«L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

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«L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  ndonzwau le 18/10/2015, 8:30 pm

"L'Afrique au bord du gouffre ou du rebond?" Tel est le sujet de ce jour dans Géopolitique sur RFI qui me donne l'occasion d'y revenir sans prétentions ! Question complexe battue et rebattue que la dure réalité des faits nous impose hélas au delà de l'optimisme des uns et le pessimisme des autres !
Où en est l'Afrique, où va-t-elle ? Si la réponse était en fait : entre les deux, vu la "crise larvée" de l'Afrique depuis presque son accès à la souveraineté ? Tantôt elle s'enfonce, tantôt elle semble relever la tête, mais qu'est-ce qui nous dit que la longueur de ses malheurs ne donne pas après tout un certain crédit à l'afro-pessimisme... A la nuit succède certes le jour mais si celle-là dure si longtemps n'obère-elle pas tant la vie des nombreuses générations qu'il est légitime de justifier un désespoir certain ?


"L'Afrique au bord du gouffre ou du rebond?
° http://www.rfi.fr/afrique/20151016-afrique-demographie-diplomatie-bord-gouffre-rebond


Carte du continent africain

Le pessimisme à l'égard du continent africain a été le discours dominant pendant une longue période. Il ne l'est plus. L'afro-optimisme s'est imposé plus récemment, dans la deuxième moitié des années 2000, particulièrement dans les milieux économiques et entrepreneuriaux. Cet optimisme va même jusqu'à une forme d'idéalisation, parlant de l'Afrique comme d'une « nouvelle frontière » de l'économie mondiale. Où se situe le curseur reflétant au mieux la situation?


Les appels à la lucidité se multiplient. L'Afrique a certes maintenu sa croissance, 5,5% en moyenne ces dix dernières années, en dépit de la crise financière de 2008 et de conditions dans lesquelles nulle autre économie ne saurait croître, en particulier le déficit dramatique d'électricité. La production d'électricité en Afrique, à échelle continentale, ne dépasse pas celle de la Corée du Sud. Et encore précise Alain Antil, Responsable du programme Afrique Sub-Saharienne de l'IFRI et chargé de cours à Sciences Po Lille, la moitié de cette électricité est produite par l'Afrique du Sud. Lucidité encore car après quinze années flamboyantes, la chute brutale du cours des matières premières intervient alors que la plupart des pays africains n'ont pas constitué les réserves ni pris les mesures nécessaires pour s'en prémunir. Beaucoup de pays africains connaitront l'épreuve du feu dans les mois à venir.

Lucidité toujours car si le taux de pauvreté régresse, le nombre de pauvres continue d'augmenter au sud du Sahara, compte tenu de l'augmentation très rapide de la population. Cette dernière devrait doubler et dépasser les 2 milliards d'habitants en 2050. A ce moment, le quart de la population mondiale sera africaine. Elle poursuivra sa forte croissance pendant au moins cinquante ans. La conséquence sur les villes est évidente. Celles-ci vont exploser. Dès 2030 près de la majorité des Africains vivront en milieu urbain. La gestion des grandes villes est devenue très complexe. Les défis que les municipalités urbaines doivent affronter sont de grande ampleur, en particulier pour la délivrance des services essentiels. C'est aussi tout un modèle que les villes africaines doivent créer. Comme le souligne Hélène Quénot-Suarez, chercheur associée au programme Afrique Sub-Saharienne de l'Ifri. Si en Occident l'urbanisation est née d'une croissance économique tirée par l'industrialisation, ce n'est pas le cas en Afrique, où l'économie des villes reste majoritairement tirée par les services et la consommation. Les villes africaines ont un modèle à inventer qui devra être la clé de voute d'un développement endogène et pérenne du continent.
Le processus accéléré de densification et d'urbanisation des espaces africains est-il en train de changer la place du continent dans le monde ? Est-il passé du statut d'objet à celui de sujet des relations internationales ? Dans un contexte d'augmentation de la demande des puissances émergentes et de compétition accrue sur ses ressources, l'Afrique, de par son capital naturel, occupe une place stratégique sur l'échiquier géopolitique mondial.

Bien qu'opposés, les deux discours afro-pessimiste et afro-optimiste se rejoignent par leurs considérations très générales, trop générales, estime Alain Antil. Le continent voit son marché intérieur de consommation intéresser de plus en plus d'entreprises. L'interaction avec le reste du monde se fait aussi par l'intermédiaire de la diaspora. Concernant l'insertion des économies africaines dans la mondialisation, les flux de l'illicite ont aussi leur part. L'Afrique est aujourd'hui soit l'espace d'origine (espèces menacées, trafics humains, matières premières...), soit l'espace de destination (faux médicaments, armes...), soit l'espace de transit (cocaïne, héroïne...) des flux illicites mondialisés : la faiblesse ou la corruption de ses appareils sécuritaires lui donne d'incontestables avantages comparatifs... Mode d'insertion de l'Afrique dans la mondialisation conclue Alain Antil, l'économie criminelle, loin de se réduire avec l'expansion économique du continent, est à la fois une menace pour la gouvernance, comme un frein au développement."
 
Pour en savoir plus :
L'émission Géopolitique le débat, dimanche 18 octobre 2015 à 18h10 TU."


J'avoue non par modestie convenue mais par constat objectif n'avoir toutes les clés pour répondre à cette question; en effet je ne peux que faire le constat de l'immédiat qui n'est pas rose pour une majorité d'Africains ! Au delà du temps long de l'Histoire et des historiens, n'étant pas un spécialiste de l'histoire intellectuelle des peuples et encore moins des sciences sociales et économiques, lorsqu'à tort ou à raison je prends le parti de confronter de façon profane mon analyse personnelle à l'histoire universelle qui comprend celle de l'Afrique, je découvre que la domination de l'Afrique par l'Occident et ses "malheurs" durent aujourd'hui depuis des siècles que m'accrocher à un optimisme de principe parait pour le moins décalé ! Pourquoi ça changerait de tout au tout demain ?

Ainsi donc il me faut le redire : quelque soit son originalité propre les contingences de l'entrée de l'Afrique dans une histoire et une économie de plus en plus monde exigent de nous ses enfants moins un regard généreux plutôt qu'une analyse sans concession qui nous fournisse les outils d'une action meilleure de développement ! C'est là où je n'hésite point à prendre en compte les préalables qui nous manquent comme pour ne pas écarter en fait les étapes du développement genre celles selon Rostov même si nous sommes en ce XXIème siècle dans cette société-monde en fusion communicationnelle...C'est même, selon moi, de l'avoir trop ignoré que non seulement nous ne cessons de nous étriper trop abstraitement sur l'afro-optimisme et l'afro-pessimisme mais aussi que nous prenons moins en compte ce qui nous manque pour mieux faire...

Cela n'invite certes pas à désespérer de notre continent en ôtant à ses millions d'âmes bien vivantes tout avenir mais si nos riches ressources matérielles, humaines, politiques, bref socio-économiques sur le terrain offrent selon les pays des meilleures opportunités de développement demain plus qu'aujourd'hui, ne devons-nous pas pour autant nous interroger sur la capacité des Africains de bien les saisir lorsqu'on voit tous ses défis de paix, de sécurité, de démocratie, de démographie pas toujours contrôlée pas plus investis que ça, nous précipitant souvent à trouver un bouc-émissaire dans le chef de l'Occident ?
L'espoir nous est certes permis mais ne devons-nous pas le fructifier en levant ce tabou souvent présent chez les Africains de ne pas reconnaître notre responsabilité dans nos échecs ? Rien ne nous sera donné, l'essentiel nous devons le conquérir par nos forces, l'arracher auprès des puissants actuels...

Comment, voilà notre chantier de tous les jours au Congo comme ailleurs en Afrique !!!
Nous ne sommes pas toujours bons, nous sommes capables et nous nous devons de faire mieux en évitant de prendre tout à la légère alors que notre continent stagne et parfois même recule, brûle...
J'y reviendrais...


"Vidéo : RAMSES 2016 – Où va l’Afrique ?"
° https://afriquedecryptages.wordpress.com/2015/10/01/video-ramses-2016-ou-va-lafrique-par-alain-antil/

"Démocratie, gouvernance et idée panafricaine: où va l’Afrique?"
° http://www.uneca.org/sites/default/files/PublicationFiles/high_level_colloquium_report_fre.pdf

"Où va l’Afrique noire ? En route vers le chaos ?"
° http://www.institut-geopolitique-populations.net/publications/06_ou_va_l_afrique_noire

"Pour que la renaissance de l’Afrique devienne réalité"
° http://www.contrepoints.org/2014/06/18/169254-pour-que-la-renaissance-de-lafrique-devienne-realite#fDUtOU04ARzHwU52.99

"L'Afrique est-elle un continent émergent ?"
° http://www.thinkovery.com/lafrique-est-elle-un-continent-emergent

"JUSQU’À QUAND L’AFRIQUE VA-T-ELLE DEMEURER DANS SON COMA INTERNATIONAL ?"
° http://www.lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=6709:le-mois-de-la-femme-se-cloture-par-un-appel-a-l-acces-des-jeunes-filles-a-l-education&catid=85:a-la-une&Itemid=472

"L’Afrique va-t-elle dans le bon sens ?"
° https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-2-hiver-2013-2014/la-revue-des-revues/article/l-afrique-va-t-elle-dans-le-bon

"L’Afrique a-t-elle encore un avenir ?"
° http://la-chronique-agora.com/afrique-avenir/

"L'Afrique est l'avenir de l'Europe"
° http://cercle-richelieu-senghor.org/index.php?option=com_content&view=article&id=201
° http://www.senat.fr/rap/r13-104/r13-104_mono.html

"L’Afrique peut-elle revendiquer sa place dans le 21ème siècle"
° http://jaga.afrique-gouvernance.net/_docs/africa_overview_fr.pdf

"John Kerry : « Un moment décisif pour la démocratie en Afrique »"
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/09/john-kerry-un-moment-decisif-pour-la-democratie-en-afrique_4786078_3212.html#77Mh5WjTSLpScCiD.99

"« La bonne gouvernance est d’abord une question d’institutions solides »"
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/06/la-bonne-gouvernance-est-d-abord-une-question-d-institutions-solides_4783457_3212.html#avqpHMtGKYOARrXF.99

"Gouvernance : l’Afrique centrale, mauvaise élève selon la Fondation Mo Ibrahim"
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/06/gouvernance-l-afrique-centrale-mauvaise-eleve-selon-la-fondation-mo-ibrahim_4783379_3212.html#y1pjMmJVQzsz6Ad5.99

° http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-l-Afrique-Une-perspective-africaine_a202.html
° http://www.afrik.com/video-ainsi-va-l-afrique-les-pays-africains-qui-ont-reussi-la-democratie-selon-justin-houetohossou
° http://www.africultures.com/php/?nav=evenement&no=30286

"«La croissance n’est plus la panacée»"

° http://ideas4development.org/la-croissance-nest-plus-la-panacee/
° http://www.rfi.fr/hebdo/20150911-france-afd-gael-giraud-alternatives-croissance-inegalite-prosperite

"Où va l’Afrique centrale ?"
° http://www.jeuneafrique.com/dossiers/ou-va-lafrique-centrale/


"Georges Nzongola publie «Faillite de la gouvernance et crise de la construction nationale au Congo-Kinshasa»"
° http://www.radiookapi.net/2015/10/17/actualite/culture/georges-nzongola-publie-faillite-de-la-gouvernance-et-crise-de-la


° http://desc-wondo.org/dossier-lafrique-et-lequation-insoluble-de-lalternance-democratique-au-pouvoir/
° http://www.radiookapi.net/2015/10/16/actualite/justice/la-rdc-peut-obtenir-10-milliards-usd-de-louganda-estime-lavocat-fidele
° http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/l-afrique-en-crise-va-t-elle-se-retrouver-dans-nos-banlieues_1725205.html
° http://www.amazon.fr/LAfrique-va-t-elle-mourir-K%C3%A4-Mana/dp/2204043990
° https://books.google.fr/books?id=Q-OLq3188JUC&pg=PA134&lpg=PA134&dq=Ou+en+est+l%27Afrique;+o%C3%B9+va-t-elle+?&source=bl&ots=iRtCNO3icd&sig=E-SsdC3-fJ62h2juEESvRpPWIto&hl=fr&sa=X&ved=0CDYQ6AEwBGoVChMIud-26vfLyAIVgSoaCh3QPAsM#v=onepage&q=Ou%20en%20est%20l'Afrique%3B%20o%C3%B9%20va-t-elle%20%3F&f=false
° http://www.ajol.info/index.php/ad/article/viewFile/22101/19402
° http://www.congoforum.be/fr/analysedetail.asp?id=148253&analyse=selected
° http://fr.allafrica.com/stories/201302020278.html
° http://www.lesafriques.com/actualite/interview-les-africains-doivent-travailler-ensemble.html?Itemid=89
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/09/gabon-un-africa-forum-au-village-sans-richard-attias-ni-electricite_4786484_3212.html
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/10/05/la-chine-etrenne-sa-nouvelle-diplomatie-en-afrique_4782545_3212.html





Compatriotiquement !



# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #


Dernière édition par ndonzwau le 7/11/2015, 10:26 pm, édité 4 fois

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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  Cavalier le 18/10/2015, 9:39 pm

Vs qui attendez que L'Afrique ne se developpe, vs attendriez longtemps...Ha ha ha 😊....

Oui L'Afrique est au bord du gouffre depuis plusieurs decenies...

Continuez a attendre...

Ns autre ns n'entendons rien de cette Afrique fabriquee et faconnee par L'Occident...

Ma Reponse a CE sujet reste simple & simpliste...

Car ce n'est pas cette Afrique qui sortirait du gouffre...  Celle ci fait partie de L'Empire Occidental...

C'est bien celle la que bcp parmi nous, certains uncle thoms & sambos modernes s'accrochent...

PAS NOUs Autres, He he he

_________________
L'originalité est un des grands principes du romantisme.

ALPHA DOG

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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  ndonzwau le 19/10/2015, 2:27 am

Cavalier a écrit:Vs qui attendez que L'Afrique ne se developpe, vs attendriez longtemps...Ha ha ha 😊....

Oui L'Afrique est au bord du gouffre depuis plusieurs decenies...

Continuez a attendre...

Ns autre ns n'entendons rien de cette Afrique fabriquee et faconnee par L'Occident...
Ma Reponse a CE sujet reste simple & simpliste...
Car ce n'est pas cette Afrique qui sortirait du gouffre...  Celle ci fait partie de L'Empire Occidental...
C'est bien celle la que bcp parmi nous, certains uncle thoms & sambos modernes s'accrochent...
PAS NOUs Autres, He he he


[i][size=14]C'est quoi donc Mister Cava ceci dans votre bouche : ]Vs qui attendez que L'Afrique ne se developpe, vs attendriez longtemps...Ha ha ha 😊....
...Car ce n'est pas cette Afrique qui sortirait du gouffre...  Celle ci fait partie de L'Empire Occidental...
C'est bien celle la que bcp parmi nous, certains uncle thoms & sambos modernes s'accrochent...
PAS NOUs Autres, He he he

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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  Cavalier le 19/10/2015, 3:20 pm

M'ssieur Ndo,

Nako koma na Lingala...

Nalobaki boye, Afrique Oyo ya Lelo, Afrique ya Ba Kabila, Sassou, Bongo, Eduardo et autres Presidents-Esclaves aux services de L'Entrepise Imperiale Occidentale, Afrique Oyo eko se developper Te...

Biso totikela bino Afrique wana bo reigner, Voila.

BISO TOZA KUNA TE...

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ALPHA DOG

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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  ndonzwau le 19/10/2015, 11:53 pm

Mister Cava,

Vous vous en êtes rendu compte sans doute, nasilisaki motuna na ngai te, nalimboli yango te !

En fait je m'étonne de votre attitude : comme si vous attendiez une autre vie et que celle présente n'en serait pas une !
Pour moi qui suis fâché avec le paradis ou l'enfer, il n'y a pas un temps pour vivre et un temps pour mourir, ma pauvre transcendance est assez limitée et ne prétend pas aller plus loin que ce que nous vivons maintenant et surtout que ce que souffrent nos frères et nos sœurs aujourd'hui dans notre triste continent...

Vous aurez alors compris que pour moi proclamer que "Biso totikela bino Afrique wana bo reigner" non seulement n'a pas de sens mais c'est une posture plus qu'un prétendu souci de votre continent, une simple démission qu'on chercherait à justifier !
Les dictateurs d'aujourd'hui tuent et affament vos frères et sœurs qui nécessitent assistance surtout qu'il n'est pas certain que demain vous en trouverez des dirigeants plus responsables surtout si vous ne faites rien contre ceux qui sont déjà là, vous vous en détournez, vous les ignorez...
Voilà vite dit mon commentaire à vos propos...



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Dernière édition par ndonzwau le 7/11/2015, 10:22 pm, édité 1 fois

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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  ndonzwau le 7/11/2015, 2:29 am

"Croissance sans développement en Afrique : comment corriger l’anomalie ?
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/06/croissance-sans-developpement-en-afrique-comment-corriger-l-anomalie_4804808_3212.html



En Afrique, où plusieurs pays jouissent d’une croissance soutenue, 5% en moyenne, continuent de présenter des niveaux extrêmes d’inégalité et de pauvreté. L’accès à l’enseignement supérieur y est estimé à 7%, le taux moyen de pauvreté (moins de 1,25 USD/jour) à 40%, et le risque de mortalité chez les enfants de moins de un an y est le plus élevé au monde avec 59 décès pour 1 000 naissances. En outre, 621 millions d’Africains n’ont pas accès à l’électricité malgré les vastes réserves de pétrole et d’énergie hydraulique dont dispose le continent.
Cette situation laisse de nombreux jeunes Africains sans meilleure alternative que de s’aventurer sur les routes périlleuses de l’émigration, notamment vers l’Europe. D’autres se tournent vers la radicalisation, qui se nourrit du désespoir et du désœuvrement. Il nous faut corriger cette trajectoire.
Aujourd’hui, les niveaux d’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la santé (avec 5% et 15% du PIB respectivement) sont trop faibles pourcréer un capital humain suffisamment qualifié pour rattraper le niveau des pays avancés.


Pour augmenter les ressources intérieures et faire face à ces besoins accrus d’investissement, les Etats africains doivent avant tout améliorer le système de collecte des recettes fiscales. En effet, une amélioration de 2% de la pression fiscale débloquerait un montant qui dépasserait le volume de l’aideinternationale. Au demeurant, une grande partie de ces fonds sont gaspillés en raison de la corruption.
L’Etat doit également chercher à améliorer la fiscalité appliquée aux multinationales, dont les profits qui peuvent être de l’ordre de 10% du PIB du pays hôte sont en grande partie rapatriés dans les pays d’origine ou vers des paradis fiscaux. L’Afrique doit également capitaliser sur ses atouts qui peuvent lui permettre de jouer un rôle de premier plan dans le monde globalisé.

La démographie : Il est estimé que la population africaine atteindra 4,4 milliards d’ici 2100. Le nombre de villes africaines dépassant le million d’habitants atteindra 100 en 2030. Ces chiffres nécessitent que l’on opère des changements dans le modèle de production agricole pour répondre aux besoins alimentaires. Il faut miser sur l’industrialisation, la mécanisation, l’accroissement des services et la formation professionnelle comme sources d’emploi et de développement de demain.

L’entreprenariat : En 2014, 26% des Africains ont créé des entreprises, comparé à 7,4% en Europe et 13,4% aux Etats-Unis. Ces entrepreneurs ont besoin du soutien de l’Etat pour améliorer l’environnement des affaires, la protection des biens et des personnes et l’accès à un service bancaire adapté pour favoriser l’investissement et la création d’emploi qualifié.
Transition énergétique : Le changement climatique a un impact dévastateur, non seulement sur l’environnement, mais aussi sur l’économie. Cela représente dans certains pays des pertes allant jusqu’à 25% du PIB. Une croissance verte fondée sur l’efficacité énergétique améliorera la qualité de vie et créera des millions d’emplois dans un continent qui regorge de ressources naturelles.

Technologie et innovation : L’Afrique compte environ 850 millions usagers de téléphonie mobile, 200 millions d’internautes et 120 millions de personnes inscrites sur Facebook. Cet essor technologique est en train de changer la manière dont les Africains conduisent leurs affaires, en facilitant l’accès au marché et à l’information. Au Kenya par exemple, le volume d’argent transféré par téléphone représente environ la moitié du PIB. Les réseaux sociaux ont aussi un impact sur la société, car ils sont devenus un moyen d’exercer une pression sur la nécessaire redevabilité des élites.
La croissance économique en Afrique ne profite encore trop qu’à une élite. L’Afrique, qui peut aujourd’hui ajuster sa stratégie pour rattraper son retard et doit saisir cette opportunité pour bâtir une économie politique orientée vers la réduction des inégalités et l’éradication de la pauvreté tout en conservant certains de ses mécanismes de solidarité, et ainsi éviter de tomber dans les travers du néo-libéralisme.

Jean-Luc Stalon est Directeur adjoint du du PNUD au Mali".



"La Chine veut rapatrier les ripoux du parti communiste partis avec la caisse en Afrique
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/06/la-chine-veut-rapatrier-les-ripoux-du-parti-communiste-qui-sont-partis-avec-la-caisse_4804684_3212.html?xtmc=ripoux_chinois_en_afrique&xtcr=1



Opération « chasse aux renards ». C’est le nom donné par le gouvernement chinois à la gigantesque battue menée dans le monde entier par une équipe de policiers sous couverture. Objectif : rapatrier les ripoux du parti qui ont fui avec la caisse. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à avoir ainsi quitté le pays emportant avec eux l’équivalent de 123 milliards de dollars. Et certains ont trouvé refuge en Afrique.

Six cent quatre-vingt fugitifs ont déjà été rapatriés, permettant à la Chine derécupérer l’équivalent de deux milliards de dollars. Pour cela, Pékin a signé des traités d’extradition avec trente-neuf pays dont l’Australie, la France, leCanada et même les Etats-Unis.
Mais il y a une zone qui échappe toujours au contrôle des chasseurs chinois : l’Afrique. Sur le continent, seuls la Tunisie, le Kenya et l’Afrique du Sudcoopèrent pleinement avec les autorités chinoises. Mais pour l’heure, aucun renard n’a encore été arrêté. Pourtant sur le continent, ils vivraient en meute.


La liste officielle des fugitifs publiée par les autorités chinoises pointe ainsi quatre principaux pays refuges en Afrique : le Soudan, le Ghana, la Gambie et la Guinée-Bissau. Là-bas se cacherait officiellement une dizaine d’anciens cadres du parti. Mais en réalité, certaines sources évoquent plus de dix mille chinois du continent vivant sous couverture, avec un nouveau passeport africain, voire une nouvelle nationalité.
En juillet dernier, l’arrestation d’un des cent fugitifs les plus recherchés par Interpol à Macao a permis de retracer la route de plusieurs de ces renards. A 59 ans, Wu Quanshen a fait toute sa carrière dans la province du Guangdong. Une zone vaste comme le Sénégal et peuplée de 107 millions d’habitants. La plus grande province de Chine. L’homme est très gourmand et serait parti avec la caisse, soit plusieurs centaines de millions de dollars, pour trouverrefuge en Guinée-Bissau en 2011.
Sur place, Wu a pris une nouvelle identité, obtenu un passeport guinéen, puis il est retourné à une encablure de chez lui, à Macao, où il a pu acheter un titre de résident via le programme IPIM (Macau Trade and Investment Promotion Institute). Un programme visant à attirer de riches étrangers en leur accordant un titre de séjour en échange d’un demi-million de dollars américains d’investissement.


Il aura fallu attendre mars 2012 et le lancement officiel de la « chasse aux renards » pour que Wu se décide à retourner se cacher en Guinée-Bissau. Il y serait resté terré trois ans avant de s’offrir une petite virée dans l’enfer du jeu. Grave erreur : il est arrêté à Macao et emprisonné depuis en Chine continentale.
Comme lui, ils seraient neuf mille Chinois à avoir profité de la combine. Quelques-uns sont passés par Macao, mais la plupart ont transité par Hongkong, où une véritable industrie du vrai-faux passeport a vu le jour entre 2012 et janvier 2015, date de l’abolition officielle du programme.
Ainsi, en échange cette fois d’un million de dollars d’investissements – dont une grande partie versée en dessous-de-table –, ces étrangers se voyaientautoriser à vivre en toute légalité dans l’ancienne colonie britannique, et pouvaient ainsi échapper aux sbires du parti communiste.

Plus de 9 000 Chinois auraient obtenu un passeport gambien

Pourtant, ce programme est interdit aux Chinois du continent, tout comme aux Afghans ou aux Nord-Coréens. Seul moyen d’y accéder : changer de nationalité. Pour eux, certains pays africains ont ouvert les portes de leurs consulats. C’est le cas surtout de la Gambie et de la Guinée-Bissau. Pendant de longues années, ces deux pays ont entretenu des relations diplomatiques avec Taïwan, coupant de fait les ponts avec la République populaire de Chine.
La Gambie a attendu le 14 novembre 2013 pour finalement reconnaîtrediplomatiquement Pékin, mais entre-temps plus de neuf mille Chinois auraient obtenu un passeport gambien et une résidence légale dans le pays. En échange de 12 000 dollars américains, des officines hongkongaises ont proposé à tous les ripoux chinois une carte de résident en Gambie sans jamais avoir à y mettre les pieds. Avec ce sésame, ils étaient libres ensuite de s’installer à Hongkong et d’y blanchir tranquillement l’argent du parti.

Même schéma en Guinée-Bissau, où 4 500 Chinois seraient officiellement résidents sans même y habiter. La Guinée-Bissau a attendu 1998 pour avoir des relations diplomatiques avec Pékin. Aujourd’hui, seuls le Burkina Faso, leSwaziland et São Tomé e Príncipe reconnaissent encore Taïwan et sont donc un havre de tranquillité pour les renards du parti. Pékin a donc mis un terme au début de l’année à ce programme controversé à Hongkong et élargit désormais sa battue planétaire aux terres africaines. « Mais la difficulté dans ces pays est la corruption et l’absence d’un véritable Etat de droit, nous explique une source policière. Il est facile d’acheter des papiers en Afrique et de vivre caché sous une fausse identité ». Surtout lorsque l’on a des millions de dollars planqués à la banque.
Des pays comme le Soudan et la Somalie sont des refuges tout trouvés pour ceux qui veulent se refaire une virginité sous le soleil africain. La chasse aux renards n’est pas prête de s’arrêter.

Sébastien Le Belzicchroniqueur Le Monde Afrique, Hongkong"


° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/10/17/investissements-a-l-exces-au-risque-de-la-bulle_4508202_3212.html




Compatriotiquement!


# Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul #
# Que faisait Dieu avant la création ? De toute éternité, il préparait d'épouvantables supplices pour celui qui poserait cette question. #

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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  ndonzwau le 12/11/2015, 12:10 am

"Afrique: Constitutions amendées, mandats présidentiels illimités
°  http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/afrique-constitutions-amendees-mandats-presidentiels-illimites-56325f1335700fb9301c79c9
Nairobi (AFP)
Le Rwanda, dont la chambre des députés a adopté jeudi un projet de réforme de la Constitution permettant à Paul Kagame de briguer un 3e mandat en 2017 s'ajoute à la liste des Etats africains modifiant leur Constitution pour permettre à leurs dirigeants de se maintenir au pouvoir.
De nombreux présidents ont réussi l'opération, comme le Burundais Pierre Nkurunziza, d'autres ont échoué, à l'exemple du Burkinabè Blaise Compaoré.

Tentatives réussies:
BURUNDI: La candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat, considérée par l'opposition comme contraire à la Constitution, a plongé le pays dans une grave crise, marquée par des manifestations étouffées via une sanglante répression et une tentative déjouée de coup d'Etat. Nkurunziza a été reconduit au pouvoir en juillet, lors d'une présidentielle jugée non crédible au niveau international.
DJIBOUTI: En avril 2010, le Parlement, entièrement acquis à la cause d'Ismaël Omar Guelleh, a adopté une révision constitutionnelle supprimant toute limitation au nombre de mandats présidentiels. Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a pu briguer un 3e mandat en 2011.
ALGERIE: En novembre 2008, le Parlement a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux en plébiscitant un projet de révision de la Constitution. Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été réélu en 2009 puis en 2014.
CAMEROUN: En avril 2008, l'Assemblée a adopté une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a été réélu en octobre 2011 pour un 6e mandat.
OUGANDA: En juillet 2005, une réforme de la Constitution a supprimé toute restriction sur le nombre de mandats pour le chef de l'Etat. Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a été réélu en 2006 puis en 2011.
TCHAD: En juin 2005, une révision constitutionnelle adoptée lors d'un référendum controversé a supprimé la limitation à deux quinquennats présidentiels. Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, a été réélu en 2006 puis en 2011.
TOGO: En décembre 2002, un amendement à la Constitution fait disparaître la limite de deux mandats présidentiels maximum, permettant à Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967, de briguer un nouveau mandat en 2003.
En février 2005, après son décès, une modification de la Constitution a permis à son fils, Faure Gnassingbé d'être investi président. Faure Gnassingbé a été réélu pour un 3e mandat en avril 2015.
ZIMBABWE: Une nouvelle Constitution adoptée en 2013 a permis à Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, de se porter candidat à la présidentielle, qu'il a remportée.
ANGOLA: L'adoption en 2010 d'une modification de la Constitution prévoyant l'élection du président au suffrage indirect, par les députés, a permis à José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1979, d'être investi en 2012 après la victoire de son parti aux législatives.

Tentatives avortées:
Au BURKINA FASO, en octobre 2014, l'annonce d'un projet de révision constitutionnelle qui aurait permis à Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de se représenter, a jeté des centaines de milliers de Burkinabè dans la rue. Des émeutes ont ébranlé le pays et Compaoré a dû abandonner le pouvoir.
En ZAMBIE, Frederick Chiluba a dû y renoncer en 2001 sous la pression populaire et au MALAWI, le Parlement s'est opposé en 2002 à ce que Bakili Muluzi brigue un 3e mandat en 2004.

Tentatives en cours:
RWANDA: Les députés ont adopté jeudi un projet de réforme de la Constitution permettant à Paul Kagame de briguer un 3e mandat en 2017. Une fois adoptée par le Sénat et par voie référendaire, cette réforme constitutionnelle permettrait en théorie à Kagame de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034.
CONGO: Lors d'un référendum vivement contesté par l'opposition, une nouvelle Constitution a été adoptée dimanche, avec un article précisant que le mandat présidentiel, de cinq ans, est renouvelable deux fois, et supprimant toute limite d'âge pour se présenter. Deux dispositions qui permettront au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016.
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Joseph Kabila, arrivé au pouvoir par succession monarchique à la mort de son père Laurent-Désiré Kabila en 2001 ; est soupçonné par l?opposition de chercher à contourner l'interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter en 2016, et entretient le doute sur ses intentions et son avenir politique. Elu en 2006 lors des premières élections libres depuis l?indépendance du pays en 1960, il a été réélu en 2011 à l?issue d?un scrutin entaché d?irrégularités massives à l?origine de la crise politique que traverse le pays."


"Les Constitutions africaines à l'épreuve des hommes forts du continent
°  http://www.rfi.fr/afrique/20140723-constitutions-africaines-epreuve-ambitions-personnelles-kabila-nkurunziza-yayi-compaore-senghor
Le processus de démocratisation qui a commencé il y a vingt ans en Afrique s’essouffle. Dans de nombreux pays, l’Etat de droit est mis à mal, les Constitutions manipulées, l’opposition marginalisée, le clientélisme et la corruption sont érigés en instruments de gouvernance. Certains experts et membres de la société civile appellent à une refondation de la démocratie sur le continent de Senghor et de Mandela.

Lorsque Senghor quitta volontairement la présidence du Sénégal après avoir exercé le pouvoir pendant près de vingt ans, il était qualifié de « déserteur  » par ses pairs, notamment par le Tunisien Bourguiba et l’Ivoirien Houphouët Boigny qui, eux, avaient opté, pour la « présidence à vie ». La tradition des « présidents monarques » qui s’inscrustent au pouvoir, n’est certes pas spécifiquement africaine, avec les Islam Karimov, les Noursoultan Nazarbaïev ou encore les Bachar el-Assad prospérant à travers le monde. Il n’en reste pas moins que sur les 19 chefs d’Etat qui ont accédé au pouvoir au siècle dernier et qui s’accrochent à leur place, 14 - donc, les trois quarts - sont Africains ! Les 4 présidents en place dans le monde depuis plus de trente ans sont tous Africains ; 8 sur 10 de ceux qui ont accédé au pouvoir il y a plus de vingt ans le sont aussi. 

Un mal africain ?

La pérennisation et la monopolisation du pouvoir sont devenues les traits caractéristiques de la pratique politique africaine. Les statistiques sur des dirigeants accros au pouvoir font écho aux débats qui secouent, en ce moment même, plusieurs pays d’Afrique, où les présidents dont les mandats arrivent prochainement à échéance cherchent arguments et moyens pour modifier la Charte fondamentale qui leur interdit d’effectuer plus de deux mandats. Après Ben Ali (Tunisie), Eyadéma père (Togo), Paul Biya (Cameroun), Omar Bongo (Gabon), Mamadou Tandja (Niger), Idriss Déby (Tchad), Yoweri Museveni (Ouganda), Abdelaziz Bouteflika (Algérie) et Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti) qui ont réussi à modifier leurs Constitutions pour se perpétuer au pouvoir, d’autres chefs d’Etat africains en fin de mandat présidentiel autorisé par leur législation nationale, sont gagnés par la tentation de prolonger leur mandature.
Au cours des trois années qui viennent, la question va se poser notamment pour Lucas Pohamba de Namibie (fin de mandat en novembre 2014), Pierre Nkurunziza de Burundi (juin 2015), Jakatya Kikwete de Tanzanie (octobre 2015), Blaise Compaoré du Burkina Faso (novembre 2015), Thomas Boni Yayi du Bénin (mars 2016), Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville (juillet 2016), Joseph Kabila de la RDC Congo (décembre 2016), Paul Kagame du Rwanda (juillet 2017), Ellen Johnson Sirleaf du Liberia (novembre 2017) et Ernest Koroma de Sierra Leone (2017).

Les états majors de certains de ces dirigeants ont déjà commencé à préparer l’opinion dans leurs pays respectifs à coups d’arguments déjà entendus avant («on a besoin de stabilité politique pour se développer», « pourquoi se priver de l’expérience et de la capacité de leadership d’un homme (ou d’une femme) qui a démontré son aptitude à gouverner », ou encore : « la population elle-même le demande »). Ils se proposent donc de changer la Constitution, rappelant que c’est un droit démocratique. La Constitution française de 1791 ne postulait-elle pas que « la nation a le droit imprescriptible de changer sa Constitution ». Des arguments dont l’entourage du Camerounais Paul Biya s’est servi avec un certain succès pour faire supprimer en 2008 cette limitation du nombre de mandats dans la Loi fondamentale du Cameroun. Rappelons que le président camerounais est un des plus vieux chefs d’Etat au pouvoir en Afrique, qui a succédé à l’ancien président Ahidjo en 1982 et, depuis, a souvent remporté les scrutins électoraux avec des scores quasi-soviétiques. Fort de son amendement constitutionnel, il a été réélu pour un nouveau septennat en 2011.

Le parlement algérien a lui aussi modifié la Constitution en 2008, pour permettre au président Bouteflika de briguer un troisième mandat l'année suivante, puis un quatrième mandat en 2014, et cela malgré les séquelles d’un AVC qui a réduit ses capacités de mobilité et d’élocution. Aujourd’hui, pour s’attirer les bonnes grâces de l’opposition, le gouvernement algérien propose de revenir à la limitation à deux le nombre de mandats présidentiels.
« Légale peut-être, mais ce genre de charcutage de la Constitution pour des raisons politiques ne rend pas service au pays », affirme le constitutionnaliste franco-sénégalais Alioune Badara Fall. Selon ce dernier, en voulant se maintenir au pouvoir à tout prix, les chefs d’Etat africains renouent avec l’ancienne pratique des « présidences à vie ». « Ils mettent à mal la notion de l’alternance qui est un des piliers fondamentaux et incontournables de la démocratie », poursuitAlioune Badara Fall, professeur agrégé de droit public à l'université Montesquieu Bordeaux IV, et directeur d'un centre d'études sur les droits africains dans la même institution. Il est aussi le rédacteur en chef de la revue électronique « Afrilex » , où des études d'universitaires et de chercheurs consacrés à la pratique du droit sur le continent noir sont régulièrement publiées.


Le constitutionnaliste sénégalais Alioune Badara Fall et le secrétaire-général de l'OIF Abdou DioufFall


Marche arrière

Fondamentalement, la Constitution traduit la vision qu’a une société d’elle-même et de son avenir. Elle définit les principes et les idéaux qui président à la configuration des pouvoirs et les conditions juridiques régissant son développement. A ce titre, les textes constitutionnels jouent un rôle primordial dans cette vaste entreprise de construction de la nation dans laquelle les nouveaux pays d’Afrique sont aujourd’hui engagés. La plupart des constitutionnalistes estiment que les changements faciles et intempestifs de la Constitution créent une instabilité institutionnelle, mettant à mal l’Etat de droit et la démocratie.
Le professeur Fall attire l’attention sur la marche arrière du continent africain en matière de démocratie et de constitutionnalisme. En effet, les premières Constitutions africaines datent de l’époque des indépendances. Souvent inspirées des Lois fondamentales des anciens pays colonisateurs, elles ont été rapidement modifiées ou abandonnées dans la plupart des pays, dès la deuxième moitié des années 1960, pour permettre l’instauration du système du parti unique. Plusieurs Etats africains ont, alors, connu une période autocratique et sans Constitutions, celles-ci ayant été suspendues à la suite de coups d’Etat militaires.
Il faudra, ensuite, attendre la fin de la Guerre froide, en 1990, pour voir le continent noir renouer avec la démocratie et l’Etat de droit. Cette démocratisation s’est faite sous la pression conjuguée des pays occidentaux et des « conférences nationales » imposée par les mouvements d’opposition et les sociétés civiles locales. Les Etats ont adopté des Constitutions écrites qui consacrent l’encadrement juridique du pouvoir et son institutionnalisation. Le processus, qualifié de « troisième vague de démocratisation » par le politologue américain [url=http:// http//www.laviedesidees.fr/La-promotion-de-la-democratie-une.html][/url]Samuel Huntington, toucha l’ensemble du continent, à l’exception d’un certain nombre de pays tels que le Sénégal, la Gambie, le Cap-Vert, l’île Maurice et Lesotho où la démocratisation avait déjà été enclenchée. C’est dans ce contexte que les pays africains ont décidé de limiter à deux le nombre de mandats (de 5 ou 7 ans selon les pays) de leurs présidents. L’objectif était de garantir l’alternance, et surtout d’éviter le retour à la personnalisation du pouvoir, comme cela se passait pendant la période des dictatures.

Or, ces bonnes résolutions n’ont pas fait long feu, même si un certain nombre de pays ont respecté l’option de limitation du nombre de mandats présidentiels. L’exemple souvent cité est celui du Ghana où, à l’échéance de ses deux mandats présidentiels en 2008, le président John Kufuor a passé le relais à son successeur Atta-Mills (décédé en 2012 et
remplacé par son vice-président Mahama). On pourra aussi citer le Sud-Africain Mandela qui est parti à la retraite dès le terme de son premier mandat en 1999 ou le Malien Alpha Oumar Konaré qui a quitté le pouvoir après ses deux mandats en 2000. Les imaginaires africains restent encore aujourd’hui marqués par le retrait très digne du Sénégalais Abdou Diouf qui a transmis le pouvoir à l’opposant Abdoulaye Wade qui venait de remporter l’élection présidentielle de 2000.

Malheureusement, ces présidents vertueux sont les exceptions qui confirment la règle. Dès la fin des années 1990, on a vu de nombreux dirigeants revenir sur leurs engagements et se lancer dans des révisions constitutionnelles laborieuses pour faire abroger la clause de la limitation des mandats présidentiels. Contrairement à une idée reçue, cette volte-face opportune ne concerne pas que les dirigeants francophones qui, héritiers de la vision française d’une « présidence impériale », seraient moins respectueux de la norme constitutionnelle. Dans les faits, parmi les 10 dirigeants africains au pouvoir depuis plus de deux décennies, il y a moins de francophones (Paul Biya du Cameroun et Blaise Compaoré du Burkina Faso, Idriss Déby Itno du Tchad) que de non-francophones :Teodoro Obiang Nguema de la Guinée-équatoriale, Yahya Jammeh de Gambie, José Edouard Dos Santos d’Angola, Robert Mugabe du Zimbabwe, Yoweri Museveni d’Ouganda, Omar el-Béchir du Soudan et Issayas Afewerki de l’Erythrée.


Cyril Ramaphosa et Nelson Mandela brandissent la nouvelle Constitution sud-africaine, le 10 décembre 1996.AFP/ ADIL BRADLOW

Pourquoi ?

Pourquoi les chefs d’Etat africains sont-ils si nombreux à s’accrocher au pouvoir ? C’est parce que, si l’on croit les intéressés, deux mandats sont trop courts pour terminer les différents projets qu’ils ont à peine commencé à mettre en œuvre. « Ce qu’on a pas pu faire en deux mandats, il est hypocrite de faire croire qu’un troisième et un quatrième mandat permettraient de terminer », affirme Badara Fall pour qui la véritable raison qui pousse les présidents à franchir la ligne rouge constitutionnelle, c’est outre la fascination qu’exerce le pouvoir, la peur du gendarme ou plutôt du juge.
Beaucoup de dirigeants africains craignent de se voir poursuivis pour corruption ou autres manquements graves à la loi le jour où ils ne seront plus couverts par l’immunité présidentielle. « Il faut dire que la démocratisation de la vie politique n’a rien changé aux politiques de prédation, de clientélisme et de corruption qui avaient cours avant les années 1990. Au contraire, elles touchent aujourd’hui l’ensemble de la vie sociale et politique », déclare Alioune Badara Fall, en citant la pratique exacerbée du clientélisme au Sénégal sous Abdoulaye Wade. Et d’ajouter : « Dans ces conditions, cela ne m’étonne guère que nos chefs d’Etat veuillent rester au pouvoir de peur d’avoir de maille à partir avec la justice, tant au niveau interne des Etats que sur le plan international, au regard de la pratique de la Cour Pénale Internationale qui semble leur accorder une place «privilégiée» dans les procédures d'incrimination et de poursuite qu'elle applique aux hommes politiques africains depuis sa création. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles cette Cour est aujourd'hui contestée par les Africains. »
Pour beaucoup d’observateurs de la vie politique africaine, ces résistances à une pratique plus normée de la démocratie démontrent une absence de maturité politique des dirigeants africains dont beaucoup ont accepté d’entrer dans le jeu démocratique contraints et forcés par des contingences domestiques ou internationales. Difficile pour eux d’imaginer les élections autrement que comme un outil de préservation de pouvoir. D’ailleurs, peu de chefs d’Etat ont perdu les référendums qu’ils ont organisés pour faire sauter le verrou constitutionnel au renouvellement de leurs mandats. Les deux exceptions à la règle sont Frederic Chiluba en Zambie et d’Olusegun Obasanjo au Nigéria qui virent leurs tentatives de modification de la Constitution bloquées par leurs parlements, en 2001 et 2006 respectivement.

Refondation

« Un nouveau discours de la Baule s’impose pour rappeler aux pays africains qu’il est important que tous s’engagent dans une véritable refondation de la démocratie », pouvait-on lire dans Le Monde, la veille du Sommet de l’Elysée en décembre dernier consacré à la paix et à la sécurité en Afrique. A la veille d’un autre sommet qui se tiendra en août prochain aux Etats-Unis et qui réunira cette fois Américains et Africains, le président Obama a fait dire aux chefs d’Etats d’Afrique qui prennent à la légère leurs textes constitutionnels et les font amender pour les adapter à leurs ambitions : « ce dont l’Afrique a besoin, ce ne sont pas des hommes forts mais des institutions fortes ! »

« La refondation de la démocratie africaine passera par la société civile africaine », déclare pour sa part Alioune Badara Fall. « La société civile était dans les rues à Bénin d’où les premières revendications pour la démocratie sont parties en 1989. C’est elle, et non pas la Conférence de la Baule(même si l'on doit reconnaître qu'elle a eu des effets avec la conditionnalité démocratique qui venait de faire son entrée dans les relations entre la France et les pays francophones d'Afrique), qui a propulsé l'Afrique  dans l'ère du multipartisme. Françaois Mitterrand s'était contenté d'apporter sa voix aux revendications qui s'élevaient du fond des sociétés africianes. C'est toujours cette société civile qui a refusé au président Wade au Sénégal de modifier la Constitution pour préparer sa succession au profit de son fils. Ce fut le début de la fin de son règne avec sa défaite à l'élection présidentielle de 2012, alors même que sa candidature contestée avait été validée par le Conseil constitutionnel. ».

Pour aller plus loin sur ce thème, lire la livraison 129 de la revue Pouvoirs (Paris, 2008). Lire en particulier l’excellent article de Babacar Guèye : « Démocratie en Afrique : succès et résistances ».  Lire aussi les publications d'Alioune B. Fall , directeur du Centre d'études et de recherches sur les droits africians et sur le développement institutionnel des pays en développement (CERDRADI)."


"En Afrique, la grande contagion du troisième mandat
°  http://www.lalibre.be/actu/international/en-afrique-la-grande-contagion-du-troisieme-mandat-5633936635700fb93022021a
INTERNATIONAL
Après le Gabon (2003), l’Ouganda (2005), le Cameroun (2008), Djibouti (2010), le Burundi et le Congo-Brazzaville (2015), le Rwanda se dirige vers la suppression de la limitation constitutionnelle à deux mandats présidentiels. Face à ce reflux, la communauté internationale semble bien désarmée. Comment réagir ?
A la Commission européenne, on y réfléchit. En Belgique, on tente une nouvelle approche : le Burundi a été prévenu qu’en cas d’échec de ses discussions sur la démocratie et l’état de droit avec l’Union européenne, des programmes d’aide belges seront suspendus et l’argent libéré sera octroyé à des contre-pouvoirs (syndicats, ONG, etc.). Divers milieux s’interrogent sur l’attitude que devraient adopter les démocraties face à la disparition progressive des ébauches d’Etat de droit instaurées en Afrique depuis les années 90, qui avaient vu l’arrivée de parlements, Constitutions, cours constitutionnelles, etc....
Car les pouvoirs forts entravent souvent le développement, en raison de l’absence de contre-pouvoirs. Même si le Rwanda, l’Ethiopie et l’Angola montrent qu’un pays peut aussi se développer sous un régime fort.(...)"


"Des coups d’État plus modérés et en douceur en Afrique
– Ida Sawyer & A Van Woudenberg
À travers le continent, les coups d’État militaires sont remplacés par de perfides manœuvres juridiques.

°  http://desc-wondo.org/des-coups-detat-plus-moderes-et-en-douceur-en-afrique-ida-sawyer-a-van-woudenberg/
Cet article, écrit par Anneke Van Woudenberg et Ida Sawyer, a été publié par Foreign Policy le 3 novembre. 
Il est également disponible en ligne ici : https://www.hrw.org/fr/news/2015/11/03/des-coups-detat-plus-moderes-et-en-douceur-en-afrique
L’original en anglais est disponible ici : http://foreignpolicy.com/2015/11/03/africas-softer-gentler-coups-detat/?wp_login_redirect=0




À travers le continent, les coups d’État militaires sont remplacés par de perfides manœuvres juridiques.

Il existe une nouvelle mode chez les présidents africains décidés à s’accrocher au pouvoir : le coup d’État constitutionnel. Les coups d’État militaires ne sont plus de rigueur, en partie parce que l’Union africaine a déclaré qu’elle ne reconnaîtra pas les gouvernements qui prennent le pouvoir par le biais de telles tactiques flagrantes. Au lieu de cela, les dirigeants africains qui refusent de se conformer aux limites de durée de mandat, ou à des résultats électoraux défavorables, préfèrent simplement changer les lois et les constitutions qui se dressent sur leur chemin. Trop souvent, leurs manœuvres juridiques sont accompagnées par des violations de droits humains ainsi que des répressions brutales contre les personnes qui s’y opposent.
Denis Sassou Nguesso, le président de la République du Congo qui fêtera bientôt son 72e anniversaire, est le dernier à prendre cette voie. Sassou Nguesso a été au pouvoir pendant 31 ans, avec une interruption de cinq ans après avoir perdu des élections multipartites en 1992. Il est revenu au pouvoir en 1997, soutenu par des troupes angolaises, après une brève mais sanglante guerre civile.

Le 25 octobre, son gouvernement a organisé un référendum constitutionnel afin de modifier les limites des mandats présidentiels — de deux mandats de sept ans à trois mandats de cinq ans — et d’éliminer la limite d’âge de 70 ans en cours pour les candidats à la présidentielle. Précédée par une campagne d’intimidation et de harcèlement à l’encontre de dirigeants de l’opposition et d’activistes, la mesure a officiellement été adoptée avec plus de 92 % des votes, ouvrant la voie à Sassou Nguesso pour remplir encore un autre mandat. Le gouvernement a affirmé que 72,44 % des électeurs se sont présentés, mais selon des activistes locaux à qui nous avons parlé ce nombre est de moins de 10 %. Ils ont allégué, ainsi que d’autres témoins, de nombreux cas de fraude. Des noms étaient absents des listes de vote et des personnes étaient payées pour voter en faveur du « oui », ont-ils déclaré. Le processus référendaire a également été critiqué par la France et par les États-Unis.
Dans les semaines qui ont précédé le référendum, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, Brazzaville, et de la principale ville productrice de pétrole du pays, Pointe-Noire, pour protester. Ils tenaient des pancartes « Sassou Dehors », « Le Congo n’appartient pas à Nguesso » et « Sassouffit ».

Les forces de sécurité gouvernementales ont riposté en recourant à la force létale, tirant sur les manifestants, tuant au moins cinq personnes et en blessant des dizaines d’autres, selon des témoins à qui nous avons parlé. Les activistes locaux affirment que le nombre réel de morts est beaucoup plus élevé. Le gouvernement a également fermé les services d’Internet mobile, les communications par message texte, le signal de Radio France Internationale (RFI), le plus important des médias indépendants du pays, et il a interdit toutes les manifestations.
Un grand nombre des personnes qui ont osé se prononcer contre le référendum ont été arrêtées. Au moins sept jeunes militants pro-démocratie et participants à des manifestations contre le référendum ont été arrêtés avant le vote, et deux chefs de file de l’opposition, Guy Brice Parfait Kolélas et André Okombi Salissa, ont été placés en résidence surveillée. Destin Kossaloba, le fils d’un leader de l’opposition au franc-parler, ainsi que Bertin Inko Ngatsebe, le président d’une association politique de l’opposition, ont également été arrêtés et demeurent derrière les barreaux.

Ces tactiques ne sont malheureusement devenues que trop répandues dans la région, tandis que de plus en plus de présidents cherchent à remettre en cause les constitutions qu’ils ont souvent aidé à mettre en place. Ces dirigeants n’ont pas tort d’affirmer qu’une question comme celle de la limitation des mandats devrait être décidée par des électeurs. Mais les référendums qu’ils conçoivent sont tout sauf démocratiques. Dans les États où les électeurs sont souvent confrontés à l’intimidation et au harcèlement, ou lorsque les systèmes judiciaires sont sous l’emprise du pouvoir exécutif, les parlements font office de simples chambres d’enregistrement pour les partis au pouvoir et les référendums constitutionnels deviennent facilement des couvertures pour les prises de pouvoir autoritaires.
Les dirigeants les plus anciens de l’Afrique sont d’excellents exemples de cette tendance. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de la Guinée équatoriale, José Eduardo dos Santos de l’Angola et Robert Mugabe du Zimbabwe — tous au pouvoir depuis plus de 35 ans — ont modifié leurs constitutions dans le but de rester au pouvoir. Dans ces trois pays, il y a peu ou pas de presse libre, et les partis d’opposition sont systématiquement empêchés d’organiser des manifestations. Les personnes qui ont tenté de s’opposer à leurs efforts pour rester au pouvoir ont été brutalement réduites au silence.

Tout récemment, le Président Pierre Nkurunziza du Burundi a brigué un troisième mandat en juillet 2015, malgré l’indignation générale devant ce qu’un grand nombre de personnes ont considéré comme une tentative de défier l’esprit de l’Accord de paix et de réconciliation d’Arusha qui a mis fin à des années de guerre civile dans ce pays. (L’accord limite les présidents à deux mandats.) Plusieurs mois de protestations publiques et de défections de son propre parti au pouvoir n’ont pas amené Pierre Nkurunziza à changer d’avis. Au lieu de cela, le gouvernement aréprimé les manifestants, les militants et les journalistes indépendants. Plusieurs dizaines de manifestants et d’opposants au régime présumés ont été tués et des centaines d’entre eux ont été emprisonnés. Environ 200 000 personnes ont fui le pays en raison des troubles.

L’Ouganda, la République démocratique du Congo et le Rwanda sont les prochains sur la liste

Le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, âgé de 71 ans, a déjà modifié la constitution de son pays en 2005 plutôt que de se conformer à la limite des mandats présidentiels. En février 2016, il va se présenter aux élections encore une fois. Compte tenu des restrictions actuelles à la liberté d’expressiond’association et de réunion, il est très probable qu’il réussisse. Des candidats de l’opposition ont déjà été battusarrêtés et empêchés d’accéder aux électeurs dans certaines parties du pays.
En RD Congo, le deuxième mandat du président Joseph Kabila doit se terminer en décembre 2016. Lorsque son gouvernement a tenté de modifier la loi électorale plus tôt cette année afin de prolonger le mandat de Joseph Kabila, il y a eu des manifestations de masseLes forces de sécurité ont abattu au moins 38 civils dans la capitale, Kinshasa, et cinq autres dans la ville de Goma dans l’est. Les dirigeants de partis politiques et les activistes qui se sont prononcés contre un éventuel troisième mandat pour Joseph Kabila ont étéemprisonnésharcelés et menacés.

Les protestations ont contraint Joseph Kabila à reculer sur la modification de la loi électorale, mais il semble désormais qu’il s’emploie à retarder l’organisation des élections en vue d’un « glissement » de son mandat. Un porte-parole de la coalition au pouvoir dans le pays a annoncé le 31 octobre que le pays n’est pas prêt pour des élections et a suggéré qu’elles soient retardées de deux à quatre ans. Quel que soit le résultat des efforts de Joseph Kabila pour rester au pouvoir, il est probable qu’ils se feront au prix d’une répression brutale contre une opposition de plus en plus véhémente.
Au Rwanda, le président Paul Kagame va également se heurter à des limites de mandat en 2017. Cependant, un processus de « consultation » pour modifier la constitution a déjà été entamé et – étant donné les restrictions sur les médias indépendants et les partis de l’opposition dans le pays –  sera probablement couronné de succès. À juillet, le parlement du Rwanda avait reçu 3,78 millions de =868&cHash=9d34c277b95b82b2eb49fadf2a43cae4]pétitions de citoyens prétendant soutenir la modification de la constitution afin de permettre à Paul Kagame de briguer un troisième mandat.

Les législateurs ont depuis entamé des consultations avec les électeurs à l’échelle nationale, =874&cHash=fdb35a33a27aa73f259c45f8fa1d719f]indiquant que la plupart des Rwandais soutiennent la modification de la constitution. La pression exercée par le parti au pouvoir et la peur de s’opposer publiquement à Paul Kagame ont sans doute influencé les résultats de ce processus. Le 29 octobre, la chambre basse du parlement du Rwanda a adopté à l’unanimité des réformes constitutionnelles qui pourraient permettre à Paul Kagame de briguer non seulement un troisième mandat, mais également un quatrième et un cinquième mandat. Les réformes doivent encore être approuvées par le Sénat et soumises à un référendum public.
L’Union africaine, l’Union européenne et les États-Unis ont tous condamné à des degrés divers cette tendance de « coups d’État constitutionnels » — bien que parfois la critique des dirigeants avec lesquels ils entretiennent de bonnes relations ait été mise en sourdine. Les acteurs internationaux et régionaux devraient être plus constants dans leur dénonciation vigoureuse de ces tentatives illégales pour rester au pouvoir — et des violations de droits humains qui les accompagnent souvent.

Tous les dirigeants africains ne sont pas prêts à se maintenir au pouvoir à tout prix, comme le montrent les sorties élégantes du président nigérian Goodluck Jonathan et du président namibien Hifikepunye Pohamba plus tôt cette année. Ces deux dirigeants ont quitté le pouvoir avec une amélioration du respect des droits fondamentaux et leurs héritages intacts. D’autres dirigeants africains feraient bien de s’inspirer de leur exemple.
Ida Sawyer
Senior Researcher
Human Rights Watch

+243 81 33 78 478 | +243 99 86 75 565
ida.sawyer@hrw.org
Twitter: @ida_sawyer

"Politique Africaine : La problématique du énième mandat"
°  http://oeildafrique.com/politique-africaine-problematique-du-enieme-mandat/

"L’Afrique victime de ses dictateurs atteints du syndrome d' hubris"
°  http://www.dac-presse.com/actualites/a-la-une/politique/2254-lafrique-victime-de-ses-dictateurs-atteint-du-syndrome-d-hubris.html

" Modification des Constitutions en Afrique : les Etats-Unis mettent en garde"
°  http://lefaso.net/spip.php?article60034
 
"Noël Tshiani : « Il faut un plan Marshall pour les 15 prochaines années en RDC »"
°  http://www.jeuneafrique.com/videos/277892/no-l-tshiani-il-faut-un-plan-marshall-pour-les-15-prochaines-ann-es-en-rdc/

°  http://www1.rfi.fr/fichiers/MFI/PolitiqueDiplomatie/1270.asp
°  http://www.lobservateur.cd/2015/09/du-burundi-au-burkina-la-contagion-de-larbitraire/
° http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2015/10/30/pas-de-recettes-miracle-pour-lafrique/
° http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/11/a-quand-des-multinationales-africaines-dans-le-haut-du-classement-forbes-global_4807171_3212.html
° http://afrikarabia.com/wordpress/rdc-politiques-et-militaires-pourront-ils-detenir-des-droits-miniers/
°  http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/10/15/ces-chefs-d-etat-africains-bidouillent-la-constitution_4506798_3212.html
° http://abidjantv.net/afrique-3/voici-des-dirigeants-africains-qui-revent-secretement-de-rester-au-pouvoir/
°  http://news.aouaga.com/h/11727.html
°  http://congo-liberty.com/?p=8763
°  http://www.lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=13326:le-patriotisme-constitutionnel-en-afrique-comprendre-le-coup-d-etat-au-burkina-faso-et-militer-pour-les-libertes&catid=90:online-depeches
°  http://www.maliweb.net/international/face-a-lua-obama-denonce-les-dirigeants-africains-qui-saccrochent-au-pouvoir-1077832.html
°  file:///C:/Documents%20and%20Settings/No%C3%ABl/Mes%20documents/Downloads/Thse_-_Ouedraogo.pdf
°  http://www.amis.monde-diplomatique.fr/article2377.html




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Re: «L'AFRIQUE AU BORD DU GOUFFRE OU DU REBOND?» AU DELÀ D'UN OPTIMISME ET D'UN PESSIMISME PARFOIS "IDÉOLOGIQUES" QUE NOUS COMMANDE LA RÉALITÉ DES FAITS?

Message  KOTA le 12/11/2015, 9:15 pm

Kabila Must Go


There are hints that the president of the DRC wants to delay presidential elections. Here’s why that would be a disaster.



  • By Marcel DirsusMarcel Dirsus is a doctoral candidate at the University of Kiel, Germany, who focuses on democratic transitions and political purges.
  • November 11, 2015 – 2:19 pm

  • [email=?subject=Check%20out%20this%20story%20on%20Foreign%20Policy&body=Kabila%20Must%20Go%20-%20http%3A%2F%2Fforeignpolicy.com%2F2015%2F11%2F11%2Fkabila-must-go-drc-congo%2F][/email]




On Oct. 31, a spokesman for President Joseph Kabila’s ruling coalition in the Democratic Republic of the Congo called for the country’s presidential election — originally scheduled for November 2016 — to be delayed for two to four years in order to ensure their “credibility.” This would be convenient for Kabila, who is constitutionally ineligible to run for another term. Although the government’s information minister played down the possibility of a delay, DRC experts have already noted Kabila’s strategy of creating administrative hurdles to postpone elections. In the DRC, the rules don’t matter. Power does.
The Kabila regime is not without friends. Over the last few years, China has invested heavily in the DRC, and Kabila can most likely count on support from at least some of the DRC’s neighboring countries, such as Angola, should he decide to stay in power. And even Kabila’s fiercest critics would concede that he has done some things right. The country’s economy is now one of the fastest-growing in the world. Prudent fiscal and monetary management are keeping inflation low. According to the World Bank, the DRC’s poverty rate fell from 71 to 63 percent between 2005 and 2012. In the country’s previously war-torn east, an active civil war has been reduced to low-level violence.
Most importantly, it can be argued that any presidential election held in 2016 would be too flawed to maintain stability, because the Congolese election commission lacks expertise, money, and the ability to organize a census. Fears of instability are compounded by the fact that the DRC has never witnessed a peaceful transition of power. In this narrative, leaving Kabila in power would be a trade of democracy for good governance — and peace — that would ultimately serve the Congolese people. So why insist on upholding the rules?
There are two reasons, and both suggest that Kabila’s time in power needs to end. The first is that
Kabila’s regime has forfeited its legitimacy by regularly committing atrocities and violating human rights.
Kabila’s regime has forfeited its legitimacy by regularly committing atrocities and violating human rights. In January this year, Congolese security forces fatally shot at least 21 peaceful protesters by firing into a crowd. In the country’s volatile eastern hot spots, Congolese soldiers often rape, loot, and kill civilians with impunity. In one especially gruesome case of mass rape, more than 130 women and girls were assaulted, but only two out of 39 implicated soldiers were found guilty of rape despite overwhelming evidence. This culture of impunity makes clear that Kabila’s disdain for the rules has invalidated his regime’s legitimacy. (Perhaps in an effort to encourage Kabila to step down, one of his main opponents, Moïse Katumbi, said in a statement on Wednesday that he should receive immunity from prosecution after he goes.)
Second, if Kabila disregards legally imposed term limits, he risks destabilizing his country’s precarious peace. Although conflict never truly stopped in the DRC, it has become more localized and small scale since the Second Congo War ended in 2003. Causing several million excess deaths, the war involved multiple African countries and more than a dozen armed groups. If the chaos in nearby Burundi is any indication, an attempt to prolong a presidential administration beyond its prescribed limit risks sparking violent opposition. And the violence currently engulfing Burundi is much, much smaller than what we can expect in the DRC.
Since the country remains impoverished, the grievances that fueled the armed opposition have not been solved — these conflicts are merely on hold. Throughout the country, groups from the Catholic Church to the regime’s powerful ex-allies have made clear that they will not accept an extension of Kabila’s reign. At the beginning of this year, crowds across this vast country took to the streets when Kabila made a first attempt to stay in power by manipulating the legal system.
By contrast, giving up power and following the rules set out by the constitution would signal to the country that Kabila is subject to the same rules as everyone else. It would also set a precedent for others with wealth and power in the DRC who believe they are exempt from adherence to the law.
Another reason Kabila should step down is that this would buck an increasingly dangerous regional trend of flaunting constitutional limits. In Rwanda, President Paul Kagame is in the process of changing the rules so that he can stay in power until 2034 rather than the current limit of 2017 — which would allow him to reign for nearly three and a half decades. Across the river from Kinshasa, President Denis Sassou Nguesso of Congo-Brazzaville recently won a controversial referendum allowing him to run for a third term. In Burundi, as we have seen, President Pierre Nkurunziza has already gone a step further: His attempt to grasp a third term in office plunged his country into chaos. After surviving an attempted coup, he cracked down on dissent and held sham elections that were widely criticized by the international community.
The Kabila government itself has always insisted — and continues to pointedly tell donors such as the United States — that Kabila respects the constitution. The plan to delay elections proves that he doesn’t. Even before the ruling coalition spokesman called for an election delay, funding for the Congolese election commission (CENI) had been delayed, and both its president and its vice president have mysteriously resigned within three weeks of each other. Given the regime’s penchant for brutally repressing dissent, it seems unlikely that these officials simply volunteered to step aside.
Given the country’s extremely limited infrastructure, budget shortfalls, and logistical issues, a Congolese presidential election in 2016 would certainly not be perfect. Nevertheless, the West must pressure Kabila to step down after his mandate. While in Kinshasa last year, U.S. Secretary of State John Kerry offered Kabila assistance for the upcoming election and urged him to step down. This is not enough, as the West’s direct influence is limited. In addition to direct pressure, the United States and the European Union should make a serious effort to convince powerful regional players such as Angola and South Africa that an orderly transition can best protect their interests and investments.
If Kabila can be convinced to allow an orderly transition of power in the DRC, it will make clear that such an improbable feat can be done just about anywhere — in Burundi, in Rwanda, and across the river in Brazzaville.
The first peaceful transition in one of the world’s most troubled countries would send a powerful message across Africa.
The first peaceful transition in one of the world’s most troubled countries would send a powerful message across Africa.
But most of all, Kabila’s decisions hurt ordinary citizens of his own country. There’s a saying that the fish rots from the head, and so it is in the DRC, where Kabila’s disdain for the rule of law decays down to the local level.
Two years ago, I found myself in a remote village in the southeastern tip of the sprawling country, in the volatile Katanga province. The scenery was breathtaking. The hospitality was, too, as a local fisherman took me out on his boat, showing off the pristine, untouched beauty of an adjoining lake. After months in a compound, this was a breath of fresh air — a side of the DRC that is obscured by conflict and insecurity: vast, beautiful, and full of potential.
When I arrived back on land, hospitality turned to hostility. As the boat came ashore, armed men in fatigues greeted me, AK-47s slung on their shoulders, and claimed to be a part of the Congolese security services. They informed me that I had broken an important ‘law’ by being on the lake. “You could have drowned, and laws are laws,” the security officer said, his words of concern for my wellbeing somewhat at odds with the order to come to the “station” for questioning. I was certain there was no such law. But I was also certain that I did not want to spend a night in a Congolese jail. The law didn’t really matter. What mattered was who had an AK-47 and who did not. When the choice was put before me to pay a modest ‘fee’ or face their wrath, I eventually paid.
As a Western visitor, I was merely passing through. For me, it was an unpleasant afternoon. For tens of millions of Congolese, it’s everyday reality. There is no bribe that can be paid to release the DRC from Kabila’s political machinations and free it from poverty, plunder, and conflict. Until the DRC’s governance improves, the potential of one of the most natural resource-rich countries on Earth — and the aspirations of its people — will continue to be squandered by men with guns.
In the photo, Democratic Republic of the Congo’s president, Joseph Kabila, waves during the swearing-in ceremony for Tanzania’s newly elected president in Dar es Salaam on Nov. 5, 2015.
http://foreignpolicy.com/2015/11/11/kabila-must-go-drc-congo/

http://democratiechretienne.org/2015/11/12/there-are-hints-that-the-president-of-the-drc-wants-to-delay-presidential-elections-heres-why-that-would-be-a-disaster-foreign-policy/

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