Une banque, une société écran et des institutions sous contrôle

Pour opérer ce hold-up sur l’argent destiné à l’Etat congolais, le système révélé par le collectif d’enquêteurs repose sur trois piliers : une banque contrôlée par la famille de Joseph Kabila (le BGFI Bank RDC) une société écran (Sud Oil) gérée également par la galaxie Kabila, et des institutions étatiques (Banque centrale, ministères… ) peu regardantes, voir complices, des malversations. Pour détourner 138 millions de dollars, et braquer les propres caisses de son Etat, Joseph Kabila a d’abord placé des personnes de confiance à la tête d’une banque privée, la BGFI Bank RDC. Cette filiale congolaise d’un groupe bancaire dont la maison mère se trouve au Gabon, était en effet dirigée par Francis Selemani Mtwale, le frère adoptif de l’ancien président. Et à l’ouverture de la filiale en 2010, la sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, s’est vue proposer gracieusement 40 % du capital.

Détournements mode d’emploi

Arrêtons-nous sur une partie de l’enquête menée notamment par Mediapart et RFI en France. Elle montre comment le clan Kabila aurait détourné 92 millions de dollars à des institutions publiques, stocké cet argent sur les comptes d’une société écran et enfin, retiré du cash auprès d’une banque « amie », la BGFI, contrôlée par une sœur et un frère adoptif de l’ex-président. Pour trouver où détourner l’argent, le camp Kabila a de l’imagination. Il se tourne d’abord vers l’ONU, qui verse 7,3 millions de dollars pour financer une mission de casques bleus congolais en Centrafrique. L’argent est alors versée à l’ambassade de RDC aux Nations unies, qui reverse 6,8 millions à l’Etat, via la Banque centrale du Congo (BCC) sur son compte… à la BGFI. « Si les 7 millions ont bien été versés à l’ambassade, le Congo n’en a jamais vu la couleur » explique Mediapart. Le virement atterrit directement sur les comptes de Sud Oil, une société fantôme proche de Kabila.

CENI, Foner siphonnés

Autre tour de passe-passe. Pour organiser les élections de 2016, qui auront finalement lieu en 2018, la Commission électorale (CENI), emprunte 25 millions de dollars à la BGFI. Les frais font gagner à la banque « amie » 1 million de dollars. Le même jour, la BGFI emprunte de nouveau la même somme, cette fois-ci manuellement, et empoche encore 1 million de dollars, qui part… sur les comptes de Sud Oil. Mais ce n’est pas fini. L’argent du Foner, l’agence publique qui construit les routes au Congo, intéresse également l’ancien président. « Elle possède plusieurs comptes à la BGFI » affirme Mediapart, qui révèle que le Foner « émet 5 transactions importantes entre décembre 2014 et janvier 2015 vers un compte interne de la BGFI » : 852.000 dollars, puis deux fois 594.000 dollars, 586.000 et enfin, près de 600.000 dollars. Les 3,2 millions de dollars auraient dû transiter d’un compte du Foner à l’autre. Mais en fait, La BGFI vire la somme sur deux autres comptes : Sud Oil et sa filiale, Kwanza Capital.

Banque centrale et Gécamines ponctionnées

« La Banque centrale du Congo (BCC) a elle aussi financé la famille Kabila » dénonce Mediapart. 30 millions de dollars « disparaissent étrangement » d’un compte de la BGFI pour réapparaître sur un autre compte de Sud Oil… du même montant. La Gécamines, le géant minier congolais, est elle aussi mise à contribution. En 2016, elle décide de payer ses impôts en avance. Depuis son compte à la BGFI, elle vire 2 millions de dollars à la BCC. Sauf que le virement tombe directement chez Sud Oil, « avec un libellé différent, pour brouiller les pistes ». En 2018, les comptes de la BGFI sont audités. Panique chez les Kabila, qui décident de « nettoyer » les opérations frauduleuses. La BGFI renvoie les 2 millions touchés par Sud Oil à la Gécamines et envoie les impôts à la banque centrale. Le vent du boulet n’est pas passé loin. Mais l’enquête « Congo hold-up » révèle la fraude. La Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), les journalistes et les ONG partenaires de l’enquête ont également détecté une somme de 33 millions de dollars qui a été déposée en espèces à la BGFI, ainsi que 72 millions de dollars « d’origine inconnue », qui ont transité par un compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo.

…et après ?

L’affaire « Congo hold-up » ne va pas s’arrêter là. Le consortium annonce qu’il va révéler d’autres affaires inédites au cœur de la kleptocratie congolaise. Au sein de l’ex-camp présidentiel, mais aussi ailleurs dans la classe politique, au Congo, et sur d’autres continents. Le journal libanais L’Orient-Le Jour dévoilera par exemple la semaine prochaine une série d’articles sur l’aspect libanais du scandale financier et notamment « comment la BGFI Bank RDC a aidé à l’expansion de l’empire commercial d’un réseau de Libanais, accusé par les États-Unis de financer le Hezbollah ». Les enquêteurs ont-ils des éléments pour fouiner dans un passé plus récent ? L’affaire des 100 jours, l’argent collectés pour la taxe RAM ou le financement du Covid ? Le feuilleton va être long et risque d’éclabousser une bonne partie de la classe politique congolaise, pour qui la politique n’est qu’un business comme un autre. Un business plutôt très juteux. Reste enfin à savoir, ce que la justice congolaise va faire de ses révélations, et dans un premier temps face aux soupçons qui pèse sur le sénateur à vie, Joseph Kabila ? Que fera également l’institution judiciaire, si de nouvelles révélations touchaient le pouvoir actuel ? Pour l’instant, il est difficile de savoir où va nous mener le tsunami soulevé par l’affaire « Congo hold-up ». Ce qui est sûr, c’est qu’il va y avoir des surprises."


"INVITÉ AFRIQUE
Congo Hold-up: «Il faut changer le système en RDC pour empêcher que cela se reproduise» - 22/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211122-congo-hold-up-il-faut-changer-le-syst%C3%A8me-en-rdc-pour-emp%C3%AAcher-que-cela-se-reproduise
Avec plus de 3,5 millions de documents bancaires analysés pendant 9 mois par 5 ONG et 19 médias internationaux, dont RFI, Congo Hold-up est la plus importante fuite de données bancaires jamais réalisée en Afrique. Elle montre que, de 2013 à 2019, des sociétés appartenant à l’ancien président congolais Joseph Kabila et à son premier cercle, ont reçu au moins 138 millions de dollars d’argent public. Depuis vendredi 19 novembre 2021 et durant deux semaines, RFI vous dévoile tous les secrets de ces transferts douteux. Ce lundi, nous nous arrêtons sur une société boîte aux lettres, la compagnie congolaise Sud Oil – qui est au cœur de tous ces mouvements financiers. Décryptage par Jason Stearns, le directeur du GEC, le Groupe d’étude sur le Congo, à l’Université de New York.

RFI : Dans l’enquête sur les détournements de fonds publics au Congo-Kinshasa, vous vous êtes intéressé tout particulièrement à la société congolaise Sud Oil, c’est cela ?
Jason Stearns : Oui, c’est cela. En 2013, les propriétaires de cette société la vendent à deux membres de la famille de Joseph Kabila, sa sœur Gloria Mteyu et sa belle-sœur Aneth Lutale.
Et à partir de 2013, il y a donc à la tête de cette société un homme-clé, Francis Selemani Mtwale. Ce monsieur, les Congolais le connaissent bien puisqu’il est aussi à l'époque le directeur général de la banque BGFI Kinshasa, et il n’est autre que le frère adoptif de l’ancien président Joseph Kabila…
Exactement, et c’est cette relation entre Sud Oil et BGFI qui est clé. Donc la BGFI est établie à Kinshasa en 2010, et 40% de cette banque appartient à la sœur [de Kabila] Gloria Mteyu et le directeur est donc Francis Selemani. C’est à partir de 2013 qu’on constate, dans les comptes de Sud Oil à BGFI, des transferts douteux. Et à partir de là, jusqu’à 2019, on constate 85 millions de dollars d’argent des agences et institutions publiques qui arrivent dans les comptes de Sud Oil à BGFI.

Et d’où viennent ces quelque 85 millions de dollars ?
Cet argent provient directement de la Banque centrale du Congo, mais aussi de la Commission électorale, de l’Assemblée nationale, de la société chargée de la gestion des ports, donc de plusieurs institutions congolaises.Vous dites par exemple que le 29 septembre 2016, un versement de 30 millions de dollars est fait depuis la Banque centrale à la société Sud Oil via la BGFI. Est-ce que vous avez la preuve de ce versement ?
Oui, il s’agit des analyses de 3,5 millions de documents et de millions de transactions qu’on a obtenus à travers une ONG qui s’appelle Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique [PPLAAF]. C’est une fuite qu’on a reçue et ces fuites donnent des preuves documentaires de toutes les allégations qu’on fait dans nos investigations.
Parmi les hommes-clé, il y a donc Francis Selemani Mtwale qui contrôle la société Sud Oil. Et puis bien sûr, le gouverneur de la Banque centrale Deogratias Mutombo. Est-ce que vous avez contacté ces deux personnalités ?
On a essayé de contacter toutes les personnes qu’on a citées dans le rapport, y compris les personnes que vous citez. Malheureusement, on n’a pas reçu de réponses de la plupart. Il y a quelques personnes qui ont répondu, mais dans leurs réponses, elles ont juste nié les faits. La plupart de tous les hommes-clé et des membres de la famille présidentielle n’ont pas répondu.
La Banque centrale, l’Assemblée nationale, la Gécamines… Est-ce qu’on peut dire que ces institutions paient en réalité une sorte de taxe qui ne dit pas son nom ?
C’est possible. Pour nous, ce qui est évident, c’est qu’il y a un possible détournement d’argent.

Et au bout de la chaîne, vous dites qu’il y a de gros retraits d’argent en liquide. Peut-on parler de Sud Oil comme d’une cash machine ?
Oui, le gérant de Sud Oil, David Ezekiel, qui est un partenaire de la famille présidentielle de Joseph Kabila, tire plus de 50 millions de dollars en espèces pendant cette période de 2013 à 2019.
Et au total, quel est le montant d’argent public qui a pu être détourné au profit de l’ancien président Kabila et de son premier cercle ?
Si on prend toutes les sociétés ensemble dans ce réseau de la famille présidentielle, il s’agit de 138 millions de dollars.
Mais, ce que vous craignez en fait, c’est que ce type de pratique ne se répète de président à président…
Oui, exactement. Le problème pour nous, c’est que le système n’a pas changé… dans le sens où les institutions qui sont chargées en principe de veiller à ce que ce genre de pratiques ne se fassent pas n’a pas été renforcé. Il y a l’Inspection générale des finances (IGF) qui est de plus en plus active, cela est vrai. Mais, il y a les autres institutions : la Cour des comptes, la Cénaref qui est cette Cellule nationale des renseignements financiers, et la Banque centrale pour réguler les banques. Et on ne voit pas un grand changement dans le comportement de ces institutions. Donc oui, il faut cibler la famille présidentielle, mais il faut surtout changer le système pour empêcher que cela puisse se faire dans l’avenir."


REVUE DE PRESSE FRANÇAISE
À la Une: le Kabila fric-frac - 20/11/2021"

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-fran%C3%A7aise/20211120-%C3%A0-la-une-le-kabila-fric-frac
Le « Congo Hold-up », c’est le titre de cette enquête collaborative sur des détournements de fonds publics en République démocratique du Congo. La famille Kabila y est accusée d’avoir « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l'État avec la complicité de la banque BGFI RDC, un temps dirigée par Francis Selemani.
Ce frère de l’ancien président congolais Joseph Kabila y était directeur général. Selon cette enquête, menée par un réseau de dix-neuf médias, dont RFI et cinq organisations non-gouvernementales, la filiale congolaise de la banque BGFI « a aidé le clan du président Kabila à braquer l’État, par un hold-up hors du commun », lance Mediapart (étant signalé que ce journal en ligne est membre de ce réseau enquêteur). « Tandis que plus de 70 % des Congolais survivent avec moins de 2 dollars par jour, Joseph Kabila et sa famille ont accumulé une fortune colossale au détriment de leurs concitoyens », remarque Mediapart
Et les révélations ne font que commencer. « Jusqu’au 6 décembre, l’enquête « Congo hold-up » va détailler les différents aspects de ce gigantesque casse et ses ramifications internationales, prévientMediapart. Car la BGFI a également permis à des entreprises étrangères et des réseaux suspects d’hommes d’affaires (…) d’opérer en RDC et d’accéder au système bancaire international. Ces flux d’argent sale ont transité par de grandes banques occidentales, qui ont opéré de nombreuses transactions suspectes en dollars pour le compte de la BGFI », signale encore ce journal en ligne.
Assurant que la BGFI est une banque « de la Françafrique », Mediapart souligne notamment que, parmi ses actionnaires, « figure la famille Bongo, qui possède aujourd’hui, notamment via  sa holding Delta Synergie, (près de 11 %) de BGFI Holdings, la maison mère du groupe. La sœur de l’actuel chef de l’État (gabonais) Ali Bongo, Pascaline, siège au conseil d’administration ». À suivre, donc, sur RFI…"]


"Congo Hold-up: Egal, l’autopsie d’un scandale
« Congo hold-up » : comment le clan Kabila s’est engraissé sur les importations alimentaires
- 22/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211122-congo-hold-up-egal-l-autopsie-d-un-scandale
= https://www.mediapart.fr/journal/international/221121/congo-hold-comment-le-clan-kabila-s-est-engraisse-sur-les-importations-alimentaires?onglet=full

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
Bâtiment de la société Egal en RDC. :copyright: RFI
La fuite de millions de documents et transactions bancaires à la BGFIBank permet de découvrir la face cachée de l’un des plus gros scandales financiers de la République démocratique du Congo : les 43 millions de dollars d’argent public versés à Egal, une société d’importation de viandes et de poissons liée au premier cercle de l’ancien président Joseph Kabila. L’Inspection générale des finances a enquêté et a dédouané certains des acteurs. Contre-enquête signée Yann Philippin (Mediapart) et Sonia Rolley (RFI) en collaboration avec PPLAAF, KVF, Sentry, The Namibian, De Standaard sur la base des documents Congo Hold-up.

« J’étais face à un groupe de mafieux. C'est inacceptable ce qui s'est passé. » Cette déclaration choc est prononcée par l’homme le plus redouté de la République démocratique du Congo (RDC) : Jules Alingete, patron de l’Inspection générale des finances (IGF) depuis le 30 juin 2020. En République démocratique du Congo, cette institution a la particularité de dépendre directement du président de République.
Jules Alingete est le « monsieur anticorruption » du nouveau président investi début janvier 2019, Félix Tshisekedi. Il est chargé de tenir l’une des promesses de campagne du chef de l’État : traquer les détournements massifs d’argent public qui ont ruiné le Congo-Kinshasa pendant les dix-huit ans de règne de l’ancien président Joseph Kabila.

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Jules Alingete, inspecteur général des finances en RDC. RFI/Sonia Rolley

Dans l’entretien qu’il nous accordé, les propos du patron de l’IGF sur les « mafieux » étaient d’autant plus durs qu’il a cité les dignitaires les plus puissants du régime Kabila, parmi lesquels : l’ancien gouverneur de la Banque centrale, Deogratias Mutombo, le président de l’entreprise minière publique Gécamines, Albert Yuma, ou encore le frère adoptif de Kabila, Francis Selemani, qui a dirigé la banque BGFI RDC jusqu’en 2018.[
’affaire qui émeut Jules Alingete est un scandale retentissant : le détournement de 43 millions de dollars de la Banque centrale, avec la complicité de la BGFI, au profit de l’Entreprise générale d’alimentation (Egal), une société d’importation de viande et de poisson appartenant à des personnalités du premier cercle de l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.

Consigne #1 : Rouvrir le dossier

Ce détournement a été révélé en 2016 par Jean-Jacques Lumumba, ancien salarié de la BGFIBank devenu lanceur d’alerte. Mais il a fallu attendre janvier 2021, deux ans après l’investiture de Félix Tshisekedi pour que l’IGF lance enfin une enquête.
Jusque-là, comme il l’avait déclaré en 2019, le nouveau président se refusait à « fouiner dans le passé », en particulier au sujet des affaires qui touchaient d’un peu trop près à son prédécesseur. Car la victoire de Félix Tshisekedi aux élections de 2018 reste entachée de graves irrégularités. Pour devenir président, il a dû passer un accord politique avec M. Kabila, qui a conservé pendant deux ans le contrôle des principales institutions du pays.
Mais au moment où Jules Alingete ouvre son enquête, en janvier 2021, rien ne va plus entre les alliés de 2018. Félix Tshisekedi a déjà pris le contrôle du Parlement et cherche à faire tomber le gouvernement issu de tractations avec le camp Kabila. Il souhaite aussi reprendre le contrôle de la Banque centrale du Congo (BCC), toujours sous le contrôle de son prédécesseur et de deux de ses proches qui siègent au conseil d’administration.
► RDC: deux ans après l’investiture de Félix Tshisekedi, la rupture avec Joseph Kabila

Quatre mois plus tard, en avril 2021, le rapport final de l’IGF est bouclé. Ce document accablant, que nous nous sommes procuré, dénonce « un montage savamment conçu » pour opérer un « détournement des deniers publics ». Le rapport pointe la « responsabilité » partielle du gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo, qui démissionnera trois mois plus tard.
Mais surprise : Jules Alingete s’éloigne des conclusions de l’enquête de ses services. Il écrit aux directions d’Egal et de la BCC pour les dédouaner, rejetant toute la responsabilité sur la BGFI. Certains de ces courriers sont publiés par le site d’information Politico.cd.
Si le patron de l’IGF nous a accordé plus d’une heure d’entretien, c’est parce que notre enquête Congo Hold-up, basée sur 3,5 millions de documents issus de la BGFI obtenus par Mediapart et l’ONG PPLAAF, prouve le contraire : Egal a bien bénéficié en 2013 des 43 millions de fonds publics détournés et la BCC a viré cet argent.
Notre enquête révèle aussi qu’Egal a reçu 34,6 millions de fonds supplémentaires d’origine inconnue, qui ont pour la plupart transité par le compte de la BGFI à la Banque centrale. Soit un total de plus de 77 millions de dollars de fonds suspects, dont, comme on le verra plus loin dans le texte, six millions ont bénéficié à Joseph Kabila et à son premier cercle.
► Congo Hold-up: BGFIBank, la banque des présidents

Jules Alingete a-t-il voulu couvrir les éminents kabilistes qui peuplent ce dossier ? Il le dément formellement. « Je n’ai aucun intérêt à couvrir Egal », répond le patron de l’IGF. Il ajoute que le président Tshisekedi a été le « seul » à lui demander de « rechercher la vérité » dans cette affaire, alors qu’il a « souffert » de « pressions » d’autres acteurs du dossier.
Le patron de l’IGF dit ne pas avoir eu d’autres choix que de blanchir Egal et la BCC parce que la BGFI ne lui a pas fourni les documents qu’il avait demandés, et a finalement endossé toute la responsabilité dans cette affaire. La banque a même accepté de rembourser les 43 millions à l’État, alors qu’elle n’en a pas été la bénéficiaire ![
Dans sa réponse au projet Congo Hold-up, Jules Alingete estime que la BGFI a « sans doute » voulu « empêcher le gouvernement congolais de saisir les avoirs » d’Egal. « Face à un groupe de mafieux qui s'organise, qu'est-ce que je peux faire ? Ils arrêtent des stratégies pour donner l'impression qu'ils sont opposés, mais la BGFI, Egal, Yuma, ce sont un même groupe de gens », a-t-il ajouté lors de notre entretien.
Contactés, la BGFI, la BCC, Albert Yuma et Deogratias Mutombo n’ont pas répondu. Dans ses réponses écrites signées par son gérant Franck Tshibangu, Egal dément formellement avoir « reçu de l’argent de la Banque centrale du Congo », rappelle avoir été « mise hors de cause » par l’IGF, et refuse de répondre à nos questions car l’enquête judiciaire en cours « revêt un caractère secret ».

Consigne #2 : Identifier les responsables

Les documents Congo Hold-up permettent de raconter pour la première fois l’histoire secrète de ce scandale d’État, avec en toile de fond un enjeu vital : l’approvisionnement alimentaire de ce pays d’environ 100 millions d’habitants parmi les plus pauvres du monde, où une personne sur trois souffre de malnutrition aigue, selon l'ONU.
Selon un mémo interne de la BGFI, la société Egal a été fondée en 2013 par des « patriotes congolais » désireux d’offrir à la population de la viande et du poisson moins chers et « de meilleure qualité ». Ces « patriotes » sont tous des intimes de Joseph Kabila, selon des documents obtenus par l’ONG The Sentry, partenaire du projet Congo Hold-up.
Les dirigeants d’Egal sont le belgo-congolais Alain Wan et le belge Marc Piedboeuf, un duo d’hommes d’affaires à la tête d’une galaxie de sociétés (mines, ports, transport maritime, travaux publics), qui sont soupçonnées d’agir pour le compte de celui qui est désormais ancien président. Messieurs Wan et Piedboeuf ont par exemple été les actionnaires majoritaires de la puissante société agricole Grands Élevages du Bas Congo (GEL), avant de la céder à Ferme Espoir, une société détenue par Joseph Kabila et gérée par Marc Piedboeuf.

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Logo du Parc de la vallée de la N'Sele de la Ferme Espoir.:copyright: Ferme espoir

L’un des actionnaires d’Egal est la société Aremad Ltd (20%), immatriculée aux îles Vierges britanniques, paradis fiscal parmi les plus opaques du monde, où il est très facile de dissimuler l’identité réelle des propriétaires. Sollicité, André Wan, le fils d’Alain, nous a fourni un document du registre du commerce indiquant que l'unique propriétaire est sa sœur, et précise qu’elle « représente nos intérêts uniquement ».
Le plus gros actionnaire d’Egal (41%), Norbert Nkulu, n’est autre que l’avocat personnel de Joseph Kabila. Me Nkulu est l’homme des situations délicates : il a assuré bien des négociations au nom de l’ancien président, face aux opposants les plus féroces comme à de simples citoyens opposés au chef de l’État dans des conflits fonciers et expropriés. C’est aussi lui que Joseph Kabila nomme à la Cour constitutionnelle en mai 2018 avec deux autres proches pour verrouiller les résultats des élections qui auront lieu sept mois plus tard.

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Albert Yuma, ancien patron de la Gécamines.:copyright: JACQUES DEMARTHON / AFP

Le président du conseil d’administration d’Egal, qui détient 29,5% du capital, est l’un des piliers du régime Kabila : Albert Yuma, patron des patrons congolais, président de la compagnie minière d’État Gécamines et à l’époque également président du comité d’audit et administrateur de la Banque centrale. Comme nous l’avons révélé grâce aux documents Congo Hold-up, la Gécamines d’Albert Yuma a versé 20 millions de dollars à Sud Oil, une société-écran contrôlée par Francis Selemani, frère adoptif du président et patron à l’époque de la BGFI RDC.
Albert Yuma fait aussi rentrer, à hauteur de 5%, l’un de ses protégés : l’homme d’affaires Éric Monga, qui est depuis 2013 le patron des patrons dans la riche province minière du Katanga. Après deux ans comme directeur général d’Egal, il a revendu ses parts en 2015.
Sollicités, Norbert Nkulu, Albert Yuma et Éric Monga n’ont pas donné suite. Marc Piedboeuf et la famille Wan ont refusé de répondre à l’essentiel de nos questions, jugeant nos informations « pour la plupart mensongères » et notre démarche motivée par l’« intention manifeste de nuire ». Le 3 novembre, avant même la publication de cet article, ils ont déposé plainte à Kinshasa pour « dénonciation calomnieuse » contre nos partenaires Mediapart et De Standaard. Il y a quatre ansdans les colonnes du Journal Le Monde, Alain Wan et Marc Piedbœuf s’étaient défendus : « Nous étions présents avant M. Kabila et nous le serons après, l’existence de notre groupe et de nos sociétés n’est pas tributaire ni n’agit pour le compte de M. Kabila. »

Consigne #3 : Élucider l’origine des fonds

En cet été 2013, l’objectif de cette équipe de choc est de conquérir un gros morceau du marché des importations alimentaires, alors dominé par des entreprises étrangères, au premier rang desquelles Orgaman, un groupe familial belge présent en RDC depuis plus de soixante-dix ans.
En janvier 2014, Egal reçoit un appui déterminant de l’État congolais qui lui accorde une exonération totale de droits de douanes sur ses importations de poissons. Trois mois plus tard, Orgaman annonce brutalement l’arrêt de ses activités d’importations alimentaires, invoquant notamment une fiscalité trop élevée.
Monter une société comme Egal nécessite de gros moyens : il faut des bateaux, des camions, des entrepôts réfrigérés. Les promoteurs d’Egal ne peuvent, ou ne veulent, pas financer l’aventure. Ils mettent sur pied une incroyable combine financière pour obtenir cet argent de l’État congolais.
Le 10 juin 2013, un courrier portant la signature du ministre des Finances de l’époque, Patrice Kitebi, annonce à MW Afritec, l’entreprise de travaux publics du duo Wan-Piedboeuf, que l’État lui doit 64 millions de dollars pour « divers travaux effectués », et va payer 43 millions tout de suite.

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Lettre signée Patrice kitebi.:copyright: PPLAAF

L’enquête de l’IGF a établi que cette créance, totalement « fictive », a été créée pour « servir d’alibi au détournement ». Face aux inspecteurs, Patrice Kitebi a nié avoir signé. Il a refusé de nous répondre.
MW Afritec a transféré cette créance bidon à Egal, en vertu de deux « conventions » signées en mai et en juillet 2013. Ces contrats prévoient que l’argent que l’État doit à Afritec servira de garantie à un prêt de 40 millions accordé par la BGFI à la société d’importation de denrées alimentaires.
L’État tarde à payer. Qu’à cela ne tienne : la BGFI accorde dès la fin août 2013 un énorme « crédit » à Egal (27 puis 40 millions d’euros), sans examen du dossier et sans signer de convention de prêt, en violation des procédures internes. Un mois plus tard, Egal a déjà dépensé 19 millions de dollars !
Ce prêt ne sera régularisé qu’en janvier 2014. Des emails issus de Congo Hold-up et l’analyse informatique de leurs pièces-jointes montrent que la BGFI RDC a fabriqué des documents antidatés afin de faire croire à sa maison mère, basée au Gabon, que le crédit de 40 millions était régulier dès le départ.
De son côté, la Banque centrale du Congo (BCC) ouvre un compte à la BGFI et y transfère, essentiellement depuis son compte à la Rawbank, 43 millions de dollars. Puis le 29 novembre 2013, deux directeurs de la BCC ordonnent à la BGFI de virer, en plusieurs fois, les fonds à Egal, afin de régler la créance fictive. Comme le montre ses états financiers, la Banque centrale n’hésitera pas à falsifier son bilan comptable officiel, pour faire croire que ce paiement n’a jamais eu lieu.

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Ordres de virements de la BCC à Egal.:copyright: PPLAAF

L’argent atterrit sur un compte à la BGFI intitulé « Egal Séquestre », ce qui suggère que l’argent y est gelé par la banque en garantie du prêt. Nos documents montrent qu’il s’agit en réalité d’un compte courant, contrôlé par Egal.
Un an plus tard, un virement de trois millions de dollars est effectué depuis ce même compte « séquestre » d’Egal à Sud Oil, une société écran contrôlée par Francis Selemani, frère adoptif de Joseph Kabila et directeur général de la BGFI RDC, comme nous l’avons révélé vendredi dans notre première enquête Congo Hold-up. Voilà pourquoi on peut parler de six millions de dollars reçus par Joseph Kabila et son premier cercle.
► Congo Hold-up: Sud Oil, la siphonneuse du premier cercle de Joseph Kabila
Suite à la parution de cet article, Egal a démenti auprès de RFI, affirmant que la société « ne détient aucun compte dans aucune banque qui aurait opéré le virement évoqué en faveur de Sud Oil ».
Nous avons pourtant les preuves que ce paiement a bien eu lieu. Le 3 octobre 2014, le compte « Egal sequestre » a transféré 2 999 999,5 dollars à un compte technique de la BGFI baptisé « Virement en instance III », lequel a viré les fonds le même jour à Sud Oil.

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Virement du 3 octobre 2014 vers compte séquestre d'Egal.:copyright: PPLAAF

Egal disposait en parallèle à la BGFI, en plus du compte « séquestre », d’un autre compte destiné uniquement à payer les « investissements ». Lequel encaissait les prêts de la BGFI, garantis par les fonds fournis par la Banque centrale. Le montage semble avoir été conçu pour que le compte « séquestre », alimenté par les fonds publics détournés, ne règle pas directement les dépenses d’Egal.
L’opération a vite tourné au cauchemar pour la banque. Egal a connu une croissance stratosphérique, avec un chiffre d’affaires de 70 millions de dollars en 2015, deux ans et demi après son lancement. Mais l’entreprise dépense tellement d’argent sur son compte « investissements » qu’elle est incapable de rembourser les prêts.
Vu l’ampleur des impayés, il a fallu restructurer les emprunts plusieurs fois. En juin 2014, Egal obtient un nouveau crédit de quatre millions de dollars, garanti par une somme du même montant que l’entreprise a reçu son sur compte « séquestre ». L’argent vient d’un compte non spécifié à la Rawbank. S’agissait-il du compte de la Banque centrale à la Rawbank, qui avait déjà fourni la majorité des 43 millions un an plus tôt ? La BCC n’a pas répondu.

En mai 2016, la situation est catastrophique. Malgré 57 millions de dollars empruntés à la BGFI, le compte « investissements » est à découvert de 10 millions ! La banque bloque alors ce compte et prélève un total de cinq millions sur le compte « séquestre » pour régler les « impayés ».
Le 15 août 2016, le directeur général adjoint d’Egal, Marc Piedboeuf, supplie par email le frère du président Kabila et patron de la BGFI RDC, Francis Selemani, de « surseoir à ce blocage ». Il reconnait qu’Egal est « incapable » de rembourser les prêts, mais « souhaite vivement que cela puisse être discuté au plus tôt par TOUTES les parties concernées »« Je ne maîtrise pas tout, loin de là », insiste-t-il, comme pour rappeler qu’Egal est contrôlée par des très proches du président Kabila.
Un mois plus tard, Egal est sauvée par une arrivée de fonds providentielle. Le 29 septembre 2016, 30 millions de dollars sont virés sur son compte « séquestre », avec pour seul libellé « nivellement », en provenance du compte de la BGFI à la Banque centrale. Interrogés sur l’origine des fonds, Egal, la BGFI et la BCC n’ont pas répondu. Cette manne permet à Egal de rembourser une partie des prêts pour un montant de 28 millions de prêts et de débloquer son compte « investissements ».
Le compte séquestre est, lui, vidé deux ans plus tard. Au lendemain d’une réunion au sommet entre Francis Selemani et le nouveau patron d’Egal, le 9 mars 2018, ce dernier, Franck Tshibangu indique vouloir rembourser tous les prêts de la société « afin de redémarrer sainement son exploitation ».
Le 23 mars 2018, Tshibangu ordonne même à la BGFI de virer l’intégralité des 30 millions de dollars encore logés dans le compte « séquestre » : 26,2 millions pour rembourser les prêts, et le solde, soit 3,7 millions, à destination du compte de MW Afritec. C’est le seul virement que reçoit cette société à titre de remboursement : c’est pourtant elle qui avait amené cet argent à Egal (via la créance de 43 millions de l’État), argent qu’Egal s’était engagé à lui rembourser en intégralité.
Le 29 juin 2018, le compte « séquestre » est vide. Il ne fait aucun doute qu’Egal a intégralement dépensé les 77 millions de fonds suspects, dont les 43 millions détournés de la Banque centrale.

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La galaxie Egal.:copyright: RFI

Consigne #5 : Repérer les bénéficiaires

Qu’a fait l’entreprise d’importation de produits surgelés de tout cet argent ? Une partie a servi à financer ses pertes et les investissements. Mais nous avons aussi relevé plusieurs dizaines de millions de dollars d’opérations plus troubles.
Egal a par exemple viré dix millions de dollars renseignés comme des achats d’équipements (camions, grues, chambres froides). Sauf que l’argent n’a pas été versé directement aux fournisseurs, mais à ATMD, une société boîte aux lettres immatriculée à Hong Kong et contrôlée, comme le montrent ses statuts, par le duo Wan-Piedboeuf. Cette coquille offshore a aussi touché deux millions pour des « achats de poissons » et 550 000 dollars pour des travaux d’« études et conception ».
Egal a aussi versé la somme colossale de 37,5 millions de dollars à la société Samaki Fishing, basée en Namibie, le principal pays où Egal se fournit en poisson. Au conseil d’administration de Samaki, on retrouve l’un trois piliers d’Egal (Albert Yuma, Eric Monga et Marc Piedboeuf), ainsi que Haddis et Martha Tilahun, un couple très proche du parti au pouvoir à Windhoek, qui contrôle le puissant conglomérat namibien United Africa Group (UAG). Il arrive à Haddis de jouer les intermédiaires avec des groupes étrangers, ce qui lui a valu d’apparaître dans le dossier judiciaire de l’affaire Uramin.
Créée par un cabinet de domiciliation, Samaki est une société boîte aux lettres, inconnue dans le milieu de la pêche, qui ne possède ni quotas de pêche ni navires ni usines. Elle est immatriculée au siège d’UAG alors qu’elle n'apparaît pas dans l’organigramme public du groupe.

En août 2013, Egal vire 11,5 millions de dollars à Samaki pour « achat de poissons congelés », puis 1,25 million pour le même motif moins d’un an plus tard. À en croire les registres de douanes, il y a bien eu des livraisons en 2014, mais difficile de connaître leur volume. Albert Yuma lui-même avait reconnu auprès de l’ONG journalistique OCCRP que Samaki avait servi d’« intermédiaire ».
Samaki était-elle une société boîte aux lettres ? Elle est immatriculée au siège d’UAG alors qu’elle n'apparaît pas dans l’organigramme public du groupe. Le business plan confidentiel de Samaki indique que l’entreprise voulait initialement obtenir des permis de pêche pour 60 000 tonnes de maquereaux par an. La présentation précise qu’Egal s’est associée au couple Tilahun pour « acquérir ces droits à un prix compétitif » et « sécuriser » son accès au poisson namibien.
En l’espace d’un an, entre août 2014 et août 2015, Egal vire 19,5 millions supplémentaires à Samaki avec pour justification « paiement des charges d’exploitation ».
Aucun des protagonistes n’a accepté de nous répondre au sujet de la destination finale des fonds. Contactée, Martha Tihalun nie avoir jamais entendu parler de la société, alors que les documents officiels montrent qu’elle est administratrice depuis 2013.
Egal a enfin versé 14 millions de dollars à All Ocean Logistics (AOL), une société immatriculée aux îles Feroe, un archipel situé entre la Grande Bretagne et l’Islande, véritable paradis fiscal pour armateurs. AOL possède au moins un bateau de la flotte d’Egal : le navire frigorifique El Nino. C’est aussi par cette coquille que transite une partie des fonds destinés à financer ces opérations maritimes.
Egal et ses gestionnaires ont ainsi exécuté une lubie du président Kabila : la création d’un parc d’animaux sauvages dans son domaine de Nsele, au sud de Kinshasa, qui appartient à sa société agricole personnelle Ferme Espoir.

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Des lions au Parc de la vallée de la N'Sele.:copyright: RFI/Sonia Rolley

Comme l’ont révélé Le Monde et l’OCCRP en 2017, Egal a importé de Namibie vers la RDC, à bord du cargo El Nino, des centaines de bêtes sauvages. Des girafes, des zèbres, des buffles, des gazelles et des gnous bleus ont ainsi été acheminés dans le domaine présidentiel.
Notre enquête Congo Hold-up montre que les livraisons se sont poursuivies après cette date. Dans un rapport daté de juillet 2019, une fondation internationale pour la conservation des girafes, Giraffe Conservation Foundation, atteste que douze sur seize girafes sont mortes pendant le transport et suite à des problèmes d’acclimatation en RDC. En mai 2019, le cargo El Nino a transporté quatre éléphanteaux et leurs parents jusqu’à la Ferme Espoir.
Nous avons retrouvé dans les documents Congo Hold-up un paiement de 100 000 dollars à la société namibienne qui s’occupait de l’ exportation des animaux par une autre société de la galaxie Wan-Piedboeuf, Carrières du Congo.

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Document sur le transport de Girafes.:copyright: Wildlife Vets NamibiaConsigne #6 :  Transmettre le dossier à la justice[/size]

Le scandale Egal éclate le 29 octobre 2016, lorsque le quotidien belge Le Soir révèle, grâce à de premiers documents fournis par le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba, le paiement de 43 millions de dollars de la Banque centrale à Egal. Comme on l’a vu plus haut, il s’agit de la créance fictive que l’État congolais a « remboursée » en juin 2013 à MW Afritec, puis que MW Afritec a transférée à Egal.
► RDC: des révélations gênantes pour la famille Kabila à la Une d'un journal belge

À l’époque, tous les protagonistes protestent. Ils démentent formellement que ce paiement ait eu lieu. Un tel financement par la BCC d’une entreprise privée serait illégal, « comme n’importe où ailleurs dans le monde », déclare même Albert Yuma, actionnaire d’Egal et président du comité d’audit de la BCC. Aucune poursuite n’est engagée.
Deux ans plus tard, en 2018, les scandales se multiplient et des enquêtes internes sont lancées à la BGFIBank. Le directeur de l’audit, Yvon Douhoure, se charge personnellement du dossier Egal. Francis Selemani n’est plus directeur général de la BGFI RDC, il est officiellement nommé au Gabon.
Le 22 juin 2018, Yvon Douhoure envoie ses conclusions, documents à l’appui, à la directrice adjointe du groupe BGFI au Gabon, Huguette Oyini. Et confirme que l’argent a bien été fourni par la BCC à Egal. Il ajoute que le directeur des opérations de la BGFI RDC a menti sur ce point aux avocats de la banque : « [Il leur] avait dit que le cash collatéral [NDLR : montant versé sur le compte séquestre] avait été constitué en 2013 par des dépôts progressifs d’Egal. Nous notons donc que cela n'est pas vrai. »Le même mensonge dénoncé par Yvon Douhoure sera pourtant servi trois ans plus tard à l’Inspection générale des finances (IGF), lorsqu’elle ouvre enfin une enquête officielle en janvier 2021.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7
L'affaire Egal en quelques dates.:copyright: RFI

Le 5 février 2021, le patron de l’IGF, Jules Alingete, écrit un courrier très dur à Egal, accusant la société de « détournement des deniers publics ». Le directeur d’Egal, Franck Tshibangu se défend : il répond que le compte « séquestre » sur lequel Egal a reçu les 43 millions et été ouvert et géré par la BGFI, « à l’insu » de la société. Des documents Congo Hold-up démontrent le contraire.
D’ailleurs, la BGFI conteste ces accusations. La tension entre la BFGI et Egal aurait encore monté alors d’un cran. En mars 2021, lors d’une réunion de travail à l’IGF, en présence de représentants de la présidence de la République et du ministère des finances, les représentants d’Egal et la directrice générale de BGFI RDC, Marlène Ngoyi, « en sont venus aux mains », assure Jules Alingete.
Selon lui, « quelques jours plus tard », la BGFI « a reconnu sa responsabilité ». Jules Alingete indique que c’est à cause de cela qu’il a envoyé, le 16 mars, un courrier à Egal indiquant que « la société […] a été mise hors de cause ».
La BGFI a-t-elle effectivement reconnu ses torts ? Ces déclarations du patron de l’IGF paraissent surprenantes car le 13 avril, le directeur général adjoint de la banque écrit à l’IGF qu’Egal a été « le bénéficiaire exclusif » des 43 millions et avait le contrôle du compte. Il fournit une preuve : l’ordre de virement d’Egal ordonnant en 2018 de vider le compte.
Egal réplique que cet ordre n’a jamais été effectué. Les documents Congo Hold-up montrent une fois de plus que c’est faux.
Pourtant, le patron de l’IGF insiste : la BGFI aurait craqué à nouveau, admis sa responsabilité, définitivement cette fois et accepté de rembourser. Alors qu’elle disposait de documents montrant qu’elle était seulement complice du détournement. « On a demandé à la BGFI de nous donner tous les documents. Elle ne nous les a jamais donnés, indique Jules Alingete. J’ai atteint mon objectif, qui est de récupérer l’argent de l’Etat. »

La BGFI aurait même accepté de rembourser. Pour preuve, Jules Alingete fournit un courrier daté du 25 octobre 2021 dans lequel l’avocat de la BGFI écrit à la BCC pour réclamer un échelonnement des paiements, avec un premier versement prévu en novembre.
Pourquoi la BGFI a-t-elle accepté de porter le chapeau ? Interrogée, la BGFI RDC et sa patronne de l’époque Marlène Ngoyi n’ont pas donné suite.
Du côté de la Banque centrale, après l’envoi du rapport à la présidence, Deogratias Mutombo, gouverneur de la BCC, et Albert Yuma, par ailleurs actionnaire d’Egal, ont tous deux démissionné du conseil d’administration de la Banque des banques. Pour M. Yuma, sa démission était une exigence officieuse du Fonds monétaire internationale (FMI) depuis trois ans, au vu du conflit d’intérêt évident (NDLR : il était le patron de la Gécamines). Ces démissions ont ouvert la voie à la signature d’un programme de trois ans avec l’institution financière internationale et d’un prêt d’un milliard et demi de dollars.
Interrogée sur sa gestion de l’affaire Egal, la Présidence de Félix Tshisekedi qui a participé aux réunions clefs assure n’avoir fait « aucune pression » et rappelle que « ce n’est pas à la présidence d’engager des poursuites ». Pour toutes les questions sur le fond du dossier, elle renvoie aux « réponses apportées » par le patron de l’IGF, et confirme que son dossier a été transmis à la justice[/size]

Quant au déblocage des nominations à la Banque centrale, elles sont des « décisions personnelles du président de la république et de la nécessité de la mise en conformité de son conseil d’administration et la loi organique régissant son fonctionnement. »
« J’ai fait mon travail, qui est de récupérer l’argent de l’État. C’est à la justice de déterminer les responsabilités de chacun », insiste de son côté le patron de l’IGF. Le procureur général de Kinshasa en charge de l’enquête pénale a refusé de nous répondre, invoquant le secret de la procédure.
Depuis huit ans, Egal est en tout cas devenu un poids lourd de l’alimentaire, en particulier grâce à ses chinchards importés de Namibie. Eric Monga, ancien directeur général, a écrit à notre partenaire PPLAAF qu'il « est de notoriété publique qu'avec l'avènement d'Egal, les prix de chinchards et des vivres frais ont chuté ». Mais les choses ne sont pas si évidentes, à en croire les prix du marché de Kinshasa publiés en ligne par l'Institut national de la statistique du Congo, l'Agence congolaise de presse et la Radio Okapi des Nations unies.
Fin 2016, soit deux ans après le début de l'activité d'Egal, les prix du chinchard dépassent de 20% les prix qu'ils atteignaient à la mi-2013. Ils ont continué d'augmenter au cours des années suivantes, même si, en 2020, une fois convertis des francs congolais vers le dollar, les prix ont légèrement diminué, selon les calculs de PPLAAF. Peu d'éléments montrent que la mission « patriotique » d'Egal pour lutter contre la faim a été un succès.

= https://www.radiookapi.net/2021/11/20/actualite/societe/rdc-une-enquete-de-19-medias-et-ong-revele-un-presume-detournement-de
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20201013-rdc-igf-jules-alingete-nous-surveillons-d%C3%A9penses-publiques-jour-jour
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210108-rdc-la-soci%C3%A9t%C3%A9-egal-contre-attaque-apr%C3%A8s-des-accusations-de-jean-jacques-lumumba



"BgfiBank : Toute l’armée politique de Kabila contrattaque en ciblant Tshisekedi - 21.11.2021,
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96581_bgfibank_toute_l_armee_politique_de_kabila_contrattaque_en_ciblant_tshisekedi.html

"Congo Hold-up : « il y a dans le chef de cette union sacrée des médias et des ONG occidentaux, un appel à délation... - 21 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/21/congo-hold-up-il-y-a-dans-le-chef-de-cette-union-sacree-des-medias-et-des-ong-occidentaux-un-appel-a-delation-kikaya-bin-karubi.html/97934/

"Opinion: « Congo hold up »: fumée épaisse, flamme incertaine? - 22 novembre 2021
= https://afrique.lalibre.be/65765/opinion-congo-hold-up-fumee-epaisse-flamme-incertaine/

Le PPRD considère Congo Hold-up comme une attaque orchestrée contre Joseph Kabila et s’engage à réagir « avec énergie » - 22 novembre 2021"
= https://actualite.cd/2021/11/22/le-pprd-considere-congo-hold-comme-une-attaque-orchestree-contre-joseph-kabila-et

"Affaire BgfiBank/RDC : Du sensationnel réchauffé pour dénigrer Joseph Kabila - 20.11.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96557_affaire_bgfibank_rdc_du_sensationnel_rechauffe_pour_denigrer_joseph_kabila.html

"En tant que véritable allié, Martin Mayulu devait soutenir Joseph Kabila dans le dossier Congo Hold-up  - 22.11.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96614_en_tant_que_veritable_allie_martin_mayulu_devait_soutenir_joseph_kabila_dans_le_dossier_congo_hold_up.html



"CHRONIQUE DE MAMANE
Hold-up au Gondwana - 22/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-de-mamane/20211122-hold-up-au-gondwana
Au Gondwana il y a un nouveau type de hold-up bien particulier.
Audio 02:41
Podcast
= https://aod-rfi.akamaized.net/rfi/francais/audio/modules/actu/202111/CHR_MAMANE_22_11_Hold-up_au_Gondwana.mp3?dl=1



"LIBRE DEBAT DU 20 NOV 2021 | CONGO HOLD-UP : ENQUETE EFUNDI KABILA AYIBA PEUPLE"



"LIBRE DEBAT 22 NOV : FELIX TSHISEKEDI AKABI JOSEPH KABILA NA MABOKO YA BA PAYA?"



"CONGO HOLD-UP : RENE REVELE LE BUT DE CES REVELATIONS . KABILA EST UN DIABLE.BIENTOT AUX ARRETS"



"URGENT : HOLD_UP: LA RÉPONSE DE LA FAMILLE KABILA ? - 20 nov. 2021"




Compatriotiquement! 


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 24/11/2021, 2:51 am, édité 2 fois

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 24/11/2021, 12:58 am

CONGO HOLD-UP EN AVANT PASSIONNANT MAIS  DÉGOÛTANT ET MÊME CRIMINEL...
ET TOUJOURS AU CŒUR DU SCANDALE L'INCONTOURNABLE BGFI/RDC GÉNÉREUSEMENT ALIMENTÉE PAR LA BCC ET D'AUTRES INSTITUTIONS NATIONALES SOUS 'JK', SEULEMENT ET QU"EST-CE QUE L'ETAT CONGOLAIS EST CAPABLE DE FAIRE CONTRE AUJOURD''HUI ?'



"Congo Hold-up: la caisse noire de la Banque centrale du Congo
Les rouages d'un pillage d'état

= https://www.mediapart.fr/journal/international/221121/congo-hold-banque-centrale-de-la-rdc-les-rouages-d-un-pillage-d-etat
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211122-congo-hold-up-la-caisse-noire-de-la-banque-centrale-du-congo
La Banque centale de la République démocratique du Congo a ouvert à la BGFI Bank un compte qui a servi à verser 76 millions de dollars à la famille et aux associés de l’ancien président Joseph Kabila, puis a maquillé son bilan officiel pour masquer certains paiements. Une enquête de Médiapart avec le consortium EIC, RFI et ses partenaires.

En République démocratique du Congo, comme ailleurs, la Banque centrale (BCC) est le gendarme du système bancaire. Son nom doit évoquer rigueur et sérieux. Avec son service d’audit, elle peut mettre au pas des banques commerciales comme la BGFIBank. Bref, c’est une institution-clef pour éviter les pillages des ressources de l’État et s’assurer du respect par les autres institutions financières des règles et lois en vigueur dans le pays.
Sous la direction du gouverneur Deogratias Mutombo, l’institution a été dévoyée, et transformée en une source de financements au bénéfice de la famille et des proches de l’ancien président Joseph Kabila (2001-2019). C’est ce que démontre notre enquête Congo Hold-up, basée sur plus de 3,5 millions de documents confidentiels issus de la banque BGFI, obtenus par Mediapart et l’ONG PPLAAF, et analysée par 19 médias dont Radio France internationale (RFI) et cinq ONG internationales, coordonnés par le réseau européen EIC.

Ces documents montrent que la Banque centrale du Congo (BCC) a ouvert à la BGFI RDC un compte bancaire qui a fait office de caisse noire pour le premier cercle de Joseph Kabila. Ce compte a servi à détourner la bagatelle de 76 millions de dollars de fonds publics.

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Siège de la BGFIBank à Kinshasa. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Tout a commencé en avril 2013, lorsque celui qui est encore chef de l’État, Joseph Kabila installe comme gouverneur de la BCC un homme à sa main, l’économiste Deogratias Mutombo qui a finalement démissionné sans raison avancée en juillet 2021, avant la fin de son mandat.

Fait #1 : Des états financiers maquillés

En juillet 2013, quatre mois à peine après la nomination de Mutombo, la BCC ouvre un compte à la banque commerciale BGFIBank RDC, dirigée à l’époque par Francis Selemani Mtwale, frère adoptif du président Kabila, qui a profité de cette position pour aider sa famille et certains proches à détourner 138 millions de dollars dans les caisses de l’État.
Le nom du compte, « BCC Equipements », suggère que la Banque centrale comptait s’en servir pour acheter du matériel pour le compte de l’État. Impossible de connaître l’intention réelle ou supposée de ces auteurs. Ni M. Mutombo ni l’actuelle Banque centrale du Congo n’ont accepté de répondre à nos questions.
En réalité, il sert pour détourner 43 millions de dollars de la Banque centrale au profit de l’Entreprise générale d’alimentation (Egal), une entreprise d’importation de poisson et de viande fondées par de très proches du président Kabila. L’un des actionnaires Egal n’est autre que le puissant homme d’affaires Albert Yuma, à l’époque membre du conseil d’administration de la Banque centrale et président de son comité d’audit. C’est lui, le garant de l’intégrité de l’institution.
Ce paiement de 43 millions de dollars de la Banque centrale à Egal via la BGFI est aujourd’hui qualifié de « détournement de fonds publics » par un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF). À l’époque, pour masquer ce paiement, la BCC n’a pas hésité à maquiller son bilan comptable officiel, audité par le cabinet PriceWaterhouseCoopers (PWC) et publié sur son site.
Les états financiers 2013, publiés l’année suivante, ne font pas mention de ces mouvements. La BCC disposait au 31 décembre, sur son compte à la BGFI, de 43 119 041 dollars, présentés comme des « disponibilités à vue en monnaie étrangère », c’est-à-dire de l’argent qui lui appartient et qui peut être retiré à tout moment de ses comptes à la banque

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Etats financiers 2013. :copyright: PPLAAF/Mediapart

En réalité, le solde du compte « BCC Equipements » à la BGFI était seulement de 119 041 dollars. Car les 43 millions n’appartenaient plus à la Banque centrale : ils avaient bel et bien été virés à Egal, en cinq versements, comme le prouvent les ordres de virement adressés à la BGFI le 29 novembre 2013.
Un expert en comptabilité bancaire, interrogé par Mediapart et ses partenaires, a estimé que la présentation comptable de ces 43 millions était erronée.
C’est également la conclusion du rapport d’enquête sur l’affaire Egal bouclé en avril 2021 par l’Inspection générale des finances, un service qui dépend de la présidence de la République. Le rapport indique que la BCC a tenu une « fausse comptabilité » pour «couvrir le détournement » des fonds publics.
Interrogés sur ses accusations, la BCC et son gouverneur de l’époque, Deogratias Mutombo, n’ont pas répondu.

Fait #2 : Joseph Kabila comme bénéficiaire

Suite à l’opération Egal, le compte « BCC Equipements » a servi à effectuer plusieurs autres opérations troubles. Il a reçu au total 118 millions de dollars, fournis pour l’essentiel par la Banque centrale elle-même, mais aussi, à hauteur de 30 millions, par la Gécamines, l’entreprise minière d’État présidée par Albert Yuma qui cumule à l’époque beaucoup de fonctions. Ce dernier est toujours cité dans des transactions douteuses sur lesquelles l’enquête Congo Hold-up va au cours de ces prochains lever des voiles. Contactés, Albert Yuma et la Gécamines n’ont pas donné suite.
Le 22 janvier 2015, le compte a viré 800 000 dollars à Congo Motors, un concessionnaire automobile, ce qui correspond a priori à l’achat d’« équipements ». Mais Congo Motos a retiré l’intégralité de l’argent en liquide le jour même. Interrogée, la société n’a pas répondu.
En 2016, sur trois mois, le compte « BCC Equipements » a versé 32,1 millions de dollars à Sud Oil, une société boîte aux lettres contrôlée par Francis Selemani, frère du président Joseph Kabila, qui dirigeait à l’époque la BGFI RDC.
D’abord, le 5 juillet 2016, ce compte de la Banque centrale vire ainsi 32,43 millions de dollars à Sud Oil, avec pour seul libellé «<em> règlement </em>». Le même jour, la société renvoie 30,28 millions sur le compte « BCC Equipements », avec pour libellé « swap », le nom d’un produit financier dérivé. Profit pour Sud Oil : 2,14 millions de dollars.
Ensuite, le 29 septembre 2016, le même compte « BCC Equipements » a viré la bagatelle de 30 millions de dollars à Sud Oil.]

Un an plus tard, la Banque centrale ouvre un nouveau compte à la BGFI, baptisé « BCC Equipements cash collateral ». Ce nom suggère que le compte était destiné à stocker des liquidités en garantie d’un prêt. Mais la BCC n’a rien emprunté à la BGFI. Et le compte a été actif pendant seulement 20 jours, le temps de verser de l’argent au président Joseph Kabila.
Entre le 26 septembre et le 16 octobre 2017, ce compte reçoit trois milliards de francs congolais (1,9 millions de dollars), dont 2,65 milliards d’origine inconnue et 353 millions (225 000 dollars) fournis par l’Assemblée nationale. Le 16 octobre, la BCC vire l’essentiel de l’argent (l’équivalent de 1,75 millions de dollars) à Port de Fisher, une société majoritairement détenue par Joseph Kabila. Nous y reviendrons dans les tous prochains jours.

Fait #3 : les suspicions d’un cabinet d’audit

Ces détournements de fonds publics sont également fort embarrassants pour le grand cabinet d’audit international PriceWaterhouseCoopers (PWC), qui contrôlait à la fois les comptes de la Banque centrale et de la BGFI !
Dès novembre 2013, les auditeurs de PWC constatent que la BGFI n’a pas fourni le moindre document « justifiant » le solde du compte BCC Equipements. Ils n’obtiennent rien.
Le 14 juillet 2015, un cadre de la BGFI prévient son supérieur que « les auditeurs PWC désirent avoir des pièces probantes justifiant le solde » du compte BCC Equipements, par exemple « un extrait de compte, une copie swift, ou un contrat ». « Nous n’avons pas obtenu la documentation qui justifie la nature des transactions passées dans ce compte », déplore PWC dans son rapport envoyé huit jours plus tard à la banque.

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Document du cabinet PWC sur l'audit de la BCC. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Les auditeurs demanderont les même documents chaque année, jusqu’en 2017, toujours sans résultat. Malgré cette obstruction, ils se contentent de faire remarquer que le point reste « à suivre », apparemment sans émettre de réserves sur les comptes.
PWC s’est montré encore moins perspicace à la Banque centrale. Les auditeurs ont certifié les comptes sans réserve entre 2013 et 2015, alors même que la BCC prétendait avoir sur son compte à la BGFI les 43 millions de dollars versés à Egal.
Interrogé par Mediapart, RFI et leurs partenaires, PWC RDC n’a pas répondu.
En 2016, l’affaire Egal est dévoilée par le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba. Cette même année, pour la première fois, la BCC ne publie pas ses états financiers, on ignore pourquoi.
En 2018, Francis Selemani quitte, suite à plusieurs scandales, son poste de directeur général de la BGFI, tandis que son frère Joseph Kabila cède la présidence à Félix Tshisekedi en janvier 2019.
Dans la foulée, la Banque centrale publie à nouveau ses comptes, pour l’exercice 2018, dans lesquels elle corrige enfin la fausse écriture. Le solde de son compte à la BGFI est désormais exact, les 43 millions versés à Egal cinq ans plus tôt n’y figurent plus.

En juillet 2021, trois mois après le rapport accablant de l’Inspection générale des finances (IGF) sur l’affaire Egal, le gouverneur de la Banque centrale Deogratias Mutombo démissionne. Albert Yuma quitte son poste d’administrateur. Ce qui permet à Félix Tshisekedi de nommer une nouvelle équipe dirigeante conformément aux souhaits du Fonds monétaire internationale (FMI).
Il restait alors 33 millions de dollars sur le compte « BCC Equipements » à la BGFI.
Le patron de l’IGF, Jules Alingete se dit choqué des pratiques qu'il a constatées à la BGFI RDC : « Ils sont spécialistes du maquillage des comptes. Ils vous amènent des comptes qu'ils fabriquent. Quand vous allez dans le système informatique, ces comptes n'existent pas. »
Le 15 septembre dernier, il écrit à la nouvelle gouverneure de la BCC, Malangu Kabedi, pour lui conseiller, vu les « graves irrégularités » commises par la BGFI dans l’affaire Egal, de « tout mettre en œuvre pour clôturer » les comptes de la Banque centrale à la BGFI et de transférer l’argent « vers une autre banque commerciale ».
On ignore si le compte « BCC Equipements » a finalement été fermé. Interrogée, la BCC n’a répondu.



"Congo Hold-up: sur les traces de Port de Fisher, la mystérieuse société de Joseph Kabila
Le megayacht et la société fantôme de Joseph Kabila

= https://amp.rfi.fr/fr/afrique/20211123-congo-hold-up-sur-les-traces-de-port-de-fisher-la-myst%C3%A9rieuse-soci%C3%A9t%C3%A9-de-joseph-kabila
= https://www.mediapart.fr/journal/international/231121/congo-hold-le-megayacht-et-la-societe-fantome-de-joseph-kabila
La fuite de millions de documents et transactions bancaires à la BGFIBank révèle certaines des activités de l’ancien chef de l’État de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Dix-neuf médias et cinq ONG ont enquêté sur l’une de ses sociétés, Port de Fisher dont il devient actionnaire majoritaire en 2015. Port de Fisher était, en septembre 2018, le plus gros compte en volume de dépôts de la BGFI. Enquête réalisée avec Mediapart, De Standaard, KVF, NRC, PPLAAF et The Sentry.

« Port de Fisher ? Ça n’existe plus depuis la Première Guerre mondiale », explique Fabrice Mabiala, patron d’une auberge qui porte ce nom à Boma, en République démocratique du Congo (RDC), sur les rives du puissant fleuve Congo, à une centaine de kilomètres en amont de l’océan Atlantique. « C’était le port privé d’un colon et ça se trouvait là-bas », ajoute-t-il encore en désignant un point au loin. « Juste au-dessus, il y a sa maison et les carcasses de ses Mercedes. Il est le premier à avoir importé des voitures au Congo. »
L’histoire n’est sans doute pas exacte et la véritable orthographe du nom de ce deuxième classe belge, qui débarque vraisemblablement en 1890 sur les rives de Boma et qui y meurt quatre ansplus tard, est Fischer.
« Fisher », « Ficher », les habitants de cette ville commerçante l’écrivent de toutes les manières possibles, comme les banquiers de la BGFI. Sans savoir que le « Port de Fisher », qui n’existe plus depuis un siècle, est devenu le nom d’une société. Depuis novembre 2015, elle a un actionnaire majoritaire célèbre : l’ancien chef de l’État, Joseph Kabila.

L’enquête Congo Hold-up montre qu'à la suite de cette prise de contrôle, Port de Fisher a reçu 3,3 millions de dollars d’argent public supplémentaires, fournis par la Banque centrale, la Commission nationale électorale indépendante (Céni) et l’Assemblée nationale.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  IMG_3135-1  
L'auberge Fischer à Boma, en République démocratique du Congo. RFI/Sonia Rolley [/size

Notre enquête est basée sur plus de 3,5 millions de documents et des millions de transactions issus de la banque BGFIBank, obtenus par Mediapart et l’ONG Plateforme de protection des lanceurs d’alerte d’Afrique (PPLAAF), et analysés par 19 médias, dont Radio France internationale (RFI), coordonnés par le réseau européen EIC, et cinq ONG internationales (PPLAAF, The Sentry, GEC, Resource Matters, Public Eye).
En septembre 2018, Port de Fisher est devenue le premier déposant à la BGFIBank avec près de dix millions de dollars de dépôts, loin devant le ministère des Finances. Nous avons cherché à comprendre les activités réelles de cette mystérieuse société du désormais sénateur à vie Joseph Kabila.

Indice #1 : Financer la rénovation du yacht Enigma XK

C’est un succès fulgurant. Port de Fisher a vu le jour six années plus tôt, le 20 août 2012, à en croire le registre congolais des sociétés. Selon des statuts de cette société datés du 28 septembre 2013 et obtenus par notre partenaire, l’ONG The Sentry, ses activités ont des allures de fourre-tout : commerce général des produits agricoles, exploitation portuaire, prestations de services de toute nature, manutention, entreposage, transport fluvial, lacustre, maritime et terrestre.
Le nom de Joseph Kabila ne figure a priori pas parmi les actionnaires de départ. Ce sont deux sociétés d’un duo d’hommes d’affaires membres du premier cercle de l’ancien président, déjà au cœur de nos révélations Congo Hold-up : le Belgo-Congolais Alain Wan et le Belge Marc Piedboeuf.
La société African Research Maintenance and Development Limited (Aremad), une société gérée par la famille Wan, détient 65% des parts. Elle est basée aux îles Vierges britanniques, paradis fiscal parmi les plus opaques du monde.
Interrogé par notre partenaire PPLAAF sur les bénéficiaires effectifs de cette société, André Wan, le fils d’Alain et député provincial du Kongo Central, nous a transmis un document officiel des îles Vierges qui présente sa sœur comme l’actionnaire unique d’Aremad et assure qu’elle représente « uniquement » les intérêts de sa famille.

L’autre actionnaire de Port de Fisher, avec 35% des actions, est l’entreprise de BTP bien connue en RDC, MW Afritec, propriété, elle aussi, d’Alain Wan et de Marc Piedboeuf.
Port de Fisher est domicilié Route des poids lourds à Kinshasa, au siège de plusieurs de leurs sociétés dont MW Afritec et Carrières du Congo. La gérante de Port de Fisher, Cléopatre Fumu, femme de confiance du duo Wan-Piedboeuf, travaille pour les trois sociétés.
Dans le partenariat d’affaires entre l’ancien président Kabila et le duo belgo-congolais, on a parfois du mal à distinguer qui possède quoi. Wan et Piedboeuf ont, par exemple, été les actionnaires majoritaires de la puissante société agricole Grands Élevages du Bas-Congo (GEL), avant de la céder à Ferme Espoir, une société appartenant à l’ancien président Joseph Kabila. GEL reste aujourd’hui gérée par Marc Piedbœuf.
Et c’est aussi vrai pour le yacht Enigma XK qui, depuis une enquête de nos confrères du journal Le Monde en 2017, est attribué à Joseph Kabila. Son propriétaire est officiellement une société appelée MW Afritec SA comme l’entreprise de BTP congolaise, mais immatriculée aux îles Marshall, un paradis fiscal sorti de la liste noire de l’Union Européenne en 2019.
Ce somptueux yacht de 73 mètres a tout d’une folie princière. Véritable palace flottant, il est doté d’un salon à colonnades, d’un héliport, d’un sauna et d’un jacuzzi. Le pont est suffisamment grand pour y loger une Jeep et des jet-skis. C’est un ancien patrouilleur de la marine écossaise qui a été entièrement rénové pendant trois ans à La Rochelle par l’entreprise française Atlantic Refit Center. Montant des travaux, selon Le Monde : 25 millions d’euros. Ce chantier pharaonique est couronné en 2014 par le prix de la meilleure rénovation de yacht de l’année, décerné par le magazine Boat International.

Interrogés à l’époque sur le financement de ces travaux, Alain Wan et Marc Piedbœuf assurent, par courriel au journal Le Monde, que « les fonds de la réalisation du navire viennent de Mme Virginie Mambimbi [la mère d’Alain Wan], de Marc Piedbœuf et des dividendes d’Afritec pendant ses heures de gloire. »
Les documents Congo Hold-up révèlent, au moins en partie, la face cachée de cette opération. Pour la rénovation de l’Enigma, trois sociétés de la nébuleuse Wan-Piedboeuf ont viré depuis la BGFIBank, entre mai 2012 et mars 2014, pour un total de cinq millions d’euros au chantier naval français Atlantic Refit.
MW Afritec et Carrières du Congo ont payé 2,7 millions d’euros. Mais les 2,3 restants, soit 3,1 millions de dollars au taux de l’époque, viennent d’une société dont personne ne connaissait l’existence : Port de Fisher.
L’analyse des comptes de cette société révèle qu’au moment de ces virements, en 2013, Port de Fisher est au moins en partie alimentée par la société d’importation de viandes et de poissons Egal, appartenant à des personnalités du premier cercle de Joseph Kabila et dirigée par le duo Wan-Piedboeuf.
Le 29 juillet 2013, l’un des comptes d’Egal à la BGFIBank vire 1,5 million de dollars à Port de Fisher.
À cela pourrait s’ajouter un financement en liquide. Le 14 août, sur ce même compte d’Egal, un retrait d’un montant de 1,755 million de dollars est effectué. Un montant équivalent au centime près est versé en deux dépôts à partir du 29 août sur celui de Port de Fisher.
Le lendemain, le 30 août 2013, Port de Fisher ordonne son premier virement vers Atlantic Refit Center qui s’occupe de la rénovation d’Enigma. Deux autres seront effectués dans les semaines qui suivent.

Ces révélations pourraient avoir un large écho en République démocratique du Congo, car Egal est aujourd’hui sous enquête pour avoir reçu durant cette période des montants colossaux de la part de la Banque centrale du Congo (BCC).
Notre enquête, basée sur les documents Congo Hold-up, montre que sur les 3,1 millions de dollars versés par Port de Fisher pour la réhabilitation du yacht, au moins 794 000 dollars pourraient provenir de ces fonds de la BCC.
Wan et Piedboeuf ne dépensent pas l’argent sans compter. Ils supervisent de près les travaux d’Enigma, via MW Afritec. Un des sous-traitants français porte plainte en justice contre la société du duo pour obtenir le paiement de factures d’un montant total de 390 429 € que le duo conteste. Le sous-traitant obtient même la saisie conservatoire du bateau par une ordonnance datée du 31 octobre 2014. Elle sera confirmée par deux décisions de justice jusqu’à la chambre commerciale de la cour de cassation en 2017.
À noter que juste avant la première décision, Alain Wan et Marc Piedboeuf prennent soin de changer Enigma XK de pavillon. Jusqu’au 10 octobre 2014, ce navire est immatriculé à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, pays ayant ratifié la convention de Bruxelles (de même que la France) qui autorise ce type de saisie. Il va passer sous pavillon des Îles Marshall, pays non signataire.
La créance a-t-elle été finalement payée ? En tout cas, le yacht a été vu pour la dernière fois au large du Cap, en Afrique du Sud. Selon son manager, Per Brag, de l’entreprise Shipping FO, il serait à l’heure actuelle « en réparation » dans ce port.
Interrogé par notre partenaire PPLAAF, Per Brag assure que « le propriétaire ultime du yacht est M. André Wan, c'est la personne avec laquelle nous avons fait toutes les affaires » et que ses employés « ont passé un certain temps à bord et n'ont appris l'existence de personne d'autre, pas plus que l'équipage à bord ».

Indice #2 : capter des fonds publics

Le 10 novembre 2015, au cours d’une assemblée générale extraordinaire de la société, l’actionnariat de Port de Fisher change complètement.
Aremad cède 55% du capital à la Société Les Grands Élevages du Bas-Congo (GEL), détenue à 100% par Ferme Espoir qui appartient elle-même à Joseph Kabila (80%) et à deux de ses enfants, Joséphine Sifa Kabange (10%) et Laurent-Désiré Kabila (10%), un enfant qui porte donc les mêmes prénoms et nom que son célèbre grand-père.
Une société inconnue, Allamanda Trading Limited, devient son associé à raison de 35% du capital social. Une source du premier cercle de Joseph Kabila assure à notre partenaire The Sentry qu’elle lui appartient aussi. Contacté, Joseph Kabila n’a pas donné suite.
L’ancien président est donc l’actionnaire majoritaire de Port de Fisher et bénéficiaire principal de ses comptes à la BGFIBank.
Cette société sous le contrôle de Joseph Kabila a reçu des fonds publics. Port de Fisher reçoit indirectement plusieurs virements d’un montant total de plus de 1,5 million de la Commission électorale de la RDC (Céni). Entre décembre 2016 et juin 2017, ces fonds transitent par un compte interne à la BGFI appelé « OAR Change ».
Pour la centrale électorale congolaise, ces opérations apparaissent comme des opérations de change.
En décembre 2016, 953 000 dollars sont ainsi prélevés.
Entre mars et juin 2017, la Céni a changé, à huit reprises, des francs congolais (CDF) contre des dollars. Mais à chaque fois, la BGFI, sous le contrôle de Francis Selemani Mtwale, frère de Joseph Kabila, en a prélevé une partie au passage pour les virer à Port de Fisher, pour un total de 593 000 dollars.
Port de Fisher a également reçu des fonds de la Banque centrale du Congo depuis son compte à la BGFI. En octobre 2017, ce compte a viré à Port de Fisher l’équivalent de 1,75 million de dollars, dont 225 000 fournis quelques jours plus tôt par l’Assemblée nationale.

Parmi les autres contributeurs de Port de Fisher, on découvre en février 2017 les Établissements Sinaco, un importateur de ciment chinois qui vire 1,1 million de dollars du compte Sinaco à la BGFI. Son gérant, Tony Kapalata, assure n’avoir « aucune relation » avec la société de Joseph Kabila. « S'il s'avère que ce que vous me dites est vrai, je serai le premier à porter plainte contre la banque », ajoute-t-il.

Indice #3 : Payer une société sans adresse

Dans les dépenses de Port de Fisher, certaines interpellent.
Le 5 février 2016, 500 000 dollars en liquide sont déposés sur le compte de la société. Quatre jours plus tard, Port de Fisher vire l’argent sur un compte à la banque ING de Bruxelles d’une société nommée « Mambimbi Wan Afritec ». Le nom évoque MW Afritec, la société congolaise de travaux publics du duo Wan-Piedboeuf ou encore MW Afritec SA, propriétaire du yacht Enigma.
Sauf que la facture justifiant ce paiement a été émise par une autre société, « MW-Afritec Marine », basée au 14/10 rue Gatti de Gamond, dans un quartier résidentiel peuplé d’immeubles de la très chic commune bruxelloise d’Uccle. Officiellement, il s’agit du paiement, par Port de Fisher, des « frais de réparation, architecture et conception » du navire Casino II à La Rochelle, l’endroit même où le yacht Enigma a été rénové.
Nous n’avons pas trouvé trace d’un Casino II dans les bases de données publiques. Contacté, le chantier naval de La Rochelle Atlantic Refit Center n’a pas répondu.

Il y a encore plus embarrassant. De toute évidence, la société qui a reçu l’argent n’existe pas. Il n’y a aucune trace de sociétés dénommées Afritec, « Mambimbi Wan Afritec », « MW-Afritec Marine » au registre belge du commerce, ni en longeant les trottoirs de la rue Gatti de Gamond à Uccle.
Au numéro 14, il n'y a qu'une maison familiale. Au numéro 24/10, notre partenaire De Standaard a trouvé trois autres sociétés liées à la famille Wan, dans un immeuble banal avec vue arrière sur une académie de jeunes footballeurs. Le nom sur la sonnette est « Wan/Egal EU SRL ». Dans une autre facture, la société fantôme « Mambimbi Wan Afritec » est déclarée domiciliée au 1416 de la même rue. Ce numéro n’existe pas.
Cette société sans domicile connu, « Mambimbi Wan Afritec », a perçu au total 7,1 millions de dollars sur son compte à la BGFI : 6,6 millions d’Afritec et d’une autre société de Wan et Piedboeuf, 500 000 dollars de Port de Fisher, et deux millions de Sud Oil, la société écran au cœur des révélations Congo Hold-up, qui a détourné 92 millions de dollars des caisses de l’État.
Nous avons aussi identifié un virement de 2 millions de dollars à « Mambimbi Wan Afritec », effectué par Sud Oil à la société-écran au cœur des révélations « Congo hold-up », qui a détournée à elle seule 92 millions de dollars des caisses de l’État au profit de la famille et du premier cercle de Joseph Kabila. Nous n’avons pas pu établir avec certitude si l’argent a atterri en Belgique.*

Qui était le titulaire du compte bancaire à l’ING de Bruxelles ? Qu’est devenu cet argent ? La Banque ING a refusé de répondre, ainsi que les familles Wan et Piedboeuf, considérant que nos informations sont « pour la plupart mensongères » et notre démarche motivée par l’« intention manifeste de nuire ». Le 3 novembre, avant même la publication de cet article, leur avocat a déposé plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre nos partenaires Mediapart, De Standaard et PPLAAF, auprès d’un procureur général de Kinshasa.
Deux ans plus tard, en juin 2018, Port de Fisher vire cette fois 940 692 dollars à la société Congo Premier. Elle appartient à Victor Kasongo Shomary, à l’époque administrateur de la BGFI et ancien membre du conseil d’administration de Kwanza Capital, l’une des sociétés de la galaxie Sud Oil. Ce virement permet à Victor Kasongo de rembourser un prêt de plus de 900 000 dollars qu’il avait contracté auprès de cette banque.
Interrogé par l’enquête Congo Hold-up, ce dernier donne sa version : il possédait, à l’époque, une ferme et des terrains, qui jouxtaient l’immense domaine présidentiel de Kingakati. Propriété de Ferme Espoir, la société personnelle de Joseph Kabila, ce domaine abrite l’une de ses résidences privilégiées et son zoo personnel peuplé de centaines d’animaux sauvages.
Pour solder son prêt, Victor Kasongo indique avoir vendu son domaine à « la Ferme Espoir de la famille Kabila », et pas du tout à Port de Fisher. « Je ne connais pas la société mentionnée et je n’ai rien signé avec eux », a-t-il insisté. C’est pourtant bien Port de Fisher qui a payé.
Indice #4 : Construire un port ?
Port de Fisher devient le plus gros déposant de la BGFIBank et toutes ces opérations ont lieu alors que la banque n’avait « aucune information sur les actionnaires et dirigeants de la société ». C’est ce qu’on apprend dans un tableau Excel intitulé « Suivi des activités » diffusé en interne le 24 juillet 2017 par le service de conformité de la banque.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  PORTFISHEREXEL  
Tableau Excel intitulé «Suivi des activités», diffusé en interne le 24 juillet 2017 par le service de conformité de la BGFI. PPLAAF/Mediapart

Les documents Congo Hold-up montrent même que les comptes de Port de Fischer sont bloqués en 2018 et que toutes les opérations sont « forcées » à chaque virement, chèque ou retrait liquide demandé par le « client ».
Par exemple, le 11 mai 2018, un employé demande à Moreau Kaghoma, directeur des opérations de la BGFIBank : « Pouvez-vous forcer opération de retrait. Motif: Blocage Débit. Montant : 799 300 $. Client : SPRL PORT DE FICHER ». Il ne faut pas s’attendre à plus d’explications, même en interne. Les messages sont économes en mots. Contacté, Moreau Kaghoma a renvoyé pour toute question à la BGFI qui, elle, n’a pas donné suite à nos questions.
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Mail d'un employé à Moreau Kaghoma, directeur des opérations de la BGFIBank, le 11 mai 2018.PPLAAF/Mediapart

Mais que fait Port de Fisher ? Difficile de le comprendre, même avec 3,5 millions de documents bancaires et plus encore de transactions en notre possession.
Dans le procès-verbal de l’assemblée extraordinaire de Port de Fisher, daté de novembre 2015, qui officialise la participation de Joseph Kabila, une autre société fait son entrée au capital : la Société commerciale des transports et des ports (SCTP, ex-ONATRA), une entreprise publique moribonde qui gère notamment le port principal de Boma, avec 10% des parts.

Nous avons posé la question à la gérante de Port de Fisher. Cleopatre Fumu, gérante de la société et femme de confiance du duo Wan-Piedboeuf. Elle nous a répondu que Port de Fisher a tenté, à une date non précisée, de créer avec la SCTP un « port sec » destiné à désengorger le port principal de Boma, projet qui n’a « malheureusement […] pas retenu l’attention du ministère ». Joseph Kabila n’était pas, selon elle, actionnaire de Port de Fisher à l’époque. Nos documents montrent pourtant qu’il est entré au capital en même temps que la SCTP.
Mais une analyse d’une demande de financement de la société MW Afritec vient remettre en cause cette version. Dans un document adressé par e-mail le 30 janvier 2017 au directeur général de la BGFIBank RDC, Francis Selemani Mtwale, qui est aussi le frère de Joseph Kabila, on apprend que « dans le cadre de la réhabilitation du Parc à conteneurs de la SCTP à BOMA, la société MW AFRITEC a signé un contrat avec la SCTP d’une valeur d’USD 18.093.348,75 » et « étant donné les travaux à faire, les conteneurs existants doivent être déplacés vers le Port de Fisher ».
Selon ce document, ce contrat a été signé le 21 août 2015, moins de trois mois avant le changement d'actionnaire chez Port de Fisher.
Ces travaux de modernisation ont été officiellement lancés par le directeur général de la SCTP, en présence de responsables de MW Afritec, en août 2015.
En 2017, quand MW AFRITEC demande un financement à la BGFIBank, il annonce à la banque signer « un protocole d’accord avec la société EGAL pour le remboursement des travaux à hauteur de 70% de la valeur totale du projet soit USD 12.665.344,13 ». L’analyse de la demande de financement d’Afritec précise que « les différents paiements effectués par la société EGAL à la SCTP dans le cadre des frais générés par les envois (de conteneurs) serviront pour le paiement des travaux effectués par MW AFRITEC ».
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Ce déplacement de conteneurs vers le Port de Fisher annoncé à la BGFI intrigue car, officiellement, il n’existe pas de port de ce nom à Boma. Pour les habitants, Port de Fischer est le nom d’une auberge, d’une avenue, d’un marché, et ce nom vient du soldat belge arrivé à la fin du XIXe siècle. Sur internet, seule une occurrence pourrait correspondre à la mystérieuse société de Joseph Kabila. Dans une plaquette datée de 2019, [url=http://ggpi-construct.com/GGPI - Exemples de projets r%C3%A9alis%C3%A9s.pdf]Group Guang Ping International (GGPI)[/url] se vante d’avoir construit un « Port de Fisher à Boma ».
Or, dans cette ville du Kongo Central, il n’y a que deux ports : celui de l’État, géré par la SCTP, qui devait être rénové, et celui de Kuntuala Terminal, dont la construction a justement commencé en 2017. Nous nous sommes rendus sur place. Sur la colline qui surplombe ce port privé, est installée une « concession privée Kuntuala » et, sur les panneaux signalant l’entrée, figurent des affiches qui mentionnent Group Guang Ping International. Nous sommes bien dans le village où ont été installés ses employés qui ont construit le port de Kuntuala.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Kintuala%20terminal%20%C3%A0%20boma  Kuntuala Terminal à Boma, en République démocratique du Congo. RFI/Sonia Rolley
Kuntuala est-il le nouveau nom de Port de Fisher ? En tout cas, c’est le port du premier cercle de Joseph Kabila. Depuis ce terminal, on peut voir surgir, à travers ses grilles, des camions, tous appartenant à ce noyau d’hommes d’affaires dont les intérêts se confondent souvent avec ceux de l’ancien chef d’État. Il y a les camions de MW Afritec, la société de BTP du duo Wan-Piedboeuf, ceux d’Egal et de Coete Gaz, notamment liés à Albert Yuma, actuel patron de la Gécamines.
On trouve une station essence Kuntuala à Kinshasa, au 4 rue poids lourds, siège officiel de Port de Fisher et de plusieurs autres sociétés du duo Wan-Piedboeuf.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  IMG_1345 [size=11RFI/Sonia Rolley


Indice #5 : S’ouvrir vers l’international

Contacté, Kuntuala Terminal se défend par écrit de tout lien avec Port de Fisher et parle d’une « [i]confusion
 ». Bien que « Kuntuala Terminal » n’apparaisse pas sur le site du registre national des sociétés, il se présente comme une « entreprise » ayant « adhéré » à un « groupement d’intérêt économique » (GIE). « Les différentes parties prenantes et membres du GIE sont connus et identifiés sur notre site web », nous explique-t-on encore. Sur ce site, figurent les logos d’Egal et de plusieurs autres sociétés contrôlées par le premier cercle de Joseph Kabila et notamment par le duo Wan-Piedboeuf : Oritrans, Agence Maritime Kuntuala, African Shipping et Kuntuala Terminal.
Kuntuala Terminal a-t-il bénéficié d’un report de trafic de conteneurs du port public de Boma ou même d’argent qui était destiné à la rénovation de ce port ? Kuntuala dément et affirme que ces travaux ont été effectués « de manière progressive » et que ce port « n’a jamais été fermé ».
Tous les travaux prévus ont-ils été effectués ? Contactée, la SCTP n’a pas répondu à nos questions. En tout cas, le 15 mai 2021, lors de son discours d’investiture, le nouveau Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a, à nouveau, affiché parmi ses objectifs la réhabilitation et la modernisation du port public de Boma.
Kuntuala Terminal est en tout cas devenu aujourd’hui, pour la RDC, une fenêtre sur le monde. L’un des exemples les plus parlants, c’est African Shipping, membre du groupement d’intérêt économique derrière Kuntuala Terminal. Cette société a supprimé son site internet en 2019 pour une raison inconnue. Mais nous avons eu accès à une copie antérieure. African Shipping propose les services d’au moins cinq navires frigorifiques, El Nino, Kuntuala, Erini, Nova Caledonia, Kubilai Khan, immatriculés dans différents ports. Son principal partenaire est une société du groupe néerlandais Kloosterboer, Flushing Shipping Agencies (FSA) qui, à son tour, propose sur son site « l'expédition directe de conteneurs à Boma, en RDC, avec un délai de transfert de 16 jours » et l’expédition « de conteneurs en Inde et au Moyen-Orient ».
Nous avons cherché à comprendre les relations d’affaires entre African Shipping et cette société néerlandaise et leurs liens avec Kuntuala Terminal. Il se trouve que le groupe néerlandais Kloosterboer et FSA viennent d’être rachetés depuis juin 2021 par l’un des leaders mondiaux de l’importation de produits surgelés, l’américain Lineage Logistics. Interrogé, ce géant du secteur assure « tout ignorer » de possibles liens avec Joseph Kabila et son premier cercle. FSA « agit en tant qu'agent et courtier pour African Shipping dans le port néerlandais de Vlissingen ».
En République démocratique du Congo, personne ne semble connaître Port de Fisher, mais Kuntuala fait régulièrement la Une de l’actualité.
L’an dernier, en pleine crise entre Joseph Kabila et son successeur Félix Tshisekedi, selon l’agence congolaise de presse, Acacia Bandubola, à l’époque ministre de l’Économie, avait appelé Kuntuala Terminal à se conformer aux lois en vigueur en République démocratique du Congo.
Interrogé sur ces déclarations, Kuntuala Terminal assure être « une entreprise régulièrement constituée qui dispose de toutes les autorisations, agréments, homologations requises et délivrées par les institutions congolaises pour exercer son objet social. » Effectivement, en ce même mois de septembre 2020, il obtient coup sur coup deux agréments, comme port et comme affréteur de navires. L’enquête Congo Hold-up établit pourtant que ce port privé opérait déjà depuis plus d’un an.
"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Svg>"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  POrtdefisheragr%C3%A9ment PPLAAF/Mediapart

Ces accusations sur l’illégalité de Kuntuala Terminal persistent. Depuis octobre 2021, les agents de la SCTP ont lancé un mouvement de grève pour obtenir le paiement de plusieurs années d’arriérés de salaires et les investissements promis par l’État. Ils exigent aussi la fermeture de « ports privés illégaux » dont Kuntuala qu’ils accusent « d’asphyxier les ports d’État ». « Le président Tshisekedi nous avait promis en janvier de les fermer », lance un gréviste. « Mais jusqu’ici, rien ne se passe. Qui peut s’opposer à un ordre du chef de l’État ? » Interrogé sur les propriétaires réels de ces ports privés qui ont pullulé dans plusieurs villes de la RDC, l’agent de la SCTP sourit : « Vous savez très bien qui c’est ! Tout ça, c’est pour Kabila. »
*Correction le 24/11 à 12h54 : Nous avons mis à jour cet article au sujet du pays de destination du virement de 2 millions de dollars de Sud Oil à « Mambimbi Wan Afritec »


"Congo Hold-up : Patrick Muyaya  confirme la saisine de la Justice par le gouvernement à des fins d’enquêtes et de poursuites
=  https://www.google.com/search?q=UNECongo+Hold-up+%3A+Patrick+Muyaya++confirme+la+saisine+de+la+Justice+par+le+gouvernement+%C3%A0+des+fins+d%E2%80%99enqu%C3%AAtes+et+de+poursuites&client=ms-android-hmd-rvo3&sourceid=chrome-mobile&ie=UTF-8
En marge d’une conférence de presse organisée, ce lundi 22 novembre dans l’enceinte de la télévision nationale ( RTNC) sur la tenue prochaine à Kinshasa du DRC Africa business forum, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est revenu sur les récentes révélations de la presse internationale sur les détournements des deniers publics dénommée « Congo Hold-up ».

D’entre de jeu, le ministre de la communication et des médias estime que ces révélations ne sont pas surprenantes concernant la BGFi-Bank du fait qu’il y a, depuis le mois de mai dernier, un dossier judiciaire qui est ouvert.  » Des faits ont été reconnus par la banque précitée ; des discussions entre l’Inspection générale des Finances, la Banque centrale du Congo et la BGFI banque ont abouti à un accord dans lequel la banque d’origine gabonaise s’est engagée à rembourser une somme d’environ 43 millions de dollars sur des faits de malversations qui datent d’il y a plus de deux ans », a martelé le ministre.
Puis de poursuivre qu’il y a un autre volet de l’affaire concernant cette même banque qui est déjà au Parquet général à travers la saisine de la ministre de la Justice, le 20 novembre dernier pour l’ouverture d’une enquête à des fins de poursuite. Les personnes qui sont concernées seront invitées pour répondre de leurs actes.
Patrick Muyaya insiste sur le fait qu’il faut faire la différence entre une enquête journalistique et une enquête judiciaire. Le ministre conclut en disant que lutte contre la corruption est un pilier essentiel de son gouvernement qui promeut la bonne gouvernance à travers un dispositif de contrôle, notamment l’Inspection générale des Finances, l’agence nationale de lutte contre la corruption, etc.

Rappelons qu’avec plus de 3,5 millions de documents bancaires analysés pendant 9 mois par 5 ONG et 19 médias internationaux, Congo Hold-up est la plus importante fuite de données bancaires jamais réalisée en Afrique. Elle montre que, de 2013 à 2019, des sociétés appartenant à l’ancien président congolais Joseph Kabila et à son premier cercle, ont reçu au moins 138 millions de dollars d’argent public. Depuis vendredi 19 novembre 2021 et durant deux semaines, RFI vous dévoile tous les secrets de ces transferts douteux."


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Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 24/11/2021, 9:59 pm

Deux questions incidentielles néanmoins essentielles : pourquoi cette enquête et pourquoi maintenant ? On s'imagine que les enquêteurs ne sont pas que généreuxx soucieux de débarrasser le Congo de sa vermine, ils ont aussi été motivés par un objectif spécifique : appuyer Tshisekedi avec lequel les puissances occidentales semblent avoir tissé une relation de confiance et de soutien contre 'JK' qui a signé des contrats miniers avec la Chine adversaire politique et économique du camp occidental ou ont-ils un but ponctuel plus précis ? Les enquêtes ont débuté il y'a un an quel était leur mobile particulier à cette date même si l'on sait que ce genre de regard critique sur le monde politique et des affaires à travers la planète est devenu une préoccupation de journalistes investigateurs et des Ong des droits de l'Homme aujourd'hui, Panama, Paradise papers ; le Congo en est une cible particulière.

Je ne communie pas à un complotisme particulier comme certains s'y abandonnent volontiers mais les réponses à ces deux questions qui ne seront pas explicitement verbalisées par les auteurs, sont essentielles pour comprendre tout le contexte de Congo Hold-Up. Attendons les suites notamment celles réservées par l'Etat Congolais...
En attendant écoutez ci-dessous les réponses de Sonya Rolley de RFI et Yann Philippin participants à l'enquête qui disent notamment "pas d'agenda caché" d'autant qu'ils ont découvert toute la teneur et l'ampleur de la prédation progressivement au long de l'enquête même s'ils soupçonnaient à l'avance sa réalité. N'oubliez pas non plus de consulter sur le site de RFI les différents commentaires laissés par les auditeurs.



"Congo Hold-up: comment se servir dans le budget des élections? - 24/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211123-congo-hold-up-comment-se-servir-dans-le-budget-des-%C3%A9lections
République démocratique du Congo, les deux derniers cycles électoraux ont coûté chaque fois plus cher à l’État congolais, et leurs résultats chaque fois plus contestés. Ces hausses vertigineuses des dépenses ont été justifiées par l’urgence des mesures à prendre, après des préparatifs bloqués pendant des mois par des crises politiques, et par une amélioration technique du processus. Mais la fuite de millions de documents et transactions à la BGFIBank révèle qu’au moins 3,8 millions ont été versés sur les comptes de sociétés liées à l’ancien président Joseph Kabila. Enquête réalisée avec Médiapart, PPLAAF, Public Eye, the Sentry.

Le 21 février 2017, devant la presse à Kinshasa, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni) de la République démocratique Congo (RDC), est venu faire une mise au point : le coût des élections – qui devait se tenir depuis fin 2016 et marquer la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila au pouvoir depuis 2001 – est ramené de 1,8 milliard de dollars, à 1,3 milliard.

Corneille Nangaa, président du bureau sortant de la Céni, le 24 décembre 2018 à Kinshasa. AP - Jerome Delay

« C’est une question d’options et de choix de la classe politique », explique cet homme à la fois jovial et tranchant, patron d’une centrale électorale déjà décriée par l’opposition et la société civile tant pour sa gestion, que pour sa proximité avec le sortant Joseph Kabila. M. Nangaa présente l’information comme une bonne nouvelle et assure faire son maximum pour réduire encore ce montant colossal. Le fringant président de la Céni le répète à qui veut l’entendre : le défi est énorme, il faut organiser les élections en urgence, le pays est grand, il n’y a que peu d’infrastructures et l’enrôlement des électeurs aurait à lui seul déjà coûté près de 400 millions de dollars.
Réalisée par 19 médias dont Radio France internationale (RFI) et cinq ONG, l’enquête Congo Hold-Up révèle une tout autre histoire. Sur la base de l’analyse de plus de 3,5 millions de documents et des millions de transactions à la BGFIBank obtenus par le Plateforme de protection des lanceurs d’alerte d’Afrique (PPLAAF) et le site d’informations français Mediapart, elle pointe que 138 millions de dollars de fonds publics ont été détournés à travers cette banque par Joseph Kabila, sa famille et une poignée d’hommes d’affaires proches de ce cercle. Le budget de la Céni ne fait pas exception.
Au milieu de la gestion chaotique de ce cycle électoral et des erreurs involontaires ou orchestrées, 3,8 millions de dollars ont été directement versés depuis la BGFI sur les comptes de sociétés appartenant à l’ancien président Joseph Kabila et à son premier cercle. Mais la multiplication du recours à des sociétés sous-traitantes créées pour l’occasion, adeptes pour l’essentiel de retraits en liquide, a sans doute encore alourdi considérablement la facture.

Règle #1 : Avoir des complicités internes

Il y aurait plus d’une manière de raconter les multiples transferts douteux qu’a subis la centrale électorale de la RDC à la BGFIBank. Les comptes de la Céni à la BGFI ne sont ouverts que le 3 juin 2011, mais l’histoire commence six mois avant. Ce jour-là, le 20 janvier, malgré les protestations, le président Joseph Kabila, qui veut à tout prix faire un second mandat, promulgue une révision de la Constitution qui limite la présidentielle à un tour. Ce qui peut considérablement faciliter sa réélection. Ce scrutin, ainsi que les législatives nationales qui doivent avoir lieu d’ici la fin novembre, va l’opposer à son seul véritable rival, Étienne Tshisekedi, opposant historique et père de l’actuel chef de l’État.

Tshisekedi, face à la presse le 9 décembre 2011, près de Kinshasa, alors que des manifestations violentes ont éclaté dans la capitale après que Kabila eut été nommé vainqueur de l'élection. Junior D.Kannah / AFP

Même s’il ne le rendra public que quelques jours plus tard, M. Kabila a déjà choisi l’homme qui va gérer pour lui cette bataille à la tête de la Commission électorale : le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. Membre fondateur de son parti, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), il a fait campagne pour lui en 2006 et se vante dans des interviews d’aimer l’argent et le mode de vie qu’il offre. Le poste de président de la Céni « est de loin le poste le plus lucratif du bureau pour qui est intéressé », confie un ancien de ses membres à Radio France internationale (RFI). « Tout le monde veut vous acheter, les sociétés étrangères, les candidats, même la communauté internationale vous promet un pont d’or, si vous faites ce qu’elle vous demande », explique-t-il encore, mais il ajoute : « quel que soit le mode de désignation, un président de la Céni dans nos pays, c’est l’homme du président, car il faut voler pour lui les élections et que ça coûte de l’argent. »
Avant même de prendre la tête de l’institution, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda lui a déjà choisi une nouvelle banque, la BGFIBank dont l’actionnaire minoritaire (40%) n’est autre que Gloria Mteyu, la propre sœur du chef de l’État. Ce même 20 janvier 2011 où le président Kabila promulgue sa révision constitutionnelle, un banquier de la BGFIBank à Kinshasa est approché par l’un des proches collaborateurs du pasteur et un ministre du gouvernement provincial de Kinshasa. Au nom du futur président de la Commission électorale, ils réclament déjà un prêt de 250 000 dollars sur les comptes à ouvrir de l’institution. Le banquier fait rapport à sa hiérarchie, mais celle-ci reste encore frileuse : l’ordonnance présidentielle désignant le pasteur Ngoy Mulunda et ses acolytes du bureau n’a pas encore été signée. L’ordre est toutefois donné en interne de maintenir des contacts étroits : la banque ne perd pas de vue l’importance du client Céni, d’autant que le budget annoncé pour le cycle de 2011 s’élève déjà à 350 millions de dollars.

Il faut attendre la désignation de l’un des successeurs de Daniel Ngoy Mulunda, Corneille Nangaa au poste de président de la Céni en 2015, pour que la BGFI devienne l’une des principales banques de la Céni. Sur 1,3 milliard de dollars de budget consacré au cycle électoral prévu à partir de 2016, les comptes de la Céni à la BGFI vont en voir passer plus de 250 millions. C’est dix fois plus que les transactions enregistrées en 2011... Entre ces deux dates, Francis Selemani Mtwale est devenu directeur général de la BGFIBank. C’est le frère adoptif du président.
Le nouveau patron de la Céni, Corneille Nangaa est un expert électoral aux compétences reconnues, y compris à l’extérieur du pays où il a effectué plusieurs missions pour le compte de différentes organisations. Il a été désigné à son poste, comme il est de coutume en RDC, par les représentants des confessions religieuses. Mais il n’y a pas eu d’unanimité parmi elles : la puissante Église catholique a émis des réticences sur la moralité du nouveau patron de la centrale électorale. Elle dénonce déjà ses liens avec le pouvoir en place.
M. Nangaa n’a pas souhaité répondre aux questions soulevées par cette enquête. Il a remis un rapport sur le processus électoral de 2012 à 2019 à l’Assemblée nationale qui l’a validé. Pour lui, la page est tournée. « De saine logique, il doit s’en suivre que monsieur Corneille Nangaa ne peut être requis à se prêter à l’exercice auquel vous l’invitez sans se défausser a posteriori vis-à-vis de la validation du rapport de la Céni par l’Assemblée nationale », explique son avocat, Me Innocent Nkongo Budina Nzau, ajoutant qu’il menace « d’attraire en justice toute organisation membre du consortium dès lors qu’il viendrait à les reconnaître comme auteur de faits et d’actes répréhensibles aux yeux de la loi ».

Sur le papier, M. Nangaa peut se targuer d’avoir rempli certaines de ses obligations. Dès sa nomination, en 2015, alors que de nouvelles élections approchent à grands pas, il multiplie les mises en garde au gouvernement, y compris au Premier ministre Augustin Matata Ponyo et à son cabinet. Pour tenir les délais constitutionnels, il insiste même pour signer un contrat de gré à gré dans les plus brefs délais avec la société belge Zétès pour qu’elle fournisse des kits d’enrôlement des électeurs. Cette entreprise est décriée par l’opposition, mais elle a, selon Corneille Nangaa , le mérite d’avoir déjà travaillé sur une élection en RDC. Un avis de non-objection pour accorder ce marché de gré-à-gré est même accordé le 30 juin 2015 par la direction générale de contrôle des marchés publics. Le montant du contrat avec Zétès s'élève à près de 31,4 millions de dollars dont 3,6 millions pour les services connexes de maintenance et de formation.
Sans explication, ce projet de contrat est abandonné le 10 février 2016. Corneille Nangaa lance alors un appel d’offres international pour l’acquisition de kits électoraux, de cartes d’électeurs et des groupes électrogènes nécessaires à tout travail dans un pays où l’électricité manque. Un appel d’offres pourrait consacrer le début d’une nouvelle ère de transparence à la Céni, mais M. Nangaa sait aussi qu’en faisant cela, les délais constitutionnels pour l’organisation des élections ne pourront plus être tenus. Le président Kabila est alors soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat : le voilà tranquille pour quelques mois supplémentaires. Par la même occasion, la facture de la fourniture de kits d’enrôlement et l’accompagnement technique va grimper à 46 millions de dollars, alors que le contrat précédemment envisagé avec Zélès dépassait « à peine » les 31 millions.

« Jusque-là, Corneille Nangaa essayait encore de faire son travail honorablement », confie aujourd’hui un proche du président de la Céni à RFI. « Mais la communauté internationale refusait de l’appuyer, il était menacé non seulement par des chancelleries, mais par tous les autres, la présidence, le gouvernement, l’opposition et même les confessions religieuses. Il a cédé, mais il a gardé cette volonté d’organiser les élections qui ont amené l’alternance, qu’on le veuille ou non. »
L’alternance. Ce sera la grande nouveauté des élections de 2018. Mais la transition historique, fruit d’accords secrets signés entre Joseph Kabila et le nouveau président Félix Tshisekedi, est extrêmement décriée. Corneille Nangaa va avoir des ennuis : en mars 2019, au lendemain de la présidentielle, le Trésor américain le met sous sanctions ainsi que deux autres officiels de la Céni. Le 21 mars, dans un communiqué, Sigal Mandelker, sous-secrétaire au Trésor américain chargé du terrorisme et du renseignement financier, indique que cette mise sous sanctions « fait suite à la corruption persistante de hauts responsables au sein de la Commission ». Il les accuse, ainsi que le gouvernement sortant, d’avoir « entravé et retardé les préparatifs d’élections crédibles et inclusives ». Les États-Unis se disent alors « préoccupés par un processus électoral défectueux dans lequel, après l’élection présidentielle, la Céni a continué à faire obstruction au processus démocratique et n’a pas réussi à garantir que le vote reflète la volonté du peuple congolais. »

Règle #2 : Détourner d’abord pour le président

Pour le cycle électoral de 2016 à 2019, les détournements présumés commencent avant même le début de l’enrôlement des électeurs sur l’un des comptes de la Céni à la BGFI. Alors que ce compte n’était plus alimenté depuis des mois, la BGFI autorise en mai 2016 l’ouverture d’une ligne de crédit de 25 millions de dollars sur un an contre une caution de 30 milliards de francs congolais, (à l’époque plus de 27 millions de dollars). Cette caution peut paraître disproportionnée, mais le franc congolais est alors en pleine dégringolade face aux dollars. L’inflation dépasse les 45%.

Relevé du compte de la Céni à la BGFI en mai 2016. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Le 13 mai 2016, c’est depuis ce compte de la Céni qu’est transféré plus d’un million de dollars sur un compte de la société Sud Oil. Cette société est directement contrôlée par des proches de Joseph Kabila. Le libellé de ce virement mentionne des « commissions de notification » sans plus de précisions. Il se mêle à d’autres frais et commissions prélevées par la banque dans le cadre de l’ouverture de la ligne de crédit.
Un cadre de la banque justifiera plus tard ce paiement au cours d’un audit interne, en produisant une facture indiquant que Sud Oil aurait vendu 751 852 litres de gasoil à la Céni. Ce qui est étonnant, puisque le libellé de la transaction était différent, et que nous n’avons pas pu trouver trace d’une activité de Sud Oil dans la distribution de produits pétroliers à cette date.
Contactée, l’actuelle Commission électorale n’a pas répondu. Son ancien vice-président, Norbert Basengezi, indique n’avoir « jamais entendu parler de ce dossier ni de la société » Sud Oil.

Le virement semble à tous égards irréguliers.

En effet, ce même 13 mai 2016, Jean-Jacques Lumumba, chef du département des engagements de la BGFIBank, demande le placement sous surveillance des comptes de la Céni.​​ Lumumba, qui deviendra le premier lanceur d’alerte au sein de la BGFI et en RDC,  juge l’ouverture de cette ligne de crédit illégal. « Il n’y avait jamais eu de lettre de demande de crédit, le client n’avait pas signé de notification d’acceptation. J’avais demandé à ce qu’on bloque les comptes pour que tout soit régularisé », explique M. Lumumba.
Ce jour-là, Jean-Jacques Lumumba se voit répondre que tous les comptes de la Céni, sauf son compte en francs congolais, sont déjà bloqués en raison de trop nombreux impayés depuis le 22 mai 2014 par la Banque centrale du Congo (BCC). Mais cela n’empêche rien. L’ordre de virement est passé et un premier million disparaît. « Je ne savais pas pour le virement à Sud Oil, mais je redoutais des malversations. L’ouverture de cette ligne de crédit, malgré la consigne de la Banque centrale, s’est faite sur instructions de Selemani », raconte encore Jean-Jacques Lumumba. « C’est ce dossier de la Céni qui m’a petit à petit amené à quitter la BGFI et à lancer l’alerte. »
Fin 2016, M. Lumumba saute le pas et raconte ce qu’il sait au journal Le Soir et à l’agence Bloomberg, deux partenaires de l’enquête Congo Hold-up. Cette première fuite de documents à la BGFI Bank, appelée « Lumumba Papers », fait scandale. Mais elle ne met pas un terme aux malversations, même pas sur les comptes de la centrale électorale.

Sur les 250 millions dollars alloués par l’État congolais à la Céni entre 2016 et 2019 et versés sur ses comptes à la BGFIBank, un réseau d’entreprises liées à la famille Kabila en reçoit ainsi 3,8 millions.
Ainsi, le 11 juillet 2016, Sud Oil reçoit 299 998 dollars de plus d’un des comptes de la Céni à la BGFI sous le libellé « FRAIS/VIR.RECU RPT 00008578 ». Ce compte intitulé « Céni INVESTISSEMENTS » avait reçu peu avant un virement de près de 30 millions de dollars depuis un compte de la Céni dans une autre banque sous le libellé « RPT 00008578 ». Le virement vers Sud Oil est donc présenté de manière inexplicable comme des frais liés à ce rapatriement d’argent entre deux comptes de la centrale électorale.
Des fonds disparaissent à de nombreuses occasions. Pour l’enrôlement des électeurs, Gemalto SA, à l’époque société de droit néerlandais (elle a été ensuite rachetée en 2019 par l’entreprise française Thalès), remporte le gros lot : un contrat de 46 millions d’euros pour la fourniture de 20 220 kits biométriques d’identification et d’enrôlement des électeurs, ainsi qu’une assistance technique lors de ce processus. Ce marché a été octroyé par appel d'offres. Il est 15 millions de dollars plus cher que celui qui devait être signé de gré à gré avec Zétès.
Comment Gemalto a-t-elle obtenu ce marché ? Selon les informations recueillies par The Sentry et Public Eye, deux des ONG partenaires de Congo Hold-up, Gemalto et notamment sa filiale suisse, Trüb AG, ont en fait effectué une véritable campagne de lobbying auprès des autorités congolaises et de responsables de la majorité. Ils pointent notamment le sénateur et proche de Joseph Kabila, Léonard She Okitundu. Cet ancien ministre aurait même rencontré plusieurs mois avant la signature du contrat des représentants de Gemalto SA et ce, dans différents pays. M. Okitundu le conteste.

Norbert Basengezi, alors vice-président de la Céni issu du camp de Joseph Kabila et lui-même aujourd’hui sous sanctions du Trésor américain, a accepté de répondre à nos questions. Pour lui, la centrale électorale ne peut pas être mise en cause sur cet appel d’offres. Elle n’est responsable, dit-il, ni du choix de Gemalto SA et de ses sous-traitants ni des conditions d’attribution de ce marché. Elle avait confié cette tâche au Bureau central de coordination (Bceco) qui dépend du ministère des Finances. La primature, la direction générale de contrôle des marchés publics, l’agence de régulation des marchés publics avaient également validé toute la procédure, explique-t-il, documents à l’appui.
M. Basengezi donne d’autant plus volontiers des réponses qu’il estime c’est « une chance » pour lui de rétablir la vérité sur son rôle et leur travail au sein du bureau de la Céni, après les sanctions américaines. Il a fourni une réponse de 37 pages et s’en explique : « On impute trop de responsabilités à la Céni, tout ce qui se fait est collégial. » Il dit découvrir les liens entre certains membres de sa famille et certaines des sociétés bénéficiaires des fonds des élections. Mais il rappelle aussi que « la Céni est une institution sous pression, il y a beaucoup d’intérêts dans une élection, beaucoup. »
Sur ce marché de fourniture de kits d’enrôlement, quelque 24,6 millions d’euros seront payés directement à Gemalto SA. Mais pour le reste, le 23 décembre 2016, la Céni et la BGFI se lancent dans une opération aussi absurde qu’onéreuse. 29 milliards de francs congolais (soit près de 24 millions d’euros) sont prélevés sur le compte principal en francs congolais de la Céni à la BGFI. Ils sont convertis en dollars, puis en euros. À chaque fois, des frais de change sont retenus. Au final, Gemalto SA a dû recevoir moins de 20 millions d’euros. Au cours de cette étrange succession de transactions internes, 953 390 dollars sont subtilisés. Rien à voir avec des frais bancaires, cette somme est versée depuis un compte de la BGFIBank sur le compte d’une mystérieuse société « Port de Fisher » dont l’actionnaire majoritaire est depuis novembre 2015 l’ancien président Joseph Kabila.
L’année suivante, entre avril et août 2017, la Céni a elle-même effectué quatre autres virements directement sur le compte de Port de Fisher pour un total de 864 millions de francs congolais, soit 593 000 dollars. Trois des libellés sont intitulés « virement » et un quatrième, « logistiques », sans plus de détails.

Règle #3 : Bien choisir ses partenaires

La Commission électorale avait insisté dans l’appel d’offres pour que l’entreprise choisie fasse appel à un sous-traitant local. C’est une procédure habituelle en RDC au nom de l’importance du transfert de compétences. Mais cette pratique somme toute louable a-t-elle bien atteint son objectif ?
Les documents Congo Hold-up montrent que certains de ces partenariats locaux ont été l’occasion de retirer des millions de dollars en liquide, sans justifications ni contrôle.
On découvre ainsi qu’après avoir écarté un premier partenaire local qui n’aurait pas été en règle avec le fisc congolais, Gemalto SA choisit comme sous-traitant pour répondre à la commande de 22 500 kits d’électeurs STIM PLUS France, une société qui n’a jamais opéré en RDC. À en croire une vidéo publiée sur son site internet sous la mention « projet à engagement », STIM France a bien accompli une importante partie du contrat Gemalto SA en assemblant ces kits en France, installations des logiciels et clés de chiffrement comprises.
Des équipes de STIM PLUS France semblent bien avoir participé à une opération d’assemblage de ces kits à Laval, en France, entre juin et juillet 2016. En témoignent les profils du réseau social LinkedIn de certains de ses employés.

Cette société n’apparaît toutefois pas dans les rapports de la Céni.

Interrogé à propos du rôle exact de ce sous-traitant, le vice-président de la Céni à l’époque, Norbert Basengezi, se souvient que STIM PLUS était « le principal fournisseur des équipements contenus dans le kit de Gemalto », et qu’elle s’occupait « la formation des agents électoraux et l’appui technique dans les centres ». M. Basengezi rappelle qu’il ne supervisait pas cette opération, mais il croit se souvenir que la Céni payait jusqu’à « 210 dollars par mois et par centre d’inscription ».
STIM PLUS France s’est livré à d’étranges opérations. Au lieu de se choisir un partenaire local, son fondateur, Yves Samama, crée lui-même au Congo le 1er septembre 2016 une autre société du même nom au Congo (STIM PLUS RDC). Elle a comme actionnaire minoritaire, un Français appelé Raphaël Edery (40%) qui, en décembre de cette même année, transfère ses parts à une certaine « Madame Yael Stephanie Edery » qui ne travaille vraisemblablement pas en RDC. Elle se présente sur le réseau social LinkedIn comme commerciale à STIM PLUS France.
STIM PLUS RDC va ouvrir deux comptes à la BGFIBank, un en dollars et l’autre en euros. La maison mère, STIM PLUS France, y transfère par virements en septembre 2016 et juillet 2017 1,6 million de dollars, puis près de 2,9 millions d’euros. L’essentiel de ces sommes sera retiré en liquide. Ces opérations financières intriguent un banquier de la BGFI dès le début du mois d’octobre 2016. Il demande par courrier interne à certains de ses collègues de lui transmettre le « dossier physique » du client « 0019191/STIM PLUS RDC » et obtient le contrat de partenariat signé en août 2016 entre Yves Samama de STIM PLUS France et Raphaël Edery, présenté à l’époque comme un « agent ». Le document prévoit que « l’agent » Raphaël Edery doit recevoir deux millions de dollars en guise de « commission forfaitaire », mais que « ce montant peut évoluer en fonction du contrat client ». L’objet du contrat entre les deux hommes n’est pas spécifié, car le contrat a été nettoyé de ses articles les plus sensibles, avant d’être envoyé comme justificatif à la BGFIBank.

Le service de conformité de la BGFI tire aussi la sonnette d’alarme, relevant que le compte de STIM PLUS RDC a été ouvert « sans validation » et que le « dossier ne contient pas de photo du représentant légal, son passeport ne contient pas de visa d'établissement en RDC, aucune preuve d'adresse n'est annexée dans le dossier et le Chef d'agence n'a pas signé le formulaire KYC [ndrl : Know Your Costumer] ». Le blocage du compte est alors préconisé.
Malgré ces alertes, les virements continuent sur le compte de STIM PLUS RDC. La Céni, elle-même, qui n’est pas liée contractuellement à ce sous-traitant, lui transfère à son tour directement quelque 2,4 millions de dollars entre décembre 2017 et avril 2018.
Mais difficile de comprendre les dépenses enregistrées sur les comptes de cette société. Sur un total de 5,9 millions de dollars crédités sur le compte de STIM PLUS RDC en différentes devises, « l’agent » Raphaël Edery retire en liquide un peu plus d’un million d’euros et 2,5 millions de plus en dollars.
Une société créée pour l’occasion mi-novembre 2016 officiellement spécialisée dans l’import-export et appelée « TECHNOLOGY SOLUTIONS & MANAGED SERVICES » touche, elle, l’essentiel de ce qui reste, avec la remise d’un chèque de 900 000 dollars en décembre 2016 et un virement de 1,3 million de dollars en avril 2018. Sur son compte à la BGFI, elle en retire elle-même la moitié en liquide.
Aucun des protagonistes de cette histoire n'a souhaité réagir aux quesitons de RFI et de ses partenaires. Malgré plusieurs relances par téléphone et par e-mails de RFI et de ses partenaires, le dirigeant de STIM PLUS, Yves Samama, et sa commerciale Stéphanie Edery se sont refusés à répondre à nos questions et ont renvoyé à Gemalto SA, titulaire du contat avec la Céni. Thalès, qui a racheté Gemalto en 2019, botte en touche et rappelle que l'exécution du contrat était achevée avant l'acquisition. L'entreprise française assure également que « les personnes qui ont travaillé à l'élaboration de ce contrat ont depuis quitté le groupe Thalès ». Tout ce « contexte » ne permettrait pas aujourd'hui à Thalès de répondre aux questions posées par notre enquête. « L'agent » Raphaël Edery, lui, n'a pas pu être joint, n'ayant pas pu être identifié.
Règle #4 : Faire disparaître toutes les traces

En juin 2018, le fichier électoral issu des contrats signés avec Gemalto SA, STIM PLUS et d’autres fournisseurs et sous-traitants a été jugé globalement « inclusif, exhaustif et actualisé mais perfectible » par une mission d’audit mandatée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
Mais derrière cette déclaration plutôt rassurante, les experts de l’OIF relèvent de très graves anomalies qui peuvent en partie être attribuées à une mauvaise exécution de ces contrats. Plus d’un quart des électeurs s’étaient inscrits avec des cartes d’élèves, d’étudiants ou de pension, faciles à se procurer et donc considérées comme des pièces d’identité peu fiables. Près d’un électeur sur six (16,6% des inscrits) n’avait pas enregistré d’empreintes digitales. Ces omissions s’étaient concentrées sur deux provinces, toutes deux reculées, 55% des inscrits dans le Sankuru et près de 40% dans la Tshuapa.
Sur le plan financier, il n’y a pas eu d’audit. La Céni choisit les informations qu’elle livre et plus les années passent et le budget explose, plus les rapports s’espacent et sont avares en détails sur les contrats passés, leurs montants ou même les bénéficiaires. C’est une véritable boîte noire.
Qui connaît le partenaire guinéen de la société sud-africaine Ren Form CC, qui a obtenu de gré à gré un marché de 9,4 millions de dollars pour l’impression de 54 millions de cartes d’électeurs ? Le 4 mai 2016, Ren Form RDC est créé officiellement avec pour associé, une société de Guinée-Conakry (G-STG). Elle devient l’actionnaire minoritaire avec 40% des parts. Derrière cette société guinéenne se cachent en fait deux Congolais qui, selon des documents consultés par l’enquête Congo Hold-up, étaient pourtant présentés comme « business development manager » et « agent local » de Ren Form CC lors des négociations. « Ren form RDC a été établie pour des affaires futures », assure Jean-Pierre du Sart aujourd’hui encore directeur des ventes de Ren form CC. « Le propriétaire de la société guinéenne est congolais et ses services ont été spécifiquement utilisés pour l’élaboration du document d’appels d’offre. »

Sur un compte intitulé « Ren Form CC RDC Kinshasa » à la Standard Bank se retrouvent pourtant près de 6,2 millions sur les 9,4 millions de dollars promis pour ce contrat. Ils sont versés depuis un compte de la Céni à la BGFI en deux virements entre le 22 et le 26 août 2016. Cette fois, on ignore comment l’argent a été utilisé puisque ces fonds ont été versés sur un compte dans une autre banque que la BGFI. Le directeur des ventes de Ren Form CC confirme que la Céni a fait plusieurs virements via ce compte, mais que tous ont servi à payer sa société. « Le contrat a été signé par Ren Form CC, Ren Form CC a reçu 100% des fonds », insiste Jean-Pierre du Sart. « Le contrat a été attribué sur la base d'un appel d'offres et non d'un accord mutuel. »
En tout cas, à l’adresse indiquée pour cette société sur plusieurs sites, personne ne connaît « G-SMART TECH TECHNOLOGIE GUINEA », a pu constater un correspondant de RFI. Le numéro de contact est aux abonnés absents et ses dirigeants aussi. Et aujourd’hui, l’un des Congolais impliqués dans les négociations avec Ren Form CC, se présente comme le « manager national de Flanders » en janvier 2021, cette société américaine se serait engagée à doter la ville de Kisangani dans la province de la Tshopo d’un nouveau barrage hydroélectrique et d’une centrale photovoltaïque. Contacté à son propos, Flanders Inc n’a pas donné suite.
Parmi les partenariats locaux dont on ignorait tout au moment des élections, il y a aussi ce cas rendu récemment célèbre en janvier 2021 par l’ONG américaine The Sentry, partenaire de l’enquête Congo Hold-up, dans un de ses rapports. Il s’agit de celui de Bravo Tozali Compagnie SARL (BTC SARL). Cette société, qui a disparu depuis, était spécialisée en tout sauf dans les matières électorales. Elle essaie de se promouvoir à l’époque comme une entreprise de forages miniers. Du jour au lendemain, BTC SARL se retrouve associée dans un consortium à une entreprise lituanienne UAB Neurotechnology qui, elle, a bien un savoir-faire et de l’expérience au Congo. Toutes deux seront chargées de l’épineuse opération de dédoublonnage du fichier électoral issu des kits de Gemalto SA.

L’ONG The Sentry pointait dans son rapport que l’un de ses actionnaires minoritaires et co-fondateur de Bravo Tozali, le Congolais Roger Abotome, était candidat et avait été élu député au cours de ces mêmes élections de 2018 et qu’il s’était associé par la suite dans une autre société avec le président de la Céni, Corneille Nangaa, et ce, jusqu’à sa mise sous sanctions par le Trésor américain. The Sentry estimait aussi que le prix du contrat de 8,4 millions de dollars était anormalement élevé au vu des problèmes détectés dans le fichier électoral congolais après cette opération de dédoublonnage.
À l’époque, déjà, M. Abotome avait répondu à l’ONG américaine ne jamais avoir directement fait affaire avec « la personne de Corneille Nangaa, mais plutôt avec des sociétés, personnes morales qui agissaient conformément aux prérogatives leurs dévolues par la loi et surtout leurs Statuts respectifs. » Il insistait : « D’ailleurs il n’y a jamais eu, avant 2018, un quelconque contact entre monsieur Abotome et Monsieur Naanga. »
Sur les plus de dix millions de documents et transactions de la BGFIBank que RFI et ses partenaires ont pu consulter, il y a justement le détail des comptes de Bravo Tozali Compagnie. Entre janvier et avril 2018, sur les 8,4 millions de dollars promis au consortium formé avec UAB Neurotechnology, près de 6,4 millions de dollars sont versés par la Céni sur les comptes de BTC SARL à la BGFI, dont quatre millions seront retirés en liquide. Qui est le bénéficiaire de l’une des dernières opérations de retrait en liquide ? Selon un libellé daté du 2 mai 2018, c’est le cofondateur de BTC SARL, Roger Abotome. Lui qui n’est qu’actionnaire minoritaire, avec seulement 15% des parts, aurait obtenu pour un demi-million de dollars en liquide sur l’argent de ce contrat.

Virement de janvier 2018 :copyright: PPLAAF/Mediapart

Virement d'avril 2018. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Pour ce qui est des dépenses que l’on peut directement lier aux opérations de dédoublonnage, deux millions seulement sont transférés à UAB Neurotechnology, l’entreprise qui possède effectivement l’expertise dans ce domaine. 255 000 dollars de plus sont octroyés à un expert électoral de l’organisation ECES, le centre européen d’appui électoral cofondé par le premier président de la commission électorale de la RDC, l’abbé Malu Malu.
Mais ces dépenses ne correspondent pas à celles annoncées par les deux membres du consortium à la BGFI. Dans les documents Congo Hold-up figure, en annexe d’un « accord de groupement » entre BTC SARL et UAB Neurotechnology et daté du 17 juillet 2017, le budget de toutes les dépenses liées aux opérations de dédoublonnage. Il était prévu que plus de 4,5 millions soient versés pour « toutes les licences nécessaires à l’infrastructure », 773 000 pour du matériel et 376 000 dollars pour du soutien technique. Déjà, sur le papier, plus de 2,3 millions devaient être dévolus à la mise en œuvre du projet. Ce montant se répartissait entre la direction du projet et le personnel de BTC et les experts qu’ils pourraient engager. 900 000 étaient attribués à des rubriques aux intitulés vagues, « assurances et formalités diverses » pour la « logistique à Kinshasa » et les « frais légaux et administratifs, frais divers en RDC ».
À toutes ces questions sur la gestion des comptes de Bravo Tozali Company, M. Abotome et ses associés refusent de répondre. Me Atoosa Vakili, avocate de l’ancien actionnaire de BTC SARL, renvoie aux réponses qu’elle avait adressées à The Sentry. Elle insiste sur le fait que ce contrat avait fait l’objet d’un appel d’offres adressés à « différentes sociétés » et que cette procédure a respecté « toutes les lois et procédures relatives aux marchés publics en RD Congo, comme l'attestent les documents émis par les autorités compétentes ». Me Atoosa Vakili, affirmant par ailleurs que « la façon dont BTC SARL a dépensé ses revenus n'est pas pertinente et sort du cadre de votre enquête », puisqu’il s’agit là « une entreprise de droit privé et à but lucratif ».

Interrogé, le gestionnaire de Bravo Tozali Compagnie Erick Bombado répond par l’intermédiaire de son avocat que sa société « n’était pas une ONG » et qu’elle « avait réalisé un profit de près de deux millions de dollars et qu’elle avait affecté à l’acquisition des équipements et machines à forages, camions, excavatrices. »
Celui de M. Abotome confirme : « Les montants retirés du compte de la BTC sur lesquels vous vous êtes renseigné l'ont été avec l'autorisation de la direction et pour l'achat d'équipement pour les opérations commerciales. »

Règle #5 : Se faire payer en cash

À en croire le Trésor américain qui a mis sous sanctions Corneille Nangaa, Norbert Basengezi et un autre officiel de la Céni, il y a eu des surfacturations et des détournements des fonds des élections à plusieurs niveaux. Le président de la Céni aurait lui-même « supervisé l’utilisation de plusieurs sociétés-écrans pour détourner les fonds opérationnels de la Céni à des fins personnelles et politiques », affirme le Trésor américain dans son communiqué du 21 mars 2019. Lui et d’autres responsables « se seraient enrichis en achetant et en vendant de l’essence à des fins lucratives aux dépens de la Céni, ce qui a retardé l’enregistrement dans le Kasaï, un bastion de l’opposition, et a empêché de nombreux électeurs de s’inscrire. » Ils auraient aussi « gonflé de 100 millions de dollars les coûts du contrat des machines à voter électroniques dans l’intention d’utiliser les fonds excédentaires pour leur enrichissement personnel, des pots-de-vin et des frais de campagne pour financer la campagne électorale du candidat de Joseph Kabila. » M. Nangaa aurait « ordonné aux employés de la Céni de fabriquer des reçus de dépenses pour couvrir les écarts de dépenses résultant de l’utilisation des fonds de la Céni à des fins personnelles », il aurait même « remis des pots-de-vin aux juges de la Cour constitutionnelle pour qu’ils confirment une décision de la Céni de retarder les élections de 2016 en RDC. »
En réponse à ces sanctions, le 8 avril 2019, dix des membres de la plénière de la centrale électorale congolaise dénoncent des mesures prises sur base d’accusations non vérifiées. « d’allégations infondées et non-vérifiables du financement de la campagne du candidat du camp Kabila ». Ils disent également regretter que « la prolongation du délai des élections soit reprochée à certains de leurs collègues » et réfutent encore l’accusation d’utiliser des sociétés écrans. Ils assurent en outre avoir signé des contrats « avec des sociétés réelles, dûment constituées et qui ont produit des prestations effectives ayant conduit à l’organisation des élections. »
L’enquête Congo Hold-up n’est pas en mesure d’estimer l’ampleur des détournements sur les comptes de la Céni, mais ces millions de dollars se sont d’abord évanouis en liquide, malgré la directive de la Banque centrale qui limite les retraits sans justification à 10 000 dollars. Rien que sur l’année 2016, ce sont plus de 25 millions de dollars qui ont ainsi été retirés en liquide sur quatre comptes de la commission électorale à la BGFI BANK dont neuf millions soutirés en douze retraits depuis le compte « CENI INVESTISSEMENTS ».

5,6 millions sont retirés d’un autre compte dit « cash collatéral » sur lequel les retraits n’étaient pas autorisés. C’était l’un des deux comptes ouverts par la banque elle-même pour conserver les 30 milliards de francs congolais versés par la Céni et garantir la ligne de crédit de 25 millions de dollars qui devaient permettre d’amorcer l’enrôlement des électeurs. Cela fait partie des points soulevés en décembre 2017 par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) qui finalisait alors un rapport d’audit. « Nous tenons à signaler que le montant du cash collatéral de la Céni au 31 décembre 2017 (367 millions FC) ne couvre plus le risque de remboursement du fait de plusieurs prélèvements effectués sur ce cash collatéral au cours de la période sous revue, en contradiction avec les dispositions du contrat », alertent ses auteurs.

En décembre 2017, le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) finalisait alors un rapport d’audit. :copyright: PPLAAF/Mediapart

Par ailleurs, les personnes qui effectuent ces retraits ne sont pas toujours formellement habilitées. Le 28 juin 2017, une certaine « ÉVELINE LOLONGA AKATSHI » parvient à soutirer indirectement 580 000 dollars sur un compte de la Céni, sous le libellé « frais de cautionnement ». Cette ligne d’opération se perd au milieu des multiples autres frais imposés par la banque.
Le vice-président de la Céni de l’époque, Norbert Basengezi, dit ne pas avoir d’informations sur cette opération. Mais pour lui, il ne faut pas reprocher à la centrale électorale ces millions retirés en liquide. « Connaissez-vous une banque à Djolu, Kinvula, Amisi, Hewa Bora ou à Bongandanga pour que désormais les agents de la Céni y touchent leur salaire par virement ou transfert ? », pointe M. Basengezi. « La difficulté est que les agents non payés suspendent les opérations, il faut se remettre dans le contexte bancaire et financier de la RDC. »
Ces surfacturations présumées, assorties d’importants retraits en liquide coûtent cher à la Céni. Alors que des millions sont retirés en liquide ou disparaissent entre les mains d’intermédiaires, la BGFIBank prélève chaque mois aux environs d’un demi-million de dollars d’agios. Entre juin 2016 et septembre 2018, elle va même toucher plus de 4,5 millions par ce biais, malgré la multiplication de lignes de crédits et des prêts. En frais divers, elle va même toucher pendant cette période jusqu’à 8 millions de dollars. En prenant comme client la Céni, la BGFIBank a pris un risque, mais elle n’y perd pas vraiment.
« La BGFIBank est la plus critiquée aujourd’hui, mais ça se passe comme ça avec la plupart des banques du pays et pour la plupart des institutions », assure encore un ancien membre de bureau de la Commission électorale qui s’est confié à RFI. « Ce n’est pas qu’un déficit d’informations si personne ne réagit, il y a beaucoup de complices dans ce hold-up que vous ne citez pas. Les membres du gouvernement et du parlement ont obtenu leur poste uniquement grâce à la corruption de la Céni. C’est la base du système politique congolais jusqu’à aujourd’hui. »


"DÉCRYPTAGE
Congo Hold-up : les coulisses d'un pillage d'État - 24 novembre 2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/d%C3%A9cryptage/20211124-congo-hold-up-les-coulisses-d-un-pillage-d-%C3%A9t
Retour sur les Congo Hold-up, ce vaste scandale de détournements de fonds publics qui éclabousse Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo, et son clan. Les Congo Hold-up, c'est une enquête collaborative réalisée par 19 médias dont RFI et 5 ONG spécialisées, associés au consortium européen EIC. [

L'enquête a été menée à bien grâce à la fuite de 3,5 millions de documents bancaires. Elle nous renseigne sur de considérables détournements de fonds publics : 138 millions de dollars dérobés entre 2013 et 2018. Comment ces détournements massifs ont-ils été rendus possibles ? Quels sont les rouages de ce pillage d'État ?  
Décryptage avec :
[Sonia Rolley, [/b]journaliste au service Afrique de RFI, spécialiste de la RDC et qui a participé à l'enquête.


" Congo Hold-up : le gouvernement ordonne une enquête sur les agissements du clan Kabila - 23 novembre2021
= https://www.jeuneafrique.com/1269907/politique/congo-hold-up-le-gouvernement-ordonne-une-enquete-sur-les-agissements-du-clan-kabila/
Selon une lettre que « Jeune Afrique » a pu consulter, la ministre de la Justice a demandé qu’une instruction soit ouverte au plus vite pour faire la lumière sur les accusations de détournements de fonds portées contre Joseph Kabila et ses proches.
Il n’aura pas fallu plus de 24 heures pour que le gouvernement congolais réagisse au scandale qui ébranle en ce moment le clan Kabila. Dans une lettre datée du samedi 20 novembre, Rose Mutombo, la ministre de la Justice, donne « injonction » au procureur général près la Cour de cassation « d’ouvrir une instruction judiciaire » sur les récentes « révélations de détournements de fonds publics impliquant plusieurs sociétés congolaises et internationales ».[...]"

« Congo Hold-up » : ouverture d’une information judiciaire visant le clan de Joseph Kabila« Congo Hold-up » : ouverture d’une information judiciaire visant le clan de Joseph Kabila
= https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/24/congo-hold-up-ouverture-d-une-information-judiciaire-visant-le-clan-de-joseph-kabila_6103445_3212.html
Selon une enquête menée par des médias internationaux et des ONG, l’ancien président et sa famille auraient détourné 138 millions de dollars entre 2013 et 2018.  

Une information judiciaire visant le clan de l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila a été ouverte à Kinshasa après des révélations de détournements présumés de 138 millions de dollars (environ 123 millions d’euros), a-t-on appris mercredi 24 novembre de source judiciaire.
Dans une enquête intitulée [i« Congo Hold-up »[/i], menée par des médias internationaux et des ONG et dont la publication a débuté vendredi, M. Kabila et sa famille sont accusés d’avoir « siphonné » au moins 138 millions de dollars des caisses de l’Etat. Ces détournements présumés ont eu lieu de 2013 à 2018, d’après les auteurs de cette enquête qui fait grand bruit en RDC.

Interrogé par la presse, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a indiqué lundi que « la ministre de la justice a écrit au parquet le 20 novembre » et « a donné injonction aux fins d’enquête et de poursuite ». « Nous ne pouvons pas, comme gouvernement, rester insensible à de telles allégations », a estimé M. Muyaya, qui est également ministre de la communication. « Il y a ouverture d’une information judiciaire » par le parquet près la Cour de cassation, faisant suite à la demande de la ministre de la justice, a confirmé à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une source de ce parquet.

« Une société écran installée dans un garage »

Selon l’enquête « Congo Hold-up », les 138 millions de dollars ont été détournés « avec la complicité de la banque BGFI RDC », filiale du groupe bancaire BGFI Bank (basé au Gabon), dans laquelle des proches de M. Kabila avaient des intérêts et responsabilités, « en particulier à travers une société écran installée dans un garage ».
Selon ses auteurs, cette enquête s’appuie sur 3,5 millions de documents bancaires confidentiels, obtenus par le média d’investigation français en ligne Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique. Ces données ont été analysées pendant six mois par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnés par le réseau European Investigative Collaborations (EIC).
Dans un communiqué, le service de communication de l’ex-président Kabila a qualifié les conclusions de cette enquête de « Kabilabashing » et de « tentative de décrédibilisation » de l’ancien chef de l’Etat. M. Kabila a dirigé la RDC de janvier 2001 à janvier 2019, date à laquelle l’actuel chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, lui a succédé.
Le Monde avec AFP


"Congo Hold-up : la Lucha exige "le gel à titre conservatoire des avoirs financiers et immobiliers" de Joseph Kabila et son premier cercle - 22 novembre 2021
= https://cas-info.ca/2021/11/congo-hold-up-la-lucha-exige-le-gel-a-titre-conservatoire-des-avoirs-financiers-immobiliers-de-joseph-kabila-et-son-premier-cercle/


"APPELS SUR L'ACTUALITE
[1][2]Emission spéciale :Congo Hold-Up, après les révélations - 24/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/appels-sur-l-actualit%C3%A9/20211124-1-%C3%A9mission-sp%C3%A9ciale-congo-hold-up-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations
= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/appels-sur-l-actualit%C3%A9/20211124-2-%C3%A9mission-sp%C3%A9ciale-congo-hold-up-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations
Deux journalistes ayant participé à l’enquête, Sonia Rolley de RFI et Yann Philippin de Mediapart, ainsi que le lanceur d’alerte Jean-Jacques Lumumba répondent aux questions des auditeurs sur les millions de dollars détournés par Joseph Kabila et ses proches.

Invités :
Sonia Rolley, journaliste au service Afrique de RFI.
Yann Philippin, journaliste à Mediapart.




= https://www.gabonreview.com/congo-hold-up-le-groupe-bgfibank-reagit/


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 25/11/2021, 2:00 pm

Désolé !


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 25/11/2021, 2:25 pm

La BGFI/RDC au cœur des magouilles du clan 'JK' révélées dans "Congo Hold-Up" brise enfin le silence en dénonçant leurs pratiques douteuses du passé et assure avoir "assaini" sa banque depuis 2018. Elle justifie sans convaincre son silence d'avant la diffusion de l'enquête par le devoir de réserve qu'impose toute enquête judiciaire et n'en met pas moins en garde les personnes qui divulgueraient des informations confidentielles sur son groupe


"Congo Hold-up: la BGFI, au cœur du scandale, brise le silence - 25 novembre 2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211125-congo-hold-up-la-bgfi-au-c%C5%93ur-du-scandale-brise-le-silence
Le groupe BGFI, dont le siège se trouve à Libreville au Gabon, n’avait pas souhaité répondre aux sollicitations avant la sortie de l’enquête Congo Hold-up. Mercredi 24 novembre, il est sorti de son silence. Il dénonce toutes pratiques douteuses qui ont pu être commises dans le passé, tout en assurant avoir « assaini » dès 2018 sa filiale en RDC.

Depuis vendredi dernier, 19 médias partenaires dont RFI et cinq ONG relèvent les dessous du détournement de 138 millions de dollars au profit de l’ancien président de la RDC et de son premier cercle. Cette enquête a été réalisée sur la base de plus de 3,5 millions de documents bancaires et plus encore de transactions issus de ce grand groupe bancaire africain à la réputation sulfureuse.
Contacté à plusieurs reprises, le groupe BGFI, acteur dans ce scandale, s'était muré dans le silence jusqu'ici. Mais depuis près d’une semaine, les révélations se succèdent et mettent en lumière le rôle central joué par sa filiale de RDC dans le pillage de l'État congolais, au profit de premier cercle de Joseph Kabila.
Le groupe a finalement brisé son silence mercredi 24 novembre. Dans un communiqué, il reconnait avoir été contacté avant la diffusion de l'enquête Congo Hold-up, mais explique avoir « résolu » de ne pas y répondre « afin de d'observer le devoir de réserve qu'impose les enquêtes en cours » sur l'objet de ces révélations.

Tout en menaçant de poursuites toute personne participant « à la divulgation d'informations confidentielles ou privées » qui le concerne, le groupe dit « désapprouver toutes pratiques douteuses » qui ont « pu être commises par le passé » au sein de sa filiale de Kinshasa.[/size]
Cette filiale a été éclaboussée par plusieurs scandales dès 2016. Le groupe BGFI assure avoir pris deux ans plus tard « les mesures d'assainissement qui s'imposaient » dans sa filiale de la RDC.
Aujourd'hui, les documents Congo Hold-up montrent que le groupe bancaire africain avait aussi commencé à demander le remboursement des parts accordés gratuitement huit ans plus tôt à la sœur de Joseph Kabila. Mais cette enquête a aussi pointé le fait que malgré le départ de hauts responsables incriminés à l'époque, des malversations s’étaient poursuivies.


"RDC : "Congo Hold-up" ou les révélations sur le "mode d’emploi d'une kleptocratie" bâtie autour de l'ancien président Joseph Kabila -22/11/2021
= https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/republique-democratique-du-congo/rdc-congo-hold-up-ou-les-revelations-sur-le-mode-demploi-d-une-kleptocratie-batie-autour-de-l-ancien-president-joseph-kabila_4854635.htm


"Tout ce qu'il faut savoir sur le volet libanais de l'enquête "Congo hold-up" - 24/11/2021
= https://www.lorientlejour.com/article/1282456/tout-ce-quil-faut-savoir-sur-le-volet-libanais-de-lenquete-congo-hold-up-.html
= https://www.lorientlejour.com/article/1282592/une-societe-libanaise-dans-lopaque-machinerie-electorale-congolaise.html
= https://www.lorientlejour.com/article/1282475/quand-bankmed-suisse-heberge-les-millions-de-dollars-dun-reseau-dentreprises-sous-sanctions-americaines.html
= https://www.lorientlejour.com/article/1282457/ces-millions-de-lue-qui-alimentent-les-comptes-du-reseau-tajeddine.html
= https://www.lorientlejour.com/minisite/821-congo-hold-up-le-volet-libanais-de-lenquete


"« Congo hold-up » : les montagnes de cash de la famille Kabila - 24 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/241121/congo-hold-les-montagnes-de-cash-de-la-famille-kabila

"




"Congo Hold-Up : « quand la corruption gangrène, la pauvreté galope » Henri Thulliez • RFI - 23 novembre 2021





"AFFAIRE CONGO HOLD-UP, L'ERREUR COMMUNICATIONNELLE DE PATRICK MUYAYA | LIBRE OPINION - 23 nov. 2021"




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Dernière édition par ndonzwau le 25/11/2021, 8:19 pm, édité 2 fois

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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 25/11/2021, 7:44 pm

"



"Congo Hold-up: les comptes opaques de la Commission électorale de 2011 - 25 novembre 2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211125-congo-hold-up-les-comptes-opaques-de-la-commission-%C3%A9lectorale-de-2011

"Congo Hold-up: réunion entre la BGFIBank et l’Inspection générale des finances de RDC- 26/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211126-congo-hold-up-r%C3%A9union-entre-la-bgfibank-et-l-inspection-g%C3%A9n%C3%A9rale-des-finances-de-rdc


"RDC : les réactions se multiplient après les révélations de l'enquête de Congo Hold-up - 25/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211125-rdc-les-r%C3%A9actions-se-multiplient-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations-de-l-enqu%C3%AAte-congo-hold-up

"Congo Hold-up : Congo Futur, un empire sous sanctions - 26/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211126-congo-hold-up-congo-futur-un-empire-sous-sanctions

"Enquête Congo Hold-up : Notre journaliste, Nada Macourant Atallah a répondu à vos questions - 25 novembre 2021
= https://www.lorientlejour.com/article/1282691/enquete-congo-hold-up-notre-journaliste-nada-maucourant-atallah-repond-a-vos-questions.html

"Gécamines, au coeur des révélations de "Congo Hold-up" - 25/11/2021
= https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/apres-joseph-kabila-la-rdc-veut-reprendre-le-controle-de-ses-mines

"CONGO HOLD-UP - EIC network. How to rob a country using a bank
= https://eic.network/projects/congo-holdup.html


"Congo Hold-up : Jules Alingete promet que les scandales pareils ne reviendront plus dans les prochains jours - 25/11/2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/25/congo-hold-up-jules-alingete-promet-que-les-scandales-pareils-ne-reviendront-plus-dans-les-prochains-jours.html/98266/
= https://actualite.cd/2021/11/27/congo-hold-ligf-ete-butee-sur-un-probleme-de-documentation-pour-responsabiliser-la

"Congo Hold-up : "L'IGF ne pouvait responsabiliser formellement la société Egal  par manque de documents probants (Alingete) - 25 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/25/congo-hold-up-ligf-ne-pouvait-responsabiliser-formellement-la-societe-egal-par-manque-de-documents-probants-alingete.html/98246/



"ED.POL25/11:ÉGLISE CATHOLIK INCONTOURNABLE,KABUYA DEVOIR DE MÉMOIRE, MENDE EBALUKI, CALCC ART.64"



"TLA!24/11 - CONGO HOL-UP + RENCONTRE AMBONGO/TSHIBILIE. RÉAGISSEZ"




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 30/11/2021, 5:03 pm, édité 2 fois

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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 27/11/2021, 10:21 pm

"


"Congo Hold-up : comment transférer des millions à l'étranger ? - 27/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211127-congo-hold-up-comment-transf%C3%A9rer-des-millions-%C3%A0-l-%C3%A9tranger

"LA SEMAINE DE JB PLACCA
Pauvre peuple congolais ! - 27/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-semaine-de/20211127-pauvre-peuple-congolais

"Congo Hold-Up : la campagne "Congo n'est pas à vendre" se félicite de la collaboration entre médias et ONGs dans le cadre de cette vaste enquête - 24 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/24/congo-hold-la-campagne-congo-nest-pas-vendre-se-felicite-de-la-collaboration-entre

"Congo Hold-up : réunion entre la BGIFBank et l'Inspection générale des finances de RDC - 26/11/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211126-congo-hold-up-r%C3%A9union-entre-la-bgfibank-et-l-inspection-g%C3%A9n%C3%A9rale-des-finances-de-rdc
= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211125-congo-hold-up-ce-sont-des-choses-que-nous-connaissons-c-est-du-positif-affirme-jules-alingete

""Congo Hold-up" : des entreprises françaises parmi les bénéficiaires d'un possible réseau de blanchiment -27 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/271121/congo-hold-des-entreprises-francaises-parmi-les-beneficiaires-d-un-possible-reseau-de-blanchiment

"LA UNE DE LA PRESSE CETTE SEMAINE A KINSHASA
A la Une : le scandale... Congo Hold-Up - 27/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/la-une-de-la-presse-cette-semaine-%C3%A0-kinshasa/20211127-%C3%A0-la-une-le-scandale-congo-hold-up

"Affaire "Congo Hold-up" : Albert Yuma convoqué au parquet - 25 novembre 2021
= https://www.matininfos.net/affaire-congo-hold-up-albert-yuma-convoque-au-parquet/83965/

""Congo Hold-up" : des fonds publics ont renfloué la société textile des Kabila -24 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/241121/congo-hold-des-fonds-publics-ont-renfloue-la-societe-textile-des-kabila
= https://www.mediapart.fr/journal/international/251121/congo-hold-les-elections-ce-pactole

"Rapport "Congo Hold-up", le CNPAV va mobiliser un collectif d'avocats pour poursuivre les auteurs des détournements des fonds publics - 24/11/2021
= https://zoom-eco.net/developpement/rdc-rapport-congo-hold-up-le-cnpav-va-mobiliser-un-collectif-davocats-pour-poursuivre-les-auteurs-de-detournement-des-fonds-publics/

"Congo Hold-Up : le RECIC, l'AETA, l'ODEP, l'OCIDC, et le collectif 24 appellent les politiques et la justice à considérer les révélations de cette enquête afin d'arrêter l'hémorragie financière - 25 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/25/congo-hold-le-recic-laeta-lodep-locidc-et-le-collectif-24-appellent-les-politiques-et-la

"Congo Hold-up : ACAJ exhorte la justice à collaborer avec le circuit national pour bien localiser l'endroit où sont cachées les sommes volées au trésor public -25 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/25/congo-hold-acaj-exhorte-la-justice-collaborer-avec-le-circuit-national-pour-bien
= https://actualite.cd/2021/11/25/congo-hold-licoco-exige-des-personnes-citees-dans-lenquete-le-remboursement-de-cet

"RD Congo : une nouvelle gouverneure à la Banque centrale du Congo -06/07:2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210706-rd-congo-une-nouvelle-gouverneure-%C3%A0-la-t%C3%AAte-de-la-banque-centrale-du-congo
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211006-rdc-l-onu-inqui%C3%A8te-de-la-d%C3%A9gradation-de-la-situation-humanitaire


"BOSOLO NA POLITIK | 23 NOV | CONGO HOLD-UP : UN COMPLOT POUR DÉSTABILISER LE CLAN KABILA ???













Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 30/11/2021, 4:59 pm, édité 1 fois

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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 30/11/2021, 4:08 pm

"


"INVITE AFRIQUE
Congo Hold-Up: «Une grande partie des pots de vin sont passés par des banques à New-York» - 30/11/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211130-congo-hold-up-une-grande-partie-des-pots-de-vin-sont-pass%C3%A9s-par-des-banques-%C3%A0-new-york

"« Congo hold-up » : les Chinois ont corrompu les Kabila pour un contrat minier géant - 28 novembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/281121/congo-hold-les-chinois-ont-corrompu-les-kabila-pour-un-contrat-minier-geant

"Congo Hold-up: le «contrat du siècle» entaché par une corruption à échelle industrielle - 28/11/2021
= https://www.lesoir.be/409129/article/2021-11-28/congo-hold-le-contrat-du-siecle-entache-par-une-corruption-echelle-industrielle


"RDC : Congo Hold-up, une malencontreuse contre-attaque sur fond d’un « présumé » acharnement - 21/11/2021
= https://www.afriwave.com/2021/11/21/rdc-congo-hold-up-une-malencontreuse-contre-attaque-sur-fond-dun-presume-acharnement/


"Congo Hold-up : Sonia Rolley, laissez notre Kabila tranquille (Pero Luwara) - 28 novembre 2021
= https://ouragan.cd/2021/11/congo-hold-up-sonia-rolley-laissez-notre-kabila-tranquille-pero-luwara/
= https://www.tsieleka.com/index.php/2021/11/19/congo-hold-up-il-sagit-dun-acharnement-des-puissances-occultes-qui-nont-jamais-digere-le-choix-opere-par-joseph-kabila-en-matiere-electorale-et-miniere/
= https://actu30.cd/2021/11/rdc-le-rapport-congo-hold-up-remis-en-question-par-de-nouveaux-elements-apportes-par-patrice-kitebi-et-la-societe-egal/


"Affaiire Congo HOLD-UP
Un Joseph Kabila peut en cacher bien d’autres sur le continent 6 25 novembre 2021

= https://lepays.bf/affaire-congo-hold-up-2/

"Congo hold-up : Guy Loando « possède 20% des parts » dans une société au cœur d’un scandale de détournement de plusieurs millions USD - 29 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/29/congo-hold-up-guy-loando-possede-20-des-parts-dans-une-societe-au-coeur-dun-scandale-de-detournement-de-plusieurs-millions-usd.html/98585/
= https://7sur7.cd/2021/11/29/congo-hold-le-ministre-guy-loando-mele-tort-dans-une-enquete-internationale-mise-au

= https://www.lemag.cd/actualite/2021/11/22/congo-hold-la-lucha-invite-les-autorites-congolaises-agir

"Bien comprendre l'affaire "Congo Hold-Up" en RDC
= https://d.facebook.com/watch/?v=1537745006563921&_rdr

= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211130-congo-hold-up-trois-millions-de-dollars-d-argent-public-retir%C3%A9s-en-cash-par-le-directeur-financier-de-kabila

"Congo Hold-Up : "des fonds publics ont permis Joseph Kabila d'approvisionner ses vastes propriétés privées en animaux sauvages importés de Namibie"(PPLAAF) - 30 novembre 2021
= https://actualite.cd/2021/11/30/congo-hold-des-fonds-publics-ont-permis-joseph-kabila-dapprovisionner-ses-vastes


"Congo Hold-Up/Détournement de 43 millions USD : « ce qui est dit sur Kabila est faux » (Jules Alingete) - 30 novembre 2021
= https://www.politico.cd/la-rdc-a-la-une/2021/11/30/congo-hold-up-detournement-de-43-millions-usd-ce-qui-est-dit-sur-kabila-est-faux-jules-alingete.html/98667/


"Congo Hold-up: l'Affaire des cartes Visa liées au Trésor refait aussi surface - 29.11.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-96962_congo_hold_up_l_affaire_des_cartes_visa_liees_au_tresor_refait_aussi_surface.html

= https://www.politico.cd/encontinu/2021/11/30/congo-hold-up-la-plus-grande-lecon-ce-que-nous-avons-a-etre-serieux-nicolas-kazadi.html/98604/



"Affaire "Congo Hold-up"à Kinshasa: quelles options pour l'ancien président Kabila? - 27 nov. 2021"




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Message  ndonzwau 4/12/2021, 10:30 pm

A propos de l'enquête Congo Hold-up, certaines voix Congolaises sur fond d'un souverainisme ambivalent plutôt exacerbé ont dénoncé son caractère complotiste envers notre pays - elle ne serait là que pour déstabiliser le Congo - mais peu se sont appliqués à décrypter leurs vérités sauf peut-être Alingete. Le pouvoir lui s'est montré plus regardant et plus responsable dans sa décision à relever enfin Yuma de son poste de PCA de la Gécamines, les révélations de Congo Hold-up reviennent plus d'une fois sur sa présumée implication sur plusieurs malversations autour de la FGIF/RDC et de EGAL dont il est un des  principaux actionnaires.

Maintenant que le consortium des médias et des ONG visait 'JK' pour pousser ainsi Tshisekedi à acculer son prédécesseur et que l'IGF défende sa mise en ordre des finances publiques et sa mise au pas d'opérateurs indélicats, pourquoi pas ; encore faut-il que la vérité des faits démontre sans discussion que l'enquête se trompe ou exagère ici et là. Un clash explosif voulu entre l'ancien et l'actuel président dont l'enquête n'a pourtant pas épargné deux proches, en l'occurrence Jean-Claude Kabongo et Luc-Gérard Nyafé. Rappelons une fois de plus ce qui est pour moi un haut fait au crédit de Tshisekedi : sa décision courageuse de virer Yuma de la Gécamines en attendant les suites...



" REVUE DE PRESSE AFRIQUE
À la Une: les révélations de l’enquête Congo Hold-up, avec les dénégations des uns et la colère des autres- 02/12/2021

= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/revue-de-presse-afrique/20211202-%C3%A0-la-une-les-r%C3%A9v%C3%A9lations-de-l-enqu%C3%AAte-congo-hold-up-avec-les-d%C3%A9n%C3%A9gations-des-uns-et-la-col%C3%A8re-des-autres
Les révélations de Congo Hold-up, cette enquête internationale sur des détournements massifs d’argent public durant la période Kabila continuent de faire couler beaucoup d’encre dans la presse du continent. Il y a d’abord ceux qui s’insurgent contre les résultats de l’enquête, à l’instar de Jules Alingete, le patron de l’inspection Générale des Finances*. Interrogé par le site d’information congolais Politico, il estime que « les affirmations des enquêtes de ce consortium des médias sur ce dossier n’ont aucun fondement puisque se basant simplement sur des "insinuations" ». Il prend l’exemple du versement de 43 millions de dollars parti de la banque centrale du Congo pour la BGFIBANK qui aurait ensuite reversé cet argent sur un compte lié à Kabila. Faux, affirme-t-il : c’est la banque qui a gardé l’argent et rien n’a été versé à Kabila. Toujours d’après lui, « les objectifs poursuivis par ces médias étrangers vont à l’encontre des intérêts de la République Démocratique du Congo. »

Mea culpa

Quant à la banque BGFI, elle a promis de restituer ces fameux 43 millions de dollars. La BGFI qui se défend également. Par le biais d’un communiqué publié par le site Actualité CD, elle dit « condamner avec la plus grande fermeté les actes contraires à la loi et à l’éthique qui ont pu être commis dans le passé au sein de sa filiale congolaise et dont ses préposés auraient pu éventuellement être auteurs ou complices à des degrés divers. » La BGFI qui précise encore qu’elle a pris « dès 2018 les mesures d’assainissement qui s’imposaient. » Et elle conclut en affirmant que « les autorités judiciaires restent les seules habilitées à établir, dans le respect des lois, l’innocence ou la culpabilité des personnes poursuivies. »

Justice et restitution !

Justement, la justice, c’est ce que réclame Jean-Claude Mputu, porte-parole du collectif Le Congo n’est pas à vendre. Il est interrogé par le site d’information sur la RDC Afrikarabia. Pour lui il est clair que « les documents que révèlent Congo Hold-up montrent l’importance d’un détournement organisé et systématisé par la famille de Joseph Kabila avec les moyens de l’Etat. Cela permet de retracer le circuit de certaines sommes d’argent qu’on soupçonnait avoir été détournées, mais pour lesquelles on n’avait pas tous les éléments et toutes les certitudes. »
Alors, poursuit Jean-Claude Mputu, « nous attendons que le gouvernement, comme il l’a annoncé, puisse ouvrir des enquêtes, identifier les coupables, les poursuivre et les punir. Nous attendons aussi la récupération des biens détournés. Il y a bien eu quelques procès par le passé, mais nous n’avons jamais récupéré les biens. Congo Hold-up nous permet d’identifier certains biens, comme des bateaux, des immeubles, ou des entreprises achetées avec de l’argent public. Ces biens doivent revenir à l’Etat congolais. »

Une « mafia » 

Autre homme en colère, Jean-Claude Katende, le président l’Asadho, l’Association Africaine des droits de l’homme. C’est à lire sur le site congolais Cas-Info : Jean-Claude Katende dénonce « la mafia », selon lui, organisée par l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa, qui aurait détourné des millions de dollars des caisses de l’institution au profit du clan Kabila. « A l’époque, dénonce Jean-Claude Katende, quand nous exigions que la CENI rende public son rapport financier, on nous traitait d’extrémistes. Aujourd’hui, avec Congo Hold-up, tout le monde comprend pourquoi Naanga ne voulait pas. Un homme avec une grande gueule, mais plongé dans la mafia. »

« Un Kabila peut en cacher bien d’autres »
Pour Le Pays au Burkina, l’affaire est entendue… « Joseph Kabila et sa famille se sont-ils enrichis sur le dos du peuple congolais ?  Tout porte, hélas, à le croire. Et ce ne sont pas les dénégations des communicants de l’ex-numéro un congolais, qui déplorent "un acharnement injustifié de certaines puissances cachées derrière ces médias", qui suffiront à disculper le mis en cause. » Et « il faut se féliciter de la détermination de ces journalistes et autres lanceurs d’alerte, dans la croisade inlassable qu’ils mènent contre ces "braquages" de deniers publics, dont sont friands bien des dirigeants d’Afrique et même d’ailleurs. » En effet, attention, prévient Le Pays, « un Kabila peut en cacher bien d’autres sur le continent, qu’ils soient anciens dirigeants ou présidents en exercice. »
--
* À noter que Jules Alingete, dans un entretien accordé à Christophe Boisbouvier jeudi 25 novembre, se félicitait de cette enquête, la qualifiant de « positive ».


"Congo Hold-up: comment devenir l’entrepreneur de l’année en Belgique? - 04/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211203-congo-hold-up-comment-devenir-l-entrepreneur-de-l-ann%C3%A9e-en-belgique
 
Un tracteur de marque John Deere. :copyright: RFI  
 
L’enquête Congo Hold-up s’est penchée sur le cas de l’homme d’affaires belge, Philippe de Moerloose. Inconnu du grand public au Congo comme en Belgique, il a pourtant bénéficié d’au moins 742,9 millions de dollars de contrats avec l’État congolais, en enregistrant des profits très largement supérieurs à la moyenne. Enquête de De Standaard,  Le Soir, avec Mediapart, PPLAAF et le réseau européen EIC.

Après dix heures de route depuis Kinshasa, on les découvre enfin sur une piste du Kongo Central : les tractopelles extrêmement coûteuses fournies par l’homme d’affaires belge Philippe de Moerloose. Un groupe d'ouvriers congolais les utilise pour niveler une route ravagée par les nids de poule. Ils passent des heures à s'attaquer à la terre rouge sous un soleil de plomb. Leur tâche est d'améliorer les routes d’accès, pour que les rizières, plantées de l'autre côté du fleuve Congo dans le parc agro-industriel de la vallée de Nkundi, puissent bénéficier au reste du pays.
C'est un contraste étrange. Les tractopelles, tracteurs et niveleuses ont coûté des centaines de milliers de dollars, mais les hommes qui les utilisent vivent dans la pauvreté. Lorsque nous demandons si les ouvriers reçoivent un salaire, ils hésitent à répondre, mal à l'aise. Un superviseur surveille leurs propos. « Parfois seulement », admet le plus âgé. C’est un ouvrier expérimenté, il a déjà travaillé avec les mêmes machines dans plusieurs autres provinces congolaises.
Plus loin, dans un village, une énorme niveleuse de marque John Deere est à l'arrêt. La roue avant-gauche a crevé quelques jours plus tôt. Le contrat gouvernemental pour les excavatrices, que nos collègues du journal flamand De Standaard ont pu consulter, indique que cet engin a coûté 250 000 dollars. « Nous avons encore des pièces de rechange », dit le responsable de ces engins de chantier. « Mais si cela continue de se produire, on risque d’abandonner cette machine en brousse. Ces engins ne sont pas faciles à réparer. Les moteurs de John Deere ont des composants électroniques. Dans tout le pays, on retrouve des tracteurs abandonnés depuis dix ans, la population ne peut même pas les bricoler », explique le superviseur. « Ce n'est pas bien pensé »

D'énormes marges bénéficiaires

L’enquête Congo Hold-up révèle pour la première fois comment le grand entrepreneur Philippe de Moerloose s'est enrichi au Congo. Cet homme d’affaires belge  a systématiquement réalisé des bénéfices mirobolants sur la vente de camions, de tracteurs comme ceux de Nkundi, et d'autres machines et équipements lourds. Les rapports annuels de la Banque centrale du Congo (BCC) et les contrats que nous avons vus montrent qu'en quinze ans, les entreprises de De Moerloose ont reçu plus de 742 millions de dollars de l'État. Le Belge a profité de la faiblesse des institutions congolaises pour s'enrichir au détriment de l’Etat.
L’enquête Congo Hold-up montre également comment Philippe de Moerloose a entretenu des relations étroites avec l'ancien président Joseph Kabila et sa famille pendant des années. Il a notamment vendu une résidence luxueuse à la belle-mère de Joseph Kabila, à quelques pas de sa villa située à côté du club de golf de Bercuit, l’un des quartiers les plus riches de Belgique.
Des documents internes, des factures des sociétés de Philippe de Moerloose et des copies de contrats signés avec le gouvernement congolais, montrent comment l'homme d'affaires belge surévalue le prix de vente des véhicules par rapport au prix d'achat initial. Les tracteurs de marque John Deere, par exemple - qui charrient la terre rouge du Kongo Central - ont été achetés pour 16 625 dollars ​​en Inde en 2018, puis vendus au Congo pour 51 265 dollars. Le prix est multiplié par trois. Sur d’autres achats, la marge bénéficiaire brute - le bénéfice réalisé sur la vente, avant déduction des coûts de fonctionnement - est encore plus élevée.

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Des tracteurs de marque John Deere ont été achetés pour 16 625 dollars puis vendus au Congo pour 51 265 dollars. :copyright: RFI  

Nous avons parlé à sept anciens hauts cadres des sociétés de De Moerloose et à des sources congolaises informées de ces transactions. Tous ont préféré témoigner anonymement. « De Moerloose a enregistré des profits stratosphériques », dit l'un d'eux. Mais Philippe de Moerloose n'est pas d'accord avec nos conclusions. « Nous travaillons toujours avec des marges bénéficiaires répondant aux standards du secteur et du marché (marge brute de l’ordre de 25 à 30 %) », nous a-t-il répondu.
Le ministre des Infrastructures, Fridolin Kasweshi, assure lui n’être informé « ni sur les paiements, ni sur le contrat concerné ». Il ajoute que l’Office des Routes, bénéficiaire des équipements, devait procéder aux « vérifications nécessaires » avant de lui transmettre le contrat.

Manager de l'année

De Moerloose est la 129e fortune de la Belgique selon le site d’information flamand Rijkste Belgen, il est peu connu dans son propre pays. Comme beaucoup de personnalités fortunées, De Moerloose suit depuis longtemps l’adage « pour vivre heureux, vivons cachés ». Mais après le départ de Joseph Kabila en 2019, il est vraiment sorti de l'ombre en Belgique pour la première fois, en faisant campagne pour le titre d’entrepreneur de l’année.
L'histoire qu'il raconte aujourd'hui ressemble à un conte de fées capitaliste. Le père de Philippe, Louis de Moerloose, répond à une petite annonce publiée dans Le Soir en 1970 et part avec sa famille au Congo, pour devenir comptable dans l'ancienne usine textile coloniale Texaf. Philippe de Moerloose a alors trois ans. Il grandit dans sa « chère Afrique », comme il l'appellera plus tard, et parle couramment le swahili. Il rentre ensuite en Belgique pour étudier à l'école de commerce bruxelloise Ichec. En 1991, il fonde la société d'import-export Demimpex.


 
L’entrepreneur belge le fait avec un petit capital de départ qui, qu’il présentera comme toujours plus faible au fil des ans  En 2007, De Moerloose parle dans une interview de 3100 euros, en 2013 de 2500 euros et récemment de 1800 euros.
Au cours des trente dernières années, ses affaires ont évolué rapidement. Son groupe, qui s'appelle aujourd'hui SDA Holding, dépassera pour la première fois cette année un chiffre d'affaires annuel d'un milliard d'euros.
De Moerloose est devenu l’un des leaders mondiaux de la distribution de camions, engins de chantier et véhicules agricoles. Depuis 2015, il est le distributeur exclusif de Volvo Construction Equipment au Benelux. Depuis, il s'est également installé au Royaume-Uni et il promet de prendre d'assaut le marché américain et asiatique prochainement. En novembre, le magazine économique belge Trends l'a sélectionné parmi les candidats au titre de « manager belge de l'année » pour la deuxième année consécutive. Dans des SMS, Philippe De Moerloose a encouragé tous les membres de son réseau à voter pour lui. En Europe, il évoque rarement le pays auquel il doit une large part de sa fortune : la République démocratique du Congo.

Une fortune bâtie au Congo

L'ascension spectaculaire de De Moerloose a été soutenue par les profits spectaculaires qu'il a réalisés au Congo. En Europe, il a toujours pu rembourser rapidement les dettes qu'il contractait pour faire de grandes acquisitions. L'année dernière, alors que ses ventes ont chuté de près de 187 millions d’euros en raison du coronavirus, du Brexit, de « l’instabilité sociopolitique dans certains territoires africains », De Moerloose a tout de même réussi à réduire ses dettes de plusieurs millions. En outre, il a accumulé un important capital personnel, qu'il a logé sur des comptes bancaires à l’étranger, des sociétés dans des paradis fiscaux et dans l'immobilier. Il a également investi dans des hôtels, dans le secteur minier et dans des entreprises de construction.
Selon cinq sources ayant travaillé avec Philippe de Moerloose, les contrats signés en RDC ont d'abord été discutés en personne avec Joseph Kabila. De Moerloose a été invité dans son immense propriété de la vallée de N'Sele, à l'est de Kinshasa. Là, l'ancien président l'a reçu sur « une espèce de trône », selon un associé qui a assisté à l'une des réunions. Le président s'est montré amical avec le Belge et l'a appelé « Philippe ». Selon de Moerloose, c'était vrai mais uniquement parce que son nom de famille « est d’une part difficile à prononcer pour des personnes africaines et certainement pas facile à retenir. Monsieur Kabila m’appelle ‘’Monsieur Philippe’’ et je l’appelle toujours ‘’Excellence’’ », précise-t-il.
A Kinshasa, « Philippe » avait un monument à son effigie: une statue de lui entourée de deux employés congolais, l’un brandissant l’un des avions de sa compagnie aérienne Hewa Bora, l’autre portant dans ses bras, un 4x4 Nissan, du même modèle que ceux officiellement achetés par l’Etat pour le compte des députés et des professeurs d’Université. Cette sculpture trônait face du bâtiment d’Auto Transport Company (ATC). En 2011, il achète ce bâtiment à sa propre entreprise et le vend deux ans plus tard (fin 2013) à Sud Oil, une ancienne société de distribution de produits pétroliers qui passe à cette époque sous le contrôle de membres de la famille de Joseph Kabila. C’est officiellement depuis cette adresse que les proches de Joseph Kabila ont reçu près de 88 millions de dollars sur les 138 millions documentés par l’enquête Congo Hold-up.

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A Kshasina, Philippe de Moerloose avait un monument à son effigie: une statue de lui entourée de deux employés congolais. :copyright: PPLAAF/Mediapart
 
Interrogé à ce propos, Philippe de Moerloose dit avoir à l’époque « exigé » une copie du registre des actionnaires : « celle-ci ne renseignait aucun membre de la famille Kabila ».
L’homme d’affaires nie avoir eu avec Joseph Kabila une relation qui allait au-delà des contacts professionnels. Il dit ne pas être une « personne politiquement exposée » et être considéré comme tel. Il souligne que ses affaires sont régulièrement contrôlées. « Nous confirmons n’avoir jamais rétrocédé la moindre commission à des tiers sur ces contrats et nous réfutons toute allusion à une quelconque corruption qui est contraire aux règles de compliance et de bonne gouvernance de notre groupe
Joseph Kabila n'a pas répondu à nos demandes de commentaires. Volvo et John Deere n'ont pas non plus répondu à nos questions. « Nous n'avons qu'une vision limitée du prix que paie l'utilisateur final », déclare Claes Eliasson, du groupe Volvo. « Nous prenons la compliance très au sérieux. »
Pendant les dix-huit ans de mandat de Joseph Kabila, De Moerloose est incontournable sur le marché de la vente de véhicules pour la République démocratique du Congo. Ses sociétés sont régulièrement mentionnées dans les bilans de dépenses de l'État dans les bulletins de la Banque Centrale. Demimpex a touché plus de 436 millions de dollars grâce à des contrats signés avec l’Etat congolais.
Ses sociétés à l'île Maurice ont encaissé plus de 128 millions de dollars de 2011 à 2017. HMIE et D'Angelin Ocean Trade, deux sociétés enregistrées dans les îles Vierges britanniques qui appartiennent à De Moerloose, ont, elles, amassé plus de 40 millions de dollars. Depuis 2018, De Moerloose, par l'intermédiaire d'une nouvelle filiale de SDA Holding à Maurice, a conclu deux autres contrats avec le ministère de l'Agriculture, pour un montant de 139 millions de dollars. Montant total de tous ces contrats cumulés: au moins 742,9 millions.
Aucun de ces marchés n’est issu d'une procédure d'appel d'offres publique. Philippe de Moerloose le reconnaît lui-même lorsqu’il nous explique avoir « systématiquement »  recours à l’autorisation préalable de la Direction Générale de Contrôle des Marchés publics (DGCMP) qui, selon lui, « contrôlait tous les aspects du contrat en ce compris les tarifs appliqués ». Ce recours à une procédure de gré à gré est une pratique courante en République démocratique du Congo, mais il est très largement dénoncé par la société civile, comme par les institutions internationales.
Nous avons obtenu une copie de l’avis de non-objection de 2016 émis pour les derniers contrats agricoles de 139 millions de dollars. Les arguments donnés par la DGCMP restent peu étayés : « Il s'agit d'un partenariat public-privé », dit-elle. De plus, la société de De Moerloose a « déjà fourni des machines à l'État congolais ». Et le « financement du contrat sur une durée moyenne de cinq ans est avantageux ».


Philippe de Moerloose
@P_de_Moerloose

Philippe de Moerloose participe aujourd'hui à l'inauguration du nouveau siège de la Banque Centrale du Congo à #Lubumbashi : un magnifique ouvrage construit par Dematco, filiale de notre holding African Equities, qui va contribuer au développement économique du Haut-Katanga #RDC

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Des marges extrêmement élevées

Cette pratique  a donné lieu à des abus. Nos confrères du journal De Standaard ont obtenu des documents internes, des tableaux indiquant les prix d'achat de ces équipements qui ont été revendus en RDC. Nous avons comparé les prix d'achat et les prix de vente pour chaque machine livrée, services et pièces détachées fournis dans le cadre des derniers contrats de 139 millions de dollars.
Notre analyse montre que sur la première tranche de ce marché, qui correspond aux commandes passées en août 2018, les revenus se sont élevés à 58,5 millions et les marges brutes bénéficiaires à 36,7 millions, soit 63% du total.
Cela comprend les prix du transport maritime, mais pas encore le transport terrestre, qui, selon les contrats précédents, s'élève à quelques points de pourcentage du prix total. Par exemple, les machines de récolte de maïs ont été achetées pour 64 000 dollars. De Moerloose les a vendues à l'État congolais pour 456 000 dollars. Le transport par mer a coûté 7 500 dollars. Le transport intérieur au Congo n'est pas inclus dans le tableau. Des moissonneuses de marque John Deere, par exemple, ont été achetées par la société de De Moerloose pour 64 138 dollars l’unité et vendues à l'État congolais pour 456 183 dollars.
Contacté, M. De Moerloose conteste l'authenticité de ces documents internes. Il affirme que ses marges réelles se situaient entre 25 et 30 %. De Moerloose donne également des exemples précis de prix d'achat des machines, qui diffèrent de ceux figurant dans nos documents. 
Mais les comptes annuels de la société mauricienne DEM Equipment traitant les récents contrats de 139 millions, montrent que les marges devaient être bien supérieures aux 25-30% évoqués par Philippe de Moerloose.
Les états financiers pour 2018, 2019 et 2020, qui peuvent être consultés en ligne sur le registre des sociétés de l’île Maurice, révèlent que cette société a cumulé un chiffre d'affaires de 102,8 millions d'euros et une marge brute de 39,6 millions, ce qui fait un taux de marge de 38,5%.
Un bénéfice net cumulé avant impôts de 40 millions a été enregistré au cours de ces trois années, sur lequel la société a payé 3,4 millions d'euros d'impôts. Cela fait un taux d'imposition de seulement 8,7%.

Les prix demandés par De Moerloose à l'État congolais étaient également beaucoup plus élevés que ceux pratiqués dans d'autres pays africains. Contacté à propos des prix pratiqués par l’homme d’affaires belge, Patrick Roux, directeur de la société sud-africaine AFGRI Equipment, lui aussi représentant de la marque John Deere, explique qu’il est difficile de commenter le prix sans connaître les détails de la transaction. « Mais si l’exemple que vous donnez (tracteur de 75 chevaux John Deere, vendu pour 51 265 dollars) est exact, ce serait très loin des normes ».
Selon AG Facts, une société de données sud-africainespécialisée dans les prix des équipements agricoles, le prix de vente de ces tracteurs dans ce pays est de 28 500 dollars pièce. C'est le prix hors TVA que les agriculteurs paient. Le Moerloose, qui vend au gouvernement congolais, ne doit pas non plus facturer la TVA.
C’est ce que répètent aussi les anciens proches collaborateurs de Philippe de Moerloose. « Nous parlons de quelqu’un qui n’est pas mis en concurrence. Il fait alors passer des prix très élevés et totalement hors marché pour des équipements agricoles, dans l'un des pays les plus pauvres du monde », déclare un ancien membre du conseil d'administration de l'une des entreprises de De Moerloose, qui souhaite rester anonyme par crainte de représailles judiciaires. « En plus de cela, ces programmes sont bien souvent financés par des institutions financières multilatérales et, en retour, il ne paie presque pas d'impôts sur les énormes bénéfices réalisés, grâce à des structures fiscales offshore. C'est moralement répréhensible

Une vieille pratique

Philippe de Moerloose n’en est pas à son coup d’essai. Nos confrères du Standaard ont également vu des factures de SDIAG, une société de De Moerloose à Maurice, datant de 2011. Des remorques de cinq tonnes de la marque Fieldking ont été achetées à l'époque pour 2 435 dollars chacune. De Moerloose les a vendues au ministère de l'Agriculture congolais pour 7 800 dollars pièce : le triple du prix. Et il ajoute encore 2300 dollars par engin pour le transport. Les marges réalisées sur des  machines de SDLG, la marque chinoise de Volvo, ont aussi été  particulièrement impressionnantes. Grâce à un tableau de Demimpex mentionnant les prix d'achat de 2010, l’enquête Congo Hold-up a pu établir que les pelleteuses chinoises ont été vendues au ministère des Routes pour six fois le prix d'achat. Cette machine du modèle LG956L qui coûtait 45 200 $ a été vendue la même année pour 265 900 $.
Entre 2008 et 2010, des milliers de tracteurs John Deere ont été vendus en RDC. Ce sont les premiers gros contrats avec l’Etat d’une longue série. Joseph Kabila et Philippe de Moerloose ont visité ensemble le siège de John Deere à la Nouvelle-Orléans aux Etats-Unis en 2010. Sur la chaîne internet de vidéos Youtube, on trouve toujours un reportage sur la signature de la troisième édition de ces énormes contrats, portant sur 1 500 tracteurs. « L'ordre a été donné par le chef de l'État Joseph Kabila, qui est enthousiaste à l'idée de mécaniser l'agriculture au Congo », explique le journaliste. Dans cette vidéo, l'ambassadeur belge de l'époque, Dominique Struye, fait part de son plaisir à voir une entreprise belge active en RDC. «Je dirais même, qui améliore les relations», explique-t-il dans cette vidéo.


 
Aujourd'hui, ces premiers tracteurs sont difficiles à localiser . D'après les contrats, ils ont été distribués en provinces. « C'était juste avant les élections de 2011 », explique un haut fonctionnaire du ministère de l'Agriculture congolais qui a requis l’anonymat. « La plupart de ces tracteurs ont été distribués aux députés. »
Contacté, Joseph Kabila n’a pas donné suite; son ministre de l’Agriculture à l’époque et ancien vice-président de la commission électorale, Norbert Basengezi, assure qu’un rapport du cabinet d’audit KPMG atteste d’une « bonne gestion de ces tracteurs », tout en précisant qu’il n’a pas eu le temps de le chercher. Il se refuse également à commenter les allégations de surfacturation. « Je n’étais pas aux négociations initiales de ces contrats », explique-t-il. « J’ai rencontré Philippe de Moerloose le jour de la signature du contrat ».
Lorsqu'on interroge Philippe de Moerloose sur le secret de son succès, il insiste invariablement sur la qualité de son service après-vente dont il vante l’excellence, ce qui lui permet de se développer sur un marché où la concurrence est féroce, avec des concurrents basés partout sur la planète. C’est sûr que lorsqu’il livre des équipements Volvo en Europe, la qualité de son service après-vente n’est pas contestée.
En République démocratique du Congo, on est très loin d’avoir les mêmes standards, selon un rapport d'évaluation interne que nous avons pu consulter. En 2012, à la demande de Demimpex, un cabinet d’audit belge a examiné une série de contrats. Commandes erronées, matériel en piteux état voire jamais livré, les conclusions de ce rapport sont accablantes.

Des problèmes ont été constatés avec toutes les marques, mais les camions chinois Sinotruk fournis se sont avérés particulièrement défaillants. Ces engins ont coûté au bas mot 70 000 dollars chacun, selon les contrats que nous avons pu consulter. Le rapport de 2012 l’atteste: les avaries se sont multipliées. Pour commencer, les pièces en acier souffraient déjà d'une forte corrosion à leur arrivée. Les compteurs kilométriques se sont avérés défectueux, les moteurs mal assemblés, ce qui les a fait tomber très vite en panne. Les bas de caisse n'étaient pas adaptés aux routes africaines, les cabines de conduite, pas à l'épreuve des chocs. Dans sa longue réponse adressée aux partenaires de Congo Hold-up, De Moerloose explique qu’il était « fréquent » que le matériel soit abîmé au cours du transport, mais que c’était « formellement constaté » et le matériel remplacé. « Nous vous confirmons que le matériel livré était 100% conforme et en parfait état au client final », assure-t-il.
En janvier 2019, Joseph Kabila quitte la présidence et depuis, un dernier contrat  qui devait être signé avec les entreprises de De Moerloose à Maurice, pour un montant de 125,4 millions de dollars, semble s’être perdu dans les tiroirs d’un ministère. Y a-t-il des réticences de la part du gouvernement du successeur Félix Tshisekedi? De Moerloose dément et assure que la signature de ce troisième avenant du contrat ne peut intervenir « qu’après que la phase 1 et 2 soient en pleine production ». Ce délai serait selon lui normal pour pouvoir « constater les succès et défaillances éventuels des premières phases ».
En septembre 2021, Philippe de Moerloose fête le 30e anniversaire de son entrée dans le monde des affaires à l’Hôtel de Mérode à Bruxelles. Il a les larmes aux yeux, ses enfants sont assis au premier rang, les peintures modernes de sa compagne accrochées derrière lui. « Notre chiffre d'affaires va augmenter de vingt pour cent par an », promet-il. « Dans cinq ans, nous aurons franchi la barre des deux milliards. C'est ambitieux, je sais, mais nous y arriverons ».



"RDC : le président Tshisekedi révoque Albert Yuma de la présidence du conseil d'administration de la Gécamines
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211204-rdc-le-pr%C3%A9sident-tshisekedi-r%C3%A9voque-albert-yuma-de-la-pr%C3%A9sidence-du-conseil-d-administration-de-la-g%C3%A9camines
  "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7 "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7  
En RDC, Albert Yuma (photo) et tout le conseil d'administration de la Gécamines ont été écartés par le président Tshisekedi.  AFP - JACQUES DEMARTHON

Le président Felix Tshisekedi a remplacé Albert Yuma, président du conseil d’administration de la Gécamines, la compagnie minière d’Etat. Depuis le 19 novembre, l’enquête Congo Hold-up avait régulièrement évoqué son nom. A coups de dizaines de millions de dollars, la compagnie minière d’Etat avait alimenté les comptes du premier cercle de Joseph Kabila, via la BGFI Bank. Il faisait aussi l’objet d’une enquête de l’Inspection générale des finances.
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Le président Tshisekedi a remplacé tout le conseil d’administration de la Gécamines dont son président Albert Yuma, son directeur général et directeur général adjoint. Beaucoup de malversations ont été dénoncés dans le cadre de l’enquête Congo Hold-up.
A titre personnel, le désormais ancien patron de la Gécamines est impliqué dans le dossier Egal,une société dont il est actionnaire et qui a détourné 43 millions de dollars d’argent public au profit du premier cercle de Joseph Kabila.[/url]
Sous son contrôle, la Gécamines fait de nombreux virements qu’elle présente comme des avances fiscales, c’est-à-dire une avance sur impôts à venir. 
L’IGF parle elle d’un demi-milliard ainsi détournés. Car au lieu de verser l’argent sur le compte du Trésor, elle va par exemple le verser à Sud Oil qui appartient à des membres de famille de Joseph Kabila. Par exemple le 13 juin 2016, ce sont 2 millions qui disparaissent sous l’intitulé « solde avance de fiscalité ».
 Le 2 août 2017, la Gécamines vire, cette fois, 15 millions de dollars à Sud Oil sous le libellé « paiement alimentation de notre compte ».  Mais il n’en reste pas moins qu’Albert Yuma est le patron de la Fédération des entreprises du Congo, il a été réélu en novembre dernier à l’issue d’une élection contestée.

A noter que vendredi, lors d'un débat, un représentant de l'inspection générale des finances a qualifié les preuves de Congo Hold-up de fausses dans le dossier Egal. L'IGF assure qu'Egal dont Albert Yuma est l'un des actionnaires n'a pas détourné les 43 millions de dollars qui était sous un compte à son nom. Pour l'IGF, seule la BGFI Bank, la banque contrôlée par le frère de l'ancien président, aurait détourné cet argent et promis de le rembourser depuis mai ; a priori rien n’a été fait. Contactée par l'enquête Congo Hold-up, la BGFI n'a pas réagi.

en RDC, la Gécamines épinglée pour plusieurs transactions peu transparentes

Du côté des réactions, c’est quasiment le silence dans les rangs du PPRD de l’ancien président, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi. On est bien loin de l’époque où la famille politique de Joseph Kabila faisait bloc pour défendre Albert Yuma. « On lui cherche une faute. Si on apprend que quelque chose de mal lui est arrivé, je vais donner un mot d'ordre, nous allons nous soulever et nous allons mettre tout le monde debout et paralyser ce pays », disait Emmanuel Ramazani dans une réunion publique. 
Du côté la société civile, on estime qu’il était plus que temps de revoir la gouvernance de la Gécamines. « On se souvient de tous les contrats conclus avec l’homme d’affaire Dan Gertler, rappelle Jean-Claude Mputu, porte-parole de la campagne Le Congo n’est pas à vendre. On se souvient de la cession des royalties pour lesquels nous demandons des saisis par le gouvernement. On se souvient des millions de la Gécamines soi-disant payés comme avances fiscales et retirés plus tard ». 
George Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), ne souhaite pas, dit-il, personnaliser le débat et plaide à présent pour la révision de certains contrats signés sous la présidence d'Albert Yuma. « Nous savons par exemple qu’avec les Chinois, beaucoup de ces entreprises ont obtenu des carrés miniers ayant appartenu à la Gécamines. Et ces dernières n’ont pas respecté leurs engagements. Nous n’avons jamais cessé de demander une résiliation ».
Aujourd’hui, les regards sont tournés vers l’enquête lancée par l’Inspection générale des finances sur la gestion de la Gécamines.

en RDC, qui contrôle la Gécamines?


"RDC : Albert Yuma puissant patron pro-Kabila écarté de la Gécamines - 04 déc 2021
= https://information.tv5monde.com/info/rdc-albert-yuma-puissant-patron-pro-kabila-ecarte-de-la-gecamines-435146
= https://www.jeuneafrique.com/1276632/politique/rdc-albert-yuma-evince-de-la-presidence-de-la-gecamines/


"« Congo hold-up » : l’empire surfacturé de l’homme d’affaires Philippe de Moerloose - 4 décembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/041221/congo-hold-l-empire-surfacture-de-l-homme-d-affaires-philippe-de-moerloose
= https://www.lesoir.be/410349/article/2021-12-04/congo-hold-sur-les-traces-des-machines-prix-dor-de-philippe-de-moerloose

"Congo Hold-up
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/la-tirelire-du-clan-kabila
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/les-ambitions-frustrees-de-socar-au-congo
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/la-suisse-arriere-cuisine-des-intrigues-electorales-congolaises
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/une-banque-genevoise-a-accueilli-les-millions-dun-reseau-libanais-sous-sanction
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/les-horloges-fantomes-made-in-switzerland-de-kabila
= https://www.publiceye.ch/fr/coin-medias/communiques-de-presse/detail/congo-hold-up-dans-les-rouages-du-plus-grand-detournement-dafrique-centrale
= https://www.publiceye.ch/fr/coin-medias/communiques-de-presse/detail/congo-hold-up-un-reseau-libanais-sous-sanctions-touchait-a-geneve-les-millions-dun-douteux-commerce-de-viande
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/negoce-de-matieres-premieres/suisse
= https://congoholdup.com/en/
= https://swisscorruption.ch/fr/


"Joseph Kabila et les millions disparus du Congo - 29 novembre 2021
= https://www.bbc.com/afrique/media-59462637

"Congo hold-up : le clan Kabila parle des mensonges honteux - 19 novembre 2021
= https://ouragan.cd/2021/11/congo-hold-up-le-clan-kabila-parle-des-mensonges-honteux/

"Congo Hold-Up : le dossier de BGFI BANK est en instruction pré-juridictionnelle au parquet général près la Cour de cassation - 24/11/2021
= https://www.radiookapi.net/2021/11/24/actualite/justice/congo-hold-le-dossier-de-bgfi-bank-est-en-instruction-pre
= https://ecomatin.net/congo-hold-up-la-mise-au-point-du-groupe-bgfibank

"RDC : Rapport « Congo Hold-up », SICOMINES indignée d’être impliquée dans cette affaire de détournement des fonds publics - 30 novembre 2021
= https://zoom-eco.net/economie/rdc-rapport-congo-hold-up-sicomines-indignee-detre-impliquee-dans-cette-affaire-de-detournement-des-fonds-publics/
= https://www.election-net.com/rdc-congo-hold-up-le-plan-machiavelique-occidental-sur-la-sino-congolaise-denonce-par-la-sicomines-s-a/


"« Congo Hold-Up », une chance pour la lutte contre la corruption - Par Thomas Fessy, chercheur principal pour la RDC HRW - 1 décembre 2021
= https://www.hrw.org/fr/news/2021/12/01/congo-hold-une-chance-pour-la-lutte-contre-la-corruption
La semaine dernière, les autorités en République démocratique du Congo ont confirmé avoir ouvert une enquête suite aux allégations de grande corruption rapportées par un consortium de médias et d’organisations internationales. Des enquêteurs de 18 pays, travaillant avec 19 médias et 5 organisations non-gouvernementales, ont planché pendant des mois sur une fuite de 3,5 millions de documents pour produire « Congo Hold-Up », une série de récits effarants de la corruption sous l'ancien président Joseph Kabila.
Ces documents, obtenus par Mediapart et la Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique, proviennent du Groupe BGFIBank Group (Banque Gabonaise et Française Internationale), une banque privée qui aurait été utilisée pour détourner des millions de dollars de fonds publics au profit de la famille et des associés de Kabila.

Depuis le 19 novembre, les révélations de « Congo Hold-Up » sont publiées presque quotidiennement, exposant un système kleptocratique qui a permis le siphonnage de fonds publics de la Banque Centrale du pays, de la société minière d'État Gécamines, de la Commission nationale électorale, et de recettes fiscales.
Kabila, sa famille, et de proches collaborateurs auraient détourné au moins 138 millions de dollars US sur une période de cinq ans, entre 2013 et 2018. Ils auraient même volé des sommes versées par les Nations Unies et destinées aux militaires congolais qui avaient été déployé en République Centrafricaine dans le cadre d’opérations de maintien de la paix.

La mine de documents a également révélé des preuves de fraude et de pots-de-vin dans l’« accord du siècle » de plusieurs milliards de dollars conclu entre la RD Congo et deux sociétés minières d'État chinoises en 2008. Sicomines, la joint-venture constituée pour mettre en œuvre une partie de cet accord, a rejeté les allégations. La Gécamines n'a pas répondu aux allégations.
La BGFI, dans une déclaration publiée le 24 novembre, a dénoncé la fuite et mis en doute l'authenticité des documents, mais a « condamn[é] avec la plus grande fermeté les actes contraires à la loi et à l’éthique qui ont pu être commis dans le passé » au sein de sa filiale en RD Congo « et dont ses préposés auraient pu éventuellement être auteurs ou complices. »
Bien que la corruption endémique en RD Congo soit de notoriété publique, le manque de volonté politique du gouvernement d’enquêter sur les actes répréhensibles présumés et l'opacité des opérations financières ont longtemps permis aux hauts-responsables corrompus de jouir de l'impunité. Cependant, disposant de relevés bancaires, contrats, courriers électroniques et de reçus de transactions, « Congo Hold-Up » pourrait fournir des preuves suffisantes pour des poursuites judiciaires.
Les responsables de crimes financiers, ainsi que leurs facilitateurs internationaux, devraient rendre des comptes. Dans un pays où une personne sur trois souffre gravement de la faim et où les droits fondamentaux tels que l'accès à l'eau courante, à l'électricité, aux soins de santé et à l'éducation sont constamment négligés, la justice pour la grande corruption n’a que trop longtemps attendu.  

= https://www.congoforum.be/fr/2021/11/congo-hold-up-des-documents-bancaires-montrent-les-pratiques-du-clan-kabila-congoforum/
= https://www.afriwave.com/2021/11/21/rdc-congo-hold-up-une-malencontreuse-contre-attaque-sur-fond-dun-presume-acharnement/
= https://heshimardc.net/v1/2021/12/03/congo-hold-up-une-enquete-pour-destabiliser-a-tout-prix-la-rdc/
= https://afriquematin.net/congo-hold-up-des-banques-americaines-ont-elles-ete-complices/
= https://podcasts-francais.fr/podcast/decryptage-1/decryptage-congo-hold-up-les-coulisses-d-un-pillag
= https://afrique.lalibre.be/65765/opinion-congo-hold-up-fumee-epaisse-flamme-incertaine/
= https://scooprdc.net/2021/11/23/congo-hold-up-le-silence-etonnant-de-martin-fayulu/
= https://cas-info.ca/2021/11/congo-hold-up-deogratias-mutombo-doit-etre-interpele-et-juge-estime-roger-mukuna/



"Les millions manquants du Congo Hold-up - BBC Africa Eye - 28 novembre 2021"


"CONGO HOLD - UP : L ' ARRESTATION DE KABILA DEVIENT LA PRIORITE DU PEUPLE CONGOLAIS ET DE FATSHI . 27 nov. 2021"







[*]

Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 6/12/2021, 8:56 pm

A
M.



"Congo Hold-up :la Cité du fleuve, l'autre histoire de la "cité merveilleuse" au coeur de Kinshasa -  06/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211205-congo-hold-up-la-cit%C3%A9-du-fleuve-l-autre-histoire-de-la-cit%C3%A9-merveilleuse-au-c%C5%93ur-de-kinshasa

La « Cité du fleuve », projet immobilier luxueux, devait être un « centre urbain de classe internationale » dans la capitale congolaise. Dix ans plus tard, ce sont quelques bâtisses vulnérables aux inondations. Entre-temps, son promoteur français a multiplié les virements suspects, retiré plus de deux millions de dollars en liquide et caché à ses clients les sanctions dont il faisait l’objet de la part des autorités financières congolaises.
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Le patron des lieux tient à garder la liste de ses riches clients secrète. Mais certains ne se privent pas d’afficher leur nouvelle propriété sur les réseaux sociaux. Le chanteur congolais Inoss’B se filme en train de découvrir son nouvel intérieur, vide et marbré. Autre star de la musique congolaise, Fally Ipupa déambule dans les rues au volant de sa voiture de sport jaune canari. Des ministres et ex-ministres, hauts gradés et riches hommes d’affaires y ont aussi leur pied-à-terre. Tous ont dû débourser un minimum de 150 000 dollars – 280 ans de salaire pour un Congolais moyen – pour pouvoir y habiter.
La Cité du fleuve, nouveau quartier de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), est bâtie sur d’anciens marais asséchés sur les bords du fleuve Congo. Si l’on en croit vidéos promotionnelles et articles sponsorisés, elle a vocation à devenir un « centre urbain de classe internationale ».
Des projections 3D destinées aux futurs acquéreurs montrent des tours futuristes, d’immenses centres commerciaux, des villas avec piscine et des allées bordées de luxuriants palmiers. Une voix off doucereuse promet « des écoles, des parcs, des marinas et des hôtels (…), un quartier d’affaires effervescent, des lieux de travail agréables ».
Le quartier est un « environnement idéal » à « l’atmosphère de paix et à la parure merveilleuse », s’émeuvent des articles manifestement sponsorisés. Un « rêve devenu réalité », un « paradis », « un renouveau architectural pour un grand Congo moderne », bref, « la plus belle cité d’Afrique ». Lorsque Joseph Kabila était toujours président, la presse favorable au pouvoir citait régulièrement la Cité comme une illustration de la « révolution de la modernité » impulsée par le chef de l’Etat.

Dix ans après le début des travaux, la Cité du fleuve est pourtant loin du paradis promis. Quelques bâtiments massifs et sans fantaisie sont bien sortis de terre. Mais pour le centre urbain de classe internationale, il faudra repasser. Seulement 40 des 400 hectares prévus ont été équipés et environ 500 appartements construits sur les 10 000 annoncés.
Le quartier n’est pas raccordé au réseau d’eau de la ville, qui est puisée dans le fleuve. Les propriétaires se plaignent de dévaluation de leurs biens et de coupures d’électricité (un fléau commun dans la capitale congolaise). En décembre 2019, une partie de la Cité du Fleuve a été inondée par une crue du fleuve Congo. Et les habitants des quartiers voisins, qui vivent souvent avec moins de deux dollars par jour, voient d’un mauvais œil l’arrivée de cette élite bunkerisée.
 
Dans les médias, son promoteur, l’homme d’affaires français Robert Choudury, défend pourtant avec constance son entreprise. Mettant ses difficultés sur le compte d’acquéreurs n’ayant pas réglé leurs dettes, il assurait fin 2020 à une chaîne de télévision congolaise : « Depuis 2016, le marché, la situation financière à Kinshasa est un peu difficile, mais nous sommes en train de rétablir, je suis très confiant pour le futur. » Notre enquête « Congo Hold-up », basée sur 3.5 millions de documents confidentiels issus de la banque BGFI obtenus par Mediapart et l’ONG PPLAAF, et coordonnée par le réseau de médias EIC, révèle pour la première fois les coulisses financières de cet emblématique projet immobilier.
Contacté, l’homme d’affaires français Robert Choudury n’a pas donné suite à nos questions.
Notre enquête montre que le projet souffrait déjà de graves difficultés dès 2012 : mise à l’index par la Banque centrale du Congo, enquête de la cellule nationale de renseignements financiers, blocage des comptes…
Malgré ces difficultés, qu’elle connaissait, la BGFIBank a aidé la Cité du fleuve à trouver de nouveaux clients, en particulier des députés – qui ont donc investi sans le savoir dans un projet très risqué. Nos documents démontrent enfin comment plusieurs opérations financières suspectes ont transité par les comptes du promoteur français et comment celui-ci a retiré de très importantes sommes d’argent en liquide, non expliquées à ce jour.

Mises à l'index et blocages des comptes, l'autre histoire de la «Cité merveilleuse»

« Est-ce que ce client peut bénéficier du service qu'il demande ? » En ce 19 juillet 2012, l’employé de banque Alain N. fait part de sa surprise. Ce chargé de clientèle à la BGFI vient de recevoir les conventions « banque à distance » d’un client – le contrat qui permettra à ce dernier de suivre ses comptes et d’effectuer des opérations en ligne. Mais il y a comme un problème : le client en question vient d’être mis à l’index par la Banque centrale du Congo. Il s’agit de Robert Choudury, le patron de la Cité du fleuve.
Ce citoyen français est le propriétaire de l’ambitieux projet immobilier. Plus précisément, il est le gérant de Hawkwood Properties SPRL, l’entreprise qui développe la Cité.
Le reste est un montage dont seuls Robert Choudury et ses associés maîtrisent les subtilités : Hawkwood Properties SPRL est propriété à 80 % d’un fonds dénommé Mukwa Investments, qui laisse penser qu’il est zambien mais est en réalité enregistré dans un paradis fiscal, les Bermudes.
« Le bureau de contact de Mukwa était à Lusaka », en Zambie, parce que « les Bermudes étaient sur un mauvais fuseau horaire pour [répondre aux] demandes de renseignement », justifie le directeur des investissements du fonds, Hillary Duckworth. L’homme est un habitué des archipels à la fiscalité avantageuse : il figurait déjà dans les Panama papers pour avoir été actionnaire d’une société enregistrée aux îles Vierges britanniques.
Ce n’est pas tout: le fonds Mukwa Investments, a lui-même été lancé par une société enregistrée au Royaume-Uni, Hawkwood Capital LLP, pour attirer des investisseurs pour la Cité du fleuve.
Un Français aux manettes d’un projet immobilier pharaonique, érigé dans la capitale congolaise grâce à des fonds basés aux Bermudes mais pilotés par une société britannique : le scenario est un peu alambiqué, mais il peut fonctionner.

L’affaire se corse nettement, en revanche, quand la société mise sur pied pour développer la « merveilleuse » Cité prend l’eau. C’est ce qui se passe dès 2011, à peine deux ans après le lancement du projet.
La première alerte a lieu le 16 février 2011. Hawkwood Properties SPRL, à découvert de 10 000 dollars, reçoit une notification de saisie-arrêt sur ses comptes. Elle ne peut plus effectuer aucun mouvement débiteur. Pour une entreprise de construction, qui doit payer matériel et ouvriers, c’est gênant.
Selon des documents de la Banque centrale du Congo, de la Direction générale des impôts et de la BGFI que nous avons pu consulter, ce n’est que le début d’une longue succession d’alertes et de sanctions émanant des autorités financières.
Le 23 mai, la saisie-arrêt est levée. Mais moins d’un mois plus tard, le 13 juin 2011, Hawkwood et son gérant sont cette fois mis à l’index par la Banque centrale du Congo. La mesure, destinée aux personnes qui entretiennent des impayés ou émettent des chèques sans provisions, interdit d’avoir recours aux services bancaires dans tous les établissements de crédit du pays.
La sanction est de nouveau prononcée en juin 2012, puis en avril 2014. Elle se double d’une myriade de saisies sur les comptes de Hawkwood Properties (en juillet 2011, en février 2015, en septembre 2015, en juin 2017).
La Direction générale des Impôts congolaise a également la Cité du fleuve dans son viseur : elle prononce des avis à tiers détenteurs contre Hawkwood Properties en novembre 2012, avril 2015 et janvier 2016 – une procédure visant à récupérer des sommes dues au Trésor public. Là encore, cela a pour effet de bloquer les comptes en banque de la société.
L’homme d’affaires français semble avoir caché ses démêlés avec les autorités financières congolaises, y compris à son associé Hillary Duckworth. Interrogé sur les mises à l’index et autres saisies visant les comptes de Hawkwood, M. Duckworth assure « qu’il n’en a pas été informé et aimerait en savoir plus ».

  "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7  
Mise à l'index pour Robert Choudury « la Citédu fleuve» et Hawkwood Properties :copyright: Congo Hold up  

Plus de 400 000 dollars de « frais de subsistance »

Des documents bancaires issus de « Congo Hold-up » montrent que Robert Choudury a trouvé une manière de contourner ces sanctions. Il a activé une autre société, la SOGEMO, qui a pris le relais de Hawkwood Properties, en déroute.
Le 16 février 2011, Hawkwood Properties reçoit sa notification de saisie-arrêt. Sept jours plus tard, la SOGEMO ouvre un compte à la BGFI.
Dans les mois et années qui suivent, les activités des deux sociétés se mélangent joyeusement, au gré des blocages des comptes de l’une ou de l’autre et de la créativité comptable de leur gérant. Il y a pourtant un problème de taille : malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu trouver aucune trace d’immatriculation de la SOGEMO au registre du commerce congolais. La société ne figure pas non plus au répertoire des contribuables actifs assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée.
Malgré cela, les acquéreurs d’appartements à la Cité du fleuve paient tantôt Hawkwood, tantôt la SOGEMO, comme en attestent plusieurs relevés bancaires.
Exemple de cette curieuse gestion financière : en juin 2016, Robert Choudury a besoin d’un crédit urgent afin de payer la construction de logements à la Cité. Hawkwood Properties dépose un dossier de demande de crédit de 500 000 dollars. Il est examiné et accepté par la BGFI le 7 juin 2016.
Le 10 juin, les 500 000 dollars sont bien débloqués… mais versés sur le compte de la SOGEMO.
Le même jour, les fonds sont transférés à la société qui doit construire les nouveaux logements, la Sinoma Congo Contracting.
Mais en d’autres occasions, les sommes qui transitent sur les comptes de Hawkwood et la SOGEMO alimentent les comptes personnels… de Robert Choudury. Entre 2011 et 2017, 382 000 dollars de « frais de subsistance » ont ainsi été versés par la SOGEMO à son gérant.
Sur les 4,2 millions de dollars qui ont transité sur le compte de la société durant cette période, 2,3 millions ont été retirés en liquide, dont au moins 1,8 million personnellement par Robert Choudury.
Les comptes d’Hawkwood Properties brassent moins d’argent, mais le scénario est le même : sur les 1,9 millions de dollars que nous avons pu retracer, un peu plus de la moitié a été retirée en liquide, et 40 000 dollars ont été versés à Robert Choudury pour ses « frais de subsistance » ou de « séjour ».
Surtout, 100 000 dollars en provenance de Hawkwood et de la SOGEMO ont été virés à la Société générale industrielle (SGI), dont les mouvements financiers semblent suspects. Cette société congolaise, officiellement spécialisée dans les matériaux de construction, voit arriver sur son compte des sommes importantes, d’un montant toujours rond (50 000, 100 000, 200 000 dollars), qui sont systématiquement retirées en liquide le jour même ou le lendemain.

Au total, 1,2 millions de dollars ont été retirés en cash en l’espace d’une année, entre janvier et décembre 2011, avant que la SGI ne cesse ses activités et soit mise à l’index par la banque centrale du Congo.
Les quatre entreprises ayant recours aux services de la SGI cette année là sont toutes liées aux réseaux Kabila. Hawkwood et la SOGEMO appartiennent à Robert Choudury, qui entretient des liens avec Francis Selemani, frère de l’ancien président et patron à l’époque de la BGFI RDC.
Les deux autres entreprises effectuant d’importants virements à la SGI, Modern Construction et IFI construction, appartiennent à un homme d’affaires indien proche du couple Kabila, Harish Jagtani.
Interrogé sur ces arrivées d’argent systématiquement suivies de retraits en liquide, la SGI assure qu’il ne s’agissait en rien de blanchiment. Ces fonds étaient « immédiatement retirés » pour « alimenter la caisse générale de la société afin de procéder au paiement des factures et achats des produits et matières premières », fait-elle savoir via son avocat Me Blanchard Adombe.
La société Modern Construction fait savoir par la voix de son gérant Harish Jagtani quant à elle que la SGI était son « fournisseur de béton armé » et que l’utilisation faite par la SGI des fonds versés « n’est pas de [son] ressort ».
Interrogé sur les activités de la SOGEMO, Hillary Duckworth, qui est pourtant co-propriétaire de la Cité du fleuve, dit « ne plus se souvenir du contexte » et avoir besoin de se replonger dans ses archives pour répondre en détail. Il ne l’a finalement pas fait.
 

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Une missive de la Direction des impôts pour la société Hawkwood appartenant à Robert Choudury :copyright: Congo Hold up

Amitiés haut placées

Pourtant en mauvaise posture vis-à-vis des autorités financières congolaises, Robert Choudury multiplie les déclarations publiques complètement déconnectées de la réalité que donnent à voir ses comptes en banque. Dix jours après un nouveau blocage prononcé sur les comptes d’Hawkwood, début novembre 2015, il assure avec aplomb dans une interview télévisée : « Nous avons fait les bons choix, nous avons choisi la bonne stratégie dès le début, nous avons su nous adapter, nous avons eu une très forte demande (…) Les difficultés ce n’est ni vendre ni financer, les difficultés, c’est construire, construire et livrer ».
Le 17 août 2017, alors que la SOGEMO est sous la menace d’une mise à l’index par la banque centrale du Congo pour ne pas avoir remboursé son crédit à la BGFI, Robert Choudury s'enthousiasme pour « l’environnement urbain first world » de sa Cité, et lance : « Imaginez Kinshasa avec dix Cités du fleuve ».
La banque, elle, n’ignore rien des sanctions et alertes vis-à-vis de ce client problématique. Pourtant, elle ferme les yeux.
En juin 2016, la BGFI a prêté 500 000 dollars à la la SOGEMO alors que Robert Choudury avait déjà fait l’objet de trois mises à l’index, mais de surcroît alors que le dossier de demande de crédit était largement incomplet.
Le cabinet PricewaterhouseCoopers, qui contrôle les comptes de la BGFI, le relève un mois plus tard dans un mémo. Parmi les « déficiences de contrôle interne » au sein de la banque, les auditeurs notent que plusieurs documents importants manquent au dossier de crédit accordé à la SOGEMO, parmi lesquels les statuts de la société et ses trois derniers états financiers.


En août 2017, la SOGEMO sera à son tour mise à l’index en raison du non-remboursement de ce crédit.
Comment expliquer que la BGFI ait pris un tel risque ? L’explication tient peut-être aux amitiés haut placées de Robert Choudury. Le Français semble bien connaître certains cadres de la banque. Il appelle le chargé de relations clientèle, Freddy Olela, par son prénom et lui demande parfois des nouvelles de membres de sa famille. Il s’adresse également avec familiarité au patron (et frère du président Kabila) lui-même, Francis Selemani, qu’il appelle « Francis » et à qui il écrit sur son adresse e-mail personnelle.
Celui-ci est intervenu au moins une fois en faveur du Français. Le 16 août 2017, un employé de la BGFI explique dans un courrier à un supérieur hiérarchique que la SOGEMO est « à un pas » de subir une demande de mise à l’index de la BGFI adressée à la banque centrale du Congo, mais que cette démarche a été « ralenti[e] sur demande de la direction générale ».
Robert Choudury connaît également le directeur de l’audit interne de la banque, qui réside à la Cité du Fleuve. Détail étonnant : ce directeur loge dans un appartement loué par son employeur, la BGFI, à la société Sud Oil, une société écran contrôlée par Francis Selemani qui a servi au président Kabila et à son entourage à détourner des dizaines de millions de dollars d’argent public.
Autrement dit, la banque se retrouve locataire d’un de ses clients, Sud Oil, qui est par ailleurs contrôlé par son directeur général, en violation de toutes les règles sur les conflits d’intérêts. Une opération aberrante qui, comme souvent, constitue surtout une bonne affaire pour la galaxie Kabila.
Fort de ce réseau, le propriétaire de la Cité du fleuve s’est également associé à la BGFI pour recruter de nouveaux clients, et pas n’importe lesquels : des députés.

Huis clos avec les députés

Le député K. s’y voyait déjà, dans ce « centre urbain de classe internationale ». En 2012, fraîchement élu, il débarque de sa lointaine circonscription dans la capitale Kinshasa, et y cherche un endroit où se loger. La Cité du fleuve et ses promesses déclinées à coup de clips vidéos 3D bien léchés arrivent à point nommé.
Un jour, à l’Assemblée, lors d’une séance à huis-clos, le Français Robert Choudury vient présenter aux députés son projet de logements haut de gamme avec vue imprenable sur le fleuve. L’Assemblée nationale apporte sa garantie financière.
Le député K. n’hésite pas longtemps. « On vous dit que dans deux ou trois mois [l’appartement] sera pour vous, quand bien même vous n’aurez pas encore terminé de rembourser la dette. Bien sûr que vous acceptez ! »
Reste à choisir une banque pour le prêt. Le député se tourne naturellement vers la BGFI, « où tout le monde est », et où les autorités de l’Assemblée incitent les parlementaires à aller. « Ils nous disaient : ‘’Allez-y, les caisses du Parlement sont là-bas, vous n’aurez pas de problèmes pour être payés rapidement’’ », se souvient-il.
Il ouvre donc un compte à la BGFI et signe pour un appartement de 125 mètres carrés.
Son histoire avec la Cité du fleuve s’arrêtera au bout de quelques mois, faute de ressources suffisantes pour conclure l’achat. Pas pour d’autres de ses collègues. En juillet 2012, selon nos documents, quarante députés souscrivent ainsi un prêt à l’achat d’un appartement ou d’une villa à la Cité, via la BGFI.

« J’ai appris par la suite, de la part de gens qui étaient restés là-bas, qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas », ajoute le député. De fait, ses collègues d’hémicycle se sont retrouvés liés à une entreprise dans une situation catastrophique, incités à investir par une banque qui connaissait pourtant ses déboires.
D’autres parlementaires, ministres ou haut fonctionnaires avaient certainement des raisons moins avouables d’investir à la Cité. « La Cité du fleuve a démarré dans une période de basse conjoncture, avec une demande insuffisante. C’est sans doute pour cela que ses initiateurs ont été obligés d’accepter de l’argent ‘politique’ : de l’argent d’hommes politiques du régime Kabila, qui avaient des revenus importants d’origine pas très avouable – des primes reçues pour voter certaines lois par exemple – et sont allés les placer à tour de bras dans des appartements à la Cité », détaille un ancien banquier de la place kinoise. En RDC, l’immobilier est en effet « la voie la plus facile pour placer des fonds dont on ne sait pas quoi faire d’autre », y compris ceux « d’origine un peu glauque » ajoute-t-il. Selon ce connaisseur, les émoluments officiels des parlementaires congolais ne représenteraient que 20 à 25% de leurs revenus.
À deux pas de la nouvelle Cité du fleuve, le quotidien des habitants des quartiers populaires n’a pas changé. Plus de deux ans après le départ de Joseph Kabila, ils nourrissent toujours une colère sourde contre l’élite qui s’est enrichie à leurs dépens.
Joel L., 26 ans, est l’un d’entre eux. Faute de trouver un emploi dans son domaine (la comptabilité), il travaille occasionnellement pour une entreprise chinoise qui le paie moins de deux dollars par jour pour transporter des pierres et gravats. « La pensée de combien Kabila nous a volé suscite dans ma poitrine une haine si grande qu’elle me donne envie de devenir moi-même un voleur », confie-t-il.
Contactés, Joseph Kabila, Francis Selemani, et Freddy Olela n’ont pas donné suite.
► À lire aussi sur Médiapart: La Cité du fleuve : l’autre histoire du nouveau quartier de Kinshasa


♦ COMPLÉMENT À L'ARTICLE

Toutes les personnes, sociétés et entités publiques citées ont reçu des questions détaillées par écrit. Robert Choudury n’a pas répondu à nos questions. M. Hazaa Saad, ancien gérant de la Société générale industrielle, a répondu par la voix de son avocat, le 3 novembre 2021, à nos questions. Nous citons dans l'article les plus pertinentes. Les voici en intégralité :
1. La société Société générale industrielle (SGI SPRL) existe-t-elle encore ? En êtes-vous toujours le directeur ?
La Société générale industrielle SPRL (créée en 2007), dont il fut le gérant jusqu'au 27 mars 2010, existe jusqu'à ce jour mais est en cessation d'activités.
2. Pouvez-vous nous indiquer son numéro d’immatriculation RCCM ?
Lorsqu'il a quitté la gestion de ladite société, le droit OHADA n'était pas encore en vigueur pour faire allusion à un numéro RCCM quelconque.
3. Selon l’annuaire de la FEC 2010-2011, son domaine d’activités était le suivant : Construction : Importation & Distribution Matériaux de Construction.- Industrie : Fabrication des Matériaux de Construction. - Mine : Exploitant. - Services : Agence en Douane et Immobilière. Est-ce exact ? Pouvez-vous être plus spécifique ?
Il est exact cet objet social de la SGI Sprl mais en précisant qu'elle était très spécialisée dans l'exploitation de carrière de grés (caillasses, moellons, etc.), enrobés, béton frais et briques au niveau de Kasangulu (Kongo-Central/RDC).
4. Dans un article de presse datant de 2009 et paru dans Le Potentiel, Mme Olive Lembe di Sita loue la qualité du travail de la SGI. Avez-vous des liens professionnels ou personnels avec Mme Lembe ainsi qu’avec son mari, monsieur Joseph Kabila ? Si oui, lesquels ?
Maman Olive LEMBE ou son mari Joseph KABILA ne sont pas et n'ont jamais été dans le capital social de la société SGI SPRL, comme vous pouvez aller le vérifier au Journal officiel ou au Guicher unique de création d'entreprises librement, mais elle-même fut invitée par la société SGI et le gouvernorat de la province du Kongo - Central de l'époque, pour procéder à l'inauguration des installations électriques, des forages d'eaux et de deux écoles (Catholique et Kimbanguiste) construits sur fond propre de la SGI SPRL et cela, uniquement en sa qualité d'originaire de la province du Kongo - Central. C'est à cette occasion uniquement qu'elle parle du bien de la SGI.
5. D’après des documents et correspondances que nous avons pu consulter, le compte ouvert par la SGI SPRL à la BGFI RDC a vu transiter 1,2 millions de dollars US en l’espace d’un an (année 2011), en provenance de quatre grandes entreprises : Modern Construction, Industries financières et immobilières, Hawkwood Properties, Société de gestion immobilière (SOGEMO). Ces 1,2 millions de dollars ont été systématiquement retirés en cash le jour même ou le lendemain des virements. Pouvez-vous confirmer ? Pouvez-vous détailler quel type d’activité justifiait ces virements et ces retraits immédiats en liquide ?

Dans le cadre de ses activités, la SGI SPRL avait conclu des contrats de fournitures des matériaux et produits de construction (moellons, caillasses, briques, bétons frais, enrobés, etc.) avec ces différentes sociétés (MODERN CONSTRUCTION, IFI, HAWK WOOD PROPERTIES) pour la construction de leurs différents immeubles et ouvrages situés dans la ville de Kinshasa (voir : Cité du fleuve, Immeubles CTC, KIYO YA SITA, MODERN PARADISE, etc.). Les fonds versés par ces sociétés en contrepartie des services rendus étaient immédiatement retirés pour alimenter la caisse générale de la société afin de procéder au paiement des factures et achats des produits et matières premières (ciments, gaz oïl, enrobés, lubrifiants, explosifs, pièces de recharge, etc.) pour le bon fonctionnement de la Société ;
6. Saviez-vous que la loi congolaise interdit les retraits d’argent liquides supérieurs à 10 000 USD ? Si oui, pourquoi ne pas l’avoir appliquée ?
Pendant cette période l'interdiction actuelle de procéder au retrait de plus de 10 000 USD, en cash, n'était pas d'application, sinon les banques n'auraient pas servi les sociétés commerciales.
7. Il s’agissait à chaque fois de chiffres ronds (50 000, 100 000, 150 000 USD). Les flux financiers en provenance de et vers les comptes de la SGI à la BGFI sont par ailleurs très concentrés dans le temps (un an) avant de cesser presque complètement. La SGI et ses dirigeants ont par ailleurs une existence publique assez réduite. Mis bout à bout, ces éléments constituent des indicateurs de possibles activités de blanchiment d’argent. Pouvez-vous démontrer le contraire, par exemple en apportant des éléments démontrant que ces virements et ces retraits en liquide correspondaient à une activité réelle, légale et justifiée (factures, photos ou vidéos, …) ?

Tout en vous renvoyant aux éléments de réponse donnés à la sixième question, notre client vous signale que les immeubles et ouvrages construits grâce aux différents contrats conclus par la SGI avec les sociétés citées, existent bel et bien dans la ville jusqu'à ce jour et vous pouvez facilement vérifier la véracité de ses réponses auprès de ces propriétaires.
8. Selon nos informations, la SGI SPRL a été mise à l’index par la BCC en 2012 et en 2014. Pouvez-vous confirmer ? Pour quelle raison ? Quand cette mise à l’index a-t-elle pris fin ?
La SGI SPRL est toujours mise à l'index jusqu'à ce jour par la Banque centrale du Congo dans le cadre du recouvrement de la créance de l'ancienne Banque congolaise en liquidation sur elle. Ce qui a, du reste, entrainé la cessation de ses activités car ne pouvant plus fonctionner dans le système bancaire du pays.
9. Selon nos informations, vous avez été personnellement mis à l’index par la BCC en 2012 et en 2014. Pouvez-vous confirmer ? Pour quelle raison ? Quand cette mise à l’index a-t-elle pris fin ?
Notre client était mis à l'index par la Banque centrale du Congo par erreur, lorsqu'elle croyait qu'il était toujours gérant de la SGI SPRL, mais la mesure fut levée depuis.
10. Souhaitez-vous faire d’autres commentaires ?
La franche collaboration de notre client est avérée et il attend recevoir la même en retour. Merci.
*
M. Hillary Duckworth, associé de Robert Choudury au sein de la Cité du fleuve, a répondu le 16 octobre 2021, à nos questions. Nous citons dans l'article les plus pertinentes. Les voici en intégralité. Relancé sur les différents points qui nécessitaient vérification, M. Duckworth nous a fait savoir qu'il n'avait plus accès aux archives financières qui lui aurait permis de répondre.
1. Are you still CEO of Hawkwood Properties, a company registered in the UK? Can you tell us about the nature of the activities of this company?
No I am not the CEO of Hawkwood Properties UK “HPUK". There is no trading relationship between Hawkwood Properties sprl DRC which is developing LCDF and HPUK.
2. Can you specify the links between Mukwa Investments, Hawkwood Properties (UK), Hawkwood Capital LLP, Hawkwood Properties SPRL (DRC), Hawkwood Property Investment (Zambia), La Cité du fleuve and the Société de gestion immobilière (SOGEMO) ?
HP Sprl is the developer of LCDF and is owned 80% by Mukwa investments. Hawkwood Capital LLP launched Mukwa investments to raise funding from international investors. I will check my records about SOGEMO as I don't remember the context and revert.
3. Are you still chief investment officer of Mukwa Investments?
Yes.
4. Is Mukwa Investment still an 80% shareholder in Hawkwood Properties (DRC)?
Yes.
5. La Cité du Fleuve website indicates that Mukwa Investments is based in Lusaka, Zambia. A fund called Mukwa Investments was registered in 2005 with the Bermuda Companies Registry. Is it the same one? YES If so, why does it say on the Cité du fleuve website that it is based in Zambia? 
The contact office for Mukwa was in Lusaka where we had a contact officer for the fund; Bermuda is in the wrong time zone for queries.

6. How did you meet Mr. Choudury?
In Lusaka at a dinner party.
7. As an investor, are you satisfied with the implementation of the Cité du fleuve project and its management by Mr. Robert Choudury ?
As outlined in all our communication with Mukwa investors, the original LCDF business plan of selling properties off plan for a deposit followed by part payments failed when a large number of buyers did not conclude their contractual payment arrangements resulting in many court cases; the cash flow dried up as did the development.
Mr Choudury changed the original business plan. Now the building of the platform and infra structure is subcontracted to a Chinese company for a cost of 50% of the land. Although delayed by Covid this new plan is looking promising. The new Chinese dredge has been in operation for a few months and we anticipate first land sales in the next quarter. New sales will not be for credit terms.
8. According to our informations, on February 13, 2012 you sent, in your own name, 110,000 USD to SOGEMO. Can you confirm this? For what reason was this payment made? Why was it made in your own name and not via Hawkwood Properties (UK) or Mukwa Investments?
As in I above i will try to find the records and revert.
9. According to our information, Mr. Choudury's personal account at BGFI DRC as well as the accounts of Hawkwood Properties SPRL (DRC) and SOGEMO have been the subject of numerous alerts by the DRC's financial control authorities since 2010: blacklisting by the Central Bank of Congo, blocking, garnishments, seizures, notices to third parties... Were you informed of this? Would you like to comment?


"La connexion de Moerloose - Kabila, difficile à démentir - 4/12/2021
= https://www.lesoir.be/410317/article/2021-12-04/la-connexion-de-moerloose-kabila-difficile-dementir


"Congo Hold-up: comment s'enrichir avec l’organisation d’un sommet? - 01/12/2021 2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211201-congo-hold-up-comment-s-enrichir-avec-l-organisation-d-un-sommet?ref=tw_i
"Les étonnantes dépenses du XIVe Sommet de la francophonie - 1 décembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/011221/les-etonnantes-depenses-du-xive-sommet-de-la-francophonie
= https://www.lesoir.be/409661/article/2021-12-01/congo-hold-la-folie-depensiere-du-sommet-de-la-francophonie-kinshasa


"Congo Hold-up: le conflit d’intérêts «ministériel» de la société belge Semlex - 30/11/2021
= https://www.lesoir.be/409341/article/2021-11-30/congo-hold-le-conflit-dinterets-ministeriel-de-la-societe-belge-semlex


"Congo Hold-up: enquête sur la nébuleuse «Congo Futur» entre Kinshasa, Beyrouth et Anvers - 26/11/2021
= https://www.lesoir.be/408785/article/2021-11-26/congo-hold-enquete-sur-la-nebuleuse-congo-futur-entre-kinshasa-beyrouth-et
= https://www.publiceye.ch/fr/thematiques/corruption/congo-hold-up/une-banque-genevoise-a-accueilli-les-millions-dun-reseau-libanais-sous-sanction
= https://www.lorientlejour.com/article/1282592/une-societe-libanaise-dans-lopaque-machinerie-electorale-congolaise.html

"Congo Hold-up: vol électoral, mode d’emploi - 24/11/2021
= https://www.lesoir.be/408176/article/2021-11-24/congo-hold-vol-electoral-mode-demploi

"Congo Hold-up: les deux millions suspects du régime Kabila à George Forrest - 22/11/2021
= https://www.lesoir.be/407714/article/2021-11-22/congo-hold-les-deux-millions-suspects-du-regime-kabila-george-forrest

"BGFI, de la machine à cash du clan Bongo au tiroir-caisse du clan Kabila - 19/11/2021
= https://www.lesoir.be/407337/article/2021-11-19/bgfi-de-la-machine-cash-du-clan-bongo-au-tiroir-caisse-du-clan-kabila

" Congo-Hold-up: « Joseph Kabila », le kleptomane aux « mains propres - 6 décembre 2021
= https://www.congoindependant.com/congo-hold-up-joseph-kabila-le-kleptomane-aux-mains-propres/comment-page-1/#comment-21262

"Congo hold-up : le silence assourdissant de Fayulu et Katumbi - 6 décembre 2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-97263_congo_hold_up_ce_silence_assourdissant_de_fayulu_et_katumbi.html


"Congo Hold-up : « Une manigance des occidentaux pour saboter la coopération sino-congolaise », (Communiqué) - Déc 6, 2021
= https://acturdc.com/congo-hold-up-une-manigance-des-occidentaux-pour-saboter-la-cooperation-sino-congolaise-communique/
= https://www.election-net.com/rdc-congo-hold-up-est-une-grossierete-john-omombo-du-bcpsc/

= https://www.radiookapi.net/2021/11/23/actualite/justice/congo-hold-la-bgfi-bank-sest-engagee-rembourser-le-montant-de-43 Congo-Hold-up: « Jos
= https://www.rfi.fr/fr/podcasts/invit%C3%A9-afrique/20211125-congo-hold-up-ce-sont-des-choses-que-nous-connaissons-c-est-du-positif-affirme-jules-alingete?ref=tw_i




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 7/12/2021, 3:26 pm

A
M.



"RDC: après les révélations de Congo Hold-up, le BCPSC répond en conférence de presse - 7 décembre 2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211207-rdc-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations-de-congo-hold-up-le-bcpsc-r%C3%A9pond-en-conf%C3%A9rence-de-presse
Les révélations de Congo Hold-up pointent du doigt notamment le Bureau de coordination et de suivi du programme sino-congolais (BCPSC). Cette structure est née à la suite du contrat signé, en 2008, entre la RDC et un groupement d’entreprises chinoises. Le BCPSC a organisé une conférence de presse lundi 6 décembre pour tenter de répondre à l’enquête.
Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

Salle pleine, journalistes des médias nationaux et étrangers triés sur le volet, quelques Chinois également présents. Sur l’estrade pas de Moïse Ekanga, le coordonateur du Bureau de coordination et de suivi du programme sino-congolais (BCPSC). Il s’est fait représenter par le porte-parole, John Omombo.
Pour lui, l’enquête Congo Hold-up n’est que le fruit de la conspiration des Occidentaux « déterminés à salir l’image, l’honneur et la réputation des institutions et des personnalités de la RDC, dans le but de décourager les investisseurs chinois ».
Selon les révélations de Congo Hold-up, la famille de l’ancien président Joseph Kabila et ses alliés se sont enrichis abusivement profitant, dit l'enquête, de faits de détournement et de corruption, à partir des fonds liés à l’organisation du Sommet de la francophonie, au projet hydroélectrique de Busanga, ou encore à la route à péage Lubumbashi-Kasumbalesa.

Le BCPSC ne veut pas répondre aux questions

Aux questions posées, John Omombo a refusé de répondre. Il est hors de question, pour lui, que le BCPSC se justifie auprès des médias et des ONG auteurs de ces enquêtes.
Moïse Ekanga est parmi les proches de Joseph Kabila qui sont encore en fonction dans les institutions. La sortie médiatique de son équipe intervient deux jours après l’éviction d'Albert Yuma de la présidence du conseil d’administration de la Gécamines.


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"Congo Hold-up, cette campagne qui nuit à la RD-Congo - 06.12.2021,
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-97272_congo_hold_up_cette_campagne_qui_nuit_a_la_rd_congo.html


"UDPS, FCC, UNC, USN, MLC, Lamuka : quand les uns s’expriment clairement, d’autres optent pour le silence - 06.12.2021
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-97289_udps_fcc_unc_usn_mlc_lamuka_quand_les_uns_s_expriment_clairement_d_autres_optent_pour_le_silence.html

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"Washington impose des sanctions contre l’homme d’affaires congolais Alain Mukonda - 06/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211206-washington-impose-des-sanctions-contre-l-homme-d-affaires-congolais-alain-mukonda


Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 10/12/2021, 12:11 am

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"Congo Hold-up : les affaires offshore de l'ancien gouverneur Moïse Katumbi - 08/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211208-congo-hold-up-les-affaires-offshore-de-l-ancien-gouverneur-mo%C3%AFse-katumbi
Riche homme d’affaires et gouverneur de la province minière du Katanga de 2007 à 2015, Moïse Katumbi a poursuivi son business minier, alimenté en partie par des contrats publics, en le logeant dans de discrètes sociétés offshore. Une enquête de RFI avec Yann Philippin (Mediapart), PPLAAF et le réseau EIC.

Quand le groupe Necotrans dépose le bilan en juin 2017, c’est un empire qui s’effondre. Ce groupe français de logistique portuaire et minière comptait 6 000 employés, 90 filiales dans 40 pays et générait un milliard d’euros de chiffre d’affaires. La majorité de ses actifs ont été récupérés pour moins de 20 millions d’euros par un consortium mené par le rival de toujours, Vincent Bolloré.
Avant de sombrer, Necotrans a tenté de se refaire en République démocratique du Congo et a racheté l’entreprise du gouverneur de la province minière du Katanga, la plus riche du pays.
Pendant plus de dix ans, Moïse Katumbi a incarné les liens étroits qui lient dans ce pays business et politique, au mépris des conflits d’intérêts. Entrepreneur actif dans le secteur des mines, Moïse Katumbi a continué à développer ses affaires alors qu’il était en même temps gouverneur de la province minière du Katanga. Il dément avoir retiré le moindre bénéfice de cette double casquette.
L’enquête Congo Hold-up révèle comment Necotrans s’est retrouvé empêtré dans le combat politique entre Moïse Katumbi et l’ancien président Kabila, sur fond de manœuvres dans le lucratif secteur de la sous-traitance minière, noyauté par les hommes politiques et les généraux congolais.

Technique #1 : Savoir quand se lancer en politique

Moïse Katumbi a créé la société Mining Company Katanga (MCK) en 1997 à Lubumbashi, l’année où la capitale du Katanga est tombée entre les mains de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila, qui devient président la même année après que ses forces ont chassé Mobutu du pouvoir. Son fils Joseph lui succède suite à son assassinat en 2001.
La famille de Moïse Katumbi avait connu des déboires sous le régime Mobutu. L’arrivée des Kabila au pouvoir lui offre une nouvelle opportunité d’investir l’eldorado minier du Katanga de l’après-guerre. Il n’y a presque aucune règle. Le premier code minier post-conflit sera promulgué en 2002.
L’homme d’affaires dément devoir sa fortune à ses liens avec l’ancien chef de l’État. « Avant que je ne sois gouverneur, MCK disposait de huit contrats en RD Congo et de deux projets en Zambie », indique-t-il, précisant que son groupe, présent également dans la minoterie, le ciment, la pêche et le transport, réalisait 400 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2007.
Katumbi n’a pas eu trop de mal à se faire élire gouverneur du Katanga en janvier 2007, à l’issue des premières élections libres de l’histoire du pays : ses deux rivaux se sont retirés avant le vote. « De toutes les façons, [ils] ne pouvaient pas faire face à ma popularité, assure-t-il. J’ai été le député le mieux élu de toute la République. »

Technique #2 : Savoir quand jouer les intermédiaires

Juste avant son élection, Moïse Katumbi a réorganisé ses affaires. En 2004, sa société s’était associée à l’entreprise canadienne Anvil Mining pour créer AMCK Mining.
Un pari risqué, car Anvil avait mauvaise presse à l’époque. Des ONG l’accusent d’avoir soutenu en 2004 une opération de l’armée congolaise contre des rebelles qui occupaient la ville de Kilwa, située non loin d’une de ses mines, et menaçaient ses investissements. L’ONU a documenté au moins 70 civils tués, dont des cas d’exécutions sommaires. « Ma société n’était pas impliquée et à ce que je sache, Anvil n’avait pas été condamnée par la justice », répond Moïse Katumbi.
Un mois avant son élection, MCK a vendu 15% des parts qu’elle détenait dans AMCK à son partenaire Anvil Mining moyennant 45 millions de dollars, dont deux tranches de 10 et 26 millions pour sa société MCK, et 9 millions pour Moïse Katumbi à titre personnel. « Cette transaction est légale et bien connue », nous a répondu l’intéressé.

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Capture d’écran de la signature de contrat entre Anvil, MCK et AMCK. © PPLAAF Mediapart

Mais avant de toucher ce pactole, MCK doit obtenir de la Gecamines et du cadastre minier la confirmation de son permis minier à AMCK et à son actionnaire devenu ultra-majoritaire, Anvil Mining. Le transfert sera validé six mois après l’élection de Moïse Katumbi comme gouverneur. Il indique n’avoir joué aucun rôle dans ce processus.

Technique #3 : Se cacher derrière des sociétés écrans

Une fois la vente de parts à Anvil finalisée, Moïse Katumbi s’efface derrière des sociétés offshore immatriculées dans des paradis fiscaux, selon des documents confidentiels que nous avons obtenus.
Huit jours avant le scrutin, le 18 janvier 2007, Moïse Katumbi crée en RDC une nouvelle société, Mining Company Katanga Trucks (MCK Trucks). Il en détient 70%, le reste revenant à son associé britannique Kenneth Macleod.
La veille de son élection, une mystérieuse société, Seven Seas International Investments,  est enregistrée sur l’île Maurice, un paradis fiscal. Sept mois plus tard, le 3 août 2007, Kenneth Macleod transfère ses 30% de MCK Trucks à Seven Seas Investments Limited, qui a perdu son « international » au passage.
De son côté, une dizaine de jours après son élection, Moïse Katumbi transfère ses 70% de MCK Trucks à deux sociétés : 50% à Virginika International, immatriculée à l’île Maurice, et les 20% restants à la société congolaise Virginika Mining, toutes deux dirigées par sa femme.
L’ancien gouverneur du Katanga se défend d’avoir voulu cacher son conflit d’intérêts en s’installant dans un paradis fiscal et indique que, malgré sa société mauricienne, il règle tous les impôts dus en RDC. Puisque MCK Trucks appartient désormais à des sociétés, Katumbi estime ne plus en être le bénéficiaire. Il affirme que « MCK n’a bénéficié d’aucun contrat ni avantage de la Province ou la République ».
Il y a pourtant bien deux contrats signés en mars et octobre 2007 entre MCK Trucks et la Gecamines, la compagnie minière d’État, pour « des travaux d’extraction de calcaire dans les carrières de Kakontwe » et « l’exploitation mécanisée de la mine à ciel ouvert de Kamfundwa ». Moïse Katumbi répond qu’il s’agissait, pour le gisement Anvil, de simples permis de recherche, et qu’il a dû beaucoup investir pour obtenir le permis d’exploitation.
L’arrivée de Katumbi à la tête de la province coïncide avec un boom dans ses affaires. Selon un rapport d’audit confidentiel, le chiffre d'affaires de MCK Trucks a plus que doublé en seulement trois ans, passant de 84,5 millions de dollars en 2010 à près de 190 millions en 2013.
Moïse Katumbi répond que cette réussite fulgurante s’explique uniquement par la stratégie efficace de l’entreprise, l’expérience accumulée et la hausse du cours du cuivre.
Mais à partir de 2007, on retrouve le gouverneur dans d’autres affaires, via ses sociétés écrans ou ses associés. Pendant plus de sept ans, Virginika, sa société basée à l’île Maurice, a aussi été actionnaire de l’un des rivaux de MCK, Rulvis Congo (Rulco).

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Rulco oeuvre dans l’exploitation du transport dans toutes ses formes, notamment le transport des minerais et l'achat, vente et location de véhicules, engins et matériels miniers. © Sonia Rolley  

Détail intriguant : l’associé britannique de Katumbi n’est pas le seul à détenir une société nommée Seven Seas Investment Limited. Il en existe trois autres, toutes logées dans des paradis fiscaux.
L’une d’elles, immatriculée aux Seychelles et dirigée par un cadre de MCK Trucks, semble liée à Katumbi. Tandis qu’une autre, Seven Seas Investments Limited, domiciliée aux Bermudes, est liée à Glencore, le géant suisse de l’extraction et du négoce minier, selon les documents révélés par l'enquête Paradise Papers de l'ICIJ.
Glencore fait l’objet d’une enquête en Suisse pour des soupçons de corruption, dont l’histoire démarre en 2007, année de l’élection de Katumbi à la tête du Katanga. Glencore, qui dit « coopérer pleinement avec les différentes autorités », est soupçonnée d’avoir obtenu des droits miniers à bas prix dans la province, grâce au pouvoir de persuasion de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler. Ce très proche du président Kabila est aujourd’hui sous sanctions américaines pour corruption, qui ont été élargies ce lundi suite aux révélations de notre ONG partenaire PPLAAF. Les deux lanceurs d’alerte ont été condamnés à mort en RDC.

Comment se fait-il que le géant minier suisse Glencore, sous enquête pour corruption pour une affaire minière katangaise, a pu avoir une société du même nom que l’associé du gouverneur Katumbi ?
Glencore répond avoir possédé par le passé une société Seven Seas Investment Limited au Panama, mais pas celle aux Seychelles, ni toute autre en lien avec le groupe MCK Trucks de Moïse Katumbi. L’intéressé dément lui aussi tout lien avec Glencore et rappelle que « l’octroi des licences d’exploitation minière n’est pas de la compétence des gouverneurs de provinces ».

Technique #4 : Composer avec ses rivaux

Le 29 septembre 2015, Moïse Katumbi quitte le parti du président Joseph Kabila et démissionne de son poste de gouverneur. Il s’oppose au report des élections par le chef de l’État, s’interroge sur « l’absence de l’État de droit » et alerte sur les « arrestations arbitraires des militants pro-démocratie ». Sept mois plus tard, il se déclare candidat à la présidentielle.
 
Moïse Katumbi déplace les foules à chaque fois qu’il rentre chez lui à Lubumbashi, bien aidé par les supporters, parfois rémunérés, de son club de foot, le Tout puissant Mazembe. Ces scènes de liesse populaire agacent et inquiètent le président Kabila. Moïse Katumbi en subit les conséquences : à partir de la fin 2015, il est soudainement visé par de multiples procédures judiciaires.

Technique #5 : Savoir changer d’actionnaires

Les documents Congo Hold-up montrent que Moïse Katumbi a anticipé l’impact de ce divorce sur la conduite de ces affaires. Le 24 octobre 2015, un mois après avoir quitté le parti de Kabila, il a vendu sa société MCK Trucks à Necotrans, un groupe familial français de logistique portuaire, pétrolière et minière.
RFI s’est procuré l’audit de MCK Trucks réalisé à la demande de Necotrans par le cabinet international Ernst & Young avant le rachat, qui porte sur les années 2012 à 2014. Il ne relève pas de problèmes majeurs en matière de fiscalité.
En revanche, c’est sur le plan social que l’entreprise du gouverneur pêche. « Nous avons relevé qu’un nombre important de salariés n’était pas immatriculé à l’INSS [la caisse de sécurité sociale de la RDC, ndlr] et que la société MCK ne procède pas au paiement des cotisations pour les employés », écrivent les auditeurs. « C’est faux, on a toujours tout payé », nous a répondu Katumbi.
Ernst & Young relève aussi des « risques » liés à la société, parmi lesquels ces « 129 incidents en 2014 ayant entraîné un dommage aux biens et aux personnes », les « 107 cessations de contrat de travail en 2014 et une absence d'implication des conseils juridiques » et les « 45 % du personnel » ayant déjà fait l'objet de sanctions disciplinaires. Moïse Katumbi dément et indique qu’ « aucune condamnation du tribunal n’a été prononcée sur la période » à l’encontre de sa société.

Cela n’a pas découragé Necotrans. « S’il y avait un problème majeur, nous ne l’aurions pas acheté », explique Grégory Quérel, PDG du groupe français à l’époque.
Mais une mauvaise surprise attend Necotrans : juste avant le rachat, MCK Mining perd l’un des sept contrats qui faisaient sa valeur : le marché avec le groupe kazakh ERG pour la mine de Frontier est discrètement transféré à Rulco, une société dirigée par des proches de Katumbi, qui se disent à leur tour harcelés par le pouvoir kabiliste.
Cette opération intervient quinze jours après l’annonce de Moïse Katumbi de quitter Joseph Kabila – une simple coïncidence selon l’ancien gouverneur-. Lequel dément formellement avoir orchestré le transfert du contrat Frontier à Rulco en raison de la situation politique, société dont il « n’a jamais été actionnaire ». L’ancien gouverneur évoque un « désaccord » entre MCK et Frontier sur la « profondeur d’excavation » et la réduction de production de cette mine suite de la chute du cours de cuivre
La mine de Frontier, qui faisait travailler l’entreprise de Moïse Katumbi, fait, elle aussi, l’objet d’une enquête pour corruption, cette fois en Grande-Bretagne, mais toujours avec Dan Gertler. Des ONG, Global Witness en tête, accusent l’homme d’affaires israélien d’avoir décroché, grâce à des pots-de-vins, des permis miniers revendus plus chers au groupe kazakh ENRC, devenu ERG. « Toutes les activités qu’ERG entreprend sont conformes aux règlements pertinents », nous explique le géant kazakh.
Malgré la perte du contrat Frontier, la vente de MCK Trucks à Necotrans est bouclée le 24 novembre 2015. Pour toucher le pactole, Katumbi a créé un mois plus tôt une nouvelle société offshore à l’île Maurice, Astalia Investments, représentée par l’épouse de l’ancien gouverneur.
Avant la vente, Astalia a récupéré 100% du capital de MCK Trucks et c’est un vendeur sans passif qui vend l’entreprise à Necotrans. Mais après, l’associé de Moïse Katumbi, Kenneth Macleod, décide de rester et obtient 15% des parts. De ce fait, selon le PDG de Necotrans, Moïse Katumbi aurait dû toucher 119 millions de dollars via sa société mauricienne. Selon nos sources, Astalia n’a reçu que 15 à 20 millions le jour de la vente, le solde devant être payé par Necotrans trois ans plus tard.

Technique #6 : Rester ouvert aux négociations

Six mois après la vente, Moïse Katumbi, sous le coup d’un mandat d’arrêt, est contraint à l’exil. Il quitte le pays le 20 mai 2016, avec l’autorisation du gouvernement de Joseph Kabila, officiellement pour « raisons de santé ».
Le 14 mai 2016, quatre jours avant son départ, sa société MCK Trucks est rebaptisée Necotrans Beveraggi Mining (NB Mining). Pascal Beveraggi est un homme d’affaires corse adepte des sociétés offshore, comme l’a révélé l’enquête de nos partenaires Mediapart et le réseau européen EIC Malta Files. Il avait conseillé Necotrans lors de l’acquisition, il est bombardé patron de NB Mining.
Jean-Philippe Gouyet, ancien « Monsieur Afrique » d’Airbus et numéro 2 de Necotrans à l’époque, nous avait expliqué sa nomination ainsi : « Pascal Beveraggi est depuis longtemps un ami personnel. Je l'ai choisi comme président du conseil d'administration de NB Mining pour sa connaissance du métier, qui consiste à remuer la terre et gérer des flottes d'engins. Il ne connaissait ni l'Afrique, ni Katumbi. Mais j'aime bien travailler en clan et en famille. J'ai pour lui de l'estime, de l'amitié et de la confiance. »

Selon un procès-verbal d’assemblée générale de NB Mining obtenu par RFI, le 19 mai 2016, la veille du départ de Moïse Katumbi, les actionnaires de la société nomment un nouveau membre du conseil d’administration : le général François Olenga, chef de la maison militaire de Joseph Kabila. Son mandat est d’une durée « illimitée » et « les frais engagés dans l’intérêt de la société lui seront remboursés sur justificatifs ».
Ce procès-verbal ne porte pas le tampon du registre du commerce congolais. A-t-il été enregistré ? Selon un proche du dossier, ce n’est pas sûr parce que ce document servait probablement de « garantie ». « Beveraggi utilisait souvent Olenga et d’autres généraux congolais pour l’appuyer dans ses affaires, il était généreux avec eux et réglait leurs factures, il disait que c’était comme ça que ça marchait avec les Congolais », indique cette source.

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La signature qui fait tant parler... © Congo Hold up

L’avocat de Pascal Beveraggi nous a répondu que la signature figurant au bas du procès-verbal n’est pas la sienne, et que ce document est un « faux » visant « manifestement » à « déstabiliser » ses affaires en RDC.
Grégory Quérel, patron de Necotrans à l’époque, répond pour sa part que « ce document n’a jamais fait partie des archives de la vie sociale de l’entreprise tant que Necotrans était impliqué ». Il précise que la signature qui figure sous son nom est « similaire » à la sienne, mais estime lui aussi que le document est « un faux ». M. Quérel ajoute que Necotrans interdisait formellement toute relation avec des personnalités politiquement exposées, sous peine de perdre « automatiquement » de gros contrats « avec des pétroliers ».
Le troisième signataire qui apparaît sur le procès-verbal, le sud-africain Ernest Gielink, reconnaît y avoir apposé son paraphe, mais précise ne pas avoir participé à l’assemblée générale extraordinaire. « Ils m’ont fait signer après », indique l’ancien chef des opérations de NB Mining. « Il y avait même dans nos locaux un bureau avec le nom du général Olenga dessus, mais il n’y venait jamais », ajoute-t-il.
Grâce à des documents officiels, nous avons en tout cas pu vérifier que toutes les signatures figurant sur le procès-verbal de NB Mining correspondent bien à celles des individus à qui elles sont attribuées, y compris celle de François Olenga. Le « 12 avenue Frederick », mentionné au-dessus de sa signature, est bien à l’adresse déclarée par le général à l’administration congolaise.
Nous ne sommes pas parvenus à joindre François Olenga. Un an plus tard, le 1er juin 2017, il a été placé sous sanctions américaines pour s’être « engagé dans des actions ou des politiques qui sapent les processus ou les institutions démocratiques en RDC ».

Peu importe, puisque le 28 juin 2017, le groupe français Necotrans dépose le bilan. C’est un consortium de sociétés mené par le groupe Bolloré qui reprend l’essentiel de ses actifs, sauf ceux détenus par sa filiale à l’ile Maurice, Necotrans Mining. Elle est rachetée le 25 août par Pascal Beveraggi à la barre du tribunal de commerce de Paris.
Depuis, une féroce bataille judiciaire fait rage entre Katumbi et Beveraggi pour le contrôle des actifs de MCK Trucks devenu NB Mining. Le 15 mai 2018, la cour d’appel de Paris annule la reprise des titres miniers par Pascal Beveraggi, sans lui retirer le contrôle du compte de cette société. Pour Grégory Quérel, le PDG de Necotrans, les actifs de NB Mining n’appartiennent ni à l’un, ni à l’autre. « La reprise des titres est annulée. Necotrans Mining et sa filiale NB Mining sont  juridiquement retournés dans le patrimoine du groupe Necotrans », toujours en liquidation.
Mais dans les faits, tant que Moïse Katumbi était en exil et Joseph Kabila au pouvoir, c’est l’homme d’affaires corse qui a gardé le contrôle des actifs de la société en RDC. Pour effacer le passif de NB Mining, Pascal Beveraggi la liquide et la remplace par NB Mining Africa. Dans la foulée, il signe en novembre 2018 un contrat avec la société minière d’État Gécamines pour l’exploitation de la mine de Kamfundwa.

La bonne fortune de Pascal Beveraggi s’arrête dès le retour au pays de Moïse Katumbi le 20 mai 2019, trois ans jour pour jour après son départ. Il se trouve que l’ancien gouverneur s’entend bien avec le nouveau président élu cinq mois plus tôt : son ancien allié Félix Tshisekedi.
L’année suivante, NB Mining Africa, la société de Pascal Beveraggi, perd brutalement son contrat avec la Gécamines, qui le transfère à un concurrent sans l’en informer. La Gécamines laisse derrière elle 3,8 millions de dollars d’impayés.
Si juridiquement en France, les actifs de NB Mining Africa sont toujours détenus par Necotrans, il n’en est pas de même en RDC. Sur la base d’un jugement du tribunal de commerce de Kolzewi du 25 août 2020, Moïse Katumbi obtient des mesures de saisie.
Katumbi obtient dans la foulée que Gécamines ne règle pas sa dette de 3,8 millions non pas à NB Mining Africa, mais à sa société mauricienne Astalia Investment, celle-là même dont l’ancien gouverneur s’était servi pour toucher l’argent de la vente de MCK Trucks à Necotrans.
La défunte société NB Mining, ancêtre de NB Mining Africa, est ressuscitée pour l’occasion, selon des documents issus du registre du commerce congolais. Son actionnaire n’est autre qu’Astalia. La coquille offshore n’est plus représentée par l’épouse de Katumbi, mais par l’homme d’affaires indien Rahim Dhrolia, déjà cité dans l’enquête Congo Hold-up.

Au final, Astalia a touché seulement 2,1 millions de la Gécamines. Le solde des 3,8 millions d’impayés a été viré le 19 novembre 2020 sur un compte à la Rawbank dont on ignore le bénéficiaire. Un mois plus tard, la société NB Mining est de nouveau liquidée. Moïse Katumbi indique ne pas avoir été informé de cette éphémère résurrection.
Par la voix de son avocat, Pascal Beveraggi estime que la Gécamines n’avait pas le droit de régler sa dette à Astalia car la créance appartenait à NB Mining Africa, comme en attestent les factures. Moïse Katumbi répond que le paiement à la société mauricienne s’appuie sur une décision de saisie judiciaire. La Gécamines n’a pas répondu.
Pour Moïse Katumbi, cette bonne affaire coïncide avec un nouveau climat politique qui lui est particulièrement favorable. En ce mois de novembre 2020, le président Félix Tshisekedi a besoin de lui. Il cherche à reprendre le contrôle de l’Assemblée nationale et du Sénat à Joseph Kabila, et veut le soutien des députés proches de l’ancien gouverneur du Katanga.
Les deux hommes se sont rencontrés le 7 novembre pour évoquer la participation de Moïse Katumbi à l’Union sacrée de la Nation prônée par le président Tshisekedi. Le paiement de 2,1 millions de dollars de la Gécamines à la société mauricienne de Moïse Katumbi est intervenu moins de deux semaines après cette rencontre. Interrogée sur une éventuelle intervention en faveur de Katumbi, la Présidence se borne à indiquer que l’adhésion à l’Union sacrée s’est faite « sur une base volontaire ».

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Moise Katumbi quelques instants après sa rencontre avec le président Félix Tshisekedi, le 7 novembre dernier. © Sonia Roll


"Affaire Congo Hold-up : Moïse Katumbi apporte toute la lumière sur l'article de RFI - 9 décembre 2021
= http://www.lanouvelleafrique.com/news/1095/affaire-congo-hold-up-moise-katumbi-apporte-toute-la-lumiere-sur-l-article-de-rfi
Dans un document de 17 pages auquel la rédaction de la Nouvelle Afrique a eu accès, Moïse Katumbi apporte la lumière sur les allégations contenus dans un article de Radio France Internationale portant la signature de notre consœur Sonia Rolley.
Nous vous livrons ci-dessous, l'intégralité de la réaction de l'ancien Gouverneur de l'ex-Katanga, Monsieur Moïse Katumbi cité dans une enquête "basée sur 3,5 millions de documents réalisée par PPLAAF et Mediapart et analysés par 24 médias et ONG internationaux coordonnés par l’EIC :[...]"

"Congo hold-up : Katumbi cité, ses proches le défendent, JC Katende insiste sur la restitution de l'argent volé - 09.12.2021,
= https://www.mediacongo.net/article-actualite-97440_congo_hold_up_katumbi_cite_ses_proches_le_defendent_jc_katende_insiste_sur_la_restitution_de_l_argent_vole.html

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"Médias : Le journaliste Alain Foka risque d'être licencié par RFI pour avoir fait passer une interview de Jules Alingete ""remettant en cause l'enquête Congo Hold-up""
= https://iwebrdc.com/medias-le-journaliste-alain-foka-risque-detre-licencie-par-rfi-pour-avoir-fait-passer-une-interview-de-jules-alingete-remettant-en-cause-lenquete-de-congo-hold-up/
= https://iwebrdc.com/licenciement-dalain-foka-enfinla-direction-de-radio-france-international-se-prononce/


"RDC : Congo hod-up : ciblé par les médias et Global Witness, Simon Cong grandit auprès de Gécamines
= https://www.africaintelligence.fr/industrie-miniere_exploration-production/2021/12/08/congo-hold-up--cible-par-les-medias-et-global-witness-simon-cong-grandit-aupres-de-gecamines,109709198-art
Cité dans l'enquête "Congo hold-up" sur les détournements de fonds de la famlle Kabila, et bientôt dans un rapport de Global Witness, l'intermédiaire chinois Simon Cong a récemment étendu ses périmètres et contrats miniers en RDC [...]"


"Congo Hold-up: le président du groupe BGFI se défend à Kinshasa  - 9/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211209-congo-hold-up-le-pr%C3%A9sident-du-groupe-bgfi-se-d%C3%A9fend-%C3%A0-kinsha
Alors que depuis le 19 novembre, l'enquête Congo Hold-up révèle les dessous du détournement de 138 millions de dollars à la BGFI Bank RDC par l'ancien président Joseph Kabila et ses proches, le patron du groupe, Henri-Claude Oyima, a choisi Kinshasa pour y répondre et pas n'importe quel journaliste, Jean-Marie Kassamba, patron d'une télévision proche de l’ancien régime de Joseph Kabila, Tele 50. Henri-Claude Oyima l'assure en tout cas : son groupe respecte toutes les règles.

Le journaliste congolais Jean-Marie Kassamba l’annonce dans son discours introductif. Henri-Claude Oyima est venu à Kinshasa pour « rétablir la vérité sur sa banque ». Le PDG du Groupe BGFI assure que toutes les procédures sont respectées. « Vous savez, on ne fait pas 50 ans par hasard, on fait 50 parce qu’on est sérieux, parce qu’on suit la réglementation », explique-t-il.
« Le métier qui est le notre est un métier qui est soumis à des obligations, à un respect scrupuleux en termes des indications en termes de politique, en termes de stratégie, en termes d’organisation, donc pendant cinq ans, nous faisons ça, insiste aujourd’hui depuis le patron du  BGFI. Notre groupe est soumis aujourd’hui à plus de 8 régulateurs. » Il les énumère, le régulateur français en tête, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
Depuis le 19 novembre 2021, les activités de la BGFI et de sa filiale en République démocratique du Congo (RDC) sont analysées par un consortium de 19 médias internationaux dont Radio France Internationale et cinq ONG, sur la base de plus de 3,5 millions de documents bancaires et des millions de transactions. Les conclusions de cette enquête sont accablantes pour la filiale congolaise du groupe BGFI qui aurait servi à transférer au moins 138 millions de dollars d’argent public sur des comptes de l’ancien président Joseph Kabila et de ses proches.

Au fil de l’intérview avec le patron de Télé 50, le PDG du Groupe BGFI finit par reconnaître qu’il y a pu y avoir quelques agissements « reprochables » mais il laisse à la justice le soin de déterminer les responsabilités.
Pour Henri-Claude Oyima surtout, c’est du passé. « Ce qui s’est passé, c’est une histoire très ancienne », assure le patron du groupe BGFI, assurant avoir pris des mesures. Il dément que « l’institution » BGFI ait pu participer aux détournements dénoncés par l’enquête Congo Hold-Up et pointe le rôle de « certains individus pour des raisons qui leur sont propres », ajoutant « souvent, on a tendance à mêler l’institution, c’est-à-dire la banque, la personne morale, avec les agissements qui peuvent être reprochables à des individus. La justice déterminera les responsabilités le jour venu. L’institution reste vertueuse […] avec un bilan total de 7 milliards de dollars. »
Henri-Claude Oyima dit être venu à Kinshasa pour rassurer les épargnants sur le soutien du groupe à sa filiale en RDC. Il l’assure aux Congolais: « L’institution reste vertueuse. »

"CONGO HOLD-UP : LE PDG DE BGFI RECADRE LA PRÉTENDUE ENQUÊTE - 9 DÉCEMBRE 2021"



Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 11/12/2021, 4:49 pm

PS
M.



Affaire Congo Hold-up : Moïse Katumbi apporte toute la lumière sur l'article de RFI - 10.12.2021
= http://www.lanouvelleafrique.com/news/1095/affaire-congo-hold-up-moise-katumbi-apporte-toute-la-lumiere-sur-l-article-de-rfi

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Katumbi_chapwe_21_021_jpg_640_350_1

Dans un document de 17 pages auquel la rédaction de la Nouvelle Afrique a eu accès, Moïse Katumbi apporte la lumière sur les allégations contenus dans un article de Radio France Internationale portant la signature de notre consœur Sonia Rolley. 
Nous vous livrons ci-dessous, l'intégralité de la réaction de l'ancien Gouverneur de l'ex-Katanga, Monsieur Moïse Katumbi cité dans une enquête basée sur 3,5 millions de documents réalisée par PPLAAF et Mediapart et analysés par 24 médias et ONG internationaux coordonnés par l’EIC :
A Madame Sonia ROLLEY,
Je vous prie de bien vouloir trouver ci-après et in extenso, les réponses à votre questionnaire.
Je vous en souhaite une bonne réception.
Cordiales salutations.
Moise KATUMBI

Cher Moise Katumbi,
Je suis journaliste chez Radio France Internationale (RFI). Je vous contacte au nom du consortium de médias Le Réseau European Investigative Collaborations (tel que répertorié ici https://eic.network/) ainsi que ses partenaires qui sont L'Orient-le-Jour, Bloomberg, De Standaard, KVF, The Continent, The Namibian et BBC. Nous menons un projet d'enquête concernant la RDC. Au nom de RFI et de ses partenaires mentionnés ci-dessus, nous souhaitons obtenir des réponses et des commentaires officiels et citables (on the record) à un certain nombre de questions détaillées ci-dessous. Nous vous prions donc d’accuser réception de ces questions et de répondre au plus tard le 5 novembre, afin que nous puissions inclure vos réponses dans nos articles. Pour vous assurer que nous recevons vos réponses, envoyez- les à soniarolley@gmail.com, en copie à sonia.rolley@rfi.fr.
Vous avez créé MCK TRUCKS SPRL devenu MCK TRUCK SA le 23 Juin 2001. Cette société a travaillé jusqu'à sa vente en octobre 2015 à Necotrans sur une vingtaine de projets au Katanga avec quelques 300 engins de chantiers. Vous avez employé jusqu'à 2000 ouvriers.


Question : Est-ce exact ? Souhaitez-vous commenter?
Réponse : MCK a été créée en 1997, elle n’a pas travaillé sur une vingtaine de projets;  cela est complètement faux, je peux vous produire tous les contrats et vous n’aurez qu’à vérifier (Documents transférés électroniquement)
MCK existe avant que je ne sois gouverneur et la société avait déjà des contrats avec différentes sociétés minières à travers le pays et à l’etranger. C’est entre autres la Gécamines (Kolwezi,Kambove) ; Oryx Natural Ressources (Mbuji mayi) ; Anvil Mining Congo (Dikulushi, Kapulo dans le territoire de Pweto, Kinsevere dans le territoire de Kipushi) et Ruashi Mining. Il n’a donc jamais été question d’une quelconque influence politique ou d’une pression sur un agent ou responsable public, parce que MCK faisait déjà preuve d’expertises avant 2007. Il faut souligner que j’etais en exil entre 1997 et 2003. Ainsi avant que je ne sois gouverneur MCK disposait de 8 contrats en RDCongo et 2 projets en Zambie.
La société MCK TRUCKS SA avait atteint jusqu’à 2000 employés et disposait d’un patrimoine important de plus de 600 engins et machines objet d’un inventaire à jour certifié par AJM & Associates son commissaire au compte (Voir liste en Annexe).
Le 27 janvier 2007, vous êtes élu gouverneur du Katanga, vous êtes à l'époque du parti de Joseph Kabila et considéré comme très proche de lui. Vos deux rivaux dans cette élection se sont désistés.
Question : Savez-vous pourquoi?
Réponse : A l’époque quand je suis rentré de l’exil, je n’étais pas membre du parti de KABILA. Lors des élections, je me suis présenté sur insistance de la population qui était derrière moi et qui me réclamait. C’est de la sorte que lors de ces élections, j’ai été le député le mieux élu de toute la République. Ceci tant aux élections législatives nationales que provinciales qui eurent lieu quelques mois plus tard. A ce jour,  aucun candidat député n’a approché ce record.
S’agissant de mes deux rivaux, ils sont vivants, vous pouvez les interroger, l’un s’appelle VANO KIBOKO, Téléphone +243810414740  ils peuvent eux-mêmes mieux répondre à cette question.
De toutes les façons, ils ne pouvaient pas faire face à ma popularité.
A mon avis, ils avaient sagement éviter une probable défaite, d’ailleurs aucun d’eux n’a été élu à la députation provinciale jusqu’à ce jour.
Un journaliste de Canal+ a couvert l’événement et un reportage montrant toute la transparence du scrutin a été diffusé à cet effet.   
Question : Avez-vous bénéficié de votre poste de gouverneur pour accroitre votre chiffre d'affaires avec MCK Trucks ou une autre société ou l'avez-vous utilisé pour en faire bénéficier des membres de famille ? Par exemple, aviez-vous déjà fait pression sur un agent public ou responsable public pour qu'il attribue un contrat à une entreprise détenue ou contrôlée par un membre de votre famille, un ami ou un associé ?

Avez-vous déjà accepté des pots-de-vin ou d'autres avantages pour aider une entreprise congolaise ou étrangère à faire des affaires au Katanga ?
Réponse : Absolument non, quand je suis devenu Gouverneur du Katanga, j’avais déjà quitté MCK  qui de son existence,  n’a jamais eu de contrat avec la Province ou la République.
D’ailleurs, quand je suis devenu Gouverneur, je disposais d’un patrimoine confortable et mes affaires prospéraient brillamment en RDCongo, en Zambie et en Afrique du Sud. Tenez, j’étais propriétaire de deux mines d’émeraude réévaluées récemment à +/- 2,5 milliards USD de réserves certifiées, de trois minoteries industrielles, d’une pêcherie industrielle avec des chambres froides, d’une compagnie de transport disposant de 2000 bus, d’une autre possédant 350 camions-remorques, de parts dans une société d’aviation en Zambie. Mes affaires généraient  un chiffre d’affaire annuel avoisinant les 400.000.000 USD ; 
Quand, j’étais Gouverneur, j’ai été audité chaque année par la Cour des Comptes. Lors de la mise en place de la chaine de la dépense et de l’unité de passation de marchés publics, ma gestion a été appréciée par la Banque Mondiale qui m’a même félicité.
Je n’ai jamais fait de pressions sur un Agent public. Les membres de ma famille n’ont jamais bénéficié de ma position de Gouverneur, ils n’ont jamais eu des contrats avec la Province ni aucun de mes amis. Je n’ai jamais accepté des pots-de vin ou des avantages pour aider quiconque, je n’en avais pas besoin.
J’avais renoncé à tous les avantages de la province qu’un gouverneur était en droit de réclamer. A titre d’exemple, le gouverneur disposait d’une allocation mensuelle de 60.000 USD sur les droits de péage, soit 720.000 USD annuel, soit encore 5.760.000 USD pour les 8 années de mon mandat à la tête de la province.  
J’avais également renoncé à mes émoluments, à mes indemnités de logement ainsi qu’au charroi automobile de la Province.
Avant que je ne sois gouverneur, je disposais de mon avion personnel.
J’ai démissionné parce que je n’avais rien à me reprocher. Je vous rappelle que 22 contrôles de ma gestion ont été diligentés par le Pouvoir central après ma démission.
En ce qui concerne les entreprises opérant dans le secteur minier, le Gouverneur ne gère pas les mines, c’est le Gouvernement central qui a cette compétence.
Selon un audit d'Ernst and young de septembre 2015, le chiffre d'affaires de MCK Trucks était de 84,5 millions en 2010 à près de 190 millions en 2013, soit une augmentation de plus de 105 millions en valeur absolue “se justifiant par la signature de plusieurs contrats de génie civil et excavations minières. L'année suivante, vous perdez 10% de ce chiffre d'affaires.
Question : Pouvez-vous confirmer?
C’est Necotrans qui avait pris contact avec la firme Ernest & Young pour faire l’évaluation de la santé financière de MCK Trucks lors des pourparlers avant de conclure la transaction de vente. Ernest & Young n’a jamais audité les  livres de MCK . L’auditeur de MCK fut la société AJM & Associates Sprl, partenaire des firmes internationales BDO, Chazal du Mée et DCDM.
Quant à la politique d’accroitre le chiffre d’affaire, la société avait mis en place des stratégies capables d’offrir les meilleurs services dans le domaine de la sous-traitance minière et cela, toujours avant mon avènement à la tête de la Province ; voir la progression depuis 1997
En terme d’investissement, MCK bénéficiait de l’accompagnement des banques commerciales locales et internationales (ECIC, NEDBANK,LOINETTE toutes Sud africaines; EKN de Suede).   Pour l’acquisition d’engins et des matériels requis dans la réalisation des contrats avec les sociétés minières MCK a bénéficié de l’accompagnement financier des constructeurs tels CATERPILLAR, BELL, VOLVO, HITACHI, RENAULT, INGERSOL etc…
A cela, il faut ajouter la stratégie de formation de la main d’œuvre locale dans le domaine technique par une main d’œuvre étrangère qualifiée en provenance de l’Australie, du Ghana, de l’ Afrique du Sud et dont les effectifs sont passés de 15 à 85 agents expatriés ayant travaillé dans les mines de plusieurs pays africains tel que le Ghana, la Tanzanie, l’ Afrique du Sud, le Mali, la Guinée etc...  
Néanmoins, MCK avait réalisé les chiffres d’affaires de USD 84.5 millions en 2010 et USD 189.8 millions en 2013. Mais cette situation s’explique dans la pratique quand on l’analyse année après année. Déjà un fait est à noter, nous venions d’une crise financière mondiale pendant une période où la chute du cours du cuivre avait affecté la production de plusieurs sociétés minières qui bénéficiaient de nos prestations de services. A cette époque, beaucoup de sociétés frappées par la crise avaient fermé leur porte ou réduit leurs productions. En termes contractuels, nos contrats d’excavation avaient été revus à la baisse jusqu’à 60%. En 2011, à la faveur de l’amélioration de la situation, les sociétés nous ont demandé de rattraper le retard contractuel de la production, ce qui explique cette augmentation.
Ci-dessous les volumes de production dépuis de 2007 à 2013:
2007:   3.237.748 metres cubes;
2008: 10.673259 metres cubes;
2009:   7.617.840 metres cubes;
2010: 14.260.730 metres cubes;
2011: 19.453.191 metres cubes;
2012: 25.716.023 metres cubes;
2013: 20.091.583 metres cubes.
D’une manière générale, le gros du chiffre d’affaire est fonction des volumes excavés qui aussi peuvent dépendre des types du sol et des distances à effectuer sur site . A cela peuvent s’ajouter les travaux de génie civile, de forage, et les heures machines .

5)Question :  Avant cette prise de fonction, quel est votre volume d'activités? Avez-vous des documents pour le prouver ?
 Réponse : Comme je vous l’ai dit précédemment, nous avions plusieurs sociétés dans plusieurs pays. Déjà entre 1997 et 2006, MCK travaillait avec la Gécamines et d’autres sociétés privées qui étaient présentes dans le secteur minier. Elle avait la capacité opérationnelle pour négocier des contrats de prestations. Tenez, tous les contrats négociés pendant cette période ont permis à la société de réaliser un chiffre d’affaire total de USD 333.8 millions, ceci rien que pour MCK, sans compter les autres sociétés à l’étranger.
Question : Les documents pour le prouver ?
Réponse : Nous avons les documents qui peuvent le prouver.
Selon l'audit d'Ernest and Young, plusieurs “risques” sont relevés liés à l'achat de votre entreprise.
Question : - “129 incidents en 2014 ayant entrainé un dommage aux biens et aux personnes”
Réponse : Selon le rapport du département d’hygiène et sécurité de travail (safety), la société avait enregistré 14 incidents seulement et non 129. 4 avaient entrainé la perte de temps de travail, 6 aux simples soins médicaux sans perte de temps de travail.
Question : - “107 cessations de contrat de travail en 2014 et une absence d'implication des conseils juridiques”
Réponse : Entre Janvier 2014 (1824 travailleurs) et décembre de la même année (1793 travailleurs), il y a eu 31 pertes d’emplois et non 107, par un cycle de 150 départs et 119 embauches. Ruptures de contrat dues au licenciement, désertion, démission et ce, en application des dispositions légales et conventionnelles.
Selon la législation en la matière, l’assistance pour défendre un employé dans le cadre d’une procédure disciplinaire au sein d’une entreprise se limite à la représentation syndicale. Tandis que l’assistance juridique proprement dite n’intervient qu’au niveau de l’inspection du travail ou du tribunal. Aucune condamnation du tribunal n’a été prononcée sur la période.  
Question : - “45 % du personnel avait déjà fait l'objet de sanctions disciplinaires” et “175 sanctions disciplinaires en 2014”
Réponse: 45% du personnel représente plus ou moins 800 travailleurs, ce chiffre est totalement faux.  On pouvait relever 64 cas de refus délibéré de se conformer aux règlements et instructions (3.5%).
Il sied de souligner que le plus grand nombre de licenciements abusifs (667 cas ) et sans décomptes finaux ont été enregistrés pendant l’avènement de NECOTRANS (NB Mining).
6)Question :  Comment expliquer de telles proportions?
Réponse : Il n’ y a que l’auteur de ces chiffres qui peut expliquer ces proportions sur base de ses sources.
A) Seas investments Limited et vos liens avec Glencore
Le 3 août 2007, vous décidez de céder vos parts dans deux sociétés dirigées par votre femme, Virginika mining SARL en RDC et Virginika international limited basée à l'île maurice Votre associé Kenneth Macleod transfère lui ses 30% de parts à une autre société qui serait basée à Maurice, Seven seas investments limited.
7) Question : Étiez-vous resté le bénéficiaire effectif de MCK ? Est-ce qu'il n'y avait pas conflit d'intérêt, vu les pouvoirs dévolus au gouverneur dans le code minier.
NON, je ne suis pas resté le bénéficiaire de MCK car j’avais cédé mes droits à une tierce personne (personne morale),  il ne faut pas confondre la personne de Moise KATUMBI de celles des sociétés Virginika et autres. Il n’a existé aucun conflit d’intérêt entre moi,  les sociétés  et la Province ou l’État ; Pour preuve, il n’a existé aucun conflit ni contestation ou réclamation quelconque. D’ailleurs, MCK n’a bénéficié d’aucun contrat ni avantage de la Province ou la République.
Cool Question : Pourquoi avoir choisi l'île Maurice pour créer cette société? N'y a-t-il une volonté de faire de l'évasion fiscale?
Réponse : Ces sociétés ont été créées à Maurice pour besoin de stabilité des investissements et à l’époque Maurice offrait de très bonnes garanties de stabilité vis à vis des investisseurs privés. Aussi, nous avions la vision d’élargir nos activités dans d’autres pays. Le choix de Maurice  relève d’ une question de confiance. D’ailleurs les impôts  et tous les droits dus au trésor public étaient régulièrement payés par les sociétés installées en RDC.
Tout l’argent de MCK par exemple, est resté au pays. Les taxes et impôts étaient régulièrement payés et MCK contribuait au trésor public en moyenne avec 40.000.000 USD d’impôt et taxe par an.(Voir Annexe I)
NB : MCK n’a jamais transférer de l’argent à l’étranger en vue d’une éventuelle évasion fiscale.
Par ailleurs, il n’existe aucune loi en RDC qui interdit à ses ressortissants de détenir des sociétés à l’étranger.

9) Qui est le bénéficiaire effectif de Seven Seas Investment Limited? Pouvez-vous fournir des documents prouvant qui est ce bénéficiaires?
Réponse : je ne suis pas et je n’ai jamais été propriétaire de Seven Seas Investment Ltd.
Dans le registre des sociétés de l'île maurice, il n'existe qu'une société avec un nom similaire, Seven Seas international investments limited qui a le même agent à Maurice que la société Virginika international limited et qui est créé le 26 janvier 2007, à la veille du vote pour l'élection des gouverneurs.
10) Question : S'agit-il de la société actionnaire de MCK? Si oui, pourquoi le nom est mal retranscrit sur l'ensemble des documents de la société́ M
Réponse : Voir réponse à la question 9
11) Question : Comment expliquez-vous que cette société́ ait été créée par votre associé à la veille de votre élection? ;
Réponse : Il s’agit de la même dénomination sociale par conséquent la même Société.
Une raison sociale ou une dénomination sociale  peut être reproduite en entier ou en abrégé ou encore en sigle, cela ne remet pas en cause l’existence de la société ou sa personnalité juridique. Il faut plutôt considérer la licence.
Aussi, selon les informations en ma possession, une société ne peut pas prendre la dénomination d’une autre déjà immatriculée au registre du commerce et de crédit mobilier d’un même pays ;  c’est une question de sécurité juridique
12) Question : Si non, où a été enregistrée cette société?
Réponse : La réponse semble être mentionné dans vos questions précédentes
Une société appelée “Seven Seas Investments Limited” créée dans les Bermudes est liée à Glencore Group qui a beaucoup de sociétés basées dans ce paradis fiscal, selon les données obtenues par le consortium international des journalistes dans le cadre de son enquête sur les Paradise Papers.
13) S'agit-il de la société actionnaire de MCK Trucks ? Quel était sa participation?
Réponse : MCK n’a jamais eu des activités au Bermudes et n’a jamais eu de rapport économique avec Glencore
Toujours, dans le cadre des révélations des Paradise Papers, ICIJ avait accusé Dan Gertler d'avoir usé de votre influence auprès du président Joseph Kabila pour obtenir pour le compte de l'entreprise suisse Glencore et de sa filiale Katanga Mining des droits miniers sur une concession de la province du Katanga.
 
14) Question : Aviez-vous également été approché par Glencore ? Si oui, de quelle manière? Quels sont vos liens avec cette société?
Réponse : M. Dan Gertler est présent en RD Congo depuis les années 90. J’étais en exil de 1997 à 2003. L’octroi des licences d’exploitation minière n’est pas de la compétence des gouverneurs de provinces, mais du gouvernement central par le biais du ministère national des mines.
B) Rulvis Congo
En février 2008, votre société Virginika International Ltd prend 33,3% des parts de Rulvis Congo, une nouvelle société de sous-traitance minière. Elle restera actionnaire, au moins jusqu'en 2014.
15) Question : Pouvez-vous confirmer? A quelle date êtes-vous sorti de l'actionnariat de Rulco?
Réponse : Monsieur Moise Katumbi n’a jamais été actionnaire dans Rulvis Congo, s’il s’agit de la société Virginika international ltd, les actes de société Rulco renseignent que cette société est devenue associée dans Rulco sprl en décembre 2007 et a effectivement quitté cette société en aout 2012. Je ne suis pas non plus actionnaire dans Virginika international ltd.
Plusieurs sources présentent Giovanni Zunino, l'un des fondateurs de cette société, comme votre partenaire d'affaires, voire même votre prête-nom.
16)Question :  Pouvez-vous confirmer ? Quelle est la nature de votre relation?
Réponse : Je connais Monsieur GB Zunino depuis très longtemps, il  est un ami de longue date, il a été dans les affaires bien avant moi, il est propriétaire et actionnaire de plusieurs sociétés, sa société Merzario Congo fut  la première au pays d’avoir exploité et organisé le transport des minerais par route et ce, depuis les années 80, il n’est pas mon prête nom ni mon partenaire.  Déjà en 1991, je louais ses camions (Société Merzario)qui transportaient pour moi, mensuellement plus ou  moins  2.000 tonnes de farine de Maïs que je livrais à la Gécamines et aux magasins de la place.
C) Le contrat avec Frontier
En 2012, vous signez un contrat avec Frontier SA qui passe à l'époque sous le contrôle de ENRC / ERG. Selon un audit d'Ernst and young de septembre 2015, MCK n'avait pas travaillé pour cette mine, en tout cas, pas depuis 2010. Avec Frontier SA, le dernier contrat courait jusqu'au 30 juin 2016. Il représentait 16,08% du chiffre d'affaires de MCK et vous rapporterait 4 millions de dollars par mois.
17) Question : Est-ce exact? Pouvez-vous confirmer?
Répondre : Selon les informations receuillies aupres de MCK, ce n’est pas exact. Le premier contrat pour la mine à Sakania a été signé initialement en 2009 avec First Quantum.
18) Question : Comment expliquez-vous avoir obtenu ce contrat?
Réponse : Toujours selon les informations receuillies aupres de MCK, ce marché a été régulièrement gagné,  sur appel d’offre dont toutes les étapes avaient été suivies selon les règles de l’art en la matière.
19) Question : Aviez-vous déjà travaillé sur ce site? Si oui, quand? Pouvez-vous le prouver par un document?
Réponse : La société MCK renseigne effectivement avoir  travaillé sur ce site depuis 2009 comme l’indique le “Notice of award of the contract” du 19 Août 2009 ainsi que le contrat no FC0016 du 1er Septembre 2009 ( Voir Annexe II).
 Question : Vous ouvrez deux comptes à la BGFI en mars 2014. Sur ces comptes, entre mars 2015 et janvier 2016, la société MCK Trucks reçoit quelques 38 millions de dollars. Pourtant, selon un source ayant travaillé sur ce site à l'époque, MCK ne parvenait pas à remplir ses objectifs en termes de tonnage.
Réponse : MCK renseigne qu’à la BGFI, elle avait ouvert deux comptes, l’un en dollars américains et l’autre en francs congolais. Vous pouvez le vérifier, il n’y a aucune banque commerciale au Congo qui peut accorder des financements allant jusqu’à cette hauteur (USD 38.0 millions). Toutes les demandes de facilités de caisses (découverts bancaires) ou crédits faites à cette banque  précisaient les raisons pour lesquelles elles étaient sollicitées. En 2015, selon des renseignements en ma possession :
la société MCK avait bénéficié de facilités de caisse de  USD 11.8 millions remboursables au paiement des factures de Frontier,
MCK préfinançait donc les travaux par ses engagements avec la banque,
A partir de 2015, plus il fallait aller en profondeur pour faire l’excavation plus la distance entre le point de chargement et les remblais était devenue importante alors que le prix unitaire qui normalement tient compte de ce facteur, est resté fixe. Le contrat ne tenait pas compte de cet aspect des choses. Comme consequence, il y a eu variation à la hausse des charges d’exploitations en terme de maintenance de l’outil de production, de consommation du carburant, des consommables etc….
A la démarche de revoir le prix unitaire d’excavation à la hausse en tenant compte des distances supplémentaires comme il est  d’usage, le client n’y avait pas accédé, par contre il avait opté en 2015 de réduire le volume de production en terme de tonnage.  (Voir Annexe III).

20) Pouvez-vous confirmer? Si non, pouvez-vous démontrer que vous remplissiez vos objectifs?
 Les objectifs étaient definis par par client et MCK confirme les avoir atteint.  Elle renseigne la production en mètre cube sur ce site comme ci-dessous:
2012: 2.630.369;
2013: 7.406.223 ;
2014: 6.993.996 ;
2015: 4.340.995.
Selon nos informations, Frontier a payé à MCK Trucks une indemnité́ de 2.570.085 dollars pour rupture anticipée de contrat conformément à celui qui avait été signé en 2014.
21)Question :  Pouvez-vous confirmer cette information et fournir le contrat?
 Réponse : Pour MCK, c’est sous Necontrans qu’il est conclu dans un accord de résiliation entre parties signé le 02 février 2016 (cfr close 3.2.1 - Annexe IV) que Frontier devrait reprendre l’excavatrice 6030 en payant le solde restant de USD 2.570.085 à Bartrac via MCK. En 2014 MCK avait acquis cet engin pour améliorer la production pour une valeur de USD 4.9 millions.
Pour accord du 23 Décembre 2015. (Voir Annexe V - échanges des mails)  
 22) Question : Comment expliquez-vous cette rupture anticipée? Peut-elle avoir un lien avec votre départ de la majorité présidentielle et votre démission du poste de gouverneur quelques jours plus tôt?
Réponse : Je n’étais plus actionnaire de MCK.  Selon les renseignements reçus, il y a eu un désaccord entre MCK et Frontier sur la profondeur d’excavation. MCK ne pouvait plus supporter cette perte. Quant à Frontier, cette société avait en 2015 décidé  de réduire sa production à la suite de la chute du cours de cuivre qui était considérée comme un cas de force majeure.
Question :  Selon nos informations, ENRC / ERG avait entamé en octobre 2015 des discussions avec la société Rulco pour lui transférer ce contrat.
Réponse :  C’est une situation qui ne me concerne pas. Selon MCK, la volonté de Frontier de réduire le volume de production, sans revoir le prix à la hausse pour cause d’augmentation de son coût d’exploitation, a entrainé de fait la rupture prématurée du contrat.
NB : Selon MCK, comment peut-on parler de transfert de contrat alors que Rulco était aussi sous-traitant et concurant sur le même site
23)Question :  Etiez-vous informé ? Pouvez-vous confirmer?
 Réponse : Non je n’étais plus là.
24) Aviez-vous informé Necotrans de la fin prématurée de ce contrat ?
Réponse : Pour MCK, Necotrans était très bien informée de cette situation particulière et sur tous les contrats pendant les due diligence qu’elle avait fait faire par AM capital qu’ils avaient contacté. D’ailleurs le solde sur règlement du contrat  lui fut payé.
D) La vente à Necotrans et les accusations de M. Beveraggi
Le 24 octobre 2015, c'est avec un autre véhicule financier créé sur l'ile Maurice, Astalia Investment Limited créé début octobre, que vous vendez MCK Trucks à la société Necotrans Mining qui vous paie 20 millions de dollars à la signature. 140 millions de dollars auraient dû être payés au total.
25)Question :  Pouvez-vous confirmer? Quelles sont les conditions prévues dans ce contrat? Combien avez-vous touché?
Réponse : Monsieur Pascal Beveraggi n’était pas partie à la vente de MCK. Necotrans était exclusivement représenté par son CEO d’alors.
Si Monsieur Beveraggi a à la suite du rachat par Necotrans été nommé dirigeant de MCK, c’est sur décision de Necotrans. Toutefois malgré son poste, Monsieur Beveraggi a été employé en tant que salarié.
Astalia a perçu un montant net de USD 15 millions. Le solde du prix de vente devait être versé au plus tard 36 mois après la signature de la transaction.
Astalia a donc octroyé un crédit vendeur à Necotrans. Quand bien-même des clauses de garanties devaient protéger le vendeur, la décision du tribunal de commerce de Paris d’août 2017 ainsi que la mise en liquidation de la société Necotrans Beveraggi Mining SA (anciennement MCK Trucks SA) dans la foulée de la décision de la cour d’appel de Paris de mai 2018 annulant la décision du tribunal de commerce de Paris ont privé le vendeur de tous ses droits.
M. Pascal Beverraggi, l'un de vos plus fervents détracteurs dans ce dossier, avec lequel vous êtes en conflit judiciaire dans plusieurs pays, vous accuse d'avoir fait perdre quatre contrats après la vente dont celui avec Frontier et d'avoir causé 50% de perte de chiffres d'affaires.

26) Question :Souhaitez-vous commenter?
Réponse : Il sied de rappeler que je n’avais pas de fonction ni rôle au sein de MCK pas plus que je ne représentais le vendeur lors de la transaction.
L’ensemble de la documentation liée à la transaction était exlcusivement conservée par les conseils du vendeur et de l’acheteur. Monsieur Pascal Beveraggi ne pouvait donc avoir accès à ces documents. Néanmoins si tel devait être le cas cela s’est fait en violation des accords passés entre le vendeur et l’acheteur.
Selon les informations qui filtraient à l’époque, il s’avérait que Monsieur Pascal Beveraggi n’avait aucune expérience dans le secteur pas plus que dans la gestion d’une entreprise de la taille de MCK. Ce manque de savoir-faire ainsi que son association avec diverses personalités politiques et militaires étaient contraires aux pratiques en vigueur dans le secteur. Il en résulte que certains clients ont mis fin aux contrats compte tenu des risques que la nouvelle gouvernance de Necotrans Beveraggi Mining SA représentaient pour ses clients.
 Selon le rapport d'audit réalisé par Ernst and Young avant la vente, le contrat avec la Sicomines se terminait le 31 octobre 2015 mais les discussions étaient en cours pour son renouvellement.
Le contrat avec Tiger Ressources / Kipoi SA devrait se terminer le 31 décembre 2015 et le rapport ne mentionne pas de discussions en vue d'un renouvellement. Il représentait 15, 78% du chiffre d'affaires. Il représentait 14,29% du chiffre d'affaires.
Celui avec Mabende Mining Sarl devait se terminer le 31 octobre 2015 et il n'était pas envisagé de le renouveler. Quant à celui avec MMG kinsevere SARL, c'était jusqu'au 1er décembre 2015, mais une proposition de renouvellement jusqu'en 2018 était à l'étude.
27) Pouvez-vous confirmer ces informations? Lesquels parmi ces contrats n'ont finalement pas été renouvelés selon vous?
Réponse : Comme écrit précédemment la nouvelle gouvernance mise en place par Monsieur Pascal Beveraggi sans parler de l’implication dans la société de généraux de l’armée congolaise étaient incompatibles avec la stratégie et la politique de risk management de certains clients. Pour preuve (Voir Annexe VI - Assemblée Générale Extraordinaire du 19 mai 2016), en rapport avec la nomination d’un des Généraux en fonction au conseil d’Administration de la société.
Vous contractez également plusieurs prêts auprès de la BGFI pour près de 12 millions de dollars de prêts à la BGFI sur l'année 2015, dont 7 milions avaient été remboursés avant la vente.
28) Question Aviez-vous informé Necotrans de ces créances? Si oui, pouvez-vous le prouver?
Réponse : Durant plusieurs mois en amont de la transaction, le groupe Necotrans a pu diligenter toute la due diligence requise à la fois par leurs équipes internes et via un prestataire externe spécialisé et reconnu dans le secteur et la région  - AM Capital-résultant en la mise en place d’une data room conséquente. Les équipes de MCK sollicités ont mis à disposition de Necotrans l’entièreté de la documentation existente de la société
Pascal Beverraggi vous accuse d'avoir pillé les comptes de MCK Trucks et d'avoir retiré avant la vente jusqu'à 11 millions de dollars en différentes dépenses.
29) Question :Que répondez-vous à ces accusations?
Réponse : Je n’ai jamais détourné USD 11.00 millions ni aucun autre montant. En ce qui me concerne, je n’ai jamais procédé à aucun abus du bien social de la société.  
Selon nos informations, au moment de la vente, sur votre compte en dollars à la BGFI, il y avait un déficit de trois millions de dollars (48 millions avaient été crédités depuis l'ouverture du compte contre 51 millions dépensés)

30) Question : Pouvez-vous confirmer ces informations? Est-ce que Necotrans était informé?
Réponse : Je n’ai jamais eu de compte personnel à la BGFI. Selon MCK, ce sont de fausses informations s’il s’agirait de ses deux comptes. Ces allégations sont fallacieuses            
31)Question :  Si non, auriez-vous un document pour le prouver? Qu'en est-il de vos comptes dans les autres banques?
Réponse : Mes comptes bancaires dans d’autres banques n’ont rien à voir avec ce dossier. Les comptes bancaires de MCK ont été présentés à NECOTRANS lors de la vente. Ce sont des documents confidentiels. Necotrans était donc très bien informée, car NECOTRANS avait dilligenté de fevrier à octobre 2015 une due diligence par AM Capital  
Le 29 juin 2017, le groupe Necotrans fait faillite et le pôle minier (NB Mining) est repris deux mois plus tard, en août 2017, par le groupe Octavia contrôlé par M. Beveraggi sur décision d'un tribunal de Paris. Vous faites un recours qui est rejeté, mais vous gagnez une décision de justice devant la cour d'appel. M. Beveraggi dit avoir acquis via le groupe Octavia la créance contractée par Necotrans auprès des banques françaises et être donc en droit de se prévaloir des actifs de NB Mining. Cette bataille judiciaire se poursuit au Congo, avec des décisions qui tranchent en votre faveur ou celles de votre rival.
32) Question : Pouvez-vous fournir les décisions de justice en votre faveur?
Réponse : Les décisions de Justice existent et sont publiques, vous pouvez les lire aux différents greffes des juridictions correspondantes.
33)Question : Comment expliquer que vous n'ayez jamais formulé d'offre de reprise pour les actifs miniers transférés à Necotrans?
Réponse : Le vendeur a fait valoir ses droits qui ont été bafoués. La décision de la cour d’appel des tribunaux de Paris de mai 2018 confirment ce qui précède.
34) Question : Avez-vous remboursé la créance de Necotrans auprès des banques françaises? Si non, pourquoi? Qui doit payer cette créance?
Réponse : Aux meilleures de nos connaissances, NECOTRANS MINING LTD (Maurice) n’a jamais été créancier des banques françaises mais de NECOTRANS GROUP (France).


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Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 18/12/2021, 5:42 pm

" !
M.



"RDC: après les révélations Congo Hold Up, le société civile réclame une suite judiciaire - 18/12/2021
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211218-rdc-apr%C3%A8s-les-r%C3%A9v%C3%A9lations-congo-hold-up-le-soci%C3%A9t%C3%A9-civile-r%C3%A9clame-une-suite-judiciaire
Suite des révélations de l’enquête internationale Congo Hold Up sur le projet Sicomines. La société civile demande que la justice se saisisse du dossier, sanctionne les coupables et que l’argent détourné soit restitué à l’État Congolais.
Avec notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho

En 13 ans, soit entre 2008 et 2021, moins de 50% d’infrastructures du projet sino-congolais ont été remis à l’État Congolais. La moitié manque, telles que les routes, les hôpitaux, les stades, selon l’association de la société civile, le Congo n'est pas à vendre.
« Aujourd’hui on a un président qui vante partout où il passe qu’il veut lutter contre la corruption. Les faits sont là et je pense qu’il doit être cohérent avec lui-même. Si aujourd’hui, les autorités n’agissent pas, elles seront complices de ce qui a été fait dans le passé », estime Jimmy Kande, un membre de la coalition.
Selon l’enquête Congo Hold Up menée par 19 médias partenaires, dont RFI, associés au consortium européen EIC et à cinq ONG spécialisées, 39 millions de dollars de pots de vin ont été perçus par des proches de Joseph Kabila dans le cadre de ce projet. 
La Lucha veut mobiliser les Congolais pour exiger la restitution des 39 millions de dollars perçus illégalement par des proches de l’ex-président Joseph Kabila. « L’argent aurait pu servir à la gratuité de l’enseignement, à la construction des hôpitaux, des routes, à relier les différentes provinces… Mais cet argent se trouve dans les poches de certains individus. C’est pourquoi j’appelle notre population à se lever pour que les richesses soient partagées équitablement entre les Congolais », explique Duck Mbuyi, membre de la Lucha.
La coalition Le Congo N’est pas à vendre recommande aussi la révision de l’accord sino-congolais tel qu’annoncé par le chef de l’État en septembre dernier."


"Congo Hold-up: révélations sur un casse à 530 millions de dollars - 16/12/2021 -
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211216-congo-hold-up-r%C3%A9v%C3%A9lations-sur-un-casse-%C3%A0-530-millions-de-dollars

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7  
La Gécamines, a versé 530 millions de dollars d’«avances fiscales» dont l’Inspection générale des finances n’a pas retrouvé la moindre trace sur les comptes de l’État. :copyright: Sébastien Calvet/Mediapart  

La Gécamines, société minière publique de la RDC, a versé 530 millions de dollars d’« avances fiscales », dont l’Inspection générale des finances n’a pas retrouvé la moindre trace sur les comptes de l’État. Nous avons pu documenter que des millions ont bien été détournés, dont une partie en liquide. Enquête signée Yann Philippin (Mediapart) et Sonia Rolley (RFI) en collaboration avec PPLAAF sur la base des documents Congo Hold-up.

En République démocratique du Congo, ils ont été pendant dix ans les maîtres de l’argent, et les financiers occultes de la famille de l’ancien président Joseph Kabila. Deogratias Mutombo dirigeait la Banque centrale depuis 2013. Albert Yuma présidait la société minière d’État Gécamines depuis 2010, mais aussi le patronat congolais, le comité d’audit de la Banque centrale, et plusieurs entreprises privées.
Les deux hommes étaient si puissants qu’ils semblaient intouchables, y compris après le départ de Joseph Kabila en janvier 2019. Il a fallu près de deux ans avant que le nouveau président Felix Tshisekedi ne provoque leur chute.
Deogratias Mutombo et Albert Yuma ont d’abord perdu leurs postes à la Banque centrale du Congo (BCC) en juillet 2021, suite aux pressions du FMI et à l’affaire Egal – cette entreprise d’importation alimentaire, présidée par Yuma, a obtenu 43 millions de dollars détournés des caisses de la Banque centrale.

La disgrâce

Le chef de l’État a ensuite brutalement viré Albert Yuma, le 3 décembre, de la présidence de la Gécamines, la machine à cash du pays. Deux semaines plus tôt, l’enquête Congo Hold-up, menée par Mediapart et ses partenaires, révélait que la Gécamines a versé 20 millions de dollars à Sud Oil, une société-écran de la famille Kabila. Laquelle a aussi reçu 50 millions de la Banque centrale, lorsqu’elle était dirigée par Deogratias Mutombo.
Si les deux hommes ont fini par tomber en disgrâce, c’est sans doute aussi à cause d’un autre scandale encore plus grave, dont le préjudice pour l’État pourrait dépasser 500 millions de dollars : celui des « avances fiscales » versées par la Gécamines, qui fait actuellement l’objet d’une enquête de l’Inspection générale des finances (IGF), un service placé sous la tutelle directe du président Tshisekedi.
Grâce à de nombreux documents confidentiels, Mediapart et ses partenaires du projet « Congo Hold-Up », coordonné par le réseau EIC, sont en mesure de révéler les coulisses de cette affaire, susceptible de constituer le plus gros détournement de fonds publics de l’histoire du Congo-Kinshasa.

530 millions de dollars d’« avances fiscales » disparus

Entre 2012 et 2020, la Gécamines a versé 530 millions de dollars d’« avances fiscales », c’est-à-dire des impôts qu’elle ne devait pas, mais que les ministres des Finances lui ont demandé de payer d’avance, officiellement pour financer les dépenses de l’État. C’est ce qu’indique la liste confidentielle détaillant l’intégralité de ces paiements, que nous nous sommes procurée. Ce document (ci-dessous) a été réalisé par la Gécamines et transmis à l’IGF.

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Document de la Gécamines. :copyright: Document «Congo Hold up»  

La société minière d’État a versé ces sommes colossales sur des comptes ouverts par la Banque centrale du Congo (BCC) dans des banques commerciales. Comme l’État n’accepte pas les paiements en dollars, la BCC avait pour mission de convertir les fonds en francs congolais, puis de les reverser sur le compte général du Trésor.
Le problème c’est que la grande majorité des 530 millions de dollars semblent avoir disparu, selon l’enquête de l’Inspection générale des finances.
« À ce jour, rien de ce montant n’a été encore retracé au compte général du Trésor, en dépit des demandes incessantes de l’Inspection générale des Finances à la Banque centrale du Congo », nous a répondu par écrit le patron de l’IGF, Jules Alingete.

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Extrait de la réponse écrite du chef de l'Inspection générale des finances (IGF) de la RDC aux médias du projet «Congo Hold-up». :copyright: Document «Congo Hold-up»  

Lors d’un entretien accordé le 9 novembre aux médias du consortium Congo Hold-up, il a précisé que la BCC n’a pas pu « donner la moindre preuve que cet argent a atterri dans les comptes du Trésor ». De son côté, le ministère des Finances n’a trouvé aucune « trace de ces versements » sur les comptes des régies financières de l’État, selon M. Alingete.
Les « avances fiscales » étaient « des opérations mises en place pour le détournement des deniers publics », nous a précisé l’IGF le 24 novembre, dix jours avant qu’Albert Yuma soit viré de la présidence de la Gécamines. « Quelque part au niveau de la Banque centrale, on a utilisé cet argent pour autre chose. Cette opération est une complicité entre la Gécamines, les ministres des Finances et la Banque centrale », ajoute l’Inspection générale des finances.
Nous nous sommes heurtés, dans ce dossier, à un mur du silence. La Banque centrale et son ancien gouverneur Deogratias Mutombo ne nous ont pas répondu, tout comme Gécamines et son ancien président Albert Yuma.

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L'ancien président de la Gécamines Albert Yuma (à gauche) et l'ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo Deogratias Mutombo :copyright: Wikimedia Commons CC et D.R.  

La question de la « titrisation »

Il y a un scandale dans le scandale : celui de la « titrisation », c’est-à-dire la reconnaissance officielle par l’État qu’il a reçu l’argent.
Sur les 530 millions de dollars d’avances fiscales versées par la Gécamines, 192 millions n’ont toujours pas été « titrisés » - dont 155 millions qui auraient dû arriver dès 2012, c’est-à-dire il y a neuf ans.
A contrario, l’État congolais a officiellement reconnu avoir reçu 337 millions, alors même que l’IGF n’en a trouvé aucune trace sur les comptes du Trésor à ce stade de son enquête.
Selon l’IGF, les régies financières auraient subi un « diktat » du ministère des Finances afin de « titriser » des avances « sans que l'on puisse s'assurer que les comptes du Trésor ont été crédités ». « Les régies ont voulu résister, mais c'est un ordre qui leur a été donné d'apurer », nous a précisé l’Inspection générale des finances.
Le patron de l’IGF nous a envoyé sa première réponse écrite le 29 octobre 2021. Le même jour, le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, recevait un courrier signé Jules Alingete, lui demandant de cesser la titrisation des avances fiscales de la Gécamines, le temps que l’enquête de l’IGF soit terminée.
Sollicité, l’ancien ministre des Finances Patrice Kitebi (2012-2014) indique qu’il n’a procédé à aucune titrisation. Son successeur Henri Yav (2014-2019) n’a pas répondu. L’actuel ministre Nicolas Kazadi a refusé de répondre, afin « d’éviter toute interférence » dans l'enquête de l'IGF. Il estime que le projet « Congo hold-up » a « terni l’image du pays » et « occulte les efforts réels que le gouvernement déploie » pour lutter contre la corruption.
L’enquête étant toujours en cours (l’IGF prévoit de la boucler d’ici la fin de l’année 2021), on ignore encore le montant exact du préjudice pour l’État. Mais il s’annonce colossal.
L’enquête « Congo Hold-up » a en effet permis de confirmer les soupçons de détournements formulés par l’IGF. Grâce à nos 3,5 millions de documents issus de la banque BGFI, obtenus par Mediapart et l’ONG PPLAAF, nous avons pu établir que 8 millions de dollars d’avances fiscales ont été retirés en liquide, via des individus et des sociétés liés à des hommes d’affaires libanais aujourd’hui placés sous sanctions américaines pour financement du Hezbollah.
D’autres documents obtenus par RFI et l’ONG Resource Matters, montrent que la Gécamines s’est empressée de reverser, sous forme d’« avances fiscales », les recettes issues de partenariats miniers à la Banque centrale. Laquelle a, dans la foulée, payé des dizaines de millions de dollars à des sociétés contrôlées par la famille Kabila.

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Le siège de la Gécamines à Lubumbashi. :copyright: Sonia Rolley/RFI  

Le sous-sol du Congo-Kinshasa, qui regorge de cuivre et de cobalt, constitue l’essentiel des richesses de ce pays parmi les plus pauvres du monde, où plus de 70% de la population survit avec moins de 2 dollars par jour. Mais la compagnie minière d’État n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Créée par le roi des Belges Leopold II en 1906, à l’époque coloniale, puis nationalisée en 1967 suite à l’indépendance, la Gécamines était le fleuron industriel du Congo-Kinshasa dans les années 1970 et 1980. Basée à Lubumbashi, capitale de l’ex-province minière du Katanga, elle employait à l’époque jusqu’à 35 000 personnes.
Aujourd’hui, son usine de Lubumbashi est à l’abandon. Laminée par la crise et la guerre civile dans les années 1990, la production de la Gécamines ne s’est jamais vraiment relevée, malgré les promesses de son ancien président Albert Yuma, nommé en 2010. La société réalise aujourd’hui moins de 3% de la production nationale de cuivre. Si la Gécamines reste une machine à cash, elle tire l’essentiel de ses profits des parts qu’elle détient dans les projets exploités par des groupes étrangers.

Des avances dès 2012

La première avance fiscale date de juin 2012 : une « retenue à la source » de 125 millions de dollars, qui n’a toujours pas été reconnue comme versée par l’État.
Les suivantes arrivent en août 2012, grâce à un pactole inattendu que la Gécamines vient de toucher. À l’époque, un fonds vautour américain, titulaire d’une créance sur l’État congolais, tentait de se rembourser en saisissant les avoirs de la Gécamines stockés sur un compte bancaire à Jersey : les revenus de la vente des scories de la célèbre « montagne noire » de Lubumbashi, un terril de déchets encore riches en minerais, empilés par la Gécamines du temps de sa splendeur.

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Le terril de la Gécamines à Lumbumbashi, en RDC, surnommé «la montagne noire». :copyright: Elisabeth Caesens/Resources Matters  

En juillet 2012, la justice britannique finit par donner raison à la Gécamines, qui récupère ses 75 millions de dollars gelés à Jersey. À l’époque, Albert Yuma déclare que l’argent sera utilisé pour rembourser les dettes et investir dans l’outil de production.
En réalité, un mois plus tard, la Gécamines verse 60 millions, en deux fois, sur un compte en Suisse de la Banque centrale, sous forme d’avances fiscales. Dans leurs courriers sollicitant ces paiements, le gouverneur et son adjoint disent agir sur « instructions écrites du ministre délégué aux finances » de l’époque, Patrice Kitebi. Il nous a répondu, via son avocat, ne plus s’en souvenir.
Nous avons pu retracer la destination du premier paiement de 30 millions de dollars du 15 août 2012. Les fonds ont atterri sur un compte du ministère des Finances à la BGFI, puis sur celui du comité d’organisation du Sommet de la Francophonie organisé à Kinshasa en octobre 2012, et qui a coûté la bagatelle de 90 millions de dollars.
Comme l’a révélé une précédente enquête « Congo Hold-up », l’argent a été massivement gaspillé, voire détourné, avec 17 millions versés à une société israélienne pour l’achat de matériel de surveillance, ou encore 9 millions payés à une société d’électroménager parisienne, officiellement pour des frais de décoration à Kinshasa.
La quatrième avance n’arrive qu’un an plus tard, le 20 août 2013 : 7 millions de dollars versés par la Gécamines sur le compte de la BCC à la Rawbank. Coïncidence : trois mois plus tard, la Banque centrale a viré 5,5 millions de dollars à Sud Oil, une société-écran de la famille Kabila. L’argent a été utilisé pour financer l’achat d’un immeuble à Kinshasa à l’homme d’affaires belge Philippe de Moerloose, proche de l’ancien président Kabila.

Les mallettes de billets

Le flux se tarit ensuite pendant plus de deux ans. Et resurgit fin 2015 à la BGFI, la banque au cœur des révélations « Congo Hold-up », dirigée à l’époque par Francis Selemani, frère adoptif de Kabila et patron de fait de Sud Oil, qui a détourné 92 millions de dollars de fonds publics.
Le 30 novembre 2015, la Gécamines vire 2,7 millions depuis son compte à la BGFI vers le compte de la BCC à la Rawbank. Ce paiement n’est toujours pas reconnu par l’État.
Vient ensuite le temps des impôts payés en liquide, dont l’existence avait été révélée en 2016 par le New York Times, puis un rapport de l’ONG Global Witness. La Gécamines avait nié avoir « déposé des mallettes de billets où [que] ce soit ».
L’enquête Congo Hold-Up prouve pourtant le contraire.
Le 1er décembre 2015, la Gécamines envoie à la BGFI un ordre de paiement pour une « avance sur fiscalité » de 5 millions de dollars au profit de la « Banque centrale du Congo », non pas sur un compte, mais par « mise à disposition [en] espèces dollars américains auprès des guichets BGFI Bank Kinshasa ».
L’argent a été retiré en liquide le 7 décembre 2015 par un certain Maurice Bwanga Tshinyama. À 18h59, il est reparti de la BGFI avec plus de 80 000 billets – des coupures de 100, 20, et 10 dollars. Nous n’avons pas pu vérifier son identité. Sur la copie de sa carte d’électeur effectuée au guichet, la photo est de si mauvaise qualité que son visage n’apparait pas.
Mais l’enquête Congo Hold-up révèle qu’il jouait aussi, à ce moment-là, le rôle d’homme de paille dans un montage de blanchiment d’argent opéré par la BGFI au profit des sociétés des trois frères libanais Tajeddine. Condamnés pour blanchiment par la justice belge en 2009, ils ont été placés par la suite sous sanctions américaines pour financement présumé du parti et milice chiite Hezbollah.

Kasa Shop, un client fictif

Fin octobre 2015, la société congolaise Kasa Shop fait deux virements pour l’achat de matières plastiques, dont 299 005 dollars à une société française, Emeraude International. Quelques semaines plus tard, le service conformité de Commerzbank, banque correspondante pour ce paiement en dollars, demande des explications et des documents.
À Kinshasa, le banquier de la BGFI est très embarrassé : il commence par répondre qu’il n’a pas trouvé Kasa Shop « dans le cœur de notre système bancaire » informatique. Il finit par indiquer qu’il s’agit bien d’un achat de plastiques, sans fournir de pièce justificative, et que la société appartient à Maurice Bwanga Tshinyama, le « monsieur mallette » des avances fiscales retirées en liquide.

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Document «Congo Hold up». :copyright: Document PPLAAF  

En réalité, Kasa Shop était un client fictif, dont on ne trouve aucune trace ni au registre du commerce, ni dans la liste des clients et des opérations de la banque.
Pour les achats de plastiques, la BGFI a inscrit, sur les ordres de virement électroniques Swift, le nom de Kasa Shop et un numéro de compte fictif. Mais l’argent a été débité sur le compte de Union Invest, une société congolaise de la galaxie Tajeddine. Un système probablement destiné à contourner les sanctions américaines.
Emeraude International, vendeur de plastiques basé à Paris, nous a indiqué qu’elle ne connaissait pas Kasa Shop et n’avait jamais rien signé avec elle, et que le virement correspond à une livraison de 199 tonnes de polymères en RDC à la société émiratie Epsilon Trading FZE, contrôlée par Kassem Tajeddine.
Emeraude précise que ses « relations commerciales avec Epsilon Trading FZE […] ont pris fin dès 2016, quand nous avons suspecté un contrôle de Kassem Tajeddine sur cette société, ce un peu moins d'un an avant qu'Epsilon Trading FZE ne fasse l'objet de mesures américaines de gels des avoirs ».
Interrogée, la BGFI n’a pas répondu. Kassem Tajeddine n’a pas souhaité « combler les lacunes de la "reconstruction" erronée, incomplète et unilatérale des faits qui a été ou est faite dans [nos] articles », nous a indiqué son avocat, ajoutant que son client « n’a pas admis utiliser Epsilon Trading FZE pour blanchir de l’argent dans le contexte des sanctions » américaines.

Des avances passant par Minocongo

Le 8 décembre 2015, une semaine après la première avance de 5 millions en liquide, la Gécamines envoie à la BGFI un nouvel ordre de paiement quasi identique, pour une nouvelle « avance sur fiscalité » à payer à la Banque centrale par la mise à disposition de 3 millions de dollars en cash.
Le circuit du retrait est encore plus tortueux que la fois précédente. Le 7 décembre 2015, la BGFI a viré 3 millions du compte de la Gécamines vers l’un de ses comptes internes, qui a immédiatement reversé 2,15 millions sur le compte de la société Minocongo, d’où l’argent est retiré en liquide.
Minocongo et sa société affiliée Pain Victoire étaient à l’époque de prospères sociétés congolaises de boulangeries et minoteries, qui appartenaient à l’homme d’affaires libanais Saleh Assi. En décembre 2019, il a été placé sous sanctions américaines pour financement présumé du Hezbollah, et ses avoirs en RDC ont été gelés par le gouvernement congolais. Saleh Assi a dénoncé « des calomnies et tentatives de pressions et de provocations ».
L’arrivée et le retrait des fonds sur le compte de Minocongo semblent avoir été dissimulés derrière de faux libellés : ils décrivent le paiement d’une provision sur un crédit (en réalité le retrait d’espèces), qui a été annulée le jour même.
Interrogé, Saleh Assi indique que cette opération sur le compte de Minocongo a été réalisée à son insu : « L’argent rentre et sort le même jour, […] on ne l’a pas vu. Ça arrive dans toutes les banques, parfois, il y a des faux mouvements, et ce n’était pas suspect pour nous. Je ne sais pas ce que la BGFI a fait dans ses cuisines internes, ça ne me concerne pas. Ce que je sais c’est que nous n’avons pas retiré cet argent. »

Un virement direct à Sud Oil

En plus des 2,15 millions retirés du compte de Minocongo, un second retrait d’espèces de 1,34 million était effectué, le même jour et à la même caisse, grâce à un virement depuis le compte interne de la BGFI qui a reçu l’avance fiscale de la Gécamines.
Les 8 millions d’avances versées en liquide via la BGFI semblent donc bien avoir été détournés. La Banque centrale, elle-même, a fini par reconnaître que « ces fonds n’ont jamais été encaissés par le Trésor public », nous a indiqué par écrit le patron de l’IGF Jules Alingete.
Un dernier détournement a été opéré via la BGFI le 13 juin 2016 : la Gécamines a viré 2 millions de dollars avec pour libellé « solde avance sur fiscalité », non pas à la Banque centrale, mais directement à Sud Oil, la société-écran de la famille Kabila.
En cette année 2016, les avances se multiplient, mais plus à la BGFI. L’argent est versé par la Gécamines sur les comptes de la Banque centrale à la Rawbank, et dans une moindre mesure à la Trust Merchant Bank (TMB). Ces deux établissements ont refusé de répondre au sujet de la destination des fonds, nous indiquant que les transactions étaient protégées par le secret professionnel et qu’il s’agissait de la responsabilité de la BCC.

Des montants qui augmentent

Plus de 300 millions de dollars d’avances fiscales, soit 58% du total, ont été versés entre 2016 et janvier 2019, la période durant laquelle le président Joseph Kabila a repoussé les élections, puis s’est maintenu au pouvoir de façon illicite, alors que son mandat avait expiré.
Nous sommes parvenus à retracer certains paiements. Le 1er avril 2016, la Gécamines verse une avance de 5 millions de dollars sur un compte de la BCC à la Rawbank. Une semaine plus tard, ce même compte verse 1 million à la société Textiles et imprimerie du Congo (Texico) pour l’achat de tenues pour les soldats de l’armée congolaise.
Texico appartient en partie au président de la Gécamines Albert Yuma et à Norbert Nkulu, l’ancien avocat de Joseph Kabila devenu juge constitutionnel. Texico est également actionnaire d’Egal, la société qui a reçu 43 millions de dollars de la BCC.
Les montants ne cessent de grossir. Ils sont issus de transactions avec de grands partenaires miniers étrangers.
Début mai 2016, la Gécamines prend une étrange décision : vendre sa participation dans Metalkol au groupe kazakh ERG, alors qu’elle avait bataillé en justice pour accroitre sa participation dans ce projet minier prometteur. La société d’État vend ses actions pour 170 millions de dollars. En mai et juin 2016, elle en reverse 80 millions sous forme d’« avances fiscales » sur un compte de la BCC à la Rawbank.
Une semaine après avoir reçu le premier paiement de 40 millions, la Banque Centrale vire 7,5 millions à Sud Oil, la société-écran de la famille Kabila. Suite au versement des 40 millions supplémentaires en juin, la BCC a effectué deux autres versements en faveur de Sud Oil, pour un montant total de 32 millions.

92 millions virés vers un compte « spécial » de la BCC

Dans la région de Kolwezi se trouve un des plus riches sites de cobalt au monde : Tenke Fungurume Mining (TFM). En 2016, les opérateurs occidentaux décident de céder leurs parts au chinois China Molybdenum, pour 3,79 milliards de dollars.
Le fait que de telles sommes soient dépensées pour un projet minier, sans que les Congolais n’y gagnent quoi que ce soit, provoque un très fort émoi en RDC. La Gécamines, actionnaire minoritaire de TFM, saisit la justice. Après des mois de tensions, les actionnaires finissent par accepter de payer 100 millions de dollars à la Gécamines en échange de l’abandon des poursuites.
L’entreprise publique en reverse 92 millions sur un compte intitulé « Banque Centrale du Congo Spécial » à la TMB. Étrangement, ce montant n’est pas comptabilisé comme une avance fiscale, ni dans le bilan de la Gécamines, ni dans la liste des avances transmise à l’Inspection générale des Finances.
Selon des documents que nous avons pu consulter, le compte était vraiment « spécial », puisqu’il semble avoir réglé des dépenses de la Gécamines, alors même qu’il était au nom de la BCC.
On y trouve par exemple, en janvier 2017, 5 millions de dollars transférés au cabinet d’avocats d’affaires français Orrick Rambaud Martel, et 4,65 millions à l’avocat congolais Roger Masamba, grassement rémunérés pour leur assistance dans les procédures contre les actionnaires de TFM.
Mais il y a aussi deux virements de 10 millions libellés « avance fiscale » en mai 2017, à destination du compte de la Banque centrale à la TMB.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  YH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7  
Conférence de presse par vidéo de l’homme d’affaires, Dan Gertler, à Kinshasa, en RDC, le 16 novembre 2020. Sonia Rolley/RFI  

Ce compte « spécial » de la BCC a aussi viré 12,4 millions de dollars à Rozaro Development et Jarvis Congo, deux sociétés affiliées au riche homme d’affaires israélien Dan Gertler, sous sanctions américaines depuis décembre 2017 pour corruption présumée.

Des avances avec de l'argent emprunté

Moins de trois mois avant les sanctions, Fleurette Mumi, une société affiliée à Dan Gertler, fait un prêt à la Gécamines d’un montant de 200 millions d’euros maximum. Début novembre 2018, une tranche de 148 millions de dollars est versée à la Gécamines. Dans la foulée, l’entreprise publique effectue trois virements à la BCC au titre d’avances fiscales, pour un total de 135 millions.
Cette opération semble absurde : non seulement la Gécamines a payé un impôt d’avance, mais elle l’a fait avec de l’argent qu’elle a emprunté, et qu’elle va donc devoir rembourser. Aucun des protagonistes ne nous a répondu à ce sujet, y compris Dan Gertler.
Ces transactions ont fini par être révélées fin 2019, lorsque la société de l’homme d’affaires israélien a tenté de recouvrer sa dette à travers les tribunaux de Lubumbashi. L’affaire a provoqué l’ouverture d’une enquête pénale pour blanchiment d’argent en RDC, dont l’issue n’a pas été rendue publique.
Un dernier pactole survient en juin 2018. Après plusieurs mois de conflit intense autour du projet minier KCC, la Gécamines conclut un règlement à l’amiable avec l’actionnaire majoritaire, le géant suisse Glencore, qui lui verse 150 millions de dollars.

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Au siège de la Gécamines à Lubumbashi. :copyright: RFI/Sonia Rolley

Dans les sept mois qui ont suivi, la Gécamines a versé 91 millions de dollars, sous forme d’avances fiscales à la Banque centrale (21 millions) et de prêts à l’État congolais. Même si la Gécamines peine manifestement à faire la différence, puisqu’elle a comptabilisé deux paiements de façon différente (prêt ou avance) dans ses comptes officiels et dans le tableau transmis à l’Inspection générale des finances.
Dans un argumentaire de juin 2020 en réponse aux interpellations d’ONG sur le sujet, la Gécamines avait répondu avoir effectué ces paiements à la demande de l’État, pour « faire face à des besoins impérieux de souveraineté ».
Les versements correspondent en tout cas à la dernière ligne droite avant les élections de décembre 2018, que Joseph Kabila a enfin fini par organiser, et auxquelles la constitution lui interdit de se représenter.
Deux jours plus tôt, la Gécamines verse une avance fiscale de 4 millions de dollars à la Banque centrale. Elle n’a toujours pas été certifiée comme reçue par l’État congolais.

Ne pas « fouiner dans le passé »

Contre toute attente, Félix Tshisekedi arrive en tête du scrutin selon les résultats officiels. Mais sa victoire est entachée de graves irrégularités. Malgré des éléments matériels montrant que c’est en réalité l’opposant Martin Fayulu qui avait obtenu le plus de voix, Félix Tshisekedi est déclaré vainqueur le 20 janvier 2019 par la cour constitutionnelle.

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Pour devenir président, Félix Tshisekedi a dû signer en 2019 un accord politique avec Joseph Kabila. Il a déclaré à l’époque qu’il se refusait à « fouiner dans le passé », en particulier dans les affaires qui touchaient d’un peu trop près à son prédécesseur.
Après deux ans sous tutelle, le président Tshisekedi est parvenu cette année récupérer les principaux leviers du pouvoir, dont le gouvernement et l’Assemblée nationale. Mais Joseph Kabila et son premier cercle n’ont jamais été inquiétés judiciairement.
Relancée lundi 13 décembre afin de savoir si l’enquête sur les avances fiscales avait progressé et avait abouti à un chiffrage précis du préjudice de l’État, l’Inspection générale des finances n’a pas répondu. Questionnée sur cette affaire, la Présidence de la république a refusé de répondre.
Si le calendrier prévu est tenu, le chef de l’État congolais devrait recevoir d’ici quelques semaines le rapport final de l’Inspection générale des finances sur la Gécamines. Vu l’ampleur des détournements présumés, ce document va mettre Felix Tshisekedi face à ses responsabilités.


Boîte noire

Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) ont obtenu 3,5 millions de documents et plusieurs millions de transactions bancaires issus de la BGFIBank. Sous la coordination du réseau de médias d’investigation European Investigative Collaborations (EIC), ces données ont été analysées pendant six mois, dans un effort de coopération inédit, par 19 médias (RFI, De Standaard, Le Soir, NRC Handelsblad, Der Spiegel, KVF, Bloomberg, BBC Africa Eye, L’Orient-Le Jour…) et cinq ONG (PPLAAF, The Sentry, Public Eye, Resource Matters et Congo Research Group) basés dans 18 pays.
Cet effort de recherche, qui a nécessité une plateforme informatique sécurisée et la création d’un logiciel spécifique, n’aurait pas été possible sans l’équipe technique de Mediapart (Chrystelle Coupat et Rubing Shen) et de l’EIC (Gabriel Vijiala). La charte graphique et les illustrations du projet « Congo hold-up » sont signées Simon Toupet et Sébastien Calvet (Mediapart).
L’enquête de cet article a été menée par Mediapart, RFI et l’ONG belge Resources Matters, avec la collaboration du journal libanais L'Orient-Le Jour.
Toutes les personnes, sociétés et entités publiques citées ont reçu des questions détaillées par écrit. Nous avons déployé nos meilleurs efforts pour tenter d’obtenir leurs réponses.

La plupart des protagonistes de cette affaire n’ont pas répondu, dont la Banque centrale du Congo, son ancien gouverneur Deogratias Mutombo, la Gécamines, son ancien président Albert Yuma, la BGFI, Dan Gertler et l’ancien ministre des Finances Henri Yav (2014-2019).
L’actuel ministre des Finances Nicolas Kazadi a refusé de nous répondre, afin « d’éviter toute interférence » dans l'enquête en cours de l'Inspection générale des finances, soumise au secret. M. Kazadi nous a indiqué, par la voix de son conseiller en charge de la bonne gouvernance, que l’enquête « Congo Hold-up » a « terni l’image du pays, mais aussi occulté les efforts réels que le Gouvernement déploie depuis l’alternance […] dans le cadre de la lutte contre la corruption ».
La Rawbank, la TMB, Kassem Tajeddine, Saleh Assi et l’ancien ministre des Finances Patrice Kitebi nous ont répondu par écrit.
Le chef de l’Inspection générale des Finances (IGF) nous a d’abord répondu par écrit le 29 octobre, puis a accordé un entretien téléphonique le 9 novembre à Mediapart et RFI, au nom du consortium « Congo hold-up ». L’IGF nous a ensuite apporté des précisions supplémentaires le 24 novembre. Relancée le 13 décembre au sujet d’un éventuel changement dans les conclusions de l’enquête (qui est toujours en cours), l’IGF n’a pas répondu.
La présidence de la République a refusé de répondre.


"Congo Hold-up: la fortune offshore de l’entrepreneur belge Philippe de Moerloose - 14/12/202 -
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20211214-congo-hold-up-la-fortune-offshore-de-l-entrepreneur-belge-philippe-de-moerloose
L’homme d’affaires Philippe de Moerloose, nominé au prix de « manager de l’année » en Belgique, ne s’est pas seulement enrichi en vendant aux autorités congolaises du matériel avec des marges bénéficiaires très largement supérieures à la moyenne. Il a également su profiter de la fiscalité avantageuse de certaines paradis fiscaux. Une enquête de De Standaard et Le Soir, avec Mediapart, PPLAAF et le réseau européen EIC.[...]

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Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 23/12/2021, 10:17 pm

F
M.



"Congo Hold-up : « le temps de parole de Joseph Kabila commence », dit son avocat - 23 décembre 2021
= https://actualite.cd/2021/12/23/congo-hold-le-temps-de-parole-de-joseph-kabila-commence-dit-son-avocat

Le collectif d’avocats de Joseph Kabila s’est présenté devant la presse ce jeudi. Il est dirigé par Raphaël Nyabirungu, un juriste chevronné proche de l’ancien président. Il a dénoncé une « campagne médiatique sans précédent menée pour atteindre et abattre un homme, Joseph Kabila ».
« Pendant plus d’un mois, fidèle à son image image de force tranquille et d’homme de réflexion, il a gardé silence. Aujourd’hui, son temps de parole commence par ce premier point de presse », a déclaré Raphaël Nyabirungu qui a précisé qu’ un autre collectif est installé en Europe et un autre en Afrique Australe.
Pour lui, Congo hold-up est sans aucun fondement, mais simplement diffamatoire et calomnieuse contre « une personnalité de premier plan en RDC et en Afrique » qui n’a causé aucun tort à « aucun de leurs pays ». Il n’est soutenu par aucune preuve fiable, dit-il: « Aucun compte au nom de Joseph Kabila n’a été cité ».

« Le but de Congo Hold-up est de maintenir le contrôle du sol et sous-sol congolais, ajoute Raphaël Nyabirungu.
Près de 140 millions de dollars auraient été décaissés entre 2013 et 2018 au profit des proches de l’ancien président, selon les enquêtes Congo Hold-up. Des comptes du cercle de Joseph Kabila auraient aussi bénéficié des crédits de plus 100 millions USD. Problème: l’origine de ces fonds n’a pas été déterminée. Le média évoque aussi des dépôts en liquide d’environ 40 millions USD.
Ces médias et des ONG auteurs de ces vastes enquêtes pointent du doigt les faiblesses du système bancaire congolais avec, selon les enquêteurs, ce qu’on peut appeler des complicités internes à la BCC avec des soupçons de blanchiments d’argent, des transferts vers des sociétés écrans qui seraient basées dans des paradis fiscaux et d’autres flux opaques.
De son côté, Rose Mutombo, ministre de la Justice, a donné « injonction » au procureur général près la Cour de cassation « d’ouvrir une instruction judiciaire » sur les « révélations de détournements de fonds publics impliquant plusieurs sociétés congolaises et internationales » contenues dans les enquêtes de Congo Hold-up.

"Les avocats de Joseph Kabila répondent: « l’ancien président a légué à son successeur près de 2 milliards USD comme réserve à la BCC sans un quelconque appui extérieur » -  23 décembre 2021
= https://actualite.cd/2021/12/23/les-avocats-de-joseph-kabila-repondent-lancien-president-legue-son-successeur-pres-de-2

"Enquête "Congo Hold-up": l'ancien président Kabila menace de porter plainte - 23 septembre 2021  
= https://www.voaafrique.com/a/enqu%C3%AAte-congo-hold-up-l-ancien-pr%C3%A9sident-kabila-menace-de-porter-plainte/6367049.html

"Congo hold-up : Kabila se réserve le droit « de saisir incessamment les instances judiciaires compétentes tant en RDC qu’à l’étranger pour que justice soit faite » - 23 décembre 2021
= https://actualite.cd/2021/12/23/congo-hold-kabila-se-reserve-le-droit-de-saisir-incessamment-les-instances-judiciaires


"Après "Congo hold-up", une interview sème la zizanie à RFI - 23 décembre 2021
= https://www.arretsurimages.net/articles/apres-congo-hold-up-une-interview-seme-la-zizanie-a-rfi


"« Congo hold-up » : après nos révélations, le choc et l’embarras - 19 décembre 2021
= https://www.mediapart.fr/journal/international/191221/congo-hold-apres-nos-revelations-le-choc-et-l-embarras
Les 150 articles et rapports publiés par Mediapart et ses partenaires sur les détournements de fonds en République démocratique du Congo ont eu un impact important. Mais ils ont aussi plongé la classe politique congolaise dans l’embarras, démontrant la position ambiguë du nouveau président Félix Tshiseked.i

Clap de fin pour « Congo hold-up ». Au fil des 22 articles publiés par Mediapart en trois semaines, auxquels s’ajoutent plus de 130 autres chez nos partenaires internationaux, cette enquête exceptionnelle a disséqué comme jamais auparavant la corruption, le blanchiment et le pillage des fonds publics en République démocratique du Congo (RDC), notamment au bénéfice de l’ancien président Joseph Kabila et de ses proches.
Relevés bancaires par dizaines de milliers, transactions par millions, ordres Swift, rapports d’audit, documents de la Banque centrale du Congo, de la direction générale des impôts : le plus gros leak d’Afrique est inédit par son ampleur, mais aussi par la richesse et la variété des documents qu’il contient.
C’est ce qui a permis à Mediapart, ainsi qu’à 18 autres médias et cinq ONG, de multiplier les révélations, en apportant un très haut niveau de preuves.

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  20211217-img-apres-nos-revelations-le-choc-et-l-embarras-1
:copyright: Simon Toupet / Mediapart

Le consortium « Congo hold-up » a aussi obtenu d’autres documents confidentiels, parlé à des dizaines de sources et arpenté le terrain, en RDC comme en Europe. Notre enquête a donné vie aux millions, en traquant sur les pistes de latérite les engins surfacturés de l’homme d’affaires Philippe de Moerloose, mais aussi en retrouvant un ancien garage qui a permis d’amasser des millions, en suivant les traces d’un yacht de luxe rénové en France, de cargos des îles Féroé remplis d’animaux sauvages, de poissons surgelés, de pagnes multicolores, de flux d’argent atterrissant dans une boutique d’électroménager parisienne et de sociétés offshore ensoleillées : îles Vierges britanniques, île Maurice, Émirats arabes unis.
Nos enquêtes ont eu un impact important, en RDC comme à l’étranger. Mais elles ont aussi plongé la classe politique congolaise dans un grand embarras, avec des réactions minimales. « Congo hold-up » a montré la position ambiguë du nouveau président Félix Tshisekedi, qui n’a manifestement pas encore complètement rompu avec son prédécesseur Kabila, auquel il doit son accession au pouvoir.
Alors que nous avons publié jeudi le dernier volet de cette enquête de longue haleine, voici le résumé de nos révélations.

Nos révélations en cinq minutes chrono

L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila – qui a quitté le pouvoir en janvier 2019 après 18 ans de pouvoir – et ses proches se sont servis directement dans les caisses de l’État. En cinq ans, la famille Kabila et son réseau d’affaires ont détourné au moins 138 millions de dollars appartenant à des entités publiques.
Cet argent provenait de la Banque centrale du Congo, de l’entreprise minière nationale (la Gécamines), du Fonds national d’entretien routier, de la Société nationale des transports et des ports, de l’Assemblée nationale, de la Commission chargée d’organiser les élections et même… des Nations unies.
Il a atterri sur les comptes d’une société-écran contrôlée par le frère et la sœur de Joseph Kabila (Sud Oil), d’une entreprise d’importation alimentaire dirigée par des proches de l’ancien chef de l’État, d’une mystérieuse société portuaire possédée par Joseph Kabila depuis 2015, de six membres de la famille Kabila et leurs sociétés ou encore d’une société textile contrôlée à 60 % par l’un des frères de l’ancien chef de l’État (Francis Selemani).

Joseph Kabila a personnellement bénéficié d’au moins 6 millions de dollars de cet argent détourné, dont une affaire où il semble tout simplement avoir prélevé sa commission.
Ce système de prédation a été rendu possible par la complicité d’une banque, la BGFI, dont la famille Kabila contrôlait la filiale congolaise. La filiale française a fait transiter, en tant que banque correspondante, des dizaines de millions de dollars de transactions suspectes.
Une partie de l’argent a servi à acquérir un arsenal répressif qui a aidé Joseph Kabila à se maintenir au pouvoir deux ans de plus que la durée légale de son mandat.

« Congo hold-up » démontre également, pour la première fois, comment la famille et le premier cercle de Joseph Kabila ont été corrompus par les sociétés d’État chinoises qui ont remporté un contrat minier géant (le « deal du siècle ») de 6,6 milliards de dollars avec la RDC.
Nous avons aussi révélé une affaire susceptible de constituer le plus gros détournement de fonds publics de l’histoire du Congo-Kinshasa : les « avances fiscales » de la Gécamines, l’entreprise minière nationale. Elle a versé 530 millions de dollars d’impôts via la Banque centrale, dont l’Inspection générale des finances n’a pas retrouvé la moindre trace dans les caisses de l’État. Nos documents révèlent qu’au moins une partie a bien été détournée, notamment au profit de sociétés contrôlées par la famille Kabila.
Mais les 3,5 millions de documents bancaires auxquels Mediapart et ses partenaires ont eu accès ne portent pas que sur les Kabila, et pas uniquement sur la RDC.
Nos révélations touchent les principales familles politiques congolaises. Nous avons écrit comment au moins deux des collaborateurs de l’actuel président congolais, Félix Tshisekedi, ont continué de faire des affaires après leur prise de fonction à la présidence, au risque du conflit d’intérêts. Plusieurs ministres toujours en fonction sont cités dans différents volets de notre enquête (notamment ici).
L’ancien gouverneur du Katanga et possible candidat à la prochaine présidentielle, Moïse Katumbi, a lui poursuivi son business minier, alimenté en partie par des contrats publics, en le logeant dans des sociétés offshore.

Sur le plan international, les documents de « Congo hold-up » mettent au jour de possibles réseaux internationaux de blanchiment d’argent, liés à des individus accusés de financement du Hezbollah et à plusieurs hommes d’affaires indiens installés en RDC. Des acteurs économiques français et européens sont directement concernés par nos révélations, comme bénéficiaires de l’un de ces réseaux de blanchiment.
D’autres sociétés françaises ont obtenu des contrats passés sous l’ère Kabila dans des circonstances douteuses, par exemple lors de l’organisation du Sommet de la francophonie à Kinshasa en 2012.
Un homme d’affaires belge, Philippe de Moerloose, s’est enrichi sur les fonds publics de la sixième population la plus pauvre du monde en surfacturant tracteurs, camions et autres machines et équipements lourds ; il a logé une partie de cette fortune dans des paradis fiscaux.
Enfin, les documents « Congo hold-up » jettent également une nouvelle lumière sur un projet immobilier emblématique de Kinshasa, la Cité du fleuve, dont le gérant français a caché pendant des années à ses clients les sanctions financières dont il faisait l’objet.

Les réactions : condamnations et contre-feux

Alexander De Croo, premier ministre de la Belgique (l’ancienne puissance coloniale), a été le premier officiel à réagir en déclarant, le 19 novembre, que « toute forme de corruption [était] totalement inacceptable », qu’il était « dans l’intérêt même de la RDC que cette affaire soit révélée au grand jour ». La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a pour sa part déclaré que nos enquêtes « montr[aient] l’importance pour la stabilité macroéconomique de promouvoir une meilleure gouvernance et une meilleure transparence ».
En RDC, plusieurs organisations non gouvernementales ont également appelé la justice à se saisir de ces informations pour ouvrir des enquêtes sur ces « faits graves », parmi lesquelles la campagne « Le Congo n’est pas à vendre » (qui regroupe une dizaine d’associations congolaises et internationales qui luttent et militent contre la corruption) et le mouvement dit « citoyen » Lucha, très actif sur les questions de démocratie, de justice sociale et de respect des droits humains.
Dans un communiqué, la banque BGFI prend ses distances avec les « pratiques douteuses » ayant pu avoir cours dans sa filiale congolaise.

Certaines personnalités et institutions mises en causes, qui ne nous avaient pas répondu avant publication, ont fini par réagir, mais au minimum.
La chargée de communication de l’ancien chef de l’État congolais Joseph Kabila s’est contentée d’estimer par voie de communiqué, sans démentir aucun fait, qu’« aucune ligne » de nos articles « ne démontre l’implication factuelle ou même implicite » de Joseph Kabila dans ces détournements. C’est pourtant tout le contraire.
La banque BGFI a elle aussi fini par réagir dans un communiqué où elle prend ses distances avec les « pratiques douteuses » ayant pu avoir cours dans sa filiale congolaise.
Le grand patron de la banque, Henri-Claude Oyima, a ensuite eu droit à une interview au ton complaisant sur la chaîne Télé 50 (proche de Joseph Kabila), où il a refusé de commenter nos informations sur le fond, se contentant de rassurer ses clients sur la solidité de la banque.
À la suite de nos révélations sur la corruption de Joseph Kabila par des groupes chinois pour obtenir un gigantesque contrat minier, le BCPSN, l’agence publique chargée de superviser ce contrat, a organisé une conférence de presse, au cours de laquelle le porte-parole a refusé de s’exprimer sur les faits. Son seul message : l’enquête « Congo Hold-up » serait une conspiration des Occidentaux « déterminés à salir l’image, l’honneur et la réputation » de la RDC, « dans le but de décourager les investisseurs chinois ».
Dans la même veine complotiste, un site internet congolais a assuré, le 20 novembre, qu’« environ 800 000 dollars » avaient été versés par le pouvoir congolais à la « presse internationale […] pour populariser une fausse investigation » sur Joseph Kabila. Nous n’en avons pas vu la couleur...

L’embarras du président Tshisekedi

Le 24 novembre, cinq jours après le début de nos révélations, la justice congolaise a ouvert une information judiciaire visant l’ancien président Kabila et son entourage. La ministre de la justice Rose Mutombo avait « ordonné » le 20 novembre au procureur général près la Cour de cassation l’ouverture de cette enquête sur les « révélations de détournements de fonds publics impliquant plusieurs sociétés congolaises et internationales » publiées par « Congo hold-up ».
« Nous ne pouvons pas, comme gouvernement, rester insensible à de telles allégations », avait indiqué le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.
En réalité, la position de Félix Tshisekedi est ambiguë. Il ne s’est d’ailleurs toujours pas exprimé directement sur le sujet. Car « Congo hold-up » est un matériau inflammable, susceptible de faire voler en éclats le fragile équilibre politique congolais.
L’enquête judiciaire ouverte à la suite de « Congo hold-up » pourra-t-elle aller jusqu’au bout ?

La victoire de Félix Thsisekedi à la présidentielle de décembre 2018 est entachée de graves irrégularités. Malgré des éléments matériels montrant que c’est en réalité l’opposant Martin Fayulu qui avait obtenu le plus de voix, Félix Tshisekedi est déclaré vainqueur le 20 janvier 2019 par la Cour constitutionnelle.
Pour devenir président, Félix Tshisekedi a dû signer en 2019 un accord politique (dont le contenu précis n’est pas connu) avec Joseph Kabila. Il a déclaré à l’époque qu’il se refusait à « fouiner dans le passé », en particulier dans les affaires qui touchent d’un peu trop près son prédécesseur. Et de fait, Joseph Kabila et ses proches n’ont, jusqu’ici, jamais été inquiétés judiciairement.
L’enquête judiciaire ouverte à la suite de « Congo hold-up » pourra-t-elle aller jusqu’au bout ? Les premiers signes donnés par la présidence sont loin d’être encourageants, comme l’illustre la volte-face de Jules Alingete, chef de l’Inspection générale des finances. Il dépend directement du président, qui l’a choisi pour traquer les détournements de fonds publics.
Nous avons contacté Jules Alingete au sujet du scandale des 43 millions de dollars détournés de la Banque centrale par l’importateur alimentaire Egal, contrôlé par le premier cercle de Kabila. Le rapport d’enquête de l’IGF concluait que la BGFI a empoché l’argent. Notre enquête montrait qu’il était bien allé chez Egal.
Malgré ce désaccord de départ, M. Alingete s’est montré très coopératif et nous a accordé un long entretien. Le 25 novembre, trois jours après la publication de l’article, il déclarait sur RFI à propos de notre enquête : « C’est positif. » Il expliquait avoir blanchi Egal faute d’avoir pu obtenir certains documents. Les « enquêteurs [de “Congo hold-up”] ont beaucoup plus d’informations, ils sont allés beaucoup plus loin en identifiant les véritables bénéficiaires », ajoutait le patron de l’IGF.

Mais Jules Alingete a complètement changé d’avis… le jour même, dans une seconde interview réalisée le 25 novembre, et diffusée quatre jours plus tard. Cette fois, il tient la BGFI pour seule responsable et affirme que Joseph Kabila et ses proches n’ont rien touché – nos enquêtes montrent pourtant bien le contraire.
Le patron de l’IGF qualifie désormais les révélations « Congo hold-up » d’« insinuations qui n’ont pour objectif que de brûler le Congo ». Plus grave, il a formellement « demandé au gouvernement congolais et à la justice de ne pas tomber dans le piège de la presse internationale », les appelant à « ne pas traiter » les éléments issus de notre enquête.
Venant d’un homme rattaché à la tutelle directe de Félix Tshisekedi, de telle déclarations peuvent être considérées comme une forme de pression sur les magistrats chargés de l’enquête judiciaire qui vient d’être ouverte.

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L’affaires Gécamines, un test pour le nouveau pouvoir

Mais le vrai test pour Félix Tshisekedi sera sans doute l’affaire dite de la Gécamines. Le 3 décembre, le chef d’État congolais a limogé sans explications le tout-puissant kabiliste Albert Yuma de la présidence de cette compagnie minière nationale - très probablement à cause de « Congo hold-up ».
Deux semaines plus tôt, nous révélions que la Gécamines avait versé 20 millions de dollars à Sud Oil, une société écran de la famille Kabila. La présidence était par ailleurs informée (à travers les questions que nous lui avions adressées) que nous allions bientôt publier une enquête sur l’énorme scandale des 530 millions d’« avances fiscales » payées par la Gécamines.
Nos documents prouvent qu’une partie de l’argent a été détourné, notamment au profit de la famille Kabila. Une enquête est actuellement en cours à l’IGF sur le même sujet. Donnera-t-elle lieu à des suites judiciaires ?
Lorsque nous avons interrogé le ministre des finances Nicolas Kazadi sur cette affaire, il a refusé de nous répondre, préférant déplorer le « battage médiatique » de nos enquêtes qui auraient, selon lui, « terni l’image du pays mais aussi occulté les efforts réels que le gouvernement déploie depuis l’alternance […] dans le cadre de la lutte contre la corruption ».
Jules Alingete a indiqué à Jeune Afrique qu’il remettrait ses observations à la Gécamines d’ici la fin décembre. « Le secteur minier est l’un de ceux où la fraude et la corruption ont atteint des dimensions inexplicables. Ce serait un miracle qu’on termine notre travail en disant que le contrôle de la Gécamines s’est soldé par un constat de bonne gouvernance », a-t-il indiqué.
Le chef de l’État congolais devrait donc recevoir au début de l’année 2022 le rapport final de l’IGF sur cette affaire explosive. Vu l’ampleur des détournements présumés, ce document va mettre Félix Tshisekedi face à ses responsabilités.
 
Boîte noire

"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Chu-logo

L’enquête « Congo hold-up » révèle de façon inédite les rouages de la kleptocratie et de la corruption qui ont rongé la République démocratique du Congo (RDC) sous le règne de son ancien président Joseph Kabila, et, au-delà, le pillage d’un pays-continent parmi les plus pauvres du monde.
Mediapart et l’ONG Plateforme pour la protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF) ont obtenu 3,5 millions de documents et plusieurs millions de transactions bancaires issus de la BGFIBank, analysés pendant six mois par dix-neuf médias et cinq ONG basés dans dix-huit pays sous la coordination du réseau de médias d’investigation European Investigative Collaborations (EIC).
Ces dix-neuf médias sont Mediapart (France), De Standaard et Le Soir (Belgique), NRC (Pays-Bas), Der Spiegel (Allemagne), InfoLibre (Espagne), Politiken (Danemark), Expresso (Portugal), VG (Norvège), Nacional (Croatie), le Centre roumain pour le journalisme d'investigation (RJIC, Roumanie), tous membres du réseau de médias EIC, ainsi que Bloomberg (Etats-Unis), Radio France International (RFI, France), L’Orient-Le Jour (Liban), BBC Africa Eye (Royaume-Uni), KvF (Iles Féroé), The Namibian (Namibie), The Continent (Afrique du Sud) et The Wire (Inde). Les 5 ONG sont PPLAAF, The Sentry, Public Eye, Resource Matters et le Congo Research Group.
Cet effort de recherche, qui a nécessité une plateforme informatique sécurisée et la création d’un logiciel spécifique, n’aurait pas été possible sans l’équipe technique de Mediapart (Chrystelle Coupat et Rubing Shen) et de l’EIC (Gabriel Vijiala). La charte graphique et l’iconographie du projet « Congo hold-up » sont signées Simon Toupet et Sébastien Calvet (Mediapart).


"Congo Hold-up et après? Au coeur d'un système opaque - 19 décembre 2021
= https://actualite.cd/2021/12/19/congo-hold-et-apres-au-coeur-dun-systeme-opaque

"Un entrepreneur belge dans l’œil du cyclone
«Congo Hold-up», presque une première pour le Luxembourg - 17.12.2021

= https://paperjam.lu/article/congo-hold-up-presque-premiere

"
=

= https://www.mediacongo.net/article-actualite-98028_congo_hold_up_joseph_kabila_se_reserve_le_droit_de_saisir_la_justice_contre_ce_qu_il_qualifie_de_contre_verites.html
= https://www.radiookapi.net/2021/12/07/actualite/societe/les-congolais-appeles-naccorder-aucun-credit-au-rapport-congo-hold
= https://actu30.cd/2021/11/rdc-le-rapport-congo-hold-up-remis-en-question-par-de-nouveaux-elements-apportes-par-patrice-kitebi-et-la-societe-egal/
= https://www.franceinter.fr/le-documentaire-hold-up-a-ete-vu-au-moins-plus-de-deux-millions-et-demi-de-fois-sur-internet

= https://fb.watch/a4AEa-nlzw/

= https://video-streaming.orange.fr/actu-politique/congo-hold-up-CNT000001GIwC5.html


Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul # # Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

ndonzwau


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"CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!  Empty Re: "CONGO HOLD-UP", UNE ENQUÊTE COLLABORATIVE QUI DOCUMENTE DES DÉTOURNEMENTS DES FONNDS PUBLICS PAR LE CLAN KABILA AVEC AU CENTRE LA BANQUE BGIF/RDC QUASIMENT PRIVATISEE A LEUR SEUL COMPTE !!!

Message  ndonzwau 21/1/2022, 5:07 pm

"CONGO HOLD-UP N'EST PAS MORT, LA JUSTICE CONGOLAISE OUVRE UN DOSSIER SUR 'SUD-OIL' ET 'EGAL', DEUX SOCIÉTÉS ÉCRANS DE LA GALAXIE 'JK' ÉPINGLÉES LORS DE CETTE ENQUÊTE  !

Selon les auteurs de l’enquête Congo Hold-up, des documents révèlent des détournements de fonds publics de grande ampleur : plus de 90 millions de dollars d’argent public puis 43 millions de dollars de la Banque centrale sont allés, avec la complicité de BGFI, à Egal, une société d’importation de viande et de poisson dont les bénéficiaires présumés ne sont que l’ancien PR, 'JK' et ses proches. Pour le moment il est question pour la justice Congolaise de vérifier les affirmations contenues dans l’enquête et si les crimes dénoncés sont avérés, elle se verra dans l’obligation d'ouvrir un registre du ministère public. pour des inculpations éventuelles avec possibilité de mise aux arrêts des suspects, avant l’envoi du dossier en fixation devant la juridiction compétente.

C'est hélas là où les Congolais vont encore s'empoigner, 'JK' étant blindé d'immunités avec son statut d'ancien président et de sénateur à vie. Non seulement l'instruction judiciaire peut s'arrêter en cours de chemin avant cette étape mais aussi personne dans cette justice à moins que ce soit avec l'aval de son successeur, ne s'autorisera d'ouvrir un dossier qui aboutisse le concernant, comme on l'a vu il y'a deux jours le refus de la Haute Cour militaire de permettre sa comparution dans le procès Chebeya...



"RDC: la justice ouvre un dossier contre Sud-Oil et Egal après l'enquête Congo Hold-up -  21/01/2022
= https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220121-rdc-la-justice-ouvre-un-dossier-contre-sud-oil-et-egal-apr%C3%A8s-l-enqu%C3%AAte-congo-hold-up
À Kinshasa, la justice ouvre un dossier à charge contre Sud-Oil et Egal, deux sociétés en rapport avec l’ancien président Joseph Kabila et ses proches. Après le bruit et les révélations, c’est désormais le début d’un processus pouvant conduire à des procédures judiciaires.
Avec notre correspondant à Kinshasa, Kamanda wa Kamanda Muzembe 

Citées dans la grande enquête Congo Hold-up, les sociétés Sud-Oil et Egal intéressent les autorités judiciaires de République démocratique du Congo. Un dossier d’informations vient en effet d’être ouvert concernant ces deux entités. Il s’agit pour la justice de vérifier les affirmations contenues dans l’enquête publiée par plusieurs médias internationaux, y compris RFI, explique un haut magistrat.
Et si les crimes dénoncés sont avérés, renchérit un expert, la justice se verra dans l’obligation de passer à une autre étape, c’est-à-dire ouvrir un registre du ministère public. Le même expert ajoute qu'il faudra s’attendre à des inculpations éventuelles avec possibilité de mise aux arrêts des suspects, avant l’envoi du dossier en fixation devant la juridiction compétente.

Des millions de dollars d'argent public détournés

Selon les auteurs de l’enquête Congo Hold-up, les documents consultés révèlent des détournements de fonds publics de grande ampleur. On cite, parmi les bénéficiaires présumés, l’ancien président de la République, Joseph Kabila et ses proches. Sud-Oil et ses sociétés satellites ont, selon l’enquête, reçu plus de 90 millions de dollars d’argent public. Tandis que, toujours selon les auteurs de cette même enquête, 43 millions de dollars de la Banque centrale sont allés, avec la complicité de BGFI, à Egal, une société d’importation de viande et de poisson.

l'intégralité de l'enquête Congo Hold-up


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Compatriotiquement!


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