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LES ENSEIGNEMENTS DES GUERRES DU SHABA I

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Message  GHOST 7/6/2022, 12:59 pm

LES ENSEIGNEMENTS DES GUERRES DU SHABA



Le but de cette réflexion.

17 mai 1997 – 17 mai 2022, 25 ans depuis la fin du pouvoir de Mobutu, c´est aussi 25 ans de guerre sur le territoire de la RD Congo. Ceux des congolais qui lisent ceci font des recherches visant á mettre fin á cette longue guerre au Congo.

JJ Wondo a publié très récemment, un article sur les guerres du Shaba (JJ Wondo 2022) dont nous prenons comme point de départ du RETEX (retour d´expérience) afin de nourrir les réflexions sur la recherche d´une doctrine militaire au Congo. En effet, JJ Wondo affirme que : “Le niveau stratégique est l´échelon de conception, de planification et de direction suprême des opérations militaires, de déploiement et d´emploi des forces selon une vision politique et sécuritaire bien déterminée. Cela se décline généralement sous forme de doctrine militaire. Or la RDC n´a pas aujourd´hui une doctrine stratégique militaire bien étoffée, adapter aux types de menaces auxquelles le pays est constamment confronté depuis trois décennies” (JJ Wondo 2022).

Doctrine militaire de la dépendance

Une doctrine militaire est constituée des principes fondamentaux selon lesquels l’armée ou certaines de ses parties accomplissent leurs tâches pour atteindre les objectifs nationaux.

Ces principes sont déterminants, mais ont besoin pour être concrétisés d’une évaluation de la situation. La doctrine militaire fournit également les conditions cadres pour le développement de l’armée. doctrine militaire définition - Yahoo Search - Actualités

Les deux guerres du Shaba démontrent que la doctrine de la “dépendance” héritée de la Force Publique était la source d´inspiration des FAZ. Tous les congolais se souviennent des propos du général belge Janssen qui avait dit: “Avant l´indépendance = après l´indépendance”. La doctrine de la “dépendance” a pour principe, les officiers occidentaux devaient commander et former les congolais. C´est la doctrine qui continue de s´appliquer sous la forme d´une dépendance envers l´expertise militaire étrangère. Kengo (L. Kengo wa Dondo 2019) confirme cette doctrine en disant que, durant toute leurs existences, les Forces Armées Zaïroises n´ont jamais gagné, á elles seules, une guerre. Si victoire il y avait, c´était toujours avec l´assistance des autres : soit des mercenaires, soit des partenaires. Kengo continue en citant l´ouvrage du général Célestin Ilunga “L´effondrement des forces armées zaïroises”, où on découvre toutes les défaites des FAZ jusqu´á leur effondrement á partir des années 90.

L´article de JJ Wondo (Wondo 2013 : 89) sur les guerres du Shaba démontrent l´application de cette doctrine de la “dépendance” á travers plusieurs interventions militaires des partenaires : Mai 1977 grâce à l’Opération Verveine montée par le Maroc (Wondo 2013 : 89) qui envoie 1500 hommes aérotransportés à bord d’avions militaires français Transal. En une semaine, les Marocains reconquièrent progressivement le terrain perdu par les FAZ. Face à cet adversaire trop fort, les rebelles préfèrent se replier sans combattre (Langellier, J-P. 2017 : 264). Le régime zaïrois reprendra cependant rapidement le contrôle de la situation à partir du 19 mai 1978 grâce notamment aux interventions militaires montées conjointement par la France (Léopard) et la Belgique (Bonite), le 19 mai 1978, pour protéger les expatriés.



Armée nationale congolaise : A la recherche d´une doctrine ?

À quoi sert la doctrine ?

La doctrine sert à organiser la conduite de la guerre. Traduisant la complexité des opérations militaires en principes d’action simples et opératoires, sous-tendue par le principe d’efficacité, elle capitalise les acquis de l’expérience et de l’histoire, tout en se tournant vers l’avenir. En permanente évolution, elle couvre un champ très vaste, allant de l’emploi des forces interarmées jusqu’aux modalités et procédures particulières de mise en œuvre des unités et de certains systèmes d’armes.Définition de la doctrine (defense.gouv.fr)

Selon cette définition, les FAZ avaient une approche “fragmentaire” basée sur des concepts hétéroclites dans la conduite de la guerre où la doctrine des pays membres de l´OTAN (USA, France et Belgique) pouvait cohabiter avec celle des pays sous influence soviétique (Chine et Corée du Nord).

Le colonel Kisukula Meitho affirme qu´á cause de ces approches fragmentaires, les formations des FAZ étaient disparates et hétéroclites ( Kisukula. 2000). La division Kamanyola formée par les Nord-Coréens s´est retrouvée dans les guerres du Shaba sans le système d´artillerie et les chars d´origines soviétiques dont elle était équipée. Ces équipements n´étaient pas compatibles avec la logistique des FAZ où la capacité de projection et des transports provenait des pays membres de l´OTAN. Les avions de transports Hercules C-130, ne pouvaient pas transporter ces systèmes d´armes au Shaba. Pire, les calibres des fusils de guerre Ak-47 d´origines soviétiques et chinoises (calibre 7,72 x 39 mm) en service dans la division Kamanyola, et les fusils M 16 (calibre 5,56 mm) pour les parachutistes de CETA, et les fusils FN FAL (calibre 7,62 mm) pour les unités d´infanterie et la gendarmerie étaient un cauchemar logistique. La culture militaire où on mélange les théories militaires parfois aux antipodes des uns et des autres continue longtemps après les deux guerres du Shaba.

Les concepts Garde-Civile et SARM (service d´actions et des renseignements militaires)

Concept

Exprime un objectif à atteindre et les grands principes fondamentaux qui lui sont associés. Il répond aux questions « quoi ? », « pourquoi ? » et « quel type d’emploi possible ? » et traite du rôle et des aptitudes attendues des forces armées, face aux contraintes du moment.

La création de la Garde Civile et du service d´actions et des renseignements militaires (SARM) sera la dernière tentative de réforme pour trouver une doctrine stratégique militaire idéale au Zaïre. L´échec de cette réforme va poser les bases de la débâcle finale des FAZ ( Kisukula A 2000 :141)

Pour analyser l´échec de la Garde Civile et le SARM, une lecture des concepts qu´on trouve dans l´ouvrage “La révolution dans les affaires militaires” (T. Balzacq & A. De Nève. 2003) devrait aider les congolais á tirer des enseignements et ouvrir de nouveaux champs des possibles. Contrairement aux affirmations qu´on trouve dans un article de la radio RFI (La guerre en Ukraine modifie les doctrines militaires mondiales), la guerre en Ukraine valide les concepts du RAM (Révolution dans les Affaires Militaires).

SARM : LA QUESTION DE LA SUPERIORITE INFORMATIONNELLE

Le colonel Eeben Barlow, (fondateur de l´entreprise militaire privée Executive Outcomes) indique que le service de renseignements est le premier pilier d´un Etat (E Barlow 2016 : 127). Il affirme que : “The intelligence services are the state´s early warning mechanism. Their input is used to guide the development and the national strategy and policies, and subsequently, the national security strategy and its policies”. Eeben Barlow ajoute en disant : “The intelligence services must analyse the past, dissect the present, and predict the future and disseminate the intelligence product to the correct users timeously”.

Á défaut de pouvoir á coup sûr prévenir l´avenir, un service de renseignements devrait, être capable d´alimenter les décideurs en analyses pertinents á même de soutenir une politique, voire d´aider á la concevoir en ouvrant les champs des possibles et en faisant émerger des options. Un service de renseignements doit, être également un outil de réduction des incertitudes (Roger Noël 2022).

Roger Noël (2022) indique que : “Face á une puissance ouvertement hostile, mettant en œuvre une stratégie complexe, mais qu´il n´était pas question de combattre directement, il fallut bien retrouver les pratiques anciennes de l´affrontement entre blocs: contre-espionnage, détection des actions et d´influence, analyse de l´appareil adverse et des circuits décisionnelles, recherche de vulnérabilités, indentification des canaux de communication parallèles possibles, évaluation de la rationalité des responsables politiques, examen attentif de la stratégie qu´ils mettent en œuvre, des objectifs qu´ils veulent atteindre et de la doctrine qu´ils suivent”.

Actuellement, toute la planète constate que la résistance remarquable de l´armée d´Ukraine face á une armée russe plus puissante se base sur le concept information superiority - la supériorité informationnelle qui consiste á avoir une capacité de collecter, traiter et disséminer un flux continu d´informations qui doivent être précises et sûres (T Balzacq & A. De Nève 2003 : 107)

Comment les États-Unis abreuvent l'Ukraine d'informations secrètes et vitales | korii. (slate.fr)

Le SARM avait pour mission de combler les insuffisances des FAZ dans le domaine de renseignements militaires constatées lors de deux guerres du Shaba. JJ Wondo (Wondo & Mukobo 2000: 152) indique que les préparatifs de la première invasion du Katanga étaient connus des services de renseignements. Mais, les informations transmises par les échelons inférieurs à leurs hautes hiérarchies n’étaient jamais exploitées. Et pourtant selon le colonel Kisukula A Meitho ( Kisukula 2000 :152) un dysfonctionnement du traitement des informations serait á la base de la débâcle des FAZ en 1997.

Il n´existe pas une publication disponible pour comprendre si les origines de la fondation du SARM résulte d´une réflexion stratégique au sein des FAZ ou une nouvelle approche fragmentaire de plus inspirée par les partenaires militaires occidentaux. Le général Mahele parachutiste et le général Ilunga commando seront désignés á la tête de SARM est une indication que Mobutu souhaitait avoir une approche où les membres de cette force devaient-être des para-commandos. Ce que depuis l´indépendance, les unités d´assaut des parachutistes se sont fait remarquer dans toutes les guerres au Congo. Faire de SARM une branche de l´armée composée exclusivement des forces spéciales était une approche rationnelle, mais la vielle culture inspirée de la Force Publique où la suprématie de la Belgique avec le centre d´entrainement commando de Kota Koli va réduire les capacités opérationnelles du SARM.

Il suffit de comparer les unités spéciales de reconnaissance de l´Afrique du Sud “Recces” pour admettre que le SARM n´avait atteint le niveau de préparation des capacités d´une force spéciale destinée aux renseignements militaires. ( What it takes to get into the South African army’s Special Forces (mybroadband.co.za) )

Le SARM qui avait gardé la culture des FAZ, ne pouvait jamais assumer cette mission d´une force spéciales chargée des renseignements militaires á cause du des normes du recrutement de ses membres. Dans le SARM, le recrutement des membres du niveau d´étude secondaire n´était pas un critère de base.

En plus le cursus de la formation commandos des opérateurs zaïrois á Kota Koli ne correspondait pas aux normes d´une force spéciale. Kota Koli est un mythe qui continue de faire croire que la formation des unités commandos ne se limitent qu´á la préparation physique et mentale. Jusqu´en ce moment précis, la formation des “opérateurs des forces spéciales” du Congo a un cursus au rabais.

Lors de notre stage d´entrainement commando á Kota Koli, nous avons expérimentés un aspect insolite de ce concept. De Satema, nous avons navigués sur le fleuve Oubangui. Une fois á Mobayi, nous avons été très surpris de constater qu´il n´existait pas une carte militaire qui devait nous guider á travers la forêt équatoriale. Au contraire, des chasseurs civils devaient nous guider á marcher dans la forêt pour rejoindre Kota Koli.

Même quand les membres du Recces sud-africains ont démontrés leur savoir pendant la guerre face au M23, le concept de la formation des commandos inspirée de Kota Koli continue au Congo (Main article : United Nations Organization Stabilization Mission in the Democratic Republic of the Congo. An operator of the South African Special Forces, as part of the Force Intervention Brigade, made the 8th longest recorded sniper kill in history with a confirmed distance of 2,125 m (2,324 yd) using a South African made Denel NTW-20 anti-materiel rifle In its 14.5 mm (0.57 in) configuration.[21]) )

L´armée d´Ukraine devrait inspirer les chercheurs congolais (Ukraine conflict: Ukrainian special operations forces in focus (janes.com) en apportant une nouvelle approche dans la formation des forces spéciales dont le rôle essentiel serait le renseignement militaire.



LITTERATURES



Jean Jacques Wondo. 2022. Histoire : Le 13 mai 1978 débutait la Deuxième Guerre du Shaba à Kolwezi et la mise à mort des FAZ - JJ Wondo - Desk Africain d'Analyses StratégiquesDesk Africain d'Analyses Stratégiques (afridesk.org)

Jean Jacques Wondo. 2022. https://afridesk.org/exclusif-jean-jacques-wondo-un-an-apres-letat-de-siege-est-un-echec-patent-jeanric-umande/#:~:text=Ce%20niveau%20s%E2%80%99int%C3%A9resse,depuis%20trois%20d%C3%A9cennies.

Léon Kengo Wa Dondo. La passion de l´État. L´Harmattan. Paris 2019

Kisukula Abeli Meitho. Les armées du Congo-Zaïre, un frein au développement. Misege. London 2000.

Thierry Balzacq & Alain De Nève. La Révolution dans les Affaires Militaires. Economica. Paris 2003.

www.rfi.fr. La guerre en Ukraine modifie les doctrines militaires mondiales (rfi.fr)

Eeben Barlow. Composite Warfare. The Conduct of Successful Ground Force Operation in Africa. South Publisher. Pinetown 2016.

Roger Nöel. Penser le renseignement. L´invasion de l´Ukraine : Agir parce qu´on est bien renseigné ou parce qu´on l´est mal. DSI 159. Défense & Sécurité Internationale. Mai-juin 2022. Pages 8-16

www.slate.fr. Comment les États-Unis abreuvent l'Ukraine d'informations secrètes et vitales | korii. (slate.fr)

What it takes to get into the South African army’s Special Forces (mybroadband.co.za)

South African Special Forces

From Wikipedia, the free encyclopedia

The South African Special Forces Brigade, colloquially known as the Recces,[5] is South Africa's principal special operations unit, specialising in various types of operations including; counter-insurgency, long-range-reconnaissance, unconventional-warfare, special operations, hostage-rescue, and direct-action operations.[6] The S brigade operates with two active-duty groups, with 4 Special Forces Regiment focusing on maritime operations, and 5 Special Forces Regiment focusing on land and airborne operations. Only about 8% of recruits who undergo South African special forces training pass the course.[6] South African Special Forces - Wikipedia
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