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L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR ET DU VIEUX SAGE(chaman)

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L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR ET DU VIEUX SAGE(chaman) Empty L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR ET DU VIEUX SAGE(chaman)

Message  El-chaman 28/10/2010, 6:38 pm

INTRODUCTION
Ce texte a pour but de faire souffler un vent de liberté,de gaieté et de conscience spirituelle qui s'avère aussi précieux en ce début de troisième millénaire qu'il l'était du temps des empereurs de Chine !
Pour tirer le maximum de profit de ce récit,je vous invite à mettre de côté la"raison raisonnante"chère à Descartes pour activer l'hémisphère droit de votre cerveau,où résident vos facultés de receptivité,d'imagination,de fantaisie,de magie et de connection avec les mondes de lumière.
Laissez"L'EMPEREUR ET LE VIEUX SAGE" parler à votre âme d'enfant pour vous rappeler que vous êtes,vous aussi,Infini,Immorte,Eternel et Universel !


chap 1:La rencontre
"Quelques siècle avant l'ère chretienne,la Chine était un grand empire.Tandis que les brumes matinales se dissipaient sous les premiers rayons du soleil printanier,la capitale,Lo Yang,commençait à retentir des cris des paysans apportant au marché le produit de leur récoltes,des commerçants nettoyant leurs devantures,des charretiers assurant leur chargement avant de partir mener leur marchandises aux quatre coins de l'immense empire.Au milieu de la ville bruissante des mille-et-une activités de tout le peuple,le palais impérial se dressait dans toute sa majesté.Des peintures de dragons multicolores et de sublimes paysages montagneux ornaient ses murs en brillant avec éclat.Les tuiles vernissées de ses toits aux multiples pans montraient à tous le talent des architectes et des bâtisseurs qui avaient travaillé sans relâche pour offrir à l'empereur le meilleur d'eux-même et faire de ce lieu un symbole d'harmonie,de prospérité et de bien-être.A l'intérieur du palais,dans sa chambre à coucher où de lourdes teintures empêchaient la lumière du jour d'entrer,l'empereur Chao-Liu s'éveillait avec peine parmi les coussins de soie brodés de motifs chatoyants qui s'étalaient comme des vagues sur l'ocean de son immense lit.Bien qu'âgé d'a peine cinquante ans,Il se sentait comme un veillard,lourd dans son corps,raide dans ses articulations,embrumé dans ses pensées.Ses yeux voyaient trouble,sa bouche était pâteuse et sa voix enrouée.Où avait disparu sa vitalité d'enfant,son enthousiasme de jeune empereur qui levait le matin avec le sentiment d'être indispensable à la bonne marche de son empire ? Dans sa torpeur,il s'inquiéta.Allait-il sombrer dans la maladie ou la viellesse,devenir un monarque cacochyme,aigri,affaibli,un souverain qui délaisse ses tâches parce qu'il est rongé par mille maux ? Que faire ? demander aux médecins de le soigner ? Il renonça vite à cette idée.Il avait déjà goûté à leur potions et constaté qu'elles soulageaient ses douleurs momentanément mais l'abrutissaient et retardaient la guérison.Il se gratta pensivement la tête,fit quelques pas et ouvrit les rideaux pour voir la lumière du soleil.Cela lui fit du bien et il réalisa que deux personnages cohabitaient en lui.D'une part un empereur fatigué,presque malade,épuisé par la vie sédentaire,les excès gastronomiques et les soucis de l'empire.D'autre part,au plus profond de lui-même,un enfant qui avait soif de vivre et de s'amuser.Il se rappela que,dans sa prime jeunesse,il avait passé une année entière avec un vieux sage,dans la vallée de Kaan,vivant jour et nuit en harmonie avec la nature.Ah,qu'ils étaient bons ces souvenirs !
Nager dans le lac Lii,plonger dans les cascades ruisselantes,observer comment les biches hument l'air du matin,admirer le vol des canards et dormir près du feu en regardant les étoiles...tout cela avec la présence chaleureuse du vieux sage qui savait susciter en lui l'émerveillement,la curiosité et l'intelligence du coeur,cette sorte d'admiration pour la vie qui permet de la comprendre en fusionnant avec elle.Des larmes coulaient maintenant sur les joues de l'empereur.Il voyait soudain son palais comme une prison,une cage dorée dont le protocole formait les barreaux.
En poussant de profond soupirs,Chao-Liu se dirigea d'un pas mal assuré vers son jardin,ce jardin qu'il n'avait visité depuis des mois bien qu'il soit considéré comme l'une des merveilles les plus sublimes de tout l'empire.
Tao,le maitre jardinier,avait fait venir des plantes de contrées lointaines et les avait disposées avec une science remarquable,combinant les formes et les teintes d'une manière si subtile que le visiteur se sentait transporté dans une forêt magique où chaque pierre,chaque feuille,chaque brin d'herbe,chaque fleur et chaque ruisseau racontait à sa façon la beauté de l'univers.
En se promenant sur les sentiers du jardin l'empereur se sentait triste.Avec son nez bouché,il ne parvenait pas à sentir le parfum des fleurs et ses pieds,enfermés dans d'épaisses pantoufles,ne sentaient pas la fraicheur de la rosée.Dans sa tête,des idées folles s'entrechoquaient:
-Suis-je trop vieux pour être heureux ? Pourquoi ai-je perdu le goût de vivre ? Que signifient toutes ces douleurs qui habitent mon corps et font de ma vie un véritable enfer ? Pourquoi ces cauchemards qui hantent mes nuits et me privent d'un sommeil paisible ? Ce vieux sage que j'ai connu il y a si longtemps,qu'est-il devenu ? Vit-il encore,après tant d'années ?
Ah,comme j'aurais besoin de lui !
A peine avait-il formulé cette pensée qu'il aperçut une nuée en train de se former au-dessus de la partie de l'etang recouvert d'un manteau de feuille de lotus scintillant sous les rayons du soleil.Sortant en riant de la brume,le vieux sage s'avançait vers l'empereur médusé.Quelle surprise ! Il n'avait pas changé.Une immense bonté coulait toujours de ses yeux,son rire était aussi moqueur et tendre que lorsque l'empereur était enfant et son corps donnait une impression de vigueur et de jeunesse.
Chao-Liu se sentit plein de jalousie car ce viel homme avait l'air nettement plus jeune que lui.
-Alors empereur,tu te trouve vieux ?
-Oui,je me sens lourd,fatigué,abattu,désespéré.Je n'ai plus aucun plaisir à diriger la chine et te voir resplendissant de vitalité m'irrite au plus haut point !
-Il est inévitable que tu souffre avec de telles pensées,dit le vieux sage.Comment pourrais-tu apprécier ce que tu es alors que tu te compares à autrui.Tu as perdu le plaisir de se sentir libre !
Chao-Liu se mit à sangloter.Il se sentait piteux,ridicule,misérable.Toute sa dignité d'empereur l'avait subitement abandonné.
Le vieux sage éclata de rire,d'un rire tonitruant qui jaillissait comme un geyser et transperçait l'empereur jusqu'à la moelle d'os.En frissonnant,l'empereur osa demander:
-Vieux sage,aide-moi encore une fois.Montre-moi,comme tu l'as fait dans mon enfance,le chemin de l'équilibre et de l'émerveillement...
-Mais tu es bien trop vieux pour cela ! affirma le vieux sage en riant.Regarde de quelle façon te considerent ceux qui t'entourent.Tes médecins te voient comme un malade à soigner,tes ministres pensent que tu perd la boule et complotent pour prendre ta place,tes courtisans épient tes signes de faiblesse pour te ligoter dans leur toile d'araignée de compliments hypocrites.Tous sont à l'affût de tes déséquilibres et les attisent secrètement pour te contrôler ou t'éliminer.Ils projettent vers toi leurs propres peurs et te placent dans le carcan de leur incapacité à vivre heureux et libres.
-C'est intolérable ! dit l'empereur qui sentait monter en lui une terrible colère.
-Ah,tu te redresse et ton regard s'anime,constata le vieux sage avec un sourire malicieux.Allons,je ne vais pas t'abandonner à tes misères.Je vais à nouveau te montrer le chemin de l'harmonie.Tu l'as foulé de tes pieds lorsque tu étais enfant,mais,à ce moment-là de ta vie,tu ne pouvais pas encore tout comprendre.
Le temps est venu maintenant d'aller plus en profondeur dans ta perception de toi-même et du monde qui t'entoure.
SUIS MOI !


Dernière édition par El-chaman le 4/11/2010, 4:09 pm, édité 1 fois

El-chaman


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L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR ET DU VIEUX SAGE(chaman) Empty Re: L'HISTOIRE DE L'EMPEREUR ET DU VIEUX SAGE(chaman)

Message  El-chaman 28/10/2010, 8:03 pm

chap 2:Être mobile

D'un bond le sage avait disparu dans la brume qui flottait au-dessus de l'étang.
L'empereur hésitait.Il ne pouvait pas partir comme cela.Il avait des obligations,un empire à diriger...
Qu'allaient dire les chambellans,les ministres,les délégués des provinces lointaines qui avaient voyagé pendant des semaines pour venir le rencontrer ? Et,par dessus le marché,pensa l'empereur,c'est presque l'heure du petit-déjeuner !
Alors qu'il se tourmentait avec ces pensées,le chant d'un rossignol frappa ses oreilles et il y aperçut la même exubérance moqueuse que dans le rire du vieux sage.Honteux d'être si calculateur et si timoré,il inspira profondement,expira lentement pour se vider de toutes les peurs en se rappelant cette phrase que lui avait enseigné autrefois le vieux sage:"JE SUIS INFINI,IMMORTEL,ETERNEL ET UNIVERSEL".Puis,sans se retourner,il sauta dans la brume...
ll se retrouva assis au bord du lac Lii.Les hérons se préparaient à leur pêche matinale,les arbres ondulaient avec grâce sous la caresse de la brise,le soleil faisait chanter les vaguelettes de mille reflets dorés,tout respirait le calme et la beauté.L'empereur admirait le paysage en remplissant ses yeux d'images bienfaisantes,mais le vieux sage ne le laissa pas longtemps tranquille.
-Nous allons commencer par la leçon de mobilité,car un corps humain qui ne bouge pas assez s'alourdit,élimine mal et devient la proie des maladies.Le cerveau qu'il abrite cesse d'être une rivière qui chante pour devenir un marécage attirant les moustiques de la peur et les fièvres des habitudes répétitives.
Le vieux sage se mit à marcher d'un pas rapide.L'empereur suivait tant bien que mal,souffrant de la raideur de ses membres et de la faiblesse de ses muscles.Il regrattait soudain d'avoir trop souvent préféré sa chaise à porteuer à la marche à pied et d'avoir oublié les vertus de l'exercice physique dans le confort moelleux de son palais.Mais il se sentait piqué au vif dans sa fierté.Il n'allait quand même pas se laisser distancer par un homme beaucoup plus âgé que lui ! comme s'il lisait ses pensées,le vieux sage se retourna pour lui dire
-Alors,jeune homme,es-tu prêt maintenant à courir ?
L'empereur avait le souffle trop court pour pouvoir répondre et,quand il vit le vieux sage partir au pas de course,il crut sa dernière heure venue.Jamais il ne parviendrait à le suivre ! pourtant,avec un courage qui le surprit lui-même,il se lança à sa poursuite.De temps à autre,le vieux sage reprenait une marche tranquille,ce qui permettait à l'empereur de récupérer quelque peu entre chaque épisode de course à pied.Il y avait si longtemps qu'il n'avait plus couru ni même marché en pleine nature.En fait,depuis quelques anées,il connaissait surtout le trajet qui allait de sa chambre à coucher à la salle du trône ! Sa lassitude était telle qu'il n'empruntait plus que rarement le couloir menant vers les appartements des concubines.
Lorsqu'ils arrivèrent au sommet d'une colline,l'empereur était à bout de souffle et il se laissa tomber sur le sol pour se reposer.Le sage,lui,semblait n'avoir fait aucun effort et il expliqua:
-Que dirais-tu,empereur,si les oiseaux ne parcouraient plus le ciel à tire d'ailes ? Ils ont été créés pour voler,comme l'être humain a été conçu pour bouger.Le corps de celui qui vit dans l'immobilité s'apesantit.Son métabolisme ralentit et ses fonctions cérébrales se mettent à s'atrophier.Observe ceux de tes ministres qui sont devenus obèses.Comment veux-tu qu'ils puissent te conseiller avec sagesse ? Comment pourraient-il maintenir la chine dans une vigueure qu'ils ont perdue ? Invite-les donc à faire bouger leur corps pour que leur mental puisse s'ouvrir à des inspirations nouvelles.La stagnation,c'est la mort !
Regarde autours de toi:la mobilité et le changement constant sont les racines même du plaisir de vivre !
Deviens pour tes proches un modèle en consacrant chaque jour du temps à te déplacer dans ton jardin,sur des chemins de campagne,des sentiers parcourant les forêts profondes ou les rues de ta capitale.Ne sois plus un empereur assis mais un empereur debout,un empereur qui bouge sans cesse et que personne ne peut contrôler en l'immobilisant.
-Mais je ne me déplace jamais sans escorte,déclara l'empereur.Je me vois mal les mettre tous au pas de course !
-Souviens-toi de l'un des secrets des empereurs qui t'ont précédé:ils quittaient régulièrement le palais par une porte dérobée,habillés en mendiants ou en marchands,pour se mêler au peuple dans les rues de Lo Yang.Ils en apprenaient ainsi plus sur les problèmes de l'empire qu'en restant assis sur leur trône pour écouter les discours des ministres !
Ils cultivaient leur mobilité tout en exerçant leur art d'être de bons comédiens capables de jouer tous les rôles.Ose donc te délivrer par moments du protocole et de tous ceux qui veulent te contrôler.Tout individu a besoin de moments de liberté,d'explorations,d'aventures et de surprises.Les empereurs n'échappent pas à cette règle !
Ne laisse pas ton mental diriger sans cesse ta vie.Quand tu marches ou quand tu coures,sois comme un animal sauvage qui se déplace avec tous ses sens en éveil.Sois comme la biche,le lapin ou le tigre,alerte,attentif et sensible,prêt à faire face à toutes les situation.Tu découvriras alors que l'énergie du paysage dans lequel tu évolues te nourrit mieux que les plats raffinés de tes cuisiniers.

El-chaman


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Message  El-chaman 29/10/2010, 2:46 pm

chap 3:Danser sa vie

L'empereur,en écoutant,bâilla.Il sentait la faim commencer à lui faire gargouiller l'estomac mais il n'osait pas demander au vieux sage à quelle heure et dans quelle auberge ils allaient s'arrêter pour manger !
-Manger à des heures fixes,dit le sage en réponse à ses pensées,est une habitude funeste qui rend les êtres humains malades.Sens ta faim et ne la juge pas comme quelque chose de désagréable.Laisse-la plutôt te guider vers ce dont ton corps a besoin.
Chao-Liu se mit en marche,fouillant les buissons du regard à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent.Lorsqu'il aperçut des fraises des bois,il se précipita vers elles.Il les cueillit et allait les mettre en bouche quand le sage l'arrêta:
-Avant de goûter à un aliment,respire son parfum pour que ton corps puisse te dire s'il en a besoin.A l'intérieur de ton nez se trouvent des capteurs sensoriels très perfectionnés qui sont reliés au cerveau.Ils lui transmettent toutes les informations utiles sur la teneur en substances vitales de l'aliment considéré.Si un aliment sent bon,goûte-le pour vérifier,avec tes papilles gustatives,le choix de l'odorat et n'avale que si le goût est excellent.N'hésite pas à recracher un aliment qui n'est pas délicieux.Tu ne laisse pas entrer n'importe qui dans ton palais,n'est-ce-pas ? Ton corps est un magnifique palais.Protège-le des malandrins et n'y laisse pénétrer que des éléments de qualité.Il y a des aliments dénaturés qui sont aussi toxiques pour ton corps que les hordes de mongols le sont pour la chine !
L'empereur renifla puis goûta les fraises.Elles étaient délicieuses,si parfumées qu'il pensa que ses cuisiniers étaient battus à plate couture par Dame Nature.Leurs plats mijotés étaient comme des vieilles femmes trop fardées comparées à des jeunes filles travaillant en chantant dans les rizières.
-Lorsque ton corps a besoin de s'épurer,ne mange que des aliments naturels et crus pendant quelques jours.Permets-lui ainsi de se guérir de ses maux et de se régénérer.Si un habitant de ton empire vient vers toi se plaindre de troubles de santé ou de douleurs variées,ne l'envoie pas trop vite chez le médecin ou l'apothicaire.Conseille lui plutôt d'aller quelques jours dans la nature et de se nourrir de ce qu'il trouve sur son chemin.Si tu invite tes sujets à faire cela,tu n'auras pas besoin de leur construire des hopitaux ou des foyers pour personnes âgées !
L'empereur sourit.L'intelligence et le bon sens du vieux sage l'amusaient et l'émerveillaient.Il s'apercevait que la sagesse de la vie réside dans la SIMPLICITE.Il comprenait pourquoi les pretres,les médecins,les devins et les professeurs de la cour ne parvenaient pas à répondre clairement à ses questions.Il ne savaient que se disputer à coup de doctrines sophistiquées mais artificielles.Toute la journée,en marchant et en courant,l'étrange tandem du vieux sage et de l'empereur parcourut les sentiers de la forêt de Kaan.Lorsque le soleil fut sur le point de se coucher,ils s'arrêtèrent au bord du lac de Lii pour observer ce spectacle grandiose.Un sentiment de reconnaissance faisait vibrer le coeur de l'empereur,qui regardait l'astre flamboyant disparaître derrière la crête des collines dans un festival de couleurs éblouissantes.
Observe le soleil,dit le sage.Personne ne peut infléchir sa course et le convaincre de réchauffer plus les uns que les autres.Pour être un bon empereur,tu dois apprendre à être un modèle vivant pour tes sujets et à leur donner l'exemple d'une vie rayonnante.Donne à tous ta chaleur et ta force.De même que le soleil disparaît pendant toute la nuit avant de revenir le matin suivant,quitte tes sujets pendant la nuit pour te consacrer à ta vie personnelle.Ainsi ta vie publique ne dévorera plus ta vie privée.Les heures que tu passeras à jouer ton rôle d'empereur seront agréables car tu ne dépendras plus de l'acceptation ou du rejet de ceux qui t'entourent pour nourrir ton coeur.Tu te sentiras libre puisque chaque nuit tu auras le temps de remplir ton être intérieur de tout ce qui est bon,chaud,agréable et vivant.
Avant que la nuit tombe,l'empereur et le vieux sage amassèrent un tas de bois mort en prévision du feu qui allait réchauffer leurs corps et nourrir leurs regards dans l'obscurité mystérieuse du soir.Devant les flammes qui dansent avec passion,ils restèrent longtemps assis en silence.Soudain,à la grande stupéfaction de l'empereur,le vieux sage se leva,s'étira puis se mit à chanter et à danser.Il ne chantait pas une chanson connue mais laissait son corps bouger comme un arbre dans le vent tout en émettant toutes sortes de sons tantôt doux comme le murmure des ruisseaux,tantôt intenses comme le hurlement du loup ou le fracas du tonnerre.C'etait un spectacle puissant et émouvant qui donnait l'impression de voir mille personnages s'animer en même temps.L'empereur pensa que les danseurs et le chanteurs du palais auraient besoin de suivre un stage de perfectionnement chez le vieux sage car,en comparaison,leurs performances semblaient étriquées et artificielles.
-Allons,empereur,dit le vieux sage,sors de ta tête et viens danser avec moi !
-Je ne peux pas,soupira l'empereur,ces gesticulations et ces bruits,si magnifique soient-ils à regarder et à écouter,sont contraires à la dignité de ma fonction impériale !
En entendant ces paroles solennelles le sage éclata d'un rire moqueur qui fit naître chez l'empereur une brusque colère.Il se sentait ridiculisé.Il avait envie de faire venir ses gardes pour jeter en prison ce vieux fou qui osait le narguer.Mais il réalisa que personne ne viendrait s'il appellait à l'aide et cela le fit sourire puis rire.Il se leva pour danser,crier,se contorsionner,faire des grimaces,rire,pleurer avec le vieux sage dont les yeux pétillaient de gaieté.Il se donna la permission de faire tous les gestes que la vie en société interdit et il s'amusa comme un écolier qui ose désobéir,briser tous les tabous,ne faire que ce qui lui plaît sans avoir peur de déplaire aux autres.En dansant,il retrouvait l'ivresse et la liberté de sa prime jeunesse,cette époque bénie où la vie était encore amusante,surprenante,magique comme un conte de fée et merveilleuse comme un instant présent libre de toute peur et de tout carcan intellectuel.Après avoir dansé tout leur soûl,comme des enfants facétieux,le sage et l'empereur s'assirent à nouveau.
-Il est très malsain et très ennuyeux pour un adulte d'être tout le temps adulte,dit le vieux sage.Regarde les habitants de ton palais et de ton empire.Ceux qui se prennent au serieux et ne quittent jamais leurs rôles d'adultes deviennent triste,obèse,malades ou despotiques avec leur entourage.Ceux qui savent garder un coeur d'enfant vivent dans le bonheur et éprouvent une reconnaissance immense envers tout ce que la vie leur donne.L'être humain a besoin,pour sa santé et son équilibre psychique,d'avoir chaque jour des moments d'enfance,des instants de liberté,de folie,de danse et de sons spontanés.Ainsi les tensions émotionnelles peuvent sortir du corps et ne pas l'empoisonner.Certes,jene te suggère pas de faire l'enfant devant tes ministres,mais pourquoi t'empêcherais-tu de jouer librement lorsque tu es seul ou avec des amis intimes ? Libère toi de ce juge intérieur qui veut t'obliger à être sans cesse digne,à contrôler mentalement toutes tes paroles et tes actions.Ce juge est un grand empoisonneur,un assassin silencieux plus dangereux pour ta vie que le pire des brigands de grand chemin qui se cachent dans les forêts pour détrousser les voyageurs !
Si tu es en colère,ne laisse pas cette émotion couler vers ceux qui sont proches.Cherche un endroit où tu peux être seul et exprime-la par des sons et des gestes.Ainsi tu ne garderas plus en toi de tensions malsaines et tu ne pollueras plus tes sujets en déversant sur eux tes rages.Tu sauras gérer ta violence sans la renier ni la laisser déferler sur autrui.
L'empereur écoutait avec une grande attention.Il réalisait que ces enseignements,s'il les avait connus plus tôt,lui auraient évité bien des difficultés dans ses relations avec son entourage !
Il aurait voulu mettre par écrit ces propos si pleins de sagesse,par peur d'en oublier une partie.
-Tu n'as pas besoin de prendre des notes,s'exclama le vieux sage qui lisait ses pensées.Quand tu auras besoin de conseils,va dans ton jardin,libère tes émotions en faisant bouger ton corps puis observe la nature,sens l'immense intelligence qui fait pousser les plantes,voler les oiseaux et mouvoir les étoiles.Apprécie la vie qui t'entoure,la vie qui bruisse et palpite,la vie qui coule et change sans cesse.Puis allonge-toi dans l'herbe ou au bord du ruisseau.Souviens-toi des mots du poète qui disait:
C'est en penchant l'oreille tout près des mousses,
Qu'on entend chantonner les sources !

Laisse ton mental se calmer et écoute la petite voix de ton coeur,cette merveilleuse source d'amour et de sagesse qui coule sans relâche depuis ton âme jusqu'à toi.Et toute la sagesse de l'univers te remplira d'une paix infinie.

El-chaman


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Message  El-chaman 29/10/2010, 4:28 pm

chap 4 :Découvrir la liberté

-Sais-tu,dans la dynastie qui précéda la tienne à la tete de la chine,la coutume voulait que l'empereur,après avoir écouté les avis de ses ministres dans la salle du trône,se retire dans la"salle des ancêtres",une pièce dans laquelle lui seul avait le droit de se rendre.Il commençait par extérioriser toutes ses émotions en(criant),en pleurant,en gesticulant et en exprimant sa colère.Il pouvait par exemple tempêter en disant:
-Comment vais-je faire,moi qui suis une jeune empereur inexpérimenté,pour venir à bout de la lourde tâche de diriger cet immense pays ? C'est trop difficile,je m'en sens tout à fait incapable !
Ensuite l'empereur jeûnait et priait en demandant l'aide de ses ancêtres partis pour les mondes de lumières,ces ancêtres qui avaient su faire de la chine une florissante civilisation.Il implorait et méditait jusqu'à ce que sa voix intérieure lui dise comment agir pour le bien de tous.Il revenait alors sur son trône et prononçait sa décision.En entendant cela,l'empereur soupira en pensant qu'il vivait déjà dans une époque décadente,puisque cette tradition spirituelle s'était perdue,mais il se promit d'améliorer la situation !
-Que puis-je faire,vieux sage,pour me guérir des cauchemards affreux que je fais presque chaque nuit.Je rêve d'un dragon terrifiant me menace et je me réveille le coeur battant,couvert de sueur.Ensuite,j'ai toutes les peines du monde à m'endormir à nouveau et,le matin,je me sens las et déprimé.Pendant le jour,je caresse l'espoir que la nuit prochaine,je pourrai enfin dormir,mais cela ne s'améliore pas.Parfois j'en arrive à souhaiter la mort pour me délivrer de cette terreur.
-Veux-tu vraiment guérir ? demanda le sage.
-Oui,je suis prêt à tout pour retrouver un sommeil paisible.
-Vois-tu ce chemin qui se dirige vers la montagne ? Suis-le jusqu'au bout et tu trouveras ce que tu cherches
-Mais tu ne m'accompagnes pas,vieux sage ?
-Non,je préfère t'attendre ici,ce chemin est parfois périlleux !
-Tu es vraiment égocentrique ! Tu m'envoies risquer ma vie tout seul pendant que tu restes tranquillement en sécurité.Tu devrais avoir honte !
-La honte ne fait pas partie de mon univers.Ne crois pas que tu puisse faire appel à elle pour me culpabiliser.En réalité,je suis totalement IN-CUL-PA-BI-LI-SABLE ! Comme je me défais aussitôt de toutes mes colères en le exprimant par des gestes et des sons,personne ne peut me manipuler par la culpabilité.
-Tu parles par énigmes.Je me crois à la cour,en train d'écouter les explications compliquées de mes ministres ! Quel rapport y-a-t-il entre la colère et la culpabilité ?
-Chez les individus qui n'extériorisent pas leurs colères,la culpabilité s'accumule comme la poussière dans une maison abandonnée.Il suffit alors d'un léger souffle de vent pour qu'elle tourbillone sans relâche ! Et puis tu dois réaliser que c'est toi qui fait des cauchemards et qui doit gérer le problème avec ta propre détermination !
Il y a des aventures que l'on doit vivre seul.Naître et Mourir font partie du lot !
-Veux-tu dire que je pourrais mourir en chemin ?
-Sans aucun doute ! Mais rassure-toi la terre ne s'arrêtera pas de tourner pour autant.La chine trouvera un autre empereur et toi tu choisiras une autre existence.Peut-être que brigand des grands chemins te conviendrait,pour changer un peu ?
-Je suis vraiment choqué par tes propos,vieillard irrespectueux.Tu n'as vraiment aucun sens des valeurs morales !
-Comme cela tombe bien,dit le sage en souriant,tu vas passer quelque temps avec celui qui te semble le plus respectable,le plus moral de tous:TOI-MÊME !
Et,avant même que l'empereur n'ait réussi à trouver une réponse sensée,il disparut.
Chao-Liu soupira,en pensant:
-Rien n'est simple avec ce vieux grigou.Est-ce lui ou est-ce moi qui suis susceptible ?
Qu'il aille au diable !
D'un pas lourd,il se mit en marche en suivant le sentier qui menait vers la montagne.Au fur et à mesure qu'il montait en traversant les forêts silencieuses,il était frappé de sentir à quel point l'air pétillait.Des fleurs des bois exhalaient des parfums délicieux,des oiseaux chantaient et il avait envie de s'arrêter pour s'allonger dans l'herbe.Pourtant,le souvenir de ses cauchemards lui donna le courage de continuer.Bientôt il arriva sur un pâturage traversé par un ruisseau.Il entendait la chanson de l'eau qui coule joyeusement,vit milles petites fleurs bleues pousser sur l'herbe verte,s'assit un instant pour savourer la beauté du lieu puis se remit en marche en suivant le sentier.Bientôt tout autour de lui,ce ne fut plus que cimes escarpées,falaises vertigineuses et rochers pointus.Il avançait avec peine,contournant un bloc après l'autre.Soudain,il vit une petite fleur très particulière et fut stupéfait de voir sa force et sa faiblesse tout en même temps.Elle ne ressemblait pas aux fleurs de la vallée mais était recouverte d'une sorte de fourrure soyeuse.L'empereur voulut s'arrêter pour admirer la fleur,mais il se souvint encore une fois de ses nuits et l'abandonna pour continuer à monter toujours plus haut dans la montagne.Le sentier était de plus en plus escarpé,longeant des précipices sans fond ou traversant des gorges étroités.Une peur de plus en plus tenace s'inflitrait dans le coeur de Chao-Liu,qui maudissait intérieurement le vieux sage:
-Dans quelle galère m'as-tu envoyé ? Je comprends pourquoi tu n'es pas venu,tu veux me laisser seul à jouer les alpinistes téméraires et à me rompre le cou !
Bientôt le sentier ne fut plus qu'un étroit passage le long d'une falaise et l'empereur progressait avec peine en se cramponnant à la paroi.Il transpirait de peur et de colère de s'être lancé dans cette folle aventure.Soudain,il glissa et tomba dans le vide en poussant un cri strident.Après un temps qui lui parut très long,il ouvrit les yeux,se demandant où il était à présent.Il devait certainement être mort puisqu'il était tombé dans le vide,mais il n'avait aucun souvenir de sa chute.Il essaya de bouger et se rendit compte qu'il pouvait remuer ses jambes et ses bras.Il s'aperçut alors qu'il était accroché par son manteau à la branche d'un arbre qui poussait là,tout seul,en plein milieu de la paroi.Au-dessus de lui il n'y avait que le ciel,au-dessous de lui un immense vide.il distinguait à peine les rochers en bas de la paroi.Que pouvait-il faire ?
En contorsionnant,il parvint à changer de position et à s'asseoir à califourchon sur la branche de l'arbre,puis à gagner le tronc.Il était maintenant bien assis,le dos appuyé contre la paroi de rocher,se demandant pourquoi il avait fallu qu'il tombe justement sur cet arbre.Il était en train de songer à tout cela quand un oiseau se posa sur une branche,juste en face de lui.Cet oiseau avait des plumes rouges et noires,un bec tout noir et des yeux vifs.Il n'avait pas l'air d'un oiseau ordinaire et regardait l'empereur d'un air moqueur.
Stupéfait de voir en face de lui ce volatile au regard aussi effronté que celui du vieux sage,Chao-liu tousota:"hum..hum...hum.." pour l'impressionner,lui faire comprendre qu'il n'était pas en face d'un simple citoyen mais d'un vrai monarque.L'oiseau,en le voyant se prendre ainsi au serieux,se mit à rire,comme seul un oiseau aux plumes rouges et noires peut rire.Plus il riat,plus l'empereur était gêné et se sentait ridicule,assis sur son tronc d'arbre,le dos appuyé contre la paroi rocheuse,perdu au milieu de cette immensité.L'oiseau,malicieusement,faisait bouger ses ailes comme pour montrer qu'il pouvait s'en aller quand il voulait.Il n'avait qu'à ouvrir les ailes et s'élancer,alors que lui,l'empereur,malgré son titre,était bien incapable d'échapper à sa situation.
Après un long moment,l'oiseau se mit à parler.Chao-liu fut fort surpris d'entendre un oiseau parler,mais il venait d'avoir tant de surprises récemment que plus rien ne pouvait vraiment l'étonner.Ayant frôlé la mort,il se prenait soudain à apprécier la vie plus intensément qu'auparavant.
L'oiseau lui dit:
-Que vas-tu faire,perché sur ton arbre au milieu de cette paroi ? Il te sert plus à rien d'être empereur !
Chao-Liu toussota pour s'éclaircir la voix et répondit:
-J'ai une idée.Tu pourrais voler jusqu'à mon palais et appeler le chef de mes gardes pour qu'il vienne avec une longue corde afin de me sortir de cette fâcheuse situation.
-Très intéressant ! Tu ne manques pas de sens pratique,mais que penserais-tu si je refusais ta proposition ?
-Je suis persuadé que tu ne vas pas agir aussi inconsidéremment.Tu seras certainement très content de me faire plaisir ! Puis,mû par ses habitudes de souverain,il ajouta avec emphase:
-Si tu m'aides,je t'offrirai un nid de plumes d'or pour te récompenser ! Il était très fier de son idée originale.
-Quelle idée étrange ! Crois-tu vraiment que j'ai envie d'un nid de plumes d'or ? Ne penses-tu pas que les nids que je fabrique avec les mousses de la forêt sont plus doux ?
L'empereur ne savait que dire,il n'avait jamais vu quelqu'un lui tenir tête de cette façon.A part le vieux sage,pensa-t-il aussitôt,et cette idée le fit sourire.L'oiseau était libre de s'envoler alors que lui,l'empereur,était totalement impuissant ! Quelle situation humiliante ! Il toussota encore et dit:
-Peut-être voudras-tu,oiseau,me rendre ce service simplement parce que tu me vois dans une bien fâcheuse situation.
-Tu oublies,monseigneur,qu'il n'y a pas si longtemps,dans ton palais,tu étais tellement dégoûté de la vie,à cause de tes cauchemars,que tu souhaitais mourir.Alors maintenant,pourquoi voudrais-tu vivre ?
Et Chao-Liu s'aperçut qu'il n'avait plus aucune envie de cesser de vivre.C'était tout d'un coup pour lui un plaisir inouï de respirer,de sentir le vent caresser son visage et faire bouger ses cheveux.Il trouvait un plaisir ineffable à toucher de ses mains le rocher et à sentir l'arbre entre ses jambes.
L'oiseau continua:
-Il semble que ta brève chute dans les airs t'a réveillé..Peut-être auras-tu du plaisir à passer la nuit sur cet arbre,et peut-être y trouveras-tu un sommeil libéré de tout cauchemar ?
L'empereur trouva cette proposition fort incovenante.Il s'imaginait mal dormir contre une paroi de rocher,agrippé à un arbre.Et pourtant,c'est bien ce qu'il dut faire car l'oiseau,dès qu'il eut fini de parler,s'envola.
il se retrouva seul.Le soleil se couchait et il se blottit tant bien que mal contre la paroi afin d'y passer la nuit.A peine s'était-il endormi qu'à nouveau,dans son rêve,il vit le dragon terrifiant en face de lui,mais cette fois-ci,au lieu de se réveiller en sursaut,plein d'angoisse et de peur,il le regarda droit dans les yeux et lui dit d'une voix ferme:
-TU VAS ME LAISSER DORMIR,CAR J'AI TRES SOMMEIL.
A l'instant où il prononça ces paroles,le dragon,avec des cris affreux,se mit à sautiller de ci de là pour bientôt disparaître comme une flamme qui s'étein.Chao-liu s'endormit.Lorsqu'il se réveilla,il vit que le ciel au-dessus de sa tête était plein d'étoiles et fut bien étonné de s'apercevoir qu'il avait déjà dormi d'un sommeil si profond.Il se dit:
-C'est vraiment étrange.Si je ne peux dormir qu'accroché à une paroi,le reste de ma vie va être bien compliqué..et il se mit à rire.Il se sentait si bien intérieurement malgré cette situation extérieure si inconfortable qu'il réalisa que son point de vue sur la vie avait véritablement changé.
Le lendemain,lorsque le soleil se leva,il pensa qu'il était temps de sortir de cette prison.En se hissant sur la pointe des pieds,il trouva un petit coin pour accrocher les doigts de sa main gauche dans la paroi de rocher.En se hissant encore,il trouva une autre prise pour les doigts de sa main droite.Puis il dénicha une prise pour son pieds gauche et une pour son pied droit.Il soufflait et transpirait car la vie au palais ne l'avait guère préparé à faire de l'escalade.Néanmoins,plein de courage et de résolution,il parvint à escalader la paroi et se retrouva bientôt au sommet de la falaise.
Il redescendit presque en courant jusque dans la vallée.Il revit la fleur soyeuse et s'arrêta pour en caresser les pétales.Il retrouva le ruisseau,les petites fleurs bleues dans les pâturages,et il fit une pause pour leur dire bonjour.Il sentit son coeur bondir en voyant à nouveau les merveilles de la forêt et en comprenant que toute cette beauté était en lui.L'espoir et la confiance coulaient en lui,chassant les souvenirs d'un passé plein de problèmes et d'obligations inutiles,un passé de dépendances et de jeux de pouvoir stériles et épuisants.A la cour,tous lui disaient ce qu'il devrait faire et il se sentait constamment mis sous pression alors qu'à présent il était comme un enfant auquel on permet de jouer sans cesse.En chantant,il arriva au bord du lac Lii alors que la nuit tombait.Il s'allongean sous un arbre et s'endormit aussitôt.

El-chaman


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Message  El-chaman 4/11/2010, 6:25 pm

Chap 5:Les clés de la liberté

Lorsqu'il se reveilla,le soleil était déjà levé et les oiseaux chantaient à tue-tête.Il étira ses membres courbatus par les exploits physique de la veille et se mit à rire en pensant qu'il avait plus bougé en deux jours que pendant les dix dernières années de sa vie d'empereur !
Du regard il parcourut le lac Lii où nageaient paisiblement des canards au plumage d'un bleu-vert éclatant,regarda la crête ondulée des montagnes au loin,sentit la présence chaleureuse et sereine des arbres qui avaient veillé sur son sommeil.
Mais où était donc le vieux sage ? L'empereur s'écria:
-Vieux sage,ne m'oublie pas ! J'ai encore besoin de toi.Viens vers moi !
N'obtenant aucune réponse,il sentit la moutarde lui monter au nez et il allait appeler sa garde pour aller chercher et amener de force le sage vers lui quand il réalisa qu'il n'était pas dans son palais mais dans la forêt de Kaan où son titre ne lui procurait aucun privilège.Il se mit à rire de lui-même,rire de son orgueil d'empereur et de son habitude de vouloir dominer le monde par la force,rire de sa sottise et de sa vanité.Ce rire était étonnamment agréable.Il secouait tout son corps pendant que des larmes joyeuse coulaient sur ses joues.Chao-liu avait l'impression de se libérer de toutes les années passées dans un rôle d'empereur honoré et craint mais esclave du protocole,des horaires et des cérémonies imposées par la cour,des pressions exercées sur lui par les ministres et les généraux qui voulaient tous le convaincre qu'ils savaient mieux que lui ce qui était bon pour lui et pour l'empire tout entier.Il sentait renaître en lui l'enfant facétieux,spontané,enthousiste et émerveillé qu'il avait été.Après cette crise de fou-rire,il se sentit merveilleusement bien dans son corps.Il y a bien longtemps que je n'avais pas ri comme cela,pensa-t-il,quel bien cela fait !
Je devrais commencer toutes mes journées par un moment de fou-rire !
-TU VIENS DE COMPRENDRE UNE DES CLES DU BONHEUR,dit le vieux sage en apparaissant derrière un buisson,un des moyens les plus efficaces pour faire chanter et danser ta vie.N'attends pas d'être heureux pour rire.Commence par rire même sans raison,et tu seras heureux ! Le rire stimule,dans ton corps,toutes les fonctions vitales et ranime ta vitalité d'enfant.Ris souvent,amuse-toi à voir le monde avec les yeux de l'humour et tu en apercevras,derrière l'apparence matérielle,les réalités spirirituelles qui scintillent au-delà de la peur et du conformisme.Le rire est une des portes magiques qui s'ouvrent sur le paradis.Il te fait sortir des prisons de la raison pour te plonger dans le flot de la vie.Regarde la nature autour de toi.Tout change et se transforme dans la fluidité.Les rochers,les plantes et les animaux sauvages sont toujours en harmonie avec la vie.Ils ne se laissent pas devenir obèse ou agités par des maladies mentales.Ils acceptent ce que la vie leur offre sans se révolter.Ils se donnent à chaque instant dans la plénitude d'un"OUI" total et sans condition.Ils sont libres...
-Mais qu'est-ce-que LA LIBERTE ? demanda l'empereur.
-QUAND UN HOMME PERMET A D'AUTRES GENS QUE LUI-MÊME DE LE CONTROLER,QUE CELA SOIT EN DECRETANT LE MOMENT OU IL DOIT SE LEVER OU QUAND IL DOIT MANGER,QUEL VEHICULE IL DOIT UTILISER OU QUEL HABIT PORTER,IL N'EST PAS LIBRE.
LA LIBERTE EST UN ETAT D'ESPRIT,UNE ATTITUDE INTERIEURE QUI CORRESPOND A ÊTRE SANS CESSE A L'ECOUTE DE LA VOIX DE L'ÂME.
LA LIBERTE CORRESPOND AU SENTIMENT DE POUVOIR SORTIR DE N'IMPORTE QUELLE SITUATION A N'IMPORTE QUEL MOMENT.
ELLE EST CETTE CAPACITE D'OBSERVER SANS TE LAISSER CONCERNER,DE FAIRE UN PAS EN ARRIERE ET DE REGARDER AUTOUR DE TOI,EN SACHANT QUE LE SIMPLE FAIT D'ÊTRE TOI-MÊME TE PLACE DANS UNE POSITION DE SOUVERAINETE ET D'INDEPENDANCE QUI N'A BESOIN D'AUCUNE JUSTIFICATION VENANT DE L'EXTERIEUR.
Observe,sois silencieux,laisse-toi être inspiré par la sagesse de ton âme plutôt que par les flatteries des courtisans,les conseils des ministres et les compliments des concubines qui,comme des araignées,tissent leur toile de séduction pour t'immobiliser comme une moustique inconscient !
Deviens ton propre maitre.Tu n'auras plus besoin de chercher à convaincre ou à t'imposer,tu cesseras de croire qu'il faut te battre.Celui qui sort l'épee à déjà perdu la bataille.La puissance d'un être humain n'a rien à voir avec la force qu'il peut montrer mais dans sa capacité à être libre de toute dépendance vis à vis d'autrui.
Souviens-toi de l'empereur Huang-TI.Il voulait faire le bien,rendre heureux tous les habitants de la chine et il pensait qu'une bonne organisation était la clé de tout.Il fit des lois et des lois,des règlements précis pour chaque situation et bientôt plus personne ne pouvait se sentir libre.Les lois étaient sans cesse violées et de nouvelles lois n'apportaient aucune amélioration.Il y avait de plus en plus de criminels en chine et l'empereur sombra dans un profond désespoir.Etouffé par un sentiment de honte,Huang-TI revêtit un soir une robe de moine et partit vers les montagnes.Il se baigna dans l'eau froide des torrents et regarda les herbes et les arbres qui poussaient sans être contrôlés par qui que ce soit.Il observa les rythmes du jour et de la nuit,le vol des oiseaux et la course des nuages.Il sentit la fraîcheur des brumes du matin et la chaleur du soleil de midi.Il comprit peu à peu que la nature vivait en équilibre sans avoir besoin d'une aide extérieure.Les petits arbres qui ne peuvent pas pousser à cause des grands meurent et donnent à la terre leur tronc,leurs branches et leurs feuilles sans se révolter ni se plaindre.Et,un jour,les grands arbres à leur tour se donneront en cadeau à la vie.La nature prend soin d'elle-même.Elle possède une intelligence propre qui maintient sans cesse l'équilibre.Après ce temps de retraite,Huang-TI décida de revenir vers les régions habitées.En chemin,il se trouva pris dans une puissante tempête,avec un vent à décorner les boeufs et des éclairs éblouissants qui zebraient le ciel noir.Il s'abrita sous un grand arbre.La foudre tomba,fracassant une grosse branche qui l'assoma.Le lendemain matin,deux passants l'aperçurent et le dégagèrent.Pour l'aider à respirer,ils lui enlevèrent sa robe et découvrirent,à son cou,l'emblème de l'empereur.Bientôt les ministres arriverent pour ramener au palais l'empereur évanoui.Quelques jours plus tard,Huang-TI sortit de l'inconscience,ouvrit les yeux et endossa à nouveau son rôle de souverain.Il abolit un grand nombre de lois et apporta à la chine un vent de liberté qui engendra la prospérité et la paix pendant de longue années.
Sa philosophie était simple:encourager chacun à écouter ce que son COEUR lui chuchote de faire,avec la CONSCIENCE de faire tous partie d'un même corps.
L'empereur observait ce qui l'entourait les herbes et les feuilles,l'eau du lac,les montagnes et les nuages.Il avait le sentiment de comprendre les paroles du vieux sage et de parvenir à regarder le monde sans le juger ni vouloir le contrôler.
A ce moment,le sage prit une pierre et la lança dans le lac en poussant un cri perçant.L'empereur sursauta et pensa que c'était ridiculee.Seuls les enfants et les fous font des actes aussi insensés !
-Tu vois,dit le vieux sage,il n'est pas aussi facile que tu le penses d'OBSERVER SANS JUGER ! Tout accepter sans interpréter ni reagir est l'une des leçons les plus difficiles pour les êtres humains.Pour y parvenir,suis l'exemple des mineraux,des végétaux et des animaux qui partagent le territoire de la terre avec les hommes.Aucun ne cherche à te changer.Ils t'acceptent comme tu es,à chaque instant.Ne crois pas que quelqu'un puisse te rendre heureux ou que tu puisses rendre quelqu'un heureux.Tu ne rend pas la chine heureuse,tu ne rend psa ta cour ni ton peuple heureux.C'est la façon dont ils réagissent à toi qui le rend heureux ou malheureux.Comprends que la liberté,la force et la paix sont liées à cette connaissance.
L'empereur était médusé.Il sentait la portée de ses paroles,ancrées dans une réalité intemporelle et majestueuse,une réalité que rien ne pouvait altérer et qui traversait toutes les dynasties et les époques de l'histoire.Cette sagesse remettait en question nombre de ses croyances habituelles et cela le poussait vers une réflexion douloureuse.N'était-il pas passé à côté de l'essentiel en donnant de l'importance au paraître,aux règles sociales,aux lois et aux dogmes en vigueur ? N'avait-il pas laissé ses courtisans le contrôler de mille manières insidieuses ? Tout empereur qu'il était,n'avait-il pas été l'esclave de ses préjugés et des coutumes de l'empire ?

El-chaman


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Message  El-chaman 5/11/2010, 4:19 pm

chap 6:La puissance de TAO

Chao-Liu se mit à penser à Tao,le chef des gardes du palais.C'était un homme libre de tout calcul,de tout mensonge.Partout où il passait,les gens se taisaient car sa présence imposait le respect.Chaque matin en se levant,Tao allait nager dans la rivière,hiver comme été,courait pendant des heures puis il mettait son armure pour traverser Lo Yang et se rendre au palais.Sa force physique et son habilité dans les arts martiaux étaient grandes mais surtout il rayonnait d'une puissance qui ne cherchait jamais à séduire ou à convaincre.Tao parlait peu mais chacun de ses gestes était vrai et plus éloquent qu'un long discours prononcé par un ministre assoiffé de montrer son intelligence.Tao avait mené à trois reprises les armées de l'empereur à la guerre contre les envahisseurs mongols.Il avait triomphé et sauvé la chine.Sans en tirer vanité,il avait repris son rôle de protecteur de la famille impériale avec attention et détermination.Il ne connaissait pas l'orgueil et son pas restait toujours souple et léger.Il VIVAIT EN PLEINE CONSCIENCE,apercevant tout ce qui se passait autour de lui,le moindre mouvement d'un chat ou d'un chien à ses pieds,l'envol d'un oiseau ou les sautes d'humeur des courtisans.Constamment attentif à conserver une parfaite forme physique,Tao maintenait sa vue,son odorat et tous ses sens à leur niveau de perception le plus élevé.Pour servir son empereur avec perfection,ne fallait-il pas qu'il en fût ainsi ?
Un jour l'empereur avait fait venir Tao et lui avait dit:
-Deux ducs du nord se sont alliés et ils amassent de grandes armées pour se battre contre nous.Les luttes contre les mongols ont presque complètement anéanti notre armée et j'ai promis aux soldats qu'ils pourraient rentrer chez eux pour se reposer pendant quelques mois.Je leur ai assuré que,pendant ce temps,nous ferions en sorte de protéger la chine avec les forces de chaque village.Mais je n'avais pas prévu le noir dessein des ducs.
QUE FAIRE ?
Tao,fermement campé sur ses pieds,regarda l'empereur dans les yeux et dit:
-Nous ne pouvons pas rappeler les soldats car,si nous le faisions,ils nous abandonneraient et se joindraient aux force ennemies.
Je ne sais pas ce qu'il faut faire mais je te protégerai,toi et ta famille,comme je l'ai toujours fait.
-Non,Tao,tu vas faire mieux,tu vas sauver la chine ! dit l'empereur qui appela son trésorier et lui dit:
-Quelle somme d'argent pouvons-nous donner à Tao pour rassembler une force capable de se battre contre les ducs ?
-A peine de quoi payer quatre soldats pendant une semaine !
-Donne-moi cette somme,dit l'empereur.Tao et quatre soldats sauverons la chine !
Le coeur de Tao pulsait dans tout son corps.Il s'inclina profondément,remercia l'empereur et,avec toute la majesté d'un homme de haute taille,quitta la piece.
Une larme coula de l'oeil de l'empereur car il pensait avoir envoyé Tao à une mort certaine.Mais il avait aussi conscience d'avoir exaucé le voeu le plus cher de ce grand guerrier en lui donnant l'occasion de MOURIR EN COMBATTANT plutôt que de MOURIR DANS SON LIT.
Tao traversa le palais,repérant du regard ceux dont les yeux étaient remplis de courage et de confiance.Il leur demanda de venir se battre avec lui,malgré une solde dérisoire.A la fin de la journée,il avait recruté quarante et un hommes.Il retourna vers l'empereur et lui dit:
-J'ai besoin d'un lieu d'entraînement.
-Tu peux utiliser mon palais d'été,dans la montagnes,mes serviteurs vous fourniront le gîte et la nourriture.
Ils se mirent en marche et commencèrent leur entraînement.Ils nagèrent dans des lacs dont l'eau sortait à peine des glaciers,se frottèrent le corps avec des branches de genévrier,mâcherent des baies et des herbes amères qui les firent vomir et purifièrent leurs corps de toutes leurs toxines,apprirent à se déplacer à grande vitesse et à utiliser tous leurs muscles avec puissance et précision.Après deux semaines d'exercices intenses,Tao regarda son armée avec fierté.Chacun d'eux était prêt à donner le maximum de lui-même,sans calcul ni attente d'une récompense future,simplement parce qu'il s'engageait à fond dans chaque instant avec la plénitude de son être.
Ils quitterent le camp vêtus d'un costume spécial que Tao avait imaginé:des chemises,des pantalons,des écharpes de soie noire,des chaussures noires,pas d'armure.Chacun portait sept poignards,deux épées et une lance.Ils partirent vers le nord,en marchant jour et nuit.En cinq jours ils pénétrèrent dans les châteaux des ducs,les tuèrent et repartirent sans qu'aucun d'eux ne fut pris ou blessé.Ils revirent à Lo Yang et l'empereur fut ébloui par leur action.Tao se tenait devant lui,droit et ferme,et chacun de ses hommes se sentait fier d'avoir participé au succès,d'avoir accompli quelque chose d'important,d'avoir sauvé la chine.
-Tao,dit l'empereur,toi et tes hommes avez rendu à la chine un service inestimable,quelle récompense désirez-vous ?
Tao s'avança et dit:
-Je ne peux pas parler pour mes compagnons mais,pour ma part,je n'ai qu'un souhait.J'aimerais devenir jardinier dans le jardins du palais !
L'empereur était stupéfait.Jardinier ! Jusque là il avait considéré que ceux qui s'occupaient de son jardin étaient des rêveurs,des marginaux qui s'étaient écartés des choses important de la vie de l'empire:l'artisanat,le commerce,la guerre,la justice,les transports,la médecine...Tao jardinier !
Imaginer ce puissant soldat en train d'arroser des rosiers et de tailler des haies le fit rire,d'un rire tonitruant qui échappait aux règles du protocole,un rire bon enfant qui,par effet de contagion,déclencha un fou-rire inextinguible chez tous les courtisans.
-En plus d'avoir sauvé la chine,Tao,voilà que tu as réussi à faire rire toute la cour ! dit l'empereur en retrouvant sont sérieux...
C'est ainsi que Tao devint jardinier.Au début l'empereur se rendit fréquemment dans le jardin pour voir comment cet ancien guerrier s'y prenait avec les fleurs et les bosquets,comment il jouait avec les éléments de la nature pour leur permettre d'exhaler leur beauté en harmonie parfaite avec tout ce qui les entourent.Chaque pierre qui bordait le ruisseau était exactement là où elle devait être pour jouer sa partition dans la symphonie de l'eau qui coule,chaque arbre était vénéré pour sa sagesse et chaque sentier dessiné pour créer un émerveillemnt sans cesse renouvelé.Mais,peu à peu,l'empereur espaça ses visites,pensant qu'il avait des choses plus importantes à faire que de s'intéresser aux crocus,aux dahlias,aux orchidées et à la disposition des cailloux au bord du ruisseau.Et,lorsqu'un jour on vint lui annoncer que Tao avait rendu l'âme assis sous le plus vieux prunier du jardin,il eut un pincement au coeur,l'impression de n'avoir pas su manifester sa reconnaissance à cet être exceptionnel qui avait,tout au long de sa vie,été un modèle vivant d'être humain conscient,déterminé et responsable de lui-même à chaque instant.Maintenant il repensait à Tao et des larmes de tristesse coulaient le long de ses joues.Il avait eu un vrai ami et l'avait négligé.Il n'avait pas su enter dans son monde de jardinier pour le comprendre et l'apprécier.Il était resté enfermé dans son rôle d'empereur,victime de ses habitudes et de son orgueil.Comme il regrettait d'avoir été insensible et dur de coeur !
-Pleure,empereur,pleure,dit doucement le vieux sage.Les larmes sont un excellent remède.Elles purifient le coeur et le corps,fluidifient les pensées et permettent à l'âme d'apporter la guérison.Pleure sans te retenir,comme un enfant.Mais ne reste pas dans le regret.Dès que tu as libéré ton émotion par le flot des larmes,sens ce que tu aurais aimé faire et fais-le !
-Je ne peux rien faire,puisque Tao est mort,dit l'empereur en sanglotant.
-GRAVE ERREUR,AFFIRMA EN SOURIANT LE SAGE,RIEN N'EST JAMAIS PERDU,RIEN NE MEURT VRAIMENT.Tu peux toujours transformer les situations du passé.
-Alors là,vraiment,tu vas trop loin,dit l'empereur,qui sentait grandir en lui une irritation croissante.Je te dis que Tao est mort.
-NON,EMPEREUR,SEUL SON CORPS PHYSIQUE EST MORT MAIS SON ÊTRE ESSENTIEL EST LA,QUI T'ECOUTE EN CE MOMENT MÊME AVEC UNE GRANDE ATTENTION !
L'empereur était bouleversé.Il avait bien une vague croyance intellectuelle sur la vie dans l'au-delà mais il avait aussi beaucoup de doutes à ce sujet.
-Sort de tes pensées et de tes émotions,dit le vieux sage.Ouvre ton coeur et tes sens subtils.Entre en contact avec Tao,même si ton intellect te dit que c'est impossible.Que ressens-tu ? L'empereur expira profondément pour chasser ses émotions et ses pensées,inspira en prononçant le nom de Tao et sentit soudain une présence qui le fit frissoner des pieds à la tête.Il entendit une voix intérieure lui dire,au-delà des mots:
-JE SUIS LA,empereur,JE TE PROTEGE TOUJOURS,NON PLUS AVEC MES ARMES OU LA BEAUTE DE MES FLEURS MAIS AVEC LA LUMIERE DE MA CONSCIENCE ET DE MON AMOUR !
Secoué par cette expérience intense et déconcertante,Chao-Liu se leva et se mit à marcher de long en large au bord du lac tout en marmonant:
-Est-ce que je deviens fou ? Voila que je converse avec les morts maintenant.C'est vraiment trop.Que vont dire mes ministres ? Non,vraiment je suis en train de perdre la tête !
Il ne put continuer plus longtemps à se torturer intellectuellement car le vieux sage,d'un geste rapide,l'avait poussé dans le lac !
L'eau était froide et l'empereur pensa:
-Il n'y a vraiment que le vieux sage qui puisse me traiter ainsi sans se retrouver avec la tête tranchée ! Il se mit à rire tout en regardant l'eau dégouliner des manches de sa tunique.Il avait l'impression de s'EVEILLER,de sortir d'un long sommeil.Rien ne suivait plus un programme préétabli,une ordonnance rigide et immuable.La vie était surprenante,amusante.Le vieux sage était-il vraiment fou,ou sa sagesse consistait-elle à tout accepter,y compris sa folie ?

El-chaman


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Message  El-chaman 12/11/2010, 3:45 pm

chap 7:La vie après la mort

Pendant que l'empereur laissait sécher ses habits au soleil,allongé dans l'herbe,le viel homme continua:
-OUBLIER QUE LA VIE CONTINUE APRES LA MORT EST SOURCE DE BIEN DES ANGOISSES,DES PEURS ET DES SOUFFRANCES INUTILES.
Les plantes et les animaux savent à tout instant qu'ils retourneront vers les mondes de lumière quand le temps sera venu.
Ils ne pensent pas que vivre exclue le fait de mourir.C'est pourquoi ils ne se révoltent pas contre la mort lorsqu'elle vient prendre leur corps pour les en libérer.L'homme,dans son cheminement à travers la matière,oublie parfois qui IL EST,d'ou IL VIENT et où IL RETOURNERA après la mort de son corps de chair.Il parvient à ne plus se rappeler qu'il est un être spirituel ayant créé des pensées,des émotions,un corps physique et le merveilleux décor de la planète-école terre,conçue comme un écrin pour les perles des leçons de la vie.Il a réussi à tellement s'égarer dans les mirages de son mental et les labyrinthes de ses coutumes sociales qu'il se prend pour un mendiant alors qu'il est un empereur divin,fils du Père Céleste et de la Mère Terrestre,immortel et éternel enfant du cosmos !
L'oubli de son origine spirituelle est le péché originel,le seul péché qui soit,la grande omission dont naissent toutes les peurs et les misères qui tapissent la vie de la plupart des humains comme les galets tapissent le fond des rivières.
Empereur,quand tu crois n'être qu'un être de chair,tu deviens aussi misérable que les mendiants qui secouent leur écuelle au passage des habitants de Lo Yang et se sont convaincus que vivre n'est rien d'autre que subsister tant bien que mal,jour après jour !
Pour que ta vie soit agréable et douce,tu as besoin de sentir que les êtres qui peuplent les mondes lumineux te soutiennent et te guident.
Ceux que tu as aimés et qui sont partis avant toi vers les sphères célestes ne sont pas morts,ils continuent à t'aimer,à t'encourager,à te protéger ou à t'entourer de beauté,comme Tao le faissait de son vivant sur terre et a continué à le faire depuis les mondes spirituels.

El-chaman


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