CONGO/RWANDA : NOTRE VOIX ENFIN MIEUX ENTENDUE ?!? CAS DE C BRAECKMAN ! QU’EN FAIRE ???

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CONGO/RWANDA : NOTRE VOIX ENFIN MIEUX ENTENDUE ?!? CAS DE C BRAECKMAN ! QU’EN FAIRE ???

Message  ndonzwau le 28/10/2014, 8:33 pm

Les Congolais sont-ils enfin arrivés à faire mieux entendre leur voix dans la tragédie née du génocide rwandais qu'ils subissent depuis près de vingt ans ?

Personne d’entre-nous n’est plus dupe de la mauvaise conscience des Occidentaux face au génocide rwandais de 1994 : ils auraient pu l’empêcher ou l’arrêter plus tôt mais n’ont pu ou voulu(?) le faire ! Aussi ont-ils tenté depuis de le réparer à leur façon !
A côté d’agendas plus guère cachés à ce jour, cette mauvaise conscience explique largement leur peu d’empressement à aller fouiller dans les pratiques pourtant suspectes du régime de Kagame au Rwanda, représentant attitré des victimes, sinon leur indulgence si pas leur impunité quoi qu’il fasse depuis…
Est-il encore besoin de le rappeler : le génocide au Rwanda a vu s’entre-tuer en 1994 de Rwandais entre eux : schématiquement des Hutu ont tué leurs concitoyens Tutsi parce que Tutsi; pas un Zaïro-Congolais n’y a participé de près ou de loin…
Il en est autrement des conséquences, toute la planète le sait ou devrait le savoir aujourd‘hui : les Zaïro-Congolais en ont subi et en subissent encore des contre-coups horribles, la plus grande tragédie du monde depuis la Seconde Guerre avec au moins 6.000.000 de morts directes et indirectes et de multiples autres horreurs comme des milliers de filles, femmes, vieilles violées…

La journaliste belge C Braeckman, s’est constituée en spécialiste de l’"Afrique des Grands Lacs Africains" de papa (celle aux confins de "l’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Est" de jadis) dont son pays colonisa le Congo belge, le Rwanda et le Burundi et dont elle a sillonné l‘espace, observé les vies politiques et sociales et brossé non sans talents les situations ! On se souviendra de sa "campagne" heureuse contre le Mobutu des derniers jours ("Le Dinosaure, le Zaïre de Mobutu, 1992") !
Avec le génocide rwandais, par métier, sympathies personnelles(sic!), honnêteté intellectuelle, convictions anti-colonialistes…, elle prit vigoureusement faits et causes pour le régime de Kagame…
Puis, après ses panégyriques, entre deux charges incontournables contre la France, on a vu poindre dans ses livres, (écartons de suite ses chroniques qui sont souvent du registre de la propagande pour n’analyser que ses livres qui sont plus équilibrés...), un début de critique envers le FPR rwandais jusqu’à avouer dans l’une de ses dernières livraisons que c’est à la vue de ce qu’a fait Kagame au Congo qu’elle a commencé à mieux mesurer la qualité de son pouvoir...
Que disent d’autre les Congolais depuis 20 ans sans qu’elle, ses confrères et leurs chancelleries leur prêtent oreille ?

Braeckman est de ceux qui ont médiatisé le travail et le combat de Dr Mukwege au Kivu, ce médecin qui "répare" les dégâts causés chez les femmes, victimes des viols…
Autour et à l’occasion de son dernier prix elle nous affirmait dans un entretien (voir ci-dessous):
- que le viol au Congo est une pratique importée du Rwanda (une extrémité qui a quelque part à avoir avec cette autre qu’est le génocide ?)
- son embarras à voir le Rwanda s’entêter à nier sa déstabilisation du Congo et la CI ne pas s’afficher ferme pour l’en sanctionner…
Plus généralement elle loue en Mukwege un héros contemporain dont l’engagement humaniste et citoyen fait la fierté des Zaïro-Congolais et "rend visible tous ces combattants de l’ombre, ces résistants qui ont dit à l’Est et partout au Congo non à la guerre, à l’occupation, à la balkanisation…"
La guerre, l’occupation, la balkanisation… contre qui sinon contre les voisins rwandais et ougandais qui sous-traitent avec bonheur localement et mafieusement les agendas des puissants ?

Dommage que ces déclarations combien décisives de la part d'une journaliste occidentale dont on connaît le passé dithyrambique envers l'autocratie monoethnique rwandaise pro-tutsi ne fassent suffisamment l’objet d’exploitation par les Congolais, les Belges et toutes les bonnes consciences !
Avec les voix qui prennent de plus en plus le courage de révéler les dessous du génocide rwandais et le projet déstabilisateur du régime rwandais au Congo (BCC, report mapping Onu et autres rapports…) nous nous approchons de la vérité qui peut conduire à la justice, la réconciliation et la paix dans cette Région...
Mme Braeckman qui met au jour la geste du "médecin résistant" Mukwege devrait logiquement mettre aussi le couvert sur le prometteur complice rwandais de ces pathologies, ses mensonges et ceux de tous ceux qui le parrainent et pourquoi pas nous commettre (à côté du livre co-écrit sur Dr Mukwege que je n‘ai pas encore lu) une nouvelle production qui si elle ne peut réparer son passé hagiographique du sulfureux Kagame et de son régime, remette les points sur les i sur la véritable réalité du régime rwandais quant aux génocides rwandais et Congolais…
C’est seulement ainsi qu’elle parfera son oeuvre pour la paix dans les Grands Lacs africains derrière Dr Mukwege !

Quel parti nous Congolais pouvons-nous tirer de ces nouvelles vérités ?





° http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2014/10/22/mukwege-le-prix-sakharov-recompense-un-authentique-heros-congolais/




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Re: CONGO/RWANDA : NOTRE VOIX ENFIN MIEUX ENTENDUE ?!? CAS DE C BRAECKMAN ! QU’EN FAIRE ???

Message  ndonzwau le 28/10/2014, 10:36 pm

Revenons au commencement !
Le génocide rwandais : sa réalité et sa négation(?) !


Rappelons que le négationnisme face au génocide existe hélas mais tous les cris qui le dénoncent ne sont pas pour autant crédibles !
Le "génocide" a une définition juridique internationalement admise : "l'extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d'une population ou d'une partie d'une population en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales" !

A juste titre, cette qualification forgée à partir des crimes perpétrés par les nazis à l'encontre du peuple juif (et tzigane) durant la Seconde Guerre mondiale, définit un crime absolu nécessitant des sanctions codifiées mais en même temps fait que le statut juridique des différents massacres de masse dans l'histoire (avant ou après) devient un "enjeu identitaire et politique pouvant dégénérer en polémiques avec concurrence mémorielle" !
D'où une vigilance légitime lorsqu'on fouille ses circonstances de peur d'en minorer la réalité ou l'ampleur tant sa reconnaissance nécessite d'être moralement, juridiquement et sévèrement sanctionnée, disais-je !
Trois génocides sont unanimement catalogués comme tels, le juif, l'arménien, le rwandais mais on comprend bien qu'au delà, le statut juridique des "nombreux faits historiques ayant entraîné des mortalités de masse, puissent être perçus et revendiqués comme des génocides par les descendants des survivants ou par les groupes qui s'en revendiquent et par les opinion publiques"...
Ainsi, ni banalisation de son statut et du terme en élargissement facilement sa définition ni a contrario prudence absolutiste au risque de passer outre des massacres de masse dont le caractère génocidaire est peu discutable, ne seraient de meilleur aloi...

Qu'en est-il du "génocide rwandais" qui nous concerne au premier chef ici dans la mesure où le Congo en a subi des graves conséquences ?
Au stade où nous sommes arrivés, après sa démonstration inattaquable au Rwanda, des investigateurs nous en fournissent une réalité moins manichéenne que nous l'avaient livré les versions officielles admises jusque-là !
- Alors que le TPIR volontiers à charge contre le pouvoir hutu d'Habyarimana n'a pu prouver sa planification, (l'exigence d'un plan concerté d'extermination qui en établit le caractère prémédité est indispensable à sa qualification juridique mais le conditionnement malsain alors entretenu au Rwanda suffit-il peut-être à en tempérer l'absence ?),laborieusement puis plus clairement des investigations scrupuleuses et honnêtes scientifiquement et éthiquement reviennent à l’événement déclencheur : l'attentat de l'avion qui a tué les deux présidents et leurs collaborateurs aurait été bel et bien l'oeuvre de l'APR Tutsi ! C'est là une entorse pas négligeable à la version officielle dont le re-examen devenait alors indispensable...
- Ensuite le nombre des Hutu et Tutsi tués lors de cette tragédie ainsi que la nature et l'ampleur des massacres (de masse) imputés notamment à l'APR tutsi semblent avoir été mieux identifiées et contestent les paramètres jusque là retenus par les versions officielles (sur 800.000 ou même 1.000.000 Tutsi et Hutu modérés(?) comptabilisés, certains décomptes révisés avancent avec de solides arguments le chiffre de 200.000 Tutsi et le restant constitué par les Hutu numériquement majoritaires dans le pays et alors en position de victimes...)...
- Enfin ses suites horribles au Congo où une chasse aux "génocidaires" et une guerre meurtrière y ont décimé et continuent à décimer des millions des Congolais... N'était-il pas raisonnablement temps qu'on en tienne enfin compte dans le bilan et dans les intentions de Kagame et son APR  ?

Pour moi quatre caractéristiques capitales distinguent le génocide rwandais des Tutsi des autres et peuvent expliquer que la version officielle sans en contester la réalité (des Hutu alors en position de force et sur la défensive ont tué massivement des Tutsi parce que Tutsi) puisse davantage légitimer sa critique !
Les bourreaux et les victimes se sont affrontés en une véritable guerre : le génocide fut en effet commis dans le cadre d'une guerre civile devenue presque une guerre normale entre Etats vu les statuts, les alliances, les enjeux et les moyens usés de part et d'autre... C'est là un caractère inédit eu égard aux précédents génocides...

Les victimes l'ont gagné et se sont donc imposées : malgré le fait que les bourreaux génocidaires n'en commirent pas moins entre-temps leur crime, les victimes elles se défendirent à leur tour dans une guerre avec tous leurs moyens, différents plans annexes, appuis extérieurs régionaux et internationaux mis en oeuvre jusqu'à leur victoire... Autre point de différence capital à prendre en compte...

Vainqueurs mais anciennes victimes et minoritaires numériquement ont continué à cohabiter dans le même pays avec les vaincus anciens bourreaux mais majoritaires numériquement... Si les dirigeants civils et militaires comme les exécutants d'abord militaires mais aussi civils hutus réussirent à fuir le pays massivement au Zaïre, une cohabitation obligée s'imposa entre Tusti dont (beaucoup de réfugiés venus d'Ouganda et d'autres pays voisins) et Hutu majoritaires dans le pays : on peut raisonnablement admettre alors que les Tutsi vainqueurs alors en position de force n'hésitèrent pas et eurent le temps d'user (jusqu'aujourd'hui d'ailleurs) de tous les moyens pour s'imposer...                     Nulle part ailleurs dans le cas des autres génocides ce rapport de forces à l’avantage des victimes ne sortit de la confrontation directe sur le terrain entre victimes et bourreaux; ce n'est pas rien sur la réalité exacte des circonstances du drame...

Le génocide eut une suite tragique directe hors-frontière menée par les vainqueurs provoquant une longue et atroce guerre contre les génocidaires, les terres et les richesses du Congo...
On peut d'ailleurs diviser cette guerre interminable à l'Est du Congo en 4 composantes :
- les suites directes du génocide où les gagnants et la CI venue tardivement à la rescousse sévirent soit pour châtier les fuyants Hutu pris dans l'ensemble comme "génocidaires" soit pour protéger les réfugiés; de 1994 à 1996;
- une deuxième phase qui continue la première dans la chasse sauvage aux "prétendus génocidaires" sur les forêts du Congo et se mua vite en la première Guerre du Congo de 1996 à 1998 (avec la fameuse AFDL pilotée par rwandais, ougandais, occidentaux vers Léo et y déposa Mobutu pour installer LDK...);
- une troisième phase qui constitua la Deuxième Guerre du Congo avec le RCD toujours initiée et mise en oeuvre par les mêmes pour lutter contre leur ancien poulain LDK qui les avait reniés et mis hors du pouvoir et du Congo);
- une quatrième composante qui a commencé dès 1994 et se poursuit aujourd'hui par procuration qui consiste en déstabilisation recurrente violente avec les actions des groupes armés pilotés par le Rwanda et alliés (CNDP, M23...) ou non (FDLR, MaiMai et autres groupes armés...), en un pillage mafieux et systématique des richesses de l'Est du Congo...

Ses quatre différences, à mon avis, éclairent d'un regard nouveau le génocide rwandais et ses suites en même temps qu'elles expliquent largement que les contestations des versions officielles (malgré tout "celles des vainqueurs") sur notamment les paramètres disputés (commanditaires de l'attentat déclencheur; nombre et répartition ethnique des victimes directes du génocide, nature, et ampleur de différents massacres commis par les différents belligérants; volonté et entreprise guerrière hors-frontière au Congo des vainqueurs, anciennes victimes...) puissent être davantage recevables !
Répétons-le : un génocide des Tutsi a bien eu lieu et mérite condamnation absolue, mais en même temps si pas un contre-génocide pour ne pas trop heurter les consciences (de l'absolu), une contre-offensive ou une guerre défensive a répliqué entraînant des massacres effectifs de masse !

Il y'a donc moins de révisionnisme dans cette revisitation des circonstances du génocide rwandais plutôt qu'une ré-investigation honnête et nécessaire !
Ne devrait-elle conduire à une justice et une réparation intempestives, la vérité n'en reste pas moins indispensable pour l'histoire, les victimes et l'avenir paisible de tous les Rwandais !




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Re: CONGO/RWANDA : NOTRE VOIX ENFIN MIEUX ENTENDUE ?!? CAS DE C BRAECKMAN ! QU’EN FAIRE ???

Message  ndonzwau le 4/11/2014, 3:11 am

En quoi la vérité exacte sur le génocide rwandais et ses suites horribles notamment au Congo enfin admise unanimement (par la CI !?) peut-elle servir à l’avènement d’un État plus souverain, davantage démocratique et pour le coup plus efficient dans sa mission essentielle à gérer la Cité au meilleur-être des Congolais ?

Et d'abord comment nous Congolais pourrions-nous favoriser et capitaliser cette ouverture à une vérité débarassée des digues officielles qui contraignaient le monde entier à boire les versions fabriquées pour les intérêts des uns et des autres sauf des Congolais ?

Ce sont là des interrogations que j’ai jugé prioritaires au point de motiver ce sujet !
On peut en juger autrement mais la démocratie nous engage heureusement au moins d’en débattre librement et de façon responsable !
Moi j'ai choisi ici en préambule une voie (Dr Mukwege, C Braeckman) qui se présente devant nous comme cette effervescence autour de l'émission de la BBC pour mieux saisir la problématique mais assurément nous avons à aller au delà car ce n'est là qu'une clé parmi d'autres et surtout chacun de nous Congolais à n'importe quel niveau il se trouve est autant habileté plus qu'il peut le penser au premier abord, à en débattre et à proposer la sienne...

Alors qu'en pensez-vous, comment proposez-vous d'aborder et de résoudre ce problème bien réel d'un Rwanda qui a trompé son monde sous couvert de génocide pour déstabiliser, occuper et piller le Congo et comment en sortir pour mieux construire notre pays ?
A vos réflexions !

A suivre...




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Re: CONGO/RWANDA : NOTRE VOIX ENFIN MIEUX ENTENDUE ?!? CAS DE C BRAECKMAN ! QU’EN FAIRE ???

Message  ndonzwau le 19/11/2014, 6:40 am

Je reviens quelque peu en biais sur ce sujet que je n’ai pas eu le temps d’abonder comme je me le propose pour vous inviter de lire en entier cette dépêche de C Braeckman dont je n’ai affiché que le lien ailleurs alors qu’elle figurait sur les "abonnés", elle est maintenant sur son blog et on peut y accéder en entier !
De biais parce qu’elle ne parle pas directement de l’Est dans le cadre de ce sujet mais des leçons qu’elle a glanées sur le terrain au Congo à la suite des événements du Burkina…
Mais cela se situe toujours dans le "profit" qu’on peut tirer d’elle, en l’occurrence ici à travers ses analyses où entre les lignes elle nous fait quelques révélations de son cru mais que plus d’un parmi nous subodorions déjà !

Lisez-la attentivement; ça le vaut : projet de révision constitutionnelle quasi-abandonnée, prolongement astucieux du mandat sur cas de force majeure avec un recensement, concessions à des forces de l'opposition pour y arriver, risques d'embrasement populaire sur le mode burkinabé surtout dans le cas d'une sortie prochaine de Bemba, etc, etc...


"Le Congo tire la leçon des évènements de Ouagadougou
° http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2014/11/18/le-congo-tire-la-lecon-des-evenements-de-ouagadougou/
« La leçon »… En couverture, « Vis-à-vis », un nouveau périodique apparu à Kinshasa a montré en pleine page un Blaise Compaoré déconfit et pensif, sous un titre qui exprimait la question que se posent tous les Congolais : quelle leçon leur pays tirera-t-il de la succession des évènements au Burkina Faso, où les militaires se sont finalement retirés au profit d’un civil qui dirigera la transition ? Dès que les premières manifestations ont secoué Ouagadougou, de nombreux Congolais y ont vu des signes prémonitoires tandis que dans les cercles du pouvoir, on s’inquiétait de l’exfiltration discrète d’une délégation congolaise qui se trouvait dans la capitale burkinabe au mauvais moment et à la mauvaise heure…
Même si la situation des deux pays n’est pas comparable (Compaoré était au pouvoir depuis 27 ans…) en RDC aussi se pose la question des prochaines échéances électorales. En effet, c’est en novembre 2016 qu’arrive à son terme le deuxième mandat de Joseph Kabila, qui occupe le fauteuil présidentiel depuis la mort de son père en 2001. Depuis des mois, des ballons d’essai sont lancés depuis les rangs de la majorité présidentielle pour évoquer la modification de l’article 220 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de termes du chef de l’Etat. Cette hypothèse a déjà suscité les critiques de l’opposition et le refus de la société civile tandis que, dans toutes les églises du pays, les évêques ont fait lire une lettre pastorale désavouant toute modification du prescrit constitutionnel. En outre, les formations politiques qui appartiennent à la majorité présidentielle sont elles-mêmes divisées sur le sujet. Très implanté à l’intérieur du pays, le Mouvement social pour le renouveau, deuxième force au Parlement, a reflété une opinion largement partagée : « la Constitution est le socle de la paix. Si on y touche, malgré le fait que j’ai la chance d’avoir un travail régulier, je suis prêt à descendre dans la rue et à perdre ma journée de salaire» nous assure Pierre, un jeune métis de Kinshasa, chauffeur de son état…

Mais aujourd’hui, ce débat semble s’essouffler. Alors qu’au sein de la majorité, la décision semblait acquise, tous aujourd’hui semblent frappés d’amnésie. « Jamais le chef de l’Etat ne s’est prononcé sur le sujet » nous assure un ancien ambassadeur. « Il n’a pas encore tranché, ce qui compte pour lui, c’est la stabilité du pays » répète un autre proche. « Le meilleur discours, c’est le silence » nous assurait Kabila lui-même en juillet dernier… Aujourd’hui l’attentisme de celui que l’on appelle souvent « Subiri » (attendre en swahili), joue en sa faveur :à ceux qui voulaient le pousser à « rempiler », le président peut démontrer, exemple du Burkina Faso à la clé, que la partie n’est pas jouable… Rolling Eyes  Rolling Eyes  Rolling Eyes  Laughing  Laughing
Cela étant, rien n’est réglé : depuis un an, le gouvernement est démissionnaire, les ministres ont déjà touché leur indemnité de sortie (six mois de salaire…) et, de l’avis général, toutes les grandes décisions sont suspendues. Alors que la nouvelle équipe était attendue pour la rentrée parlementaire de septembre, cette fois, l’échéance de décembre, fin de la session, est citée, à moins que Kabila ne s’exprime lors de son discours à la Nation.

Cette paralysie officielle n’empêche pas les tractations de coulisses. En effet, comme il avait été décidé à l’issue des concertations nationales de 2013, des « poids lourds » de l’opposition devraient entrer dans le futur gouvernement. Cet accès aux ressources du pouvoir devrait permettre à leurs formations de se doter des moyens de mener campagne lors des prochaines échéances électorales et…d’accepter quelques entorses au prescrit constitutionnel.
L’hypothèse la plus souvent citée est celle d’un report des élections présidentielles, d’une ou deux années : la sacro-sainte Constitution ne serait pas modifiée, mais tous se mettraient d’accord pour retarder l’échéance en invoquant des raisons pratiques. En effet, l’abbé Malu Malu, président de la Commission électorale, s’est engagé à organiser un recensement général avant tout scrutin et Adolphe Lumanu, ancien ministre de l’Intérieur, a été chargé de diriger l’exercice.
Or, aussi nécessaire, sinon indispensable soit-il ( les Congolais ignorent le chiffre exact de leur population !) un recensement techniquement impeccable coûte cher, prend du temps et se prolongera sans doute au-delà de l’échéance de fin 2016.

Pour que le cap soit franchi sans hostilité majeure, l’appui de l’opposition sera nécessaire, d’où l’inclusion probable de certains ténors au sein du gouvernement. Cependant, l’issue du procès de Jean-Pierre Bemba à La Haye, en décembre prochain, pèse sur ce scénario car une éventuelle remise en liberté du fondateur du Mouvement pour la libération du Congo après cinq années de détention aurait, à Kinshasa et dans l’Equateur, des effets imprévisibles…
Voilà pour le schéma, esquissé en secret dans les état majors et… débattu à tous les coins de rue. Mais la leçon du Burkina Faso, où Compaoré n’avait rien vu venir, c’est aussi que des vagues de fond peuvent se produire, où la population, écoeurée par les inégalités et les injustices, se soulève soudain pour réclamer un changement en profondeur. Jamais, dans les rues de Kinshasa, on n’a vu autant de Hummer et de Porsche Cayenne, les voitures les plus chères du monde…
Une « révolution de la moralité » à côté de la « révolution de la modernité » tant vantée aujourd’hui…Et là, au Congo comme à Ouagadougou, on pourrait alors voir apparaître de nouvelles têtes, des leaders issus de la société civile et des forces citoyennes, qui prendraient de court les calculs des politiciens et les ambitions des militaires…"




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